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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 12:11

 

 

            Après avoir apprécié la lecture de la pièce « Art », j’ai voulu découvrir un autre pan du travail de cet auteur.

             Henri et Sonia sont parents du petit Arnaud. On est dans leur salon, un soir. Une dispute commence parce qu’Arnaud, qui est déjà au lit, réclame à manger. Sonia choisit l’intransigeance : cet enfant s’est brossé aux dents, il est au lit, il n’aura rien. Henri est plus indulgent, il est prêt à lui donner un quartier de pomme. Oui, mais l’enfant (qu’on ne verra jamais sur scène) en veut toujours plus, ce qui augmente la tension dans le couple. Ils crient. On sonne à la porte. C’est un couple d’amis, les Finidori qui devaient venir le 17… mais on est le 17 ! Les hôtes affolés, accueillent tant bien que mal leurs invités. Placards et frigos sont vides, on attendait les Finidori le lendemain soir.  Ils font ce qu’ils peuvent avec chips, Babybel et Fingers… Il s’agit d’un rendez-vous intéressé, Henri a besoin de Hubert pour grimper les échelons dans sa boîte.

           Deuxième acte ou chapitre ou version : on prend les mêmes et on recommence. Cette fois, le métier d’astrophysicien des deux hommes est mis en valeur, comme pour mieux accentuer le manque de mérite des femmes qui ne comprennent rien à rien.  Hubert fait du gringue à Sonia qui l’accepte volontiers.

            Dans la troisième et dernier version, les personnages se révèlent encore davantage, le ton se fait plus acerbe, Hubert court littéralement après Sonia et réussit à l’embrasser.  On a mis un DVD à Arnaud qui vit sa petite vie d’enfant, seul, dans la pièce d’à côté.

           La lecture fut divertissante, l’idée de départ est excellente et le début m’a beaucoup plu mais j’aurais aimé que l’auteur enfonce davantage le clou quitte à ridiculiser complètement les personnages, on est dans une comédie satirique quand même ! La dernière version est trop courte et m’a laissée sur ma faim. Dommage. A noter que Yasmina Reza elle-même a joué le rôle d’Inès (la femme de Hubert), aux côtés notamment, de Richard Berry et de Catherine Frot.

 

Je participe encore et toujours au challenge théâtral d’Eimelle :

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17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 18:07

 

 

            Début d’année, je m’étais fait la promesse de m’atteler à la littérature britannique. Il faut avouer que je n’ai jamais rien lu de Dickens … Eh bien, figurez-vous que j’ai eu un mal fou à trouver ce roman en version intégrale, et pire, je pensais avoir commandé le bon et, à sa réception, je me rends compte que c’est une version abrégée (oui, j’ai l’art de me débrouiller parfois très mal !)

           Le narrateur, qui s’avère aussi être l’auteur puisque l’œuvre est en grande partie autobiographique, aurait pu vivre une enfance heureuse même sans connaître son père mort avant sa naissance, aimé et couvé qu’il l’était par sa mère et sa nourrice, Peggotty. Mais sa mère, timide et influençable, se marie avec M. Murdstone, un homme autoritaire et cruel qui maltraite l’enfant avant de l’envoyer dans un pensionnat sordide où David sera très malheureux. Un drame s’ajoutant à un autre, sa mère meurt après avoir donné naissance à un petit frère qui décède aussi. Accompagné de Peggotty qui l’emmène en vacances, le jeune David vit de petits boulots, fait des rencontres qui, bonnes ou mauvaises, vont lui permettre d’avancer dans une existence difficile et de se construire une identité. Grâce à une patience et une persévérance admirables, il réussira à devenir journaliste puis écrivain.

             Roman d’apprentissage, portrait de la société anglaise victorienne, dénonciation de la maltraitance des enfants, éloge du travail et de la fidélité dans tous les sens du terme, … ce roman a tout pour être un classique et un livre culte. Ce qui m’a surprise parce que je l’avais déjà trouvé chez Charlotte Brontë avec Jane Eyre, c’est cette candeur merveilleuse et bouleversante à la fois du narrateur enfant mais aussi du narrateur adulte. S’ajoute un humour délicat presque omniprésent, notamment avec les personnages de la tante Betsy, femme moderne avant l’heure, gaie et optimiste (qui a adopté David, pour son plus grand bien), ou encore M. Dick, cet être fantasque car un peu fou, qui apporte une touche de couleur dans un univers anglais parfois bien sombre.

           La version abrégée m’a un peu frustrée parce que je sentais bien qu’il me manquait des morceaux, quand des personnages apparemment cruciaux entraient en scène alors qu’on les avait à peine évoqués auparavant… Quelle idée quand même que ces romans abrégés ! Est-ce qu’on coupe des films parce qu’ils sont trop longs ? En tous cas, je me plongerai avec plaisir dans d’autres romans de Dickens, en version intégrale cette fois-ci !

           La première visite à Salem-House, le pensionnat qui deviendra le nouveau foyer de David : « Il me mena dans la salle d’étude ; jamais je n’avais vu un endroit si lamentable et si désolé. Je la revois encore à l’heure qu’il est. Une longue chambre avec trois rangées de bancs, et des champignons pour accrocher les chapeaux et les ardoises. Partout des débris informes de vieux cahiers déchirés. Il règne dans la pièce une odeur malsaine, composée étrange de cuir pourri, de pommes renfermées et de livres moisis. Il ne saurait y avoir plus d’encre répandue dans toute la pièce, lors même que les architectes auraient oublié d’y mettre une toiture, et que pendant toute l’année le ciel y aurait fait pleuvoir, neiger ou grêler de l’encre. »

           Lorsque l’auteur critique les dévots : « …  ce qu’ils appellent faussement leur religion n’est qu’un prétexte pour se livrer librement à toute leur mauvaise humeur et à toute leur arrogance. […] ils se font détester, et comme ils ne se gênent pas pour condamner au feu éternel, de leur autorité privée, quiconque les déteste, nous avons pas mal de damnés dans notre voisinage. Cependant, […], ils en sont bien punis eux-mêmes à toute heure. Ils subissent le supplice de Prométhée, à cela près que ce sont eux-mêmes qui se dévorent le cœur, et comme leur cœur ne vaut rien, ça ne doit pas être très régalant. »

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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 21:03

 

           Nous sommes au XVIIIème siècle, dans le Périgord. Un étrange voleur vêtu de noir et surnommé « Le Renard » rôde et prend aux riches pour donner aux pauvres. Maud est une jeune fille téméraire qui excelle en escrime et qui admire secrètement Le Renard.  Son père forgeron lui fait cadeau d’une magnifique épée avant de se faire mystérieusement assassiner par un homme blond à qui Maud a laissé une cicatrice sur le visage. Désormais sans père ni mère, Maud est recueillie par son grand-père, le comte de La Roche. Elle ne supporte pas le monde de la noblesse, refuse de se marier et n’a qu’une idée en tête : venger la mort de son père.

           Lecture familiale d’une BD qui a tout pour plaire : les images sont sympathiques, l’intrigue est haletante, il est question d’amour, de vengeance, de mérite. Les enfants ont adoré, moi aussi. C’est romanesque, souvent drôle, mystérieux, un brin manichéen (et parfois sans surprise) mais il s’agit d’une BD jeunesse alors on lui pardonne. Il existe apparemment dix tomes, on aura donc de quoi occuper nos débuts de soirée !

« 16/20 »

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Published by Violette - dans Lectures - jeunesse
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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 20:47

 

 

              Découvert en livre audio, ce roman est aussi pour moi une première approche de l’auteur.

              La guerre 14-18 vient de se terminer, le gardien Dujeux ne détient plus qu’un seul prisonnier dans une caserne désaffectée d’un petit village du Berry : Jacques Morlac. L’atmosphère caniculaire est d’un calme étouffant mais c’est sans compter le chien du détenu : un clébard nommé Guillaume qui hurle à la mort nuit et jour.

                Le juge Lantier veut clore sa toute dernière affaire dans la sérénité, il tient à excuser le prisonnier pour son acte et veut lui éviter une peine trop lourde, mais Morlac souhaite qu’on le condamne sévèrement pour ce qu’il a fait.  Les interrogatoires et discussions entre les deux hommes ainsi que la brève enquête de Lantier vont révéler des éléments primordiaux sur le passé et la vie de Morlac. Valentine, l’ancienne maîtresse de Lantier va y occuper une grande place, mais le chien au « collier rouge » aura aussi son rôle à jouer.

               Allant à l’essentiel, Rufin met deux hommes à nu. La guerre les a changés mais leurs lectures peut-être aussi. Superbement lu par l’auteur lui-même (l’idéal, quoi !), ce livre m’a fait penser à plusieurs reprises à Victor Hugo, Le Dernier jour d’un condamné, et Claude Gueux aussi. Les références parlent d’elles-mêmes, c’est du très bon que nous avons là. Une pureté dans la simplicité et une lecture marquante tricotant avec brio quelques thèmes comme la loyauté, la justice, l’humanité, la fidélité.

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Published by Violette - dans Livres audio
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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 18:45

 

 

            Pièce de théâtre en 14 séquences qu’on peut aisément qualifier de « drame ». Mauvignier, qui s’est illustré dans l’écriture de récits (Autour du monde), se fait connaître ici en tant que dramaturge.

            Un homme, le Père, revient dans sa maison familiale à l’occasion de l’enterrement de son père. Accompagné de sa femme, la Mère, il rencontre Elisa, une jeune fille discrète qui affirme être sa fille. En effet, le Père et la Mère ont perdu leur fille aînée une dizaine d’années auparavant, mystérieusement disparue près d’un bois, non loin de cette maison familiale.

            Alors que la Mère ne veut même pas rencontrer cette fille qu’elle accuse de n’être qu’une usurpatrice, le Père fait venir le Fils de la ville. Lui aussi a son mot à dire, lui aussi veut sans doute revoir sa sœur dont la disparition a hanté toute la famille. Mais la Mère s’entête, cette Elisa ne peut être sa fille, le Père aimerait y croire. Les cordes trop tendues lâchent, la mère avoue qu’elle ne peut voir revenir une fille qui a grandi,  qui n’est plus telle qu’elle l’était alors : « Elle a six ans et elle aura toujours six ans. »

           Après le calme du début de la pièce, la tension monte, les vérités claquent, les faux-semblants se révèlent au grand jour. Le style de Mauvignier apporte une puissance à cette histoire de fille retrouvée (ou non retrouvée, la pièce ne donne pas de réponse), une force aux relations si fragiles des personnages. J’ai trouvé de nombreux points communs entre ce texte et Le Voyageur sans bagage d’Anouilh mais ici, on insiste sur ceux qui restent, sur cette mère qui pense que son mari en sait plus qu’elle, sur ce fils à qui on ne fête plus les anniversaires avec le même engouement, sur la vie qui prend finalement un masque, un masque sordide, on fait semblant de vivre sans en sentir la vraie saveur.

          Un joli moment de lecture. Les indications scéniques, très importantes et très précises, sont tout aussi intéressantes que les répliques. L’auteur privilégie la sobriété et la simplicité pour mettre en valeur les êtres et les sentiments exprimés : « Ce qui travaille d’abord, c’est la notion de frottement : l’intime se joue entre les êtres sur le plateau. Silences, dénis, non-dits, souffles entre les corps. »

          Le cri du cœur d’une mère pour son fils, pour « celui qui reste » … : « Tout mon amour… mais c’est elle mon amour, c’est à elle que je l’ai donné, à son absence, à son manque… tout mon amour c’est ce qui me déchire toutes les minutes de ma vie alors… qu’on donne tout à celui qui reste ? Mais… je ne peux pas, je n’ai jamais pu. Et le pire, c’est que de toute façon, je ne veux pas. Tu entends ? Je ne veux pas. »

 

Et je participe au challenge d’Eimelle !

 

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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 20:36

 

 

            Gabrielle est une Parisienne d’une quarantaine d’années. Très active, elle travaille dans l’événementiel et adore sa ville, la ville en général. Mariée à un chirurgien plastique et mère d’un grand ado, elle est un peu agacée par un héritage qu’elle vient d’acquérir : une maison délabrée dans un coin de campagne perdu à des centaines de kilomètres de Paris. C’est donc bon gré mal gré qu’elle s’y rend. C’est le point de départ d’une nouvelle vie. Première surprise : sa mère décédée depuis peu avait une sœur, et c’est cette tante qui lui lègue maison et terrain. Cette vieille bonne femme a l’air étrange mais cependant bienveillant.

              Deuxième surprise : le terrain acquis ne compte pas une maison mais deux. Alors que, pour la première fois de sa vie, Gabrielle semble jouir de la nature en se baignant dans la rivière, en écoutant les oiseaux, en respirant le parfum des fleurs, elle ressent un bien-être jamais éprouvé auparavant. Pourtant, en approchant la seconde masure, c’est le contraire : froid, courants d’air inexpliqués, malaise, … C’est en arrivant sur les lieux d’un grave accident de la route que Gabrielle va découvrir son « don » : elle se met à rassurer les agonisants, à les conduire sereinement vers la mort, à guérir les blessés. Gabrielle rejette ce qu’elle a vécu mais sa tante puis d’autres personnages bénéficiant des mêmes dons, vont l’entourer et l’accompagner.

              L’auteur nous apporte (courageusement je dirais !) une longue réflexion sur la mort, sur l’ « après-vie », sur la communication entre les vivants et ceux qui viennent de mourir. Son style est tel qu’on se prend très vite au jeu, on plonge dans cet univers mystérieux à la fois enchanteur et inquiétant.

              J’ai adoré la première moitié du roman, quand s’opère un glissement (assez rapide) entre la vie matérialiste, cartésienne et hyperactive de Gabrielle à une existence plus ésotérique, plus spirituelle, plus posée. L’héritage est décrit comme un lieu enchanteur qui m’a à la fois rappelé des souvenirs d’enfance à la campagne et des souvenirs de lectures (Robert Sabatier ou encore Le Grand Meaulnes). Pour moi qui ne crois (plus) en grand-chose, l’auteur est allée un peu trop loin et parfois, le roman a frôlé le style de certains livres fantastiques pour la jeunesse. Les passages philosophico-mystiques sauvent cependant le roman et l’empêchent de couler malgré son happy end un peu trop mièvre à mon goût. Le bilan est cependant très positif, c’est un livre qui ouvre l’esprit (c’est le cas de le dire !), qui fait réfléchir, qui bouscule et rassure tout à la fois. Coïncidence ? ma première lecture de cet auteur (La Vie d’une autre) avait été maculée par l’annonce de la mort d’une amie très chère. Et mes premières réactions avaient été l’étonnement de ne pas avoir de « signe » venant de sa part… Cette deuxième découverte de Deghelt constituerait-elle une réponse ?

 

           Les sages paroles de la tante :« Par une sorte de prétention dont l'origine est impossible à retrouver, nous sommes partis sur une route où ce qui n'est pas explicable est indigne d'être cru. Nous avons lié comprendre et croire, savoir et choisir, expliquer et agir. Ce n'était pas nécessaire. Vois-tu, je suis ce que je sens, même si je ne peux pas l'expliquer. Je choisis la voie qui donne de la cohérence à mon existence, même si je ne sais pas tout, j'admets sans comprendre et, si je me suis trompée, je ne le saurai jamais. Mais si j’ai raison, parce que ma flamme intérieure brûle d’un feu immense que je relie à ce mystère, alors, je serai comblée.  A tout prendre, je préfère penser que tout a un sens, une direction, que la mort est une voie d'accès, la souffrance, une étape, et l'incompréhension un plan qui m'échappe. »

« Le corps est en quelque sorte le prédateur de l'âme. Comme la plante à laquelle s'accroche le visiteur parasite, il ne peut vivre qu'en sa compagnie. Une fois accroché à elle, il lui ôte toute liberté de penser que, sans lui, elle vivrait. C'est sa plus grande prédation : tuer en nous l'idée de l'immortalité. Il est important de clarifier ces priorités. Il n'y a que l'amour qui compte. Il y a bien longtemps que la peur qui te cloue au sol m'a quittée. »

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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 15:49

 

 

              Angleterre, 1918. Miss Adélaïde Crumble est une institutrice à la retraite. En plus d’être encore sexy, elle a un caractère bien trempé et a pour habitude d’aider la police dans la résolution d’obscures enquêtes. Celle qui nous intéresse est d’ailleurs corsée : à la fin de la guerre, le comte Crackersmith qu’on croyait mort depuis quatre ans, revient en excellente santé. Son retour signe aussi le début des ennuis : Miss Plumcake la remplaçante d’Adélaïde se fait agresser, le lieutenant Harlow est retrouvé mort, … les crimes s’enchaînent avec un point commun : des traces de boue de bottes. C’est ainsi que l’éventuel tueur est surnommé « le Monstre Botté ».

              L’intrigue dense et complexe semble pourtant des plus classiques. Evidemment, on pense (avec plaisir) à Agatha Christie. Tout y est pour créer une ambiance so british : le thé, les bonnes manières, les petites lunettes sur le bout du nez, les ragots des voisins et les petites mesquineries entre bonnes femmes… C’est sans compter les bonnes surprises finales où l’album prend un aspect un peu plus rock’n’ roll ! J’ai beaucoup aimé sans cependant connaître l’album 7 Détectives dont on a extrait chacun des personnages pour leur dédier un album à part entière (si j’ai bien compris). Les personnages sont délicieusement typés : l’énorme Miss Flange qui n’arrive pas à faire passer ses grosses fesses par la porte du jardin de Miss Crumble ou encore la femme du comte (la veuve qui n’en est plus une !), Beatrice, qui représente parfaitement la richissime alcoolique désespérée.

                        Je lirai la suite qui est déjà parue (les tomes 2 et 3, plus précisément).

 

« 16,5/20 »

 

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Published by Violette - dans Lectures - BD
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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 14:17

 

 

            D’emblée, Florence Cestac et Daniel Pennac assument leur collaboration, on les retrouve dans un bistrot parisien, Pennac expose les grandes lignes de son projet à la dessinatrice : ce sera une histoire d’amour, un « amour exemplaire ». Serveurs et clients se mêlent à la discussion, commentent le récit de Pennac pendant toute la BD.

            Daniel Pennac raconte l’histoire de ses voisins qui l’a toujours fasciné : Jean et Germaine Bozignac se sont unis malgré l’avis de leur famille respective. Jean est laid, c’est un oisif, un tricheur au jeu, il ne travaille pas car « en amour, le travail est une séparation ». Ils acquièrent quelques biens, minuscule maison, Dauphine rouge, etc. grâce à un héritage de livres de collection. Ils ne veulent pas d’enfants car « en amour, pas d’intermédiaire ». Pennac est spectateur de cet amour exclusif, idéal, très rare, solide, cet « amour exemplaire ».

             Je fais partie des (rares ?) lecteurs qui aiment les dessins de Cestac. Je dirais que j’ai appris à les aimer, que je les ai apprivoisés, ou qu’ils m’ont apprivoisée. Ces gros nez qu’elle attribue à tous ses personnages permettent de les mettre à pied d’égalité, ils sont tous moches, justice est rendue… J’ai beaucoup beaucoup aimé cet album, il est frais, gai, on rit pas mal, il nous raconte une jolie histoire d’amour sur fond de citations de Proust, Céline ou Montaigne. Un seul reproche, c’est trop court ! On en voudrait encore quand la dernière page est tournée. Cestac est au summum de sa forme, les dessins sont colorés, ronds (ben oui !), radieux. A lire ! En plus c’est une histoire vraie…

Un autre album de Cestac que j'ai aimé : Le Démon d'après-midi.

 

« Le toit à refaire : « Les Fleurs du mal » édition Poulet-Malassis et de Broise – 1857. La cuisine : « Histoires naturelles » de Jules Renard, 1899. La piaule : Rimbaud, « Les Illuminations ». Publications de la Vogue, 1886. »

« J’aimais les regarder vivre, je crois. Tous les jours, elle lui astiquait le crâne. Quand tu sors, je veux que cela fasse net ! J’aimais aussi les écouter se faire la lecture. »

 

« 18/20 »

 

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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 19:13

           Voilà un billet que j’aurais pu me passer d’écrire…

           Est-ce que vous avez déjà rencontré une personne tellement belle que vous n’écoutiez plus ce qu’elle disait, trop occupé à l’admirer ?  Moi j’ai entendu, avec ce livre audio, une voix rauque et sensuelle qui m’a fait complètement oublier que je devais écouter l’histoire qu’elle racontait. Je n’ai absolument rien retenu de ce roman si ce n’est qu’un certain Frank s’est échappé d’un asile psychiatrique pour retrouver sa sœur (même pas sûre qu’il s’agisse de sa sœur…). Ça se passe aux Etats-Unis. Et puis voilà.

          Le support livre audio a ses limites, ou alors, est-ce moi qui ai des limites. Bref. Ça a été un superbe fiasco, j’ai vraiment écouté la très belle voix d’Anna Mouglalis comme on écoute une musique agréable en langue étrangère. C’est dommage parce qu’il me semble que ce livre est un très grand roman et Toni Morrison, un très grand écrivain.

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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 18:29

 

 

            C’est vraiment parce qu’on m’a dit beaucoup de bien de ce livre que je l’ai lu… je ne suis pas une adepte des récits post-catastrophe (j'ai, par exemple, détesté D'autres vies que la mienne de Carrère) mais pour celui-ci, c’est différent.

            Nous sommes en mars 2011, un séisme d’une magnitude de 9,0 et un tsunami dévastateur ont provoqué la mort de plus de 18000 personnes et ont ravagé un Japon alors en deuil. Qu’a-t-on fait ce jour de grande tragédie dans le reste du monde?  En nous emmenant en mer du Nord, aux Bahamas, à Jérusalem, à Rome, au large de la Somalie ou encore à Paris, l’auteur nous fait voir un petit morceau de vie de gens touchés de près par la catastrophe, de loin, ou pas du tout. D’après moi, ce séisme n’était qu’un prétexte à ce tour du monde … et pourtant, il est vrai que lorsqu’une tragédie frappe un endroit même lointain, le monde vibre, on ressent quelque chose de particulier, on se sent plus humain, peut-être plus solidaire et il me semble que Mauvignier a voulu rendre hommage à ce fil si ténu qui nous relie tous, en tant qu’êtres humains. Qu’on soit bon ou mauvais, qu’on soit Blanc ou Noir, qu’on soit riche ou pauvre, ambitieux ou sans tempérament, gay ou hétéro, courageux ou lâche, on vit dans la même maison, cette Terre où il nous faut cohabiter, tant bien que mal. Quand certains dorment, d’autres se déchirent, s’aiment ou meurent. La brièveté des textes rend cette simultanéité, cette diversité, presque palpable, et tout à fait passionnante.

                On aurait pu aussi parler d’un recueil de nouvelles ; une petite transition permet cependant d’unir les quatorze histoires si différentes, longues ou courtes, et la lecture devient fluide, d’une fluidité très agréable. Dans une même phrase, on passe d’une rue moscovite à un hôtel de luxe à Dubaï, d’un avion en direction des chutes du Niagara à un safari africain.

             J’ai beaucoup aimé ce livre, ce style intense et sans concession, ce tour du monde en 372 pages. Le souffle de l’écriture n’est pas celui d’une tempête mais il m’a suffisamment convaincue pour que j’aille lire une deuxième fois, au moins, ce Mauvignier qui plaît tant à certains…

 

« Ils ont envie de déconnade et de légèreté pour soulever leur quotidien, parce qu’ils ont compris que seuls les poids plumes arrivent à soulever des montagnes. »

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