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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 09:39

     L'opération "je lis des BD" continue... et l'opération "et j'aime ça" aussi! 
J'ai vraiment pris du plaisir à lire cette BD! Dévorée du début à la fin sans répit.
Je n'en attendais pas moins de Tonino Benacquista,le scénariste, dont j'adore les romans (Saga, Malavita et le sublime Quelqu'un d'autre) et les nouvelles (La Boîte noire).
 

          Richard Séléna est un commissaire de police obèse et boulimique. A cause de sa corpulence et de l'antipathie qu'il dégage, il est détesté et raillé de tous. Il participe à des séances de thérapie de groupe (les gros anonymes?) sans jamais prendre la parole. Son coeur faiblit, le médecin le dit condamné à vivre tout au plus un an. C'est un meurtre qui va le sortir de ce tunnel. Victor Lachaume a été tué et Séléna soupçonne très vite sa nièce. Il est le seul à avoir découvert la vérité. Il propose à cette jolie jeune femme un marché : elle vient lui tenir compagnie tous les soirs de 21h à 23h pendant un an, et au bout de cette année, le commissaire jettera les preuves de sa culpabilité. Grâce à la jeune Elsa, le gros bonhomme va s'affiner, faire attention à lui, préparer de petits mets qu'il ne touchera pas mais regardera sa compagne du soir s'en délecter. Pas un soir, elle ne manque à l'appel. Des liens se tissent. Séléna qui pesait 160 kilos, se transforme en bel homme fin élégant et finit par plaire à la jeune femme. C'est un peu la Bête qui réussit à séduire la Belle.

    La BD a été adaptée au cinéma en 2003 par Thierry Binisti, avec, dans le rôle principal, un Eric Cantona énorme et très ressemblant au personnage de la BD. Je ne sais pas ce que vaut le film, mais la BD, l'histoire elle-même m'a bien plu, sauf la fin peut-être qui est très étrange (euphémisme pour dire que je ne l'ai pas réellement comprise!). C'est le droit à la seconde chance pour tous, pour Elsa (qui a effectivement tué son oncle mais avait de bonnes raisons... et pour Séléna qui s'offre une nouvelle vie), c'est la peinture d'une souffrance et d'une volonté de s'en sortir.

Une autre BD de Benacquista m'attend, j'ai hâte!

 

Roaarrr Challengelu dans le cadre du Roaarrr Challenge (chez Mo)

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Published by Violette - dans Lectures - BD
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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 10:04
    Ça fait un petit moment que le livre me faisait de l'oeil... offert par la Fnac, la curiosité me poussait à savoir ce qu'il "valait".
    C'est une histoire de coeur, au sens propre du terme : Bruce Boutard, un quadragénaire divorcé, asocial, brusque, misogyne, réunit tous les clichés de l'homme dépourvu de sensibilité, de finesse, de tact. Souffrant d'une pathologie du muscle cardiaque, Bruce se voit greffer un coeur avec succès. Il vivra mieux déjà parce qu'il sera en bonne santé, mais surtout parce qu'il se découvrira tout autre : il nettoie et décore son appartement, il ne prend plus les femmes pour de vulgaires objets qu'on utilise puis qu'on jette, il s'habille de manière élégante, il sort, se cultive, devient souriant, agréable et courtois. Bref, l'ours s'est transformé en gentleman... qui se pose des questions ! Pourquoi tant de changements? Il comprend petit à petit que ce nouveau coeur, ce coeur "prêté" lui fait connaître de nouveaux horizons. C'est un coeur de femme, celui de Constance, décédée dans un accident de voiture à 29 ans.  Et là, j'ai adoré le féminisme sous-jacent de l'auteur. Du côté des femmes : la finesse, le goût, la noblesse, la générosité, l'art... du côté des hommes : la rudesse, la goujaterie, la lâcheté!
Bruce a donc hérité d'un coeur qui lui permet de vivre, mais aussi d'un grand nombre de sentiments jamais éprouvés, de centres d'intérêt ignorés jusque là.
En outre, cette donneuse morte a une histoire bien particulière aussi. Elle était restauratrice de tableaux anciens, plus particulièrement ceux de Paolo Uccello. Elle était aussi très amoureuse d'un homme marié plus âgé qu'elle... je n'en révèle pas plus.
    Mon avis? Agréable à la lecture, c'est cependant un livre qu'on oublie vite, je pense. Certains passages sont intéressants (le thème tout simplement de la greffe de coeur, les liens avec la peinture, la découverte de la Toscane), d'autres sont drôles, mais l'histoire finit en eau de boudin, c'est un peu dommage. Les clichés sont nombreux (parfois jouissifs, il faut l'avouer), les femmes sont toutes belles et débordantes de qualités.
Pour faire vite, je dirais que j'ai plus ou moins adhéré au fond, un peu moins à la forme.

Un extrait où l'ex-femme de Bruce parle du changement radical qui s'est opéré chez lui "J'ai divorcé d'un alcoolique fumeur, égoïste, rabat-joie, mal habillé, vivant dans un taudis... bégaya-t-elle, hilare. Et je me retrouve à boire le thé dans un salon qui sent le Pliz, chez un type branché, souriant, impeccable, qui s'intéresse à mon travail pour la première fois de sa vie !"

Tatiana de Rosnay est journaliste pour Elle et critique littéraire pour Psychologies magazine.
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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 09:31
C'est après l'avoir vu à Taratata  ...

 ... que je me suis décidée à acheter l'album de Milow. Ce que vous ne voyez pas sur la vidéo, c'est le charmant accent de ce charmant jeune homme au charmant sourire  ... il est craquant, c'est vrai.

     L'album contient 15 titres, des ballades pour la plupart. La voix chaude de ce belge (de son vrai nom Jonathan Vandenbroeck) nous berce et nous envoûte.
C'est un peu grâce à Perez Hilton, une personnalité télévisuelle américaine qui mit son clip sur son blog, que Milow atteignit une certaine notoriété. Cet auteur-compositeur de 28 ans a cassé la baraque avec sa reprise de Ayo technology.


   Personnellement, j'ai aimé l'album à la première écoute ... à la deuxième un peu moins, et à la troisième, j'ai carrément zappé !  Même si sa voix est sensuelle et mystérieuse, les chansons ont un côté midinette qui est vite agaçant!
Mais avec un chocolat chaud et une bonne couette, ça s'écoute en regardant la pluie tomber!

J'adore You don't know et Herald Of Free Enterprise, mais One of it me fait vraiment vraiment penser à un Boy's Band des années 90... d'autres chansons évoquent plutôt un Roch Voisine roucoulant avec sa guitare...
C'est peut-être un peu cruel, mais Milow n'a sans doute pas encore atteint l'âge de la maturité...


et c'est Muse qui est retourné dans mon lecteur CD me titiller les oreilles !
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Published by Violette - dans Musique
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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 10:47
 Livre lu pour mes 5ème!
Je n'ai aucun regret d'avoir choisi ce roman pour la section "roman d'aventure". Quel plaisir de relire ce livre!
   Reprenons les choses dans l'ordre : Alexandre Selkirk est un marin écossais. Suite à un désaccord avec son capitaine, il refuse de poursuivre la route et exige qu'on le laisse sur une île, dans l'archipel Juan Fernandez, à quelque 400 milles des côtes chiliennes. Il passera 4 ans 1/2 sur cette île déserte entouré de chats et de chèvres. La presse londonienne s'arrache son histoire et Daniel Defoe s'en inspire également pour créer son personnage de Robinson Crusoé. Michel Tournier puisa à son tour dans le roman Robinson Crusoé pour écrire, dans un premier temps, Vendredi ou Les Limbes du Pacifique (1967), destiné aux adultes car complexe et philosophique. Dans un second temps, l'auteur désira simplifier et adapter l'intrigue à un plus jeune public, et c'est ainsi qu'on obtint, Vendredi ou La Vie sauvage (1971). 



                                                         


       Le navire La Virginie fait naufrage dans la région de l'archipel Juan Fernandez, à 600 km du Chili. Un seul survivant se retrouve sur la plage de l'île la plus proche : Robinson. Ce jeune homme consacre tous ses efforts pour construire un bateau, L'Evasion, pour quitter l'île. En vain. Ensuite viendra la période où il travaille dans le but de civiliser l'île, il construira une maison, une horloge, cultivera des champs et domestiquera des chèvres, s'efforcera de respecter une certaine discipline et des horaires contraignants. Cependant, par désespoir et par solitude, il s'isole parfois dans la niche d'une grotte (tentant de retrouver un cocon maternel dans cette position foetale) ou se glisse dans la souille, avec les pécaris... Un groupe d'Indiens aux moeurs cruelles débarque un jour sur l'île pour massacrer un des leurs. Celui-ci, dont la peau est plus foncée que les autres, s'enfuit à travers la forêt de l'île. Robinson lui sauvera la vie en tuant un des ses poursuivants. Il le recueille, lui apprend l'anglais et fait de lui un serviteur modèle. Il le prénomme Vendredi (en hommage au jour de leur rencontre) et lui inculque toutes les bases de la civilisation occidentale : s'habiller, manger proprement, suivre un emploi du temps strict, obéir aux lois de la charte établie par son "maître", labourer les champs, faire la cuisine, traire les chèvres ou encore cirer les bottes. 
    Cette soumission, cet esclavagisme prendra fin le jour de l'explosion. Vendredi manie en effet, malencontreusement, la poudre récupérer du bateau, faisant exploser la maison mais aussi les réserves de céréales, les habits, l'horloge, ...Robinson se rend compte que tout ça n'était qu'illusoire voire ridicule. C'est désormais Vendredi qui mènera le jeu.
   C'est la deuxième période. Vendredi et Robinson vivent en harmonie avec la nature, consacrant leur temps aux siestes, aux jeux, au plaisir. Vendredi fera preuve d'intelligence, de sensibilité tout en respectant ce qui l'entoure et en évitant la violence. Les rôles sont inversés et les deux hommes finissent par vivre heureux.
   C'est sans compter l'arrivée impromptue d'une goélette anglaise... Vendredi est émerveillé devant tant de luxe et de brillance, Robinson, lui, apprend qu'il a passé plus de 28 ans sur l'île qu'il a lui-même surnommée Speranza! Il s'aperçoit également que ses concitoyens sont des brutes avares, violentes et cruelles. Il décide de rester sur l'île. Le lendemain du départ de la goélette, il se félicite de son choix mais ...ne trouve pas Vendredi! Son ancien compagnon a lui, fait le choix de rejoindre l'Angleterre!
    Le livre se termine sur une belle surprise, Robinson trouve un enfant caché dans la grotte, il s'agit du mousse du bateau qui, ayant subi tant de maltraitances et d'humiliations de la part des autres hommes, a fui l'équipage. Robinson lui prouve son amitié et son affection en l'appelant Dimanche.
"Une vie toute neuve allait commencer, aussi belle que l'île qui s'éveillait dans la brume à leurs pieds".
"Désormais, tu t'appelleras Dimanche. C'est le jour des fêtes, des rires et des jeux. Et pour moi tu seras toujours l'enfant du dimanche".


    J'adore cette histoire. J'avais étudié Vendredi ou Les Limbes du Pacifique pour le bac français, il y a presque 15 ans. Je ne m'en lasse pas et j'espère que les élèves accrocheront aussi.
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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 10:35
    Il s'agit d'une nouvelle policière très originale puisque le narrateur est l'arme du crime, une pierre qui n'a rien demandé à personne et qui a été jetée sur une femme pour la tuer. 
    J'ai vraiment adoré ce court texte empreint de poésie... et quand je me suis renseignée sur l'auteur, j'ai découvert avec plaisir que j'avais déjà lu une de ses pièces de théâtre intitulée Dans ma maison de papier, j'ai des poèmes sur le feu. J'ai même vu cette pièce représentée. Comme la nouvelle, la courte pièce (destinée aux enfants et aux ado) respirait la poésie, la simplicité et la tendresse.
En marge de son travail d'écrivain, Philippe Dorin écrit aussi des histoires qui ne tiennent pas dans des livres, à partir de boulettes de papier, de sable, et de petits cailloux blancs.

Un artiste à suivre !
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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 11:00
Avertissement : si vous faites un régime, ne lisez pas ce livre!
Il a eu le Prix du Meilleur Livre de Littérature gourmande 2000. Et ce n'est pas pour rien...

     Le plus grand critique culinaire du monde n'a plus que deux jours à vivre. Il s'en fiche, tout ce qui lui importe c'est de retrouver "une saveur qui me trotte dans le coeur. (...) cette saveur-là, c'est la vérité première et ultime de toute ma vie (...) elle détient la clef d'un coeur que j'ai fait taire depuis".
Pour retrouver ce goût qui l'a fait vibrer, ce monsieur imposant et égoïste va passer en revue ses préférences gustatives... Les sardines de sa grand-mère, la viande grillée de Tanger, la tomate crue de la tante Marthe, un repas imprévu et rustique à la campagne, ... autant dire, une explosion de descriptions qui nous mettent l'eau à la bouche! 
    C'est bien écrit, j'aime le style de Muriel Barbery, L'Elégance du hérisson reste un de mes romans préférés, mais dans Une gourmandise, certains effets paraissent un peu artificiels, on sent trop souvent la recherche stylistique consciencieuse et appliquée. On ne s'ennuie pas, le livre n'est pas épais mais des descriptions de bouffe les unes à la suite des autres, c'est parfois excessif et indigeste. Un exemple :
"Qui n'a jamais osé malaxer longuement de ses dents, de sa langue, de son palais et de ses joues le coeur du pain, n'a jamais tressailli de ressentir en lui l'ardeur jubilatoire du visqueux. Ce n'est plus ni pain, ni mie, ni gâteau que nous mastiquons alors, c'est un semblant de nous-mêmes, de ce que nous pétrissons ainsi de nos bouches expérimentées où la salive et la levure se mêlent en une fraternité ambiguë" (bon, tout ça pour une boulette de pain!). De même, il raffole de son chien qui sent la brioche tiède... mouais, mouais, très rare, le cabot!
   Le plan du livre est simple, linéaire, sans surprise. Sont énumérés les goûts préférés du gastronome, liste parfois interrompue par les réflexions des personnes qui vivent autour de l'auguste personnage (réflexions le plus souvent désobligeantes, vous l'aurez compris). Puis vient la révélation, l'illumination, LA saveur tant recherchée depuis le début de l'agonie...

   Le personnage principal, ce critique gastronomique, est pourtant jouissif : il est détesté de tout le monde (ou presque), ses enfants le haïssent, il a un caractère impossible, dominateur, brutal, sans aucune tendresse pour l'humain, n'aimant ni sa femme, ni ses enfants. Cet extrait le prouve "que sont les enfants sinon de monstrueuses excroissances de nous-mêmes, de pitoyables substituts à nos désirs non réalisés? Ils ne sont dignes d'intérêt pour qui, comme moi, a déjà de quoi jouir dans la vie, que lorsqu'ils partent enfin et deviennent autre chose que vos fils ou filles. Je ne les aime pas, je ne les ai jamais aimés et n'en conçois aucun remords." 
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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 21:55

      Mes envies de lecture sont brimées par la nécessité voire l’urgence de préparer mes cours pour ma reprise imminente, et donc de lire des livres pour mes élèves. Le dernier en date : Alice au pays des merveilles. Je ne reviens pas ici au choix de l’édition qui s’est révélé épique et cornélien, pas moins de trois exemplaires d’Alice à la maison finalement, mon choix s’est arrêté sur l’édition Gallimard Jeunesse, Folio Junior. Couverture, pages et formats attractifs (j’espère) et texte intégral malgré tout.


            Alice au pays des merveilles fait partie des classiques de littérature anglaise, même de littérature mondiale. Pourtant, ce livre pour enfants n’est pas si facile d’accès. Il faut savoir, d’emblée, qu’on entre dans l’univers du merveilleux, de l’irréel, mais contrairement aux contes traditionnels, ce livre contient une très grosse dose d’absurde. Expliquer l’absurde aux enfants de 11-12 ans ne sera pas chose aisée !

           Reprenons du début pour ceux ou celles qui auraient de petits trous de mémoire
Alice se repose, aux côtés de sa sœur, sur un talus ; elle s’ennuie, somnole, se sent trop lasse pour prendre un livre, quand soudain passe tout près d’elle « un Lapin Blanc aux yeux roses ». Comme tout le monde le sait, le célèbre Lapin est en retard, il tire sa montre de la poche de son gilet et s’en va à toute allure. Alice, cette petite fille bien sage mais très curieuse, le suit avant de tomber dans un puits très profond. Cette chute n’est pas désagréable et surprend à peine notre jeune héroïne qui s’amuse à observer les parois de ce puits garnies d’étagères et de placards et prend le temps de réfléchir, de penser à son chat à qui elle va bien manquer Sa chute prend fin dans un couloir où elle aperçoit encore le Lapin. Elle le poursuit et arrive dans une longue salle basse d’où elle est incapable, apparemment de sortir. Elle trouve enfin une clé qui ouvre une toute petite porte qui, malheureusement « donne sur un petit couloir guère plus grand qu’un trou à rat ». Qu’aperçoit-elle au bout du couloir ? « le jardin le plus adorable qu’on puisse imaginer » ! Elle se saisit d’un petit flacon qu’elle n’avait pas vu l’instant d’avant, flacon portant l’inscription « BOIS-MOI » et en goûte le contenu. Elle rapetisse pour ne plus mesurer que 25 centimètres ! Formidable, elle va pouvoir entrer dans le jardin merveilleux, mais un nouveau problème se pose : sa petite taille l’empêche d’atteindre la clé de la porte ! C’est alors qu’elle mange un petit bout de gâteau sur lequel les mots « MANGE-MOI » sont tracés  … ... ...  s’ensuivent 1001 aventures ! Elle nagera dans une mare formée par ses larmes,  grandira et rapetissera encore un bon nombre de fois, rencontrera toutes sortes de personnages extraordinaires comme une Duchesse très laide, un Chapelier un peu fou, un chat au sourire géant, une Reine assassine, un Griffon (tête et corps d’aigle, pattes de chien et oreilles de renard) complètement déprimé
La fin du conte nous informe que tout cela n’était qu’un rêve ! Alice se réveille sur le talus du début du livre.

     C’est la naïveté et l’innocence d’Alice qui font toute la fraîcheur de ce conte. C'est l'absurde qui parcourt les pages qui donne une impression de jamais vu dans un conte (le chat lui-même expliquera à Alice "Nous sommes tous fous ici. Je suis fou. Tu es folle"). Texte pour tous les âges, les adultes pouvant y trouver une critique de la société de l’époque, une critique du monde des pédagogues (dont Carroll faisait cependant partie – il était prof de math !). Le mouvement surréaliste s’est aussi largement inspiré de Lewis Carroll, en voulant ouvrir l’esprit au rêve et à l’inconscient.

Il faut aussi être sacrément connaisseur de la langue et de la littérature anglaise (notamment les comptines) pour déceler et (comprendre!) toutes les pointes d'ironie, toutes les références de l'auteur. 

     Une fois qu’on s’est bien familiarisé avec les personnages et qu’on a accepté le décalage que constitue l’absurde, on se prend à aimer ce conte mais il faut du temps et de la bonne volonté ! J'ai aimé la plupart des passages absurdes, les trouvant assez drôles (et me faisant souvent penser à Ionesco !?!)
Mais sans vouloir être pessimiste, j’entends déjà mes petits 6èmes scander « Mais c’est n’importe quoi ! » à tout bout de page ! Heureusement, le texte est ponctué par les illustrations de John Tenniel, et sont vraiment très proches du texte, fidèles aux mots de Lewis Carroll.

     Notons encore que, dès sa publication, en 1865, Alice au pays des merveilles connut un immense succès, relayé par le cinéma puisque la première version filmée du conte date de 1915 (film muet bien sûr !) notoriété qui traverse les âges puisque le film de Tim Burton sortira en mars 2010, l’intrigue emmènera la jeune fille 10 ans après le livre de Carroll, au moment où elle découvre qu’on la demande en mariage


Il y aurait tant à dire de ce livre! Quelle richesse, quelle profondeur, que d'intertextualité!  
    
   


     J’aimerais terminer par cette photo, il s’agit de LA Alice qui aurait inspiré l’auteur. C’est elle, en réalité, qui aurait demandé qu’on lui raconte une belle histoire

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Published by Violette - dans Lectures - jeunesse
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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 15:19
Qui ne connaît pas le nom de Corto Maltese? Il était grandement temps pour moi de le lire ! 
D'autant plus que j'ai déniché une nouvelle collection aux Classiques & Contemportains chez Magnard : 

   Un poche bien sympathique, plutôt destiné aux collégiens et lycéens et surtout bien moins cher que les grandes BD hors de prix (à peine 6.18 euros pour celui-ci). La BD intégrale en couleurs est accompagnée de tout un appareil pédagogique (questions, info sur le contexte historique, bibliographie, lexique de la bande dessinée...). 
  L'intrigue est simple : Nous sommes en 1904-1905, pendant la guerre russo-japonaise. La fin des hostilités est sifflée, pourtant un mutin russe, Raspoutine, refuse de se rendre, abat son capitaine avant de prendre la fuite et de tuer deux autres soldats. Pendant ce temps-là, un reporter américain, London, qui n'est autre que le célèbre écrivain Jack London, observe avec distance et ironie les événements historiques. Il proposera son aide à Raspoutine et ce n'est qu'à la page 59 qu'on rencontre enfin Corto! Corto qui s'en ira dans l'épilogue avec Raspoutine en direction de l'Afrique.
  La BD porte donc bien mal son titre ... c'est London le héros de cet opuscule, mais ce sont les premières aventures chronologiques de Corto Maltese. J'ai aimé ce que j'ai lu et vu (Corto est très beau!), mais je suis restée sur ma faim, j'aurais voulu en lire plus, en savoir davantage. Si j'ai bien compris, la suite se trouve dans Ballade sur la mer salée (quel titre!), que j'ai hâte de trouver!



dans la 2ème vignette : Raspoutine, dans la dernière : London.



Hugo Pratt (décédé en 1995) a adapté L'île au trésor en BD.
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Published by Violette - dans Lectures - BD
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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 13:53


     Roman relu pour la 3ème fois, et qui sera étudié pour et avec (surtout avec, j’espère !) mes chers troisièmes que je n’ai pas encore eu le privilège de rencontrer.
    Pour moi, la lecture de ce livre est un réel plaisir. Il n’est pas autobiographique, Michel Quint nous rappelle même que c’est une fiction « à 95% », mais s’apparenterait plutôt à une autofiction, c’est-à-dire que certains éléments sont bien réels, voire historiques et d’autres, complètement inventés.

    Le narrateur a honte de son père. Honte de son père qui régulièrement se déguise en clown pour amuser et divertir les anniversaires, les fêtes d’entreprises, les kermesses. Les descriptions ne sont pas tendres : « Larges tatanes, pif rouge, et tout un fourbi bricolé de ses vieux costumes, des ustensiles de cuisine mis au rencard (…) dans un numéro pathétique de niais solitaire contraint de s’infliger tout seul des baffes et des coups de pieds au cul ». Tout le roman est comme ça, drôle à souhait, à la fois cru, familier et très littéraire.



     Mais pourquoi ce père se prend-il pour un clown ? C’est l’oncle Gaston qui va raconter, dans un langage fleuri, l’épopée de deux soldats français sauvés, pendant la 2ème guerre mondiale, par un soldat allemand, un « soldat-clown ». Ce soldat n’est autre que Bernhard Wicki, le réalisateur du film Le Pont. Le narrateur va alors comprendre que son père est un héros, lui aussi, qui rend hommage à l’homme qui les a sauvés, lui et Gaston. Ce livre fait aussi un magnifique bras d’honneur au manichéisme non, tous les Allemands n’étaient pas des ordures, non, tout n’est pas tout blanc ou tout noir Un Allemand au grand cœur (Bernd), un Français qui est une ordure (Papon).



A lire absolument, c’est court, lu en 1h. Simple mais noble, fort et émouvant.

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    Michel Quint est un ancien prof de lettres classiques qui s'est d'abord tourné vers le théâtre avant d'écrire quelques romans noirs et de recevoir, en 1989, le Grand prix de la littérature policière pour Billard à l'étage. Dans Aimer à peine (2002), on retrouve le narrateur d'Effroyables jardins.
                                                  --------------------------------


     Je
an Becker s'est inspiré d'Effroyables jardins pour en faire un film, sorti en 2003, avec les célèbres Thierry Lhermitte,
Jacques Villeret, et André Dussollier. La version cinématographique, forcément, rallonge la sauce par rapport au livre. Mais certaines modifications m’ont gênée : les références au procès Papon sont complètement absentes, l’histoire d’amour est tronquée (dans le livre elle semblait extraordinaire, dans le film elle a un caractère très banal) et pourquoi ceux qui devaient être Gaston et Nicole dans le film sont-ils si âgés ? La dichotomie pitrerie/tragique est souvent trop marquée. Le personnage interprété par Thierry Lhermitte, est, d’après moi, inutile. On passe un bon moment, les scènes qui sont tournées dans la fosse et l’arrestation sont assez réussies mais c’est toujours pareil : après le livre, le film déçoit. Je comprends que Jean Becker ait dû étoffer l’histoire pour « tenir » 1h30 mais il n’aurait pas dû effectuer certains changements. Peut-être a-t-il fait ce choix pour que le film soit « grand public » ? ou pour éviter toute polémique (d’où le mutisme au sujet de Papon) ? Dommage !
    Des changements mineurs et somme toute insignifiants m’ont fait sourire : les quatre prisonniers se connaissent grâce à l’équipe de foot dans le roman, dans le film ce sont les parties de pétanques qui constituent leur point commun. C’est sûr, la pétanque fait plus pittoresque, plus vieillot, plus « France profonde » que le foot !



Bref, lisez d’abord le livre !
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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 10:36


       Erik Orsenna nous emmène encore une fois à la découverte de la grammaire.
Après La Grammaire est une chanson douce, Les Chevaliers du Subjonctif et La Révolte des accents, son dernier livre : Et si on dansait ?
Cette fois-ci, c’est la ponctuation qui est à
l’honneur.
       Nous sommes toujours avec Jeanne, une adolescente passionnée de mots et de grammaire, qui nous explique
qu’elle est un
écrivain fantôme, rédigeant des discours pour des chefs d’état, des élèves, des adultes. Venue écrire un discours pour le président sénégalais Léopold Sédar Senghor, elle découvre sur la plage une « étrange pollution » : un bateau contenant des livres a fait naufrage, la mer a décollé les mots des pages, les mots ont été  mélangés, amalgamés, formant une immense mare noirâtre. « Un mot sorti de son histoire est comme un poisson hors de la mer ».

 « quasisantêteétaittuoujoursheureuxdaiderlesnouveauxdegryffondor » : Il s’agit d’abord de retrouver l’histoire d’appartenance de ces mots (facile ici, qui a trouvé ?), puis de placer les « blancs » aux bons endroits. Et on apprend, au passage, « que les blancs, les espaces entre les mots, n’avaient été employés en Europe que vers l’an 800, à l’époque de Charlemagne. Ces blancs avaient été les toutes premières ponctuations ». Jeanne, ensuite, avec l’aide d’un orchestre (parce que la ponctuation constitue la musique de la phrase !) et de Monsieur Traversière, un typographe, donne du rythme à ces mots en y intégrant les signes de ponctuation. Les mots, ravis d’avoir retrouvé leur dignité, remercient Jeanne « « Plus jamais, jamais, nous ne te jouerons la mauvaise blague du mot sur la langue, tu sais bien, Jeanne, ce mot qu’on sent tout proche et qui refuse de se montrer. Fini, ces espiègleries ! Maintenant, nous sommes de vrais alliés, Jeanne, A la vie, à la mort ! A partir de maintenant, dès que tu auras l’idée d’un mot, ce mot apparaîtra ».
Là, je souris. Je savais bien qu’ils ne tiendraient pas leur parole. Il est dans la nature des mots de jouer avec la patience de l’écrivain. »




     Comme les autres livres d’Orsenna, celui-là est frais, léger, surréaliste, égayé par  les nombreuses illustrations.

     La cause de l’écrivain est bien noble, il la rappelle lui-même dans ses remerciements « tenter, en racontant, de donner le goût de la grammaire aux jeunes générations », mais est-ce que ça fonctionne vraiment ? Je n’ai encore jamais étudié La Grammaire est une chanson douce avec mes élèves (contrairement à certains collègues), mais je me permets d’être dubitative


  
    Merci à Monsieur Orsenna de faire revivre la langue française, ou simplement de nous ouvrir les yeux sur ces pattes de mouche qui n’en sont pas mais qui font la richesse de notre langue.




Et MERCI à Stef pour ce joli cadeau  

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