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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 14:35

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Gros pavé qui dormait depuis des mois dans ma PAL…

            Michael Owen a été choisi pour écrire une saga, celle de la prestigieuse et fortunée famille Winshaw. C’est Tabitha, la tante, considérée comme folle, qui lui a fait cette demande. D’après elle, la mort de son frère Godfrey, dont l’avion s’est crashé pendant la Seconde Guerre Mondiale, n’est pas un accident mais un meurtre. D’entrer dans cette famille, Michael va s’en mordre les doigts en découvrant que tous ses membres sont de fieffés requins. Il traîne lui-même un passé peu agréable, est capable de passer des années enfermé dans son appartement et s’enfonce dans son obsession amoureuse, celle d’une actrice découverte à l’âge de 9 ans…

            Pour moi, ce roman comporte deux grandes facettes : celle de l’analyse politique accompagnée d’une réflexion sur le thatchérisme et de la guerre du Koweit et celle d’un roman policier ou plutôt d’une parodie de roman policier, en tout cas, je l’ai lu comme tel et c’est ce deuxième versant que j’ai le plus apprécié. L’humour pince-sans-rire et cette subtile perversité dans le comique m’ont vraiment plu. Je l’avais déjà remarqué pour  La Femme de hasard, Coe écrit brillamment, sa verve nous met en joie, il a une manière d’aborder les personnages vraiment jubilatoire. Il ne faut cependant pas s’endormir sur sa page, car structure comme personnages sont assez complexes. Mêler du Hitchcock, de l’Agatha Christie (la fin ne serait-elle pas une réécriture des Dix Petits nègres ?) mais aussi un brin de poésie, une réflexion sur l’écriture et une satire sociale et politique, seul un génie est capable de le faire. Et quand génie il y a, je m’incline et m’efface :

 

Ø  La fascination d’une lettre : « Alors je restais à demi endormi dans mon lit, à épier les pas du facteur dans l'escalier. D'une certaine manière, je n'ai jamais perdu cette foi enfantine dans la capacité d'une lettre à transformer mon existence. La simple vue d'une enveloppe sur mon paillasson peut encore m'emplir d'espoir et d'impatience, si éphémères soient-ils. Les enveloppes brunes ont rarement cet effet, il faut dire; et les enveloppes à fenêtres, jamais. Mais il y a l'enveloppe blanche, à l'adresse écrite à la main, ce glorieux rectangle de pure possibilité qui a pu se révéler à l'occasion n'être rien de moins que l'annonce d'un monde nouveau. »

 

Ø  Quand Michael cherche le bon mot : « C’était une grande chambre. Non, beaucoup trop plat. C’était une chambre somptueuse ? Trop cliché. Une chambre délicieusement ? Trop cucul. C’était une grande chambre somptueuse et délicieuse. Elle était somptueusement délicieuse. Elle était délicieusement grande. Pour être franc, je me foutais complètement de la chambre que c’était. Et mes lecteurs aussi, très probablement. Il valait mieux laisser tomber et faire avancer les choses. »

 

 

Ø  Dans un château immense et sombre, un soir d’orage :

-         Tatie, commença Hilary avec lenteur. Nous sommes coincés dans une maison isolée, en plein orage, avec un meurtrier maniaque. Tous les téléphones sont coupés, nous n’avons aucun moyen de nous échapper, deux d’entre nous ont été tués et une autre est introuvable. Que pourrait-il y avoir de pire ?

A ce moment précis, l’électricité sauta et la maison fut plongée dans les ténèbres. »

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 15:08

Octave Lassalle a quatre-vingt-dix ans, il est riche et seul. Pour ne pas être seul (comme dit la chanson, oui…), il s’entoure d’une manière originale. Ayant passé une petite annonce (qu’on n’a jamais lue d’ailleurs, vous êtes bien d’accord ?), il a recruté quatre personnes qui seront présentes, à tour de rôle, toute la journée. Marc sera là le matin, rasant le vieil homme comme au bon vieux temps et s’occupant des fleurs de son immense jardin. Hélène, peintre, passera l’après-midi avec Monsieur Lassalle tout en réalisant sa commande de tableau. Yolande veillera à préparer le repas du soir et Béatrice, l’infirmière, passera la nuit aux côtés du vieil homme.

On entre dans le passé d’Octave Lassalle, un passé douloureux puisqu’il a perdu sa fille, Claire, dans un accident de voiture alors qu’elle avait dix-neuf. Le couple qu’il formait alors avec Anna n’a pas tenu le coup. C’est Claire qui est le sujet principal du tableau que doit réaliser Hélène.

Ce qui devait arriver arriva, les quatre personnes font plus que se croiser, des amitiés, voire des amours se créent autour du vieillard qui noue, lui aussi, un lien très particulier avec chacune d’entre elles.

Il est question de préparer sa fin de vie, de faire ressusciter le passé, de se reconstruire une famille mais il est surtout question de croyance religieuse. Aucun des cinq personnages ne croit en Dieu mais chacun doute. C’est autour de ce doute que se renforcent les rapports entre des êtres malmenés par le destin. Car la réponse ne réside pas en l’existence ou non d’un dieu mais en la foi en l’être humain.

En variant la narration, en choisissant des phrases courtes et puissantes, Jeanne Benameur creuse l’humain et touche au sacré, au profond, à l’essentiel. Elle nous emmène dans un autre temps, le contact avec le réel est tenu, les personnages ont tous quelque chose d’évanescent, d’extrêmement sensible.

Je sais que beaucoup ont adoré ce livre. De mon côté, même si j’en ai apprécié la qualité, la poésie et la dimension philosophique, j’ai été mal à l’aise durant toute la lecture. Cette lourdeur, cette atmosphère pesante, presque grandiloquente, cette absence de légèreté (oserais-je dire « d’humour » !) m’ont étouffée, oui. C’est comme un vin bien trop capiteux, un bijou bien trop précieux…

« J’ai besoin d’autres êtres humains, comme moi, doutant, s’égarant, pour m’approcher de ce qu’est la vie. Parce que je suis vieux. Les religions ne m’intéressent pas. Ceux qui sont sûrs d’un dieu ou de l’absence d’un dieu ne me sont d’aucune aide. J’ai besoin de confronter mon doute à d’autres, issus d’autres vies, d’autres cœurs. J’ai besoin de frotter mon âme à d’autres âmes aussi imparfaites et trébuchantes que la mienne. »

 

« Elle avait employé plusieurs fois ce mot « tentative ». Un mot qu'il aimait. C'était celui qu'il employait pour le fait de vivre : une tentative. Un mot humble, qui donne le droit de se tromper, d'errer, de recommencer."

« Les quatre l’ont secoué, lui ont donné la force qu’aucune foi en un dieu, fût-il d’amour, ne lui a jamais donnée. Lui, sa foi, elle est dans les êtres humains, c’est tout. »

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 21:55

Premier tome et donc, première découverte de cet adorable poussin nommé Abélard.

Abélard vit dans le marais, un endroit paisible. Même si son copain lui répète que leur marais est l’endroit le plus agréable au monde, Abélard rêve d’ailleurs. Lorsqu’il rencontre la jolie Epilie, il lui offre une fleur mais on se moque de lui en disant qu’il faut offrir la lune à une femme, ou « au moins un bouquet d’étoiles ».  Quand le petit poussin naïf entend qu’en Amérique, on a inventé « une machine capable de voler comme un oiseau », il voit ça comme une chance de décrocher lune et étoiles pour sa bien-aimée. Il prend son petit baluchon et sa guitare, et s’en va.

Les rencontres se multiplient, bonnes et mauvaises ;  un groupe de musiciens tziganes que rejoindra notre petit poussin ou un certain Gaston, pochtron à ses heures et qui lui dit connaître Epilie.

On s’attache tout de suite à ce petit poussin qui brille par sa candeur et son enthousiasme à séduire Epilie. Les dessins sont magnifiques même si j’ai trouvé les couleurs un peu ternes. Une BD qui met en valeur de petits êtres perdus au milieu de notre grand univers, dans la lignée de Mamette ou Pico Bogue, une belle harmonie de poésie et de philosophie pour un personnage dont la principale qualité pourrait être l’innocence…

Parole d’un tzigane : « La pluie, c’est la poussière des étoiles qui se transforme en eau quand elle traverse les nuages. Tu vois, Gadjo, chaque goutte d’eau est l’enfant d’une étoile. C’est pour ça que les lacs et les rivières scintillent, même la nuit. »

»   18/20   »

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 21:55

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La quatrième de couverture présente un résumé simple et clair de ce court livre : Ben Ross, professeur d’histoire, propose un cours d’un genre nouveau : devant l’incrédulité de ses Terminales face à l’endoctrinement des Allemands dans le parti nazi, il crée un mouvement appelé La Vague, destiné à allier les élèves de la classe pour en faire une Force plus grande. Leur slogan « La Force par la Discipline, la Force par la Communauté, la Force par l’Action » connaît d’abord un vif succès dans l’équipe de foot puis se propage très rapidement à tout le lycée. Métaphore de la dictature hitlérienne, La Vague se met à mépriser ceux qui n’y adhèrent pas ou restent sceptiques. Le professeur, lui-même gagné par le mouvement qu’il a créé, se rend compte qu’il serait dangereux de poursuivre l’expérience.

            Commençons par le positif : j’ai trouvé un vrai suspens dans cette intrigue qui démarre vite mais dont on ne connaît pas la fin (et qu’on a, donc, hâte de découvrir). Je ne sais pas si c’est un livre pour la jeunesse mais je pense que le milieu, le vocabulaire utilisé, la simplicité des propos les séduiront. J’ai bien envie d’essayer de le faire lire à des 3èe l’an prochain.

Cet endoctrinement éclair (quelques jours seulement !), même s’il s’agit de jeunes (ils sont naïfs et influençables, n’est-ce pas), ne m’a pas paru crédible. Du jour au lendemain et seulement parce que leur prof leur inculque une discipline de fer, les lycéens se transforment en petits soldats. Il y en a même un qui demande à être le garde du corps du prof (et il accepte !!!). Sur les dizaines d’élèves dont on a fait un lavage de cerveau (qui est loin d’en être un), seule une, Laurie, trouve ça un peu stupide puis carrément suspect. Mais c’est l’écriture qui m’a le plus agacée. D’une platitude extrême, simpliste.

Cependant, si ce livre est un moyen pour la jeune génération de s’ouvrir aux thèmes de la liberté d’expression et de l’individualité, pourquoi pas. L’amalgame au parti nazi me semble extrême mais il n’est jamais inutile de répéter qu’on ne se ressemble pas tous, qu’on a le droit d’avoir sa propre opinion, que faire la même chose que le voisin juste parce qu’il le fait n’est pas la meilleure option.

« Après tout, à l'origine, le mouvement avait été lancé comme un moyen de montrer à ces gamins à quoi pouvait ressembler la vie quotidienne dans l'Allemagne nazie. Manifestement, en termes de peur et de collaboration forcée, c'était réussi... un peu trop réussi. »

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 17:53

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Voilà une BD qui dormait dans ma très très maigre (maigre ? que dis-je quasi inexistante !) PAL de BD depuis quelques mois.

Alice est malencontreusement tombée dans le pays des singes, une jungle bien étrange où on la prend pour Tarzan. Eddy le Mandrill la prend sous son aile en se pliant en quatre pour l’aider à rentrer au « pays des merveilles ». Son langage fleuri et sa maladresse conduiront les deux personnages à braver les dangers les plus fous (un assaut de crabes casse-noisettes, une invasion de chauves-souris, une attaque de serpent-dodo ou encore celle du tigre qui veut être le seigneur de la jungle.)

Les références aux contes sont nombreuses et l’univers dans lequel on s’embarque sans ceinture de sécurité est désopilant et surprenant à chaque planche –planche, qui, souvent, occupe deux pages. Les illustrations sont toutes aussi colorées que les aventures des personnages, les vignettes aussi chargées que l’humour omniprésent. Une parodie, une réécriture qui frôle le surréalisme ; des personnages bien croqués (j’ai adoré la plante carnivore qui n’en est pas une parce qu’elle est devenue végétarienne et qui a besoin d’un pot pour se déplacer). Un beau moment de lecture qui pourra captiver petits et grands.

»   16/20   »

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 11:27

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Sans certitude, je crois que c’est parce que ma bibliothèque municipale en a fait un coup de cœur que je me suis procurée ce roman.

            Pauline vient de se faire plaquer. Mariée, mère de trois enfants en bas âge et parfaitement heureuse, elle découvre que son mari la trompe depuis quelques mois déjà, et avec sa meilleure amie à elle. Il la quitte. C’est la déchéance, la chute, le désespoir total, la « doulhaine » comme elle l’appelle, ce mélange de douleur et de haine. Elle a envie de tuer son mari, de se tuer mais la présence de ses enfants la retient. Comble de chance, de malchance ? Son ex-meilleure amie se fait étrangler dans son appartement et meurt (j’ai d’ailleurs eu du mal à comprendre ce choix de l’auteur : le meurtrier est mis sous les verrous et on n’entend plus parler de lui. Pourquoi avoir voulu faire disparaître la nouvelle compagne de l’ex-mari ?). Bref, le tableau est noir, très noir. La mère de Pauline, psy de métier, vient à sa rescousse et la secoue sans la consoler. Pauline finit par se rabattre sur les sites de rencontre, sans succès d’abord. Elle rencontrera Max, un homme bien plus âgé qu’elle qui deviendra un ami et confident. Elle sortira doucement la tête de l’eau lorsqu’elle recommencera à travailler.
            Le ton est larmoyant à l’excès, Urien manie la métaphore (filée de préférence) à merveille et le texte, sur un thème tristounet, devient comique et cynique. J’ai beaucoup souri pendant la lecture de ce roman, qui, même s’il est plutôt léger, dissèque bien les souffrances de la femme trompée et délaissée.

Une belle découverte en définitive, un style intéressant, à suivre…

 

Ø  L’explication du titre : « Imaginez une balançoire. Pas celle qu'on accroche aux arbres et sur laquelle on monte seul en agitant les jambes, non : celle constituée d'une longue planche reposant en son centre sur un point d'appui surélevé. C'est le poids des personnes assises en vis-à-vis qui permet d'alterner les envolées. Les hauts et les bas. En admettant que les personnes en question soient d'un poids comparable, d'une carrure équivalente, et surtout dotées du même coup de reins, on obtient un certain équilibre ; un balancement, sinon agréable, du moins régulier, qui permet de se croire installés, tranquilles, lancés pour la vie.
Tu parles.

Car soudain, vous regardez ailleurs ou vous ne regardez rien, peut-être éblouie par le soleil qui brillait si fort ce jour-là et vous réchauffait, vous faisait sentir foncièrement vivante et heureuse, confiante et aveugle. Vous ne regardez pas et alors, au moment même où, comme à votre habitude, vous ne doutez de rien, votre vis-à-vis disparaît, s'escamote d'un coup. Vous vous retrouvez brutalement les fesses dans le sable. Et le cœur dans la gorge. Il n'y a plus personne en face, le jeu est fini. L'arrière-train cuisant, vous vous souvenez à ce moment précis que, quand vous étiez enfant, ce genre de balançoire était également désigné sous le terme de tape-cul.

Votre partenaire a sauté en plein vol, il s'est jeté de la balançoire, vous laissant seule et meurtrie, la tête emplie de questions, le ventre plein d'appréhension, déjà tordu des réponses à venir. »

 

Ø  Un matin comme tant d’autres … : « Et bien sûr, ce matin, je me réveille morte, comme prévu. Comme chaque matin, en fait, depuis qu’il m’a quittée. Rien de neuf sous le soleil qui brille dehors comme s’il s’en foutait.
          Toutefois, sans revenir complètement à la vie, je ne peux guère me permettre de rester trop longtemps décédée : ce soir, je récupère en effet un lot de trois enfants avides de retrouver leur mère et prêts à lui faire payer, par divers caprices et sautes d’humeur, l’explosion de la bulle familiale. Et peu importe qu’elle – leur mère – ne soit pour rien dans ce rime ordinaire. 
»

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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 21:17

C’est un blog qui n’existe plus qui m’a donné envie de lire ce court roman.

Au milieu du XVIIème siècle, la mort de Madame de Sainte Colombe laisse deux petites filles et un mari malheureux seuls. Monsieur de Sainte Colombe est inconsolable au point de ne plus quitter sa viole, devenue son unique occupation. Le violiste excelle dans son art et la renommée de sa musique court jusqu’au roi Soleil qui demande à l’écouter à la cour. Sainte Colombe refuse cet honneur, il s’isole de plus en plus n’acceptant qu’une seule chose : jouer de la viole avec ses deux filles devenues violistes elles aussi.

Le chagrin dure tant qu’il voit, à plusieurs reprises, sa femme apparaître devant lui, lui parler. Marin Marais, un jeune violiste, demande un jour à être son élève. Sainte Colombe se montre froid et dur, arguant que Marais est doué, que son archet est léger et bondissant, que « sa main gauche saute comme un écureuil et se faufile comme une souris sur les cordes » mais « je n’ai pas entendu de musique ». L’élève sera renié lorsqu’il aura accepté de jouer devant le roi. C’est Madeleine, la fille aînée de Sainte Colombe qui prend le relais, lui donne des cours et… devient sa maîtresse. Il l’abandonne mais revient à elle quand elle est sur son lit de mort. Unis par l’amour pour cette jeune femme amaigrie et mourante, Marais et Sainte Colombe se réconcilieront en partageant les morceaux de viole dont Sainte Colombe seul avait le secret.

Ce petit roman est grand par son écriture si subtile, sa poésie, l’émotion qu’il dégage. Cet homme emprisonné dans sa peine ne sait s’exprimer que grâce à la musique. C’est l’artiste maudit qui ne crée que dans la tristesse et le désarroi, c’est celui qui refuse de s’ouvrir au monde visible et se laisse engluer dans le monde invisible.
Un beau moment de lecture qui m’a donné envie de découvrir le film aux sept Césars.

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 23:12

 

Marie est une femme mariée, prof et mère d’un petit garçon prénommé Martin. Elle en marre, marre de son mari, de ses élèves, parfois même de son fils. Et un jour, sur le trajet des vacances, sur une aire d’autoroute, elle prend la poudre d’escampette. Elle couche avec le premier routier qui passe et qui l’emmène à Nice. Là-bas, vidant son compte en banque, elle boit, dépense sans compter et rencontre Lestaque, un peintre richissime. Elle pose nue pour lui avant de partir en prenant soin de lui piquer une somme rondelette pour fuir en Italie. Les rencontres se suivent, rien ne dure, seul  le mot « liberté » persiste…

 

De son côté, se remettant douloureusement de la « fugue » de sa femme, le mari délaissé refait sa vie. Marie, elle, finit par attendre, rongeant son frein sur l’aire d’autoroute qui l’avait vue disparaître…

 

Même si le sujet est similaire à celui de Lulu femme nue de Davodeau (et que de ressemblances !  le thème de la nudité, la solitude, les errances sur la plage, l’apparente absence de regrets), il m’a encore une fois fort intéressée. Ne nous voilons pas la face, chacun de nous a eu envie, ne serait-ce que quelques secondes, de partir, fuir, tout oublier de sa vie, de son passé. Si l’héroïne s’éclate quelque temps, on comprend qu’elle s’ennuie aussi très vite et que les relations basées sur le mensonge (parce que, bien sûr, elle n’avoue à personne qu’elle a quitté mari et enfant sur un coup de tête) n’ont pas la vie dure.

 

Un thème intéressant, des cases qui bien souvent se passent de texte, une sensibilité délicate pour des images parfois crues : j’ai bien aimé ! Petit bémol : ces rencontres avec des millionnaires qui paraissent si faciles… et peu crédibles ! Et il y a encore de quoi faire avec ce thème de la femme qui fuit son foyer !

 

Un petit extrait où Marie explique qu’elle ne comprend pas un mot d’italien : « que dalle ! mais tu sais quoi ? Hé ben, c’est génial, de pas comprendre, ça me berce. […] J’adore qu’on me parle sans que la signification des mots puisse m’atteindre, celle logorrhée qui résonne à mon esprit comme la carte d’une pizzeria. Je ne veux surtout pas comprendre. »

 

»   16/20   »

 

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 16:50

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            C'est un peu par hasard que j'ai découvert l'auteur, son blog et son roman pour la jeunesse, J'ai passé l'âge de la colo.
            C'est dans un tout autre registre que celui des joyeusetés de l'adolescence que nous emmène cet auteur de talent.

            Louisa est une jolie jeune femme métisse vivant à Paris. Célibataire, elle est plutôt solitaire ; sa mère est décédée quelques mois plus tôt et son père, elle ne l'a jamais connu. Sa vie se voit chamboulée le jour où elle reçoit une lettre d'un notaire lui apprenant que son père est décédé, qu'elle a un frère dont elle ignorait l'existence et que les deux enfants héritent d'un joli pactole. Mais il y a une condition à l'obtention de l'énorme somme de 450 000 euros. Le frère et la sœur qui ne se sont jamais vus doivent vivre ensemble un mois. Pour Louisa qui a toujours rêvé d'avoir une famille, c'est une chance mais aussi une peur.

            Matthias, le frère inconnu, ne semble pas emballé par cette histoire de cohabitation et de fortune. Il l'invite tout de même chez lui, dans un petit village près de Puy-en-Velay, au centre de la France. Le dépaysement, pour Louisa, est total. Matthias n'a ni portable, ni ordinateur, il est rustre, bien plus âgé qu'elle contrairement à ce qu'elle s'imaginait, il vit seul et ne semble pas vouloir créer un quelconque lien avec cette citadine curieuse.

            Les choses vont pourtant s'améliorer petit à petit, Louisa se rendra compte que frère et sœur ont des points communs, et chacun va apporter à l'autre un peu de positif, un peu de douceur, un peu de sociabilité.

 

            J'ai lu ce roman comme un conte, une belle histoire sur les liens de sang mais aussi une apologie de la nature au détriment de la vie . Les personnages quoiqu'un peu caricaturaux sont touchants et ce voyage dans la Haute-Loire est d'une fraîcheur incroyable ! Cette ode à l'espoir et à la reconstruction, sur fond de références littéraires, mettrait en joie n'importe quel lecteur. A découvrir !

 

Merci à Sophie et un merci encore plus spécial pour la gentille dédicace !

 

« (…) la vie commune, Louisa le savait pour l'avoir déjà expérimentée, pouvait n'être qu'un rapprochement de deux solitudes qui, bien qu'additionnées, ne se départaient nullement de leur essence. »

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 22:43

Depuis que j’ai lu Lydie que j’ai adoré au point de nommer l’album Mon Album Préféré d’entres tous, le nom de Zidrou m’attire forcément. Et pourtant, j’ai retardé cette lecture par peur, justement, d’être déçue.

Le Sénégal. Il était une fois est le nom d’un marionnettiste qui va de village en village pour raconter des histoires d’amours, de monstre, de jalousie, de vengeance. Il a la particularité de ne plus avoir de main et il est accompagné d’un petit singe blanc. Ce singe, Toubab, était autrefois un redoutable et gigantesque yéti. Souffrant d’être seul, il a parcouru de nombreux pays chauds qui l’ont fait petit à petit fondre, avant de trouver en la personne de Il était une fois, un ami pour la vie.

Si Il était une fois n’a plus de mains, c’est parce qu’elles lui ont été coupées par le chef de la police qui sévit dans sa région à la manière d’un dictateur. Ça ne lui plaisait pas qu’on raconte des histoires sur la place du village… Inconscience ou conviction ? Il était une fois revient sur les lieux du drame et tente de refaire vivre ses marionnettes. Le chef de la police lui coupe les pieds. C’est son ancien amour qui va soigner et s’occuper de Il était une fois. Autour d’eux, les personnages se succèdent, se présentent pour raconter leur vie.

On est en Afrique noire, l’imaginaire a une place prépondérante (les vautours se tapent la discute avec un squelette, par exemple), il est associé aux démons et aux angoisses qui hantent les habitants qui savent pourtant aussi profiter de chaque seconde de la vie. Entre vie et mort, cet album fascine par son pouvoir surnaturel ; les couleurs chaudes permettent un voyage instantané au pied du baobab, auprès du jeune Golkiper et de son petit engin fabriqué à partir de canettes Sprite. La tragédie côtoie l’amour sur fond de peurs ancestrales.

Cet album, très original, rend hommage à l’Afrique et se distingue par son dessin sublime, ses paysages éclairés par un soleil de plomb. J’y ai même retrouvé un morceau de la magie qui m’a tant plu dans Lydie … je ne vous en dis pas plus mais il est question de vie après la mort et d’immortalité…

Un petit extrait qui m’a fait rêver :

«  Il était une fois un éléphant qui, plus que tout, aimait contempler le monde qui l’entourait. Il regardait les nuages paresser dans le ciel… il regardait le vent chatouiller les herbes de la savane, le soleil suer dans le ciel… il les regarda tant qu’il finit par prendre racine. Ses pattes, sa queue, sa trompe même, s’enfoncèrent dans le sol. Son corps massif se fit tronc. Ses oreilles se firent branches. La prochaine fois que ta route croisera celle de l’un de ces éléphants très lents que l’on appelle « baobab », colle ton oreille contre son flanc. Tu entendras, son sourd d’un lourd tambour, battre le cœur de l’éléphant qui aimait tant regarder passer le temps. »

»   17/20   »

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