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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 09:13
   J'ai adoré cet auteur aussi bien dans son oeuvre théâtrale que narrative, jusqu'à ce que je lise Lorsque j'étais une oeuvre d'art, un gros navet d'après moi, je me suis demandée s'il s'agissait bien du même auteur qui avait écrit La Part de l'autre ou L'Évangile selon Pilate.
Petite déception aussi pour ce roman.


      Le sumo qui ne pouvait pas grossir
est le cinquième volume du "Cycle de l'invisible" qui en comptera huit. Trois thèmes : le sport de lutte japonais (comme le titre l'indique), la religion bouddhiste et le passage de l'adolescence à l'âge adulte qui s'accompagne de réflexions sur la spiritualité justement.
     Le texte s'apparente à une fable. Jun, 15 ans, vend des cochonneries dans les rues de Tokyo. Il a quitté ses parents très tôt : un père qui s'est suicidé et une mère qui est un "ange", elle aime tout le monde, chaque personne a droit à autant d'égard que son fils qui voudrait être celui qu'elle aime le plus.
C'est donc sur les trottoirs japonais que Shomintsu "recrute" cet adolescent chétif au langage fleuri. Le vieillard, maître du sumo, ne cesse de lui répéter "Je vois un gros en toi".
Jun finira par rejoindre Shomintsu et les lutteurs adipeux avant d'y cueillir une petite leçon de bouddhisme :



" - Pourriez-vous m'aider à maîtriser mes pensées et mon corps?
- Assieds-toi sur le sol en face de moi, bascule le bassin vers l'avant, redresse la colonne vertébrale, concentre-toi sur la verticalité de ta posture.
- Voilà.
- Ne creuse pas le ventre, ne te contracte pas, inspire et expire en douceur.
- Voilà.
- Laisse passer les pensées avec la respiration, laisse-les apparaître et disparaître.

- Elles se bousculent au portillon mes pensées, elles coulent en torrent.
- Maîtrise le flot.
     Après une semaine d'application, puisque j'arrivais à songer plus calmement, il ajouta une tâche :
- Maintenant, tente de ne penser à rien.
- A rien?
- A rien.
- Comme si j'étais mort?
- Non, comme si tu étais une fleur ou un oiseau de printemps. Ne pense plus avec ta conscience personnelle, pense avec une autre conscience, celle du monde, pense tel l'arbre qui bourgeonne, telle la pluie qui tombe
."

    J'avoue ne pas avoir été réceptive à ce genre de précepte, je n'ai pas vraiment senti en moi l'arbre qui bourgeonne ou l'oiseau du printemps.
Bon, s'y prendre  à 15 fois pour lire une centaine de pages n'est peut-être pas l'idéal non plus (merci les conseils de classe, les bulletins, les réunions...)
Le style enfantin m'a gênée ... avec une impression d'un bouquin écrit en deux temps trois mouvements ...
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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 16:12
     Conseillée par beaucoup beaucoup, je me suis enfin procurée cette BD... et je dois dire que je ne vois pas trop pourquoi elle mérite tant d'ovations!


    Les vacances d'hiver de quatre gugusses : Lapinot, Pierrot, Richard et Titi. La trentaine, une vie amoureuse un peu bancale, des remarques bêtasses et des petites galères à la pelle.

     Il y a Richard, le gros frimeur qui entraîne les autres sur toutes les pistes, Titi, celui qui veut toujours aller en boîte, Pierrot l'intello qui est capable de réciter la première phrase de La Raison Pure de Kant et enfin, Lapinot, le trouillard de la bande, qui, avec les filles,  "ne se sent pas d'entamer une relation maintenant"... et qui chausse du 88 (!)

   Je connaissais (quand même) déjà les têtes de ces personnages, est-ce d'ailleurs pour cette raison que la BD ne m'attirait pas? Il est clair que les tronches des types sont uniques.

    Je donne sans doute l'impression de n'avoir pas aimé du tout, non, j'ai été déçue, je n'ai pas trouvé ça exceptionnel ni hilarant, mais je lirai la suite.
Il s'agit d'ailleurs du "zéroïème tome", en route pour le premier alors...


Le site de l'auteur : http://www.lewistrondheim.com/
Lewis Trondheim se distingue aussi par le fait qu'il refuse d'accorder des interviews aux journalistes, arguant que tout est dit dans ses œuvres. Pour ses autographes, il a pris pour habitude d'accompagner sa signature et ses dessins personnalisés de la mention « Approximativement ».
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Published by Violette - dans Lectures - BD
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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 09:42

 Michel Quint utilise les mêmes ingrédients : une citation d'Apollinaire en guise de titre, un récit enchâssé, un enchevêtrement d'histoires liées également à l'Histoire, un va-et-vient passé/présent avec une petite lucarne rose ouverte sur l'avenir et des surprises en veux-tu en voilà...

    Le narrateur est montreur de marionnette mais aussi ludothérapeute, il se rend dans les hôpitaux pour distraire, voire soigner les enfants malades. C'est au chevet de Louis, un adolescent plongé dans le coma, qu'il se rend cette fois-ci. A travers ses marionnettes, Suzy et Momo, il raconte sa propre vie. Une vie faite de mensonges, de blessures, de pertes d'êtres chers mais aussi de retrouvailles.
    Enfant, le narrateur n'a pas connu sa mère,le seul héritage qu'elle lui a laissé, c'est cette marionnette, Suzy, qui lui ressemble tant. Le père, quant à lui, se montre maladroit dans l'éducation de son fils (il lui trouve un "ami de location" qu'il soudoie pour que son fils ne soit pas seul) mais aussi dans ses amours (il ne sait pas séduire cette belle Algérienne, Aïcha).
Le narrateur, lui, n'aime que la fille d'Aïcha, Halva. Aïcha lui offrira Momo, fabriqué par ses soins avec un peu de ses propres cheveux. "Et j'ai pas pu, mes yeux sont devenus comme quand je les ouvrais sous l'eau dans la baignoire, j'ai écrasé Momo sur mon coeur, et je suis monté d'une traite à ma chambre. Et j'ai présenté Momo à Suzy. Tout de suite, pas à me tromper, ils se sont aimés, Suzy sur mon bras gauche, Momo sur le droit. Ils ont rien dit, juste tendu les bras et leurs mains se sont touchées, et Suzy s'est laissée aller contre Momo ; et voilà, pas la peine d'en dire plus..."
Le narrateur apprendra aussi  que son père militait pour l'OAS, que sa mère a manqué de l'assassiner... Fi du manichéisme, personne n'est tout bon ni tout mauvais dans ce livre.
Quint nous prouve une fois de plus, son profond respect pour les artistes, leur manière si subtile et si touchante de communiquer les sentiments...
   Je ne saurais dire pourquoi mais j'ai moins accroché avec ce livre-là, pourtant beau et touchant. C'était peut-être le livre de Quint de trop. Il faut savoir faire une pause même avec les meilleurs...

   Une petite remarque concernant les couvertures des éditions Joelle Losfeld, toujours simples et magnifiques... sauf que pour celle-ci, une petite erreur a été commise, Gardel, le narrateur maniait des marionnettes à gaines et non à fils (oui, oui, c'est très important... )

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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 11:31
    Le texte n'est pas de moi mais tout y est !

   "Actuellement, le temps de travail d'un enseignant de collège ou de lycée est de 18 heures par semaine. C'est, pour les professeurs certifiés, le seul élément fixe et clair relatif au temps de travail qui leur est demandé. Il a été fixé par un décret datant de 1950.
   Rendez-vous compte! 18 heures par semaines! Quel salarié ne voudrait pas travailler aussi peu pour d'aussi bons salaires? Comment le législateur a-t-il pu créer en 1950 un statut aussi avantageux?
 
   En fait, ce temps a été conçu en prévoyant qu'un enseignant travaille 1,5 heures chez lui pour une heure devant élève afin de préparer ses cours, évaluer les élèves et actualiser ses connaissances dans sa discipline. Cela fait 18 fois 2,5 heures (1 devant les élèves et 1,5 à la maison), soit 45 heures hebdomadaires. En effet, le temps de travail légal de l'époque s'il était légalement de 40 heures par semaine, était en réalité de environ 42 h par semaine, sur 50 semaines.
   Mais que s'est-il passé depuis pour les enseignants? Rien! Alors que pour les autres salariés il y a eu la troisième semaine de congé payé en 1956, puis quatre en 1969. Les 40 heures réelles ont été atteint au début des années 70 (elles étaient un droit depuis 1936).  
   Mais ça n'est pas fini : il y a eu les 39 heures et la cinquième semaine en 1982, puis les 35 heures en 2000. En somme le temps de travail hebdomadaire pour les salariés a baissé de 25 %. Mais les enseignants doivent toujours le même service.  
   C'est au moins un enseignant qui écrit cela vous dîtes-vous, en lecteur éclairé! Certes je l'avoue, je fais partie de ces privilégiés. Car, comment peut-on parler de temps de travail sans parler des vacances? Eh bien justement, le législateur a tout prévu et cela de deux façons. D'abord 45 heures dues quand les autres devaient 42, ça c'est pour les petites vacances (Toussaint, Noël...). Donc notre temps de travail était annualisé.
   Mais, et les deux mois d'été alors? Là, c'est un tout petit peu plus compliqué. Certains enseignants ne le savent même pas, d'ailleurs. Cela se situe au niveau de la grille des salaires. Notre grille a été, elle aussi, fixée en 1950 au même niveau que les autres cadres de la fonction publique recrutés avec un concours au niveau bac + 3. Mais à cette grille, il nous a été retiré deux mois de salaires, puis le résultat a été divisé par 12. (Par exemple si un inspecteur des impôts est payé 2000 € par mois il recevra 24 000 € par an, alors que pour la même qualification, un enseignant recevra aussi 2000 € par mois mais sur 10 mois, soit 20 000 € par an. Cette somme est ensuite divisée par 12 et donne 1667 € par mois).
   Eh oui, chers lecteurs, les enseignants ne sont pas payés pendant les grandes vacances.
 
   Oui bon d'accord, peut-être que nous ne sommes pas si privilégiés que cela concernant le temps de travail. Mais côté salaires, quand même, nous ne sommes pas à plaindre! Eh bien soit, comparons: Nous sommes nettement en dessous de la moyenne des cadres du privé comme du public (qu'on nous prouve le contraire). Mais, à mes yeux, l'exemple le plus frappant de la dégradation de la valeur que la nation accorde à ceux qui éduquent ses enfants est le suivant. Le salaire de départ d'un enseignant en 1970 était 2 fois supérieur au SMIC. Aujourd'hui, il n'est plus que 1,2 fois plus élevé." 
    
                       Laurent TARILLON, enseignant de sciences économiques et sociales à Grenoble.
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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 22:06

     Actualité déjà passée (suis pas fortiche moi dans cette catégorie!) : à Colmar, s'est tenu ce week-end le 20ème Salon du Livre. Nous nous y sommes rendus en famille. Avec Danaé, c'était un peu sportif mais j'ai fait le plein de lectures, de rencontres littéraires et aussi de bruit et de chaleur!
Mon portefeuille ballonnant à l'aller criait à famine au retour, c'est dire!

Les voilà, les livres dont j'ai fait l'acquisition :
IMG_8458.JPG

11 livres  !

Petit récapitulatif :
- mon idole : Michel Quint. Il était longtemps seul à son stand (moi qui pensais qu'il y aurait foule... mon mari ne comprenant pas vraiment mon excitation), je n'osais pas l'approcher (no comment please), puis une ou deux bonnes femmes sont venues lui faire la causette, j'en ai profité pour feuilleter les livres que je n'avais pas encore lus (y'en a plus tellement), puis j'en ai choisi deux. L'écrivain m'a prise en pitié et m'a demandé si je voulais qu'il me les dédicace... et voilà, celle que j'aime le plus :


Bizarre de rencontrer l'auteur du livre que je suis en train de lire, L'Espoir d'aimer en chemin. Il a des airs assez bourrus, un visage rude et paternaliste... un regard vif. C'est drôle de savoir que tant de sensibilité sommeille en lui...
- Joseph Joffo : alors lui... lui!!!! il m'a bien eue! Première impression : des yeux clairs et un regard chaleureux, aimant, très humain. La suite m'a beaucoup plus déçue, sachez que le bonhomme de 78 ans est très "commercial" et prétentieux par-dessus le marché!  Je lui achète Incertain sourire dont j'avais entendu parler. Il me promet une dédicace "merveilleuse", me vantant son livre comme étant le meilleur depuis Un sac de billes, "les critiques m'ont comparé à Voltaire" (!!!), puis, puis... il prend un autre de ses livres, Le Partageet me dit "celui-là est sublime aussi", il prend à témoin une dame qui écoutait, ajoute que si j'avais un cadeau à faire pour Noël... et que vouliez-vous que je fisse? Avec un sourire gêné et contraint, je lui ai dit que j'allais me l'offrir à moi-même... et me voilà repartie avec deux Joffo pour 40 euros, le bougre! Que ces livres-là soient le summum du must, sinon... Ajoutons qu'il était un des seuls auteurs à encaisser lui-même son dû.
- j'ai discuté longuement avec les responsables du stand d'une librairie du théâtre située à Nice. Je leur ai acheté 4 livres, deux pour mes élèves (je débute un atelier théâtre en janvier) et deux pour ma troupe d'amateurs. Et je suis enchantée de cette rencontre : deux gars très sympa qui m'ont donné l'air d'être très compétents en ce qui concernent le théâtre et qui m'ont promis que, par mail, ils étaient tout à fait disposés à me donner des infos, à m'aider à trouver une pièce selon mes critères. C'est vraiment ce qui me manquait!
- Marie Desplechin m'a paru timide et plutôt réservée (si loin du personnage Joffo, bon pas le même âge non plus!), je lui ai dit que j'avais étudié Verte avec des 6ème (et que ça leur avait plu), elle s'est contentée d'un "Formidaaable!". Je lui ai acheté (au hasard) Dragons. Je vous tiendrai au courant.
- Enfin, Timothée a choisi Octave ne veut pas grandir d'Elisabeth de Lambilly et a eu droit à une dédicace personnalisée, un tigre dessiné par l'illustrateur Jérôme Peyrat. Bien sûr qu'il y avait d'autres livres pour enfants tentants, mais il fallait s'arrêter à un moment donné. D'autant plus que Timothée a passé plus de temps à profiter des petits spectacles réservés aux enfants que devant les stands de livres!
- le grand absent que j'aurais aimé rencontré : Yann Queffélec ! Et, apparemment, il n'a même pas daigné prévenir, ne s'est pas excusé, rien du tout... un peu déçue!
- j'ai vu Didier Daeninckx mais ne lui ai pas parlé et rien acheté... pas trop ma tasse de thé, vous
le savez...
- j'ai écouté un bout de la conférence d'Alix de Saint-André, une femme pas farouche, franche et assez rigolarde, que j'aimerais découvrir un jour à travers ses livres.
- j'en ai loupé plein d'autres et surtout je ne connaissais pas les 3/4 des écrivains présents!

Voilà, journée bien remplie! A l'année prochaine!

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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 21:23

    Patraque, enrhumée et fatiguée, j’avais besoin d’une lecture « facile ». J’ai été plus que comblée avec ce livre de littérature pour la jeunesse.

    Comme le titre l’indique, Aurore, une adolescente de 13-14 ans, n’est jamais contente, elle n’aime pas son quotidien, elle trouve sa vie amoureuse misérable, ses résultats d’élève de 3ème sont désastreux, elle ne s’entend ni avec ses sœurs ni avec ses parents, ses amitiés sont vacillantes… C’est un plaisir de lire ces journal d’ado qui déteste le monde entier ! Ses mots sont drôles et parfois très justes.



Un petit assortiment :

>  Le 11 novembre : « Congé. Les bus sont décorés de petits drapeaux et tout le monde est content de ne pas aller bosser. C’est la fête de la Première Guerre Mondiale. Un million de morts, un jour de vacances. A sept millions, je me demande si on a la semaine. »

>  « Maman me regarde depuis deux jours avec des sourires inquiétants. Je me demande ce qui lui prend. Elle a peut-être une gastro de la tête. »

>  Discussion autour de Noël, des différentes religions. Samira, une amie d’Aurore : « Noël chez toi, c’est juste un soir. Chez moi, j’en prends pour vingt-huit soirs d’affilée. Un ramadan, c’est vingt-huit gros repas du soir, sans compter les vingt-huit gros repas du matin. »

>  Nouvel An : « La vraie question est : pourquoi les gens s’excitent comme des mouches, tous les soirs à la même date. Ils devraient le savoir, à force, que la soirée est interminable, le repas immonde, et que ça se termine toujours par la ronde des baisers. Qui a inventé ce rituel stupide ? Qu’il se dénonce et qu’il s’explique. Quel intérêt d’embrasser en masse des gens qu’on évite d’habitude d’embrasser séparément ? Si encore on pouvait embrasser des types pris au hasard dans la rue… Mais sa famille… Sa propre famille ? Est-ce que ce n’est pas un peu malsain ? Une chose est sûre : il était super orphelin l’inventeur des baisers du Nouvel An. Et fils unique. »

>  Après des notes catastrophiques, Aurore a brusquement décidé de se mettre au travail et a récolté un 16 en histoire : « Dans le fond, l’histoire, c’est assez simple. Il suffit d’apprendre. Franchement, je suis un peu déçue. Je ne pensais pas que c’était si bête. »

>  « Je ne peux pas dire que je n’aime pas mes sœurs. Mais elles sont différentes. Elles pourraient être martiennes. Parfois, je me dis que j’aurais préféré avoir un chien. Est-ce que des parents se posent ce genre de questions ? Pour l’année prochaine, chéri, à ton avis, une fille ou un chien ? ».

>  « Si Dieu existe, Il n’est pas au courant de grand-chose (…) et s’Il était au courant, ça se saurait. Il y a longtemps qu’Il nous a zappés. A mon avis, Lui aussi, Il trouve les infos flippantes. »

>  Avant le premier rendez-vous amoureux d’Aurore : « C’est fichu. J’ai un bouton, en haut à gauche, sur le front. Inutile de faire des efforts de costume. J’y vais en fille normale, habits normaux, chaussures normales, bouton normal. Au moins, on ne pourra pas me reprocher d’en faire trop. »

>  « 1er mai : fête du travail. Résultat : personne ne bosse. Quand même, faire des fêtes sous le seul prétexte qu’on a du boulot, c’est un manque de respect pour ceux qui n’en ont pas. Un jour, moi aussi je chercherai du boulot et personne ne voudra m’en filer. Ce jour-là, j’inventerai la fête du chômage : une fois par an, tous les chômeurs auront le droit d’aller bosser. Pas de raison que ce soit toujours les mêmes qui se marrent. »

>  A propos de Julien, un amour de vacances : « Julien s’en va demain. Dans un sens, je suis désespérée. Dans un autre sens, j’en ai un peu marre de passer mes journées entières avec la même personne. Comment font les gens qui se marient, c’est la question. Ils travaillent toute la journée et ils vont au cinéma le soir, je ne vois que ça. Ou alors ils divorcent, c’est l’alternative. »

 
Bien sûr que je me suis souvent retrouvée dans ces lignes !

Il existe une suite intitulée Toujours fâchée. Le journal d'Aurore 2 et un 3ème tome : Rien ne va plus. Le Journal d'Aurore 3.

J'avais déjà lu Verte de Marie Desplechin, lu et étudié avec des 6ème. Ca avait très bien marché. Cet auteur a le don de savoir parler aux enfants et aux ado... sans pour autant ennuyer les adultes!

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Published by Violette - dans Lectures - jeunesse
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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 14:04
Yann Queffélec a obtenu le prix Goncourt 1985 avec son excellent roman, Les Noces barbares.

La dégustation (publié en 2003) mêle plusieurs thèmes : les dangers de l'alcool, la collaboration sous la Seconde Guerre mondiale, l'amour.
    Michel, 50 ans, est producteur du "château-bellevue", un vin renommé. Il tombe amoureux et épouse Ioura, 20 ans. Ce n'est pas la différence d'âge qui crée le fossé entre ces deux êtres mais le passé de Michel. C'est un ancien collabo chargé de réquisitionner les condamnés aux camps.
Quant à Ioura, "sa mère avait connu les camps, mais Ioura vivait dans un camp, elle aussi, lorsqu'elle habitait chez cette écorchée vive - aucune intimité, aucune vie privée, dévotion permanente au malheur de la tribu. Juifs, ils étaient juifs, condamnés à traîner derrière eux à tout jamais la fumée des crématoires." 

   Ioura est sur le point de devenir oenologue, elle passe le concours, ce "tournoi porte-couilles" réservé traditionnellement aux hommes. Certains passages sont une véritable ode au vin, alléchante et enivrante :
"Le serveur lui présenta le verre n°3, belle couleur de mûre ou de pif de cow-boy écrasé par une pouliche de bastringue. Elle approcha son nez et reconnut à coup sûr un américain, mais un deuxième choix. Du picrate, aurait dit Michel. Quelque vin massif de Nappa Valley, surmusclé, dressé comme une bête de concours, issu d'une vinification gonflette. Elle but une demi-gorgée, mâcha pour la forme et déglutit distraitement.
- Un beau parleur, déclara-t-elle avec emphase. Il a la puissance du cabernet sauvignon, un avant-goût de chêne à merrains, la fantaisie du fruit rouge, le tonus de l'alcool. Certes il est agréable au nez mais le goût précipité nuit à la bonne lisibilité des sensations. En fait, un ensemble aromatique chargé masque la finesse du cabernet. Le bois veut signaler la qualité d'un vieillissement en tonneau, le fruit rouge veut flatter les gosiers profanes, l'effet de brouillage est significatif. Outre la standardisation du goût, il cache peut-être un défaut majeur, comme le stress hydrique d'une vigne ayant subi les coups de chauffe, ce qui est la caractéristique de régions comme Nappa Valley. C'est donc un vin d'outre-Atlantique mal vieilli, d'où cette impression de comestible confit, façon chutney
".
En dire tant sur une seule gorgée m'a toujours épatée!

Le roman part un peu dans toutes les directions, Queffélec n'est pas tendre avec ses personnages et les liens qu'il tisse entre eux ne sont pas clairs : entre Michel et Ioura, haine ou amour? Rancoeur ou pardon?

Le roman est à lire si on aime le vin, si on aime aussi les descriptions de l'auteur, à la fois cruelles, réalistes, terrifiantes et sans appel.


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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 13:56

Après 2 semaines de cours (déjà !), petit bilan :

-          Mon gros problème : je n’arrive décidément pas à retenir les prénoms des élèves cette année ! Pourquoi ? parce que je change de salle tous les jours, voire deux fois par jour et que pour moi, le gros paresseux au fond de la classe c’est Florian, et que la brune souriante et motivée du premier rang, c’est Victoria… si vous me mélangez tout ça, je suis perdue, un visage tout seul, ça ne me dit rien du tout… Alors je passe beaucoup de temps à réclamer à mes monstres un petit carton avec leur prénom qu’ils posent devant eux, je passe beaucoup de temps aussi à les interroger « Célia ? euhh non, Laura ? », « Méla… euhh, Emilie, tu peux lire » (et avec le sourire s’il vous plaît !). Et puis, y'en a toujours qui se ressemblent comme deux gouttes d'eau, quelle idée!

-          Je n’ai pas la bonne clé ! Sans blague, la gestionnaire m’a donné une clé qui ouvre trèèès difficilement certaines portes de certaines salles. Résultat : je secoue la poignée, je maltraite la clé, je peste et les élèves : « Madaaame, vous voulez que je vous aide ? Si, chez moi, c’est pareil, il faut bouger la poignée en même temps », non mais qu’est-ce que tu crois que je suis en train de faire ??? La gestionnaire m’a promis une nouvelle clé qui ouvrirait les portes à merveille ( !). Merci mais pour quand ?

-          Grippe A : ça y est, un cas a été détecté. Attention, un élève qui a (peut-être) des symptômes de grippe (la saisonnière, la A ou une autre !?) en 6ème (pas ma classe). La principale a l’obligation de prévenir les parents d’élèves de cette classe. Je suppose que certains parents vont garder leur mioche chez eux, par peur.  Nous les profs, sommes tenus de préparer des fiches d’exercices pour que la principale puisse envoyer le tout par ordi aux parents en cas de classe fermée ou de collège fermé (comme si, un collégien en bonne santé, allait se mettre à bosser tout seul à la maison... !)

-          Dans toutes mes classes, pas de problème de discipline mais des bavardages… et je supporte de moins en moins le bruit ! J’ai donc placé les élèves en suivant un ordre bien précis : garçon-fille-garçon-fille, etc.  Je me doutais bien que ça arriverait : en 5ème, à la fin du cours, je précise à la charmante Sabrina qu’il faudrait qu’elle se grouille un peu pour recopier le cours (c’est toujours la dernière à sortir), et la demoiselle fond en larmes « mais c’est pas ma faute …. (snif snif snif), c’est les garçons, ils m’embêêêêtent, ils me prennent mes stylooos ». Pfffffff, que répondre à ça ? Bon, sans vouloir faire de sexisme, il est vrai que les garçons, cette année particulièrement, manquent de maturité, sont bébés, ne bossent pas des masses… Fondre en larmes pour ça, n’est pas non plus vraiment une marque de maturité me direz-vous !

-          Les femmes de ménage ! Il y en a tout un bataillon dans les couloirs du collège dès 16h. Attention, je n’ai rien contre elle, mais elles semblent avoir une dent contre moi. Il faut s’accrocher pour suivre leurs recommandations aussi : salle 30 : poser les chaises sur les tables en fin de journée mais dossier contre la table, salle 25 : poser les chaises mais pieds sur la table et salle 22 : poser les chaises deux par deux en triangle (ch’sais pas comment expliquer)… les élèves font bien sûr n’importe quoi et quand ça sonne, ça sonne, le troupeau s’enfuit à toute allure, galopant vers les bus (qui, c’est vrai, n’attendent vraiment pas longtemps)… Et puis, hier soir, je quitte ma salle pour laisser la femme de ménage faire son travail (j’avais des copies à corriger), je me réfugie en salle des profs où une autre femme de ménage m’accueille avec des « non, non, n’entrez pas, c’est mouillé ! », mouais… je les corrige où mes copies, accroupie par terre, dans le couloir ???

Bon, je sais, y’a pire dans la vie …

-        Je suis prof principale d’une 5ème et un certain R. pose problème. Il ne fiche rien, bavarde, entraîne ses petits camarades sur la mauvaise pente, etc. J’en parle à la CPE qui connaît bien le gugusse et qui m’informe que R. n’a pas vraiment de parents, il est placé dans une famille d’accueil, chez une dame qu’il prend pour sa nounou. Laquelle dame serait venue une fois au collège et aurait dit devant le gamin qu’elle en avait marre de faire famille d’accueil, qu’elle avait déjà viré d’autres enfants, que R. était le prochain ! Tout ça devant le gosse ! Ca explique certaines choses… En attendant, je ne sais pas trop quoi faire de lui, convoquer les parents, non, tout le monde a l’air de se moquer de sa situation, de ses résultats, de son comportement en classe. Reste à voir avec lui. Le motiver tant bien que mal, l’inciter à au moins ne pas déranger la classe. Mais c’est un pauv’gosse.

 

 

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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 16:13

Je suis en passe de devenir une fan de Quint!

   L'auteur nous prouve, une fois de plus, qu'il adore les poèmes d'Apollinaire. Comme "Effroyables jardins" et "Aimer à peine", "Et mon mal est délicieux" est une citation du poète extraite de "Marie".

    Une histoire d'amour triangulaire.
Max aime Luz mais Luz n'a d'yeux que pour Gérard Philippe.
Non, c'est plus joli que ça. Le narrateur écoute le récit de Max Klein devenu vieux (oui, Quint est un adepte des récits enchâssés). Ce Max raconte une ancienne histoire d'amour qui le hante encore. Enfant, il tombe amoureux d'une gamine de chiffonniers qu'il compare à Chimène. "Sa peau bise de gitane adolescente aux trouées de sa robe trop grande pour elle, trop lâche du décolleté, ses manières de dévoyée, jamais coiffée, nu-pieds, brûlante et belle, belle, noiraude aux zyeux bleus, rien ne collait avec mes tenues à l'amidon, mes dégaines de grand cul. On n'était pas du même monde. mais j'aurais donné tous mes univers de gosse de riche pour qu'elle m'ouvre son pauvre enfer. Chimène des bas-fonds, Rodrigue des beaux quartiers".
    Ce conte cruel parfumé au jasmin nous transporte dans le monde du théâtre, Luz "ne connaissait, ne voulait que cette pièce : Le Cid, tragi-comédie de Pierre Corneille." Elle s'invente des représentations et Max lui donne la réplique jusqu'au jour où elle tombe amoureuse de la gueule d'ange de Gérard Philippe qu'elle croit rencontrer un soir de 1940. Tous deux font une promesse, il reviendra jouer Le Cid  pour elle, quand il sera un comédien célèbre. Luz ne vit alors plus que pour Gérard dont elle garde toutes les coupures de presse, toutes les photos, tous les articles.
Max se tait, aime la gitane en silence. Mais la jeune fille  est atteinte de monoplégie crurale, son corps s'affaiblit, sa vue baisse. Max, pour elle, "monte" à Paris et devient comédien pour approcher la star et rapporter à son "éternelle fiancée" tous les potins. Mais Gérard Philippe revient et joue Rodrigue... cependant, les apparences sont trompeuses.
Je n'en dis pas plus, la fin est touchante, bouleversante même. Un homme qui n'oublie pas le baiser d'un soir, prénomme sa fille Chimène pour "payer une dette de bonheur".

Michel Quint trouve les mots qu'il faut pour picoter notre corde sensible. C'est beau, c'est tendre, c'est humain.
"Parce que avec du vif, sincère, sans fard, sans frime, ta vie dans tes paumes ouvertes, tu m'as dit aussi l'humanité nue. Pas l'idéal, celle des religions et des philosophies, ni la créature politique, mais celle qui a mal aux dents, qui essaie d'aimer à grande douleur et immenses espoirs, malgré son gros nez, malgré la maladie, les préjugés, malgré les gloires savoureuses et les bravos, la ballottée d'histoire, l'oubliée des guerres et des destinées jolies, la minuscule, celle qui trahit et tue, et celle qui a peur, l'innocente et l'héroïque ordinaire, celle qui veut enfermer l'univers dans son poing fermé et ne peut y tenir un papillon."

Si je ne me retenais, je citerais tout le livre.

Et une furieuse envie de relire Le Cid

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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 15:36
  Notre collège est équipé de Scolastance, un bureau virtuel, un réseau internet interne à l'établissement, qui nous permet d'entrer les notes, de consulter un emploi du temps mais aussi de communiquer avec les collègues, les parents d'élèves et les élèves eux-mêmes. Et c'est par l'intermédiaire de ce même bureau virtuel que nous faisons l'appel qui est instantanément transmis au CPE et à la vie scolaire.
Alors ce matin, en notant les absents, je reçois un message du collègue de physiques qui m'informe qu'un certain Ryan était en train de faire ses devoirs de français en physiques. Quelle ne fut pas la surprise de ce cher Ryan, quand je lui demandais, 40 minutes plus tard si le cours de physiques était l'endroit idéal pour faire ses devoirs de français... le pauvre était tout blanc! Moi j'ai trouvé ça très drôle.

  Dans cette même classe de 5ème, je rends un contrôle surprise (oui c'est vache, mais c'est eux qui n'ont rien foutu dans les cours précédents et ils étaient presque prévenus, la surprise n'était pas si grande...). Une heure plus tard, je reçois un mail d'une élève :

"Bonjour,
 Comme vous avez pu le voir j'ai été très déçu de constater que je n'ai eu que 14 au contrôle de français. Il ne mets jamais arriver d'avoir une note aussi basse alors que je connaissais assez bien mon cours.
 Je voulais savoir si vous me pourriez me monter un peu ma note
 Salutations distinguées
  Cécile "

   D'abord, je n'ai pas vu du tout que la fifille était "déçu" (quand on estime casser la baraque en français on accorde le participe passé avec le sujet quand l'auxiliaire est être...), je suis plus attentive à la tête des élèves quand je rends des copies notées 3 ou 4 que 14. Ensuite, quel toupet de demander de "monter" sa note! Non mais elle se croit où, celle-là? sur Ebay pour faire monter les enchères? A la Française des Jeux ? En quel honneur je lui augmenterais sa note? Parce qu'elle m'a servi du "Salutations distinguées"?

14, c'est la fin du monde en plus, un véritable cataclysme!



Elle bossera très sérieusement et pourra se rattraper au prochain contrôle la miss! Pas de chance pour elle, après sa prose, je l'ai dans le collimateur!


J'édite pour rajouter la réponse de la demoiselle :
"Bonjour,
Je comprends tout à fait votre réponse et je vous pris de m'excuser
Je ferais ce qui est en mon pouvoir pour essayer de rattraper cette note
Merci quand même
A demain "


que le pouvoir soit avec elle !!! 
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Published by Violette - dans Eh - M'dame !
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