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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 20:58

          A la sortie de ce roman, je me suis fait la promesse de le lire … un jour. Ce jour est arrivé et j’avoue avoir été rarement aussi partagée !

          Carole est une prof qui habite Saint-Etienne. Un certain 3 décembre, elle se rend dans son village natal, dans le massif de la Vanoise. Pourquoi ? parce qu’elle a reçu, encore une fois, une boule de verre de son père, Curtil, une de ces boules où il neige quand on les retourne. Dans ce village montagnard, Carole retrouve son frère Philippe et sa sœur Gaby. La boule a été envoyée à chacun des trois et elle est censée annoncer la venue de Curtil qui a toujours usé de ce procédé pour anticiper ses arrivées. Oui, mais Curtil n’arrive pas et ce séjour qui devait être court se prolonge. Carole s’occupe en traduisant un livre, en prenant la jolie serveuse du bar d’à côté en photo quand elle secoue ses draps, en retrouvant Jean, son amour de jeunesse, en discutant avec la Môme, cette adolescente que Gaby a recueillie. Finalement, Carole va rester jusqu’au 20 janvier. Les jours se ressemblent tous, évoluent légèrement au gré des caprices météorologiques : la pluie, la neige, le froid. Carole pose des questions autour d’elle, notamment concernant l’incendie qui a dévasté la maison familiale quand elle était enfant mais les non-dits ont la vie longue dans ce petit village. Elle en sortira tout de même grandie, changée.

            Commençons par le négatif : je me suis terriblement ennuyée au début du roman au point d’être tentée d’en abandonner la lecture. J’ai lutté. La simplicité et le style épuré de Gallay que j’aimais tant dans Les déferlantes et encore plus dans Seule Venise se sont transformés en platitude ici. Les jours se suivent et les banalités s’accumulent. La redondance de certaines tournures familières m’a agacée aussi.

           Pourtant, malgré ces gros bémols trop criards, j’ai aimé l’atmosphère que dégage ce roman. La vie dans ce village montagnard ressemble à un huis clos où les sons sont étouffés comme les pas dans la neige, où les secrets ont la vie longue, où les personnages sont bien plus intéressants que ce qu’il n’y paraît de prime abord… Le temps qui passe reprend ses droits, on attend beaucoup dans ce roman (celui qui ne viendra pas, d’ailleurs, serait-ce une allusion à Godot ?), on sait se taire, prendre le temps de manger, d’observer, de s’occuper des animaux, de regarder le paysage.

          Au final, le bilan est très positif, il me semble que Mme Gallay s’est lâchée et a écrit quelques paragraphes en trop mais elle a su, comme très souvent, donner une nouvelle saveur à la vie, une saveur oubliée ou méconnue, et rien que pour ça, ses livres méritent d’être lus, voire relus.

« Si tu veux être heureux, il ne faut dire du mal de personne, tenir les rênes longues et ne jamais cracher contre le vent. »

« ça servira à rien de venir sur la tombe, j’y serai pas. »

« Quelques flocons sont tombés derrière la vitre. C’était les premiers. Ils m’ont rendue brièvement heureuse » (une phrase que j’aurais pu faire mienne !)

« Vous avez remarqué, a-t-il dit, nous commençons tous notre vie en étant des œufs... Les oiseaux, les lézards, les insectes, on a le même départ. Pour la suite, c'est presque la même histoire, un petit espace à remplir entre la naissance et la mort. Et il faut parvenir à faire de cet espace un moment de grâce. »

« Ses lèvres hésitantes se sont attardées sur mon front, un baiser doux et chaud qui s’en est allé, tranquille, faire l’amour à mon âme. » (whaouhhhhhhhh)

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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 17:23

 

               Un roman graphique de Mathias Enard ? L’idée est stimulante, non ?

               Le narrateur est un artiste reconnu à qui on demande de créer un monument du souvenir pour la ville de Sarajevo. Il n’a jamais réalisé de mémorial et ne sait par où commencer. Il visite la ville, ses ruines, ses mosquée, ses cafés, ses maisons aux façades trouées. Il y rencontre Marina, une architecte qui travaille pour une ONG qui le guide dans cette ville qui a tant souffert, qui lui montre le site des Jeux Olympiques de 1984, c’était encore « avant »… Mais le narrateur ressent aussi le besoin de découvrir Belgrade, Cracovie, les rives du Danube, de marcher ce passé balkan pour savoir quelle forme prendra ce monument de mémoire.

                Marqué par les ombres de corbeaux et de loups, ce roman graphique est sombre et beau. Il se fait aussi réflexion sur l’art et la place de l’art dans le monde, sur la vanité des tombes et autres stèles commémoratives. Un combat entre la vie et la mort sans qu’on sache bien lequel des deux ressort gagnant…  Les illustrations de Pierre Marquès sont de toute beauté et mêlent les genres : photographies, aquarelles, peintures proches du photoréalisme qui figent l’instant tout en apportant une petite touche d’espoir. Un bien bel objet que ce livre surprenant et … nécessaire !

 

              Quand l’artiste s’interroge sur sa démarche : « Les vivants ou les morts ? S’adresser aux vivants pour les morts ? Les morts n’ont plus besoin de rien et les vivants veulent vivre en paix. La vie est le seul monument aux morts. Les histoires que les morts racontent aux vivants. »

19/20

 

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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 21:47

          

           J’avais découvert cet auteur avec la lecture de Twist, l’histoire d’une gamine kidnappée.

            Ici, rien à voir (dans tous les sens du terme!). Cabine commune dans emmène dans les cabines d’essayage d’une boutique de vêtements qui a décidé de rendre les cabines communes. Entre les commentaires des clientes, les remarques des vendeurs, les histoires de fripes, de silhouettes ou de tissus, on est de plain pied dans la société de consommation frénétique et souvent excessive.

            Le livre porte le titre de « roman » mais moi j’y ai vu du théâtre, un théâtre contemporain à la manière du Musée haut, musée bas de Jean-Michel Ribes, où les répliques s’enchaînent sans qu’elles aient forcément de lien entre elles, sans mise en scène ni intrigue bien ficelée. Ça m’a paru léger au début mais finalement j’ai pris beaucoup de plaisir à entrer dans ce grand magasin qui pourrait être une réécriture originale du Bonheur des Dames de Zola. Le cliché de la cliente vraiment trop agaçante (pour rester polie…) et de la vendeuse toujours polie mais qui n’en pense pas moins, fonctionne très bien ici, on s’en délecte et on en ressort vivifié !

 

- Bonjour, je cherche une robe. Je veux être HYPER HYPER sexy.

- C’est pour une occasion particulière ?

- Le mariage de mon ex.

 

- Bonjour… Ce pull, il n’existerait pas sans paillettes ?

- Si, regardez : le voilà.

- Ce n’est pas le même ! Ben non : il n’a pas de paillettes…

- Ah oui ! Mais du coup, ça n’a plus aucun intérêt…

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 11:03

 

               Les deux auteurs évoquent si souvent ce titre dans Le retour à la terre que j’ai sauté sur cet album au tout petit format à peine l’avais-je entraperçu…

               Le personnage principal est un dessinateur au gros nez (on se demande bien qui il peut représenter…) qui se rend chez son Maître, un moine bouddhiste, un guide spirituel qui a pour tâche de critiquer ses dessins mais aussi, de manière plus large, de lui prodiguer des enseignements sur la vie. En arrivant, le dessinateur surprend le Sage en train de monter un banc Ikéa, il lui donne un coup de main, les deux ont du mal à s’en sortir… d’où l’admirable jeu de mots du titre. La plupart des planches sont constituées d’un dessin en noir et blanc de Celui-qui-a-encore-tant-à-apprendre, surnommé Demi-Lune,  accompagné d’une remarque de Celui-qui-sait-tout.

              Comme dans Le retour à la terre, les deux artistes exploitent la carte de l’auto-dérision. Le dessinateur est un être qui doute, qui se met facilement en colère, qui griffonne et parfois gribouille. L’humour toujours présent, donne à ce petit album carré (Jérôme me donnera-t-il le nom de ce format ^^?) une fraîcheur et une légèreté qui font un bien fou.

 

Deux petits extraits pour vous donner l’eau à la bouche :

- Celui-ci est très étrange !

- Je l’ai intitulé « Le chien qui boîte », Maître…

- Il boîte et n’a pas d’oreilles…

- Ah oui, tiens…

- Ce chien n’est –il pas pareil à l’être humain qui croit boiter alors qu’en réalité il est sourd ?

- Oui Maître.

 

- Pourquoi cherches-tu à enfermer tes peintures dans des cases, Demi-Lune ?

- Je ne sais pas, Maître… Tout petit déjà, je lisais « Les tuniques bleues » et c’était dessiné dans des cases.

- Ton trait doit ressembler au torrent de montagne qui dévale les pentes sans obstacle.

- Ben oui … Mais les cases, c’est important, ça, en B.D., les cases…

- Les cases sont des petites maisons en bambou qui empêchent le vent harmonieux de souffler sur ta page.

- Moi je veux bien, mais sans cases, les gens vont pas comprendre…

- Ton besoin de dessiner dans des cases est illusoire et correspond à la peur que tu éprouves à laisser parler en toi le Grand Tout…

 

19/20

 

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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 15:10

Ouf ! J’ai fini le roman !

              Ce livre est un complément à Mon traître, comme lui, il évoque la vie de cet homme, Tyrone Meehan, qui a combattu toute sa vie aux côtés de l’IRA… mais a aussi trahi son camp en révélant des informations aux Britanniques. Plus dense, ce roman raconte la vie complète de Tyrone, la manière dont il s’est engagé, les événements qui l’ont poussé à devenir un espion. Dans Mon traître, le narrateur était l’ami français, Antoine, qui s’était pris d’amour pour la cause irlandaise. Ici, c’est Tyrone qui parle, homme ambigu car courageux et lâche, fort mais faible, virulent mais pacifiste. La trahison qui apparaît aux yeux de tous à la fin du roman est plus compliquée que ce qu’il ne paraît d’abord. Tyrone a livré des informations aux ennemis mais elles étaient, pour la plupart, destinées à éviter des explosions, des attentats, des morts.

              J’ai eu un mal fou à lire ce livre, à me faire à cette ambiance pesante et guerrière où une femme ne fait qu’attendre son mari en espérant qu’il revienne en un morceau et éduque son fils pour qu’il devienne, lui aussi, un militant. L’auteur doit vouer une passion démesurée pour l’Irlande pour mettre autant de ferveur dans deux de ses livres. Certes, quelques moments m’ont plus touchée que d’autres, lorsque Tyrone est en prison et qu’il étale, à la manière de tous les autres détenus, sa merde sur les murs en guise de révolte (!)... Lorsqu’il tue son ami par accident, ce qui déclenche le processus de trahison. Le lyrisme propre au style de Chalandon me plaît toujours autant mais le thème ici m’a presque rebutée. C’est un roman lourd, dur, qui colle à la semelle de la chaussure. Il me tarde de lire autre chose pour respirer un peu. Avec Le Quatrième mur, j’aurai lu tout Chalandon ! Et je ne me lasse pas de vous répéter que Le Petit Bonzi vaut vraiment le coup d’être lu !

 

 

            Lorsque Tyrone tombe amoureux de celle qui sera sa femme : « J’avais des éclats de Sheila sous les paupières. »

« Un soir, je me suis couché scout en culotte courte. Le lendemain au matin, j’étais ce vieillard. Et entre les deux, presque rien. Une poignée d’heures. Des odeurs de poudre, de merde, de tourbe, de brouillard. »

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 11:29

 

             Ça y est, Manu est papa ! Comme tous les jeunes parents, Manu et Mariette voient leur vie chamboulée. La petite Capucine ne fait pas ses nuits, Manu est crevé, il fait des cauchemars, il est de mauvaise humeur avec sa compagne, il chante beaucoup pour calmer bébé, il la promène souvent en poussette. Quand Mme Mortemont vient la garder un soir pour que les parents puissent aller au cinéma, Manu n’est pas tranquille.

              Mais les parents restent des adultes, des adultes fragiles et influençables. Aussi, quand Christina Ignacio re-débarque dans la vie de Manu, une ancienne copine qui adorait tellement ses dessins, Mariette se venge à coups d’ex petit ami, Aymeric de Saintonge, qui lui offrait des fleurs, lui. Tout se détraque quand il se met à pleuvoir, à pleuvoir très fort, à pleuvoir sans cesse : le toit fuit, des copains raveurs se tapent l’incruste et Manu déprime. Comme par peur qu’il n’y en ait pas assez, il se promène tous les jours avec un gros paquet de couches roses….

              C’est toujours aussi bon et goûteux ! D’une incroyable justesse, les auteurs nous offrent des tranches de vie emplies de tendresse et d’humour. Snif snif, il ne me reste plus qu’un tome à lire et ce sera fini…

 

   19/20  

 

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 14:46

                          

                                     

            Découvert en livre, le texte (abrégé) présente deux particularités qui en font ses points forts : il est lu  successivement par une lectrice, Valérie Karsenti, et un lecteur, Christian Gonon. La forte présence de la musique traditionnelle chinoise rend également le voyage en Asie complètement réaliste.

            Les années 30, en Mandchourie. Une lycéenne de seize ans est tiraillée entre les traditions séculaires chinoises et une terrible envie de révolte. Elle passe le plus clair de son temps à jouer au go, ce jeu qui oppose deux adversaires autour d’un plateau (le goban), de pierres noires et de pierres blanches, sur la Place des Mille Vents. Alors qu’elle a offert son corps à Min sans être mariée (et sans l’ombre d’une hésitation !), elle tombe amoureuse d’un inconnu qui vient se placer face à elle pour jouer au jeu du go. Cet homme, c’est un officier japonais éduqué et formé pour envahir la Mandchourie et pour tuer. Cette rencontre quotidienne autour du go va le bouleverser lui aussi.

            Une petite histoire très belle au milieu d’une grande Histoire, laide et meurtrière. L’amour impossible entre un Japonais et une Chinoise dessiné au fusain et chantonné doucettement. Les mots de Shan Sa sont de petits grains de riz brillants soigneusement triés. Comme tout texte poétique, j’ai eu du mal à y entrer au début (la version audio n’aidant pas) mais j’ai tout de même rapidement pris plaisir à cette écoute. Il faudra m'expliquer pourquoi trois CD étaient nécessaires alors que le livre audio ne fait que  quatre heures...

Merci à la prêteuse !

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 11:19

            

            Comme dans le premier tome, les auteurs de ce très amusant livre d’images imaginent ce qu’aurait pu être l’origine d’un tableau. Si l’effet de surprise est passé, on se marre vraiment bien tellement c’est loufoque et cocasse, parfois absurde. Trois tableaux de Tiepolo montrent un Christ à terre portant péniblement sa croix sur son dos. Vous ne le saviez pas mais Jésus a glissé, une première fois sur un râteau, une deuxième fois sur un savon et une troisième fois sur une peau de banane. L’anachronisme fonctionne également à plein régime : si Van Gogh porte un bandeau dans son Autoportrait à l’oreille coupée, c’est tout simplement parce qu’il a passé trop de temps à écouter ACDC. Les femmes nues du Déjeuner sur l’herbe de Manet sont dans cette tenue parce qu’elles ont perdu une partie de strip poker.

            On sourit du début à la fin, on en voudrait deux cents pages de plus et quelle belle façon de découvrir ou redécouvrir les grandes œuvres de Millet, Raphaël, Brueghel l’Ancien ou encore Vélasquez !

 

19/20

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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 14:02

 

                  Une famille, en apparence ordinaire, vient passer, comme tous les ans, l’été dans un petit village de la côte norvégienne. Siri, la mère, gère deux restaurants. Elle a un passé lourd puis qu’elle a assisté à la mort de son petit frère, lorsqu’elle n’était qu’une enfant. Cette mort, sa mère Jenny, une vieille dame extravagante, lui reproche toujours implicitement. Et Siri fait tout pour lui faire plaisir jusqu’à organiser une grande fête pour ses soixante-quinze ans dont l’aïeule ne veut pas.

                  Jon, le père, est veule, lâche et menteur. Ecrivain, il peine à écrire le troisième tome de sa trilogie. Il trouve, par contre, du temps pour tromper son épouse avec des femmes qu’il ne désire pas vraiment. Jon et Siri ont deux filles, Liv, la petite dernière toujours enjouée et Alma, une jeune adolescente au comportement étrange et décalé. Tout bascule lorsque Siri fait appel à la belle Mille pour garder les filles tout l’été. La jeune femme, arrivée d’Oslo, se démarque par sa « beauté lunaire ». Le soir de l’anniversaire de Jenny, elle disparaît pour ne jamais revenir. Un petit garçon la retrouvera enterrée deux ans plus tard.

                  Ça aurait pu être un thriller, ça n’en est pas un. Un roman psychologique ? Un drame familial ? Pas tellement non plus. Ce flou littéraire peut être considéré comme un point faible mais aussi comme un point fort. Moi j’ai apprécié cette subtilité des genres. J’ai aimé suivre cette famille à la fois banale et particulière. Des malheurs croisés à des faiblesses humaines et un décor vraiment bien planté créent une tension qui rend cette lecture prenante et agréable. Il est question d’infidélité, de pardon, de tyrannie des apparences mais aussi d’une réflexion sur l’écriture. La grosse ombre au tableau, c’est la traduction qui m’a paru bien mauvaise (le titre le prouve !). Dommage.

                 Linn Ullmann est la fille du cinéaste Ingmar Bergman.

« crois-tu que les choses soient ainsi faites, […] qu’on écrive pour devenir un autre, et devenir un autre, est-ce la même chose que se fuir soi-même, ou cela peut-il aussi signifier quelque chose de plus ? Cela peut-il aussi s’entendre comme la nécessité de sortir de soi pour entrer dans un autre, vivre avec l’autre, respirer avec l’autre ? Si, par exemple, je marche sur un éclat de verre, peux-tu sentir combien c’est douloureux, le sentir dans ton pied, et l’écrire de façon à ce que tous ceux qui lisent le sentent, eux aussi »

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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 15:08

 

                 Ça faisait des lustres que je voulais découvrir cet auteur, à l’honneur lors de cette rentrée littéraire. Chose faite avec ce roman découpé en cinq parties presque égales.

                  Nous suivons cinq périodes de la vie du narrateur. Il y a d’abord le petit garçon qui assiste, impuissant, à la séparation déchirante entre sa mère et son père et la promesse qu’il fait à sa mère « Je ne te quitterai jamais ». Vient ensuite l’adolescence, le narrateur est devenu un beau jeune homme de dix-huit ans, il est mannequin pour un magazine masculin. Dans le troisième récit,  le personnage est marié, il trompe sa femme enceinte dans une soirée mondaine et arrosée et elle décède à la fin du chapitre. Quelques années plus tard, on retrouve l’homme en tant que père d’une petite Lili (le bébé aurait donc survécu !?) tout occupé à tenter de se débarrasser du nouvel amant de sa mère, le sosie parfait de son père. Enfin, c’est un père excédé par son adolescente de fille qui clôt cette biographie en cinq séquences. L’objectif est certainement de nous faire comprendre à quel point la mère du narrateur a été présente à tous les moments de sa vie de manière intrusive et envahissante. Une relation plutôt destructrice.

                 Si j’étais vraiment honnête, je dirai que le tout est sans intérêt, très vite oublié (j’ai eu du mal, à la fin du bouquin, à me souvenir du début…). Deux choses m’ont particulièrement déplu : la noirceur et le côté raté des personnages gouvernés par l’alcool et les liaisons sans lendemain ; et puis le style…. comme l’attestent les citations ci-dessous, j’ai trouvé ça plat et sans recherches particulières. La comparaison du regard brillant et du vernis à ongles est quand même digne d’une rédaction d’un mauvais 6ème.

                Malgré cette déception, je ne tournerai pas le dos à l’auteur.

 

« J’allai verser du gin dans mon Perrier car le soleil venait de disparaître derrière les arbres. » ???

« il a le regard brillant comme du vernis à ongles. »

« Si on aime le genre un peu renfermé, un peu cafardeux, elle est parfaite. Si on ne les aime pas bronzées et souriantes du matin au soir, si on ne doit pas tourner un clip en string pour MTV, si on préfère quelque chose d’étrange, une fille assez originale, inquiétante mais originale, alors on peut venir sonner à sa porte. »

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