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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 21:27

 

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          Aaliya Saleh a 72 ans, elle vit seule dans un appartement miteux à Beyrouth. Mariée à 16 ans à un homme qu’elle détesta tout de suite, elle fut répudiée quatre ans plus tard. C’est dans les livres que notre vieille dame s’épanouit, à travailler dans une librairie, à lire et surtout à traduire les romans de ses auteurs fétiches en cachette. Dans une ville peu fiable et bruyante, à une époque instable et dangereuse, Aaliya nous livre ses pensées et ses souvenirs : une famille détestée, une amie qui lui manque, un ami devenu terroriste, une couleur de cheveux ratés, sa solitude si chérie, sa technique pour se calmer après avoir vu un cadavre, « domaine dans lequel tous les Libanais deviennent experts ».

           Si j’ai aimé cette lecture, cette bonne femme incroyable, ses abondantes références littéraires, cette ville dense, brutale et colorée qui est un personnage à elle tout de seule, je me suis aussi parfois ennuyée. Pour ma défense, j’ai lu le livre comme un roman. Or, je crois vraiment qu’on y gagnerait à y piocher chaque jour une pensée par-ci, quelques réflexions par-là, deux ou trois digressions un autre jour. Car on apprend beaucoup de cette vieille solitaire ermite qui sait sonder le monde de son regard drôle et pénétrant.

 

« Pourquoi aurais-je voulu être stupide comme tout le monde ? Puis-je admettre qu’être différente des gens normaux était ce que je recherchais désespérément ? Je voulais être spéciale. J‘étais déjà différente : grande, pas séduisante, tout ça. Mon  visage aurait eu du mal à lancer un seul canoë. »

« Je peux comprendre Marguerite Duras bien que n'étant pas française et n'ayant jamais été follement amoureuse d'un Asiatique. Je peux vivre dans la peau d’Alice Munro. Mais je ne peux pas comprendre ma propre mère. »

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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 12:10

 

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             Il me tardait de découvrir cet auteur et de vérifier ses qualités tant vantées par certains.

            Dans un recueil de trois nouvelles, Marcus Malte évoque l’enfance et l’adolescence :

            Dans « Le Fils de l’étoile », le narrateur revient sur ses souvenirs : enfant, Mestrel, se retrouve envoyé par ses parents en colonie de vacances. Il déteste ça car il y est raillé et humilié à la fois par les autres enfants mais aussi par les moniteurs… jusqu’au jour où il est fait la connaissance de François. François lui assurera protection et amitié. Lorsque Bénardier qui s’était vertement moqué de Mestrel, mourra empoisonné par des champignons, le garçon ne se méfiera pas. Lorsque, l’été suivant, la mono qui se foutait de Mestrel disparaît avant de se retrouver au fond d’un puits, Mestrel s’interroge.

            Dans « Des noms de fleurs », quatre amis qui se sont donné des surnoms de fleurs, luttent à leur manière pour l’écologie et la sauvegarde de la planète. Ils décident, simplement, d’offrir leur vie à leur combat. Nous assistons à leurs dernières minutes de vie.

Dans la dernière nouvelle intitulée « Le père à Francis », c’est par la voix d’un gamin de banlieue marseillaise qu’on découvre la vie d’un homme extraordinaire qui s’est battu pour que des gamins se retrouvent autour du foot. Ou comment décrire les aspects les plus positifs d’un sport fédérateur et salvateur…

             A travers ces trois textes, c’est le pouvoir de la jeunesse qui est mis en lumière : une jeunesse dont il faut se méfier, une jeunesse bien plus forte et reconnaissante qu’il n’y paraît, une jeunesse courageuse. Au service de ce thème commun une langue magnifique, élégante, puissante. Elle traduit parfaitement la rencontre entre des forces antinomiques : la vie et la mort, le sublime et le grotesque, le trivial et le rare. Comme je suis contente d’avoir découvert cet auteur !

 

Première nouvelle : François est l’ange gardien de Mestrel : « Ce qui, pour moi, aurait dû être un véritable calvaire, fut un véritable bonheur. J’étais grisé. La tête m’en tournait. François courait à mes côtés et on pouvait voir sur nos deux visages la même expression d’ivresse radieuse ; Ni le vent ni la pluie qui nous cinglaient ne pouvaient rien contre ça. Notre joie grondait plus fort que le tonnerre. »

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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 16:25

 

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             Paris, mars 1933. Violette est une jeune femme en mal d’aventures, d’argent, de folies en tout genre. Elle aime raconter des bobards, dire que ses parents sont pleins aux as, qu’elle est elle-même une star… à chaque interlocuteur son mensonge. Avec son amie Maddy, elles sillonnent les rues de Paris, draguent tout ce qui leur tombe sur les lèvres. En réalité, papa est cheminot, maman reste à la maison et tous deux ont toujours couvé leur unique enfant. Tous deux ont toujours cru à ses tromperies. Violette aimerait tellement avoir plus d’argent, s’enfuir dans le Sud avec son dernier flirt qu’elle apprécie un peu plus que les autres… Elle tente une première fois d’éliminer ses parents en mettant le feu dans leur appartement. Ça ne fonctionne pas ; en août 1934, rebelote : cette fois la boisson qu’elle leur fait ingurgiter est un poison qui tue le père et cloue la mère à l’hôpital quelque temps… La presse s’empare de l’affaire, Violette est surnommée « Le monstre en jupon » avant d’être condamnée à la peine de mort. Graciée, elle demandera pardon à sa mère qui lui accordera bien plus tard. Elle finira par croupir en prison bien moins longtemps que ce qui était prévu au départ et bien peu de temps pour un homicide (une bonne dizaine d’années)

           Quelle histoire ! Quelle femme machiavélique ! Avec son visage angélique, Violette manipule, trompe et corrompt son monde. Ayant d’abord accusé feu son père d’inceste, elle se rétracte et finit par regretter son crime… mais bon sang, on a du mal à croire à ses repentances alors quelle s’est acharnée à vouloir supprimer ses parents ! Le dessin de Camille Benyamina m’a complètement séduite, les traits réalistes se marient parfaitement avec des couleurs plus oniriques qui nous projettent dans le Paris des années 30. La dessinatrice a rendu la meurtrière belle et sensuelle jusqu’au bout de l’histoire qui s’arrête à sa sortie de prison.

            Figurez-vous que cette BD m’est tombée du ciel ou plus exactement dans ma boîte aux lettres un beau matin de décembre. Et cette BD faisait partie d’un colis qui contenait plein d’autres lectures et adorables surprises. Et tout ça, je le dois à notre chère Noukette nationale, j’avais eu l’immense chance de gagner le concours de son blog’anniversaire ! Alors MERCI encore Noukette, quel talent pour être tombée aussi juste ! (et merci à A_girl_from_earth qui m’a cédé sa place !... ne serais-tu pas un peu maso ??)

« 18/20 »

 

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 15:39

 

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           Après la mort de Mankell, il y a maintenant plus d’un an, j’ai eu du mal à retourner le lire. Là, retrouver mon auteur de polars préféré était devenu un besoin.

          Un policier de 37 ans, Stefan Lindman, est à un tournant de sa vie : il apprend qu’il a un cancer. Au même moment, il découvre qu’un de ses anciens collègues, Herbert Molin, est retrouvé mort dans des circonstances terrifiantes. Parce qu’il faut bien qu’il s’occupe pendant son arrêt maladie, Stefan décide d’aller rejoindre la scène du meurtre, à l’autre bout de la Suède. Bon gré mal gré, les enquêteurs de la province du Härjedalen l’intègrent à l’affaire. En parallèle, comme le lecteur en sait toujours un peu plus que les protagonistes chez Mankell, on suit cet Argentin venu en Suède pour accomplir une vengeance qu’il souhaite depuis la Seconde guerre mondiale. Car Herbert Molin était un nazi qui a soutenu Hitler et a continué à alimenter ses théories.

            Vont entrer en scène : la fille de la victime belle à faire perdre la tête à ses interlocuteurs, un voisin trop curieux qui ne va pas survivre longtemps, la petite amie de Stefan qui ne comprendra pas cet engouement pour une enquête si lointaine et  … des nazis à la pelle !

            Il est bien étrange de lire un policier de Mankell sans que Kurt Wallander soit présent. Pourtant, Stefan est une sorte de fils spirituel : mêmes ronchonnements, même vision sceptique de l’existence. Le style harmonieux de Mankell, son imagination débordante, sa passion pour la précision, pour le détail juste, m’impressionneront toujours. Bien plus qu’un roman policier, le livre réfléchit, s’interroge, respire, sent, vit ! Oui, fan je suis, fan je resterai. Il me reste encore quelques lectures à savourer.

Que va faire Stefan en attendant sa radiothérapie ? « Il avait presque fait le choix de Majorque, quand la pensée de Molin vint le hanter. Soudain, sa décision fut prise. Il n’allait pas se rendre à Majorque. Là-bas, il ne ferait qu’errer sous le soleil en ruminant les événements précédant son départ et ceux qui le guettaient après son retour. Dans le Härjedalen, sa solitude ne serait pas moindre, puisqu’il ne connaissait personne là-bas. Mais au moins son activité serait sans lien avec sa propre personne. »

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 15:29

          Selon la tradition, je me permets de vous livrer un petit florilège de mes lectures 2016 préférées.

Romans et récits :

Les Indociles de Murielle Magellan : 1ère lecture de l'année et 1er coup de cœur!

Orages ordinaires de Boyd

7 années de bonheur d'Etgar Keret

L'Intérêt de l'enfant de Ian McEwan

Un vent de cendres de Collette

La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier

Les échoués de Pascal Manoukian

La renverse d'Olivier Adam

Envoyée spéciale de Jean Echenoz

Celle que vous croyez de Camille Laurens

Louis XIV et le grand siècle de Saint Bris

Le roi n'a pas sommeil de Cécile Coulon

La carrière du mal de Galbraith

Les portes de fer de Grondahl

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur d'Harper Lee

Intérieur nuit de Pessl

La part des flammes de Nohant

Villa Amalia de Quignard

La succession de Dubois

Sauvage par nature de Sarah Marquis

L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir de Montero

Tout ce qu'on ne s'est jamais dit de Ng

BD :

Au revoir là-haut de Lemaitre et de Metter

Trois ombres de Pedrosa

L'arabe du futur 2 de Sattouf... le 3 m'attend toujours!

Les cahiers d'Esther de Sattouf

Les beaux étés  tomes 1 et 2 de Zidrou et Lafebre

Emmett Till de Floc'h

Rouge comme la neige de De Metter

Zaï zaï zaï zaï de Fabcaro

L'adoption de Zidrou et Monin

Figurec de De Metter

Monsieur désire? de Hubert et Augustin

 

Théâtre : mes lectures furent trop rares...

Cyrano de Bergerac par Le Grenier de Babouchka :  La pièce que j'ai préférée parmi toutes celles que j'ai vues... dans ma vie !

 

Jeunesse :

Les Carnets de Cerise 4  de Chamblain et Neyret... à quand la suite?

A copier cent fois de Dole

Livres audio :

La garçonnière d'Hélène Grémillon

... et je n'oublie pas de vous souhaiter une excellente année 2017, qu'elle vous illumine, vous parfume de bonnes nouvelles, vous honore d'excellents moments et vous file une pêche de tous les diables!

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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 14:30

 

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          Je n’ai jamais autant attendu un livre, cela fait des mois qu’il m’était réservé à la bibliothèque et à lire les avis dithyrambiques des collègues blogueurs, qu’est-ce que j’avais hâte de le lire… et pourtant…

          L’auteur-narrateur est une femme, Lili, qui n’a pas froid aux yeux. Elle quitte sa Provence pour rejoindre l’Alaska avec une unique idée en tête : pêcher. C’est sur la petite île de Kodiak, pas loin du bout du bout qu’elle fait tout pour apprendre à pêcher, à manier les palangres, à porter les baquets, à travailler les épissures, à couper et vider les poissons, … à faire l’homme dans un milieu d’homme. Pour se faire une place, elle se doit d’être excellente, de vaincre la douleur et la faim.  Elle ne cherche ni le confort ni le calme mais les sensations fortes, dormir à même le sol, se salir, en baver, souffrir. Parmi tous ces marins, un seul sort du lot pour elle : Jude, l’ « homme-lion », ce « grand marin » pour qui elle est capable de faire de petites concessions. Leur amour sera à l’image de la relation de la femme avec la mer : violent, puissant, animal.

          J’ai adoré cet ailleurs incroyable, cette vie à Kodiak, le travail du pêcheur, si admirablement décrits que l’authenticité transpire à travers les mots. C’est assurément une femme incroyable que cette « runaway », cette « bête coureuse des routes ». Si je respecte son choix et son mode de vie, j’ai été étonnée de ne rien apprendre sur les raisons de sa fuite de France, j’ai été perturbée par la dimension sacrificielle (quasi suicidaire !) de son choix, elle veut être l’homme, gomme totalement sa féminité (sauf avec son amoureux, dans la deuxième partie), gagne moins qu’un homme. J’ai été lassée par l’aspect répétitif des sorties en mer, des retours marqués par les beuveries, les sorties, les retours, la peur de ne pas pouvoir embarquer… par les prénoms masculins qui se bousculent, par ce trop-plein dans l’extrême que je n’ai finalement pas tellement compris. L’écriture est, comme la personnalité de Lili, vive, sèche, sans concession. Un roman d’apprentissage à la dure.

 

 A méditer : « Jusqu’à ma mort, je suis invulnérable. »

« Je voulais être avec eux toujours, que l’on ait froid, faim, et sommeil ensemble. Je voulais être un pêcheur. »

« Nous travaillons en pleine lumière. Elle lèche nos pommettes, brûle nos fronts, dessèche nos lèvres. Elle dévore nos visages. Simon chantonne. Jude impassible a le front baissé sur sa palangre. Des phoques sont allongés sur les rochers. »

« J’ai peur des maisons, je lui dis un jour, des murs, des enfants des autres, du bonheur des gens beaux et qui ont de l’argent. »

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 15:13

 

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                 Tout est dit dans la quatrième de couverture : « Tu te serais levé, TOI, pour aller dépanner un pote à 3h du matin ? » 

                 Raphaël et sa petite amie se font réveiller à 2h30 du matin par un pote, Léo. Celui-ci demande un service à son grand copain : venir le dépanner, là maintenant tout de suite. Raphaël bougonne, il  a une assurance, il est tard, il est crevé… c’est sa copine qui l’incite à y aller. Cinquante minutes plus tard, Raphaël débarque sur le lieu de ladite panne. Surprise : Léo l’accueille avec une bouteille de champagne et une petite dizaine d’amis ! C’était une blague… et surtout le « test de l’amitié » : ne sont venus que ceux qui appréciaient vraiment Léo, ceux qui feraient tout pour lui. Raphaël a du mal à encaisser la farce. Et pourtant, il va jouer au même jeu quelques jours plus tard avant de constater qu’un seul copain vient pour lui et d’avoir une discussion plutôt violente avec ce Léo qui a besoin d’affirmer sa supériorité.

                Le fait de connaître l’histoire de la BD avant de la lire a sans doute été un inconvénient pour moi. J’ai apprécié cette histoire, cette amitié virile, cette tranche de vie, cette rencontre nocturne au carrefour des quatre vérités sur fond de no man’s land. Les dessins m’ont plu, il y a cette nuit qui met en lumière certaines vérités, il y a ce jour qui en révèle d’autres. L’album se termine sur la fête de divorce de Léo qui s’apparente à une grosse bringue de mariage (je trouve ça d’un goût douteux). Ce qui m’a le plus gênée, ce sont ces longueurs, cet aspect répétitif et un peu lancinant. J’en ressors moyennement convaincue. En regardant la bande annonce du film de Michaël Cohen, j'ai l'impression qu’il a l’air assez fidèle au livre. Puisque j’apprécie Nicolas Bedos, je le regarderai dans quelques mois.

« 15/20 »

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24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 15:09

 

Je prends quelques instants pour vous souhaiter de douces et de joyeuses fêtes de Noël !!!

A très bientôt !

 

Personnellement j’aurais aimé voir la neige tomber doucettement alors je vous offre quelques vues enneigées du photographe Christophe Jacrot.

 

CJacrot_ Noël (New York).jpg

 

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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 09:20

 

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             Le héros et narrateur de ce texte est un collégien qui se fait insulter et frapper par ses camarades. Son père lui en veut de se laisser faire ainsi, de ne pas savoir répondre et rendre la pareille. Il veut faire de lui un « homme » qui roule des mécaniques et sache cogner. Seule Sarah le comprend, le défend, le protège… surtout de cette phrase lancée par les autres garçons « t’es pédé, de toute façon. » Car ça non plus le père ne veut pas l’entendre. Il faut que le fils rentre couvert de bleus, de blessures, de boue, de maux au cœur surtout, il faut qu’il menace de se tuer, il faut qu’il fracasse le miroir de la salle de bain pour qu’enfin, son père ouvre les yeux et prononce les quelques paroles de réconfort tant attendues.

           Roman sur l’homosexualité, sur le regard des autres mais aussi sur l’éducation, ce texte de quelques dizaines de pages se lit d’une traite et ne s’oublie pas. Ce qui m’a le plus frappée parce que je le rencontre si souvent dans mon métier de prof, c’est l’incompétence du père. De nombreux, trop nombreux parents, abandonnent leurs enfants, les laissent vivre avec leurs problèmes, leurs difficultés, leur mal-être. Ils les nourrissent, les habillent, leur achètent des cadeaux et ça s’arrête là. Ne parlent pas, n’écoutent pas.

          Quant à l’homosexualité évoquée dans ce roman, j’ose espérer une évolution des mentalités, enfin. J’ai fait lire Les Lettres de mon petit frère de Christophe Donner à des 5ème, petit livre qui traite subtilement de la question de l’homosexualité. Tous les élèves sauf un ont été offusqués à l’idée de rejeter ce grand frère en raison de ses préférences.

           A copier 100 fois est un livre choc, touchant par la solitude et le désespoir évoqués par un petit garçon, révoltant à cause de l’attitude imbécile des autres. A mettre entre toutes les mains.

« Je veux pas apprendre à me battre. J’ai pas envie papa, pourquoi j’ai pas le choix ? Des claques, des balayettes, des coups de poing, des manchettes qui répondent à des claques, des balayettes, des coups de poing, des manchettes. A quoi ça sert tout ça ? papa m’a dit cent fois d’être un homme. »

« j’aimerais bien cesser de toujours danser d’un pied sur l’autre en me demandant dans quelle direction fuir, comme un petit animal en bas de la chaîne alimentaire, obligé de se protéger de tout ce qui évolue autour de lui. J’aimerais bien me sentir à l’abri quelque part. »

« J’ai perdu l’appétit, à force de manger des assiettes de silence et des bols de regards accusateurs à table avec papa. J’avale les reproches et puis je vais au lit. Dès le matin au menu, c’est soupe à la grimace. Je regarde mon ventre, des bleus se perdent dans les vagues de chair et d’os. »

 

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Published by Violette - dans Lectures - jeunesse
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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 22:30

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          C’est  à Plainview dans l’Indiana qu’on fait la connaissance des trois copines : Clarice la pianiste au mari volage, Odette la boulotte et Barbara Jean, la femme fatale malheureuse. Afro-américaines, la cinquantaine bien tassée, elles arrivent chacune à un stade de leur vie où il devient indispensable de changer le cours des choses. Odette, atteinte d’un cancer, entend les voix de sa mère morte ainsi que celle d’Eleanor Roosevelt portant la guigne ; Clarice décide de quitter son mari et enfin, l’exquise Barbara Jean va comprendre que l’alcool ne va pas l’aider à renouer avec son amour adolescent, Chick.

          Sur fond de problématique raciale - un jeune serveur blanc dans un resto de Noirs choque profondément et nous rappelle que le mariage mixte n’est devenu légal qu’en 1967 - le roman se veut tantôt drôle, tantôt émouvant voire larmoyant (ce que je déteste par-dessus tout). Les personnages évoluent à la manière d’un roman initiatique pour quinqua (eh oui, ça existe !) Même si ce n’est pas mon genre préféré, qu’il y a un saupoudrage de bons sentiments un peu suffocant, j’ai apprécié cette lecture légère, facile et distrayante, surtout dans une période où je croulais sous le boulot. Par contre, qu’on compare ce roman à La Couleur des sentiments, non, il ne m’a, de loin, pas autant passionnée.  

 

Lorsque Chick, un Blanc, et Barbara Jean, une Noire, tombent amoureux : « Barbara Jean en répondit pas car il était évident que Clarice avait raison. Et il n’y avait pas que Desmond Carlson. Des tas de gens à Plainview, noirs ou blancs, auraient préféré voir Chick et Barbara Jean morts plutôt que de les savoir ensemble. C’était ainsi, et on ne pouvait rien y changer. »

Une mère très préoccupée par le poids de sa fille – future mariée – l’envoie chez un hypnotiseur : « Il l’a confortablement installée dans un fauteuil, a allumé des bougies parfumées, lui a chuchoté quelques phrases à l’oreille, et elle est sortie de là terrifiée par les féculents. Maintenant, quand elle voit un croûton dans sa salade, elle s’enfuit en hurlant. »

 

 

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