22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 14:02

 

                  Une famille, en apparence ordinaire, vient passer, comme tous les ans, l’été dans un petit village de la côte norvégienne. Siri, la mère, gère deux restaurants. Elle a un passé lourd puis qu’elle a assisté à la mort de son petit frère, lorsqu’elle n’était qu’une enfant. Cette mort, sa mère Jenny, une vieille dame extravagante, lui reproche toujours implicitement. Et Siri fait tout pour lui faire plaisir jusqu’à organiser une grande fête pour ses soixante-quinze ans dont l’aïeule ne veut pas.

                  Jon, le père, est veule, lâche et menteur. Ecrivain, il peine à écrire le troisième tome de sa trilogie. Il trouve, par contre, du temps pour tromper son épouse avec des femmes qu’il ne désire pas vraiment. Jon et Siri ont deux filles, Liv, la petite dernière toujours enjouée et Alma, une jeune adolescente au comportement étrange et décalé. Tout bascule lorsque Siri fait appel à la belle Mille pour garder les filles tout l’été. La jeune femme, arrivée d’Oslo, se démarque par sa « beauté lunaire ». Le soir de l’anniversaire de Jenny, elle disparaît pour ne jamais revenir. Un petit garçon la retrouvera enterrée deux ans plus tard.

                  Ça aurait pu être un thriller, ça n’en est pas un. Un roman psychologique ? Un drame familial ? Pas tellement non plus. Ce flou littéraire peut être considéré comme un point faible mais aussi comme un point fort. Moi j’ai apprécié cette subtilité des genres. J’ai aimé suivre cette famille à la fois banale et particulière. Des malheurs croisés à des faiblesses humaines et un décor vraiment bien planté créent une tension qui rend cette lecture prenante et agréable. Il est question d’infidélité, de pardon, de tyrannie des apparences mais aussi d’une réflexion sur l’écriture. La grosse ombre au tableau, c’est la traduction qui m’a paru bien mauvaise (le titre le prouve !). Dommage.

                 Linn Ullmann est la fille du cinéaste Ingmar Bergman.

« crois-tu que les choses soient ainsi faites, […] qu’on écrive pour devenir un autre, et devenir un autre, est-ce la même chose que se fuir soi-même, ou cela peut-il aussi signifier quelque chose de plus ? Cela peut-il aussi s’entendre comme la nécessité de sortir de soi pour entrer dans un autre, vivre avec l’autre, respirer avec l’autre ? Si, par exemple, je marche sur un éclat de verre, peux-tu sentir combien c’est douloureux, le sentir dans ton pied, et l’écrire de façon à ce que tous ceux qui lisent le sentent, eux aussi »

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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 15:08

 

                 Ça faisait des lustres que je voulais découvrir cet auteur, à l’honneur lors de cette rentrée littéraire. Chose faite avec ce roman découpé en cinq parties presque égales.

                  Nous suivons cinq périodes de la vie du narrateur. Il y a d’abord le petit garçon qui assiste, impuissant, à la séparation déchirante entre sa mère et son père et la promesse qu’il fait à sa mère « Je ne te quitterai jamais ». Vient ensuite l’adolescence, le narrateur est devenu un beau jeune homme de dix-huit ans, il est mannequin pour un magazine masculin. Dans le troisième récit,  le personnage est marié, il trompe sa femme enceinte dans une soirée mondaine et arrosée et elle décède à la fin du chapitre. Quelques années plus tard, on retrouve l’homme en tant que père d’une petite Lili (le bébé aurait donc survécu !?) tout occupé à tenter de se débarrasser du nouvel amant de sa mère, le sosie parfait de son père. Enfin, c’est un père excédé par son adolescente de fille qui clôt cette biographie en cinq séquences. L’objectif est certainement de nous faire comprendre à quel point la mère du narrateur a été présente à tous les moments de sa vie de manière intrusive et envahissante. Une relation plutôt destructrice.

                 Si j’étais vraiment honnête, je dirai que le tout est sans intérêt, très vite oublié (j’ai eu du mal, à la fin du bouquin, à me souvenir du début…). Deux choses m’ont particulièrement déplu : la noirceur et le côté raté des personnages gouvernés par l’alcool et les liaisons sans lendemain ; et puis le style…. comme l’attestent les citations ci-dessous, j’ai trouvé ça plat et sans recherches particulières. La comparaison du regard brillant et du vernis à ongles est quand même digne d’une rédaction d’un mauvais 6ème.

                Malgré cette déception, je ne tournerai pas le dos à l’auteur.

 

« J’allai verser du gin dans mon Perrier car le soleil venait de disparaître derrière les arbres. » ???

« il a le regard brillant comme du vernis à ongles. »

« Si on aime le genre un peu renfermé, un peu cafardeux, elle est parfaite. Si on ne les aime pas bronzées et souriantes du matin au soir, si on ne doit pas tourner un clip en string pour MTV, si on préfère quelque chose d’étrange, une fille assez originale, inquiétante mais originale, alors on peut venir sonner à sa porte. »

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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 10:39

 

 

              Emue j’ai commencé cet album, encore plus émue je l’ai refermé. Neuf tomes de douceur, de sourires, de tendresse, d’amour, qui s’achèvent ici.

              Les femmes de Notre-Dame-des-Lacs préparent activement le retour de leurs bonhommes. Elles leur mijotent une belle surprise, elles se sont fait belles, très belles et leur ont concocté une fête de retrouvailles inoubliable. Marie, quant à elle, est ronde et épanouie par sa grossesse. Serge la couve et l’accompagne. Mais Serge est aussi occupé ailleurs : le baptême du bateau de Noël, construit pendant si longtemps fait germer une idée dans la tête du curé Réjean : les deux compères (dont la relation si particulière est à peine suggérée) filent à Montréal pour acheter à Noël un perroquet.

            Le jour du baptême du bateau est enfin arrivée, on ne peut se lasser d’admirer la grande case qui lui est consacrée : tout le monde s’affaire, Gaétan fait rôtir des cochons, on dresse d’immenses tables à l’extérieur, les hommes s’apprêtent à faire sauter les cales du bateau et c’est à Marie que revient l’honneur de briser la bouteille de champagne (attention du « vrai champagne de France »!). Deux événements viennent rompre cette allégresse : le bateau prend feu, on ne sait pas pourquoi, et Marie… perd les eaux ! Elle accouche non pas d’un « ti-cul » mais de deux ! Ils s’appelleront Louise et Ti-Jean. Noël oublie vite sa tristesse causée par la perte de son bateau en pensant au prochain qu’il construira.

              Les auteurs, sensibles à notre tristesse de lecteurs, nous offrent un dernier cadeau : un album de photos qui nous permet de continuer l’aventure pendant quelques années. La modernité est entrée à Notre-Dame-des-Lacs puisqu’après la création des trottoirs, les chars (comprenez les voitures) puis l’électricité sont venus éclairer et améliorer la vie déjà bien douce et heureuse de nos chers villageois.

          Cette série, exceptionnelle, est une consolation, une friandise, un beau rayon de soleil de lecture. Les superbes dessins de Loisel et Tripp magnifient les valeurs simples comme la solidarité, la générosité, la tolérance. Merci à eux.

 

« 20/20 »

 

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 15:12

 

                                     

 

                Après avoir été séduite par Un petit goût de noisette, j’ai voulu lire autre chose de cette dessinatrice talentueuse.

               Valentine a 14 ans, elle est au collège, elle vient d’entrer en 3ème, elle est amoureuse de Félix mais ne l’ose pas l’approcher. Ses copines sont bien plus extraverties qu’elle, l’une multiplie les conquêtes masculines, l’autre semble connaître la terre entière.  Valentine, elle, est toujours un peu en retrait, on dirait qu’elle a du mal à suivre le mouvement, qu’elle s’efforce d’être comme les autres adolescents, sans y parvenir vraiment. Elle fait des choses dont elle n’a pas vraiment envie, comme rajouter du whisky dans son coca ou danser avec un garçon qui l’indiffère. Les relations avec sa mère ne sont pas mauvaises mais elles ne sont pas excellentes non plus. Valentine passe beaucoup de temps devant la télé à manger des gâteaux. Elle est forte en gym au collège mais elle n’en tire aucune fierté.

               Même si le regard est très juste et pertinent – quelques souvenirs de cette période de l’adolescence, si particulière, me sont revenus – ça ne m’a pas vraiment passionnée. J’ai sans doute passé l’âge… Les dessins sont très jolis, précis et colorés, ça ne m’étonne pas que le talent de cette dessinatrice laotienne plaise tant aux jeunes.

 

16/20

 

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 15:59

 

 

             Ça y est, à mon tour. Je l’ai enfin lu ce livre qui fait événement depuis quelques semaines !

            Le genre oscille entre roman, autobiographie et documentaire et il n’est pas facile à résumer. C’est pourquoi je me permets de reprendre le début de la quatrième de couverture : C’ « est le roman d’Ossiri, étudiant ivoirien devenu vigile après avoir atterri sans papier à Paris en 1990. ». Le choc des cultures, la vision des riches Européens depuis la pauvreté africaine, la critique de la société de consommation sont quelques-uns des nombreux thèmes traités dans ce livre.

              Ce qui fait l’originalité du style de Gauz, c’est ce mélange entre lyrisme et comique. Il ne prend pas de gant, il dénonce, le langage est parfois cru, très actuel. Et la langue est plus travaillée, plus belle, envoûtante, presque poétique quand Gauz évoque la difficile intégration des Africains en Europe. Comme un refrain, « Envoyez de l’argent au pays » résume l’écart entre les deux continents, les espoirs souvent anéantis des nouveaux venus.

            J’ai beaucoup aimé les chapitres consacrés au métier de vigile dans le magasin Sephora des Champs-Elysées. C’est vrai, les vigiles sont des hommes que l’on ne regarde pas, ils sont là à l’entrée, ils font partie du décor, ils sont payés à rester debout (d’où le titre), leur présence seule suffit la plupart du temps, ils n’interviennent presque jamais. Ils voient tout, ils trompent l’ennui (il doit être grand, cet ennui !) comme ils peuvent.

        J’ai parfaitement compris pourquoi Gauz suscitait un tel engouement. Cette satire sociale est une belle réussite pour un premier roman et je me demande ce qu’il peut bien produire après cela. A l’écouter, il est également bien agréable, … c’est prometteur tout ça !

 

« Quand on ne comprend pas « l’autre », on l’invente, souvent avec des clichés. »

          L’auteur imagine le travail des nommeurs, ces « spécialistes en baptême de robes et des pantalons en tout genre » : « Ils sont assis autour d’une table, coupe de champagne en main, seau en argent rempli de caviar. Les habits défilent devant eux sur des cintres accrochés à une corde métallique entraînée par un moteur. Une robe à fleurs passe ; Entre deux gorgées de « La Veuve Cliquot », un « nommeur » s’écrie d’un air sentencieux : « Tu t’appelleras Hibiscus, qu’il en soit ainsi. Suivant ! » Les deux autres, le visage grave, opinent du chef, la bouche remplie d’œufs d’esturgeons. Une autre robe coulisse devant eux. »

        Le 14 juillet : « L’obélisque de la Concorde est la bite dressée, l’Arc de Triomphe est le trou du cul, et les Champs-Elysées la raie érogène qui relie les deux. Avec ces militaires et ces politiciens qui frétillent en tous ces points, on peut dire qu’aujourd’hui, la République se branle. »

        Au Sephora : « Dans les allées des parfums, l’éclairage est feutré. Privilégier l’odorat.

Dans les allées des maquillages, l’éclairage est vif. Préférer la vue.

Partout, la musique est nulle. Privilégier la surdité. »

« HOVNI. Comme la vendeuse, le vigile baigne dans les odeurs de parfums toute la journée. Ce qui fait de lui un HOVNI : Homme à Odeur de Vigile Non Identifiée. »

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 18:08

 

              « Ah, enfin ! » Combien de lecteurs du tome 1 se sont dit ça en découvrant le tome 2 ! Je me réjouissais vraiment de lire la suite des aventures de nos petits vieillards joyeux.

              On retrouve Sophie, désormais maman d’une petite Juliette. N’oublions pas qu’elle détient une fortune colossale. Ne sachant qu’en faire, elle envoie une valise pleine de billets à Pierrot qui devrait les utiliser à bon escient pour son collectif « Ni yeux ni maître », ces petits vieux qui essayent de semer la zizanie dans les milieux politiques policés et hypocrites. Oui, mais Sophie signe son colis du premier nom de femme pirate qui lui vient à l’esprit, « Ann Bonny ». Hasard malheureux, Anny Bonny est aussi le pseudo qu’une ancienne amoureuse de Pierrot s’était choisi. Et voilà notre Pierrot au bord du délire parce que son ancienne conquête, contrairement à ce qu’il croyait depuis des dizaines d’années, est vivante !

             Le collectif cher à nos trois amis sévit toujours et c’est bien ce qui m’a fait le plus rire, ils assistent à la conférence d’un certain « Jean-François Cop… » accompagnés de leur pote surnommé « Human Bomb ». « Ce gars-là, il se vide le moutardier sur demande, n’importe où, n’importe quand, tu vois…. C’est une arme de destruction massive ». L’arme fait effectivement son petit effet, tout le monde fuit !

              Les planches qui nous emmènent dans les boulangeries sont également délicieuses, tellement réalistes et justes. Pierrot demande une baguette mais devant les différentes propositions de la vendeuse, une « Sarmentine… une Fleurimeuline du papé… une Grand Siècle », Pierrot s’énerve et se rabat sur un pain aux raisins.

                J’ai bien entendu adoré l’album dans son ensemble, la critique de la société qu’il propose, les dessins qui montrent des vieux si rabougris mais si humains, si combatifs ! La vie semble être une vaste blague qu’on peut raconter de différentes manières. J’ai eu du mal à comprendre la présence d’un passage bien précis, celui du spectacle de marionnettes de Sophie où elle explique grosso modo qu’il faut prendre soin de notre planète. Le discours écolo-moralisateur ne cadre pas avec l’esprit des deux tomes. Petit bémol qui n’a en rien gâché mon engouement pour ce magnifique diptyque.

 

« L’anarchie, c’est pas le bordel, mon cher ! C’est l’ordre, moins le pouvoir, nuance. »

 

»   18/20   »

 

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 16:49

                

             Voilà un bouquin que je range parmi mes BD mais qui est bien inclassable… tant mieux, il brille par son originalité !

            Les auteurs nous proposent une explication, complètement fictive, de certains grands tableaux célèbres. Pourquoi et comment certaines toiles ont-elles été peintes, pour le dire autrement. Ainsi, pour expliquer « Napoléon à Fontainebleau » et la mine déconfite de l’empereur, on voit une première image montrant l’homme surexcité, tapant du pied, avec, sur le guéridon, une canette de Heineken (et une bouteille de Kronenbourg à ses pieds !), une deuxième case montre un écran de télé et le score footballistique « France 0 – 1 Italie ».

            Une de mes double-pages favorites : une première case montre une terrasse déserte, des tables nappées de blanc. Une deuxième fait un zoom sur une grande ardoise : « Happy Hour Now ! » et la troisième représente « Le Déjeuner des canotiers » de Renoir. « La Mort de Sardanapale » se résume aux conséquences d’une journée de « Soldes Flash » et si Paul Cézanne, dans son autoportrait, porte un turban, c’est parce qu’il a maladroitement joué au bilboquet avant. Je crois que c’est la placidité et le flegme de la plupart des personnages que j’ai tant apprécié. Cézanne nous regarde, son bilboquet à la main, l’air de dire « regarde ce que je sais faire » et sur le vrai tableau, il nous scrute toujours, il assume sa maladresse et se résigne à porter son bandage sur la tête. Excellent !

            Cette réécriture de l’histoire des grandes œuvres d’art est un vrai plaisir pour les yeux, il n’y a pas de texte mis à part les références des tableaux, mais on n’en a vraiment pas besoin. Complètement loufoque et jubilatoire. On en veut encore !!! Ça tombe bien, un tome 2 est sorti !

19/20

 

 

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 20:53

             Cela fait de nombreuses années que je clame haut et fort (au risque de me faire des ennemis !) que ce sorcier-là n’était pas ma tasse de thé. J’avais lu quelque cinq, six tomes il y a neuf ans de cela, alitée et enceinte de mon fils. Avec mon fils et ma fille comme auditoire (conquis d’avance, il faut bien le dire), c’est une lecture à voix haute que je leur ai offerte.

             Harry est un orphelin hébergé chez sa tante, son oncle et son cousin, les Dursley. Or, les Dursley, des gens stupides et grossiers n’ont rien à voir avec ce gentil garçon réservé qu’ils détestent ouvertement. Ils le détestent tant qu’ils l’ont relégué dans un placard sous l’escalier qui est devenu sa chambre à coucher. Harry ne sait rien de ses vrais parents. Il subit tant bien que mal les caprices et les colères de son cousin Dudley même s’il se rend compte que de temps en temps, il se produit des événements étranges : Ses cheveux, même coupés, ont retrouvé leur longueur et leur ébouriffement de la veille le lendemain,… lorsque Dudley embête trop son cousin, il lui arrive des trucs bizarres. Le bizarre prend une image plus précise le jour de ses onze ans.

            Harry reçoit une lettre que l’oncle jette immédiatement. Puis une deuxième. Puis des dizaines. Puis des milliers. L’oncle, exaspéré, emmène sa famille et Harry dans une cabane perdue au bord de la mer. C’est alors que débarque un géant du nom d’Hagrid qui offre à Harry un gâteau d’anniversaire et se présente comme étant le « gardien des Clés et des Lieux à Poudlard ». Harry est en vérité un sorcier, fils de sorciers, dont les parents ont été tués par un des sorciers les plus puissants, Voldemort. Hagrid n’est que l’intermédiaire d’Albus Dumbledore, le directeur de l’école des sorciers, Poudlard, dans laquelle Harry est invité à passer sa prochaine scolarité.

              Harry Potter n’est évidemment pas n’importe qui. Bébé, lorsque Voldemort a tué ses parents, il a non seulement survécu mais il a également fait fuir le méchant sorcier, certains disent même qu’il est allé jusqu’à le tuer. Une cicatrice en forme d’éclair orne son front et sa réputation n’est plus à faire. A Pourdlard, péripéties et mésaventures vont s’enchaîner en compagnie de Ron et Hermione, les fidèles amis d’Harry.  Ce qui m’a surpris et que j’avais oublié, c’est l’assurance d’Harry. Orphelin et haï de sa famille, il prend des initiatives, il a vite confiance en lui, bref, il n’a une figure de pauvre hère ou de dégonflé.

               L’histoire est bien sûr très connue, et je l’ai redécouverte grâce à mes enfants. Leur émerveillement face aux multitudes de surprises et d’enchantement, leurs rires face à la maladresse d’Hagrid ou de jeunes sorciers ou encore leur effroi devant l’air hargneux de Rogue ou à l’évocation du nom de Voldemort, ont achevé de me convaincre. Ce monde créé par Rowling est magique, c’est bien vrai, il nous emporte dans des contrées lointaines faites de rêve et de sorcellerie. Nous avons clos ce beau et grand moment avec la visualisation du film et mes enfants se sont souvent étonnés parce qu’il manquait plein de trucs ! ;-)

                J’ai également pu me rendre compte à quel point il peut être difficile (et long !) de lire un roman entier à haute voix. Chapeau aux lecteurs des livres audio qui, je le suppose, procèdent à une lecture liminaire afin d’adopter l’intonation adéquate. Je me suis bien amusée à changer les voix et alors que ma petite de 5ans1/2 a eu un peu de mal au début (il n’y a pas d’images à regarder pour cette observatrice hors pair), elle s’est prêtée au jeu avec grand plaisir. Leur lirai-je la suite ? Rien n’est moins sûr d’autant plus mon fils a des envies de lire le tome 2 tout seul. Petite victoire !

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 21:41

             C’est emportée par l’engouement de Jérôme et pourtant un peu refroidie par la rentrée littéraire (qui m’a peu inspirée) que j’ai acheté ce livre.

            C’est l’histoire d’un gars… ouais, c’est l’histoire de Gérault que tout le monde appelle par son nom de famille. Alors qu’il vient de se faire virer de sa boîte, il attire pitié et compassion autour de lui. Jean-Yves l’invite chez lui, lui présente sa femme que le narrateur surnomme vite « Heinchérie » et lui propose du boulot dans l’épicerie de son neveu. Oui, mais le neveu pourrait être le fils de Gérault et c’est un blanc-bec arrogant.

            Rajoutez à cela que notre Gérault est célibataire depuis trop longtemps, qu’il a le ventre qui forme la lettre D, au mieux la lettre B quand il le rentre, qu’il ne veut pas de sa Françoise trop vieille et trop molle qui lui court après et qu’il ne sait pas dire non à une mère envahissante, égoïste et manipulatrice ! On obtient un être aigri qui ne sait pas s’affirmer, n’est jamais satisfait, n’ose pas prendre d’initiatives… un looser, quoi ! Pourtant, la Françoise qu’il trouvait trop joyeuse et trop vieillotte va lui montrer qu’elle est plus fine et plus intelligente que lui.

            On commence ce roman et on tombe tout de suite et plutôt lourdement dans un style un peu primitif qui, à l’image du personnage, se complaît constamment dans une attitude ironique et attentiste. Le monologue intérieur crée sans cesse un décalage entre ce que pense Gérault et ce qu’il dit ou fait. Malgré les surnoms un peu faciles (« jeune con » pour le neveu chef d’entreprise, « Mme Gros-Yeux » pour celle qui surveille la maman de Gérault), notre JeanPierreBacri nous fait vite comprendre qu’on lui ressemble un peu, à juger notre entourage sans pour autant assumer à 100% ce qu’on est, à culpabiliser à la moindre parole blessante d’un proche, à bafouiller, à douter… Cet ours mal léché devient, sous la plume corrosive et paradoxalement tendre de l’auteur, incroyablement humain ! La fin est une très belle réussite et une petite leçon d’humanité. L’ensemble est souvent drôle et terriblement actuel. J’ai donc passé un bon moment avec ce Gérault que je ne souhaite pas forcément rencontrer …

            Pour la petite histoire, j’ai l’habitude d’user et d’abuser des marques d’ironie à tel point que ma fille (5 ans ½) doit souvent me demander « C’est ironique, maman ? »

 

Gérault rencontre la mère d’une amie, et surtout son grain de beauté : « La bouche fuchsia s’étire, le noiraud granuleux penchez dangereusement. Ne souriez pas, madame, il pourrait se décrocher et tomber au fond de votre verre. Ne respirez pas non plus, il pourrait être aspiré au fond de votre narine et boucher le canal fronto-nasal. »

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 21:54

                                

            Et je continue ma promenade campagnarde avec Manu et Mariette.

            Cet album est un peu particulier car il s’éloigne des caractéristiques très marquées de la campagne pour raconter la vie d’un futur père. Le sujet a été maintes fois traité et pourtant, Manu Larcenet y apporte une touche de tendresse et d’humour incomparables.

            Mariette est enceinte et Manu panique. Il a peur et prend des précautions : il fait un repérage du trajet maison-maternité, il lit Laurence Pernoud de A à Z et lorsqu’il quitte Mariette pour aller à un festival de BD, il met des post-il partout dans la maison. D’ailleurs, il ne rentre pas les mains vides de ce festival de BD de Château-Moignon, il y remporte la Gomme de Bronze pour son album Pic d’Ozone. Cette Gomme est un truc assez immonde et surtout très imposant que le couple ne sait où placer : deviendra-t-il escabeau ou table de chevet ?

            On retrouve les mêmes personnages que dans les tomes précédents : Mme Mortemont qui tente de deviner le sexe de l’enfant à venir avant de… le mettre tout simplement au monde ! L’ermite est là aussi, toujours fidèle et donneur de conseils. La nouveauté, ce sont les parents de Mariette, ils se permettent de douter de leur gendre et de son métier bizarre.

            J’ai plusieurs fois éclaté de rire pendant cette lecture. Album parfait après une bonne grosse journée harassante, ça détend, ça soulage, ça fait sourire… merci monsieur Larssinet !

19/20 

 

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