Mardi 19 août 2014 2 19 /08 /Août /2014 06:25

 

              

Cette année, je n’ai pas oublié l’anniversaire de ce blog. J’ai recompté plusieurs fois, mais si, ça fait bien 5 ans qu’il vit ce p’tit gaillard ! Malgré des hauts et des bas, malgré une foutue pub qui est venue grignoter mon petit chez moi, je reste assez fidèle je crois, à Doucettement

 

Merci à vous !

Par Violette - Publié dans : Fait maison
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Lundi 18 août 2014 1 18 /08 /Août /2014 16:00

 

Gros succès populaire de ce livre, à l’image du succès sportif, médiatique et populaire de Nadia Comaneci.

Nadia Comaneci est une petite fille roumaine qui a été recrutée dans une cour d’école parce qu’elle savait bien faire la roue. C’est l’œil expert de Béla, l’entraîneur des gymnastes, ce « faiseur de championnes »  qui l’a choisie. Avec d’autres filles, toutes aussi frêles, musclées et surtout combattives, Nadia va s’entraîner durement pour être la meilleure. Et la meilleure, elle le sera puisqu’elle sera la première à obtenir la note de 10 aux Jeux Olympiques de Montréal en 1976. A 14 ans, avec ses 40 kgs et son 1m54, elle révolutionne la gymnastique.

C’est l’histoire d’une petite fille conçue pour gagner mais c’est aussi l’Histoire d’un pays, la Roumanie qui, entre les années 50 et la fin des années 80, subit le totalitarisme de celui appelé le Conducator, Ceausescu.

Le roman – car ce n’est pas une biographie - est assez subtil pour ne pas démolir le coach Béla qu’on pourrait qualifier de tyran mais que Nadia appelle un « visionnaire ». Il ne noircit pas non plus complètement l’époque Ceausescu où les gens vivaient dans le froid et la faim mais unis pas une force et solidarité perdues après la révolution roumaine.

J’ai quand même été très surprise de savoir que les échanges téléphoniques présentés en italiques dans le livre, ces discussions entre l’auteur et la gymnaste, étaient pure fiction. Ce dialogue imaginaire met en lumière des rectifications sur ce qui ce serait réellement passé et donne en fait un contenu, une substance à cette belle enveloppe qui semblait vide, une dimension humaine à un corps aux aptitudes surhumaines.

 

Une belle lecture, divertissante pour un roman bien ficelé dont je ne ferai pourtant pas un coup de cœur. Est-ce le sujet, la manière dont il était traité ? Je suis restée en dehors, parfois même à la frontière très mince entre intérêt et ennui.


« les Roumaines sont des chiots à qui on lance des épreuves, elles rapportent et servent l’Etat. On est dans la géométrie, le calcul. »

« Il lui fabrique des abdos d’acier pour éviter qu’elle ne grimace au moment où ses haches frappent de plein fouet la barre asymétrique, ses os à peine protégés par le tissu bleu. Il faut consolider sa puissance pour que la mécanique parvienne à faire face aux impromptus, une fatigue, un refroidissement. »

 

Des avantages au totalitarisme de Ceausescu ? « ça va vous paraître superficiel, mais faire la queue prenait tellement de temps que c’était un haut lieu de drague, on se maquillait, on se parfumait avant d’y aller. Les vieux se retrouvaient entre eux, ils dépliaient une petite chaise de camping et jouaient aux cartes. »

Par Violette - Publié dans : Lectures - Romans et récits
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Vendredi 15 août 2014 5 15 /08 /Août /2014 22:20

Cet album est un manhwa, c’est-à-dire une BD coréenne.

Bong-gu et sa mère arrivent de la campagne et débarque en ville, à Séoul. Frappés par la froideur et le manque d’humanité de la capitale, ils sont venus trouver le père de Bong-gu, parti à Séoul pour son travail. Sur un trottoir, ils rencontrent Hyemi, une petite fille triste qui fait les poubelles. Son grand-père, une mendiant, la rejoint et les quatre font un peu de route ensemble. Le grand-père connaît le père de Bong-gu qui lui aussi est devenu SDF. Finalement, les deux enfants et les trois adultes décident de rejoindre la province.

Cette BD aurait pu s’appeler « Tristesse ». Il y a une mélancolie qui se dégage des dessins, une belle tristesse présente partout. En arrivant en ville, tout est gris, noir et blanc. Petit à petit, les cases prennent de la couleur, des couleurs pâles mais des couleurs, de la vie, de l’espoir, de l’humanité.

C’est un bien étrange manhwa que voilà. Une dichotomie très nette ville-campagne parcourt le livre mais aussi une impression de fin du monde où même les pigeons ont du mal à s’envoler… Malgré l’espoir naïf que l’auteur a voulu transmettre, c’est vraiment le sentiment de tristesse qui prédomine, selon moi. Quant au dessin, il est superbe, d’un réalisme émouvant. Mention spéciale aux portraits. J’ai juste eu du mal à comprendre pourquoi le visage des enfants était souvent représenté avec une sorte de petit bout de papier dépassant d’une narine…

 

»   16/20   »

Par Violette - Publié dans : Lectures - BD
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Vendredi 15 août 2014 5 15 /08 /Août /2014 14:59

 

 

Rentrant de vacances en ayant délaissé mon blog quelques jours, qu’est-ce que je découvre (comme tous mes amis overblogueurs !) ????  De la pub sur mon blog, en haut, en bas, partout, de la bonne grosse pub bien moche et bien envahissante. Et bien sûr, non désirée ! Elle est belle la liberté…


 

 

Par Violette - Publié dans : Fait maison
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Mardi 12 août 2014 2 12 /08 /Août /2014 15:59

C’est en visitant le musée Branly et surtout sa boutique-librairie que j’ai craqué sur ce livre et que j’ai eu une subite envie de lire autre chose que de la littérature, autre chose que de la fiction. J’en ai eu pour mon compte !

            Philippe Descola est un ethnologue qui, avec son épouse Anne-Christine, va partir en immersion totale (il n’y a pas d’autre mot…) en Amazonie, découvrir les Achuar, cette tribu indienne également appelée Jivaros qui vit entre Equateur et Pérou. Difficile de résumer un tel bouquin, si riche, si complet. Disons que les Achuar mangent principalement du manioc, qu’ils sont bien sûr totalement indépendants, que l’argent n’existe pas chez eux, tout fonctionne par troc. La tribu vit des produits de la chasse : pécaris, agoutis, toucans et petits singes. Les chiens, qui sont partout, revêtent pour eux une grande importance. Les hommes sont polygames mais traitent et honorent leurs épouses avec égalité. Le tabac vert est utilisé pour soigner mais, d’après les croyances achuar, les maladies sont toujours issues d’influences malveillantes, de mauvais sorts ; et ils pensent que le paludisme est transmis par la nourriture. Les hommes sont très attachés à leurs mondanités : quand ils reçoivent ou visitent un ami ou un parent, ils passent un temps fou à se dire des banalités comme ça va, je suis content d’être là, , oui, je suis bien là, etc. et le crachat fait partie de ces bonnes manières conviviales : « le crachat ponctue, souligne et donne de l’emphase ; son chuintement confère une sorte de rime aux dialogues. ».  Les Achuar ne se tournent jamais vers le passé, l’Histoire n’existe pas pour eux, pas plus que l’avenir, ils vivent uniquement dans un présent immuable.

Connus pour la coutume des « têtes réduites », les Achuar n’ont plus recours à cette méthode barbare qui consistait à décapiter un cadavre, ôter et jeter le crâne à la rivière en hommage au dieu Anaconda, « préparer » et réduire la tête au tiers de sa taille originelle. Pourtant, chaque homme a déjà tué un ennemi.

Complètement subjuguée et passionnée par les premières pages, cette découverte de l’autre et cette leçon d’humilité m’ont enchantée. Petit à petit, je me suis lassée, le mysticisme occupant une grande place dans la vie des Achuars, j’ai un peu perdu pied. J’ose dire que l’auteur lui-même a ressenti une forme de lassitude face à une tribu qu’il accepte mais ne comprend qu’en partie puisque sa culture n’est pas la même, il a éprouvé le besoin très fort de rentrer chez lui.

Je retiendrai trois choses dans le traitement et la mise à l’écrit de cette découverte d’un autre peuple : l’accueil complètement favorable des Blancs ; le fait que Philippe et Anne-Christine soient venus en couple y est pour quelque chose. Ensuite, le texte est superbement bien écrit. L’auteur le dit lui-même, littérature et ethnologie sont proches et l’ethnologue, pour raconter ce qu’il a vécu, brode à la manière d’un écrivain. Une chose m’a manqué : les sentiments réels des deux Blancs confrontés à ce choc culturel. C’est sans doute le travail de l’ethnologue d’être objectif et neutre mais j’aurais vraiment voulu savoir comment il a dormi, mangé, aimé ou détesté toutes les nouveautés rencontrées. Données personnelles quasi absentes. Au final, la lecture fut longue et parfois éprouvante mais je ne regrette rien et compte bien me plonger à nouveau dans ce genre.

Une coutume peu ragoûtante mais qui se défend: « J’accompagne donc Wajari dans les fourrés qui brodent le Kapawi et me chatouillant la luette, comme il se doit, avec une petite plume, je sacrifie au milieu des vapeurs de l’aube à la coutume quotidienne du vomissement. Les hommes ne sauraient débuter la journée sans cette énergie purgation qui redonne à l’organisme la virginité du ventre vide. Par l’expulsion purificatrice des résidus physiologiques, les Achuar ont trouvé un moyen commode pour abolir le passé et renaître chaque matin au monde avec la fraîcheur de l’amnésie corporelle

« Evidente et détestable, la violence trop commune des époux n’exclut pas la délicatesse des sentiments, voire une conception presque romantique de la sensibilité amoureuse. Ainsi, et malgré l’attitude fanfaronne qu’ils adoptent volontiers, les jeunes gens sont sujets à des accès de langueur où les plonge le désir insatisfait d’une tendresse féminine. »

 

Un petit mythe justifie l’inégalité entre Blancs et Achuar : « Autrefois les ancêtres des Blancs et ceux des Achuar étaient identiques ; un jour un avion est venu ; les ancêtres des Achuar ont eu peur de monter dans l’avion, ceux qui sont partis dans l’avion sont devenus des Blancs ; ils ont appris à tout fabriquer avec des machines, tandis que les Achuar devaient tout faire péniblement avec leurs mains ».

Par Violette - Publié dans : Lectures - Romans et récits
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