20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 10:30

                                
 

               Dans ce second et donc dernier tome du diptyque, on retrouve Gaja dix ans plus tard. Elle est une belle jeune femme hélas toujours isolée du monde à cause de son œil droit difforme. Elle vit toujours avec son père, aussi mauvais et ruiné que dix auparavant, et se console de l’entourage de ses poupées à qui elle parle comme lorsqu’elle était une fillette.

             Un voile élégant masque son œil droit quand elle sort de chez elle. Ses poupées ont du succès mais sa propriétaire aussi et de nombreux hommes la courtisent jusqu’à qu’elle se dévoile et leur montre sa malformation qui les fait tous fuir. Tous sauf un. Un peintre prénommé Sébastien tombe amoureux de Gaja tout en sachant qu’elle a un physique particulier. Connaissant les mensonges dont sa mère a été victime, la jeune femme a un mal fou à lui faire confiance. Son père, par peur de se retrouver complètement seul, crée un quiproquo qui éloigne Gaja du jeune homme. Pas un mot sur la fin tout à fait réussie.

                J’avais trouvé le premier tome assez classique dans son scénario, cette suite a réussi à me captiver et à me surprendre. Les auteurs travaillent le thème du rejet et de la différence avec brio, montrant une Gaja presque magique, supérieure aux autres. Les tons rouges et violets dans un univers dix-neuvièmiste m’ont séduite et j’aurais apprécié d’en découvrir davantage. 

 

18/20 

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 16:53

                 

 

                       C’est en peaufinant une séquence sur Vendredi ou la Vie sauvage de Tournier que je suis tombée sur ce roman qui est également une réécriture du mythe de Robinson.

                          Au-dessus de l’océan Pacifique, un avion se crashe avant de s’enfoncer dans l’eau. Des 56 passagers, 54 ont survécu au choc. Grâce au radeau pneumatique, ils arrivent à regagner l’île la plus proche. Les rescapés finlandais et suédois sont principalement composés de sages-femmes et de bûcherons mais c’est un journaliste qui est le narrateur.

                      Se construire une cabane, chasser le sanglier, se confectionner de la corde, pêcher, essayer de recueillir le sel de la mer sont des activités qui pourraient sembler banales et évidentes pour des rescapés. C’est sans compter l’humour de Paasilinna ! En effet, certains mettent en place une distillerie et installent une buvette sur la plage, d’autres utilisent à bon escient le stock de stérilets que les sages-femmes entreprennent de poser à de jeunes et moins jeunes filles. Débarque aussi un Vendredi peu ordinaire puisque c’est un déserteur indonésien (car le centre de l’île, inaccessible, est en guerre). Les singes deviennent des animaux domestiques, des couples se forment et on ne se trouve pas si mal sur cette île au bout de quelques mois… Pourtant, certains éprouvent le désir de retrouver leur famille européenne et se mettent à débroussailler un SOS géant dans la jungle avant de l’incendier pour qu’il soit visible des satellites… et ça marche !

                     Beaucoup d’invraisemblances, une pointe de parodie, des pistes de réflexion sur la vie en société mais un très bon moment de divertissement. Dommage que le style soit un peu faiblard.

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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 16:45

Ça fait très longtemps que j’avais été attirée par la couverture de cette BD pour la beauté de ses dessins.

Gaja est une petite fille qui n’est pas gâtée par la nature, elle est née avec une partie du visage déformée. Sa mère, malade, est tenue loin d’elle, et son père, un arriviste cupide, la déteste. Gaja trouve ainsi consolation et tendresse dans ses poupées. De jolies poupées cousues par sa maman et qu’elle possède par dizaines. Elle leur parle, elle ne parle d’ailleurs qu’à ses poupées. Les enfants de l’école la rejettent, elle doit quitter l’école. Son père la traite de monstre, de « caprice détraqué de la nature » et il réussit à se débarrasser de sa femme dont il n’aimait que la fortune. A la mort de son épouse, le cruel Monsieur Perron n’hérite pas, à sa grande surprise. C’est à Gaja que reviennent tous les biens de la mère. Il la hait encore plus.

Les dessins ne m’ont pas déçue, très raffinés, ils fourmillent de détails et de couleurs travaillées et m’ont fait penser aux œuvres d’Almanza avec ce brin de gothique.  La laideur de Gaja devient presque un signe de beauté.

J’ai un peu été déçue par l’aspect caricatural des personnages, le père méchant et cupide, la mère douce et naïve… mais je crois que l’album est à lire comme un conte qui, de toute manière, est destiné à des (grands) enfants.

Une jolie découverte qui a une suite que je vais me dépêcher de lire !

 

 

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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 22:06

Après avoir aimé Opération Sweet Tooth et adoré Sur la plage de Chesil, j’aurais vraiment aimé crier que Ian McEwan est mon nouveau dieu. Eh ben non.

Michael Beard est un chercheur, un physicien spécialisé dans le réchauffement climatique. Il a même obtenu le prix Nobel. Mais il n’est pas que cela, il est aussi… un homme, un homme dans toute sa splendeur : il mange trop et boit trop, ne pratique aucun sport, courtise autant de femmes qu’il y a de jours dans l’année en leur faisant pourtant des promesses qu’il a parfois l’audace de tenir (il a été marié cinq fois), il n’hésite pas à escroquer un collègue en usurpant la paternité d’un super projet, il devient papa mais néglige sa petite fille de trois ans, il n’a ni scrupules ni remords…

Je me suis bien trop souvent ennuyée lors de cette lecture qui allie réchauffement climatique (avec des détails techniques dont je me serais bien passée, je ne suis qu’un pauvre pseudo littéraire, moi…) et décrépitude d’un homme à qui on mettrait bien quelques paires de claques. Oui, c’est du second degré mais ça ressemble à du déjà vu (La vie en sourdine de David Lodge par exemple) en moins subtil et ça m’a beaucoup déçue.

Quand je m’ennuie, j’aime bien repérer des bourdes d’écrivain. Ainsi, la petite fille de trois ans de Michael répond-elle au téléphone « Tu es dans ton lit, parce que tu as une vois rauque. » Sans évoquer la syntaxe et la prononciation parfaites, une gamine de trois ans connaît l’adjectif « rauque » ?  Michael adore manger des cochonneries, des trucs bien gras et pas diététiques du tout. Si jamais le lecteur n’avait pas bien compris, Ian McEwan en remet une couche à la toute fin du livre avec ce repas au restaurant qui a même réussi à m’écœurer, moi, la gourmande que je suis : « son entrée arriva : des losanges de fromage orange plongés dans de la pâte à beignets, puis roulés dans le sel et la chapelure avant d’être frits, et servis avec une sauce crémeuse d’un vert très pâle » suivie du plat principal : « Quatre blancs de poulet sans la peau, entre lesquels étaient intercalés trois steaks minuscules, le tout entouré de bacon, nappé d’une sauce au fromage et au miel, et accompagné de pommes de terre au four grillée, elles-mêmes fourrées de beurre et de fromage à la crème. »

 

Remarquez, le bouquin qui suit la lecture du grandiose Confiteor n’avait aucune chance, c’était perdu d’avance…

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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 21:25

Avec les enfants, nous lisons souvent des Yakari et ces lectures ne valaient pas, pour l’instant, un billet. Mais ce tome-là, le 25ème de la série, est différent et mérite qu’on s’y attarde un peu.

Un vieil Indien, Celui-qui-sait, explique à Yakari que les oies sauvages vont bientôt arriver, la tribu étant sur une de leurs voies de passage. Leur venue annonce bien évidemment le retour des beaux jours. Alors que Yakari et son cheval Petit Tonnerre font connaissance avec les oies, ils remarquent qu’une oie s’est isolée sur le haut d’une falaise. Pourquoi ? Elle grattait, elle grattait à chacun de ses passages pour mettre à nu le fossile d’un fantastique oiseau préhistorique. Intrigué par ce très grand oiseau aux si petites ailes, Yakari demande au magicien Nanabozo d’intercéder : rien qu’avec un petit « Pop », voilà nos amis au temps de la Préhistoire.

Dans une forêt tropicale chaude et humide, Petit Tonnerre va faire la connaissance de ces ancêtres, de tout petits chevaux zébrés, les Eohippus. Yakari sera effrayé en buvant l’eau d’un lac en découvrant l’ancêtre du crocodile. Et enfin, ils vont tous rencontrer le Diatryma qui se révèle être l’aïeul lointain de l’oie. Menacés par la lave d’un volcan (et c’est ainsi qu’ils comprendront ce qu’a tué le Diatryma), nos amis, sur un petit « Pop », retournent dans le monde actuel.

Cette histoire fait rêver (peut-être que je ne suis pas objective car j'ai toujours été fascinée par les migrations des oies), elle est simple à comprendre et tout à fait accessible aux enfants de plus de sept ans. Ma demoiselle de 5 ans 1/2 a adoré, elle aussi.

 

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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 18:38

Le roman commence ainsi : « Ce n’est qu’hier soir, alors que je marchais dans les rues trempées de Vallcarca, que j’ai compris que naître dans cette famille avait été une erreur impardonnable. »

Un vieil homme, atteint par la maladie d’Alzheimer, entreprend de raconter, dans une longue lettre, sa vie, son parcours, ses amours. Cette lettre, qui deviendra ce livre, est destinée à l’amour de sa vie, Sara, et c’est son meilleur ami, Bernat, qui fait figure d’intermédiaire.

 Barcelone dans les années 50. Adrià Ardèvol est un enfant doué, surdoué même. Il apprend différentes langues à la vitesse de la lumière. Pourtant, sa vie n’est pas aisée : son père est sévère et exigeant avec lui, sa mère ne montrant pas plus d’affection envers son fils, souhaite qu’il devienne un violoniste professionnel. A la mort de son père, l’adolescent comprendra progressivement que son père était un escroc, un voleur. En effet, Félix Ardèvol tenait une boutique d’antiquités dont la plupart des trésors avaient été acquis de manière frauduleuse.

Il est difficile voire impossible de résumer un tel livre qui, la quatrième de couverture l’explique très bien, « défie les lois de la narration ». Non seulement la trame n’est pas linéaire mais les contours de cette autobiographie ne sont pas nets non plus, Adrià s’exprime tantôt à la première personne, tantôt à la troisième ; dans une même phrase, il passe du présent d’énonciation au passé plus ou moins lointain. Un violon très précieux, un Storioni, constitue un des personnages centraux du roman, il nous guide à travers les âges et les lieux, de l’Italie du XVIIIème siècle à Auschwitz en passant par la dictature franquiste et un petit salon bourgeois barcelonien… D’autres objets revêtent une grande importance : un morceau de linge usé, une médaille.

N’ayons pas peur des mots, ce livre est un chef-d’œuvre. D’une richesse, d’une intelligence rares, il est difficile à lire à plusieurs égards : la trame narrative malmène le lecteur (j’ai fait l’erreur d’emporter le roman en vacances et c’est tout sauf une lecture de plage !) mais les sujets traités sont également poignants : la mort, la maladie, les camps de concentration, le mal et surtout le rapport entre l’homme et le mal. Ponctué par des pointes d’humour et d’auto-dérision, ce livre érudit au style remarquable, reste fluide et très agréable à lire.

Lire ce roman, c’est un peu comme être face à un océan déchaîné, on observe, on admire, on se tait. Je sais déjà que les livres que je lirai après celui-là me paraîtront fades. Un monument, une somme, un classique, un bouleversement littéraire… il est temps que je me taise !

 « Si bien que j’étais un enfant unique observé par des parents avides de voir leur fils intelligent faire des étincelles. Ceci peut être le résumé de mon enfance : la barre très haut. »

« Un livre qui ne mérite pas d’être relu ne méritait pas davantage d’être lu. »

 

« l’œuvre d’art naît de l’insatisfaction ; le ventre plein, on ne crée pas d’œuvre d’art, on fait la sieste. »

 

Et voilà le génie  : 


 

 

Avec ses 772 pages, c'est mon deuxième pavé de l'été pour le challenge de Brize

Pavé 2014

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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 09:39

Troisième opus pour cette très belle série qui comporterait une suite, comme le suggère la dernière planche de l’album.

Tim Bishop retrouve l’Indien blessé et abandonné par Margot. Celui-ci raconte son histoire, il n’a pas grand-chose du véritable Indien puisqu’il a été élevé dans le Nouveau Mexique. C’est tout à fait par hasard qu’il s’est trouvé à la merci des bandits mexicains. Tim comprend qu’il y a « un problème d’identité dans ce pays » quand il découvre un Noir dans une réserve d’Indiens.

Margot détient les précieux documents et a trouvé refuge dans un orphelinat dirigé par des bonnes sœurs blanches. Jouant à la pauvre femme bafouée par son mari, elle se prend pourtant d’affection pour une petite Indienne nommée Lucille… ce qui est étonnant ! Elle lui offre un petit miroir qui va permettre à la fillette de mettre le feu aux bâtiments alentours. Oui mais c’est aussi cette fumée qui va attirer Byron et ses nouveaux amis indiens. Après avoir arrêté Margot, les militaires américains s’en prennent à Byron et Hogaard. Margot s’enfuit avec Lucille mais une Indienne, amie de Byron, stoppe le train (oui, encore une fois), vole les documents et emmène Lucille. Hogaard, quant à lui, est pris d’une furieuse envie d’indépendance … et de vengeance.

La donne est bien différente dans ce dernier tome. Margot, dont on ne connaît toujours pas le passé, semble éprouver des sentiments de compassion et de tendresse pour la petite orpheline, Lucille, et c’est nouveau. Les Indiens se sentent de plus en plus mêlés à cette histoire de papiers qui pourraient modifier l’avenir des Etats-Unis et il est également question du Spider Rock, ces deux longues aiguilles rocheuses qui symbolisent la culture navajo. Le rocher a pris le nom d’une déesse vénérée par les Indiens, Spider Woman, qui protège le peuple navajo. Le sous-titre pourrait aussi faire référence à Margot qui, par son charme et son hypocrisie, emprisonne tout le monde dans ses filets.

C’est encore un bien bel album, riche et coloré. On ne s’ennuie pas une seconde, entre légèreté et sujets plus graves, la série est une très belle réussite que je conseille vivement… même à ceux qui ne sont pas fanas des BD. A quant le tome 4 ?

« Si un jour un Noir devient président des Etats-Unis, ce ne sera probablement pas à coups de revolver… Ha ha ha, un président noir ! voilà bien une idée d’avocat ! »

 

»   19/20   »

 

Bonne rentrée à tous !!!

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 21:51

Ah la laaaa, où avais-je donc pêché l’idée de lire ce livre de 950 pages ?

Tout démarre un beau matin de printemps 1540 alors que Mattias Tannhauser essaye de venir à bout de la fabrication d’une dague à la forge de son père, quelque part dans la vallée des Carpates. A douze ans, Mattias assiste au massacre de sa famille par les troupes ottomanes qui finissent par enlever le garçon. Après avoir fait partie de l’élite militaire turque entièrement dévouée au sultan, Mattias se reconvertit dans le commercer d’opium et d’armes. La Valette, le Grand-Maître de l'ordre des Hospitaliers, fait cependant appel à lui en 1565 pour la défense de l’île de Malte, menacée d’invasion par les Turcs. En parallèle, une magnifique jeune femme va également demander de l’aide à Mattias : elle voudrait récupérer le fils qu’elle n’a pas connu et qu’on lui a volé, douze ans auparavant, à sa naissance. Oui, mais le papa de ce fiston délaissé à Malte n’est autre que Ludovico Ludovici, légat personnel du pape Pie IV et toujours amoureux de Carla même s’il lui a préféré l’Inquisition. Rajoutez à cela des personnages secondaires colorés : Amparo, l’amie très proche de Carla, un peu simplette mais très belle aussi (Mattias sera un peu amoureux d’elle et va lui prouver – physiquement – à maintes reprises, savamment décrites dans le roman…), Bors, l’ami fidèle de Mattias, prêt mourir pour lui. Ça éclate de partout, c’est vif, remuant, sanglant, bouillonnant…

Au final, que retiendrai-je ? Le contexte historique, sans aucun doute, les batailles d’une violence inouïe (les têtes volent allègrement – au sens propre du terme -  des bassines sont remplies de membres amputés, les soignants rentrent les tripes des malades dans leur bide comme des femmes qui s’efforcent à faire entrer un foulard un peu trop grand dans un sac un peu trop petit…), l’histoire d’amour (heureusement qu’elle est présente, et bien présente, à la manière d’une rose éclatante de blancheur sur un tas de fumier puant) complètement romanesque entre Mattias et la belle et sage Clara qui pourtant laisse une place à la douce et folle Amparo. Ça peut paraître complètement péjoratif, ça m’a fait penser à un feuilleton télévisuel d’été, une histoire aux multiples rebondissements avec drames et tragédies à la clé et l’amouuuur qui couronne le tout. Les bestialités en plus. Et pourtant, j’ai pris goût à tout ça, je me suis attachée aux personnages et malgré le manque de crédibilité de certains événements, je me suis laissée entraînée dans cette musique maltaise ensorcelante.

Cette longue lecture me permet de participer au challenge de Brize, "Pavé de l'été" et m’a fait prendre conscience (en avais-je vraiment besoin ?) que les bons gros livres, y’a que ça de vrai pour s’éloigner, s’évader d’un quotidien parfois morose. Et très bientôt, un autre pavé !!!

 

 

La rencontre Mattias - Carla : « Ses traits étaient clairs et dessinés, ses iris verts et comme encrés d’un fin cercle de noir. Malgré son nom, elle n’avait pas l’air française, mais possédait la stature d’une Sicilienne. Ses cheveux étaient de la couleur du miel, et traversés de mèches plus jaunes, comme si l’un des conquérants normands avait laissé des traces dans son sang. Ils étaient ramenés en une tresse nouée sur son crâne, mais si on leur rendait leur liberté, ils descendraient en cascade d’or. Malgré ses efforts, les yeux de Tannhauser revinrent vers son buste. La robe était attachée sur le devant par un ingénieux système de crochets et de boutonnières et venait soutenir ses seins – qui étaient de taille modeste et d’une blancheur frappante – en deux hémisphères exquis. Ces hémisphères étaient séparés par une fourche dans laquelle il aurait été heureux de tomber pour l’éternité. »

Pavé 2014

 

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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 09:05

Deuxième opus de cette série aux allures de western. Ne lisez pas les deux paragraphes qui suivent sans avoir lu le premier tome.

On avait laissé l’avocat Byron et son client Hogaard à moitié morts, perdus dans le désert d’Arizona. La très sensuelle Margot avait, quant à elle, prit le parti de suivre celui qu’elle appelle un « jeune blanc-bec aussi bête que maladroit », le très naïf Tim Bishop. Hogaard et Byron sont vite sur pied et l’Indien, loin d’être idiot, a pris Margot en otage en laissant Tim ligoté à un rocher.

L’intrigue n’avance pas énormément dans cet album destiné à expliquer le passé. Les flashbacks nous racontent comment  Margot et Byron Peck se sont rencontrés. Margot, intelligente et incroyablement belle est aussi une femme rusée et très cupide. Byron, suite à une affaire juridique qui a mal tourner, s’est vu poursuivre par la famille Cole qui n’a eu de cesse de chercher à le tuer. D’où le désamour de Byron pour les armes à feu. Hogaard est venu voir Byron pour lui demander de l’aide dans une histoire d’anciens papiers. N’ayant pas d’argent, la grosse brute danoise a proposé de devenir son secrétaire. Contre toute attente, Byron fait une découverte surprenante dans les vieux papiers de famille : une correspondance entre un ancêtre ambassadeur et James Madison, le père de la constitution américaine, celui qui à l’origine du deuxième amendement qui autorise le port d’armes aux Etats-Unis. James Madison y montre de telles réticences qu’elles peuvent changer le cours de l’histoire. Byron y voit un grand progrès pour l’avenir des Etats-Unis ; Margot, quant elle apprend cela, y voit un moyen de faire chanter les fabricants d’armes et d’obtenir beaucoup d’argent. C’est ainsi qu’elle tente de se débarrasser de Byron, trop honnête à son goût, et de Hogaard qu’elle a choisit pour amant pour s’attirer ses faveurs.

A la fin de l’album, on retrouve nos deux compères dans leur carriole : « Ce sentiment de déjà vécu a quelque chose de tout à fait oppressant. C’est toujours angoissant, la circularité » affirme même Byron… mais on sent bien que les choses vont évoluer et que leur rencontre va, au mieux changer le cours de l’Histoire, sinon changer le cours de l’histoire …

Excellent ! Cette BD a tout pour plaire, la précision des dessins (colorés comme j’aime) nous permet un voyage spatio-temporel, l’intrigue est prenante, le rythme haletant et les personnages, cette garce de Margot y compris, fort attachants. Le petit plus, c’est cette pointe d’ironie, ce don de la caricature qui donne le sourire au lecteur.

 

 

»   19/20   »

 

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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 10:01

Ce court roman est l’histoire d’un meurtre. Le personnage principal et narrateur, Juan Pablo Castel, explique comment il en est arrivé à tuer celle qu’il aimait, Maria. Peintre incompris, Castel tombe amoureux, à Buenos Aires, d’une jeune femme qui a su s’intéresser à un détail de son tableau « Maternité », une petite fenêtre d’où on voit « une scène dans le lointain : une plage solitaire et une femme qui regardait la mer. » Après avoir longuement observé l’inconnue, Castel la perd de la vue mais la retrouve quelques jours plus tard. Maria aussi éprouve une attirance pour Castel, elle lui avoue à demi-mots. Mariée à un aveugle, Allende, elle ne peut s’offrir complètement à son nouvel amant qui s’interroge, se demande s’il n’est pas le seul avec qui elle couche, jalouse son mari puis ce cousin Hunter qu’elle voit régulièrement. Chaque réponse est analysée, chaque petit mystère devient source d’angoisse pour le personnage qui finit par poignarder celle qu’il a adorée.

Fin roman psychologique, le livre décortique l’âme humaine, les tourments d’un être qui a peur ne pas être aimé, mais peint aussi un homme qui, rongé par la jalousie, devient tout simplement malade. De nombreuses références me sont venues très vite à l’esprit : Javier Marias qui lui aussi a le souci du détail avec un cadre un peu étrange aussi, les mêmes circonvolutions des pensées du personnage central. Maupassant n’est pas loin dans cet affleurement de la folie. C’est bien fichu dans le sens où on s’identifie parfois au personnage puis on s’en éloigne par rapport à son aliénation.

Le tunnel  écrit en 1948 ( !) est le premier volet d’une trilogie. Ironie du sort ? Ernesto Sabato, mort à quand même 99 ans, en 2011, était atteint d’une grave maladie oculaire.

 « Sur une planète minuscule qui court vers le néant depuis des millénaires, nous naissons dans la douleur, nous grandissons, nous luttons, tombons malades, souffrons, faisons souffrir, nous crions, nous mourons : on meurt et, au même moment, d’autres naissent pour recommencer l’inutile comédie. »

 

A méditer !  « en passe de mourir de faim on accepte n’importe quoi, sans poser de conditions ; mais ensuite, une fois que les besoins les plus impérieux ont été satisfaits, on commence à se plaindre, et sans cesse davantage, des défauts et inconvénients de la nourriture. J’ai vu ces dernières années des immigrants qui arrivaient avec l’humilité de ceux qui ont échappé aux camps de concentration ; ils acceptaient n’importe quoi pour vivre et s’acquittaient avec joie des travaux les plus humiliants ; mais il est assez étrange qu’il ne suffise pas à un homme d’avoir échappé à la torture et à la mort pour vivre content : dès qu’il commence à acquérir une nouvelle assurance, l’orgueil, la vanité et la prétention, qui apparemment avaient été annihilés pour toujours, se mettent à réapparaître en lui comme des animaux qui se seraient enfuis sous le coup de la peur ; et, d’une certaine façon, à réapparaître avec plus d’agressivité, come s’ils avaient honte d’être auparavant tombés si bas. »

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