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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 18:35

« La bonne étoile»

Mamette me manquait, je dois bien l’avouer, et il me tardait de retrouver la petite fille que je préfère à l’espiègle mamie…

Mamette a deux prétendants : Jacques pour qui elle a le béguin, et Jeannot qui, sous prétexte de lui avoir offert une bague, l’appelle déjà sa « fianfée ». Les deux l’agacent parce qu’ils ont la bonne idée d’en venir aux mains pour se départager la jolie brunette.

Mamette revoit aussi son papa qu’elle pense définitivement de retour. Leur relation ne peut que toucher le lecteur : entre tendresse et retrouvailles, les deux apprennent tout simplement à se connaître. N’oublions pas que nous sommes à la campagne de notre enfance, que les hivers y sont rudes et enneigés, qu’il faut tuer le gros cochon de village pour fêter dignement Noël (et la généreuse Mamette prend les deux porcelets sous son aile, les emmène même dans son lit), qu’il faut trouver un sapin à abattre (et bien sûr, notre petit héroïne ne peut se résoudre à couper un arbre qui « aimerait vivre longtemps ») que le lac qui semble gelé peut être dangereux, d’ailleurs Mamette en fait les frais et manque d’y laisser la vie.

Malgré toutes ces péripéties, l’univers de Mamette, tant en ce qui concerne les dessins que le scénario est, comme pour les tomes précédents, doux, rond, coloré, innocent, appétissant et attendrissant. Je n’avais plus l’avantage de la surprise d’où la note légèrement plus basse que celle du tome 2. Question cruciale : existe-t-il un tome 4 ? non, je ne crois pas !

 

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 14:22

Alex ne jure que par cet auteur et moi, quand ça me titille, je ne résiste pas longtemps !

            Madison, à 11 ans, se fait kidnapper. Malgré des recherches longues et poussées, famille, proches, enquêteurs et policier n’ont aucune piste. Et les jours passent. La mère de la fillette se morfond dans un désespoir sans issue. Pour ne pas perdre le lien avec sa fille adorée, elle lui écrit des lettres, dans sa maison basque proche de l’océan. Madison, quant à elle, écrit aussi. Elle a obtenu, après maintes supplications, un cahier de son ravisseur qui se fait appeler Raphaël. Celui-ci la séquestre dans la cave de sa maison. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, il ne lui fait aucun mal, il veut juste la garder pour elle, ne pas la laisser sortir, il veut qu’elle apprenne à l’aimer et qu’elle l’accompagne dans sa triste vie. Il y a Stanislas aussi, celui qui donnait des cours de tennis à Madison et dont elle était follement amoureuse comme on peut l’être à 11 ans. A 21 ans, le jeune homme a le coup de foudre pour Louison qui le mènera par le bout du nez.

            Ces trois voix se font entendre en alternance, chaque personnage étant enfermé dans sa prison. Quand on comprend que le ravisseur de Madison est foncièrement un « gentil » cinglé, le suspense prend de l’ampleur, on se demande si elle va pouvoir sortir, l’amadouer, le convaincre de la libérer. Ce qui est également intéressant, c’est l’évolution de Madison. A 11 ans, elle n’est encore qu’une petite fille, celle qui s’est fait embarquer « le-jour-de-la-Volvo noire », innocente, insouciante, gaie, fantasque. Quelques années plus tard, elle a mûri, elle a beaucoup lu (son geôlier a bien voulu lui permettre de lire la totalité de sa bibliothèque), elle s’est forgée sa propre opinion, loin des bobards de son ravisseur. Son langage s’est enrichi et elle sait ce qu’elle veut.

            J’ai beaucoup aimé ce roman, beaucoup, beaucoup. Surfant sur un thème plutôt aguicheur, l’auteur ne cède pas à la facilité du cliché. Le ravisseur n’est pas un violeur et Madison ne finit pas par s’attacher terriblement à lui. La vie, même en captivité, suit son cours. La vie des parents de Madison, malgré leurs terribles souffrances, continue elle aussi. Les chapitres consacrés à Stanislas m’ont d’abord laissée sceptique, le lien avec la jeune fille était mince et je n’en voyais pas le rapport avec ses histoires de fesses et de cœur, et pourtant Stanislas joue un rôle primordial dans toute l’histoire.

L’écriture fluide et simple m’a cependant surprise par ses métaphores et son langage juste ce qu’il faut de familier. Au final, j’ai été conquise et passionnée par ce roman !

L’espoir d’une mère : « Quelquefois, il suffit de regarder les choses en face pour qu'elles commencent à exister. Quelquefois, ce qui semble impossible est à portée de main. Alors ton retour, ma grande : je le regarde en face. Aujourd'hui, j'ai décidé de croire aux miracles. »

 « Rien n’est plus lâche au fond que d’être malheureux. »

 

« Un couple est une association à bénéfice réciproque. »

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 23:42

Eh non, je n’ai jamais lu Spirou, allez, j’en ai peut-être feuilleté un il y a des siècles, mais j’avais envie de m’enfoncer dans l’univers de cet auteur.

Maki est un petit lémurien qu’on force à aller en colo. Il pense avoir trouvé la solution pour y réchapper, il fugue ! Oui, mais quand on se cache sous le lit de sa propre chambre, on se fait vite démasquer. Pourtant, le petit lémurien avait bien raison de ne pas vouloir aller en colo. Entre les trois racailles qui menacent de le tuer, le mono superpacifiste parce qu’il a été battu dans son enfance, l’autre mono qui escroque les gamins et leur fait du chantage pour avoir la paix, les vacances ressemblent tout sauf à des vacances ! C’est sans compter un directeur absent qui ne dépense pas l’argent des parents pour pratiquer rafting ou équitation mais qui en profite pour s’envoyer en l’air avec une poule de luxe. Heureusement, Maki rencontre Alice, une magnifique jeune fille qui s’est pris d’affection pour lui… hélas ! pour de mauvaises raisons : elle « pratique » comme la mère de Maki, c’est-à-dire qu’elle fait partie de la même secte qui répète à tout bout de champ : « Nam Myo ho Rengé Kyo ».

C’est drôle, c’est frais, c’est bien trouvé et après la lecture, on se dit qu’il ne faut surtout jamais envoyer ses enfants en colonie de vacances… Les dessins m’ont d’abord un peu effrayée, les personnages animaliers sont tous relativement laids et terrifiants mais on s’habitue très vite et on s’attache à ces drôles d’êtres. Fabrice Tarrin s’est inspiré de son enfance, et c’est peut-être cette petite touche de vécu qui fait tout le charme de l’album. Je note encore une fois généreusement… J

 

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 12:32

   

        En lecture (en lecture, je précise !), il m’arrive d’être très disciplinée. Je vous disais que j’allais déguster les romans de Chalandon dans l’ordre des plats, la mise en bouche (délicieuse !) fut Le Petit Bonzi, vint ensuite l’apéritif avec Une promesseet je vous présente aujourd’hui l’entrée, Mon traître.

            Antoine est un luthier français qui s’est pris d’amour pour l’Irlande du Nord. Au détour d’un pub, il s’est aussi pris d’amitié pour un homme plus âgé que lui, Tyrone Meehan. Cet homme franc, rustre, membre actif de l’IRA, sera un ami mais aussi un père, un confident, un frère. Chaque voyage permet à Antoine de connaître un peu plus ce pays fascinant, les habitudes de ses habitants, l’IRA qui tue, qui sauve, qui brise des vies et des familles, où Antoine s’engagera même ponctuellement. C’est surtout à travers Tyrone qu’Antoine avance dans sa connaissance du pays, tel un mentor ou un père spirituel, il va lui apprendre à admirer un lac, à écouter le silence de la nature, à porter la casquette large à chevrons noirs, typique des Irlandais du Nord. Et puis, des années plus tard, alors que Tyrone est un vieillard, on découvre l’ignoble vérité : il trahissait son peuple, ses camarades, sa famille, Antoine, depuis plus de deux décennies.

Le choix de l’Irlande a dû se faire naturellement pour Chalandon qui, en tant que journaliste pour Libération, s’y est rendu maintes fois pour faire des reportages. L’Irlande et ce contexte historique particulier occupent toute la place, il faut le savoir, et ça m’a donné envie d’en connaître plus. L’implication d’Antoine (il se dévoue corps et âmes à ce pays qui n’est pas le sien et quand il ne répare pas des violons, il est en Irlande) m’a paru un peu disproportionnée, l’admiration naïve pour Tyrone également, on aurait dit un gosse innocent, les yeux ronds et la bouche béante, face à un plus grand. Il n’en demeure pas moins que l’écriture de Chalandon nous transporte avec aisance et poésie au pays de la Guiness. Amitié, fidélité, franchise, questionnement sur soi (comme l’a dit l’auteur dans une interview : « Moi, je voulais que chacun voie le traître en soi ») sont les quelques thèmes forts du livre. Pour finir, la lecture fut intéressante et instructive mais c’est celle que j’ai le moins aimée jusqu’à maintenant.

Le roman a reçu tous ces prix (rassurez-moi, vous ne les connaissez pas tous non plus ?) :Prix Jean-Freustié, Prix Joseph Kessel, Prix Marguerite Puhl-Demange, Prix Simenon, Prix Gabrielle d'Estrées, Prix Lettres Frontière 2008. 

La manifestation pacifiste des nationalistes à Pâques 1977 : « Je pleurais. Je n’avais rien senti. Ni le brûlant d’avant les larmes, ni leur chemin sur mes joues, ni leur goût triste. Je regardais ces ombres maussades, ces vêtements boueux, ces cheveux confus, ces bouches orphelines, ces dos fatigués, ces yeux privés de ciel. Et je me suis mis à pleurer. J’en avais besoin. C’’était ma façon de les applaudir. J’ai passé ma manche de blouson sur mes yeux. »

 

Lorsqu’Antoine apprend la trahison de son ami : « Je n’ai pas dormi. J’ai regardé l’obscurité. Au milieu de la nuit, la neige est retombée e pluie. Un froid de ville, qui coule au carreau comme une trace sale. J’ai gardé mes chaussures, mon manteau, je n’ai même pas songé à ouvrir les draps. Le regard de Tyrone. Son bras sur mon épaule devant le lac noir. Son empreinte. Ses mots. J’avais mal de lui. La fièvre. Je sentais une eau mauvaise glacer mes reins, ma nuque, couler le long de la jambe qui pendait hors du lit. J’étais couché sur le dos, mains jointes sur la poitrine. Je ne pensais à rien. Je laissais entrer. J’étais porte ouverte. »

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 20:31

J’avais découvert ces deux auteurs avec Comédie d’amour, qui, comme son nom l’indique, était un album léger, divertissant, drôle. Quand j’ai vu la couverture de L’espace d’un soir, j’étais sûre que le Colonel Moutarde en était le dessinateur.

Pendaison de crémaillère dans un bel appartement parisien. Marlène et Frank étalent le luxe de leurs biens, lui explique en long en large et en travers comment il a demandé sa belle en mariage, elle se montre très honnête avec ses copines : « Si j’ai droit à un beau caillou, il sera idéal comme premier mari. » On apprend très vite que Marlène couche avec son patron invité également à la soirée et propriétaire du bel appartement. Ce même patron reçoit un coup de fil anonyme : son fils (adulte) a été kidnappé et on exige une forte somme d’argent pour le retrouver vivant. En parallèle, on retrouve la fraîche et jolie Jade déjà rencontrée dans Comédie d’amour. Ici, elle flirte avec l’architecte de l’immeuble, Pierre. Il y a aussi les enfants de la sœur de Jade à coucher et à veiller. Il y a aussi l’épouse du richissime patron qui comprend bien le manège de son mari et de son fils… car en réalité, l’idée du coup de fil demandant rançon n’est qu’une arnaque ourdie par le fils pour voler son père !

Comme pour Comédie d’amour, le début donnerait presque envie de refermer la BD : des dialogues assez niais, des dessins simplistes aux traits géométriques (et les filles font toutes du 34 !), une intrigue qui peine un peu. Et cependant, on s’attache vite aux personnages,  les histoires individuelles prennent de la couleur, l’intrigue adopte une allure d’enquête policière, certains passages sont drôles et donc, encore une fois, j’ai aimé ! Ça ne mange pas de pain mais permet de passer un agréable moment !

 

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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 21:51

Immersion totale dans l’univers de cet auteur qui m’était complètement inconnu et qui, pourtant, est l’un des plus grands écrivains espagnols contemporains.

Victor, scénariste pour la télévision, assiste un soir, bien malgré lui, à la mort d’une jeune femme, Marta. Invité dans son appartement alors qu’il ne connaissait rien d’elle quelques jours auparavant, il flirte avec cette femme mariée mais doit aussi se montrer patient car son fils de deux ans, Eugenio, est présent et sa mère tente plusieurs fois de le coucher pour entamer une liaison avec Victor. Et c’est à ce moment-là, quand le garçonnet dort enfin et que les amants s’embrassent et se déshabillent, que Marta demande à se reposer. Elle se sent de plus en plus mal, ne veut pas d’aide mais du calme et finit, au bout d’un moment assez court, par mourir. Désemparé, Victor ne sait que faire, il essaye de prévenir le mari en voyage d’affaires à Londres, en vain. Après avoir laissé un peu de nourriture bien en évidence pour le moment où Eugenio se réveillera, il fuit l’appartement comme un voleur.

Bien sûr, cet événement va bouleverser son quotidien, il va d’abord fouiner dans les journaux à la recherche du faire-part de décès de Marta, il va aussi épier les fenêtres de son appartement et enfin, il va tout faire pour se rapprocher de la famille de la défunte : rencontrer son mari, son père, sa sœur.

L’idée de départ est hallucinante et très déstabilisante. Victor est le narrateur mais, dans certains passages comme dans l’extrait ci-dessous, c’est la voix de Marta qui va bientôt mourir qu’on entend. Les causes de la mort n’ont pas d’importance, ce qui compte c’est la rapidité, la brutalité, la dimension presque « ridicule » de l’événement. Marta et Victor s’apprêtaient à faire l’amour quand elle décède. Victor cache ce lourd secret pendant des jours et des jours avant de se confier à la sœur de Marta puis au mari de la défunte. Contre toute attente, lui aussi va révéler un secret à Victor, ce qui leur permettra de se rejoindre dans le malheur.

L’écriture de Javier Marias demande du temps, elle se laisse apprivoiser tout en douceur, lentement, patiemment. Les phrases sont très longues, les paragraphes quasi absents, les digressions fréquentes, … qu’on se le dise. Malgré ces difficultés, l’atmosphère chargée et quelques épisodiques soupirs, j’ai pris plaisir à la lecture de ce roman, si dense, si riche, si dépaysant. Je continuerai la découverte de cet auteur, un jour où je serai très en forme !

 

 

Marta : « Je n’ai pas fait mon testament, je n’ai pas grand-chose à laisser, et je n’ai jamais beaucoup pensé à la mort qui pourtant semble venir et d’un seul coup fausse et bouleverse tout, ce qui était utile et faisait partie de l’histoire de chacun devient en un instant inutile et sans histoire, personne ne sait pourquoi, comment, ni quand ce tableau a été acheté ou cette robe, ni qui m’a offert cette broche, d’où ou de qui me vient ce sac ou ce foulard, quel voyage ou quelle absence l’a apporté, s’il fut la compensation d’un attente, l’ambassade d’une conquête ou l’apaisement d’une mauvaise conscience ; tout ce qui avait un sens et laissait une trace les perd en un instant et toutes mes affaires se figent, incapables soudain de révéler leur passé et leur origine ; quelqu’un les entassera et avant de les envelopper ou de les mettre dans des sacs de plastique mes sœurs ou mes amies décideront peut-être de garder quelque chose en souvenir ou pare que ça peut servir, ou de conserver la broche pour que mon fils, quand il sera grand, puisse l’offrir à une femme qui n’est sans doute pas encore née. »

Le livre a reçu le Prix Femina étranger 1996.

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 21:38

Les personnages de la première de couverture avertissent le potentiel lecteur qu’il risque d’entrer dans un monde fantastique… qui n’est pas mon genre de prédilection mais la finesse et la beauté des traits m’ont convaincue.

            Aristide est un petit garçon qui vit avec son père, spécialiste et observateur d’oiseaux très particuliers. Un jour, en apercevant une authentique lurette, ce magnifique oiseau très rare, le vieil homme glisse en s’accrochant au nid de l’oiseau. Avant de tomber pour de bon, il avale un œuf qu’il a eu le temps d’attraper, un œuf magique...

Autre tableau : un pays où on a perdu le nord, au sens propre. Subissant les conséquences de cette « perte », un navigateur parti deux auparavant et pensant enfin atteindre et annexer une terre nouvelle, accoste sur son île de départ, Ponduche. Le roi du pays, s’est, quant à lui, amouraché d’une splendide princesse orientale et il s’entête à exaucer ses dix-sept caprices, comme le veut le rituel du pays de la jeune femme. Or, il s’avère que cette jeune femme est connue : le peintre du bateau ne peignait qu’elle, la vénérant et la haïssant tout à la fois. L’accusant d’être une voleuse de crônes, une vieille monnaie du royaume de Ponduche, le peintre conduit la belle devant les juges Hyacinthe et Absinthe mais avant même d’entendre le verdict, la superbe créature va s’envoler d’une manière pour le moins originale.

Tout est original, extraordinaire, ahurissant dans cette BD ! Les personnages sont souvent mi-humains, mi-animaux ou mi-humains, mi-autre chose (les « saugres » sont des êtres étranges, enfants des « clepsigrues ») et les situations sont plus absurdes les unes que les autres. L’intrigue tourne autour d’un seul thème : le temps. Avant la première planche, les auteurs nous présentent les « Chronoptères », ces insectes et oiseaux possédant un pouvoir magique lié au temps : la « Libellule Mémorantèle » permet à l’eau qu’elle boit de garder prisonnier un reflet, l’ « Abeille Rétromèle » produit un miel qui permet de revivre « de manière fugace un souvenir que l’on croyait enfoui ».

Moi qui ai failli bouder cet album, je ressors ravie de ce voyage à la fois absurde, comique et merveilleux ! Les dessins sont d’une beauté à couper le souffle, il faut examiner à la loupe chaque détail, finement ciselé. J’ai hâte de découvrir la suite !

 

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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 18:31

Le choix de mes livres audio est toujours long et réfléchi. J’avais repéré celui-ci il y a quelques mois déjà, j’hésitais, mais comme un ami blogueur en avait fait un coup de cœur (qui ? qui ? bien sûr, je ne sais plus qui !!!), j’ai sauté le pas et je ne l’ai pas regretté.

Moscou, en 1953. Léo, un officier du MGB, traque les criminels et surtout ceux qui tentent d’aller à l’encontre des idées du parti. Officier exemplaire, il n’hésite pas à torturer et tuer les suspects. Pourtant, la cruauté va petit à petit faire place au doute : il y a d’abord cet enfant retrouvé mort près d’une gare : les autorités concluent à un accident mais sa famille ne cesse d’affirmer qu’il s’agit d’un crime. Ensuite, il y a ce vétérinaire qui a prouvé son innocence mais qui se fait torturer et tuer. Lorsqu’on lui demande de pister son épouse Raïssa, Léo, après un temps de soumission, refuse de la condamner. Tombé en disgrâce, Léo doit s’exiler avec sa femme, devenir milicien et perdre tous les privilèges qu’il avait obtenus auparavant. D’autres morts sont retrouvés près de gares, et cela, dans tout le pays, mais on ne veut croire à un tueur en série (les fous n’existent pas sous Staline…). Léo, passé du statut de « méchant » à celui de « héros », réussit à reconquérir la confiance de sa femme, et, avec elle, va mener l’enquête de manière tout à fait clandestine.

Résultat : c’est le meilleur livre audio que j’ai lu depuis bien longtemps. Est-ce dû à la qualité de la lecture faite par Frédéric Meaux, ou par l’intrigue elle-même ? je ne saurais le dire, mais c’est un roman pour lequel l’adjectif « passionnant » prend tout son sens. Non seulement, la partie thriller, menée tambour battant, est parfaitement maîtrisée mais la dimension historique est également très intéressante : le régime stalinien et ses conséquences, l’obéissance absolue des sous-fifres (quitte à dénoncer sa propre femme de trahison !), …

 

 Une vraie descente aux enfers, avec tout ce qu’il y a de plus noir dans l’espèce humaine. Une œuvre de qualité, à découvrir, avec les oreilles ou avec les yeux ! Le roman a été adapté au cinéma par Ridley Scott et le film devrait sortir « prochainement » (je n’en sais pas plus !).

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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 11:13

Luce est une petite fille toute mignonnette qui passe quelques jours de vacances chez son papi, à la campagne. Entre le bistro où on lui sert son habituel coca et le marché où elle aide son grand-père à vendre fruits et légumes, Luce finit par connaître les habitants du village, leurs habitudes, leurs défauts, les commérages qui les entourent.

Ce qui différencie cette fille des autres enfants, c’est qu’elle voit régulièrement un homme nu décharné accompagné d’une petite fille de sa taille recouverte d’un long drap noir déambuler dans les allées du marché ou dans les rues. Il semble qu’elle est la seule à voir ces sinistres personnages. Peu après le suicide d’un ami de son papi, Luce comprend que ces deux êtres fantomatiques représentent la mort et la petite fille voilée est une voleuse d’âme.

Les dessins sont en noir et blanc, le trait gras retransmet bien ce passage de la vie d’enfant aux questionnements plus graves. Car Luce se pose des questions sur la mort de ses proches, sur sa propre mort et des réponses, elle en a peu. C’est très sombre, sinistre, voire pessimiste (mais ainsi va la mort, me direz-vous…), je n’ai pas été emballée par cette BD parce que la mort qui erre dans les rues, la mort seule vue par un enfant, ce n’est pas une nouveauté. Mais c’est une belle « BD initiatique » (le terme existe-t-il ? une « BildungsBD » ?), entre l’innocence et la maturité, entre la vie et la mort.

A éviter quand on est déprimé…

 

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 14:40

                Le hasard fait parfois si bien les choses… je me disais que ça faisait bien longtemps que je n’avais pas lu de nouvelles et pim, pam, poum, voilà un joli recueil de nouvelles qui atterrit dans mon casier du collège. Merci à la prêteuse !

Ces nouvelles évoquent surtout la vie quotidienne : les relations d’un enfant avec son père, une histoire d’amour, une partie d’échecs, le premier job d’un adolescent. Ce qui surprend dès la première page, c’est l’écriture. Coup de poing, elle se révèle puissante, originale, pétillante, hors du commun. Malgré les thèmes triviaux, l’auteur a tout fait pour sortir de la banalité. Ça explose, ça surprend à chaque page et surtout, ça fait sourire ; l’auteur fait preuve d’un humour cynique, ironique, complètement délicieux !

Petit aperçu de « La pêche aux hippocampes », la première nouvelle : le narrateur est un pauv’type qui traîne pitoyablement dans son appart’ depuis des jours et des jours entre « un matelas éventré, de la vaisselle sale, une vieille lettre que je n’avais pas eu le courage d’affranchir, du linge entassé, des livres ouverts, une lampe de chevet hors-service, des plantes arrachées à leurs pots, des boîtes de thon, une multitude de boîte de thon vides disséminées à travers la pièce. » Un copain vient lui annoncer qu’une certaine Fanny cherche à prendre des cours de guitare. Et notre homme des cavernes est guitariste. Il se rend chez elle, tombe amoureux d’elle et perd tous ses moyens : « Elle n’était pas jolie, ni belle, c’était pas tellement ses yeux, ni son petit cul, ça n’avait rien à voir avec toute chose comparable, elle aurait méritée d’être répertoriée, épinglée comme un papillon exotique, recouverte de papier-bulles, statufiée sur les grandes places. Pourquoi n’y avait-il pas de sirènes quand elle se mettait à sourire, de feux d’artifice, de suicides collectifs, de jours fériés ? La poésie ne pouvait même pas lui faire de mal, elle était imperméable au lyrisme, bullet proof, il faudrait inventer autre chose. Je ne comprenais pas comment faisaient les murs pour rester debout. »

Que la nouvelle qui porte le titre du recueil est jolie elle aussi ! C’est une petite fille qui se fait promener par son père… en laisse. Un jour de fête foraine, elle réussit à briser sa laisse (avec une dent trouvée par terre !), à détourner l’attention de son ivrogne de père et à s’enfuir au milieu des barbes à papa et des manèges. Un jeune homme la prend dans son auto-tamponneuse, lui raconte son enfance et lui offre une montre  qu’elle donnera à son père.

N’en disons pas plus, il faut lire ce savoureux recueil de nouvelles qui donnent le vertige !

 

Petite question : pourquoi Arnaud Modat est-t-il fâché avec les accents circonflexes ? ... « il traine » et « il apparait »… ne vaut-il pas mieux « traîner » et « apparaître » ?

 

 

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