Samedi 28 novembre 2009
     Conseillée par beaucoup beaucoup, je me suis enfin procurée cette BD... et je dois dire que je ne vois pas trop pourquoi elle mérite tant d'ovations!


    Les vacances d'hiver de quatre gugusses : Lapinot, Pierrot, Richard et Titi. La trentaine, une vie amoureuse un peu bancale, des remarques bêtasses et des petites galères à la pelle.

     Il y a Richard, le gros frimeur qui entraîne les autres sur toutes les pistes, Titi, celui qui veut toujours aller en boîte, Pierrot l'intello qui est capable de réciter la première phrase de La Raison Pure de Kant et enfin, Lapinot, le trouillard de la bande, qui, avec les filles,  "ne se sent pas d'entamer une relation maintenant"... et qui chausse du 88 (!)

   Je connaissais (quand même) déjà les têtes de ces personnages, est-ce d'ailleurs pour cette raison que la BD ne m'attirait pas? Il est clair que les tronches des types sont uniques.

    Je donne sans doute l'impression de n'avoir pas aimé du tout, non, j'ai été déçue, je n'ai pas trouvé ça exceptionnel ni hilarant, mais je lirai la suite.
Il s'agit d'ailleurs du "zéroïème tome", en route pour le premier alors...


Le site de l'auteur : http://www.lewistrondheim.com/
Lewis Trondheim se distingue aussi par le fait qu'il refuse d'accorder des interviews aux journalistes, arguant que tout est dit dans ses œuvres. Pour ses autographes, il a pris pour habitude d'accompagner sa signature et ses dessins personnalisés de la mention « Approximativement ».
Par Violette - Publié dans : Lectures - BD - Communauté : Chronique de nos lectures
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Vendredi 27 novembre 2009
 Michel Quint utilise les mêmes ingrédients : une citation d'Apollinaire en guise de titre, un récit enchâssé, un enchevêtrement d'histoires liées également à l'Histoire, un va-et-vient passé/présent avec une petite lucarne rose ouverte sur l'avenir et des surprises en veux-tu en voilà...

    Le narrateur est montreur de marionnette mais aussi ludothérapeute, il se rend dans les hôpitaux pour distraire, voire soigner les enfants malades. C'est au chevet de Louis, un adolescent plongé dans le coma, qu'il se rend cette fois-ci. A travers ses marionnettes, Suzy et Momo, il raconte sa propre vie. Une vie faite de mensonges, de blessures, de pertes d'êtres chers mais aussi de retrouvailles.
    Enfant, le narrateur n'a pas connu sa mère,le seul héritage qu'elle lui a laissé, c'est cette marionnette, Suzy, qui lui ressemble tant. Le père, quant à lui, se montre maladroit dans l'éducation de son fils (il lui trouve un "ami de location" qu'il soudoie pour que son fils ne soit pas seul) mais aussi dans ses amours (il ne sait pas séduire cette belle Algérienne, Aïcha).
Le narrateur, lui, n'aime que la fille d'Aïcha, Halva. Aïcha lui offrira Momo, fabriqué par ses soins avec un peu de ses propres cheveux. "Et j'ai pas pu, mes yeux sont devenus comme quand je les ouvrais sous l'eau dans la baignoire, j'ai écrasé Momo sur mon coeur, et je suis monté d'une traite à ma chambre. Et j'ai présenté Momo à Suzy. Tout de suite, pas à me tromper, ils se sont aimés, Suzy sur mon bras gauche, Momo sur le droit. Ils ont rien dit, juste tendu les bras et leurs mains se sont touchées, et Suzy s'est laissée aller contre Momo ; et voilà, pas la peine d'en dire plus..."
Le narrateur apprendra aussi  que son père militait pour l'OAS, que sa mère a manqué de l'assassiner... Fi du manichéisme, personne n'est tout bon ni tout mauvais dans ce livre.
Quint nous prouve une fois de plus, son profond respect pour les artistes, leur manière si subtile et si touchante de communiquer les sentiments...
   Je ne saurais dire pourquoi mais j'ai moins accroché avec ce livre-là, pourtant beau et touchant. C'était peut-être le livre de Quint de trop. Il faut savoir faire une pause même avec les meilleurs...

   Une petite remarque concernant les couvertures des éditions Joelle Losfeld, toujours simples et magnifiques... sauf que pour celle-ci, une petite erreur a été commise, Gardel, le narrateur maniait des marionnettes à gaines et non à fils (oui, oui, c'est très important... )
Par Violette - Publié dans : Lectures - Romans et récits - Communauté : Chronique de nos lectures
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Mardi 24 novembre 2009
    Le texte n'est pas de moi mais tout y est !

   "Actuellement, le temps de travail d'un enseignant de collège ou de lycée est de 18 heures par semaine. C'est, pour les professeurs certifiés, le seul élément fixe et clair relatif au temps de travail qui leur est demandé. Il a été fixé par un décret datant de 1950.
   Rendez-vous compte! 18 heures par semaines! Quel salarié ne voudrait pas travailler aussi peu pour d'aussi bons salaires? Comment le législateur a-t-il pu créer en 1950 un statut aussi avantageux?
 
   En fait, ce temps a été conçu en prévoyant qu'un enseignant travaille 1,5 heures chez lui pour une heure devant élève afin de préparer ses cours, évaluer les élèves et actualiser ses connaissances dans sa discipline. Cela fait 18 fois 2,5 heures (1 devant les élèves et 1,5 à la maison), soit 45 heures hebdomadaires. En effet, le temps de travail légal de l'époque s'il était légalement de 40 heures par semaine, était en réalité de environ 42 h par semaine, sur 50 semaines.
   Mais que s'est-il passé depuis pour les enseignants? Rien! Alors que pour les autres salariés il y a eu la troisième semaine de congé payé en 1956, puis quatre en 1969. Les 40 heures réelles ont été atteint au début des années 70 (elles étaient un droit depuis 1936).  
   Mais ça n'est pas fini : il y a eu les 39 heures et la cinquième semaine en 1982, puis les 35 heures en 2000. En somme le temps de travail hebdomadaire pour les salariés a baissé de 25 %. Mais les enseignants doivent toujours le même service.  
   C'est au moins un enseignant qui écrit cela vous dîtes-vous, en lecteur éclairé! Certes je l'avoue, je fais partie de ces privilégiés. Car, comment peut-on parler de temps de travail sans parler des vacances? Eh bien justement, le législateur a tout prévu et cela de deux façons. D'abord 45 heures dues quand les autres devaient 42, ça c'est pour les petites vacances (Toussaint, Noël...). Donc notre temps de travail était annualisé.
   Mais, et les deux mois d'été alors? Là, c'est un tout petit peu plus compliqué. Certains enseignants ne le savent même pas, d'ailleurs. Cela se situe au niveau de la grille des salaires. Notre grille a été, elle aussi, fixée en 1950 au même niveau que les autres cadres de la fonction publique recrutés avec un concours au niveau bac + 3. Mais à cette grille, il nous a été retiré deux mois de salaires, puis le résultat a été divisé par 12. (Par exemple si un inspecteur des impôts est payé 2000 € par mois il recevra 24 000 € par an, alors que pour la même qualification, un enseignant recevra aussi 2000 € par mois mais sur 10 mois, soit 20 000 € par an. Cette somme est ensuite divisée par 12 et donne 1667 € par mois).
   Eh oui, chers lecteurs, les enseignants ne sont pas payés pendant les grandes vacances.
 
   Oui bon d'accord, peut-être que nous ne sommes pas si privilégiés que cela concernant le temps de travail. Mais côté salaires, quand même, nous ne sommes pas à plaindre! Eh bien soit, comparons: Nous sommes nettement en dessous de la moyenne des cadres du privé comme du public (qu'on nous prouve le contraire). Mais, à mes yeux, l'exemple le plus frappant de la dégradation de la valeur que la nation accorde à ceux qui éduquent ses enfants est le suivant. Le salaire de départ d'un enseignant en 1970 était 2 fois supérieur au SMIC. Aujourd'hui, il n'est plus que 1,2 fois plus élevé." 
    
                       Laurent TARILLON, enseignant de sciences économiques et sociales à Grenoble.
Par Violette - Publié dans : Eh, M'dame !
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Dimanche 22 novembre 2009

     Actualité déjà passée (suis pas fortiche moi dans cette catégorie!) : à Colmar, s'est tenu ce week-end le 20ème Salon du Livre. Nous nous y sommes rendus en famille. Avec Danaé, c'était un peu sportif mais j'ai fait le plein de lectures, de rencontres littéraires et aussi de bruit et de chaleur!
Mon portefeuille ballonnant à l'aller criait à famine au retour, c'est dire!

Les voilà, les livres dont j'ai fait l'acquisition :

11 livres  !

Petit récapitulatif :
- mon idole : Michel Quint. Il était longtemps seul à son stand (moi qui pensais qu'il y aurait foule... mon mari ne comprenant pas vraiment mon excitation), je n'osais pas l'approcher (no comment please), puis une ou deux bonnes femmes sont venues lui faire la causette, j'en ai profité pour feuilleter les livres que je n'avais pas encore lus (y'en a plus tellement), puis j'en ai choisi deux. L'écrivain m'a prise en pitié et m'a demandé si je voulais qu'il me les dédicace... et voilà, celle que j'aime le plus :


Bizarre de rencontrer l'auteur du livre que je suis en train de lire, L'Espoir d'aimer en chemin. Il a des airs assez bourrus, un visage rude et paternaliste... un regard vif. C'est drôle de savoir que tant de sensibilité sommeille en lui...
- Joseph Joffo : alors lui... lui!!!! il m'a bien eue! Première impression : des yeux clairs et un regard chaleureux, aimant, très humain. La suite m'a beaucoup plus déçue, sachez que le bonhomme de 78 ans est très "commercial" et prétentieux par-dessus le marché!  Je lui achète Incertain sourire dont j'avais entendu parler. Il me promet une dédicace "merveilleuse", me vantant son livre comme étant le meilleur depuis Un sac de billes, "les critiques m'ont comparé à Voltaire" (!!!), puis, puis... il prend un autre de ses livres, Le Partageet me dit "celui-là est sublime aussi", il prend à témoin une dame qui écoutait, ajoute que si j'avais un cadeau à faire pour Noël... et que vouliez-vous que je fisse? Avec un sourire gêné et contraint, je lui ai dit que j'allais me l'offrir à moi-même... et me voilà repartie avec deux Joffo pour 40 euros, le bougre! Que ces livres-là soient le summum du must, sinon... Ajoutons qu'il était un des seuls auteurs à encaisser lui-même son dû.
- j'ai discuté longuement avec les responsables du stand d'une librairie du théâtre située à Nice. Je leur ai acheté 4 livres, deux pour mes élèves (je débute un atelier théâtre en janvier) et deux pour ma troupe d'amateurs. Et je suis enchantée de cette rencontre : deux gars très sympa qui m'ont donné l'air d'être très compétents en ce qui concernent le théâtre et qui m'ont promis que, par mail, ils étaient tout à fait disposés à me donner des infos, à m'aider à trouver une pièce selon mes critères. C'est vraiment ce qui me manquait!
- Marie Desplechin m'a paru timide et plutôt réservée (si loin du personnage Joffo, bon pas le même âge non plus!), je lui ai dit que j'avais étudié Verte avec des 6ème (et que ça leur avait plu), elle s'est contentée d'un "Formidaaable!". Je lui ai acheté (au hasard) Dragons. Je vous tiendrai au courant.
- Enfin, Timothée a choisi Octave ne veut pas grandir d'Elisabeth de Lambilly et a eu droit à une dédicace personnalisée, un tigre dessiné par l'illustrateur Jérôme Peyrat. Bien sûr qu'il y avait d'autres livres pour enfants tentants, mais il fallait s'arrêter à un moment donné. D'autant plus que Timothée a passé plus de temps à profiter des petits spectacles réservés aux enfants que devant les stands de livres!
- le grand absent que j'aurais aimé rencontré : Yann Queffélec ! Et, apparemment, il n'a même pas daigné prévenir, ne s'est pas excusé, rien du tout... un peu déçue!
- j'ai vu Didier Daeninckx mais ne lui ai pas parlé et rien acheté... pas trop ma tasse de thé, vous
le savez...
- j'ai écouté un bout de la conférence d'Alix de Saint-André, une femme pas farouche, franche et assez rigolarde, que j'aimerais découvrir un jour à travers ses livres.
- j'en ai loupé plein d'autres et surtout je ne connaissais pas les 3/4 des écrivains présents!

Voilà, journée bien remplie! A l'année prochaine!

Par Violette - Publié dans : Actualités - Communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
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Vendredi 20 novembre 2009

    Patraque, enrhumée et fatiguée, j’avais besoin d’une lecture « facile ». J’ai été plus que comblée avec ce livre de littérature pour la jeunesse.

    Comme le titre l’indique, Aurore, une adolescente de 13-14 ans, n’est jamais contente, elle n’aime pas son quotidien, elle trouve sa vie amoureuse misérable, ses résultats d’élève de 3ème sont désastreux, elle ne s’entend ni avec ses sœurs ni avec ses parents, ses amitiés sont vacillantes… C’est un plaisir de lire ces journal d’ado qui déteste le monde entier ! Ses mots sont drôles et parfois très justes.



Un petit assortiment :

>  Le 11 novembre : « Congé. Les bus sont décorés de petits drapeaux et tout le monde est content de ne pas aller bosser. C’est la fête de la Première Guerre Mondiale. Un million de morts, un jour de vacances. A sept millions, je me demande si on a la semaine. »

>  « Maman me regarde depuis deux jours avec des sourires inquiétants. Je me demande ce qui lui prend. Elle a peut-être une gastro de la tête. »

>  Discussion autour de Noël, des différentes religions. Samira, une amie d’Aurore : « Noël chez toi, c’est juste un soir. Chez moi, j’en prends pour vingt-huit soirs d’affilée. Un ramadan, c’est vingt-huit gros repas du soir, sans compter les vingt-huit gros repas du matin. »

>  Nouvel An : « La vraie question est : pourquoi les gens s’excitent comme des mouches, tous les soirs à la même date. Ils devraient le savoir, à force, que la soirée est interminable, le repas immonde, et que ça se termine toujours par la ronde des baisers. Qui a inventé ce rituel stupide ? Qu’il se dénonce et qu’il s’explique. Quel intérêt d’embrasser en masse des gens qu’on évite d’habitude d’embrasser séparément ? Si encore on pouvait embrasser des types pris au hasard dans la rue… Mais sa famille… Sa propre famille ? Est-ce que ce n’est pas un peu malsain ? Une chose est sûre : il était super orphelin l’inventeur des baisers du Nouvel An. Et fils unique. »

>  Après des notes catastrophiques, Aurore a brusquement décidé de se mettre au travail et a récolté un 16 en histoire : « Dans le fond, l’histoire, c’est assez simple. Il suffit d’apprendre. Franchement, je suis un peu déçue. Je ne pensais pas que c’était si bête. »

>  « Je ne peux pas dire que je n’aime pas mes sœurs. Mais elles sont différentes. Elles pourraient être martiennes. Parfois, je me dis que j’aurais préféré avoir un chien. Est-ce que des parents se posent ce genre de questions ? Pour l’année prochaine, chéri, à ton avis, une fille ou un chien ? ».

>  « Si Dieu existe, Il n’est pas au courant de grand-chose (…) et s’Il était au courant, ça se saurait. Il y a longtemps qu’Il nous a zappés. A mon avis, Lui aussi, Il trouve les infos flippantes. »

>  Avant le premier rendez-vous amoureux d’Aurore : « C’est fichu. J’ai un bouton, en haut à gauche, sur le front. Inutile de faire des efforts de costume. J’y vais en fille normale, habits normaux, chaussures normales, bouton normal. Au moins, on ne pourra pas me reprocher d’en faire trop. »

>  « 1er mai : fête du travail. Résultat : personne ne bosse. Quand même, faire des fêtes sous le seul prétexte qu’on a du boulot, c’est un manque de respect pour ceux qui n’en ont pas. Un jour, moi aussi je chercherai du boulot et personne ne voudra m’en filer. Ce jour-là, j’inventerai la fête du chômage : une fois par an, tous les chômeurs auront le droit d’aller bosser. Pas de raison que ce soit toujours les mêmes qui se marrent. »

>  A propos de Julien, un amour de vacances : « Julien s’en va demain. Dans un sens, je suis désespérée. Dans un autre sens, j’en ai un peu marre de passer mes journées entières avec la même personne. Comment font les gens qui se marient, c’est la question. Ils travaillent toute la journée et ils vont au cinéma le soir, je ne vois que ça. Ou alors ils divorcent, c’est l’alternative. »

 
Bien sûr que je me suis souvent retrouvée dans ces lignes !

Il existe une suite intitulée Toujours fâchée. Le journal d'Aurore 2 et un 3ème tome : Rien ne va plus. Le Journal d'Aurore 3.

J'avais déjà lu Verte de Marie Desplechin, lu et étudié avec des 6ème. Ca avait très bien marché. Cet auteur a le don de savoir parler aux enfants et aux ado... sans pour autant ennuyer les adultes!

Par Violette - Publié dans : Lectures - jeunesse - Communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
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