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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 15:52

 

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            Qu’est-ce qu’on l’a vu ce livre ! Partout : dans les librairies, dans les magasins bio, dans les boutiques « nature »… ! Il fallait bien qu’on y jette un coup d’œil, mon intestin et moi !

             En trois gros chapitres et 334 pages, Giulia Enders, passionnée de gastroentérologie (il faut de tout pour faire un monde !) nous explique à quoi sert l’intestin, quels sont ses points forts et ses points faibles, quels dysfonctionnements et maladies peuvent y être liés, mais surtout elle nous démontre que cet énorme tuyau est aussi important que notre cerveau et que nous le sous-estimons depuis trop longtemps. Moi qui suis sujette à souffrir d’un intestin irritable, j’ai aimé qu’on me dise que les problèmes d’intestin ont une répercussion sur notre cerveau (et notre moral) et non pas l’inverse, comme on veut souvent nous le faire croire…

          Le livre est plutôt bien écrit, drôle, la vulgarisation fonctionne à plein régime surtout pour la non-scientifique que je suis. C’est très compréhensible, simplifié et accompagné de petits dessins. Deux bémols tout personnels : je n’aime pas du tout ce genre de lecture, je m’ennuie vite –c’est un peu paradoxal, je sais bien- et je n’ai finalement pas tant appris que ça. Un bref aperçu de ce que j’ai découvert (ou que j’avais oublié) :

  • Il faudrait faire caca accroupi comme dans de nombreux pays et non pas assis. Au pire, on peut prendre un petit tabouret à installer devant la cuvette pour poser les pieds dessus… la chose n’en sortira que plus facilement.
  • Dans un tout autre registre : quel est le muscle le plus puissant de notre corps ? C’est la mâchoire !
  • Le gingembre est excellent pour lutter contre le mal de transport, et plus généralement, contre les nausées.
  • La césarienne, ça n’est pas top pour le bébé, son système immunitaire est affaibli jusqu’à ses sept ans.
  • Rien ne sert d’être trop propre, c’est même pire, certaines bactéries constituant une belle protection. : « la propreté ne consiste pas à exterminer toutes les bactéries. La propreté, c’est un équilibre sain entre une quantité suffisante de bonnes bactéries et une petite dose de mauvaises bactéries. C’est se protéger intelligemment des vrais dangers et parfois encourager de manière ciblée ce qui nous est bénéfique. »
  • On fait souvent caca là où on se sent le mieux et on contraint, consciemment ou non, notre corps à attendre : « Soyons honnêtes : c’est souvent à cause du syndrome « berk-c’est-pas-ma-cuvette ». Le syndrome « bcpmc », c’est rechigner à confier sa grosse commission à des latrines étrangères, surtout si elles sont publiques. C’est n’y aller que contraint et forcé, ériger une œuvre d’art en papier toilette sur les rebords de la cuvette et garder une distance rêvée d’au moins 10 mètres entre la porcelaine et la peau du postérieur. »

          

                 Dans le même style en plus rigolo (mais en moins exhaustif) : la série Tu mourras moins bête de Marion Montaigne (et il y a plus de dessins !)

21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 19:22

 

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           Combien de fois m’a-t-on conseillé cet auteur danois ? J’avais hâte de le découvrir !

           C’est l’histoire d’une vie. La vie d’un homme prise à trois moments différents, trois moments cruciaux : à 18 ans, à 40 ans passés puis à 60 ans.

           A 18 ans, le narrateur découvre l’amour physique dénué de sentiments, il se passionne de littérature allemande et tombe amoureux de la fille de son professeur d’allemand, Erika, qui lui fera comprendre qu’un attachement à longue durée de l’intéresse pas, elle n’appartient à personne. Devant sa mère atteinte d’un cancer et condamnée à mourir, il a tendance à fuir. Devant son père qui trompe sa femme, il ne pardonne pas.

              Les éléments de sa jeunesse faits de bouleversements, de rencontres et de désillusions vont sans conteste façonner notre bonhomme que nous retrouvons une bonne vingtaine d’années plus tard. Professeur divorcé, père d’une ado, Julie, il aime vivre seul, pédaler pour rentrer chez lui, se réfugier dans la lecture. La présence d’un élève serbe dans une de ses classes va lui permettre de rencontrer sa mère, Ivana, et de nouer avec elle une histoire brève mais passionnelle.

           A l’aube de ses soixante ans, notre homme regarde derrière lui. Il ne veut pas fêter son anniversaire en grande pompe avec sa fille et la famille de sa fille, il préfère fuir à Rome où il va faire une rencontre insolite : une jeune femme photographe qui a la moitié de son âge et qui s’entête à utiliser un matériel lourd et ancien. C’est sur le site archéologique de Paestum et quelques kilomètres italiens plus tard qu’une relation ambiguë et particulière se crée entre les deux êtres.

           Une belle écriture associée à des réflexions philosophiques, il ne m’en fallait pas beaucoup plus pour être séduite. Ce livre qui fait réfléchir laisse aussi des portes ouvertes, ne donne pas de réponse définitive, questionne sans cesse. Le personnage ne choisit pas la facilité et ne suit pas la route qui était tracée pour lui. Il a quitté les femmes les plus merveilleuses, est-ce parce que la plus admirable d’entre elles, sa mère, l’a délaissé quand il n’avait que dix-huit ans ? L’auteur qui, on peut le supposer, a livré une bonne part de lui-même dans le personnage principal, évoque avec brio les thèmes de l’engagement, de l’individualité, de la liberté, de la solitude. De l’amour aussi qui n’a pas de définition immuable.

 

 

Eloge de la solitude et du célibat : « Je n’ai jamais eu de doutes sur la manière dont je devais utiliser mont temps, peut-être parce que, à mon sens, il était faux d’associer le mot utiliser avec ces heures qui n’étaient qu’à moi. Je ne devais rien faire quand je n’avais pas à travailler, et c’était une richesse. Cela avait même cessé d’être un problème qu’il n’y ait pas de femme dans ma vie. […] Le renoncement était presque un soulagement. »

 

« Si seul le présent était réel, nous ne serions pas réels. Le présent est un lieu impossible que l’on ne peut pas fouler, parce qu’il avance sans cesse sous nos pieds. Il n’a de réalité que comme maillon dans une métamorphose permanente, un continuum où, en revanche, il ne perd jamais sa réalité. Comme l’eau dans une source qui coule plus loin, mais c’est une image trompeuse. Il n’y a pas d’image idoine pour le temps et l’expérience étonnante qui veut que l’instant rétrospectif ne perde pas sa réalité dans le présent grâce à la langue, aux conjugaisons et à leur souplesse. »

19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 21:59

7 ans !

Non, nous ne divorçons pas mon blog et moi,  mais poursuivons – doucettement – cette cohabitation faite de découvertes livresques et de plaisirs littéraires ! Merci à tous !

 

Un petit souvenir de mon séjour maltais… je crois bien être tombée amoureuse de La Valette !

7 ans !
Published by Violette - dans Fait maison
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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 18:49

 

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          Me voilà abonnée à cette série ! Série qui se veut policière et dont les enquêtes sont traitées de différentes manières, dans des époques et des endroits divers. Ici, nous sommes à Paris dans les années 30.

           Une jeune femme est retrouvée morte, défenestrée, dans la cour intérieure de son immeuble. Son mari qui se dit très amoureux d’elle, débarque, livide, et accuse d’emblée le vieux clochard qui faisait du gringue à son épouse depuis des mois. Le mari est, accessoirement, un collègue qui était en planque le soir du crime. Des voisins, il n’y a aucun témoin, chacun dit être tombé de sommeil et n’avoir rien vu ni entendu. Des bijoux ont été volés et peu de temps après on retrouve effectivement le clochard nommé Guerry qui porte sur lui les bijoux volés et semble avouer à moitié son crime. L’affaire s’arrête là… c’est sans compter le sixième sens du commissaire Bec et son entêtement. Les apparences sont bien trompeuses, chaque personnage a joué un jeu qui n’a pas tenu longtemps.

          C’était encore une fois bien sympathique : une petite enquête, des personnages bien typés, un Paris des années 30 sous une pluie battante, des troquets où l’on mange une potée aux lentilles en buvant de la bière. Moi, j’aime bien, rien qu’à voir la tronche du commissaire… Le scénario tient la route et nous fait passer une demi-heure agréablement divertissante. Je viens de remarquer que le scénariste est le même d’un tome à l’autre (Herik Hanna) et qu’il s’associe à chaque fois avec un autre dessinateur (ici, Thomas Labourot).

 

« 17/20 »

 

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Published by Violette - dans Lectures - BD
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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 22:07

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          « Trop de bonheur »… un titre qui fait réfléchir ou sourire et qui cache dix nouvelles de longueur variable.

            Moi, la Championne-de-la-Mémoire-courte, je dois résumer dix nouvelles entendues en support audio ? C’est là que je me rends compte que ma (petite) mémoire est bien plus visuelle qu’auditive ! Allez, j’en ai quand même gardé quelque chose : les histoires tournent presque toutes autour d’une femme, une femme qui a été blessée, humiliée, quittée, trahie. Ces personnages féminins s’en sortent tant bien que mal en faisant preuve d’une force insoupçonnée ou d’une soumission défendable. Ainsi, dans la 1ère nouvelle (la plus noire selon moi), Doree excédée par les remontrances de son mari, quitte le foyer familial le temps d’un soir en se réfugiant chez une amie. L’époux vexé et blessé, pour se venger… tue froidement leurs trois enfants. Et Doree, des années plus tard, va continuer à rendre visite et parler à son mari à l’hôpital psychiatrique. Il y a aussi cette femme, veuve, qui voit entrer chez elle un inconnu qui s’installe et lui raconte qu’il a tué sa famille. Elle a soudain l’idée de lui raconter qu’elle-même a tué une femme. Il prend la poudre d’escampette en volant sa voiture… et se tue sur la route. Non, ce n’est pas très gai. C’est même souvent cruel, incisif, rêche.

        Alice Munro, lauréate du prix Nobel de littérature 2013, est une spécialiste de la nouvelle puisque Trop de bonheur est la douzième anthologie de nouvelles publiées. Ces dix textes courts regorgent d’une puissance qui ébranle. Le plus, c’est la surprise. Sans véritablement être des nouvelles à chute, les récits nous emmènent beaucoup plus loin que là où on pensait aller au début. L’auteur nous malmène autant que ses personnages mais elle sait aussi parfois être drôle et même faire preuve d’autodérision, par exemple quand elle fait dire à un de ses personnages : « Un recueil de nouvelles, pas un roman. Voilà qui est déjà en soi une déception. »

            La lecture faite par Amira Casar est riche, impliquée et colorée. J’ai adoré écouter sa voix et son léger accent (d’origine russo-kurde, elle a aussi vécu en Grande-Bretagne). Elle vit ce qu’elle dit et donne du sens aux textes de la Canadienne Alice Munro. J’ai apprécié toutes les nouvelles sauf la dernière qui porte le nom du recueil où je me suis complètement perdue. Les livres audio ont leurs limites. Ne restons pas sur cette demi-teinte. Je lirai, en version papier cette fois, d’autres nouvelles qui nous plongent dans un quotidien insolite.

Published by Violette - dans Livres audio
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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 16:57

 

 

             Nous sommes à Saint-Brieuc, en Bretagne, quelques mois après la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Un groupe de garçons bravaches avec, en tête, Antoine, a décidé d’aller tondre Maria Salaün. Maria et Antoine ont vécu une histoire d’amour quand ils étaient enfants - toujours collés l’un à l’autre. Mais Maria a préféré lui expliquer qu’elle le voyait comme un frère, non comme un amant. Et dans le rôle de l’amant, c’est un Allemand qu’elle s’est choisi, un beau capitaine qui venait régulièrement déjeuner à La Petite Bedaine, le restaurant du père de Maria. Frantz et Maria ont vécu une merveilleuse et authentique histoire d’amour, loin des turpitudes et des ignominies de la guerre. Oui, mais pour Antoine et sa bande, Maria est celle qui a couché avec l’ennemi, c’est « la putain, la traînée, la traîtresse ». Et on fait appel à un coiffeur, et la foule se masse devant le restaurant, et on tond Maria qu’on a installée sur une chaise de bistrot (la chaise numéro 14 !), et on lui coupe sa lourde chevelure rousse… Oui mais Maria, orpheline de mère (morte à sa naissance), a un sacré caractère. Elle ne pipe mot lors de la tonte mais elle réclame vengeance et justice une fois le dernier cheveu tombé. Armée de sa chaise, de son sac empli de cheveux, de la robe de fiancée évanescente de sa mère, elle ne craint pas la honte et exige des excuses de la part de tous ceux qui l’ont bafouée. Le coiffeur, les deux GI présents lors de la tonte, le curé, une bonne sœur, le maire et enfin Antoine, elle n’oublie personne et ne se défile à aucun moment. Elle va même rencontrer des alliés : un interprète, Louis, qui a tout compris et qui tente d’adoucir la fougue de Maria et une religieuse « ange de lumière ».

            Ce roman est un refuge, il console, il étreint généreusement, il réconforte. Le mal a été réparé, les responsables se sont excusés, les fautes ont été pardonnées. La vie peut reprendre un cours normal.  Malgré ce ton idéaliste, j’ai beaucoup aimé cette histoire féministe et combative d’une femme qui, parce qu’elle sait très bien qu’elle est innocente, ne se laisse pas faire, lutte dans le calme et le silence, et illumine, par sa grâce et sa détermination, tous ceux qui se trouvent sur son chemin. Cette image d’une chauve portant tel un bouclier sa chaise de bistrot, à peine voilée d’une robe virginale, et qui arpente les rues bretonnes, m’a beaucoup touchée. L’écriture est belle aussi, à la fois puissante et fragile. Entre conte, fable et pièce de théâtre, chaque lecteur devrait y trouver son compte !

 

 

Frantz et Maria : « La guerre, cette industrie de la mort à qui il arrive parfois d’ouvrir des parenthèses, avait permis leur rencontre. »

Louis rappelle à Maria que les soldats GI sont noirs… : « si vous avez à vous plaindre de soldats de couleur, ils seront punis. Ils seront punis sévèrement parce qu’ils sont noirs. S’ils étaient blancs, ils recevraient un blâme. »

« La faute à la guerre qui pouvait transformer n’importe quel homme en assassin. »

6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 15:19

 

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              Nous sommes toujours dans la maison bretonne des cinq sœurs orphelines. Un problème – de taille- se pose : il n’y a plus de sous ! Les économies des parents décédés ont été mangées, le chèque mensuel de l’abominable tante Lucrèce n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan de leurs dépenses. Charlie a une idée d’enfer qui a pourtant du mal à passer au départ : louer la chambre de leurs parents, celle qu’elles n’ont presque pas touchée depuis leur mort, celle qui leur rappelle tant de souvenirs… Après quelques rencontres ratées, un locataire qui semble parfait s’installe, en toute discrétion à la Vill’Hervé. Il s’appelle Tancrède, il est chercheur en quelque chose d’indéterminé et surtout, il est très beau ! Ni une ni deux, Charlie tombe amoureuse de lui et c’est réciproque. Oui, mais souvenez-vous, Charlie est avec Basile, le médecin si sympa qui vient régulièrement voir les sœurs ! Bettina, de son côté, a décidé d’aller voir Merlin pour lui avouer son amour. Deux enfants débarquent aussi, comme s’il n’y en avait pas assez, ça court dans tous les sens ! C’est souvent drôle (tous les poireaux ont été cueillis dans le potager, on en mange à toutes les sauces et on les utilise comme éléments de décor… ou de vengeance !), toujours tendre et parfois espiègle.

           J’aimerais juste qu’on m’explique un truc concernant le titre des albums : il ne correspond pas à l’héroïne du tome. Dans le tome intitulé « Hortense », c’est Bettina la star et dans celui intitulé « Bettina », c’est plutôt sur Charlie qu’on insiste…

           Ah la laaa, cette série ! Je l’ai lue avec mes enfants, et je dois dire que ce tome-là m’a donné du fil à retordre. J’ai dû expliquer ce que c’est que « se prostituer » (mes enfants ont 7 et 10 ans !), j’ai pu éponger quelques larmichettes de ma fille (la claque quand même que ce tome et sa révélation presque finale !), j’ai moi-même laborieusement retenu mon émotion et mes larmes (l’épisode où Hortense a ses règles pour la première fois et que sa mère réapparaît a été fatal pour moi !)… vous allez me dire, elle est bien classée dans le rayon Ados, cette BD… mouais. En tous cas, cette lecture nous a permis à tous les trois de vivre un beau moment fait de connivences, de discussions, de complicité. Et nous a permis d’aborder des sujets plus mûrs que le méchant loup qui tremble de peur et la princesse qui en a marre d’être princesse. Ce saut éclair dans la vraie vie, c’était très bien. Ça a crié dans la chaumière quand on est arrivé à la dernière planche, ben oui, on n’a pas encore le tome 4 à disposition. Vivement !

« 20/20 » (oui, oui, 20…)

 

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Published by Violette - dans Lectures - BD
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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 15:26

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           Dans un petit village argentin, Ponce un avocat, sa femme Marta et sa sœur Victoria attendent le bus qui doit ramener Victoria en ville. Mais le bus ne s’arrête pas, c’est bien étrange. Le lendemain, même heure et même scénario : le bus passe à toute bringue devant les gens ahuris sans marquer son habituel arrêt. Les esprits commencent à s’échauffer. Le manège dure quatre jours et les villageois ne trouvent plus ça drôle du tout.

            Nous sommes en Argentine et c’est un pouvoir invisible et menaçant qui interfère sur le quotidien de ces petites gens. Il ne faut pas trop en dire ni trop en savoir et attendre, tout simplement attendre. Ponce va se ridiculiser en faisant de grands gestes au chauffeur de bus, et un policier, à trop vouloir comprendre les causes et les raisons de ce blocage, va s’en mordre les doigts.

            Ce que j’ai beaucoup aimé, c’est le décalage, le contraste entre les personnages plutôt gauches et grotesques qui pourraient tout droit sortir d’un tableau de Fernando Botero ou encore d’un salon bourgeois de Feydeau et la gravité, la tension montante de cette aventure. L’histoire de la rencontre entre Ponce et Marta est également délicieusement racontée ; en bref, c’est un mariage on ne peut plus raté et Ponce s’efforce de se tenir le plus éloigné possible de celle qu’il a été contraint d’épouser.

Un livre assez original et marquant. J’ai eu la musique du film Bagdad Café dans la tête tout le long, on y retrouve peut-être la même poésie venue d’ailleurs…

 

« On entend un cri. Des enfants jouent dans la rue. Celle qui crie est mère. Dans l’obscurité, l’autobus accélère. Fenêtres fermées et lumières éteintes. Ponce agite les mains avec insistance, enlève son chapeau et le secoue au-dessus de sa tête. »

« Le silence c’est la santé » dit un flic…

Merci à Hélène pour cette jolie idée de lecture !

29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 14:58

 

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            Ce genre de lectures n’est pas du tout, du tout dans mes habitudes ! C’est suite à une belle visite ensoleillée du château de Versailles et de ses jardins que j’ai eu envie d’en savoir un peu plus sur le roi Soleil.

           Je ne vais pas résumer la vie de Louis XIV mais lister ce qui m’a surprise, interpellée, amusée :

  • Il a eu une enfance à la dure, connaissant dénuement et abandon.
  • Son instruction a été assez sommaire (il le regrettera souvent) car un roi doit être « un être auquel les autres apportent leurs lumières, mais qui n’est pas censé en posséder lui-même. »
  • Contrairement à une certaine rumeur, il était grand (1m84, c’est immense pour l’époque). Et très, très beau.
  • Il n’a jamais dit « L’Etat, c’est moi ».
  • Son mariage avec Marie-Thérèse d’Autriche, infante d’Espagne, a permis à la France, entre autres, de découvrir le cacao et le maïs.
  • Il était chauve à 19 ans !
  • Racine a souvent couché dans la chambre du roi et lui lisait ses pièces.
  • Le roi Soleil est extrêmement doué en musique et en danse. Il jouait de la guitare.
  • Charles Perrault a été une sorte de ministre de la culture du roi. Il est également  chargé de son « image » et de sa propagande. Publicitaire avant l’heure, il s’efforce de couvrir monuments, médailles, tapisseries et livres de l’image du roi.

             Ma vision de ce roi a changé : Louis XIV était véritablement un grand roi, taillé pour ce rôle, aimant ce qu’il faisait. C’était un homme à l’écoute, qui souhaitait voir son peuple heureux. Il aurait malheureusement régné trop longtemps, commettant des bourdes à la fin (la révocation de l’Edit de Nantes, le Code noir, les galères, les guerres trop nombreuses, …) mais ça n’était pas un dirigeant égoïste, sourd, obtus, nombriliste. Le nombre d’anecdotes et d’historiettes liées à la grande Histoire est tout à fait impressionnant. Impressionnant aussi, le nombre de ses contemporains qui vont rester célèbres : La Fontaine, Boileau, Racine, Bossuet, Molière, Lully, Le Nôtre, Vauban, Saint-Simon…)

           Ce livre est tout simplement passionnant ! Attention, on le commence sans pouvoir le poser ni le quitter. Ne vous fiez pas au nom ronflant de l’auteur ;), il transforme le récit de la vie du roi en un texte très accessible, simple et captivant. Peut-être est-ce parce que j’en connaissais déjà quelques personnages, peut-être est-ce parce que je me suis promenée dans les couloirs du château quelques jours avant ma lecture, toujours est-il que j’ai dévoré ce livre en deux temps, trois mouvements. Je ne suis pas prête d’oublier ce nom d’auteur qui a écrit une flopée de biographies, et j’y reviendrai.

 

- « Huit millions de Français dorment à l’ombre d’une fortification de Vauban. »

- « Non seulement il s’est fait de grandes choses sous son règne, mais c’est lui qui les faisait. » (Voltaire)

- Louis XIV a fini par être détesté de presque tous. A sa mort, des épitaphes satiriques ont circulé :

« Ci-gît au milieu de l’église
Celui qui nous mit en chemise.        
Et s’il eût plus longtemps vécu
Il nous eût fait montrer le cul.
 »

- Versailles selon Sacha Guitry :

 « On nous dit que nos rois dépensaient sans compter,
Qu’ils prenaient notre argent sans prendre nos conseils.
Mais quand ils construisaient de semblables merveilles,
Ne nous mettaient-ils pas notre argent de côté ?
»

25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 16:44

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          J’ai étudié cette pièce à la fac et, avouons-le, je n’avais pas accroché plus que ça à l’univers racinien. Je me suis fait la promesse, il y a peu, de la relire. C’est chose faite.

          C’est la pièce des dilemmes : Andromaque doit choisir entre la vie de son fils Astyanax et la fidélité à feu son mari, Hector. Hermione, de son côté, aime Pyrrhus qui ne le lui rend pas du tout puisqu’il est épris d’Andromaque. Quant à Oreste, il est fou amoureux d’Hermione.

          Résumer cette pièce archi connue n’a que peu d’intérêt. De ma relecture, je garderai deux choses. La première, c’est la terrible violence qui régit les personnages. L’amour côtoie sans cesse la mort, les passions sont sauvages et destructrices. Ensuite, plus qu’à l’époque des mes vingt ans, il me semble, c’est le couple Hermione-Oreste qui m’a interpellée. Cette femme mal aimée qui demande à celui qui l’aime d’aller tuer Pyrrhus puis qui l’accable d’insultes et d’imprécations ! Bon sang, quelle force ! Et quand Oreste perdu, fou, maudit, est poursuivi par les Erinyes, la fonction cathartique de la pièce prend tous ses droits.

           Certes, j’ai pris du plaisir à relire cette pièce présentée pour la première fois au roi Louis XIV en 1667, plus que je ne l’aurais cru, mais je persiste et je signe, ce n’est pas ma tasse de thé. J’ai choisi une édition destinée aux lycéens, assez sympathique, où j’ai pu en apprendre un peu sur la mise en scène signée Louis Jouvet (donnant des leçons de jeu très pertinente !). L’édition est également agrémentée d’un dossier Images consacré aux fureurs d’Oreste.

 

 

Pyrrhus à Andromaque :

« Je vous le dis, il faut ou périr ou régner.

Mon cœur, désespéré d'un an d'ingratitude,

Ne peut plus de son sort souffrir l'incertitude.

C'est craindre, menacer et gémir trop longtemps.

Je meurs si je vous perds, mais je meurs si j'attends. »

 

La dernière réplique d’Oreste, l’avant-dernière de la tragédie :


« Quoi ! Pyrrhus, je te rencontre encore ?
Trouverai-je partout un rival que j'abhorre ?
Percé de tant de coups, comment t'es-tu sauvé ?
Tiens, tiens, voilà le coup que je t'ai réservé.
Mais que vois-je ? A mes yeux Hermione l'embrasse ?
Elle vient l'arracher au coup qui le menace ?
Dieux ! Quels affreux regards elle jette sur moi !
Quels démons, quels serpents traîne-t-elle après soi ?
Hé bien ! Filles d'enfer, vos mains sont-elles prêtes ?
Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?
A qui destinez-vous l'appareil qui vous suit ?
Venez-vous m'enlever dans l'éternelle nuit ?
Venez, à vos fureurs Oreste s'abandonne.
Mais non, retirez-vous, laissez faire Hermione :
L'ingrate mieux que vous saura me déchirer ;
Et je lui porte enfin mon cœur à dévorer.
 »

 

Je participe, encore une fois, au challenge théâtral d’Eimelle !

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