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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 21:48

 

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          Kyung est une jeune Coréenne, belle, jeune et élancée qui se retrouve « mariée par correspondance » à un vendeur et collectionneur de jouets, Monty Wheeler. L’action se passe au Canada, Monty est à l’aéroport pour chercher et découvrir sa future bien-aimée qu’il a choisie sur catalogue « Filles traditionnelles du Japon ! de Corée ! de Chine ! du Vietnam ! des Philippines ! de Thaïlande ! Laborieuses, loyales, obéissantes, mignonnes, exotiques, ménagères, filles simples ». Avec un tel postulat de départ, la suite avait des risques de s’avérer difficile. Pourtant, les premiers pas de Kyung au Canada se passent plutôt bien, la jeune felle est aussi docile et silencieuse que le vantait la brochure. Elle se rend cependant vite compte de l’étrangeté de son compagnon : puceau à 39 ans, il manque de caractère, il loue à ses jouets, à ses figurines mais aussi aux anciennes boîtes à déjeuner un véritable culte.

        Une fois mariée, la routine s’installe, les commères trouvent que le couple est joli et bien assorti. Kuyng, elle, s’ennuie à tenir la caisse du magasin de jouets. Un jour, une jeune cliente asiatique photographe lui propose de venir poser pour elle. Kyung, lorsqu’elle se rend compte qu’il faut faire des nus, refuse mais Eve se révèle persuasive et loue l’esprit de liberté qu’elle prône fièrement. Evidemment, les photos sur le thème de la femme et de la machine scandalisent Monty. De fil en aiguille, ce couple créé de toutes pièces va se déchirer et se heurter à des montagnes de questions et d’incompréhensions. Chacun va découvrir des facettes cachées de l’autre et, à chaque fois, la surprise sera mauvaise.

         D’une grande violence, cette BD en noir et blanc oppose deux univers, l’occidental et l’oriental, qui finalement se retrouvent dans le non-dit et l’hypocrisie. J’ai beaucoup aimé cette lecture riche et intéressante, et trouvé que ces deux êtres vivaient finalement incarcérés, l’un dans une vie médiocre faite de babioles et de revues porno, l’autre hantée par un passé sur lequel l’auteur a laissé planer le mystère. La femme est un jouet, l’homme est puéril et lâche, la vision de l’humanité n’est pas belle à voir…

 

17/20

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 21:52

 

 

           Bon sang, quelle lecture !

           Hazel et Fyveer sont frères. Ce sont des lapins qui vivent dans la même garenne du Hampshire avec des dizaines d’autres congénères. Leur vie routinière est faite de farfal (aller brouter au grand air), de vilou (ces animaux ennemis qu’il faut à tout prix éviter), de kataklop (les voitures, tracteurs et autres engins à moteur) jusqu’au jour où ils aperçoivent une immense pancarte (qu’ils ne peuvent évidemment pas déchiffrer : le pré est devenu terrain à bâtir) : Fyveer pressent le pire, il sait qu’il faut partir, et vite. Hazel, n’écoutant que la confiance qu’il porte à son frère, rassemble le plus de lapins pour fuir au plus vite. Certains sont récalcitrants mais une petite poignée suit les deux frères. L’évasion commence et lorsqu’on n’est qu’un petit lapin vulnérable, c’est compliqué : de traverser une rivière, de creuser une niche pour la nuit, de fuir les prédateurs. Après moult dangers et obstacles, la petite troupe dont Hazel a naturellement pris la tête, rencontre une garenne parfaite : immense, elle abrite des lapins qui se nourrissent facilement et quand ils veulent, dans un pré où le danger n’existe pas. Il ne faut pas se fier aux apparences et ces êtres parfaits sont condamnés à un bien funeste destin. Guidé par Fyveer qui joue parfaitement les Cassandre, les lapins poursuivent leur chemin, bâtissent leur propre domaine jusqu’au jour où il leur faudra partir à la conquête de hases pour agrandir leur famille…

            Ce roman au style fluide est surprenant à plus d’un titre : on oublie vite que les personnages principaux sont des lapins (539 pages avec uniquement des rongeurs, il faut le faire quand même !), on entre dans leur univers sans problème ; cette épopée est une odyssée extraordinaire mais aussi une fable qui se veut évidemment métaphore du monde des humains ; la plongée dans cet univers animal est aussi un appel à notre conscience environnemental et écologique. Richard Adams réussit l’exploit d’attribuer des caractéristiques humaines à ces rongeurs sans en faire trop. Les lapins se reproduisent sans connaître l’amour, on suit leur conversation mais ils sont complètement en dehors des schémas de communication humains. Pragmatiques, plus francs, plus fidèles, ils s’assemblent pour combattre l’agresseur. Richard Adams a créé un microcosme bien particulier : les lapins ont leurs lois, leur langage, leurs légendes, leurs peurs, leur dieu. De nombreuses réécritures se mêlent et s’entrecroisent : réécriture du conte, de l’Eneide, de certains passages bibliques, d’un roman initiatique, d’un traité de politique, bref ça foisonne ! Une flopée de références m’a également accompagnée durant la lecture : Trois hommes dans un bateau de Jerome K. Jerome (pour l’ambiance bucolique peut-être ?), La Ferme des animaux, Alice au pays des merveilles, L’Odyssée, Le Vent dans les saules (dont une citation, d’ailleurs, est placée en exergue d’un chapitre)

           En attendant que vous vous décidiez à lire ce roman étonnant et insolite, je m’en vais farfaler !

 

« Les bêtes, a-t-il dit, ne se comportent pas comme les hommes. S’il faut se battre, elles se battent ; s’il faut tuer, elles tuent. Elles ne passent pas leur temps à inventer des moyens d’empoisonner l’existence des autres créatures ou de leur faire du mal. Elles sont pétries de bestialité et de dignité. »

 

            Et je finirai avec cette très belle remarque de Dostoïevski qui ouvre le chapitre 21 : « Aimez les animaux : Dieu leur a donné les rudiments de la pensée et une joie innocente. Ne la troublez donc pas, ne les tourmentez pas, ne les privez pas de leur joie, ne vous oppose pas la volonté divine

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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 16:29

              Gladwyn, la quarantaine, est un homme d’affaires occupé mais heureux en amour : marié depuis plus de quinze ans avec Blithe, il vit une existence paisible, confortable et rassurante. Lorsqu’il rencontre Lara, une jeune artiste tombée à vélo et qu’il lui a fallu secourir, c’est le coup de foudre. Il amène la jeune femme à l’hôpital et s’assure que tout va bien. Pendant quelques semaines, cette rencontre va hanter ses pensées jusqu’au jour où il reçoit une carte où elle le remercie. Il décide de la revoir, elle succombe à son charme et ce qui devait arriver arriva : ils sont amants… sans que Gladwyn n’ait évoqué l’existence d’une femme et d’un fils. Les prétextes de la surcharge de travail et l’éloignement permettent à Gladwyn de mentir à la fois à Lara mais aussi à Blithe qui n’y voit que du feu. Les amoureux partagent occasionnellement un petit appartement à Londres et, même si la culpabilité donne parfois des sueurs froides à Gladwyn, il arrive à concilier ses deux vies jusqu’au jour où il apprend que Lara est enceinte…

            Histoire assez classique d’un homme qui trompe sa femme, l’intrigue est pourtant assez judicieusement menée pour qu’on ait sans cesse envie de connaître la suite. Les questions pratiques, l’évolution des sentiments et la duplicité de Gladwyn permettent de créer un certain suspens pas désagréable. On s’attache à lui au début de son histoire d’amour mais sa lâcheté et son manque de loyauté finissent par agacer. J’ai pris du plaisir avec cette lecture divertissante (après James Joyce, j’en avais besoin), mais j’ai trouvé la fin cousue de fil blanc et certains personnages peu crédibles car trop stéréotypés : l’épouse modèle qui prépare tous les soirs de bons petits plats, le gros méchant paysan de voisin qui vient embêter la vulnérable Lara… Beaucoup ont vanté cet auteur, je ne suis pas absolument certaine de vouloir retourner la lire un jour même si le roman fait partie de ceux qu’on peut emporter dans un train, sur une plage, dans une salle d’attente sans craindre de ne pas pouvoir se concentrer…

 

Une des nombreuses fois où Gladwyn craint de se faire pincer : « Alors qu’il montait lentement l’escalier, Gladwyn se plaisait à constater que les choses étaient revenues à la normale. Pas de dégâts. La mauvaise conscience avait vaincu les assauts de la tentation : il avait eu de la chance. Bien décidé à ne plus jamais jouer avec le feu, il choisit un vieux pull que Blithe lui avait offert des années plus tôt, puis redescendit. Il avait faim. »

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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 08:49

                   

  

  -  La Sagesse des Mythes -

           Après Thésée, je continue ma petite découverte des mythes version BD.

           Une guerre sans merci affronte les Troyens et les Grecs. Pourquoi tant de haine a-t-on envie de demander ? L’origine de ce conflit n’est pas à chercher du côté des mortels mais des déesses. Au mariage de Pélée et Thétis, Zeus n’a pas souhaité inviter Éris, la déesse de la Discorde, mais cette dernière, fort vexée, a pointé le bout de son nez en apportant une magnifique pomme d’or « destinée à la plus belle femme de cette assemblée ». Héra, Athéna et Aphrodite se sentent immédiatement visées et elles se disputent déjà titre et pomme. Zeus se dégonfle et ne veut pas trancher, il envoie Hermès trouver « un ingénu qui servira de juge ». Le hasard (mais pas tout à fait le hasard…) tombe sur Pâris, un jeune berger qui se laisse convaincre par Aphrodite, déesse de l’Amour, qui lui promet, en échange, la plus belle femme du monde, la fameuse Hélène.

         Peut-être est-ce là le seul livre qui a été lu par les quatre membres de ma famille. J’étais la dernière à passer et je me demande bien ce que mes enfants ont pu comprendre de l’intrigue. La chronologie est bouleversée et, pour une fois, je trouve que ce n’est pas l’idée du siècle, la complexité et la multitude des personnages rendant déjà l’histoire assez compliquée. Théâtralisé, le récit met en scène des personnages parfois un peu trop lisses ou trop prévisibles (les déesses sont hyper sexy, les héros archi balaises). J’ai bien aimé l’ensemble mais, bémol de taille, on attend le cheval de Troie tout en sachant qu’il ne viendra point puisqu’il s’agit d’un tome 1 et qu’il y en aura 3… Puisque le tome 2 n’est prévu que pour septembre, je vous conseille d’attendre parce qu’il faut bien admettre qu’on reste sur notre faim à la dernière planche même si, ô merci, des tableaux et diverses œuvres autour du thème nous sont présentés en fin d’album (et, avec le texte explicatif de Luc Ferry, c’est très bon).

 

« 16/20 »

 

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 19:01

 

Encore une belle découverte Gallmeister !

           Stoney Calhoun est un pêcheur émérite. Il travaille dans une petite boutique d’articles de pêche qui propose aussi à ses clients de leur servir de guide pour mieux appâter truites et bars, tenue par sa maîtresse, la formidable Kate « à la beauté spectaculaire ». Mais Calhoun n’est pas un homme ordinaire : il a perdu la mémoire suite à un accident de montagne, est resté des mois allongé dans une chambre d’hôpital avant de rejoindre, à l’instinct, le Maine, et de tomber amoureux de Kate, cette femme mariée à un homme grabataire.

           Calhoun accueille Green, un client aux allures de riche, cherchant un guide pour pêcher la truite. Calhoun n’ayant aucune envie de crapahuter avec ce type snob qui ne lui revient pas, refile le job à Lyle, l’autre employé du magasin. Sauf que son copain ne reviendra jamais de cette virée. Des recherches sont menées pour remettre la main sur ce Green resté introuvable. C’est alors que des réminiscences du passé surgissent dans l’esprit de Calhoun : plutôt que de vrais souvenirs, des sentiments, des impressions, des compétences voient le jour : Calhoun se montre très doué lorsqu’il esquisse le portrait de Green destiné à la police, il fait preuve d’une extrême précision dans son récit, il s’avère être un athlète doué d’une force et d’une impatience incomparables. Et finalement, c’est lui tout seul, avec son fidèle chien Ralph, qui va résoudre cette énigme.

          Ce roman, premier tome d’une trilogie, se lit avec plaisir non seulement pour son enquête policière, mais aussi et surtout, pour cette atmosphère américaine qui empeste le poisson. Voilà un livre qui fait apprécier les appâts, les lançons, les mouches, les soies, tout ce vocabulaire propre à la pêche ! Le personnage de Calhoun est délicieusement croqué aussi, il faut bien l’admettre, cette aura de mystère qui entoure son passé laisse présager le meilleur dans les tomes à venir. Seule petite ombre au tableau : l’histoire d’amour entre Kate et Calhoun qui, malgré l’apparente modernité de l’attitude de la femme, renvoie un peu trop aux fantasmes masculins (ses cheveux noirs de jais descendent jusqu’aux fesses et c’est elle qui désigne la chambre quand elle veut assouvir ses besoins…) En tous cas, nul doute : je lirai la suite !

 

« Lorsqu’elle lui demanda ce qu’il se rappelait, il essaya de lui décrire les crevasses dans son esprit, ces curieux moments de clarté qui lui venaient parfois, les êtres qui entraient et sortaient furtivement de sa tête, des gens connus et oubliés qui surgissaient brusquement dans ses pensées. »

 

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3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 22:07

 

               

                Nous sommes en Angleterre, en mars 1924. Ce n’est pas un dimanche ordinaire puisqu’il s’agit du « dimanche des mères », ce jour unique dans l’année où les maîtres donnent congé à leurs domestiques pour qu’ils aillent rendre visite à leur mère. Pour Jane Fairchild, la domestique orpheline, ce jour est particulier pour d’autres raisons : elle reverra une dernière fois son amant, Paul Sheringham. La bonne entretient, depuis plusieurs années, une liaison évidemment clandestine avec ce jeune homme de bonne famille destiné à se marier quinze jours plus tard. Il s’agit donc de leur dernier rendez-vous sensuel. Pour marquer l’occasion, Paul fait entrer Jane par la grande porte, dans la fastueuse maison familiale temporairement désertée par ses occupants. Après des adieux quasi muets, Jane va errer, nue, dans cette vaste demeure, attirée par la bibliothèque. Elle va prendre son temps pour quitter les lieux, à la manière dont Paul, pourtant en retard, a pris son temps pour rejoindre sa fiancée.

                    Ce roman est à part pour bien des raisons. Il se dégage immédiatement une atmosphère étrange et oisive, les deux amants sont longuement décrits nus à se regarder, à s’explorer une dernière fois, dans une chambre luxueuse dans un moment qui paraît figé et qui va résonner longtemps pour Jane. Ce tableau à la fois grave et frivole permet des va-et-vient dans la chronologie en nous projetant même dans l’avenir de Jane, lorsqu’elle sera nonagénaire. J’ai absolument et entièrement adoré les deux premiers tiers de ce roman : l’ambiance surannée d’un univers engoncé dans ses principes côtoie l’interdiction, le secret, la liberté incarnée par cette jeune femme fière d’être orpheline et sans attaches, « d’être née indigente », passionnée de lecture. J’aurais pu m’arrêter là, à cette relation illégitime teintée de résignation ironique, à ces silences torrides, à ces deux êtres que tout oppose réunis par la chair. L’auteur a fait le choix de nous projeter dans le futur de Jane, émettant l’idée que cette journée a bouleversé ses desseins en les rendant exceptionnels puisqu’elle sera écrivain, et je trouve que ça brise un peu ce moment suspendu si plein de charme. L’écriture est belle, aussi sensuelle que les beaux amants, aussi serpentine que les pensées cachées des protagonistes. En bref, j’ai adoré ce court roman et, même si j’apprécie beaucoup Downton Abbey, je trouve un peu réducteur de comparer ce texte magnifique à la série.

 

 

Lorsque Jane s’en va, nue, parcourant couloirs, hall et chambres : « Elle n’avait rien de particulier à faire, sauf dans la chambre du premier où ce qu’elle avait à faire était déjà fait. Et pourtant, d’une manière générale, sa tâche incontestable semblait consister à imprégner de sa présence, intruse et dévêtue, cette maison, qui était sienne sans l’être. Elle s’exécuta donc. Glissant de pièce en pièce. Elle regarda, mémorisa, mais, en secret, laissant aussi une part d’elle-même. Se dire que, si choquante que fût sa visite – elle était à poil ! -, personne ne saurait ni ne devinerait jamais qu’elle avait été ici semblait lui donner des ailes. Comme si sa nudité lui conférait non seulement l’invisibilité, mais aussi l’impunité. »

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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 16:30

 

   

               En Espagne, El Paraiso, le Paradis, est un bar de prostituées. Et c’est là qu’Augustin Mirales a rencontré une Équatorienne dont il est tombé amoureux, Maria-Auxiliadora. Le problème, c’est que celle qui se faisait appeler « Shakira » a disparu. Augustin n’y va pas par quatre chemins, il fait enlever la fille du patron de la boîte et réclame qu’on lui rende son Équatorienne. Augustin est intrinsèquement un gentil mais, par amour, il est prêt à tout. Il se trouve qu’il est bien organisé face au gérant de la boîte, gros costaud et entouré, comme il se doit, d’hommes et de femmes de confiance.

            Même si j’adore Zidrou, j'ai trouvé le scénario un peu trop rudimentaire, teinté de déjà-vu. L’histoire se finit bien, à la manière d’un conte de fée pour cette prostituée qui est réellement aimée. Heureusement que les personnages sont riches en contrastes et surprennent le lecteur. Les dessins, à l’image de l’univers sordide, utilisent des couleurs froides et des formes géométriques. Malgré l’univers « chaud », ça fait froid dans le dos. Ce n’est donc pas le meilleur de Zidrou mais une lecture sympathique finalement un peu optimiste et qui fait référence, de temps à autre, ô surprise, à Antigone ! Mais vous l’aurez compris, elle n’est pas à mettre entre toutes les mains.

 

« 15/20 »

 

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 11:41

 

                Ludivine, qui préfère se faire appeler Louvine parce qu’elle aime hurler comme les loups, souffre de légers retards. A 17 ans, elle est très lente, souvent terriblement indécise face aux choix les plus simples ; elle a du mal à compter et à se projeter dans le temps. C’est pour toutes ces raisons qu’elle fait honte à ses parents et qu’elle va dans un « lycée pour débiles ». Un soir, en sortant du bus, elle se sent suivie. Elle réussira à entamer une maigre conversation avec celui qui s’appelle Mathis et qui ne distingue pas les couleurs. D’autres soirs, dans cette région où il fait toujours si froid, vont rapprocher les deux jeunes et créer une belle histoire d’amour, de celles qu’on qualifie d’ « impossible ». Contre les chiens et les adultes bien-pensants, Louvine et Mathis choisissent de s’unir, là où, pensent-ils, personne ne viendra les chercher. Au milieu du lac gelé, la nuit.

               Ce court texte touchant raconte avec simplicité et pudeur un amour entre deux êtres que la société détruit certainement. C’est Louvine qui s’adresse à Mathis, à lui seul. Ils se trouvent, se retrouvent et s’aiment avec un naturel désarmant. J’ai beaucoup aimé ce petit roman très fort qui me réconcilie avec la littérature jeunesse. Merci à mes bienfaiteurs, au binôme Noukette Jérôme !

« J’ai compris que tu aimais les oiseaux, que tu aimais la forêt, que tu n’étais pas de ceux qui couraient le week-end après du gibier et armés d’un fusil. J’ai eu envie de pleurer et de rire en même temps. Je ne savais pas que ce genre de garçon existait, et que les filles n’étaient pas forcément du gibier. »

« Au village, les gens guettent. Ensuite, sur le chemin qui mène à la combe, il n’y a jamais personne. Alors tu venais près de moi et moi près de toi, et j’avais attendu ça toute la journée et toi aussi. J’enlevais le gant de ma main gauche, et toi le gant de ta main droite, nos mains se touchaient, très chaudes. Après, on s’embrassait, vite, longtemps, ça dépendant du temps. Il faisait froid dehors, et chaud entre nous deux. Tu ne parlais pas beaucoup, entre deux baisers. »

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23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 23:18

 

L’amie prodigieuse tome 3.

           Le hasard a fait que j’ai attendu moins de temps que ce que j’avais prévu entre la lecture du et du 3è tome.

           Elena vient de sortir son premier livre - écrit presque d’une traite, facilement – et qui connaît une belle célébrité et une critique favorable. Fiancée à l’intellectuel Pietro, elle revient dans le quartier napolitain de son enfance et y retrouve, entre autres, Lila. Cette dernière élève son fils Gennaro avec l’aide du dévoué Enzo, tout en accomplissant un boulot d’ouvrière dans l’usine du copain de Nino qui, non seulement, exploite ses employés mais se montre aussi des plus entreprenants avec la toujours séduisante Lila. Si les jeunes femmes sont à un tournant de leur vie, l’histoire de l’Italie, à la fin des années 60 et au début des années 70, se retrouve également chamboulée par des soulèvements, des meurtres ayant pour objectif de dénoncer les conditions de travail des ouvriers mais aussi de prôner le féminisme, de libérer la femme. Apparaît alors la pilule, et avec elle, quelques débauches assumées par de jeunes femmes qui se veulent libres, dont ni Lenù, ni Lila ne font partie.

           C’est donc une Elena pimpante et victorieuse qui revient dans le quartier de son enfance, et on l’appelle à l’aide parce que Lila semble avoir perdu la tête. Lila va se confier, peut-être une dernière fois, et montrer de petites faiblesses qu’on ne lui soupçonnait pas. Ensuite, Elena va fuit et se marier, trouvant peu de réconfort dans sa nouvelle vie bien rangée, s’éloignant très rapidement de celui qu’elle pensait aimer. Lila va, au contraire, s’installer dans le quartier de son enfance, s’allier avec les Solara, cette famille malhonnête et corruptrice, et se former aux machines IBM, ancêtres de nos ordinateurs.

           Si j’ai bien aimé les histoires d’enfants du premier tome, je me suis ensuite prise de passion pour les amitiés et les amours de Lila et Lenù dans le 2è et j’ai totalement adoré ce 3è opus, beaucoup plus dense, plus riche que les précédents : sans répit, l’auteur nous emmène dans la petite et la grande Histoire, il nous propose deux parcours de vie : celui d’Elena, fille plus réservée qui, malgré ses études et la publication de son livre, se retrouve vite cantonnée au statut de mère de famille ; et celui de Lila, fantasque et toujours imprévisible, souvent au bon endroit au bon moment, capable de saisir la moindre opportunité même si elle doit, pour cela, mettre ses principes de côté, éloigner son fils. Chaque page est une surprise, douce ou violente. Ça foisonne de rencontres, de ruptures, de retrouvailles, de mensonges, de féminisme. Ce monde anti-manichéen passionnant décrit de manière si subtile les relations humaines si complexes que je brûle d’impatience de lire le dernier volet de cette saga inoubliable.

 

Lila à propos d’Elena et elle : « On a fait un pacte, quand nous étions petites : la méchante, c’est moi. »

Quand Elena fait le portrait de Lila : « Hurler et se déchaîner contre les autres, faire payer à tout le monde sa propre incapacité à trouver un équilibre. »

Elena de Lila : « même lorsque je vivais dans d’autres villes et que nous ne nous voyions presque jamais, même lorsqu’elle ne me donnait pas de nouvelles selon son habitude, et que je m’efforçais de ne pas lui en demander, son ombre me stimulait, me déprimait, me gonflait d’orgueil ou m’abattait, sans jamais me permettre de trouver l’apaisement. »

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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 22:09

 

 

         Ah je l’attendais ce tome 3 ! je l’ai même laissé un peu reposer comme on laisse macérer un rhum arrangé pour mieux le savourer !

        1992 : la 4L a servi trente ans, il est temps de la revendre à un collectionneur ; cette voiture rouge nommée « Mam’zelle Estérel » a emmené toute la famille bourlinguer en été. Ahhh trente ans d’amour et d’escapades, ça mérite bien un petit retour en arrière : Nous sommes en 1962, en Belgique. Dans les oreilles : « Let’s twist again », « Tous les garçons et les filles » et « Les Bourgeois ». Les valises sont prêtes, maman allaite la petite dernière, sa mère, Mamyvette, époussette une derrière fois le living de la salle à manger, le papa Pierre vient de boucler l’encrage de sa dernière BD et c’est partiii… Enfin, le mot vacances ne revêt pas le même sens chez tout le monde : alors que Mado et Pierre souhaiteraient vadrouiller au petit bonheur la chance, camper deci delà avant de se poser dans le bassin méditerranéen, Mamyvette la super organisée a réservé un hôtel à Saint-Étienne. C’est grâce à son Guide Michelin infaillible qu’elle a trouvé « Au Fier Brusseleir » établissement géré par un Belge mais elle a aussi le don de dénicher les églises à visiter. La vieille dame sèche qui sait tout ne laisse aucune place au hasard. Gros-Papy s’en fiche un peu, il a survécu à une attaque cardiaque l’an dernier, tout ce qu’il espère c’est que, malgré ses restrictions, il pourra grappiller quelques frites et poursuivre sa vie parfaitement oisive.

       Saint-Étienne pour les vacances, ce n’est pas le rêve mais entre la fête nationale belge (quel dépaysement !), les confidences familiales, les disputes et les câlins, le séjour se passe et le retour est égayé par une pause à la baraque à frites (le cuistot belge de l’hôtel a quand même fait croire qu’il n’avait plus de frites pour ne pas tenter Gros-Papy). Mado et Pierre, frustrés, campent avec leurs enfants dans le jardin, sous la pluie.

       Il est encore une fois totalement jouissif de retrouver cette famille partie sur la route des vacances ! Un esprit de légèreté et un air de liberté prennent immédiatement le lecteur par la main pour nous emporter dans un univers de tendresse. Oui, je deviens lyrique mais cette série, sans être mièvre pour un sou, nous fait sourire, nous met du baume au cœur en réveillant même quelques souvenirs (pourtant je n’étais pas née, en 1962 !) Cerise sur le gâteau, un tome 4 est prévu et il se passera en 1980 !

« - Dis, Gros-Papy, pourquoi t’es crès crès gros ?

  -  C’est parce que je suis rempli de souvenirs, c’est pour ça. »

     « Vieillir, c’est comme conduire une voiture : on a beau savoir qu’il faut regarder a route devant soi, on ne peut pas s’empêcher de zieuter tout le temps dans le rétroviseur ! »

« Ces moules ont vécu des années sans côtoyer la moindre frite et ne s’en sont pas portées plus mal pour autant ! »

      « On a beau dire... ne rien faire, c’est encore ce qu’il y a de mieux à faire ! »

 

« 19/20 »

 

Le tome 1 - le tome 2.

 

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