Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 20:31

 

 

             Malo, 23  ans, et sa sœur Camille de 21 ans, participent, le temps d’un mois de septembre, aux vendanges champenoises. Malo a un curieux pressentiment : le patron et maître des lieux, Octave, épie étrangement sa sœur. Une aura de mystère plane au-dessus de la vaste maison de pierres. Et pour cause : Camille ressemble trait pour trait à Laure, la fiancée d’Andreas, le copain d’Octave. Tous les trois ont été victimes d’un accident de voiture, dix ans auparavant. Laure est morte décapitée et les deux autres ne sont plus que des épaves. Andreas se terre au 1er étage de la maison sans jamais en sortir, Octave boîte et une cicatrice le défigure.

            L’ambiance singulière s’amplifie quand Malo disparaît. Un jeune garçon instable et impulsif qui flirte avec les jeunes filles et qui ne se présente pas un matin de vendange, ça n’inquiète personne. Sauf Camille. Elle sent bien qu’il est arrivé quelque malheur à son frère. Impuissante, elle va continuer son labeur, les jours vont défiler, Octave, ce Quasimodo parfois attirant, va se rapprocher d’elle de plus en plus.

           Une tension omniprésente plane sur ce roman et la chaleur moite, la cueillette du raisin, les jeunes qui rient et s’amusent sont autant d’éléments qui accroissent, par un contraste saisissant, le noir de ce tableau. L’intrigue est drôlement bien fichue et la fin surprend le lecteur comme elle surprend Camille. Un très bon thriller psychologique, angoissant et morbide !

 

« Octave secoue la tête, essaie de faire tomber les pensées mauvaises. Elles se décrochent par paquets, au début comme des grappes serrées de petites personnes au-dessus d’un précipice, qui se cramponneraient aux branches tandis qu’il les agite pour les faire lâcher prise. Et puis comme des insectes lui remontant le long des tempes. Quand elles deviennent une simple poignée de poussière dont il se débarrasse d’un geste de la main, il exhale un profond soupir. »

2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 20:03

 

 

            Dans le monde animal, chacun a un prédateur, chacun a un ennemi, chacun a une proie. La Renarde est, bien sûr, la plus rusée de tous les animaux, elle bouffe les poules, elle croque tous les lapereaux de toutes les portées successives de la lapine, elle se moque du nigaud de chien gardien du troupeau de moutons, elle déjoue les pièges des chasseurs, elle arrive même à tromper le loup. Ça circule, ça vit, ça meurt, ça tue, ça ment, ça attend, ça crève la faim, ça désespère… bref, ça ressemble finalement beaucoup à l’univers des hommes !

           Un peu décontenancée au début de ma lecture par la simplicité des dessins qui nous porterait à croire qu’il s’agit d’un mignon petit album pour les enfants, je me suis pourtant très vite prise au jeu. Attention, tout n’est que méchanceté et cruauté. La renarde s’enfile des quantités pas possibles de petits lapins tout mignons, la plupart du temps au nez de leur mère. Elle joue au bonneteau avec ces petites créatures fragiles avant de les gober… Le cheval nommé Kevin n’est pas mal non plus dans son genre. Ses grosses fesses sont coincées dans la porte de la clôture et, entre liberté et captivité, son cœur balance. Le chien gardien de troupeau fait tout, de son côté, pour se faire bien voir auprès du chasseur, malheureusement, quand l’homme s’approche du gibier, le chien parle trop et fait fuir biches et faisans. C’est irrévérencieux, parodique (La Fontaine n’est évidemment pas loin), parfois très drôle, ça m’a aussi fait penser aux Méchants cochons d’Andy Ryley.

 

Published by Violette - dans Lectures - BD
commenter cet article
29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 17:09

 

 

 

            J’entends déjà les cris et les huées : je n’ai jamais lu Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, pire, j’avais commencé à le lire puis l’ai lâchement abandonné (ce qui n’est pas dans mes habitudes). Je me suis donc dit que je pouvais découvrir cet auteur en livre audio, avec ce roman qui, je ne le savais pas, est la suite de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur.

           Jean Louise est une jeune femme qui vit à New York mais qui revient, pour un temps, dans sa région natale de l’Alabama, dans la petite ville de Maycomb. Elle y retrouve celui qui a toujours été son modèle, son vieux père, Atticus, en mauvaise santé ; son ami d’enfance et prétendant, Henry, et sa tante terriblement coincée (à la fois dans ses corsets mais aussi dans ses bonnes manières…). Alors qu’elle nage dans une ambiance bon enfant, tout au plaisir de retrouver les siens et des souvenirs plus ou moins heureux, Jean Louise découvre que son père siège à un « conseil des citoyens » destiné à prôner la suprématie des Blancs et à rabaisser les Noirs. Pour Jean Louise, tout s’effondre, ses croyances, ses principes, ses illusions. Révoltée contre tous, elle comprend, très doucement, que le monde n’est pas aussi simple et manichéen qu’elle se l’imaginait. Désenchantement et plongée brutale dans la vie adulte.

           Je suis complètement passée à côté de ce roman ! Si j’ai apprécié le contexte spatio-temporel, ce voyage dans l’Amérique des années 50, je n’ai franchement rien compris à la morale finale. Le lecteur ne peut qu’être du côté de Jean Louise, cette femme libérée et idéaliste qui, pourtant, d’après ce que j’ai cru comprendre à la fin du livre, se laisse amadouer voire convaincre par le racisme de son père et de son entourage ??? Bref, je suis sortie dépitée et même irritée de cette lecture …

 

Atticus : « Souhaites-tu voir des cars entiers de Noirs débouler dans nos écoles, nos églises et nos théâtres ? Souhaites-tu les voir entrer dans notre monde ? »  !

 

Merci à Audiolib !

Published by Violette - dans Livres audio
commenter cet article
26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 10:33

 

 

             Eh non, je n’avais pas lu ce roman à sa sortie en l’an 2000 … déjà ! Traduit en trente-six langues, il a quand même été édité à plus de trois millions d’exemplaires !

             Nous sommes à Delft, dans une province néerlandaise, au XVIIème siècle. Griet a 16 ans, ses parents pauvres sont contraints de la placer dans une famille aisée pour qu’elle occupe la fonction de servante. Elle sera chez les Vermeer : le père est peintre, la mère, Catharina, est constamment enceinte et la famille compte déjà six enfants. La grand-mère, Maria Thins, veille sur la maisonnée en faisant preuve d’autorité et de sagesse. Griet s’applique à son travail : faire le linge, le ménage, les courses. Mais sa tâche favorite, c’est nettoyer l’atelier du peintre, elle a été embauchée pour cela, elle ne doit rien déplacer mais tout dépoussiérer et elle le fait parfaitement bien. Elle apprécie ce moment car elle aime voir évoluer le travail de l’artiste, elle aime observer les couleurs.

            Entre le peintre et la servante, il existe une sorte de connivence, de compréhension muette. Par touches discrètes, Griet va émettre un avis et même un conseil sur l’un ou l’autre tableau. En retour, Vermeer va lui demander d’acheter du matériel de peinture, de mélanger et de préparer les couleurs. C’est en cachette et en sus de son travail quotidien que Griet rend ces services. Partagée entre ses parents vivant dans la misère, son prétendant fils de boucher qui l’attend à sa majorité, la rudesse, la méfiance et les protocoles de la famille Vermeer et la passion du peintre pour son art, Griet va finir par poser pour lui, idée complètement folle à une époque où les subordonnées ne découvraient même pas leurs oreilles ! Et c’est d’oreilles qu’il va s’agir d’ailleurs puisque c’est pour le tableau de La Jeune fille à la perle que Griet va porter les boucles d’oreille subtilisées à Catharina à son insu !

           Ce roman mérite son succès, il réunit toutes les qualités possibles : captivant avec une intrigue bien ficelée qui frôle la perfection de la première à la dernière page, dépaysant par son contexte spatio-temporel incroyablement réaliste, instructif car il nous emmène dans la vie et l’œuvre d’un grand peintre. Une douceur permanente créée par cette écriture subtile, poétique et raffinée m’a enchantée et envoûtée un peu à la manière des tableaux de Vermeer. Il y a cette ambiguité entre le peintre et la servante qui repose sur des non-dits, une attirance réciproque qui n’a rien de sexuel, une sorte de complicité silencieuse qui exclut les autres de ce monde à part fait de lumière et de couleurs.  J’ai adoré cette lecture !

 

« Les couleurs elles-mêmes compensaient mes difficultés à cacher ce que je faisais. J’aimais broyer les ingrédients qu’il rapportait de chez l’apothicaire, des os, de la céruse, du massicot, admirant l’éclat et la pureté des couleurs que j’obtenais ainsi. J’appris que plus les matériaux étaient finement broyés, plus la couleur était intense. A partir de grains rugueux et ternes, la garance devenait une belle poudre rouge vif puis, mélangée à de l’huile de lin, elle se transformait en une peinture étincelante. Prépare ces couleurs tenait de la magie. »

23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 11:36

 

 

 

           C’est un coup de coup de cœur de Mo’ qui m’a poussée vers ce premier tome de la tétralogie. La lecture a été faite en famille.

           Contrairement à ce qu’indique le titre, elles sont cinq sœurs. Cinq sœurs de 9 ans pour la plus jeune (Enid) à 23 ans pour l’aînée (Charlie). Cinq sœurs occupant la Vill’Hervé, cette immense demeure perchée sur une falaise, au bord de la mer. Les cinq sœurs sont orphelines, leurs parents ont péri brûlés dans un accident de voiture. Elles se débrouillent bien, les filles. Au départ, on se dit qu’on va un peu les confondre ces jolies nanas, mais que nenni, elles ont chacune une personnalité bien particulière : Hortense, 11 ans, c’est l’intello, elle ne fait que lire et écrire ; Geneviève, 16 ans, est très forte en tâches ménagères et en cuisine ; Charlie fait un peu le mec parfois en bricolant et traficotant, elle a un amoureux, Basile ; Enid, c’est la jeune futée courageuse et Bettina la peste coquette de nature trop jalouse. Chaperonnées de très loin par la tante Lucrèce surnommée « L’Emmerdeuse », les filles sont confrontées à un problème de taille : toutes les nuits venteuses, un « houhouhou » terrifiant rend les sœurs insomniaques. Les brèves apparitions de leurs fantômes de parents (apparitions qu’elles se cachent l’une l’autre) ne les aident pas. Jusqu’au jour où Enid décide de descendre dans le puits avec un copain. La trouvaille faite au bout du tunnel va être formidable et va expliquer les bruits les soirs de vent. Rajoutons à cela la venue peu désirée de Colombe, une jeune fille aux apparences de sainte-nitouche qui agace prodigieusement les filles à cause de son ingéniosité, de son extrême gentillesse et… de sa beauté.

          Au départ, la BD est un roman ou plutôt les quatre BD étaient quatre romans écrits par Malika Ferdjoukh et mis en images par Cati Baur.

         L’album est très vivant, on s’attache très vite à cette maisonnée bouillonnante de vie, de problèmes, de joies, de questions. Le surnaturel effleure l’histoire sans la plomber, c’est tout ce que je j’aime ! Ma fille s’est tout de suite identifiée à Enid (elle n’a que deux ans de moins), mon fils a été moins emballé (trop de filles peut-être ?), quant à moi, j’ai beaucoup aimé cet album qui a un petit quelque chose des Carnets de Cerise et un doux parfum de Zidrou. Deux références auxquelles nos deux femmes-auteurs n’ont pas à rougir. C’est dense, c’est passionnant et dénué de manichéisme. Je lirai la suite !

 

« 17 /20 »

Published by Violette - dans Lectures - BD
commenter cet article
20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 11:48

 

 

        Courte pièce de théâtre en deux parties, Les Eaux lourdes est un drame, une histoire d’amour sur fond de Deuxième Guerre Mondiale.
 

          L’histoire commence de manière tragique, Pierre a quitté Mara pour aimer Alix et, par vengeance, Mara tue leur fils. On retrouve les personnages vingt ans plus tard, Mara avec un deuxième fils (elle était enceinte lors de la séparation) et des révélations à faire sur un ami commun et un réseau de Résistants de la guerre.

           D’une violence psychologique intense, cette pièce met en lumière une femme qui, par amour, est capable de tuer son propre fils. La description de ce meurtre est étouffante, et, par là, le livre porte bien son titre. Les personnages entretiennent des relations ambiguës, servies par une langue magnifique, brutale et poétique à la fois. Les dialogues démontrent à quel point l’amour et la haine sont proches, à quel point l’amour côtoie la mort. Dans une odeur nauséabonde permanente, la pièce révèle les versants les plus obscurs de l’humanité. Lecture difficile d’une pièce qu’il sans doute préférable de voir. Et une pièce certainement âpre à jouer…

 

           A noter : Christian Siméon est aussi connu en tant que dramaturge qu'en tant que sculpteur!

 

Mara à Pierre : « La première fois que je t’ai vu, je ne t’ai pas aimé. Avec violence. Avec détermination. Tu m’as été immédiatement passionnément indifférent. Jusqu’à ce jour d’ennui où pour tuer le temps, je me suis amusée à énumérer tout ce qui me déplaisait en toi. Quel bel après-midi j’ai passé. Tous ces petits travers accumulés. Ces avatars bourgeois. Cet horripilant cortège. Cette procession d’agaçants attributs qui étaient toi. Et c’est en les comptant que j’ai compris à quel point je t’aimais. En voulant tuer le temps, c’est moi que j’ai tuée, merde ! »

 

Et encore une pièce pour le challenge théâtral d’Eimelle qui a aussi lu cette pièce et qui en parle bien mieux que moi !

17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 17:21

 

 

 

          Rachel prend le train tous les jours pour se rendre à Londres. Matin et soir. Quand le train ralentit, elle se plaît à observer une charmante petite maison et ses occupants : un couple qui lui semble être le couple idéal. Au fil des trajets, elle finit par s’attacher à ces deux-là, à cette maison au bord des rails. Jusqu’au jour où, dans les journaux, elle découvre le visage de la jeune femme en question, Megan, qui aurait disparu. Rachel, dont on découvre petit à petit la vraie personnalité -alcoolique, séparée de Tom qu’elle chérit encore, sans emploi- fouine, met le nez là où elle n’a rien à y faire, contacte Scott, le mari de Megan. Il se trouve que la petite maison de Megan et Scott n’est qu’à quelques mètres de l’ancienne demeure de Rachel, là où elle a vécu heureuse avec Tom, là où vit toujours Tom mais également sa nouvelle compagne, Anna, et leur bébé.

         Trois parcours féminins jalonnent le roman : celui de Rachel qui ne sait trop si elle est victime ou bourreau car souvent amnésique à cause de son alcoolisme, celui de Megan, cette femme mystérieuse qui cache un lourd passé fait de secrets et celui d’Anna, celle qui a été la maîtresse puis la femme de Tom. L’intrigue nous conduit à soupçonner successivement tous les personnages.

        J’ai bien aimé cette lecture. Fluide, addictive, elle a été rapide malgré les presque 400 pages. Sympathique mais sans surprise, ce polar ne mérite sans doute pas tout l’engouement qu’il a suscité, je ne l’ai pas trouvé particulièrement original. Dans ma hiérarchisation toute personnelle, je le mettrais à égalité avec Avant d’aller dormir de S.J. Watson et un cran en-dessous Les Apparences de Gillian Flynn. Quant à comparer ce thriller avec ceux de Mankell, il ne faut pas abuser… mais bon… détente assurée !

 

 

14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 11:44

 

 

            Beaucoup de choses ont déjà été dites sur ce livre, certains ont remarqué à quel point il était pourtant difficile d’en parler…

           Trois destins, trois familles, trois pays différents, trois cultures différentes. Chanchal est un tout jeune homme qui a fui sa patrie mutilée par des cyclones à répétition,  le Bangladesh, et qui essaye de survivre en vendant des roses à Paris. Assan a vu sa famille mourir en Somalie et a quitté son pays avec sa grande et belle fille, Iman l’excisée. Virgil est, lui, originaire de Moldavie où il  a laissé sa femme et ses trois fils. Les personnages principaux ont pour point commun d’être des réfugiés, des êtres qui ont connu les souffrances les plus grandes et tentent de reconstruire un semblant de vie en France, des exilés, des « échoués ». Nous sommes en 1992 et Assan, Virgil et Chanchal sont des pionniers. C’est parce que des immigrés de force comme eux racontent à leurs familles restées au pays que tout va bien, que des vagues entières de réfugiés vont suivre, emplis d’un espoir qui sera déçu, toujours et forcément.

            Des images très fortes parcourent ce texte puissant et inoubliable. L’excision d’Iman au milieu des prières et des cris, son « sexe transpercé de dix épines d’acacia pour maintenir l’ensemble serré ». La planque de Virgil qui s’enterre tous les soirs dans une forêt de la banlieue parisienne. Le passage à tabac de Chanchal par une bande fachos qui finissent par le jeter dans un trou et lui pissent dessus. Les caches dans les camions pour passer d’un pays à l’autre, des heures dans le noir jusqu’à mourir étouffé. Une famille française qui revêt une aura quasi magique dans le roman, parce qu’elle aide les réfugiés, les écoute, les accueille.

          C’est un livre qui réveille, qui secoue, qui déchire, qui marque. C’est un livre qui m’a suivie plus qu’aucun autre, qui m’a changée, même. Empli de pessimisme, il pointe du doigt la réalité de l’immigration, réalité ô combien tabou ! Dire qu’il nous permet de relativiser nos pauvres soucis du quotidien est maigre et dérisoire. Je souhaite que tous ceux qui braillent encore que les réfugiés nous prennent notre travail et notre argent, lisent ce livre. Pour ma part, je ressors de cette lecture avec de forts sentiments de colère et de culpabilité.

 

« ce qu’il y a de pire chez vous est encore mieux que ce qu’il y a de meilleur chez nous. » (un Moldave à un Français).

 L’espoir de vivre en France : « Iman s’inquiéta. « Et si tout le monde venait ? demanda-t-elle, tu es sûr qu’il y aurait assez pour tous nous nourrir ? »

Virgil la rassura. « Même si tous les poissons avaient soif en même temps, ça ne viderait pas l’océan ! »

 

« Depuis des mois, ces hommes n’étaient plus jamais sûrs de rien. Heure après heure, frontière après frontière, cache après cache, passeur après passeur, ils remettaient leur vie en jeu. On les trimballait comme de la viande morte ; ils n’étaient plus rien ni personne. »

 

Les clandestins, quand ils ont l’immense privilège, travaillent au noir pour trois fois rien. La police ferme les yeux s’il n’y a pas de bazar « excepté les fois où le commissariat avait besoin d’un coup de peinture ».

 

Comment savoir quels sont vraiment les pays les plus pauvres : « C’est simple, répondit Assan, ils observent ceux qui prennent le risque de mourir pour venir travailler chez eux comme des esclaves ! »

 

 

« C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches », Victor Hugo, L’homme qui rit.

11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 12:25

 

 

         J’aime, parfois, faire les choses à l’envers. Après avoir lu le tome 3 de ce qu’on pourrait déjà appeler une série Docteur Moustache, je suis partie à la découverte du tome 2 !

         Quand on a lu un bouquin de cette Marion Montaigne, fraîche, jeune et jolie en apparence (seulement), on sait comment ça fonctionne : elle nous emmène dans de sombres contrées scientifiques parfois complètement inexplorées (en tous cas pour moi !) et nous propose de nous expliquer des trucs de ouf mais sur le mode de la poilade, et c’est ça qui est vraiment génial ! Quelques exemples : le complexe d’Œdipe, les cellules, les stades oral, anal, phallique de tout enfant normalement constitué, la vie sexuelle de quelques bêtes (l’araignée, la baudroie ou encore la puce), un organe vestigial (je ne connaissais pas, il ne sert absolument à rien, …comme l’appendice, le coccyx, les ongles, les dents de sagesse, le téton chez l’homme), la taille du pénis, les microbes, le prix IG Nobel (une parodie du prix Nobel : une étude sur « l’effet de la musique country sur le suicide » ou le « traitement du hoquet persistant… par toucher rectal » !), la mort par guillotine, la mammoplastie, le dopage, l’autopsie, etc.

         Si on n’apprendre rien, on se marre, si on ne rit pas, on en ressort bien plus intelligent qu’avant, de cette lecture ! Un petit bout chaque soir avant de s’endormir, c’est parfait !

        Le tome 4 est déjà paru mais vais-je lire le 1er avant le 4 ou le 4 après le 3 et avant le 1 ? Le mystère est entier…

 

« d’après le livre Orgasm Answer Guide, l’orgasme en lui-même ne brûle que de deux calories. « Nan, je ne coucherai pas avec toi. Mais tiens, prends un tic tac. 2 calories. Pour t’aider ce soir. Quand tu penseras à moi, très très fort. »

 

Published by Violette - dans Lectures - BD
commenter cet article
8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 20:46

 

 

 

             Ce livre est un récit de voyage. Un voyage un peu particulier puisque Milan, un Allemand de 27 ans et Muammer, un Alsacien d’origine turque, ont décidé de suivre les traces de Jules Verne en faisant le tour du monde en 80 jours mais sans débourser un centime !

            Le départ s’est fait au pied de la tour Eiffel. Les deux hommes sont arrivés à Strasbourg en stop avant de rejoindre l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, la Roumanie puis Istanbul. Si la Turquie a d’abord été le pays des désillusions puisqu’on leur a volé une partie de leur équipement (caméra, objectifs, batteries), il a aussi occasionné quelques émerveillements : un réveil à la mosquée Kocatepe à Ankara, un voyage en montgolfière au-dessus du parc national de Göreme. Une des craintes de Muammer et de Milan, c’était l’Iran et pourtant, la traversée du pays a brisé quelques stéréotypes européens, notamment concernant le statut de la femme. Une rencontre, celle d’un derviche soufiste a marqué les deux hommes.

              Au Pakistan, le trajet s’est fait sous escorte militaire et l’arrivée en Inde a donc été perçue comme une libération, prolongée, pour Muammer, par une plongée rituelle dans le Gange. Des villes dont le nom fait rêver ont suivi : Bangkok, Kuala Lumpur, Singapour… les aventuriers ont ensuite rejoint San Francisco grâce à un billet d’avion offert. La longue traversée des Etats-Unis s’est faite en train via Denver, Chicago, Washington, avant de parvenir à New York, périple couronné par une visite insolite de l’ONU. Un vol offert leur a permis de se rendre à Marrakech et, c’est en passant par l’Espagne que les deux hommes ont rejoint la France avec un retour triomphal à la Tout Eiffel (et un dîner avec Antoine de Maximy – concepteur et réalisateur de l’émission « J’irai dormir chez vous »). La mission a été largement accomplie : pas un sou n’a été dépensé de leur poche, 47 000 kms et 19 pays ont été parcourus !

          Ce livre n’est, bien sûr, pas à évaluer d'un point de vue littéraire, j’ai d’ailleurs même eu peur au début qu’un côté redondant me lasse (ils font du stop, personne ne s’arrête, découragement, puis victoire, ils tombent sur une bonne âme, etc.) mais petit à petit, c’est la magie du voyage et du dépaysement qui l’a emporté. Ces deux hommes sont tombés, la plupart du temps, sur des gens extraordinaires qui n’ont pas hésité longtemps à leur offrir un repas, une pièce de leur maison, une douche, des cadeaux en tout genre, des billets de train ou d’avion. Ils le relèvent eux-mêmes à la fin du livre, ils sont blancs, ils étaient bien organisés, ils ont le contact facile mais sincèrement, je ne crois pas que je ferais confiance à un inconnu de cette manière. Leur démarche a justement été de prouver que le bien et la générosité régnaient sur toute la planète parmi les pauvres et parmi les riches. Ils ont su démontrer aussi que certains clichés pouvaient être réduits en miettes. Ils ont, certes, dû essuyer de nombreux refus, ont entendu des injures et des insultes, ont connu la faim et la fatigue mais de manière si épisodique que je suis ressortie admirative de cette lecture qui donne surtout une seule envie : voyager et rencontrer l’autre…

            A souligner : le livre a été écrit par Gaëlle Noémie Jan, une jeune femme rencontrée dans le train, aux Etats-Unis. Muammer et Milan font partie de l’association Optimistic traveler dont le site est ici.

           Ce genre de lecture, de temps en temps, me convient finalement parfaitement !

 

 

« l’égalité est la plus belle des valeurs » (parole d’un Kurde)

Présentation

  • : Le blog de Violette
  • Le blog de Violette
  • : Un blog consignant mes lectures diverses, colorées et variées ... et d'autres blabla en prime.
  • Contact

à vous !


Mon blog se nourrit de vos commentaires...

Rechercher

Pages