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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 09:59

 

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                 Addie, à soixante-quinze ans, vit seule depuis la mort de son mari. Un soir, elle décide d’aller voir un voisin, Louis -qui a à peu près le même âge- pour lui faire une proposition insolite : accepterait-il de venir dormir chez elle, dans son lit, pour discuter et lui tenir compagnie ? Passée la première surprise, Louis, veuf, se dit qu’il n’a rien à perdre et se rend chez Addie avec un sachet contenant son pyjama et sa brosse à dents. Ils discutent, lèvent un petit coin de voile de leur vie respective et s’endorment côte à côte. L’expérience a été concluante, ils remettent ça, toujours en tout bien tout honneur, jusqu’à ne plus pouvoir se passer l’un de l’autre. Et ça commence à jaser dans cette petite ville provinciale américaine. Gene, le fils d’Addie qui est obligé de lui laisser son fiston pour quelque temps, voit cette relation d’un mauvais œil, imagine que Louis n’en a qu’après l’argent de sa mère. Mais le garçonnet s’épanouit auprès des seniors qui lui consacrent temps et affection. La grande amitié entre Addie et Louis va petit à petit se mouvoir en amour. [attention spoiler]Mais la pression des autres, en particulier de Gene, va être plus forte et les deux vieux amoureux vont finir par se séparer.

                      Cette ode au bonheur juste avant la mort émerveille par sa simplicité. Le roman, très court, se lit de manière très fluide. J’ai beaucoup aimé passer du temps à côté de ces deux personnes âgées mais il m’a manqué quelque chose, peut-être parce qu’un amour après soixante-dix ans ne me surprend ni ne me choque, peut-être parce que j’ai trouvé la réaction du fils démesurée et peu crédible. Sans aller jusqu’à l’agacement qu’a éprouvé Luocine, je peux comprendre ses réticences. Je crois que le livre aurait gagné en profondeur s’il ne s’était centré que sur la relation entre les deux septuagénaires. Ça ne m’empêchera pas de lire un autre roman de l’auteur. Et je rajoute que je trouve le titre magnifique !

 

« Elle se tourna dans le lit et il regarda ses épaules nues à l’aspect si soyeux et ses cheveux si brillants sous la lumière. Soudain le noir se fit, avec seulement l’éclairage de la rue qui baignait la chambre d’une lueur pâle. Ils parlèrent de choses anodines, histoire de faire connaissance, évoquant les menus événements ordinaires de la ville, la santé de Ruth, la vieille dame qui a habitait entre leurs deux maisons, le pavage de Birch Street. Puis ils se turent. »

« Qui obtient jamais ce qu’il attend ? Cela n’arrive pas à grand monde, si tant est que cela arrive. C’est l’éternelle histoire de deux êtres qui avancent à l’aveuglette et se cognent sans arrêt l’un contre l’autre en cherchant à se conformer à de vieilles idées, de vieux rêves et à des notions erronées. »

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 20:47

 

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             Vango s’apprête à être ordonné prêtre dans la cathédrale de Notre-Dame. Pourtant, une course-poursuite s’engage très vite entre lui et la police qui l’accuse du meurtre de père Jean, son mentor. Alors qu’il escalade les murs de la cathédrale, plus agile qu’un singe, un inconnu essaye de lui tirer dessus. Tout ça sous les yeux ébahis d’une foule de Parisiens et sous le regard terrorisé d’Ethel, qui couve d’amour le fuyard.

             Des îles Eoliennes où Vango a grandi en ignorant qui sont ses parents au salon du célèbre dirigeable Graf Zeppelin, en passant par le Brésilou les rives du Loch Ness, les bouleversements chronologiques et la multiplication des personnages font de ce roman une course effrénée et un voyage aussi bien spatial que temporel. On y rencontre une nourrice experte en gastronomie, la fille de Staline, une jeune Ecossaise riche et orpheline, un ânier protecteur, un truand travesti, un policier malchanceux… Chaque page contient une surprise, une aventure, une émotion. Timothée de Fombelle est un conteur formidable qui crée des personnages époustouflants, romanesques et surprenants jusqu’au plus petit des personnages secondaires.

                  Les deux bémols que je pourrais formuler – qui sont plutôt des remarques que des reproches – sont que, pour moi, les romans de Timothée de Fombelle ne sont pas des romans jeunesse (je m’étais déjà fait la réflexion pour Le Livre de Perle) et que – voilà une des raisons de mon allégation – le récit est très complexe, les personnages bien nombreux. Il faut déjà être un très bon lecteur doté d’une excellente mémoire pour s’en sortir sans égarement. Cela n’enlève en rien au charme et la magie de ce récit d’aventures captivant et enchanteur. L’auteur est un génie, c’est sûr, quelle imagination ! Quel style ! Quel habile maniement du suspens ! Un tome 2 existe, je le lirai sans aucun doute !

 

« Il grandit avec trois nourrices : la liberté, la solitude et Mademoiselle. A elles trois, elles firent son éducation. Il reçut d’elles tout ce qu’il croyait possible d’apprendre.
A cinq ans, il comprenait cinq langues mais ne parlait à personne. A sept ans, il grimpait les falaises sans avoir besoin des pieds. A neuf ans, il nourrissait les faucons qui plongeaient sur lui pour manger dans sa main. Il dormait torse nu sur les rochers avec un lézard sur le cœur. Il appelait les hirondelles en sifflant. Il lisait des romans français que sa nourrice achetait à Lipari. Il montait en haut du volcan pour se mouiller les cheveux dans les nuages. Il chantait des berceuses russes aux scarabées. Il regardait Mademoiselle couper les légumes avec des facettes impeccables, comme on taille les diamants. Puis il dévorait sa cuisine de fée.
»

 

« Il y a des gens à terre qui donnent envie de naviguer très loin et surtout très longtemps. »

La Taupe est un brin de fille qui passe son temps sur les toits de Paris : « S’il y a moins de cinq mètres sous le plafond, j’étouffe. »

« Vango avançait dans la vie en effaçant ses traces. »

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Published by Violette - dans Lectures - jeunesse
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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 18:22

 

          Voilà, je vais la faire courte : j’aimerais me frotter à la science-fiction qui, à part quelques bouquins de littérature jeunesse, m’a laissé de mauvais souvenirs. Je cherche donc une lecture sympathique pour débutants ;) qui ne soit ni trop compliquée (exit les termes techniques à foison) ni trop dense et pas anxiogène du tout.

         A vos propositions !

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        D’avance, merci, chers internautes !

 

J’édite pour répondre, collectivement, à vos adorables commentaires : à vous lire, j’ai finalement déjà touché pas mal à la science-fiction !

Petit récap’ :

- Dune : lu et pas aimé du tout.

- La Nuit des temps : franc succès mais je l’ai lu il y a si longtemps !

- Fahrenheit : Excellent souvenir (mais également très flou)

- 1984 : tout en appréciant les nombreuses qualités du livre, j’ai détesté l’ambiance.

- Enola game : même constat terrifiant pour moi (même si la lecture a été captivante)

- La Servante écarlate : toujours pareil : trop flippant !

Conclusion : je vais enfin essayer de découvrir Des fleurs pour Algernon qui semble faire l’unanimité, Chronique du Pays des Mères d'Elisabeth Vonarburg, Replay de Ken Grimwood et Porteurs d'âmes de Pierre Bordage conseillés par A_Girl, Au nord du monde de Marcel Theroux plébiscité par Kathel et enfin je retiens les noms d’Antoine Bello et de Connie Willis, très appréciés apparemment…

Merci encore à tous et à bientôt pour les billets SF !

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Published by Violette - dans Fait maison
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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 19:13

 

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                Marcus est un chartreux, il vit reclus, dans le silence le plus total, dans un monastère. Depuis vingt-cinq ans. Tout n’est que « solitude, pauvreté, obéissance, chasteté, silence. » Jusqu’au jour où Marcus qui s’appelait jadis William, est convoqué pour une lecture de testament. C’est sa tante qui est morte et qui a expressément exigé que ses trois légataires soient présents : William, son neveu qu’elle aimait tant –et dont la vocation sacerdotale l’a beaucoup déçue, Tolède la fille de la tante et Gabriel, le fils. C’est à contrecœur que Marcus-William se rend en ville, désorienté par le bruit, bousculé par la foule à laquelle il s’était déshabitué. Dans le train, il fait la connaissance d’une jeune femme impertinente, jolie et … condamnée à mourir. Ce retour à la civilisation va déconcerter notre homme, réveiller le passé. Couleurs pastel, contours vaporeux (et cette fois-ci, ça ne m’a pas du tout dérangée), une couleur par page… une belle osmose entre fond et forme.

                Si une histoire d’hommes ne m’avait pas complètement convaincue, cette lecture m’a vraiment bluffée. C’est d’abord un élan de respect voire d’admiration qui nous porte vers cet homme solitaire et ermite. Bizarrement, on s’identifie très vite à lui, malmené par les autres hommes, secoué par l’évocation des souvenirs qu’il avait réussi à chasser, confronté à l’attirance d’une belle jeune femme… L’auteur ne juge pas, ne prend parti ni pour la frénésie de la vie ni pour le calme de la solitude, c’est avec une belle simplicité qu’il suggère très légèrement l’existence d’une vie après la mort et qu’il glorifie, avant tout, le son de la vie, ce « bruit étrange et beau. »

« Pendant 25 ans, j’ai cherché Dieu dans l’abstinence… peut-être vais-je finir par le trouver dans le sorbet framboise ? »

 

« 19/20 »

 

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Published by Violette - dans Lectures - BD
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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 11:08

 

 

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             Jake Skowran n’a presque plus rien. Dans une ville en état de délabrement bien avancé après la fermeture de l’unique usine, il est au chômage, il a contracté des dettes, il a perdu sa copine qui l’a quitté. Désabusé et ne voyant plus d’espoir à sa situation de traîne-savate, il accepte l’impensable : tuer. C’est Ken Gardocki, le plus grand truand de la ville, qui le lui demande, il aimerait qu’on tue sa femme infidèle. Passée la première surprise, Jake met peu de temps à être convaincu. Finalement, ça ne lui pose pas de problème. Et mis à part le fait qu’il a dû tuer le chien avant de tuer l’épouse, le crime a été facile. Jake ne va pas en rester là. Ken a encore d’autres missions pour lui. Jake va même prendre des initiatives et liquider un type qui lui met des bâtons dans les roues.

           C’est dans une Amérique miteuse et désœuvrée que nous emmène l’auteur. La crise se faire ressentir à tous les niveaux et à un tel point que commettre un crime ne paraît plus une chose si immorale… Aussi dingue que ça puisse paraître, on s’identifie très vite au meurtrier qui n’est pas méchant, dans le fond, mais qui n’a pas vraiment le choix. C’est drôle, c’est second degré, c’est noir mais pas trop. L’auteur va droit au but, son personnage est devenu tueur à gage, soit. C’est la société qui veut ça. Dans l’ambiance digne d’un roman de Donald Westlake, ce roman adapté au cinéma (il y a quelques mois) est diablement efficace et brillamment satirique. La fin est charmante et complètement immorale, le crime serait une sorte de tremplin pour pouvoir retrouver une vie bien rangée. J’ai adoré !

Merci à krol pour l'idée!

Un argument de taille pour un mec ruiné et désespéré : « Tu es l’homme de la situation. Je l’ai su dès le premier jour. » (c’est encore plus drôle quand on apprend, plus tard, que Gardocki avait demandé un autre type d’abord !)

Jake pensait qu’à l’image des bâtiments et des administrations du reste de la ville, les bureaux de police, périclitaient, eux aussi. Finalement, non, les locaux sont neufs et modernes : « Le besoin de punir la populace locale et visiblement plus important que celui de la soigner, la nourrir et l’habiller. »

« J’essaie de perdre l’habitude de tuer les gens qui me rendent la vie dure. »

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 21:21

 

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               Paul a frôlé la mort. Victime d’un accident d’ascenseur, d’une chute vertigineuse de plusieurs dizaines de mètres, il est le seul à avoir survécu parmi les cinq occupants de l’habitacle. Sa fille qui était avec lui est décédée. Un tel drame -même si on en sort vivant- ça vous change un homme. Paul se remémore son passé : un premier mariage avec une femme alcoolique qu’il a néanmoins aimée et avec qui il a eu une fille, Marie. Une seconde femme autoritaire voire tyrannique qui lui a d’emblée interdit de voir sa fille sous leur toit commun et qui lui a donné des jumeaux. Avec une lucidité plus grande qu’auparavant, Paul se rend compte que ses deux fils sont faits du même bois que leur mère, obséquieux et sans cœur.

               Entre des recherches frénétiques sur les ascenseurs, leur mode de fonctionnement, leurs records, leurs failles et un nouveau boulot qui consiste à promener des chiens, Paul n’est pas l’image du convalescent qu’aurait voulu accompagner son épouse. C’est avec humour qu’il nous dépeint l’adultère de sa femme alors qu’il s’essaye, au grand dam de celle-ci, au « dog handling » en promenant un chien lors d’un concours de beauté canin.

              Quelle lecture jubilatoire ! Tantôt drôle, tantôt cynique, le personnage central n’est pas là où on l’attend, pas là où l’attend son requin de femme. Il ne veut pas de procès suite à l’accident, il cherche un métier en plein air loin de toutes responsabilités, il est sur le point de renier ses fils au profit de l’urne funéraire de sa fille qu’il pose en évidence sur son bureau. Alors qu’il cherche un sens à cet accident, il s’éloigne petit à petit de la normalité pour rejoindre ce qui, finalement, paraît être le plus sain. Une belle réussite que cette histoire un peu loufoque, parfois tendre, souvent inattendue. On pourrait lui reprocher le personnage de l’épouse, caricature de la femme détestable et une fin peut-être trop facile mais ces 218 pages ont été avalées avec une rapidité absolument délicieuse ! J’adore cet humour qui tend vers le noir, ces cocasseries dignes d’un Irving … J’en reveux !

 

Conversation téléphonique avec les jumeaux qui, horrifiés d’apprendre que leur père n’est qu’un vulgaire promeneur de chiens, lui offrent une aide financière : « J’eus alors l’impression que quelque chose d’humide et froid recouvrit lentement mes épaules, comme une nappe de brume dont chaque gouttelette eût été une particule de honte. J’imaginais les jumeaux, que dis-je, les siamois unis jusqu’à la moelle des os, signant ensemble, d’une main identique, un chèque similaire censé me rendre un peu de dignité humaine. Un chèque qui me rachèterait une conduite en m’empêchant, pour un temps au moins, de me livrer à des activités que les bessons réprouvaient. Avec cette bourse ils espéraient offrir à leur mère un vieux mâle castré, placide et complaisant, s’adonnant à des occupations de son âge, … »

La théorie de Paul : un ascenseur est conçu avant la construction d’un immeuble et par conséquent : « Il est le miracle mécanique qui a un jour permis aux villes de se redresser sur leurs pattes arrière et de se tenir debout.  Il a inventé la verticalité, les grandes orgues architecturales mais aussi toutes les maladies dégénératives qu’elles ont engendrées. »

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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 12:38

 

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            Je n’avais jamais rien lu de Zep depuis Titeuf qui a bercé mon enfance et mon adolescence (ok, j’exagère un peu là).

            Ils sont trois copains, Yvan, JB et Frank, à retrouver leur pote Sandro dans la banlieue chic de Londres. Vingt ans auparavant, ils formaient un groupe de rock. Suite à un nez cassé et quelques mésententes bénignes, le groupe s’est disloqué et Sandro a fait carrière seul. Il côtoie désormais les plus grands noms de la chanson. Les quatre hommes se remémorent leur jeunesse délurée. Frank, le bourrin de la bande, est le spécialiste du divorce. JB s’est rangé, il bosse dans les surgelés, il est marié et a deux filles. Yvan a du mal à s’engager, il n’arrive pas à franchir le cap de la paternité et sa compagne Béa n’est pas loin de lui claquer la porte au nez. Quant à Sandro, malgré les fastes, le succès et le luxe, il souffre de la mort de son fils, Paul. Sa femme, Annie, qui est aussi l’ex d’Yvan, est dépressive depuis l’accident fatal, survenu un an plus tôt.

            Quelques verres, quelques bourdes, quelques souvenirs mettent à jour un secret lourd à porter pour Sandro et Annie. Si l’amitié est mise à mal quelque temps, leurs relations quasi fraternelles en sortiront renforcées. Cet album porte bien son nom, c’est bien une histoire de mecs qu’on nous conte ici, et qui dit mecs, dit filles ! Quand on sait que Zep manie bien la guitare et faisait partie d’un groupe de rock dans sa belle jeunesse, on imagine sans peine la part autobiographique de cet album. Ça se lit bien, c’est plutôt léger malgré le sujet grave qui est peu traité finalement. La redondance des contours vaporeux de chacune des cases associés aux couleurs pastel –je crois que j’aurais aimé des couleurs un peu plus rock !- m’a un peu lassée mais je dis ça pour chipoter, j’ai passé un bon moment en cette jolie compagnie mâle…

 

« 16/20 »

 

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Published by Violette - dans Lectures - BD
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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 17:49

 

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           Merlin est un dessinateur et auteur de BD même si son véritable gagne-pain consiste à dessiner passéridés, fringillidés et autres oiseaux pour une encyclopédie. Approchant de la soixantaine, il vit avec la jolie et sémillante Prune. Ensemble, ils ont acheté une maison à la campagne – un achat de coup de cœur dans une ancienne demeure où tout est à refaire, où on peut attendre le plombier des semaines et des semaines, mais qui, pourtant, a un charme fou. Une nouvelle vie commence, loin du tumulte parisien, jusqu’au jour où Merlin apprend la douloureuse nouvelle : son ami et ancien voisin, Laurent, est mort. Il perd un excellent copain mais également sa muse : c’est de Laurent que Merlin s’est inspiré pour croquer et faire vivre Jim Oregon, le héros de sa série BD Wild Oregon, un cow-boy téméraire et mutique. Pour en rajouter une couche, Laurent demande dans une dernière lettre à ce que son double, Jim, trouve l’amour, et qu’il le fasse mourir de manière plus héroïque que l’a été sa propre mort. Laurent est déboussolé, il ne sait que faire de ces requêtes qui mettraient un terme à sa série BD.

         Même si les premières pages semblent choisir cette belle maison de campagne un peu décrépite comme personnage principal, il faut bien admettre qu’elle ne constitue plus l’unique centre d’intérêt vers le milieu du roman. Et je dirais même que c’est tant mieux. Merlin est un personnage terriblement attachant et ses héros de BD le sont tout autant. Marie-Sabine Roger a réussi l’exploit de créer deux œuvres en une. Elle nous plonge dans le travail du dessinateur, nous permet de l’accompagner dans ses réflexions, ses doutes, ses pages blanches, ses moments d’enthousiasme et d’excitation. Car Laurent, en formulant ses derniers vœux met la barre haute : Merlin ne peut transformer sa série western en mièvre amourette et il ne veut pas non plus condamner sa série qui lui permet, doucettement, de connaître un joli petit succès.

          Cette lecture enchante, redonne le sourire, pétille de vie sans pourtant être mièvre ni trop sucrée. Elle m’a repêchée après une panne de lecture et deux, trois expériences livresques ratées. Le roman gagne en intensité au fur et à mesure qu’on tourne les pages mais aussi en pureté et en maturité. C’est bon, c’est léger mais pas trop, c’est doux et vif !

 

« Chaque mort d’un ami est une lampe éteinte, qui rend notre chemin un peu plus hasardeux. »

« ce sont les femmes qui font les hommes, du début à la fin de leur vie. De leurs victoires à leurs pertes, de leur pouvoir à leur chute. Toutes celles qui ont coupé dans notre trajectoire, ou qui nous ont accompagnées. Celles qui ont dormi dans nos bras. Celles, qui ont pleuré de notre violence ou qui ont ri de nos maladresses. Celles qui ont consolé nos chagrins, nous ont galvanisés aux veilles des compètes, ont applaudi sur la ligne d’arrivée. Ce sont les femmes qui nous choisissent, en se laissant choisir par nous. Et ce sont elle qui nous laissent. »

« Dans une bonne BD fidèle aux lois du genre, il faut une morale qui fasse rêver les gens. Le brave est éternel. La vérité triomphe. Les truands sont châtiés, les traites confondus, les voleurs démasqués, les criminels punis. Tout l'inverse de la vraie vie. »

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 11:05

 

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             La narratrice part vivre une aventure hors du commun : installée dans un abri moderne, une sorte de cylindre arrimé à une paroi rocheuse d’où elle ne peut descendre qu’en rappel, si j’ai tout bien compris, elle a décidé de vivre en autarcie, de découvrir la nature environnante, de repousser ses limites physiques et d’explorer de nouvelles contrées mentales… Tout va doucement basculer le jour où elle découvre, de très loin, un bout de laine avec un bras dedans. Elle ne serait donc pas la seule présence humaine dans le coin ! L’être rustre, bestial qu’elle va rencontrer a l’apparence d’un moine : un crâne chauve et une bure. Après avoir joué quelque temps au chat et à la souris, les deux êtres vont communiquer, s’apprivoiser mais le jeu qui avait poussé l’héroïne à s’isoler est donc tronqué : elle n’est plus seule…

             Je regrette une chose : ne pas encore être capable d’abandonner une lecture qui me déplaît. Je me réjouissais pour celle-ci, le thème me seyait parfaitement mais dès les premières pages, l’écriture m’a chiffonnée avant de m’agacer pour finir par me gonfler totalement. On ne sait pas pourquoi la narratrice (dont on ne connaît rien !) mène réellement cette aventure, elle a un côté plutôt obséquieux quand elle affirme vouloir fuir les ingrats, les imbéciles, les envieux. Si elle nous livre quelques détails techniques et matériels (la nourriture qu’elle a apportée, les caisses de rhum qu’elle n’a pas oubliées, le potager qu’elle a créé et surtout, surtout, un vocabulaire archi pointu ayant trait à l’alpinisme), on ne sait pas qui elle quitte, quels sont ses moyens de communiquer avec le reste du monde, combien de temps elle reste, où elle est exactement et surtout quels sont ses sentiments, ses espoirs, ses doutes, ses craintes… mon dieu, que c’est froid et impersonnel tout ça ! Quelques questionnements métaphysiques que je n’ai absolument pas compris closent souvent les petits chapitres : « Le menace pourrait-elle être une contrainte forte et la promesse une contrainte douce ? » ou « La promesse est-elle la méthode elle-même ? » ou encore « Je me demande si on peut s’exercer à l’événement. A ce qui arrive, au monde.» ou enfin « A quel jeu pourrait-on jouer avec un idiot ? »

              Bref, un bide total pour ma part. Une lecture- perte de temps. Je ne me lasserai pas de vous recommander le très authentique, pur et vrai Sauvage par nature de Sarah Marquis.

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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 14:32

 

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           Ancienne danseuse et plutôt fan de tout ce qui touche de près ou de loin à la danse classique, j’avais hâte de lire cet album.

           Polina est une Russe, une fillette au début de l’histoire, une petite danseuse très douée à qui on a toujours appris la rigueur, l’effort, la souffrance sans la montrer. Elle entre à l’académie de danse sous la houlette de Pojinski, un prof dur et craint des élèves. Mais c’est elle qu’il choisira pour le solo qu’il a entièrement pensé et chorégraphié. Pourtant, Polina s’échappe pour se rendre, avec ses amis danseurs, dans la troupe de Laptar, un chorégraphe contemporain. Elle connaîtra l’amour mais ne sera toujours pas satisfaite d’elle-même et de son travail. Enfin, elle fuira une énième fois pour créer de toutes pièces un spectacle original, à Berlin, avec deux types qu’elle connaît à peine. Succès et reconnaissance ne lui feront pas perdre la tête mais retrouver son ancien mentor, Pojinski, des années plus tard, dans un tête-à-tête serein et pacifiste.

        La danse est un univers qui me parle, c’est pour ça que, ce qui m’a surprise dans la première moitié du livre, c’est l’absence de plaisir, l’absence de passion. Polina est un pantin qui obéit (parfaitement) aux ordres et il lui faudra du temps, quelques expériences bonnes et mauvaises pour savoir ce qu’elle veut, s’émanciper et se libérer de l’opinion des autres. Pour prouver à tous qu’elle peut être à la fois une danseuse classique et contemporaine, pour montrer que la danse peut cohabiter avec d’autres arts comme le théâtre. Dans ce récit initiatique que j’ai adoré, ce qui m’a finalement le moins plu – et ça me désole- c’est le dessin âpre de Bastien Vivès, les cases en noir et blanc, son trait épais et stylisé que j’ai réussi petit à petit à apprivoiser mais pas complètement. Cette lecture, reste, cependant, une très belle découverte !

 

« La danse c'est de l'art, il n'y a pas d'adversaire et il n'y a pas de partenaire. »

« Les gens ne voient pas ce qu’on ne leur montre pas. »

« L’émotion doit être contenue et maîtrisée. Une personne qui ne sait pas gérer ses émotions ne m’intéresse pas. »

 

"17/20"

 

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Published by Violette - dans Lectures - BD
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