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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 20:36

 

 

            Gabrielle est une Parisienne d’une quarantaine d’années. Très active, elle travaille dans l’événementiel et adore sa ville, la ville en général. Mariée à un chirurgien plastique et mère d’un grand ado, elle est un peu agacée par un héritage qu’elle vient d’acquérir : une maison délabrée dans un coin de campagne perdu à des centaines de kilomètres de Paris. C’est donc bon gré mal gré qu’elle s’y rend. C’est le point de départ d’une nouvelle vie. Première surprise : sa mère décédée depuis peu avait une sœur, et c’est cette tante qui lui lègue maison et terrain. Cette vieille bonne femme a l’air étrange mais cependant bienveillant.

              Deuxième surprise : le terrain acquis ne compte pas une maison mais deux. Alors que, pour la première fois de sa vie, Gabrielle semble jouir de la nature en se baignant dans la rivière, en écoutant les oiseaux, en respirant le parfum des fleurs, elle ressent un bien-être jamais éprouvé auparavant. Pourtant, en approchant la seconde masure, c’est le contraire : froid, courants d’air inexpliqués, malaise, … C’est en arrivant sur les lieux d’un grave accident de la route que Gabrielle va découvrir son « don » : elle se met à rassurer les agonisants, à les conduire sereinement vers la mort, à guérir les blessés. Gabrielle rejette ce qu’elle a vécu mais sa tante puis d’autres personnages bénéficiant des mêmes dons, vont l’entourer et l’accompagner.

              L’auteur nous apporte (courageusement je dirais !) une longue réflexion sur la mort, sur l’ « après-vie », sur la communication entre les vivants et ceux qui viennent de mourir. Son style est tel qu’on se prend très vite au jeu, on plonge dans cet univers mystérieux à la fois enchanteur et inquiétant.

              J’ai adoré la première moitié du roman, quand s’opère un glissement (assez rapide) entre la vie matérialiste, cartésienne et hyperactive de Gabrielle à une existence plus ésotérique, plus spirituelle, plus posée. L’héritage est décrit comme un lieu enchanteur qui m’a à la fois rappelé des souvenirs d’enfance à la campagne et des souvenirs de lectures (Robert Sabatier ou encore Le Grand Meaulnes). Pour moi qui ne crois (plus) en grand-chose, l’auteur est allée un peu trop loin et parfois, le roman a frôlé le style de certains livres fantastiques pour la jeunesse. Les passages philosophico-mystiques sauvent cependant le roman et l’empêchent de couler malgré son happy end un peu trop mièvre à mon goût. Le bilan est cependant très positif, c’est un livre qui ouvre l’esprit (c’est le cas de le dire !), qui fait réfléchir, qui bouscule et rassure tout à la fois. Coïncidence ? ma première lecture de cet auteur (La Vie d’une autre) avait été maculée par l’annonce de la mort d’une amie très chère. Et mes premières réactions avaient été l’étonnement de ne pas avoir de « signe » venant de sa part… Cette deuxième découverte de Deghelt constituerait-elle une réponse ?

 

           Les sages paroles de la tante :« Par une sorte de prétention dont l'origine est impossible à retrouver, nous sommes partis sur une route où ce qui n'est pas explicable est indigne d'être cru. Nous avons lié comprendre et croire, savoir et choisir, expliquer et agir. Ce n'était pas nécessaire. Vois-tu, je suis ce que je sens, même si je ne peux pas l'expliquer. Je choisis la voie qui donne de la cohérence à mon existence, même si je ne sais pas tout, j'admets sans comprendre et, si je me suis trompée, je ne le saurai jamais. Mais si j’ai raison, parce que ma flamme intérieure brûle d’un feu immense que je relie à ce mystère, alors, je serai comblée.  A tout prendre, je préfère penser que tout a un sens, une direction, que la mort est une voie d'accès, la souffrance, une étape, et l'incompréhension un plan qui m'échappe. »

« Le corps est en quelque sorte le prédateur de l'âme. Comme la plante à laquelle s'accroche le visiteur parasite, il ne peut vivre qu'en sa compagnie. Une fois accroché à elle, il lui ôte toute liberté de penser que, sans lui, elle vivrait. C'est sa plus grande prédation : tuer en nous l'idée de l'immortalité. Il est important de clarifier ces priorités. Il n'y a que l'amour qui compte. Il y a bien longtemps que la peur qui te cloue au sol m'a quittée. »

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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 15:49

 

 

              Angleterre, 1918. Miss Adélaïde Crumble est une institutrice à la retraite. En plus d’être encore sexy, elle a un caractère bien trempé et a pour habitude d’aider la police dans la résolution d’obscures enquêtes. Celle qui nous intéresse est d’ailleurs corsée : à la fin de la guerre, le comte Crackersmith qu’on croyait mort depuis quatre ans, revient en excellente santé. Son retour signe aussi le début des ennuis : Miss Plumcake la remplaçante d’Adélaïde se fait agresser, le lieutenant Harlow est retrouvé mort, … les crimes s’enchaînent avec un point commun : des traces de boue de bottes. C’est ainsi que l’éventuel tueur est surnommé « le Monstre Botté ».

              L’intrigue dense et complexe semble pourtant des plus classiques. Evidemment, on pense (avec plaisir) à Agatha Christie. Tout y est pour créer une ambiance so british : le thé, les bonnes manières, les petites lunettes sur le bout du nez, les ragots des voisins et les petites mesquineries entre bonnes femmes… C’est sans compter les bonnes surprises finales où l’album prend un aspect un peu plus rock’n’ roll ! J’ai beaucoup aimé sans cependant connaître l’album 7 Détectives dont on a extrait chacun des personnages pour leur dédier un album à part entière (si j’ai bien compris). Les personnages sont délicieusement typés : l’énorme Miss Flange qui n’arrive pas à faire passer ses grosses fesses par la porte du jardin de Miss Crumble ou encore la femme du comte (la veuve qui n’en est plus une !), Beatrice, qui représente parfaitement la richissime alcoolique désespérée.

                        Je lirai la suite qui est déjà parue (les tomes 2 et 3, plus précisément).

 

« 16,5/20 »

 

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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 14:17

 

 

            D’emblée, Florence Cestac et Daniel Pennac assument leur collaboration, on les retrouve dans un bistrot parisien, Pennac expose les grandes lignes de son projet à la dessinatrice : ce sera une histoire d’amour, un « amour exemplaire ». Serveurs et clients se mêlent à la discussion, commentent le récit de Pennac pendant toute la BD.

            Daniel Pennac raconte l’histoire de ses voisins qui l’a toujours fasciné : Jean et Germaine Bozignac se sont unis malgré l’avis de leur famille respective. Jean est laid, c’est un oisif, un tricheur au jeu, il ne travaille pas car « en amour, le travail est une séparation ». Ils acquièrent quelques biens, minuscule maison, Dauphine rouge, etc. grâce à un héritage de livres de collection. Ils ne veulent pas d’enfants car « en amour, pas d’intermédiaire ». Pennac est spectateur de cet amour exclusif, idéal, très rare, solide, cet « amour exemplaire ».

             Je fais partie des (rares ?) lecteurs qui aiment les dessins de Cestac. Je dirais que j’ai appris à les aimer, que je les ai apprivoisés, ou qu’ils m’ont apprivoisée. Ces gros nez qu’elle attribue à tous ses personnages permettent de les mettre à pied d’égalité, ils sont tous moches, justice est rendue… J’ai beaucoup beaucoup aimé cet album, il est frais, gai, on rit pas mal, il nous raconte une jolie histoire d’amour sur fond de citations de Proust, Céline ou Montaigne. Un seul reproche, c’est trop court ! On en voudrait encore quand la dernière page est tournée. Cestac est au summum de sa forme, les dessins sont colorés, ronds (ben oui !), radieux. A lire ! En plus c’est une histoire vraie…

Un autre album de Cestac que j'ai aimé : Le Démon d'après-midi.

 

« Le toit à refaire : « Les Fleurs du mal » édition Poulet-Malassis et de Broise – 1857. La cuisine : « Histoires naturelles » de Jules Renard, 1899. La piaule : Rimbaud, « Les Illuminations ». Publications de la Vogue, 1886. »

« J’aimais les regarder vivre, je crois. Tous les jours, elle lui astiquait le crâne. Quand tu sors, je veux que cela fasse net ! J’aimais aussi les écouter se faire la lecture. »

 

« 18/20 »

 

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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 19:13

           Voilà un billet que j’aurais pu me passer d’écrire…

           Est-ce que vous avez déjà rencontré une personne tellement belle que vous n’écoutiez plus ce qu’elle disait, trop occupé à l’admirer ?  Moi j’ai entendu, avec ce livre audio, une voix rauque et sensuelle qui m’a fait complètement oublier que je devais écouter l’histoire qu’elle racontait. Je n’ai absolument rien retenu de ce roman si ce n’est qu’un certain Frank s’est échappé d’un asile psychiatrique pour retrouver sa sœur (même pas sûre qu’il s’agisse de sa sœur…). Ça se passe aux Etats-Unis. Et puis voilà.

          Le support livre audio a ses limites, ou alors, est-ce moi qui ai des limites. Bref. Ça a été un superbe fiasco, j’ai vraiment écouté la très belle voix d’Anna Mouglalis comme on écoute une musique agréable en langue étrangère. C’est dommage parce qu’il me semble que ce livre est un très grand roman et Toni Morrison, un très grand écrivain.

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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 18:29

 

 

            C’est vraiment parce qu’on m’a dit beaucoup de bien de ce livre que je l’ai lu… je ne suis pas une adepte des récits post-catastrophe (j'ai, par exemple, détesté D'autres vies que la mienne de Carrère) mais pour celui-ci, c’est différent.

            Nous sommes en mars 2011, un séisme d’une magnitude de 9,0 et un tsunami dévastateur ont provoqué la mort de plus de 18000 personnes et ont ravagé un Japon alors en deuil. Qu’a-t-on fait ce jour de grande tragédie dans le reste du monde?  En nous emmenant en mer du Nord, aux Bahamas, à Jérusalem, à Rome, au large de la Somalie ou encore à Paris, l’auteur nous fait voir un petit morceau de vie de gens touchés de près par la catastrophe, de loin, ou pas du tout. D’après moi, ce séisme n’était qu’un prétexte à ce tour du monde … et pourtant, il est vrai que lorsqu’une tragédie frappe un endroit même lointain, le monde vibre, on ressent quelque chose de particulier, on se sent plus humain, peut-être plus solidaire et il me semble que Mauvignier a voulu rendre hommage à ce fil si ténu qui nous relie tous, en tant qu’êtres humains. Qu’on soit bon ou mauvais, qu’on soit Blanc ou Noir, qu’on soit riche ou pauvre, ambitieux ou sans tempérament, gay ou hétéro, courageux ou lâche, on vit dans la même maison, cette Terre où il nous faut cohabiter, tant bien que mal. Quand certains dorment, d’autres se déchirent, s’aiment ou meurent. La brièveté des textes rend cette simultanéité, cette diversité, presque palpable, et tout à fait passionnante.

                On aurait pu aussi parler d’un recueil de nouvelles ; une petite transition permet cependant d’unir les quatorze histoires si différentes, longues ou courtes, et la lecture devient fluide, d’une fluidité très agréable. Dans une même phrase, on passe d’une rue moscovite à un hôtel de luxe à Dubaï, d’un avion en direction des chutes du Niagara à un safari africain.

             J’ai beaucoup aimé ce livre, ce style intense et sans concession, ce tour du monde en 372 pages. Le souffle de l’écriture n’est pas celui d’une tempête mais il m’a suffisamment convaincue pour que j’aille lire une deuxième fois, au moins, ce Mauvignier qui plaît tant à certains…

 

« Ils ont envie de déconnade et de légèreté pour soulever leur quotidien, parce qu’ils ont compris que seuls les poids plumes arrivent à soulever des montagnes. »

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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 12:47

 

 

             Fauve d’or à Angoulême en 2014, il était temps que je lise enfin cet album !

             Fabio est boxeur à ses heures perdues. Il a aussi tendance à voler, escroquer, mentir, tromper, faire la brute. Son frère Giovanni le retrouve après dix ans de silence. Fabio avait, en effet, quitter le village italien de son enfance pour fuir. Si Giovanni entre en contact avec lui, c’est parce que leur père est mort et qu’il veut emmener son frère lui dire adieu. Dans une vieille Fiat 500 brinquebalante, avec l’urne du père sur la banquette arrière, les frangins vont écumer les routes de France puis d’Italie. Ils vont réveiller quelques souvenirs d’enfance, se disputer très souvent,  adopter un chien, se faire voler leur voiture puis la récupérer, s’expliquer, se taire, discuter avec un curé un peu particulier, boire plus qu’il n’en faut, frôler la mort, …

               Ce road trip des années 60 en Fiat 500 passe par plusieurs phases correspondant aux relations successives des deux frères. Haine, colère, méfiance, jalousie, indifférence, complicité… Cette histoire fraternelle à l’accent italien prend différentes couleurs à l’image des paysages traversés. Quand on arrive en Italie, la température monte, l’ocre et l’orange des terres, le bleu du ciel vont faire exploser Fabio mais vont aussi lui révéler des secrets dont il ne soupçonnait pas l’existence.

              J’ai adoré cette BD, le scénario comme les dessins sont recherchés, subtils, surprenants, sensibles. J’ai bien compris la leçon et après avoir apprécié Je mourrai pas gibier et l'inégalable Pourquoi j’ai tué Pierre du même auteur… je vais essayer de tout lire d’Alfred !

               Deux mini-reproches qui ne valent rien face aux qualités innombrables de cette BD : les planches qui évoquent l’enfance des frères m’ont moins touchée et puis cette histoire d’urne dont j’avais deviné le pourquoi du comment…

 

« 18/20 »

 

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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 16:36

 

 

            

             Cela faisait quelques années que je boudais les romans de Fred Vargas depuis une certaine histoire de crotte de chien qui ne m’avait pas plus emballée que ça. Mon intuition m’a guidée vers son dernier polar. Aucun regret !

              Une femme, Alice Gauthier, est retrouvée noyée dans sa baignoire. Suicide ? Le commissaire Adamsberg et ses acolytes mettent très vite cette hypothèse en doute, d’autant plus qu’un étrange symbole a été dessiné à côté du cadavre. Quelque chose qui ressemble à un H tordu… ou à une guillotine. Avant de mourir, Mme Gauthier a envoyé une lettre à un certain Amédée Masfauré qui vit dans le Creux, un coin perdu des Yvelines. Arrivés là-bas, les enquêteurs découvrent qu’un homme s’est suicidé, le père d’Amédée. Etrange coïncidence … et on ne tarde pas à trouver le même symbole de la guillotine sur ce qui devient le lieu du crime.

             Vargas nous emmène sur deux pistes à la fois : celle d’un îlot islandais où un groupe de Français a survécu une dizaine d’années auparavant, celle d’une bande de fans de Robespierre qui passent leur temps libre à reconstituer des scènes de la Révolution. Et si les deux pistes se croisaient ? Malgré l’énergie de Retancourt, malgré l’hypermnésie de Danglard, c’est Adamsberg qui déploiera tout son génie pour mettre un nom sur le meurtrier.

              Intéressant, bien écrit, un brin historique, captivant, addictif, dépaysant, ce roman aux mille qualités est un petit bonheur de lecture. Si Vargas fait preuve d’une imagination admirable, elle a aussi le don de croquer ses personnages avec réalisme et humour, mais ma préférence va sans doute à ces images qu’elle sait créer et qu’on aura du mal à oublier : un sanglier copain et protecteur des Masfauré, Lucio le voisin qui donne des conseils sans en avoir l’air ou encore cet afturganga, un esprit maléfique islandais qui hante cet îlot glacial et brumeux. Une belle découverte qui me fait regretter d’avoir abandonné Fred Vargas ces dernières années.

 

« Adamsberg ne réfléchissait pas, il ne se posait pas seul à une table, crayon en main, il ne se contenterait pas devant une fenêtre, il ne récapitulait pas les faits sur un tableau, avec des flèches et des chiffres, il ne posait pas son menton sur son poing. Il vaquait, marchait sans bruit, il ondulait entre les bureaux, il commentait, arpentait le terrain à pas lents, mais jamais personne ne l’avait vu réfléchir. Il semblait aller tel un poisson à la dérive. Non, un poisson ne dérive pas, un poisson suit son objectif. Adamsberg évoquait plutôt une éponge, poussée par les courants. Mais quels courants ? D’ailleurs, d’aucuns disaient que, quand son regard brun e vague se  perdait plus encore, c’était comme s’il avait des algues dans les yeux. Il appartenait plus à la mer qu’à la terre. »

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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 09:04

 

 

              Dernier volet de cette série si forte en émotions…

              Très bon début, la première planche m’a déjà stupéfiée : Marco court à perdre haleine au milieu d’une forêt, il fuit, on l’imagine encore une fois poursuivi par ses démons, anéanti par ses angoisses. Il court, il court, et puis il tombe, il hurle, il s’est sans doute cassé une jambe. Eh bien non, c’est sa petit Maude, son enfant, qui le poursuit et un bisou magique suffit à lui réparer sa jambe cassée. Marco est donc papa, et ce n’est pas tous les jours facile. Il adore sa fille mais a aussi parfois envie d’être très loin d’elle. Il la cajole puis doit gérer son incompréhension face aux colères de la petite.

             Marco connaît les fêtes d’école et les dessins des enfants qui ont tenté de copier Picasso, celui qui « confond toujours les yeux et la bouche », il reste coi alors que sa fille aime beaucoup beaucoup un petit garçon méchant qui la tape. Une autre femme de sa vie, sa mère, se refait doucement après la mort de son mari, elle apprend à vivre seule, à être bien seule. Et puis il y a les ouvriers du chantier naval. Ils sont en grève contre un plan social qui menace de fermer tous les ateliers. Marco aide, soutient, dessine encore ceux qui bossent face à « ceux qui ne savent que planter des clous. »

              L’album se clôt d’abord avec une réflexion sur les élections (On est en2007, Sarko vient de gagner…), sur le racisme, sur le renouvellement du monde, sur l’évolution de la société, réflexion surtout délivrée par le copain ouvrier, puis, de très belles cases sans texte nous prouvent que Marco a trouvé un semblant de sérénité auprès des siens, qu’il arrive à intégrer le passé dans son présent sans pour autant être envahi par ses souvenirs…

            Des quatre albums de la série, c’est celui qui m’a le plus touchée. Les dessins sont magnifiques, le scénario autour de ce « combat ordinaire » qu’est la vie est parfait. Encore une série dégustée avec plaisir !

 

« 20/20 »

 

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 11:27

 

Première lecture pour moi de cet auteur de polars qui fait beaucoup de bruit en ce moment…

            Nous sommes à Saint-Gilles-les-Bains sur l’île de La Réunion, le soleil brille, on se baigne, c’est les vacances, le farniente, … Cette vision paradisiaque ne dure qu’un instant. Dans un hôtel de luxe, une très jolie cliente, Liane,  a été vue monter dans sa chambre. Le problème, c’est que son (très beau) mari, Martial, ne l’en a jamais vu redescendre. Il ordonne qu’on retrouve très vite sa femme car la chambre d’hôtel est vide. Vide oui mais sens dessus dessous et avec du sang en veux-tu en voilà. Tout accuse le mari… qui s’enfuit, le lendemain,  avec sa fille de 6 ans.

            Du côté des flics, c’est la vive Aja une métisse indienne, et Christos un Zoreille (comprenez, un Métropolitain installé à La Réunion) plutôt paresseux, qui enquêtent. Si Martial a disparu avec sa gosse, il laisse aussi des cadavres sur son chemin.

            Arrivent jusqu’à nous les points de vue de tous les protagonistes, celui d’Aja qui donnerait sa vie pour son boulot, celui de Christos qui ne rêve que de cocktails et de caresser sa volumineuse Imelda, celui de Martial qui nous permet de comprendre que tout n’est  pas aussi simple qu’il y paraît. On entre même dans la tête de Sofa, la petite fille de 6 ans qui, morte de peur, veut retrouver sa maman et ne sait si elle peut faire confiance aux paroles de son père.

            Il m’arrive de lire des polars et de laisser venir. Ici, j’ai vraiment fait l’effort de réfléchir et d’essayer de trouver le point final de cette histoire aux multiples rebondissements. Que nenni, on ne devine rien et l’intrigue brille par sa subtilité. Mention spéciale au dépaysement : l’auteur nous emmène faire un petit tour de l’île du Dodo, entre proverbes réunionnais et bière locale, on voit s’envoler des tec-tec et des papangues et on profite de la diversité des paysages de l’île jusqu’à l’impressionnant Piton à la fin du roman.

             J’ai lu ce livre à une période où j’étais débordée et je n’avais qu’une envie : me détendre grâce à une bonne lecture addictive. Ce polar remplit cette fonction-là à 100% !

 

N.B. : « l’argent-braguette »... c'est ainsi qu'on appelle les allocations familiales sur l'île … j’adore !!!

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 12:52

 

 

            En refermant le premier tome de cette série qui se passe à Vienne en 1900, on pouvait se douter de ce qui allait suivre.

             Victor a été soudoyé, Klement et surtout Alec, deux jeunes bourgeois arrogants, lui ont montré ce qu’étaient argent, femmes et pouvoir. A la fin du premier tome, on avait laissé Victor en train de courir dans les rues viennoises pour échapper à la police. Il avait semé la pagaille dans un restaurant huppé, faisant usage d’un revolver (volé). C’est le père de Victor qui paye les pots cassés et se retrouve en prison. Même si le jeune homme n’aime pas son père, il ne peut supporter cette injustice et va se résoudre à faire du chantage : le juge doit faire libérer son père en échange de la liberté de la belle Mathilde, la prostituée préférée du juge, que Victor a réussi à kidnapper…

             Ses proches, les personnes qui l’aident comme cet Hermann antisémite vont bien le regretter. Cet album pourrait avoir « Vengeance » pour sous-titre. Victor a perdu innocence et candeur, il doit désormais se battre même si on sent qu’il fait fausse route, Hermann lui ayant inculqué la haine des juifs.

            Suspense, sensualité, haine, richesse et pauvreté… le tout dans un décor somptueux. Tout y est, le dessin comme le scénario ravissent le lecteur. Vivement la suite !

« 19/20 »

 

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