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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 20:27

 

 

           Découvert en livre audio, ce roman m’a permis de colorer, encore une fois, mes longs trajets en voiture. 18h23 d'écoute, c'est parfait pour se changer les idées !

            Lula Landry est un très célèbre mannequin londonien. Noire, elle a été adoptée petite. Poursuivie par les médias, elle vit une histoire d’amour mouvementée avec un acteur à la mode… jusqu’au jour où elle est retrouvée sur le trottoir, sous la fenêtre de son luxueux appartement. Elle se serait suicidée en se jetant du balcon du troisième étage.

            John Bristow, le frère adoptif de Lula ne se satisfait pourtant pas de la thèse du suicide. Il veut en savoir plus et recourt aux services d’un détective privé, Cormoran Strike. D’une certaine manière, cette affaire tombe à pic pour le détective qui s’apprêtait à mettre la clé sous la porte. En faillite, brisé par une rupture amoureuse, Cormoran doit également vivre avec une prothèse, ayant perdu une jambe à la guerre. Sa secrétaire intérimaire qui débarque, Robin, s’avère être un point fort : efficace et intéressée, elle se montre très vite compétente.

             L’enquête est bien menée, les personnages hauts en couleurs et l’immersion dans cette high society londonienne est tout à fait délicieuse. Sans être extrêmement surprenant (j’avais trouvé le nom du meurtrier depuis belle lurette), c’est un bon polar, de facture classique, qui fleure bon Agatha Christie ou encore Elizabeth George. En version papier, je crois que certains passages m’auraient paru légèrement trop longs mais grâce à la très bonne lecture de Lionel Bourguet, ce fut un réel plaisir. J’ai adoré les protagonistes, à savoir Cormoran et son assistante de choc, Robin, qu’on devrait retrouver dans la suite, Le vers à soie, paru en octobre 2014. A quand la sortie en livre audio ?

           C’est sous ce pseudonyme, Robert Galbraith, que J.K. Rowling a publié ce roman policier en 2013.

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 15:53

 

          Le hasard a encore une fois bien fait les choses. Cette première de couverture farcie de gens qui font la tête m’intriguait.

          Cet album est dédié aux malheurs de la vie, à l’ironie du sort, aux tournures fâcheuses que peut prendre l’existence de chaque homme. En deux temps trois mouvements, les auteurs se moquent de nos travers, les amplifie, et on obtient une vision satirique bien désastreuse sur la condition humaine, et pourtant c’est très drôle. Quelques exemples :

  • Un petit marchand de légumes vend ses biens dans une camionnette. Une case plus loin, il se pose dans une petite boutique, avant de s’agrandir en « Légumes World ». Enfin la marque devient internationale puisqu’elle recouvre camions et avions. Jusqu’au jour où l’homme d’affaires chanceux est victime d’une attaque cardiaque et devient… un légume !
  • C’est un ouvrier qui assemble des pièces de tondeuse… le lundi, le mardi, le mercredi, le jeudi, le vendredi… et qui tond le gazon les samedi-dimanche.
  • On suit un homme à toutes les étapes de sa vie, englouti par la ville, les bruits des rues, la pollution. Il n’a qu’un rêve : trois arbres symbolisant la nature et le calme. Il va les retrouver… quand il sera enterré, au cimetière.
  • C’est un petit Africain, presque nu, qui va remplir sa bassine à l’unique robinet du village. La remplir, il ne pourra pas car seules quelques gouttes en sortiront. La dernière case montre un père de famille qui asperge abondamment ses enfants jouant dans une piscine emplie d’eau.

           De l’humour noir à un cynisme délicieux, en passant par un humour pince sans rire, c’est la brièveté qui crée l’efficacité pour ces histoires très courtes, presque sans texte, dignes de figurer sur le site VDM. On se moque de tout, sans honte aucune, et ça fait du bien !

 

« 17/20 »

 

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 10:27

 

                   C’est par l’intermédiaire d’un sujet légèrement éculé (!) que cet auteur prolifique (que je ne connaissais pas avant cette lecture) crée la surprise.

                  Le narrateur vient de mourir, il arrive aux portes du paradis. Ce n’est pas un moment douloureux pour lui puisqu’il en avait un peu assez de vivre. Ce n’est pas un moment surprenant non plus puisqu’il a l’impression d’être encore sur Terre, dans une sorte de hall d’aéroport, dans une vaste salle d’attente où les guichets auxquels il faut s’adresser sont bigrement nombreux.

                   Les chapitres qui suivent nous ramènent sur Terre, aux côtés de Simon Laroche, un haut fonctionnaire chargé de veiller sur les « libertés publiques ».  Trouvant sa vie très confortable légèrement monotone, marié à une femme qui ne jure que par la diététique et père d’un ado gothique et gauchiste, Simon se divertit en allant sur des sites porno. Sa préférence va au site des « poupées russes » où il aime admirer la sensuelle Natacha. Tout cet équilibre bascule le jour où Simon prononce une phrase malheureuse : «La cause des femmes ! La cause des gays ! J’en ai marre de ces agités qui s’excitent pour des combats déjà gagnés », nous sommes dans une société où cette remarque lui coûte cher.  Le lynchage médiatique que Simon va subir coïncide avec le « grand dérèglement ». En effet, les Terriens constatent un jour, avec effarement, que les mails des boîtes du monde entier ont en quelque sorte été mélangés. Mélangés de manière plutôt judicieuse (ou vicieuse !)  puisqu’une bonne épouse se voit recevoir des mails de la maîtresse de son mari destinés à son amant. Les apparences craquent, on réclame des explications qui n’arrivent pas.

               Bien sûr qu’il y a un lien très fort entre Simon Laroche et ce type fraîchement arrivé dans l’au-delà. La vision du Paradis et de l’Enfer selon Duteurtre est proche de ce qu’on trouve sur Terre. Ce qui ont du pognon peuvent accéder aux piscines des Tropiques, s’allonger sur des transats en sirotant des jus de fruits frais … et s’ennuyer profondément. Les « rejetés », condamnés à l’Enfer, ont droit à une vie archaïque, le tabac et l’alcool y sont autorisés, les repas sont copieux et peu diététiques, les rues sont dangereuses (« cyclistes et piétons ne portent ni casques, ni blousons fluorescents » !), bref, « l’enfer ressemble au temple des paresseux qui n’auront pas assez de l’éternité pour ne rien faire. Ils vivent au jour le jour, selon leur fantaisie, sans guère prendre en compte les intérêts de la société. »

              A travers un récit léger, quelques phrases mordantes et une vision plutôt caustique de la vie (et de la mort !), l’auteur nous propose aussi une réflexion sur notre quotidien, sur la modernité et ses travers, sur la nostalgie du passé bien présente dans le roman sans jamais être étouffante. J’ai beaucoup aimé, j’ai souvent souri, parfois ri et je recommande cette lecture divertissante, déculpabilisante et plutôt jouissive !

 

« L’Enfer est au paradis ce que la préhistoire est à la modernité. »

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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 20:33

 

 

         Voilà, c’est fini… Encore une série que j’achève dans les larmes et la souffrance (mon mari dit que j’ai un petit côté marseillais, naaan, à peine !)

          Manu se sent un peu seul. Certes, Capucine a grandi, elle est maintenant une adorable mignonette, mais elle est très occupée à faire des papouilles à ces pingouins en peluche et à poursuivre le chat (qui va parfois si loin !). Mariette s’affaire avec passion à ses cours à la fac. Alors Manu, en papa solo, gère tant bien que mal le repassage et la cuisine. Il essaye de chercher une nounou pour Capucine mais aucun n’est assez bien pour la mini-demoiselle. Il se change les idées en prenant part aux élections municipales et, attention, même si les Ravenelles est un petit bled paumé, il est aussi question de corruption, de fraude et de diffamation.

            Lorsque le couple Mariette et Manu se remet en question, c’est à cause de l’arrivée du pote Ferri, oui, le scénariste de la BD lui-même. Il se trouve que Mariette rit à ses blagues, le trouve drôle lui, et ça, Manu a du mal à l’accepter. Heureusement que son ermite est toujours là pour lui permettre de prendre de la hauteur (dans tous les sens du terme).

            Au final, une BD attendrissante, attachante parce qu’elle est simple, parce qu’elle nous parle des problèmes quotidiens, parce que le narrateur-personnage principal-auteur sait pratiquer l’auto-dérision avec justesse et raffinement. J’ai l’impression d’avoir encore plus ri pour ce tome que pour les précédents. Ce sont de petits détails qui font le charme de cette BD si humaine, comme la chatière que Manu installe et que le chat refuse de prendre, comme le pull qu’il se commande sur Internet et qui est ridiculement trop grand et trop coloré. Il va me manquer ce Manu Larssinet… heureusement que j’ai encore du Manu Larcenet sous le coude !

 

»   19/20   »

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 15:49

         

 

         Comme son titre l’indique, le roman s’ouvre sur une journée de samedi et se clôt aux premières heures du dimanche, le lendemain. En 2003, à Londres. Pour Henry Perowne, c’est une journée très particulière. Ce neurochirurgien se réveille en pleine nuit, sans raison apparente mais dans un état d’euphorie inexplicable. En regardant par la fenêtre, il aperçoit, au-dessus des maisons de Londres, un avion en feu. Cette image irréelle va le transformer insidieusement et va annoncer une journée étrange. Alors que sa femme et ses grands enfants adultes sont absents de la maison, Henry se prépare pour un match de squash avec un collègue anesthésiste. Sur le chemin, entouré de manifestants (contre la guerre d’Irak), la Mercedes bien confortable du chirurgien heurte une BMW. Cet accrochage bénin va faire voler en éclats une journée qui s’annonçait paisible car les types de la BMW vont vouloir se venger et s’en prendre à toute la famille Perowne.

          Sur fond d’introspection et de digressions, le lecteur accompagne cet homme, Henry Perowne, dans ses hésitations, dans ses inquiétudes mais aussi dans la maîtrise de son travail bien fait, dans sa faculté de pardonner. Alors que ce samedi aurait pu être banal et reposant pour cet homme riche, bien pensant et sommes toutes, heureux, la journée va révéler toute les fragilités de la vie, sa dimension éphémère, voire hypocrite.

           Je ne vais pas tourner longtemps autour du pot : je n’ai pas aimé ce roman. L’intrigue n’avançant pas, les pensées du personnage principal occupent les trois quarts du livre et m’ont souvent profondément ennuyée. Je ne remets pas en cause le talent de l’écrivain qui a su condenser en une journée les tourments et les satisfactions de toute une vie humaine, le lecteur lambda n’éprouve sans doute aucune difficulté à s’identifier au héros. Même si l’atmosphère est sombre, menaçante, des notes d’espoir parsèment le roman (l’extraordinaire amour qui lie Henry et sa femme m’a épatée, je dois bien l’admettre). Pourquoi n’ai-je pas aimé alors ? Les passages érudits (d’un côté la poésie anglaise à travers la fille d’Henry, poétesse ; d’un autre côté les descriptions chirurgicales d’une opération du cerveau … ou encore des pages entières consacrées au match de squash !) m’ont semblé superposés à l’intrigue initiale de manière superficielle. Et puis, je me suis ennuyée, voilà. Je n’ai pas trouvé le suspense dont parle la quatrième de couverture. Tant pis pour moi.

           Après mon engouement pour Sur la plage de Chesil et Opération Sweet Tooth, c’est ma deuxième déception avec Solaire. Je vais donc faire une petite pause avec ce cher Monsieur McEwan.

 

         Un petit passage m’a amusée : le beau-père d’Henry, a pris l’habitude de « payer » les récitations de sa petite-fille : « Partisan de faire travailler la mémoire, il était prêt à y mettre le prix. Shakespeare, Milton, la Bible : cinq livres sterling pour vingt lignes apprises par cœur dans les passages qu’il soulignait. Telle était la condition requise pour bien écrire la langue anglaise, en prose ou en vers. »

 

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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 00:02

 

Parce que Charlie Hebdo aurait dû sortir normalement aujourd'hui, comme tous les mercredis,

parce que j'ai été tellement bouleversée par ces événements d'une absurdité effrayante,

parce mon âme pacifiste a été meurtrie,

parce que j'ai envie de crier encore "Plus jamais ça".

 

A Charb :

A Tignous :

 

A Wolinski :

 

A Honoré :

 

A Cabu :

 

et à tous les anonymes impliqués de trop près ou de très loin....

 

d'autres hommages :

Alias Noukette- Dessins pour se taire

Les Chroniques de l’invisible- La vie de Mahomet

Doucettement- Dessins des auteurs

Fan de Bd- Maurice et Patapon

Lecturissime- Fraternités

Les lectures de Caro- Dessinateurs de presse

Les mots de Mélo- Pandas dans la brume

Petites madeleines- Pandas dans la brume

Promenades et méditations- L’intégrale Beaufs

Une case en plus- L’intégrale beauf

Vdujardin- Les impubliables

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 21:04

 

 

           Ecrite en 1933, cette pièce ne vaut pas La Guerre de Troie n’aura pas lieu écrite deux ans plus tard, disons-le clairement.

            En rase campagne, les rumeurs vont bon train : le maire, le droguiste, l’inspecteur, le contrôleur sont en pleine discussion pour savoir si la remplaçante de l’institutrice, Isabelle, fait correctement son travail. En effet, elle ose emmener les fillettes dans la nature pour leur apprendre le nom des plantes ! Mais les hommes soupçonneux ont d’autres griefs contre la jeune femme : c’est le monde à l’envers dans le village, les enfants battus quittent leur foyer, les épouses quittent leur mari ivrogne, ce n’est plus le plus riche qui gagne à la loterie mensuelle, bref, rien ne va plus et Isabelle est sans doute responsable. Responsable aussi de l’arrivée fréquente et nocturne d’un spectre. En effet, un beau jeune homme vient s’entretenir avec la jeune femme tous les soirs, il semblerait même qu’Isabelle soit tombée amoureuse de lui.

          De prime abord fort surprenante par sa dimension absurde, cette pièce en trois actes se laisse cependant doucettement apprivoiser. Certains passages sont délicieusement lyriques (cette vision de la mort complètement onirique ferait presque envie !), d’autres très drôles, d’une subtilité et d’une dérision rares de nos jours. Les thèmes de l'amour, de la mort mais aussi du conformisme sont traités avec originalité. Première lecture théâtrale de 2015 : réussie !

 

ISABELLE. Cher monsieur le Contrôleur, je me suis  obstinée toute ma jeunesse, pour obéir à mes maîtres, à  refuser toutes autres invites que celles de ce monde. Tout  ce qu'on nous a appris, à mes camarades et à moi, c'est  une civilisation d'égoïstes, une politesse de termites. Petites  filles, jeunes filles, nous devions baisser les yeux devant les oiseaux trop colorés, les nuages trop modelés, les hommes  trop hommes, et devant tout ce qui est dans la nature  un appel ou un signe. Nous sommes sorties du couvent  en ne connaissant à fond qu'une part bien étroite de l'univers,  la doublure intérieure de nos paupières. C'est très beau,  évidemment, avec les cercles d'or, les étoiles, les losanges  pourpres ou bleus, mais c'est restreint, même en forçant sa  meilleure amie à appuyer de son doigt sur vos yeux.

LE CONTRÔLEUR. Mais vous avez été reçue la première  au brevet, mademoiselle Isabelle. On vous a appris le  savoir humain?

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 LE SPECTRE. – Vous m'attendiez?

ISABELLE. Ne vous excusez pas. Moi aussi, si j'étais  spectre, je m'attarderais dans ce crépuscule et ces vallons  où je n'ai pu jusqu'ici mener qu'un corps opaque. Buissons,  ruisseaux, tout me retiendrait de ce qui ne m'arrêterait plus.  Je ne serais pas encore là si je pouvais, comme vous, envelopper  de mon ombre tout ce que je ne peux que toucher ou que  voir, et me donner pour squelette, selon mon humeur, à travers  moi, un oiseau immobile sur sa branche, ou un enfant, ou de  biais un églantier avec ses fleurs. Contenir, c'est la seule façon  au monde d'approcher. Mais ce que je vous reproche, c'est de  revenir ce soir encore seul, toujours seul. Aucun des vôtres n'a  pu encore être atteint par vous, se joindre à vous?

 

 

Et je participe au challenge d’Eimelle !

 

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 15:13

 

Encore une BD gastronomique !

           Ici, c’est le dessinateur qui a accompagné le célèbre et médiatique cuisinier sur les routes de France à la rencontre de ses producteurs préférés : un spécialiste du Beaujolais, un pêcheur à Chausey, un coutelier à Thiers ou encore une truffière (le mot existe ?) à Gramenon. C’est bien sûr un hommage à la bonne bouffe, aux bons produits du terroir, aux rencontres intéressantes et délicieuses. J’ai ainsi compris pourquoi le Côte-Rôtie était si cher (avec ses impressionnants sols en pente), j’ai appris à fabriquer un couteau (je fais à peine un raccourci !), j’ai découvert qu’Yves Camdeborde était à l’origine de la « Bistronomie » (une très bonne cuisine ouverte à tous… bon, 60 euros le menu un midi de semaine, quand même…) et j’ai suivi la fabrication du  beurre de baratte.

              Moi qui suis pourtant une sacrée amatrice de bonne chair et de bons vins, je me suis un peu ennuyée par moments. Yves Camdeborde veut rendre hommage à ses producteurs et ça a un côté un peu trop personnel. Elitiste peut-être aussi, à en juger les quelques (trop rares !) recettes proposées (sans truffes, ni homard, ni foie gras, vous n’irez pas bien loin.) Ça manque de piment, de chaleur. Et puis encore s’entendre dire qu’il ne faut pas se laisser bouffer par l’industrie, et acheter local et bio, et ne pas consommer des fraises en hiver, bof.

            Restent les très beaux dessins de Ferrandez et là, on se régale vraiment, les paysages sont succulents, des aquarelles douces qui occupent une double planche. C’est ce qu’il fait de mieux, Ferrandez, les paysages, je m’en étais déjà rendu compte lors de la lecture de L’Étranger. Ses Carnets d’Orient doivent valoir le détour, pour cette même raison.

« 15/20 »

 

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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 06:56

 

                  Changement d’année, changement d’habitudes… Le challenge de Sophie est suffisamment court et « éphémère » comme son nom l’indique pour que j’y participe. Il s’agit de lister cinq vœux en matière de lecture pour la nouvelle année.

 

  • Le théâtre, cette fois, je n’y couperai pas. Je vais commencer par le théâtre du début et milieu XXème siècle (Giraudoux, Cocteau, etc.). Rendez-vous très bientôt !
  • Lire tout Mankell (le principe des vœux est qu’on n’y arrivera pas forcément… non ?), en étant raisonnable : terminer la série Wallander.
  • Découvrir ou relire quelques classiques, surtout anglais : Brontë, Swift, Woolf, Austen et surtout Dickens.
  • Lire les meilleures BD. Je vais sans doute diminuer ma ration mensuelle (désolée Yaneck !) alors autant tomber sur la crème de la crème tout de suite… nan ?
  • Dépoussiérer l’énorme pavé de Russel Banks  (Continents à la dérive) qui siège depuis bien deux ans dans ma PAL. J’avoue qu’il me fait peur !

 

 

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 14:43

 

         Ce livre est le roman de la rentrée littéraire qui m’avait le plus tentée. Les hasards de lecture ont fait que ce n’est que maintenant que je l’ai enfin pris en main et découvert.

         Le livre s’ouvre sur une lettre. Une lettre qu’a reçue l’écrivain-narrateur d’une lectrice passionnée par son dernier roman. Il s’agit de Bénédicte Ombredanne, professeur de français, mariée, deux enfants, trente-six ans. C’est la remarquable profondeur, l’intelligence, la qualité d’écriture qui ont fait que le romancier s’est intéressé à cette lectrice lorraine et lui a proposé de la rencontrer.

            Dès lors, Bénédicte Ombredanne se livre, elle raconte sa vie principalement axée sur son mari qui la rabaisse, la broie, la mutile moralement. Un soir, après avoir écouté une émission de radio, Jean-François, le mari de Bénédicte, se reconnaît dans le personnage du mari harceleur. Pour lui, c’est un choc. Pour elle qui croyait que son comportement vis-à-vis d’elle était « normal », c’est un choc aussi, il avoue implicitement qu’il lui a fait du mal toutes ces années et qu’elle n’est en rien responsable. Cette révélation va lui permettre de réaliser, l’unique fois dans sa vie d’épouse, un acte de rébellion. Dans un élan de liberté, elle s’inscrit sur un site de rencontres sur internet. C’est le coup de cœur avec Christian qu’elle va rencontrer quelques jours plus tard et avec qui elle va vivre une brève liaison.

          Dans une habile construction narrative et par le biais de trois narrateurs différents, on découvre petit à petit les différentes strates de la personnalité et de la vie de Bénédicte. C’est à travers le récit de sa sœur jumelle, dans la dernière partie du livre, cette sœur que le romancier aurait rencontrée, qu’on apprend que la vie de Bénédicte, surtout après sa visite à Christian,  n’est plus qu’une longue descente aux enfers.

          Le roman est bluffant, tant par son écriture, que par sa structure ou que par son contenu. Bénédicte est une femme maltraitée qui choisit de rester auprès de son bourreau par idéalisme. C’est paradoxal mais la contradiction est peut-être le maître mot de ce magnifique et fascinant livre. Bénédicte vit une histoire d’amour aussi courte qu’intense dans une sorte d’aura comparable à celle d’un conte de fée (j’ai adoré ce passage, vraiment), elle a des occasions de changer de vie mais elle s’y refuse. Ce n’est pas par amour pour ses deux enfants qui, formatés par leur père, finissent par ne plus éprouver d’affection pour leur mère.

          Certains passages sont brillants, étincelants, sublimes. Le style de Reinhardt puissant, lyrique et romantique permet une introspection assez rare en littérature. On a envie de se perdre en forêt avec ce roman !  J’ai adoré ce mélange subtil de bovarysme et de l’univers onirique d’Hermann Hesse. J’ai moins aimé le récit de la sœur jumelle de Bénédicte, plus terre-à-terre et trop larmoyant. Le personnage de l’héroïne est un vrai mystère mais celui du mari, encore plus obscur. Dénué d’humanité - ne parlons même pas d’amour - ce monstre est capable de pire envers celle qu’il a choisi d’épouser, en sourdine, indirectement, sournoisement.

          Parce qu’il est extrêmement dense, riche et envoûtant, ce roman mérite qu’on s’y intéresse. Je ne vais pas l’oublier de si tôt. Et c’est un homme qui l’a écrit !

 

 

« moi aussi j’attends des livres que j’entreprends d’écrire qu’ils me secourent, qu’ils m’embarquent dans leur chaloupe, qu’ils me conduisent ers le rivage d’un ailleurs idéal. »

« Je préfère le profond, ce qui peut se pénétrer, ce en quoi il ets envisageable de s’engloutir, de se dissimuler : l’amour et les forêts, la nuit, l’automne, exactement comme vous. »

La journée avec Christian : « Cette journée est miraculeuse, elle ne reviendra pas, c’est certainement la dernière journée heureuse de toute ma vie. Je suis en train de flamber intégralement : en même temps que cette journée irréelle se déroule, je me consume de bonheur tout entière, mais vraiment tout entière, de l’intérieur, vous comprenez ? Je suis en train de brûler de joie, de l’intérieur, intégralement. Quand je partirai d’ici, il ne restera plus rien de ma personne qu’un petit tas de cendres. »

Christian lui a envoyé une lettre : « À cette journée aux beautés indicibles tu as adjoint une lettre  absolument sublime, la plus émouvante qu’on m’ait jamais écrite, pareille à un fermoir serti de pierres précieuses : avec ces phrases tu as bouclé la boucle, cette  journée du 9 mars est un cercle enchanté, nous resterons tous deux à l’intérieur,  intacts, inaltérables, idéalisés par le fait même qu’on ne se sera vus qu’une seule  fois, un peu comme deux personnages d’un tableau de Fragonard accroché au mur  d’un musée, lui avait-elle écrit : éternellement dans la vitesse de leur désir, dans la  beauté de leur élan vers le bonheur. Repensons à cette journée comme on regarderait un tableau au musée : elle n’est pas près de nous lasser, cette journée,  c’est moi qui te le dis, car nous nous y verrons pour toujours miraculeux et ingénus, beaux et timides, instantanés, inespérés, exactement comme dans un grand  chef-d’œuvre immortel, ce qu’a été notre après-midi… Je ne veux pas rouvrir ce cercle : nous ne ferions que détruire ce qui se trouve à l’intérieur, nous ne ferions que  nous détériorer aux yeux l’un de l’autre, et je perdrais ce que j’ai de plus précieux  aujourd’hui, au lendemain de cette journée : l’estime que j’ai sentie dans tes yeux à  l’égard de ma personne. »

« Elle s’était sentie autorisée à attendre beaucoup de l’existence, car elle avait toujours suivi son chemin avec foi et ferveur, guidée par l’idée simple que si l’on vit les choses sincèrement, avec droiture, sans dévier, concentrée, au plus près de ses intimes convictions, sans se parjurer ni se mentir ni faire des concessions, la réalité n’est pas en mesure de vous décevoir : même, elle ne peut qu’exercer vos volontés les plus secrètes et vos rêves les plus fous. »

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