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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 02:11

 

 

            Pièce de théâtre des années 80 regroupant cinq personnages hauts en couleur interprétés, en 1984, par quelques célébrités (Ginette Garcin, Maria Pacôme, Patrick Bruel, …)

             Emilie est une femme d’un certain âge qui gagne sa vie en tirant les cartes. Elle vit avec celui qu’elle considère comme son fils, Henri, la vingtaine. Elle l’a recueilli dès sa naissance, sa mère prostituée étant morte peu après l’accouchement. La copine d’Emilie, c’est Jaja. Jaja est une clocharde heureuse qui trouve régulièrement refuge dans la très modeste maison d’Emilie.

             Michel, un journaliste, veut faire un reportage dont le sujet porte sur les squatters, il souhaiterait interroger et filmer Emilie. C’est sans compter le bagou et l’enfance complètement romancée qu’elle offre à notre reporter. L’arrivée de la jolie Lucille, la photographe, va semer le trouble chez le frétillant Henri qui, même s’il ne voulait plus continuer ses études, se lasse de faire le clown dans la rue pour gagner quelques sous.

           Des propositions d’ordre professionnel, des débuts d’histoire d’amour, des promesses de vivre mieux vont perturber notre trio initial et amènent Emilie à réfléchir sur sa vie, ce qu’elle espère pour Henri. J’ai beaucoup aimé les petits moments de tendresse, les brèves réflexions sur l’essence de la vie. Les personnages sont joyeux et volubiles pour une comédie légère et profonde à la fois. La critique qui se trouve à la fin de la pièce disant qu’ « on meurt de rire » n’est franchement pas honnête mais ça doit être très sympathique à regarder (et à jouer !)

 

HENRI. Et toi qu’est-ce qu’il te prend maintenant de grimper aux arbres chaque fois que j’ouvre la bouche ?

JAJA. C’est vrai, Emilie. Il ne peut plus rien dire le pauv’ chien sans que tu l’engueules.

EMILIE. Parce que depuis quelque temps, il prend un ton sentencieux qui m’agace.

HENRI. Ve qui t’agace surtout et qui te rend grognon, c’est ta propre inquiétude.

EMILIE. Ma quoi ?

HENRI. Mais oui Emilie… tu es inquiète, je le sais bien. Je t’observais tout à l’heure pendant que tu préparais ton baluchon…. Le cœur n’y était pas vraiment, t’as plus la joie, tu sais plus sur quel pied danser… et du coup… nous… on perd le rythme.

 

 

C'est Eimelle qui nous gâte avec son challenge théâtral : 

 

          C'est Sophie et ses bavardages qui met à l'honneur la journée mondiale du théâtre ! Pour l'occasion (mas c'est pas fait exprès!), je suis sur scène, ce soir, avec ma troupe adorée!

blogsenscène2

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 17:56

 

 

              Pour la petite histoire, je ne suis pas une grande fan de Laurent Gaudé, pas extrêmement sensible à son style. C’est pour deux raisons que mon choix s’est porté sur ce livre audio : j’ai entendu l’auteur à la radio et ça m’a plu, et j’aime beaucoup la voix de Pierre-François Garel découverte pour Freedom de Franzen.

                Laurent Gaudé revient sur l’ouragan de 2005 - extraordinaire par sa puissance et son effet dévastateur (des pointes à 280 km/h et 1200 morts !) qui a ravagé la Louisiane en 2005. Les narrateurs changent, de la vieille négresse presque centenaire qui sent venir la catastrophe quelques heures auparavant à la jeune mère qui retrouve son ancien amant, ils ont tous un point commun : ils sont noirs et sont les grands oubliés ou plutôt les derniers secourus, les derniers sauvés. Il y a aussi des prisonniers qui en profitent pour s’échapper, il y a aussi des alligators qui envahissent la ville et donne à ce drame une dimension effroyable.

              Je n’ai pas aimé ce livre et peut-être que Garel y est pour quelque chose. Le texte est devenu dans sa bouche une longue litanie monocorde, une sorte de plainte dont la fin est inéluctable. Je n’ai pas saisi où voulait en venir Gaudé : dénoncer le racisme qui privilégie encore et toujours les Blancs ? Prouver qu’une telle tragédie exacerbait les rapports humains, donnait à la vie une plus grande valeur ? Montrer que nous ne sommes que de pauvres petits humains face la grande et impitoyable Dame Nature ? Je n’ai rien appris, je n’ai pas apprécié la part de fiction mais j’ai su remarquer, de loin, la qualité et la puissance du style de Gaudé. En bref, une écoute empreinte de monotonie avec, de temps en temps, des étincelles.

 

 

« Moi, Josephine Linc. Steelson, négresse depuis presque cent ans, j'ai ouvert la fenêtre ce matin, à l'heure où les autres dorment encore, j'ai humé l'air et j'ai dit : "Ça sent la chienne." Dieu sait que j'en ai vu des petites et des vicieuses, mais celle-là, j'ai dit, elle dépasse toutes les autres, c'est une sacrée garce qui vient et les bayous vont bientôt se mettre à clapoter comme des flaques d'eau à l'approche du train. C'était bien avant qu'ils n'en parlent à la télévision, bien avant que les culs blancs ne s'agitent et ne nous disent à nous, vieilles négresses fatiguées, comment nous devions agir. Alors j'ai fait une vilaine moue avec ma bouche fripée de ne plus avoir embrassé personne depuis longtemps, j'ai regretté que Marley m'ait laissée veuve sans quoi je lui aurais dit de nous servir deux verres de liqueur - tout matin que nous soyons - pour profiter de nos derniers instants avant qu'elle ne soit sur nous. J'ai pensé à mes enfants morts avant moi et je me suis demandé, comme mille fois auparavant, pourquoi le Seigneur ne se lassait pas de me voir traîner ainsi ma carcasse d'un matin à l'autre. »

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Published by Violette - dans Livres audio
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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 16:17

 

 

             Billet court mais billet indispensable pour vous inciter à vous précipiter sur cet album !

             Renard pénètre régulièrement et clandestinement dans la ferme. Il veut faire peur, effrayer, terroriser les poules, cochons et autres lapins. Mais rien n’y fait, les animaux de la ferme ont l’habitude de voir ce renard plutôt casse-pieds débarquer sans prévenir : « C’est la troisième fois cette semaine ! Ca suffit, maintenant ! » lui rétorque la poule.

             Le loup, le vrai méchant loup, essaye tant bien que mal de faire du renard son assistant. Il lui demande d’aller voler des œufs qui constitueront leur plat. Oui mais les œufs une fois volés doivent d’abord devenir de bons gros poussins pour être vraiment dignes d’être mangés. Le renard… couve donc les œufs ! Oui mais les poussins une fois sortis de leurs coquilles sont encore trop petits, il faut les laisser grandir un peu… Le problème est que les trois adorables poussins prennent le renard pour leur mère ! Ils sont même persuadés d’être eux-mêmes de petits renards très méchants. Evidemment, le renard va connaître les mêmes problèmes que tous les parents et il sera bien obligés de protéger, de rassurer… et même d’aimer ces trois petits êtres sans défense ! Oui, mais le loup veut manger…

            C’est l’histoire d’un renard qui veut paraître cruel et méchant mais qui n’y arrive pas parce qu’en réalité, il est doux et aimant ! Les dessins sont superbes, le texte très drôle, c’est un bon gros livre qui nous a tenu quelques soirs pour notre plus grand plaisir ! Avertissement à ceux qui n’ont pas d’enfants, ni  de près, ni de loin. C’est un album à mettre entre toutes les mains, on passe un excellent moment. Le billet n’était finalement pas si court que cela !

           Jérôme m’a tentée et Mo a aussi été convaincue !

 

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 10:16

 

 

               Récompensé au festival d’Angoulême 2015 en obtenant le Fauve d’Or, le prix du meilleur album, cette grosse BD autobiographique raconte, comme le sous-titre l’indique, l’enfance de l’auteur de 1978 à 1984.

                Riad Sattouf nous narre d’abord la rencontre entre ses parents, au début des années 60. Alors qu’Abdel-Razaak, étudiant syrien, drague tout ce qui s’appelle fille dans un resto U parisien, la mère de l’auteur « eut pitié de lui ».  Cette étudiante bretonne s’installe avec le Sunnite et, en 1978, naît Riad. Le couple décide de partir vivre en Libye, le père ayant obtenu un poste de Maître à l’Université de Tripoli. Gouverné par Kadhafi, le pays semble déserté, Riad est encore petit, il passe ses journées avec sa mère dans l’appartement insalubre ou joue dans le couloir de l’immeuble avec une petite Indienne et un petit Yéménite. Pour se nourrir, il faut avoir la patience de faire la queue devant une coopérative qui, la plupart du temps, ne donne que des œufs, des boîtes de corned-beef et du jus d’orange lyophilisé. A cause de l’abolition de la propriété privée, les maisons sont à tout le monde, en partant le matin et en la laissant vide, on peut donc trouver sa propriété occupée par des inconnus le soir. Kadhafi impose aussi l’échange des emplois, l’instituteur pouvait devenir paysan du jour au lendemain et vice versa.

             Assez brusquement, en tous cas, du point de vue de Riad encore petit garçon aux cheveux blonds, la famille quitte la Libye, passe quelque temps en France avant de s’installer en Syrie,  le pays natal du père. Là, c’est Hafez Al-Assad qui règne. Les voitures et les bus ont des trous au plancher, la famille paternelle s’amuse de voir les enfants se bagarrer, l’appel à la prière retentit dans un haut-parleur, tous les matins à quatre heures. Les femmes mangent les restes du repas pris par les hommes dans la pièce d’à côté. Dans la rue, Riad qui a désormais un petit frère, peut voir des « criminels » pendus. Il a surtout très peur des autres garçons de son âge qui ne jurent que par la violence et les insultes. Quand il est victime d’une grosse fièvre et que sa mère, par la fenêtre, voit des gamins massacrer un pauvre chiot, c’en est trop, la famille retourne en France. Même si l’air y est « piquant », la maison familiale en Bretagne peut-être occupée par des fantômes, Anas et Moktar ne peuvent plus tuer Riad… jusqu’au jour où le père annonce leur retour en Syrie. C’est les larmes aux yeux que Riad s’apprête à rentrer dans l’avion, et c’est aussi la dernière planche de l’album qui nous promet une belle suite (trois tomes sont prévus en tout).

             Ce qui m’a frappée, plus encore que les aberrations vécues en Libye ou en Syrie, c’est la relation entre le père et la mère. La mère est quasi muette dans l’album, elle met sa vie et celle de ses enfants parfois en danger, s’installe dans un pays qui est lui est hostile, écoute à longueur de journée son mari pérorer mais ne pipe pas mot. Le père, quant à lui, domine. Par ses discours, par ses décisions. Il paraît contradictoire dans ses actes et dans ses paroles, semble hanté par un certain nombre de superstitions, vit comme un Français quand il est à Paris, mange du porc et ne pratique pas l’Islam mais devient un fervent croyant une fois en Syrie. Il rêve d’avoir une Mercedes, d’être puissant et se niche sur les genoux de sa vieille mère dès qu’il la voit.

             C’est un album riche, dense et intéressant qui m’a tenue en haleine pendant un bon bout de temps. Riad Sattouf y dénonce sans ambages une société syrienne gouvernée par la violence, y peint une famille sans concession ni tendresse (ou si peu !). Ce ton abrupt était encore plus incisif dans La vie secrète des jeunes dont une planche était publiée, chaque semaine, dans Charlie Hebdo, et ce, de 2004 à 2014.

 

"18/20"

 

 

 

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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 15:26

 

 

             Jérémie Rex, à 25 ans, a une vie déjà peu banale. Poussé par une mère trop ambitieuse, il a connu la célébrité des plateaux de télé et de cinéma qui s’est éteinte le jour où il a mué. Après avoir suivi quelques jours le métier d’apprenti boulanger, le jeune homme ne fait plus rien… à part aimer sa jolie Candice. Malgré une passion réciproque et un amour fusionnel, Candice a décrété qu’elle préférait le garder comme ami. C’est dans ces conditions que Jérémie s’en va, seul, à Venise, pour un week-end en amoureux qu’il avait gagné.

               Le choc a lieu dans le musée Guggenheim de Venise, devant le tableau de Magritte intitulé L’Empire des lumières, le tableau préféré de Candice. L’observant pendant des heures et des heures, le jeune homme est certain d’apercevoir la lumière s’éteindre à une fenêtre quand vient le soir. Revenant le lendemain vérifier ce qui lui paraît fou, il entre littéralement dans le tableau, d’abord devant cette maison puis à l’intérieur, rencontrant une mystérieuse Martha qui va lui permettre de revivre les premiers instants heureux avec Candice. En réalité, son cœur a cessé de battre pendant quelques minutes et si, autour de lui, on en cherche les raisons et on s’inquiète, Jérémie souhaite revivre cet impensable voyage dans le tableau de Magritte pour retrouver l’amour perdu de Candice. Entre scientifiques et charlatans, Jérémie va comprendre qu’il a le devoir de retrouver cette Martha qui aurait joué un rôle important aux côtés de Magritte dans le passé.

               L’idée de départ, celle d’entrer dans un tableau, est certes plaisante (et je dévore tout ce qui fait un pont entre les œuvres d’art et la littérature – je garde d’ailleurs un joli souvenir de La bulle de Tiepolo de Delerm) mais l’irruption du paranormal et de la communication des cerveaux à travers les époques, si séduisante soit-elle, m’a laissée pantoise. Le roman se lit bien mais les personnages semblent naïfs, l’enquête menée par Jérémie un brin artificielle et certaines notions comme le « moi superlumineux » (oui, rien que ça !) n’ont pas réussi à entrer en contact avec mon moi sans doute pas assez lumineux ! Une déception qui ne m’empêche pas de vous (re)conseiller la formidable pièce du même auteur, Noces de sable.

 

« Je suis amoureux d’un frigo, et je me laisse crever de faim devant sa porte close. »

« Les pollutions des micro-ondes n’affectent pas que les vivants, vous savez. Depuis l’invention des portables, on ne trouve plus un fantôme en Ecosse. Tout fout le camp. »

« C’est le rôle des artistes d’ouvrir des mondes parallèles, des issues de secours pour les existences brisées, les destins qui ne mènent à rien. »

 

L’Empire des lumières de Magritte :

 

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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 17:02

 

 

          J’ai depuis fort longtemps Quai des enfers dans ma PAL mais c’est à La Grande Librairie que j’ai vu et entendu pour la première fois Ingrid Astier et que j’ai eu envie de lire ce petit livre, plutôt inclassable.

         L’auteur nous présente ses réflexions par rapport à la nuit, les références littéraires sont nombreuses mais la musique, le cinéma, la peinture sont également très présents. Si Ingrid Astier cite Nerval, Goethe, Hugo, Musset, Supervielle ou encore Fernando Pessoa, elle n’hésite pas non plus à convoquer les dires des flics du Quai des Orfèvres, ceux d’un nez-parfumeur de Rochas, de Wikipédia… ou même de son frère.

           A travers un abécédaire tout à fait personnel, Ingrid Astier clame son amour de la nuit traduit en pensées philosophiques, en courts poèmes ou en conversations. L’éloge est multiple comme la nuit qui a plusieurs visages. Malgré un apparent classement alphabétique, l’ensemble donne une impression de joyeux fouillis qui fait tout le charme du petit livre. Des idées à piocher ça et là.

         J’attendais sans doute beaucoup trop de ce fascicule. J’aime la nuit et suis toujours frustrée parce qu’à cause des contraintes familiales et professionnelles, je dois me coucher « tôt ».  J’ai d’ailleurs toujours été fascinée par le titre du roman de Raphaële Billetdoux : « Mes nuits sont plus belles que vos jours ».  Ingrid Astier nous livre sensations et émotions nocturnes toutes personnelles et je ne m’y suis pas toujours retrouvé.  J’irai même jusqu’à dire que certains passages sont un brin pédants et élitistes, d’autres trop « faciles » que j’aurais pu écrire, notamment la dernière page qui répertorie les sortes de nuits « Il y a des nuits, noires, des nuits blanches, des nuits sans, des nuits en pointillés, des nuits trop longues, des nuits d’espoir, des  nuits chargées, des nuits d’attente, des nuits d’une traite, des nuits sans lune, des nuits de pleine lune, des nuits agitées, des  nuits chaudes, des nuits fauves, des nuits exténuantes, des nuits de travail, des nuits douillettes, des nuits d’insomnie… »  J’ai pourtant hâte de lire son Quai des enfers.

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 18:42

 

 

              Monsieur Hasard m’a doublement surprise, il m’a fait découvrir une nouvelle BD gastronomique très chouette qui a été réalisée par un type qui n’habite vraiment pas loin de chez moi… et je n’en avais pas entendu parler !

                L’auteur a interrogé son exceptionnelle grand-mère sur son passé, ses déménagements, ses habitudes alimentaires et ses talents de cuisinière puisqu’elle est mère de neuf enfants ! Elle nous a fait faire, ainsi, un tour complet du XXème siècle, avec, en vrac, son amour pour les chapeaux, des voyages en Afrique du Nord, les deux guerres, les centaines de kilos de pommes de terre à acheter, les habitudes du dîner à onze ( !!!), et des recettes simples pour les grandes tablées : les pommes de terre sautées, l’aïoli, la confiture de châtaignes, le clafoutis, le gâteau aux groseilles, …

              J’ai commencé l’album en essayant de gérer une grosse frustration, celle de lire autre chose que des recettes de cuisine que j’attendais tellement… mais au final, j’ai été happée par l’histoire de cette vieille dame, son côté pragmatique, un peu bourru et optimiste m’a convaincue et j’ai avalé les 158 pages comme si c’était le meilleur bouillon du monde ! J’ai beaucoup aimé les dessins simples de l’auteur qui s’est permis, de temps en temps d’intercaler des photos dans ses œuvres. Sa grand-mère au long nez est un exemple de longévité, de bonne humeur et de persévérance, et il l’aime sa grand-mère, Etienne Gendrin, oh oui ! Quelle authenticité, bravo l’artiste et bravo la mamie !

« 18/20 »

 

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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 16:49

 

              Cette année 2015 sera une année Mankell pour moi ou ne sera pas. Après mes retrouvailles avec le commissaire Wallander, je renoue avec le Mankell auteur de littérature non policière…

                Dans une contrée africaine non précisément définie, le narrateur, José, un boulanger de 18 ans, raconte sa rencontre avec un gamin des rues, Nelio. Il a recueilli Nelio une nuit, sur la scène d’un théâtre voisin à la boulangerie. Nelio était en sang, gravement blessé par des balles qui étaient entrées dans sa poitrine. A la demande de Nelio, José va le transporter sur le toit, le nourrir, le soigner sans pour autant l’emmener à l’hôpital.

               Chaque nuit, Nelio va narrer son histoire, son enfance, son passé douloureux. Agé d’à peine dix ans, il devient pour le narrateur, le sage qu’on écoute.

               Alors qu’il a vu sa famille se faire massacrer lors d’une guerre civile, Nelio, en fuite, a rencontré  Yabu Bata, un nain qui transporte une valise vide et cherche son chemin depuis 19 ans. Le petit garçon de dix ans a ensuite continué son chemin tout seul avant de parvenir dans la grande ville où il a rejoint des gamins tout aussi rejetés et perdus que lui. Nelio a pris pour hôtel le creux de la statue équestre de la place principale (je n’ai pu m’empêcher de penser à l’éléphant de la Bastille dans Les Misérables !), il a répandu le bonheur autour de lui, a été juste et intelligent. Il n’a pas craint la mort le moment venu.

                 C’est José qui prend le relais lorsque Nelio meurt, il devient lui aussi ce griot pauvre et solitaire.

                Si le conte n’est pas mon genre préféré, j’ai été surprise de constater à quel point Mankell devient un véritable conteur africain mêlant poésie, superstitions ancestrales et pessimisme. Quelle grandeur d’âme que ce petit Africain !

 

               Le livre a été adapté au cinéma en 1997.

 

« Celui qui marche vers un endroit précis peut difficilement faire route avec celui qui ne va nulle part. »

« Ce qui est important est toujours difficile à trouver. »

« Il ne nous est jamais donné d’envisager le lendemain sans crainte. Nous n’avons jamais le temps de préparer la joie ou d’astiquer nos souvenirs pour les faire briller. »

« … notre dernier espoir est celui de ne pas oublier qui nous sommes et de garder en mémoire l’idée que nous ne saurons jamais maîtriser les vents doux de la mer. Un jour, peut-être, comprendrons-nous pourquoi ils doivent continuer de souffler. »

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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 14:43

 

 

              Une fois qu’on a goûté aux talents de Lupano, on ne peut plus s’arrêter de le lire.

              Nous sommes à Vienne en 1900. Deux dandys insolents et richissimes font un pari : l’un pense réussir à façonner un jeune homme pauvre à sa manière, « créer de toutes pièces un ennemi de la société à partir d’un être innocent. » Alec jette son dévolu sur Victor, un grand ado qu’il emmène voir des poules de luxe. Victor, battu par son père et contraint par lui de devenir tailleur de pierres profite pleinement de ces jolies femmes et s’amourache rapidement de la belle Mathilde. Ses copains pauvres comme lui voient d’un mauvais œil cette générosité gratuite. Et en effet, du jour au lendemain, Alec lui interdit l’accès au bordel à Victor qui commençait à y prendre ses habitudes. Victor ne l’entend pas ainsi, il vole un revolver et agresse les clients d’un restaurant chic et tire sur tout ce qui bouge demandant des comptes à son « bienfaiteur ».

               Alec a-t-il donc réussi son pari, transformer en un tournemain un gentil garçon un peu veule en un dangereux bandit ? La réponse ne figure pas dans ce premier tome !

             L’intrigue signée Lupano brille par son suspense, ses personnages bien campés, son rythme trépidant. J’ai souvent pensé à L’homme qui n’aimait pas les armes à feu. Lupano semble friand des histoires de banditisme, de western, il aime aussi jouer avec les limites entre le bien et le mal. Il me tarde de connaître la suite de cette série qui compte trois tomes !

 

"18/20"

 

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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 10:03

 

 

               J’allais vous écrire que c’était ma première découverte de cet auteur, mais non, j’avais adoré La moitié gauche de la lune, un roman pour la jeunesse, car Marie-Sabine Roger écrit tout aussi bien pour les enfants que pour les ados et les adultes…

               Mortimer Decime est issu d’une famille très particulière : chaque homme de la famille meurt le jour de ses trente-six ans, à 11h. Nous débutons donc cette histoire avec un Mortimer allongé sur son canapé, dans son petit appartement parisien, sur son 31, résigné à accueillir le destin… Oui, mais le destin en a apparemment voulu autrement. Ce n’est pas la Mort qui débarque mais Paquita, une copine plus âgée que lui, qui bavarde, s’installe, boit un café et ignore totalement l’avenir proche que redoute Mortimer. L’heure tourne, et … il ne se passe rien. Mortimer ne meurt pas. Fou de joie, il finit par raconter à Paquita et son amoureux Nasser, son terrible passé familial.

                Mortimer ne semble pas destiné à mourir le jour de ses trente-six ans. Une fois passée l’exaltation des premières heures, Mortimer se demande pourquoi il y a réchappé. Il se remémore aussi sa vie menacée par cette épée de Damoclès, cette fermeture de rideaux annoncée qui change la donne. Il se demande aussi ce qu’il va désormais faire alors qu’il a démissionné, rendu les clés de son appart et n’a plus un rond…

                Voilà une lecture complètement addictive, très agréable, drôle et vivifiante. Marie-Sabine Roger use et abuse des métaphores les plus surprenantes, elle se moque de ses personnages qu’elle dépeint pourtant avec une grande tendresse.  J’ai trouvé l’idée de départ très séduisante, le roman s’apparente à un conte tragique dont il s’agit de démêler les fils. Je me suis un peu lassée vers la fin mais ça n’a pas gâché mon plaisir de lecture face aux situations les plus cocasses… et même si j’ai trente-six ans !

                A mettre entre toutes les mains.

« Paquita est irracontable. Avec ses kilos et ses plis, ses cils plâtrés de rimmel, ses jupes de pétasse et ses décolletés de plus en plus profonds pour rattraper ses seins qui se font un peu la malle, elle est juste touchante. »

« Avec le recul, j’ai réalisé que mon père était un dépressif qui avait très mal vécu la perspective de son décès prématuré. Sa mort lui avait pourri la vie, en somme. »

« Ainsi va la vie, qui nous soumet trop fréquemment au bon vouloir des imbéciles. »

A méditer : « … je perdais mon temps pour rien, tout en me lamentant de le voir s’écouler. »

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