Lundi 28 juillet 2014 1 28 /07 /Juil /2014 08:24

Oscar a toujours eu une vie pépère, tranquille, « raisonnable ». Marié à une femme qui le trompe, père de deux grandes filles adolescentes dont il ne s’est jamais vraiment occupé, il ne s’épanouit pas non plus dans un boulot monotone. Un jour, il se décide à « oser ». Des dépenses folles pour des fringues, des restaurants chics, une prostituée, de petits larcins,  des retrouvailles avec une prof dont il était fou amoureux, même une sortie à l’opéra … Pourquoi ces changement si radicaux ? Oscar est condamné !

Savoir qu’on n’a plus que quelques jours à vivre force l’homme à se poser des questions, à revenir sur son passé, à essayer de faire du vélo pour la première fois, à se confronter à un père (condamné lui aussi !) qu’il n’a jamais aimé.

C’est un livre assez violent qui touche la corde forcément sensible du lecteur. Profiter des derniers instants de la vie revient, pour Oscar, à faire tout et n’importe quoi, en accéléré : du judicieux et de l’insensé. Les dessins de Christian Durieux m’ont plu. La plupart du temps réalistes, ils laissent cependant une place à l’onirique, à l’irréel, tout à fait justifiés quand on se sent si proche de l’ « autre monde ». Le sépia domine, ponctué, ça et là, par des touches de couleurs vives, du jaune pour la collerette de la prof qu’il a aimée, du bleu pour le ciel qui voit Oscar faire du vélo pour la première fois, du rouge pour le tableau qu’il tente de peindre.

 

 

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Par Violette - Publié dans : Lectures - BD
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Vendredi 25 juillet 2014 5 25 /07 /Juil /2014 10:17

Galvanisée par l’humour de La Reine des lectrices mais plutôt déçue par les récits de So Shocking, il me fallait connaître une troisième expérience avec Sieur Bennett.

Le narrateur qui est aussi l’écrivain Alan Bennett aide un jour, à la fin des années 60, une vieille dame à pousser sa camionnette. Ce geste de sympathie qui n’est pas perçu à sa juste valeur lui vaudra un drôle de voisinage pendant plus de quinze ans.  En effet, l’écrivain se voit plus ou moins contraint de proposer à l’excentrique de venir garer sa camionnette dans son jardin. Il pense que c’est provisoire mais ça durera… quinze ans ! Cette Mme Sheperd est une originale qui s’habille avec des objets de récupération (un carton de Corn Flakes fait office de casquette à visière, par exemple), qui refuse la charité en menaçant les personnes bien intentionnées qui s’inquiètent de son sort et qui, en plus de son extravagance naturelle, est une malpropre qui fait sécher des serviettes hygiéniques dans sa camionnette. Rajoutons qu’elle n’est pas très polie mais qu’elle est persuadée qu’elle fera un jour de la politique avec Mme Thatcher.

Ne passons pas par quatre chemins : je n’ai pas aimé, je n’ai pas du tout adhéré à cette histoire, je n’ai pas compris où l’auteur voulait nous emmener : nous émouvoir avec une vieillarde quand même sacrément agaçante ? nous faire rire (je suis restée de marbre) ? nous montrer à quel point l’homme est généreux ? Le texte est archi court, d’une simplicité désolante, le style m’a semblé plat et sans intérêt. J’y réfléchirai donc à deux fois quand je me retrouverai devant un livre d’Alan Bennett.

« Je travaille dans le jardin lorsque MissB., l’assistante sociale, débarque avec un carton de vêtements. Non sans réticence, Miss S. ouvre la portière de sa camionnette, plongée dans l’écoute de Any Answers, mais finit par s’asseoir au bord du véhicule pour examiner les vêtements. Elle n’a pas l’air emballé.
Miss S. : J’avais simplement besoin d’un manteau.

Miss B. : Eh bien, je vous ai apporté trois, au cas où vous auriez envie de changer.

Miss S. : Je n’ai pas la place d’en ranger autant. Et puis, je comptais justement laver celui-ci. Cela m’en fait donc quatre.

Miss B. : Je vous ai aussi apporté ma vieille pèlerine d’infirmière.

 

Miss S. : J’ai déjà un imperméable. D’ailleurs le vert ne me va pas. »

Par Violette - Publié dans : Lectures - Romans et récits
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Mardi 22 juillet 2014 2 22 /07 /Juil /2014 16:12

Au Moyen Age, que ce soit dans le village ou dans la forêt, on craint la sorcière Saturnia, et un preux chevalier tente de capturer cette blonde évanescente si rapide.

Sur les remparts du village, les arbalétriers veillent sur le sommeil des habitants pendant qu’au cimetière, les morts prennent vie sous la forme de fantômes tout verts.

Ajoutez à cela quelques rêves démoniaques et une histoire d’amour impossible et vous aurez peut-être compris que je n’ai pas retenu grand-chose de cette BD aux dessins pourtant attrayants. C’était un bide total ! Peu besoin de lire la biographie de l’auteur pour savoir qu’il s’inspire beaucoup de Joann Sfar, ça se voit ! Les figures et les yeux sont ronds, les traits naïfs et les couleurs vives mais je n’ai absolument pas accroché ! Dommage ! (j’avoue que la période médiévale est celle que j’aime le moins, ceci explique peut-être cela…)

 

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Par Violette - Publié dans : Lectures - BD
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Samedi 19 juillet 2014 6 19 /07 /Juil /2014 21:47

Ravie d’avoir trouvé, enfin, une écriture nouvelle avec l’étonnant Demain dans la bataille pense à moi, j’avais très envie de poursuivre le chemin tracé par cet auteur. Je ne le regrette pas !

Juan, la trentaine bien entamée, se pose des questions sur l’avenir de son couple. Il vient de se marier avec Luisa et il ressent comme un malaise inexplicable face à ce qui l’attend. Son père, lors du jour même du mariage, ne le rassure pas en lui posant cette question perfide « Et maintenant ? ». Encore un élément qui vient augmenter l’inquiétude qu’il ressent : il surprend, dans une chambre d’hôtel à La Havane, lors de son voyage de noces, une dispute entre deux amants. Lui s’appelle Guillermo et il promet à sa maîtresse, Miriam, de quitter son épouse restée en Espagne. La discussion est passionnelle et violente, surtout lorsque Miriam ordonne à son amant de tuer sa femme.

Mais c’est surtout le passé du père de Juan, cet homme encore séduisant qui s’est marié trois fois, dont deux femmes sont mortes dans d’étranges circonstances, qui trouble de plus en plus le narrateur. Il va découvrir la vérité dans des conditions particulières : terré dans sa chambre, il va entendre le père de Juan se confier à Luisa dans le salon de leur appartement.

Roman surprenant qui s’ouvre sur un suicide (à la cinquième ligne !) ; déroutant, envoûtant, il m’a remuée à chaque page. Avec Javier Marias, on a l’impression de découvrir une langue nouvelle (le livre a été publié en 1993 ! ), une vision nouvelle par l’intermédiaire de personnages à la fois originaux et si proches de nous. Tantôt comique ou répétitif, tantôt dramatique ou poétique, les tons varient avec une rapidité et une aisance déconcertantes. Les longues phrases qui m’avaient un peu contrariée dans Demain dans la bataille pense à moi m’ont vraiment pas dérangée ici (ou sont-elles plus courtes ?), c’est un style qui demande à être apprivoiser, je pense y être arrivée, je vais donc continuer à lire du Javier Marias…

« Ecouter est des plus dangereux, c’est savoir, avoir connaissance et être au courant, les oreilles n’ont pas de paupières qui puissent se clore d’instinct à ce qui est prononcé, elles ne peuvent se préserver de ce que l’on pressent que l’on va entendre, il est toujours trop tard. »

 

« Personne, ou presque, n’imagine quoi que ce soit, du moins quand on est jeune, et on est jeune bien plus longtemps qu’on en el croit la vie entière semble irréelle,  quand on est jeune. Ce qui arrive aux autres, les malheurs, les calamités, les crimes, tout cela nous est étranger, comme si cela n’existait pas. Même ce qui nous arrive nous semble étranger une fis passé. »

Par Violette - Publié dans : Lectures - Romans et récits
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Mercredi 16 juillet 2014 3 16 /07 /Juil /2014 14:03

Lors d’un dîner en famille, alors que les parents se battent pour que Lucas et sa petite sœur Leïa vident leur assiette, Lucas pose la question qui tue : « Comment t’as rencontré maman ? » à son père. S’ensuit un long récit qui occupera plusieurs soirées.

Tout a commencé en 1986, lorsque maman et papa avaient 9 ans. A cet âge et surtout à cette époque, les enfants traînaient dans les rues, des clans se formaient et des jeux plus ou moins violents distrayaient les mômes.  La passion d’Etienne et de ses copains, c’étaient les pirates. Les garçons décident de déclarer la guerre au clan opposé mené par La Grande Rousse, une fille courageuse et rusée. Sur fond de chasse au trésor et armés de sabres et surtout d’insultes, les enfants se battent. L’objectif réel d’Etienne est d’approcher la jolie et discrète Marie, la fille aux longs cheveux noirs, à qui il envoie des lettres d’amour. Bien sûr, Lucas et Leïa voient Etienne et la petite Marie dans les personnages des deux chefs de clan, mais une petite surprise créera l’effervescence dans la famille…

Avec cette évocation d’une enfance belliqueuse, La Guerre des boutons n’est pas loin, sauf que ça se passe au Québec et que ça s’entend parfois ! Les références aux années 80 sont nombreuses et réveilleront des souvenirs de certains lecteurs. J’ai bien aimé cette histoire à la fois naïve et cruelle (comme le sont souvent les enfants) qui est à l’origine d’une grande histoire d’amour. Des couleurs, il n’y en a que trois : du blanc, du noir et du brun clair. Les traits sont précis et les quelque 143 planches raviront les lecteurs qui, comme moi, trouvent toujours les BD un peu trop courtes… Dans la description des batailles, j’ai trouvé les dessins des visages un brin trop crus, proches des zombies (qui n’ont rien à faire ici). 

Lorsque la piraterie s’associe à l’amour : « D’après vous, quelle est la principale raison d’exister des pirates ?? […] A quoi sert tout l’or du monde, les victoires sur les champs de bataille, l’aventure et le large… A quoi bon découvrir de nouveaux continents, entrer dans la légende… à quoi bon composer des chansons en notre honneur s’il n’y a pas… les femmes ! C’est le destin de tout pirate d’épouser les plus belles femmes !!!!Que ce soit la fille d’un capitaine du clan ennemi, une riche comtesse sur un navire de guerre portugais ou une jeune veuve abandonnée au cœur d’une ville côtière saccagée par notre clan ! »

 

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Par Violette - Publié dans : Lectures - BD
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