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25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 20:49

Complètement enchantée par les quatre premiers tomes de la série, c’est avec une joie sans borne (oui, oui) que j’ai repris le chemin de la campagne québécoise des années 20.

Fin du tome 4, Marie avait affreusement gaffé puisqu’elle avait couché avec un jeunot, Marceau dont la fiancée prouve toute sa rage au début de ce tome 5. La rumeur gronde très vite dans le petit village et Marie est montrée du doigt, huée, même rejetée. Quand sa meilleure amie l’envoie sur les roses, son sang ne fait qu’un tour et sa décision, qu’elle annonce à Serge seul, est prise : elle va partir. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, elle prendre ses clics et ses clacs et rejoint Montréal avec Jacinthe qui vient de voir mourir sa grand-mère.

C’est donc sur deux tableaux que se joue ce cinquième opus : au village, rien ne va plus car, sans camion, Serge pourtant de bonne volonté, ne peut alimenter le magasin. On se demande aussi petit à petit si on n’a pas été un peu trop cruel avec cette indispensable Marie. Elle, de son côté, découvre la vie citadine, les sorties, la coquetterie, les rencontres, la fête. En voix off, beaucoup plus présent que pour les tomes précédents, c’est le mari décédé de Jeanne qui l’observe, voudrait être avec elle : « en te voyant aller, en te voyant rire pis avoir du fun de même, je revois la jeune fille avec qui je suis tombé en amour… ».

Mis à part les dessins toujours aussi somptueux, méticuleux, colorés comme j’aime, les personnages pleins de sensibilité sont tous plus attachants les uns que les autres. Et ce langage, ces mots venus d’ailleurs, ce dépaysement constant, quel bonheur ! Allez, vite au n° 6 !

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 22:44

 

En attendant de pourvoir lire Le quatrième mur du même auteur, j’ai décidé de m’attaquer à son tout premier roman.

Lyon, les années 60. Jacques Rougeron a douze ans, il est bègue, et, entre des parents peu aimants et des camarades de classe cruels, il tient le coup grâce à son fidèle ami Bonzi. Autre chose qui lui donne de l’espoir : une herbe miraculeuse qui, l’espace de quelques jours, efface son handicap. Pourtant, c’est cette herbe, récoltée au bas de son immeuble, « entre le trottoir gris et le mur bleu » qui lui donnera des vertiges et des nausées dans la classe de Monsieur Mandrieu. Et c’est cette herbe-là qui va être le détonateur, le déclencheur d’une série de mensonges qui vont entraîner Jacques très loin…

Il est difficile de résumer ce magnifique roman tant il est subtil et riche. C’est un éloge des mots, tout d’abord, ces mots que Jacques a tant de mal à prononcer qu’il les rote, qu’il les vomit, qu’il les exècre et les vénère à la fois. Ensuite, c’est une plongée dans un quartier populaire des années 60 où les immeubles portent des noms d’oiseaux (canari, mésange, …), un roman qui m’a fait penser à ceux de Robert Sabatier. C’est aussi une histoire de tendresse entre un maître d’école et son élève. C’est enfin l’univers de l’enfance qui est superbement décrit, l’imagination débordante d’un gosse qui se voit formidable orateur ou maréchal emportant la bataille quand il pense vaincre son bégaiement ou s’imaginant, au contraire, à quelques minutes de la mort quand il sait ses mensonges découverts. La souffrance et l’espoir d’un gone…

Et l’écriture de Chalandon ! Quelle aisance, quelle beauté, quelle force pour raconter la douleur et la solitude d’un être sans cesse humilié et ignoré. Ce petit Bonzi qu’on apprend progressivement à connaître et qui repartira aussi doucettement qu’il est venu. Ah, voilà un grand livre… et pour un premier roman, la suite de l’œuvre promet d’être succulente ! ! C’est un coup de cœur, évidemment !

Quand tous les remèdes pour ne plus bégayer sont bons à prendre : « Le lendemain, Jacques Rougeron est entré dans la cour de l’église. Il  a posé sa main sur la grille, il a regardé le clocher carré.

 

Comment n’avait-il pas pensé aux thuyas plus tôt ? Il s’est assis sur l’une des tombes vides. Il pensait qu’il ne devait pas manger en marchant. Qu’il fallait prendre son temps. Fermer les yeux, mieux mâcher, bien mélanger la salive à l’herbe jusqu’à en faire un jus. Il a caressé la pierre du mort. Elle était crevassée, ridée comme une peau de vieil homme. Dans les gerçures, l’arbuste avait déposé ses petits fruits. Jacques a fait rouler les cônes d’écailles sous ses doigts. Il a aussi arraché quelques rameaux à la haie. Il a regardé sa paume de main. Il a fait une boule de ce vert et ce brun. Il a fermé les yeux. Il a porté le remède à la bouche. Un goût aigre, citronné, frais. »

Et le miracle se produisit… : « D'un coup, un matin, comme ça, il n'a plus craint les consonnes ni les voyelles, ni les syllabes, ni rien. ses mots étaient en fête, en propre, en habits du dimanche, élégants, soyeux, fiers, ils flânaient dans des phrases si vastes qu'ils y marchaient de front. La tempête était apaisée. Elle avait quitté son souffle. Chaque mot attendait de dire. Ils patientaient en gorge comme on rêve au salon. Presque, il a failli jeter son dictionnaire de synonymes. [...] Faire taire ces mots pour rien, ces mots appris par cœur, tous ces mots de rechange quand un mot bègue en lèvres. »

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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 16:17

            C’est avec grand plaisir que j’ai retrouvé les personnages du tome 1 : Jeanne la résistante, François le voleur, Huguette et René, les propriétaires de la péniche L’Himalaya.

            Rien ne va plus : un Allemand se poste à l’avant de la péniche pour la surveiller, il s’avère que c’est en fait un Alsacien qui parle et comprend parfaitement le français. Michel, l’ancien ami de Jeanne se fait embarquer par les Allemands et la jeune femme n’a toujours pas de nouvelles de sa sœur Cécile. L’étau se referme autour de Jeanne quand l’Alsacien l’agresse et qu’elle réussit à lui prendre son fusil et le retourner contre lui.

Entre François et Jeanne, ce qui doit se passer se passe, c’était plutôt prévisible dans le premier tome déjà.

Pour cette absence de surprise et à cause d’une ou deux incohérences (le commissaire français du début du diptyque retourne sa veste et aide Jeanne et François), ma note a baissé mais je suis complètement fan des dessins, les traits sont minutieux, les expressions du visage merveilleusement réalistes, c’est d’une beauté ! Et la fin est toute jolie !

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 18:40

 

Charmée et amusée par  La Reine des lectrices, je n’ai pu résister à poursuivre, au plus vite, mon immersion dans l’univers d’Alan Bennett.

Deux histoires.

Mrs Donaldson, veuve, accepte de prendre des locataires étudiants dans sa maison. Sans le sou, le jeune couple propose à la brave dame très digne d’assister à leurs ébats, pour compenser… Mrs Donaldson y prend vite goût ! Pour passer le temps, elle joue aussi au « Pseudo Patient » afin que les étudiants en médecine puissent s’entraîner. Elle feint donc un malaise, de souffrir d’un ulcère au duodénum ou encore d’être couverte d’eczéma.

La seconde histoire qui n’a absolument rien à voir avec la première (ce qui est étrange, pourquoi un tel choix ?) pousse le bouchon encore un peu plus loin dans le style « sauvons les apparences ». En effet, Graham un très bel homme narcissique s’apprête à épouser Betty, une femme laide et intelligente, mais il couche avec les hommes, surtout avec un policier gay qui finira par le faire chanter. Betty est au courant de tout, elle cache bien son jeu elle aussi puisqu’elle se retrouve régulièrement au lit …. avec son beau-père, Mr Forbes ! Ce dernier joue au papy en charentaises mais discute le plus souvent possible avec de jolies jeunes femmes exotiques sur internet. La pauvre Mrs Forbes, déçue par le mariage de son fils, ne comprend pas pourquoi son mari ne l’initie pas aux secrets d’internet. Bref, « ce n’était donc pas les secrets qui manquaient »…

C’est sympa, léger, drôle, très léger même. Le premier récit m’a plus plu que le second, il est plus subtil. Société britannique coincée en apparence et délurée pour de vrai… voilà de quoi il en retourne. Pas de grande surprise, une qualité qui ne vaut pas celle de La Reine des lectrices mais une parenthèse amusante. Le style reste le même, un humour pince-sans-rire, des phrases ampoulées au langage soutenu pour raconter quelque chose de cru ou de rocambolesque, bref, c’est le décalage qui est la base de la recette de Mr Bennett. Et puis, c’est si vite lu qu’on aurait tort de s’en priver.

C’est assez rare mais une mère (Mrs Forbes) regrette d’avoir prénommé son fils Graham : « Elle aurait bien aimé pouvoir s’en débarrasser à présent, comme elle l’avait fait récemment de leur salle à manger en chêne foncé, qui datait de la même époque. Mais s’il existe des brocantes où l’on peut fourguer ce qui a jadis eu nos faveurs, aucun vide-grenier ne nous permet d’éliminer les attributs les plus indésirables – tels qu’un prénom, un parent éloigné ou son propre reflet dans la glace. »

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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 11:18

C’est une des nombreuses références BD citées dans Les Ignorants qui m’a donné envie de connaître un peu plus ce fameux Gibrat.

On est à quelques jours de la fin de la deuxième Guerre Mondiale, les Américains ne sont pas loin. Jeanne vient de se faire arrêter pour avoir caché « une musette de grenades et trois revolvers », la résistante a été dénoncée par une lettre anonyme envoyée au commissariat. Presque au même moment, François se fait arrêter pour vol de bijoux. C’est grâce une alerte aérienne qui contraint les policiers à se terrer dans la cave mais aussi grâce à la ruse de François, que Jeanne et François peuvent s’enfuir en passant par les toits. C’est à contrecœur que la jolie jeune femme suit son sauveur et l’improbable couple reste bloqué par la pluie et par une cheville abîmée de Jeanne. Ils dorment sous une corniche, à quelques dizaines de mètres des trottoirs.

Jeanne finit par raconter son histoire. Le petit groupe de résistants auquel elle appartient ne compte que trois personnes : Michel et sa sœur Cécile. Jeanne craint qu’on les ait dénoncés eux aussi et qu’ils soient déjà sous le joug de la police française ou, pire, de la Gestapo. François, charmant mais bourru, l’aide en la cachant sur une péniche (« L’Himalaya ») tenue par un couple d’amis, Huguette et René, qui accueillent Jeanne les bras ouverts.

Jeanne est menacée car recherchée mais elle met tout en œuvre pour avoir des nouvelles de sa sœur. Suspense et course-poursuite (en vélo-taxi !) sont en rendez-vous pour ce premier tome plein de qualités. Les personnages sont attachants, l’intrigue prenante et les dessins tout simplement majestueux. Moi qui aime la couleur, j’ai été servie ! Le béret rouge de Jeanne, le ciel orangé surplombant Paris, l’Himalaya en jaune et noir… Gibrat joue sans cesse sur les contrastes. L’image que je retiendrai sera celle de cette promenade sur les toits entre une Jeanne sexy et récalcitrante et un François digne héritier d’Arsène Lupin.

Il me tarde de lire la suite !

»   18/20   »

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 12:36

Ce livre connaît actuellement un gros succès sur la blogosphère. Comme d’habitude, j’en ai noté le titre, j’ai retenu que ça a été un gros coup de cœur pour de nombreux lecteurs (lectrices ?) ; et c’est à peu près tout !

Me voilà bien embêtée pour émettre un avis tranché du genre « génial » ou « affreux », car les deux adjectifs conviennent simultanément !

Julie est une caissière de supermarché complètement déprimée. Et pour cause : à 20 ans, elle élève seule son fils de trois ans, Lulu, conçu un soir de cuite, elle a coupé les ponts avec ses parents et se débrouille tant bien que mal entre des fins de mois plus que difficiles et un patron tyrannique qui n’hésite pas à la harceler.

Paul se rend pour la première fois de sa vie, à 50 ans, dans un supermarché. Il faut bien s’y coller depuis que sa femme l’a quitté. A la caisse, la larme qui coule sur la joue de Julie l’émeut, il a envie de l’aider. Il engage la conversation, crée un lien malgré une Julie méfiante, l’invite au restaurant et finit par l’inviter à partir en vacances, en Bretagne, avec son fils et lui.

Jérôme, c’est justement le fils de Paul. Médecin généraliste, il a perdu sa femme qui s’est suicidée trois mois plus tôt. Son père pense qu’un séjour à la mer l’aiderait à passer le cap. C’est donc à quatre, enfant compris, que ce semblant de famille qui n’en est pas une, essaye de cohabiter, de s’aimer. Jérôme sort doucement de sa coquille, Julie et Lulu profitent de la mer et de leur chance immense d’avoir rencontré ce gros nounours de Paul. Et puis, c’est le drame. Une tragédie terrible que je ne dévoilerai pas. La chute.

La seconde partie du roman représente la lente et douloureuse ascension qui permettra les personnages de sortir du gouffre, de vivre à nouveau heureux.

Je n’ai jamais autant pleuré en lisant un livre, jamais ! Ce bouquin m’a fait l’effet d’une grosse louche qui remuerait nos pires craintes, nos angoisses les plus profondes. La fin tend à être heureuse et reste une belle leçon de vie, mais cette claque…. ! !

Enfin, l’écriture ne m’a pas touchée, je l’ai trouvée plate et sans intérêt. Le début du roman frise parfois la niaiserie et l’excès de bons sentiments est à peine crédible. Quant à cette façon de surfer sur le bon gros drame, ça m’a fait penser à  D’autres vies que le mienne de Carrère, livre que j’ai détesté, certains s’en souviennent peut-être… Ces écrivains-là, à la manière du mendiant qui exhibe son moignon, cherchent à ouvrir les canaux lacrymaux à tout prix… très peu pour moi.

Malgré tout, c’est un livre qui fait réfléchir et qu’on ne peut oublier, c’est sûr…

« Parfois, dans la vie, on a le sentiment de croiser des gens du même univers que nous… Des extra-humains, différents des autres, qui vivent sur la même longueur d’onde, ou dans la même illusion… »

« La vie est légère comme une plume quand le souffle qui la porte est animé d’amour et de tendresse, alors, je veux bien me délester de quelques plumes… »

« Toutes les plaies cicatrisent, plus ou moins vite, plus ou moins bien, mais la peau se referme. On garde une trace, mais la vie est plus forte. »

« Ce n’est pas la vie qui est belle, c’est nous qui la voyons belle ou moins belle. Ne cherchez pas à vouloir atteindre un bonheur parfait, mais contentez-vous des petites choses de la vie, qui, mises bout à bout, permettent de tenir la distance. »

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 18:59

Alors que je m’évertue à combler l’Index des auteurs que, personne, ou peu de monde, ne consulte, je me rends compte, au bout de quatre ans, que la page est pleine et qu’Overblog me grignote à chaque fois la fin de l’alphabet ! Bon sang, que faire ????

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 18:45

Voilà un vaudeville toute en féminité et en humour !

            Françoise attend chez elle, dans son tout petit appartement parisien, un éventuel futur amant. En tant que journaliste, elle a mis le grappin sur le seul homme correct du journal, un photographe, Didier, qui a déjà « passé en revue » la plupart de ses collègues…. Françoise s’en fiche un peu, en célibataire endurcie, elle le gifle même après le premier baiser. Débarque la sœur de Françoise, Corinne, une comédienne qui pleure parce qu’elle a quitté son amant Georges qui, marié, refusait de quitter sa femme. Enfin, surgit une autre sœur : Claudie, la plus jeune des trois. Elle a épousé en secret un jeune homme en Ecosse et elle compte sur l’appartement de sa grande sœur pour le retrouver en cachette. Ça se corse encore quand Françoise tombe amoureuse de Georges et que Corinne séduit Didier.

Les trois choutes, ce sont ces trois sœurs, filles d’un général, femmes ouvertes, coquines et futées qui n’ont finalement qu’un mot à la bouche : liberté. C’est vraiment une pièce de femmes pour femmes, avec les questionnements typiquement féminins, les ruses féminines, leurs disputes et leur solidarité.

Comédienne amatrice, j’ai lu cette pièce dans l’optique de la jouer. Elle m’a plu en tant que telle même si elle a un peu vieilli (jouée pour la première fois en 1959) et si, encore une fois, elle est surtout destinée à un public féminin.

La sage parole de Madame Barberet, veuve, la voisine de Françoise : « Je m’étais pourtant juré de ne plus jamais être malheureuse, Mademoiselle Françoise. Aussi ai-je soigneusement évité tout ce qui pouvait me rendre heureuse ; je ne m’y suis pas laissée prendre ! »  A méditer !

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 14:38

Aimant le vin, aimant la BD (et buvant souvent du vin en lisant une BD !), je savais que cet album était pour moi.

Les ignorants, ce sont les deux personnages principaux : Etienne Davodeau, celui qu’on connaît, dessinateur et scénariste, qui ignore tout de la vigne, de la viticulture et du bon vin ; et Richard Leroy, un vigneron d’Anjou qui ignore tout du monde des livres, de la BD, de l’édition. A la manière de la talentueuse émission « Vis ta vie » (la référence est osée, n’est-ce pas !), chacun va partager un peu de la vie et du métier de l’autre.

Etienne va passer une année entière aux côtés du vigneron, commençant par tailler les vignes (trois mois de boulot, et en plein hiver). Il va également accompagner Richard voir un tonnelier fabriquer les barriques  de vin et constater l’importance du choix du bois. Il va se servir de la pioche, s’initier à la biodynamie, désherber entre les pieds de vigne, rencontrer un œnologue mondialement connu, s’adonner à l’ébourgeonnage, et bien sûr, participer aux vendanges, à la mise en bouteilles du vin, et attendre que le vin fasse son travail…

De son côté, Richard va se mettre à lire des BD, à rencontrer quelques dessinateurs, à fréquenter les festivals de BD, à découvrir le monde de l’édition et de l’imprimerie.
Les deux compères, car ils sont devenus de très bons amis, trouvent des points communs dans leur profession respective, voyagent beaucoup et semblent également se compléter.

Alors qu’une petite demi-heure peut parfois suffire à lire une BD, il m’a presque fallu deux heures pour celle-ci ! Les deux hommes, liés par la passion de leur métier et leur authenticité, nous font voyager et nous font entrer dans leur univers et leur savoir avec une belle précision. J’y ai appris pas mal de trucs, noté quelques noms de dessinateurs et, même si je le savais déjà, j’ai pu constater, encore une fois, l’ampleur du travail de vigneron, tâche à la fois titanesque et méticuleuse.

J’ai donc beaucoup aimé cet album mais je me permets d’émettre un bémol qui m’agace de plus en plus dans l’univers de la BD, c’est l’absence de couleurs. POURQUOI EN NOIR ET BLANC ? Les vignes en automne et sa symphonie de couleurs ou encore les collines corses de Patrimonio n’auraient-elles pas mérité de la couleur ? « Tout simplement parce que je n’avais pas besoin de la couleur », répond l’auteur sur actuabd… mais moi j’en ai besoin…

Un ouvrage qui reste cependant à lire !  Peut-être même une de ces BD à donner à lire aux non-lecteurs de BD !

»   17/20   »

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 20:55

Je n’avais jamais lu cet auteur, quel tort !

Le Chili, en 1988, Pinochet a proposé un référendum. Nico Santos est le fils d’un professeur de philosophie, de son professeur de philo. Il est amoureux de Patricia Bettini, la fille d’Adrian Bettini, un célèbre publicitaire.

Tout bascule lorsque le clan de Pinochet demande à Adrian Bettini d’assurer la campagne du « oui », en faveur du dictateur. Craignant les représailles, le publicitaire refuse tout de même. Lorsque le parti du « non » lui propose la même chose, une campagne de pub télévisée de quinze minutes, il se sent obligé d’accepter mais se retrouve en manque d’inspiration.

Comme cela arrive fréquemment, le professeur Santos se fait arrêter devant toute sa classe et emmener on-ne-sait-où. Dans ce tourbillon d’inquiétude, Nico essaye de vivre son histoire d’amour avec Patricia.

C’est un musicien loufoque et un rêve d’arc-en-ciel qui donneront l’inspiration à Adrian. Le « non » sera chanté, scandé, répété sans cesse sur les sons du Beau Danube Bleu de Strauss. Contre toute attente, la campagne publicitaire fait un tabac, le « non » devient une source d’espoir formidable, un mot chaleureux, une lumière dans les ténèbres. Cet élan pacifiste et rieur permet aux opposants de Pinochet de remporter le référendum et de rêver de liberté.

C’est un très beau livre ! La poésie côtoie l’humour, le tragique se mêle à l’espoir avec brio. On en ressort le sourire aux lèvres, ragaillardi par les quelques envolées lyriques du roman.  La Grande Histoire, jamais envahissante, permet à la petite, à l’histoire individuelle de ces deux amants en devenir que sont Nico et Patricia, de se révéler.

J’ai l’impression d’en avoir dit insuffisamment et je constate avec étonnement que ce roman est peu présent dans la blogosphère, c’est bien dommage, il est à découvrir !

Celle qui m’a conseillé ce livre se reconnaîtra : Merci !

Le magnifique rêve de Bettini qui se voit chef d’orchestre : « A peine un frémissement. Rien de plus que cette vibration des barytons concluant solennellement le non qui provoque l’explosion des aigus des sopranos, et là, enfin, enfin, c’est le finale, les applaudissements redoublent, Bettini sait qu’il doit se retourner pour saluer, mais quelque chose de fascinant se produit alors, qui l’en empêche : les puissantes voix du chœur ont réussi à perforer le plafond du Municipal, d’où, d’un ciel parfaitement turquoise, descend un arc-en-ciel de couleurs infinies qui l’oblige à tomber à genoux, en extase, devant ce Dieu ex abrupto. »

 

N.B : je viens d’apprendre qu’on peut dire « un finale » puisque le mot vient de l’italien « finale », ch’savais pas !

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