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8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 11:59

 

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          C’est dans les commentaires de mon billet  Le Territoire des Barbares (ma première lecture de l’auteur), que vous étiez nombreux à m’inciter à lire ce petit récit qui est un savant croisement entre autobiographie et biographie de Marie Curie.

          Rosa Montero a perdu son compagnon après des années de bonheur et d’amour, et Marie Curie a perdu son mari, Pierre, après des années de complicités et d’amour. Il n’en fallait pas plus à Rosa Montero pour tisser des liens entre elle et la très célèbre physicienne.

          Marie Curie a souffert du froid et de la faim dans sa Pologne natale. Sa mère, atteinte de la tuberculose ne touchait plus ses enfants de peur de les contaminer, « Marie, encore très petite, ne peut comprendre ça et se sentit rejetée. » Orpheline à 11 ans, elle se découvre vite une passion pour les sciences et rejoindra Parie à 24 ans. Sans fard ni apprêtement, Marie se fait une place, laborieusement, dans ce milieu très masculin de la recherche scientifique, tout en ayant en tête, le sacrifice de sa mère enseignante qui avait suivi son père physicien. « Ne sois pas si féminine. Ou ne le sois pas autant que je l’ai été. Sois un autre type de femme. Sois une Mutante. Cette femelle sans place, ou à la recherche d’une autre Place. » Pierre Curie semble bien être le seul homme, à l’époque, à valoriser les connaissances et les mérites de son épouse. Ils obtiennent le Prix Nobel de Physique en 1903. Le radium si « magique » qui a fait la joie du couple fait froid dans le dos tant au début du XXème siècle, on ignorait ses dangers. En 1906, ce n’est pas la trop grande exposition aux éléments radioactifs qui tue Pierre Curie mais un banal accident  d’hippomobile. Marie Curie aura besoin de temps pour faire son deuil, c’est dans cette souffrance que se retrouvera Rosa Montero. Et pourtant, Marie Curie retrouve la joie de vivre et le sourire dans les bras d’un amant, Paul Langevin, éminent scientifique lui aussi. Sollicitée à travers le monde jusqu’à la fin de sa vie en 1934, elle se montrera active et combative comme elle l’a toujours été, obtenant le Prix Nobel de Chimie en 1911.

 

          J’ai adoré cette lecture, j’y ai pris un plaisir fou, passionné, tout féminin. En croisant ces deux vies de femme, l’auteur nous mêle à l’humanité et au destin des femmes de manière plus générale. Je m’y suis retrouvée - Rosa comme Marie m’ont fait une petite place dans cette conversation si enrichissante, si frétillante de vie, de lutte. Dois-je parler des bémols, des hashtags envahissants, de la théorie des coïncidences qui m’a laissée froide, de la candeur parfois étonnante de Montero ou encore des suppositions et interprétations parfois abusives de la vie de Marie Curie… ? Non, il faut lire ce roman, surtout quant on est femme. Le lire pour mourir moins bête.

 

 

L’incipit démarre fort : « Comme je n’ai pas eu d’enfants, ce qui m’est arrivé de plus important dans la vie ce sont mes morts, et je veux dire par là la mort de mes êtres chers. Vous trouvez ça lugubre, peut-être même morbide ? Je ne le vois pas comme ça, bien au contraire : pour moi c'est tellement logique, tellement naturel, tellement vrai. C'est seulement lors des naissances et des morts que l'on sort du temps : la Terre stoppe sa rotation et les futilités pour lesquelles nous gaspillons nos journées tombent au sol comme des poussières colorées. »

« Nous avons tous besoin de beauté pour que la vie soit supportable. »

« Honorer ses parents, donc. Quelle terrible injonction, quelle obligation souterraine et souvent inconsciente, quel piège du destin. Nous grandissons avec le puissant message de nos géniteurs nous montant la tête et nous finissons souvent par croire que leurs désirs sont nos désirs et que nous sommes responsables de leurs manques. »

« Cette femme est véritablement tellement immense en tout, tellement exceptionnelle, que vous courez le risque de tomber dans l’hagiographie et d’en faire une héroïne en carton-pâte. Heureusement que, de temps à autre, j’ai trouvé un petit détail misérable avec lequel j’ai pu l’humaniser, car il n’y a pas une seule vie sans sa part de noirceur, même en petites proportions. »

5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 18:06

 

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              Cette mini-BD (ma fille de 7 ans a rigolé en la voyant) est une compilation de strips parus dans Zoo le mag depuis 2008. Autobiographique, cet album évoque le métier et la vie d’auteur de bandes dessinées. Entre les festivals plutôt casse-pieds, les séances de dédicaces où les vrais fans se font rares, le regard parfois dévalorisant des autres, le salaire souvent misérable, on sourit beaucoup. Fabcaro doit faire avec ses prédécesseurs, des grands noms qu’il n’hésite pas à citer comme Moebius, Cabu, Quino, Sfar, Gotlib. Il essaie tant bien que mal de se faire une place dans la société avec un métier aussi original. Il tente de contrer les remarques de sa compagne qui se plaint de n’être représentée qu’en train de râler. Il vainc sa déception quand ses ouvrages servent d’accoudoir lors d’un festival où son voisin a bien plus de succès. Il n’a pas d’atelier mais bosse dans sa cuisine … Bref toutes ces considérations bien que drôles et plaisantes ne doivent plus convenir actuellement à notre Fabcaro qui cartonne avec son excellent et énormissime Zaï zaï zaï zaï ! Tant mieux pour lui !

            J’ai beaucoup aimé ce petit livre aux dessins en noir et blanc où la mise en abyme fait mouche, où l’autodérision et la tendresse m’ont rappelé Le retour à la terre de Larcenet.

 

« 17/20 »

 

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Published by Violette - dans Lectures - BD
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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 11:58

 

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          J’avais loupé Le Chapeau de Mitterrand qui avait obtenu un joli petit succès à sa sortie en 2012. Je pensais me rattraper avec ce roman…

           François Heurtevent a perdu les élections. Maire de la ville fictive de Perisac, il n’a jamais su faire autrement que briller en politique, au départ grâce à son mentor désormais décédé. Proche de la cinquantaine, marié à une chef cuisinière de renom, François sombre dans une forme de dépression qui le plonge dans son passé. Et il tient à y rester dans son passé, en creusant ses souvenirs et en partant à la recherche de ses anciens camarades de terminale. De surprises en surprises, un de ses anciens copains étant prêtre, une autre prostituée… François va redécouvrir son passé et ses secrets.

           Je suis restée complètement en dehors de ce roman où les invraisemblances prennent le nom de coïncidences, où tout est cousu de fil blanc dans une histoire à dormir debout. Je suis indulgente car j’ai apprécié une partie de la toute fin mais les deux cents premières pages m’ont barbée au possible. L’écriture, quant à elle, m’a semblé tantôt plate, tantôt pompeuse, nimbée dans un gros brouillard de clichés. Parfait pour un feuilleton télévisé estival à 96 épisodes sur TF1. Sûr que je ne me risquerai pas à lire un autre roman de Laurain… Ou quand lire semble être une perte de temps…

 

Un merveilleux extrait : « Cette machine abstraite qui se construit pièce après pièce, presque d’heure en heure et qui a pour nom le destin. »

28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 12:29

 

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          Lydia a disparu. Cette jolie jeune fille de 16 ans, née d’une mère américaine et d’un père d’origine chinoise, brillait dans ses études tout en ayant une vie sociale assez riche. Dotée d’un grand frère Nath, d’une petite sœur Hannah, elle a toujours été la préférée de la famille. Rapidement, son corps est retrouvé au milieu du lac, tout à côté de la maison familiale. C’est évidemment le choc, d’autant plus que la police évoque la thèse du suicide. On va plonger dans cette vie familiale en apparence sans heurts ni problèmes. La mère, Marilyn, a toujours voulu être une scientifique, un médecin, mais dans l’Amérique des années 50-60, la place de la femme est dans la cuisine. Le père est un professeur d’Université qui semble avoir réussi mais qui n’a jamais été totalement accepté par ses nouveaux compatriotes et a dû faire face à de nombreuses agressions racistes. Nath est un ado équilibré passionné par l’astronomie qui, cependant, a toujours été incompris et peu entendu. Et il y a Lydia, cette fille qui a toujours dit oui à tout, qui est toujours entrée dans un moule conçu par ses parents mais qui ne lui convenait pas du tout. Elle se distingue « par son habileté à mentir sans même un haussement de sourcils qui la trahirait ».  Ça fait beaucoup de « mais » pour ses parents qui n’ont toujours vu que du feu.

           Le roman commence comme un polar, la disparition de Lydia, la découverte de son cadavre, l’enquête, les souvenirs qui ressurgissent. Et pourtant, ce livre est bien plus qu’un polar. Il sonde de manière progressive et très lucide le cœur de cette famille, la rendant attachante et proche de nous. De petits détails aux grands événements, tout est passé au crible pour comprendre comment on en arrive à la tragédie du lac. Et après la mort de Lydia, il va bien falloir revivre, continuer dans une direction inconnue.

          L’auteur excelle dans les thèmes qu’elle aborde : l’adolescence et ses complexités, la place de la femme dans la société, l’identité et l’intégration, le rôle et l’importance des parents, la résilience. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman bien écrit. Il fait réfléchir, il effraie et émeut sans tomber dans un pathos inapproprié. Un auteur hongkongais à suivre…

 

Le livre de référence de la mère de Marilyn, est le livre de cuisine renommé de Betty Crocker : « Si vous tenez à faire plaisir à un homme – préparez-lui une tarte. Mai assurez-vous que la tarte est parfaite. Plaignez l’homme qi n’a jamais trouvé en rentrant chez lui une tarte à la citrouille ou à la crème anglaise. » (c’est terrifiant !)

« Plus tard, lorsqu’ils repenseront à ce dernier soir, les membres de la famille ne se rappelleront presque rien. Tant de choses seront rognées par la tristesse à venir. »

25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 17:32

 

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          M. Edward a tout ce qu’il lui faut : un physique qui attire tous les regards, une fortune à n’en plus savoir que faire, un pouvoir sans limites. Et c’est bien le problème. Las de coucher avec toutes les femmes de Londres, les jeunes, les vieilles, les prostituées, les pucelles, les amies de la famille ou encore les domestiques, le jeune homme s’ennuie, déprime et se saoule. Une nuit, alors qu’il rentre, une fois de plus, complètement ivre, il est recueilli par une soubrette, Lisbeth, tout à fait laide mais dont les grands yeux innocents l’inspirent. Il en fera sa confidente, poussera la perversité à lui raconter tous ses vices, tous ses travers, et finalement … tout son mal-être. Lisbeth aura une mission bien précise : recueillir Monsieur en pleine nuit, au sortir de ses folles débauches. Par là, elle s’attire les foudres de toute la maisonnée, personne ne comprend ce privilège. Pour la bonne, c’est plutôt une plaie d’entendre son maître, et pourtant, sa beauté l’attire malgré sa vertu et son statut social…

          Pour ce titre digne d’un vaudeville, l’insolence joue intelligemment avec l’élégance. Malgré ses frasques et ses plongées nocturnes dans le vice le plus noir, Edward reste un dandy qui sait se tenir, parler, séduire. Dans cette Angleterre victorienne dense et contrastée, le mélange entre les classes sociales n’est pas envisageable. Lisbeth le comprend bien mieux que son maître qui finit, tout de même, par attendrir le lecteur par sa fragilité…

        Une bien belle découverte pour cette BD surprenante, osée et passionnante. Les traits raffinés contrastent habilement avec les propos parfois très crus de notre cher dandy. Je me suis beaucoup amusée ! L’annexe expliquant le contexte historique part d’une bonne intention mais plombe un peu l’ambiance de la BD.

 

Merci à Moka pour cette belle idée de lecture !

 

19/20

 

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 23:09

 

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             Promesse tenue : après la flamboyante Villa Amalia, j’avais très envie de lire autre chose de Quignard.

             Claire, une traductrice de 47 ans, revient au pays, près de Dinard, sa région natale. Elle retrouve Simon, marié et père d’un fils,  mais ils reprennent leurs habitudes d’amants. Ceux-là s’aiment en effet depuis l’enfance. Claire se lie d’une amitié très forte avec son ancien professeur de piano, Mme Ladon, une vieille dame qui s’attache tant à elle qu’elle aimerait l’adopter. Surtout, Claire renoue avec le décor breton, elle marche des heures et des heures, tous les jours. Il y a Paul, le petit frère qui revient lui aussi sur ce territoire, comme aimanté par sa rudesse et ses embruns.

             Je n’ai pas tout aimé dans ce roman très contemplatif où tous les personnages donnent de la voix, mais, peu à peu, la force de l’écriture simple et puissante de l’auteur, m’a emportée. Claire se fond dans le paysage, lui et elle ne forment plus qu’un, elle finit par ne plus effrayer les oiseaux, par se laisser apprivoiser par les papillons, « c’était comme si elle ne représentait plus, pour les autres êtres, le danger d’un être humain, ou d’un prédateur, ou d’un destructeur. » L’ode à la relation fraternelle qui unit Paul et Claire m’a émue également, moi qui suis fille unique. Ils se retrouvent sans s’être tellement côtoyés dans leur enfance, formant un couple atypique mais harmonieux. C’est beau, c’est la vie à l’état brut, sans concessions ni mensonges, à l’image de ce paysage fait de sel, de fougères, de mousse et de terre.

 

Mme Ladon et amour de la solitude : « C’est incroyable quand j’y songe : j’ai aussitôt adoré être veuve. Je n’avais pas prévu une seconde que j’apprécierais à ce point la solitude. Je n’ai pas eu d’effort à faire. J’ai assisté à cela comme une spectatrice. A mon plus grand étonnement mon deuil s’est transformé en grandes vacances. Je respectais les qualités et l’anxiété, et l’honnêteté, et la piété de mon mari ; je fus soudain en congé de ses tourments. Non pas des grandes vacances : d’immenses vacances. »

Une belle relation sœur-frère : « Parfois, quand les frères et sœurs de ne haïssent pas, ils s’aiment mieux que des amoureux. Ils sont certainement plus constants et plus sûrs que si le désir les animait. Au surplus, ils sont riches de beaucoup plus de souvenirs que les amants ne peuvent l’être. De l’autre, le frère ou la sœur connaissent le plus ancien, le plus enfantin, le plus maladroit, le plus ridicule, le plus originaire, le plus bas. »

« Les femmes ont besoin des hommes afin qu’ils les consolent de quelque chose d’inexplicable. »

17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 23:07

 

 

 

         L’auteur-narrateur, le journaliste Nicolas Delesalle, embarque à Anvers dans un cargo direction Istanbul. Le voyage durera neuf jours. Neufs jours entourés de marins philippins et de 1629 conteneurs de toutes les couleurs. Si le voyage est déjà extraordinaire en soi car l’homme se coupe du monde, ne côtoie que du bleu, de la vague et encore de l’eau, il en profite pour sortir lui aussi ses grosses boîtes à souvenirs. Son métier de reporter l’a emmené aux quatre coins du monde, vivre des aventures insolites et rencontrer des gens hors du commun. Le temps d’un court chapitre, le lecteur s’échappe du cargo pour aller en Indonésie, en Estonie, en Russie, en Afghanistan, en Afrique noire, dans un gouffre aveyronnais à 85 mètres sous terre, en Grèce ou encore en Turquie … D’une improbable partie de foot au Pôle Nord à une course éperdue en 4x4 pour sauver deux bébés, en passant par un difficile choix entre deux pistes dans le désert malien, les récits m’ont fait rêver, au sens propre comme au sens figuré, j’ai rarement autant songé à un livre la nuit.

          Nicolas Delesalle réussit l’exploit de rendre d’énormes conteneurs métalliques intéressants et attirants. Cette rupture avec notre monde est fascinante voire tentante ! Et puis les anecdotes racontées avec humilité, humanité et passion donnent au métier de reporter une dimension nouvelle. J’ai adoré cette lecture aux accents itinérants !

 

Merci aux éditions Préludes !

 

La leçon de vie de ce guitariste des rues grec qui préfère à un endroit très touristique donc lucratif un lieu un peu isolé car il a une meilleure vue sur l’Acropole : « Renoncer à l’efficacité pour profiter de la beauté. Ne pas courir partout sur le navire afin d’en connaître chaque recoin. Juste s’asseoir sur le pont et regarder la mer danser dans les lueurs du couchant sans plus penser à rien. »

14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 15:22

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-    D’après les souvenirs d’Alan Ingram Cope    -

            J’avais bien aimé La guerre d’Alan, ici, l’auteur reprend le même procédé, à savoir raconter la vie de son interlocuteur, Alan Ingram Cope, en mettant en lumière un événement particulier, ou, pour cet album, une relation particulière, celle de Martha et d’Alan.

             Martha et Alan se sont rencontrés à l’école, à l’âge de cinq ans. C’est parce qu’il l’avait réconfortée lors d’un jeu collectif, c’est parce que leurs mamans ont sympathisé, que les deux enfants sont devenus amis. De grands amis inséparables. Le narrateur s’attarde sur les jeux et les promenades : un fossé, une balançoire, un goûter, un chœur d’enfants. Alan trouve Martha parfaite, aurait voulu l’épouser mais un fiancé pour l’une, l’appel de la guerre pour l’autre, ont séparé les deux amis. C’est par l’intermédiaire d’une lettre qu’ils se retrouvent, une quarantaine d’années plus tard. Chacun se souvient de l’autre même si les souvenirs sont flous.

              C’est avec tendresse et simplicité que cette histoire du premier amour nous est contée. Un âge d’or de la vie où tout n’est qu’innocence et amusement. La mort de la mère du narrateur met un point presque final à cette amitié. La nouvelle belle-mère d’Alan finit par refuser que le garçon se rende chez Martha.

             J’ai beaucoup aimé la candeur qui s’échappe de ces pages. Inévitablement, une nostalgie sourde et de plus en lourde se fait ressentir au fil de la lecture. Les pages se tournent vite à l’image de la vie qui passe, tout aussi rapidement. Ça m’a laissée un brin tristounette, sentiment compensé par la splendeur des illustrations, et je pèse mes mots. Monsieur Guibert a choisi la couleur et quelles couleurs ! Sur des pages entières, sans cases ni bulles, l’auteur mêle réalisme, photoréalisme et une sorte de pointillisme pour le feuillage des arbres que j’ai adoré. On plonge avec délice dans cet univers américain d’une autre époque. L’évolution des traits depuis La guerre d’Alan est remarquable, espérons qu’Emmanuel Guibert ne s’arrête pas là !

« 19/20 »

 

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 19:17

 

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              Après la découverte de l’écriture de l’auteur avec L’Autobus, il me tardait de lire son dernier roman dont l'excellent titre original est La tensión del umbral.

              En Argentine, une femme d’une trentaine d’années, Julia, est retrouvée morte à la sortie d’un bar. Plusieurs témoins l’ont vu pointer un revolver sur un homme avant de le retourner contre elle. La police arrive sur les lieux. Un journaliste aussi, Guyot. D’emblée, cette histoire lui semble louche et c’est surtout parce que les flics veulent vite fait classer l’affaire : « Une gamine s’est suicidée. Voilà ce qui s’est passé. », « Laisse tomber l’affaire de la fille. » Non, Guyot creuse et fouille dans le passé de cette fille sans famille. Sur sa route, il va croiser des incohérences, fera face à un mur d’incompréhensions… « La pire tentation, c’est de vouloir comprendre » : le journaliste va en faire les frais bien trop tard, sa petite enquête hors des sentiers officiels va engendrer des dommages collatéraux. Malgré l’aide d’une psychanalyste à la retraite, Guyot semble tomber dans un gouffre dont il ne sortira pas indemne…

 

             J’ai retrouvé la tension de L’Autobus mais elle est ici décuplée. Dans ces années de dictature, personne n’est fiable, chacun manipule ou se fait manipuler, les secrets sont bien cachés. Ce sont les dialogues qui sont omniprésents dans ce roman, le style est sec, sans fioritures ni concessions à l’image de cette Argentine âpre et oppressante. Les chapitres sont courts et le point de vue change souvent, on s’y perd un peu parfois mais l’intrigue et la progression de cette pression sourde et lancinante sont menées avec brio. L’excision des sentiments est nette, propre, sans bavures ; les âmes sensibles n’ont qu’à aller voir ailleurs.

 

 « Pour que le ministre garde ses pompes bien brillantes, il y a un tas de types qui lui enlèvent la bouse devant lui. »

« L’un après l’autre les jours s’enfoncent. Des jours comme une lame qui empêche de bouger, de réagir, de se dégager. »

6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 11:26

 

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          Deuxième arrivage de ma box mensuelle (et avant-dernier : la boîte met la clé sous la porte !) Lecture surprise donc pour ce roman policier finlandais (à part Arto Paasilinna, ai-je déjà lu un auteur finlandais ?)

          Ilpo est seul sur le lac, sur son canot à moteur, se consacrant à sa passion : la pêche. Il reçoit un coup de fil de sa femme qui, non loin de là, dans le bungalow du camping qu’ils occupent tous deux, l’appelle à l’aide « Un homme veut entrer chez nous. Il va me faire du mal. » Le temps qu’Ilpo revienne, Hilkka a disparu. C’est le capitaine Sudenmaa qui mène l’enquête, 45 ans, peu sportif et plutôt complaisant, une fille ado qu’il élève seul (eh oui, malheureusement, la comparaison avec mon cher commissaire Wallander a vite été faite… au détriment du Finlandais). Ce qui surprend notre flic, c’est l’attachement absolu et démesuré d’Ilpo à sa pêche, à son bateau, à son lac, à ses perches. Alors qu’il devrait pleurer la disparition de sa femme, il pêche. Il pêche et pêche encore. Il est allé jusqu’à offrir une cuiller de pêche en guise d’alliance à son épouse… L’enquête nous permettra de rencontrer les propriétaires du camping, l’ex-femme d’Ilpo qui est en même temps la sœur de Hikkka (oui, oui). Tout ça dans une Finlande estivale où on transpire, qui l’eût cru ?

         Roman naturaliste très facile à lire, le langage, simple, surprend parfois à être drôlement vulgaire ou vulgairement drôle… Certaines images marquent sans doute durablement : Ilpo qui collectionne les têtes de perches qu’il suspend aux murs de son bungalow. Le polar n’est pas dénué d’intérêt, il se démarque même par son original contexte mais il n’est pas palpitant non plus, le rythme est assez lent, ce qui n’est pas pour me déplaire… Vous l’aurez peut-être compris, j’ai du mal à trancher entre « j’ai aimé » ou « je n’ai pas aimé » ! Disons que le style pêche un peu (ha !ha !)

 

        L’enquêteur réfléchit… : « Une autre hypothèse, toujours à supposer que Hilkka fût vivante, était qu’elle avait embobiné son mari. Il n’y avait eu aucun homme aux abords du bungalow. Elle avait voulu quitter Ilpo, lassée de sa petite quéquette couverte d’écailles et de son insistance à vouloir toujours faire la Chose de la même manière en lui lâchant sa laitance par-derrière. Ellle avait tout simplement décidé de disparaître. »

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