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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 23:46

 

 

           On entre dans cette BD comme dans un café surchauffé un soir d’hiver glacial… sauf qu’on n’a pas longtemps chaud !

On rencontre d’abord les personnages dans un bistrot. Tous attendent leur train. Il y a le fringant futur directeur des ressources humaines accompagné de son arrogant tuteur. Des types bien. Il y a les trois fêtards qui se rendent au mariage d’un de leur pote. Il y a l’ex-taulard qui retrouve enfin sa copine.

Dans ce bistrot, les auteurs nous permettent d’abord d’appréhender les différences sociales de ces trois groupes de personnes. Le copine de l’ex-taulard lui avoue qu’elle a dû faire le tapin pendant qu’il écumait sa peine de prison et lui ne sait s’exprimer qu’avec fougue,  jurons et menaces. Les trois copains sont de gais lurons qui tentent même de draguer la copine de l’ex-taulard. Les directeurs de ressources humaines sont bien habillés, instruits mais le plus âgé tente de rendre son protégé tout aussi vicieux que lui. Rien de bien particulier dans ce café ordinaire.

Tout dérape dans le train. Il fait trop chaud, la clim ne fonctionne pas, nos sept personnages sont presque seuls. L’un des trois copains insiste de plus en plus lourdement pour se taper la copine de l’ex-taulard. Le défi est à relever.

Avec une vision très pessimiste de la nature humaine, Jonquet nous montre que les salauds ne sont pas toujours ceux qu’on croit. Le personnage le plus horripilant est ce vieux cadre qui ne fait que reluquer les femmes, qui se réjouit de l’altercation entre les deux groupes de jeunes, qui ne se positionne qu’en voyeuriste. Le jeune cadre, lui, semble faire preuve de meilleurs sentiments et pourtant, il est complètement passif, il n’alerte pas le contrôleur du train quand il assiste au viol de la jeune femme.  Personne n’est donc épargné dans ce huis clos.

Chauzy s’exprime grâce aux couleurs, la palette doit être exhaustive… de temps en temps une tache de rouge qui n’est pas sans rappeler le sang et la barbarie : la chevelure de la copine, la veste du contrôleur, les cheveux du pote rouquin… Juste une remarque sur la couverture qui, d’après moi, donne toutes les clés de l’album, et c’est dommage. Le couple apparaît au premier plan, elle amoureuse, lui à la fois attentionné et blessé, les trois compères à l’arrière-plan ont un sourire sournois. On aurait pu souhaiter plus de mystère.

C’est du réalisme pas joli joli et du quotidien morose qui composent cette BD. Tout comme dans La Vie de ma mère, Jonquet nous crache cet univers de violence et de bêtise à la figure, sans concession, sans pincettes. Et c’est tant mieux. Encore une fois, j’ai apprécié la justesse du ton. Un événement sordide qui passe inaperçu…

 

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 23:52

 

 

                        C’est la faute à certaines bloggeuses si je me suis précipitée pour acheter ce roman !

Un chapitre, un personnage. Trio de solitaires :

-         Jasper est un trader de Chicago, il se la pète parce qu’il croit avoir obtenu un super poste puis il s’aperçoit qu’il est sur la sellette et va se faire virer avant de comprendre que c’est son collègue qui se fait brutalement remercier. Ce manutentionnaire des chiffres tente de réparer une petite bourde d’un de ses collègues, il prend des risques, et… coule toute sa banque !

-         Meike est une traductrice qui fuit sa ville (Hambourg) mais aussi son appart, son mec, ses amis… Comme ses amis en ont toujours rêvé, elle s’installe dans une maison perdue en pleine campagne. Elle est la traductrice des romans du célèbre Henry LaMarck mais, s’inquiétant de ne pas avoir de nouveau manuscrit à traduire (le best-seller qu’on lui promet l’aiderait à payer sa maison…), elle s’envole pour Chicago, tentant de mettre la main sur l’écrivain.

-         Henry LaMarck est l’écrivain que Meike traduit. Il en a ras-le-bol des hommages, de la gloire et surtout du second prix Pulitzer qu’il est en passe de recevoir et qui, pour lui, signifie un couronnement de fin de carrière, « après quoi il n’y avait plus qu’une seule chose à faire pour être artistiquement intéressant : mourir ».

 

Ces trois personnages ont comme points communs une certaine maladresse, un don tout particulier pour la guigne redondante et persistante. Tantôt on aurait envie de leur foutre deux paires de claques bien méritées, tantôt on les prendrait bien dans nos bras pour les consoler de leurs petits (ou grands) malheurs. En plus, ces picaros modernes jouent aux amours impossibles : Henry aime Jasper qui lui aime Meike qui, au début, n’aime personne mais aimerait bien attirer l’attention d’Henry sur elle… Vous l’avez compris, c’est théâtral et théâtralisé, et sur fond de crise bancaire, boursière et financière (pour moi, c’est trois mots sont synonymes, juste ciel, je n’y connais que dalle !), c’est plutôt original et réussi.

Contrairement à mes consœurs complètement gagas de ce bouquin, je suis restée un peu en dehors, juste à la périphérie de Chicago où se déroulent les principaux drames de cette folle aventure… La quatrième de couverture nous promet des retrouvailles entres ces trois gugusses, elles n’arrivent qu’à la toute fin du roman, ça m’a frustrée… Voilà que je fais de nouveau ma petite pinailleuse…

 

 

Un petit extrait qui nous dévoile une Meike anti-conformiste et drôle comme tout :

« Sur le plan professionnel comme personnel, mes amis avaient trouvé leur place, installés à une table bien mise, avec leurs lentilles bio ramenées des vacances dans les Abruzzes, leurs airs de connaisseurs de vins et leur chocolat qu’on n’a pas le droit de mâcher. J’avais côtoyé ces gens agitant leur vie réussie sous mon nez et, naturellement, ils avaient fait comme si j’étais des leurs ; alors que je ne faisais qu’être là. »

 

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 10:48

 

Ce petit roman regroupe deux thème forts : le divorce et les mensonges que peuvent raconter des enfants et des adolescents.

Aurélie est fille unique. Un jour, sans crier gare, ses parents lui annoncent qu’ils se séparent. Ce qui perturbe le plus l’adolescente, c’est que rien ne lui laissait supposer une mésentente ou un désamour… et puis il y a cette façon de se séparer, sans cris, sans heurts, sans même une once de chamaillerie : « Rien ne changera pour toi, ma chérie, tu sais. (…) Tu continues à vivre ici comme avant. On a tout arrangé. Ta mère ne déménage pas. Ne t’inquiète pas. Tout reste pareil pour toi ». Oui, mais pour Aurélie, c’est un gouffre qui s’ouvre, là, sous ses pieds. Elle ne peut accepter que ses parents mettent une croix sur leur passé commun si vite, si facilement. Mais comme tout va bien pour tout le monde, elle garde ses pensées malheureuses pour elle… jusqu’au jour où elle raconte à un vieux monsieur, lors d’un trajet en train, que son père est en prison. Même si le mensonge lui fait horreur, il la libère de ce poids trop lourd à porter. Et elle attire enfin la compassion ! Quelque temps plus tard, c’est à deux jeunes filles qu’elle raconte que ses parents sont morts dans un accident de voiture, puis à un couple d’amoureux que son petit ami est atteint d’une grave maladie. Aurélie, par ses fictions, se fait écouter, plaindre, consoler.

Ces mensonges vont cesser le jour où un garçon, dans le train, lui avoue qu’il a tout entendu depuis le début. Il en rit, ironise puis lui dit qu’il a connu ça, lui aussi, raconter des bobards pour attirer l’attention et évacuer sa peine.

 

C’est un bien joli roman, court, simple et intense en émotions. Les adultes décident, les enfants subissent, … vaste débat. Une réflexion sur l’amour traverse, en filigrane, le roman, avec cette douloureuse question : « Ca sert à quoi si ça ne dure pas ? »

Un autre passage… mais on pourrait en relever tellement !

« Je vois que les liens entre eux ont disparu. Et moi je ne suis plus liée à rien. Je suis un ballon plein d’air. Il n’y a plus de main pour tenir la ficelle. Comme quant j’étais petite et qu’un jour mon ballon s’est envolé au square. Je me rappelle j’avais tellement pleuré. Je le voyais s’envoler. Loin loin. Un ballon avec des couleurs. Du rouge, du jaune. Il avait disparu.

J’ai peur. J’ai l’impression de tout perdre à l’intérieur de moi, morceau par morceau. J’ai peur. »

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 10:20

Sous-titre : Le Secret du janissaire.

Si je connais cette série c’est uniquement parce que quand on pose la question : « quelle BD préférez-vous ? », les gens autour de moi répondent le plus souvent : « De Cape et de Crocs, mais bien sûûûûr ! » Il fallait bien que je vérifie par moi-même ce « bien sûûûûr » enflammé !

Un renard, Armand Raynal de Maupertuis fait équipe avec un loup, Don Lope de Villalobos y Sangrin. Les deux compères sont de fameux bretteurs, justiciers et téméraires. Par un heureux concours de circonstance, ils tombent sur une carte au trésor… mais aussi sur un vieillard menteur, Cénile, qui, après leur avoir demandé de libérer son fils Andreo (qui serait retenu captif au bord d’une chébèque de Barbares) les entourloupe. Plutôt que de les faire sortir de prison comme il leur avait promis, il les condamne à vingt ans de galère. Ce passage sur la galère est mon préféré, les personnages sont délicieusement drôles et forts en caractère : le capitan Mendoza règne en tyran, un petit lapin galérien, Eusèbe, se fait passer pour nigaud mais parvient à sauver les deux compères qui se retrouvent sur la chébèque du début de l’album, celle du raïs Kader.

Je me rends compte qu’il est bien difficile de résumer cet album si dense. Il se passe plein de choses sur chaque planche, le rythme est haletant, nous avons là une vraie BD d’aventures !

Ce qui m’a assez vite surprise et ravie, c’est la richesse de cet album. Il faut avouer que, bien souvent, dans les BD, si le dessin est sublime, le texte boîte, et si, à l’inverse, les dialogues sont époustouflants, le dessin plaît moins. Ici, tout y est. C’est complet. Non seulement les dessins sont d’une rare beauté, colorés, raffinés, soucieux du moindre détail, mais les textes sont savoureux par leurs références culturelles et par leur humour ! On rit dans un méli-mélo de sources littéraires : La Fontaine, le Roman de Renart, Cyrano, les Mousquetaires, Molière, Blacksad (je n’ai pas pu m’empêcher d’y penser … même si le chat naît bien après le renard et le loup).

Je vais m’empresser de lire les autres aventures du loup et du renard !

 

Lorsque Cénile, le vieillard qui feint le malheur et le chagrin, demande de l’aide à notre duo de choc :

-         Senor ! souffrez que nous intervenions. Moi : Don Lope de Villalobos y Sangrin, hidalgo, et par là-même rempart de la chrétienté…

-         Et votre serviteur : Armand Raynal de Maupertuis… allons de ce pas délivrer votre progéniture.

-         Gratuitement ? Vous le reconnaîtrez sans peine : il est beau comme un dieu et me ressemble en tout point. Il s’appelle Andreo. Lorsque vous l’aurez libéré, amenez-le au Palazzo Spilorcio ; Campo del Duomo.

 

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 15:03

 

            Je ne sais par quel bout prendre ni ce roman ni ce billet. Avis partagé… j’irai même plus loin, je crois bien que je n’ai pas aimé. Je viens de le finir mais il me laisse une telle amertume que j’en ai mal à la tête.

            La première moitié m’a plu, la découverte de ces deux personnages en parallèle parfait, Aomamé à gauche, jeune, froide, introvertie mais débauchée, criminelle mais justicière ; à droite, Tengo, secret, solitaire, écrivain et mathématicien. Les deux se sont rencontrés enfants et ont quelques points communs : une jeunesse morose et dénuée d’affection parentale, des dimanches passés à vadrouiller : Aomamé subissant le fanatisme de ses parents, adeptes d’une secte, les Témoins, passait de maison en maison pour tenter de convertir les gens. Tengo, lui, devait aider son père à récolter la redevance télé, et était bien contraint à faire du porte-à-porte. L’absence d’amour et de chaleur humaine réunit aussi ces deux êtres attirés malgré eux vers le sexe pour le sexe.

            Tengo se voit proposer un bien étrange contrat : son éditeur veut absolument qu’il réécrive La Chrysalide de l’air, un livre étrange et attirant par son contenu mais maladroit dans sa forme. Ce roman, Tengo l’apprendra un peu plus tard, a été dicté par Fukaéri, une mystérieuse adolescente de 17 ans, dyslexique et ainsi incapable de rédiger un texte elle-même. Tengo accepte sa mission malgré sa dimension délictueuse et malsaine. Ce qu’il ignore, c’est que l’histoire que raconte Fukaéri est vraie et bien réelle… Les Little People existent ! Ils sont comparés à Big Brother, ils voient tout, savent tout, maîtrisent le monde à notre insu.

            Aomamé s’est liée d’amitié avec deux femmes : la première est une vieille dame possédant une fortune immense et un pouvoir tout aussi important. Elle engage Aomamé pour réaliser un travail un peu particulier : tuer, le plus discrètement possible la lie de la société et plus particulièrement des hommes qui ont maltraité et violé des femmes. La vieille femme a même créé un refuge pour ces femmes détruites moralement et physiquement. La seconde nouvelle amie est une policière qu’Aomamé rencontre dans une partie de jambes en l’air à quatre.

            L’ensemble du roman joue avec le registre fantastique, tantôt le titillant, tantôt le repoussant… L’auteur nous impose un monde inquiétant qui n’est ni clair ni univoque.

J’ai trouvé l’écriture perfectible. C’est assez ironique pour un livre qui parle d’écriture, qui donne même des conseils –comme le prouve l’extrait ci-dessous. J’ai trouvé qu’il avait besoin d’être épuré, les répétitions s’accumulent, les longueurs sont parfois pesantes, c’est comme si Murakami avait oublié de faire une dernière relecture, une dernière correction à son texte. Certains vont considérer comme blasphématoire ce que je dis là, mais c’est ma sincérité qui parle… Peut-être que la traduction y est pour quelque chose mais j’aimerais qu’on me dise qu’elle est la qualité littéraire d’un passage comme celui-ci : (Tengo et sa maîtresse discutent de la tranquillité qu’on éprouve à se ranger du côté de la majorité).

-         « Ah, comme on est content de ne pas être du mauvais côté ! Même si, au fond, c’est la même chose dans toutes les époques et ans toutes les sociétés, au moins quand on est du côté du plus grand nombre, ça vous évite de penser aux choses ennuyeuses.

-         Si l’on se range du côté de la minorité, il ne nous reste plus qu’à penser aux choses embêtantes. »

 

L’atmosphère qui se dégage dans ce roman est irréelle depuis la première page, très particulière bien avant que le fantastique fasse son apparition. Je l’avais déjà trouvée et grandement appréciée dans les nouvelles de Murakami, une autre dimension est à peine suggérée, on la frôle du bout des doigts sans la voir. Mais lorsqu’on est dans l’autre monde de plain-pied, l’angoisse prédomine, et je déteste par-dessus tout entendre parler de fin du monde, d’apocalypse et de complot interplanétaire. Et puis, mise à part la manière très progressive et relativement subtile dont le fantastique entre en scène (et encore, le jaillissement des Little People peut prêter à rire !), je n’ai pas trouvé une grande originalité à ce monde de 1Q84.

Pour terminer par une note positive, j’ai beaucoup aimé la cause pour laquelle se battent Aomamé et la vieille femme, des Robin Hood au féminin et le thème bien développé des sectes.

Vous l’aurez compris, je ne lirai pas le livre 2, je dois être une des seules à avoir si moyennement apprécié cet ouvrage, je le regrette et n’en délaisse pas pour autant les autres œuvres de Murakami.

 

Les conseils d’écriture de l’éditeur à l’écrivain ou la mise en abyme version Murakami : « Tengo, essaie de réfléchir à ceci : les lecteurs ont toujours vu une lune dans le ciel, une seule. Tu es bien d’accord ? Mais on peut supposer que personne n’a jamais vu deux lunes. Lorsqu’on introduit dans un roman quelque chose qu’aucun lecteur n’a encore vu, cela nécessite une description aussi précise et détaillée que possible. A contrario, on peut se dispenser de décrire une chose que la plupart des lecteurs ont déjà vue. »

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 17:03

 

 

 

J’avais déjà fait la connaissance avec l’écriture de Ribes dans Musée haut, musée bas au printemps dernier. J’ai retrouvé son humour dans ces trois pièces qui portent bien leur nom. Ne nous emballons pas, ce sont des mini-pièces qu’on peut appeler saynètes. J’aurais d’ailleurs voulu en lire plus, je n’ai pas l’habitude du court…

« Egalité-fraternité » nous présente un dialogue entre deux frères, Jacques et André (l’aîné). Jacques se pavane devant son frère en annonçant qu’il est devenu plus intelligent que lui. S’en suit un discours argumentatif très drôle qui prouve que Jacques, malgré ses deux ans de retard, a lu la même chose que son frère, sait parler comme lui, etc. En passant, on apprend qu’André a piqué la femme de Jacques et que le cadet est surnommé « concon » depuis sa plus jeune enfance…

Dans « Le Goéland », c’est un coiffeur et son client qui discutent. Mais pas de brouilles, hein … non, de destinée humaine ! Le client a fait une découverte formidable et il tente d’enrôler son coiffeur : c’est « cette foutue loi de l’attraction universelle qui vous force à rester collé sur le carrelage. Pourtant quand on regarde vos bras, on voit bien qu’il aurait suffi d’un ou deux battements pour que vous filiez au-dessus des nuages… ». Le client lui demande pourquoi il est coiffeur, s’il a « le moindre souvenir d’un désir prénatal pour le shampoing » (j’adore !). Le coiffeur se laisse embrigader et il finit par accepter trois heures de discussion hautement philosophique, six jours par semaine pour « lutter contre cette force qui nous opprime, la traquer, l’obliger à se montrer, la calculer et puis la détruire ».

« Musée » fonctionne exactement de la même manière que Musée haut, musée bas, je me suis même demandé si le premier n’était pas un extrait du second, mais non, je ne crois pas. Nous lisons des paroles volées à des visiteurs de musée. La plupart sont courtes, incisives et hilarantes. Deux très courts extraits assez représentatifs des autres répliques qu’on pourrait presque prendre pour des aphorismes !

Ø  « - moi je suis pour que les enfants regardent les sexes au musée plutôt qu’à la télévision.

-         Plutôt les sexes classiques. »

 

Ø  « On sent beaucoup plus l’influence de l’Inde ici qu’au sous-sol. »

Je suis fan, indéniablement ! Seule petite remarque : ce recueil des trois petites pièces est destiné à des troisième, et je les trouve un peu jeunes et pauvres culturellement pour comprendre les allusions détournées, l’ironie, l’humour et les références de l’auteur…

 

Cette lecture entre dans le cadre du théâtral challenge de Bladelor :

 

       J'espère que je n'ai pas été trop ambitieuse, 12 pièces à lire tout de même... mais je suis motivée! ;-)

 

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 23:00

 

            J’avais tremblé avec Coraline, ici : retour à cet écrivain à succès, dans un tout autre genre.

            Au temps des Vikings, en Norvège. Odd est un petit garçon malmené par la vie : il a perdu son père noyé en mer, sa mère s’est remariée avec un homme qui n’aime pas Odd et pour couronner le tout, le garçon s’est blessé à la jambe, le rendant boiteux - infirmité qui le fait souffrir à chaque pas. Pourtant, Odd a une particularité qui le sauvera de tout : il garde son sourire quoi qu’il arrive.

Un jour, il décide de fuir la maison familiale pour rejoindre la cabane où son père occupait son temps à sculpter : il taillait toutes sortes de formes dans des bâtons de bois. Lorsqu’il atteint la maisonnette perdue dans la forêt enneigée, il rencontre d’abord un renard, puis un ours et un aigle. Les animaux ne sont pas ordinaires : ils parlent ! et ils se mettent à raconter leur histoire : ce sont en réalité des dieux qui ont été métamorphosés par les Géants des Glaces suite à une maladresse de l’un d’entre eux. L’ours est Thor, le seigneur des Tonnerres ; l’aigle est le seigneur Odin, Père-de-Tout, le dieu des dieux ; et le renard s’appelle Loki, c’est le Frère de sang des dieux. Ils aimeraient retrouver leur apparence de dieu ainsi que rejoindre leur pays, Asgard.

            Odd, grâce à son courage, son audace et son sourire,  va affronter et convaincre un Géant des Glaces de quitter Asgard.

Vous l’aurez compris, ce conte est une énième variante d’Harry Potter ou de Percy Jackson. Je suis longtemps restée sur le seuil de cette histoire avant d’y plonger, happée par sa poésie et son onirisme (mais dans les vingt dernières pages seulement…).

Je suis donc restée sur ma faim. Le conte est trop classique pour moi, trop simple, trop rapide, trop linéaire. Mais attention, il est destiné à un tout jeune lectorat, je pense qu’on peut le faire découvrir à un enfant de huit ans déjà… donc, mes réserves sont à prendre à la légère… Et puis, je dois avouer que je me suis très vite attachée à ce bonhomme qui n’a pas froid aux yeux, qui lutte, qui persévère, qui ne se plaint jamais, qui ressort grandi de ses aventures au sens propre comme au sens figuré. J’ai été déçue parce que je m’attendais à autre chose, tout simplement.

Les illustrations en noir et blanc aideront bien le jeune lecteur à se situer dans l’histoire.

 

Une citation que j’ai adorée : « La sage sait tenir sa langue. Seul l’idiot dit tout ce qu’il sait ».

Et pour les autres… je suis trop fatiguée ce soir (ben, oui, ça arrive !) Allez, lisez-le, c’est vite avalé !

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 23:11

 

 

 

            Je vous avais dit, fin 2011, qu’avec la lecture de Louis à la plage, je ne comptais pas en rester là avec ce cher Monsieur Delisle (oui, il est déjà « cher » puisque je l’apprécie beaucoup).

Après la mort de son collègue Blaras, Moroni – inspecteur - est muté dans un bureau qu’il doit partager avec un petit homme nommé Pedro. L’objectif des deux hommes n’est pas le même : pour Moroni, il s’agit de faire son travail au mieux, il est plutôt discipliné et consciencieux mais Pedro, quant à lui, fait tout pour mettre des bâtons dans les roues de son nouveau collègue afin qu’un de ses bons copains prenne sa place. Moroni, par sa naïveté, ne se doute de rien. Il trouve un peu étrange que sa tâche ne consiste qu’à faire semblant de travailler, mais il suit les directives de Pedro. Il se fait très vite épingler par le grand chef, Wilkinson, mais un bienheureux concours de circonstance lui permet de s’en sortir la tête haute.

Moroni est un personnage succulent qui n’est pas sans rappeler les héros du cinéma burlesque américain : il lui arrive un tas de coups durs, il n’a pas de bol, il accumule les maladresses et les bêtises mais il persévère, il ne voit pas le mal qu’il entoure, il a même tendance à confondre les bons et les méchants. Ces problèmes s’enchevêtrent pour finalement se démêler grâce à un tout petit événement qui a lieu en sa faveur.

J’ai donc adoré cet album, ses dessins simples aux traits géométriques, son humour, ses personnages attachants (la groupie du chef Wilkinson qui lèche le gobelet dans lequel il a bu son café est désopilante ! … ou encore la jolie prostituée qui se fait envoyer balader par Moroni qui ne comprend pas ce qu’elle lui veut – elle est nue pourtant !)

N’oublions pas la mission que Moroni s’est confié à lui tout seul : enquêter sur l’utilisation de la machine à café : « après un minutieux recoupement de ces données, une constation troublante s’imposa… certains jours, les rapports sucres/bâtonnets et cafés/gobelet de correspondent pas. » Ciel !!!

Et ce chien, ce chien-amant, ce chien-compagnon de tous les jours, qui pique des crises de jalousie, qui mitonne de bons petits plats à son Moroni, qui l’écoute et le conseille avec intelligence et indulgence !

De quoi passer un bon moment, à la fois drôle et divertissant. Un p’tit zut à la fin de ma lecture quand j’ai réalisé que je venais de lire le tome 2 d’une série de trois … donc pas dans l’ordre… et ça, ça m’énervouille toujours, pouvez pas savoir !

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 03:29

 

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           Le projet me tenaille depuis plusieurs années : lire (ou relire) les Rougon-Macquart. Il faut bien parler de « projet » vu l’étendue du programme ! J’ai mis un temps fou à lire ce premier tome, mais ce fut un délice. J’ai dû lire 7 – 8 Rougon-Macquart il y a de cela plus de dix ans. Mon préféré parmi les préférés reste L’œuvre que j’ai dévoré comme le meilleur des plats du monde…

Ce premier tome de cette longue Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire est le piédestal de ce qui va suivre, c’est le récit des « Origines » comme le rappelle Zola lui-même.

Tout commence avec le personnage d’Adélaïde Fouque surnommée « tante Dide » nerveuse et « dévergondée » puisqu’après la mort de son mari, Rougon, elle se met en couple avec celui qu’elle aimera passionnément, Macquart. Pierre naît de son union avec Rougon, Ursule et Antoine de son amour avec Macquart. Pierre hait ceux qu’il nomme ses bâtards de frères, le conflit qui se poursuivra sur des générations prend sa source ici-même.

Pierre Rougon qui pourrait être le personnage principal de ce roman est un être vil, ambitieux, calculateur et prêt à écraser tout le monde pour devenir riche et reconnu. Il rêve qu’on oublie ses liens de sang avec Macquart. Il épouse son alter ego, Félicité, une femme avide d’argent, rusée (sans doute plus que son mari). De leurs trois fils (Aristide, Pascal et Eugène), seul Pascal semble être différent, il deviendra médecin, non pour l’argent mais pour servir la bonne cause.

Antoine Macquart ne vaut guère mieux, il est paresseux, sournois et ivrogne, il a eu la chance d’épouser une femme très masculine et active, Joséphine, qui abattra le travail à sa place et ramènera l’argent au foyer. Foyer où naîtront Lisa, Gervaise et Jean… qui, dès la mort de leur mère, s’enfuient de la maison familiale.

Nous ne savons que peu de choses sur le troisième enfant d’Adélaïde : Ursule. Elle fait un mariage d’amour avec Mouret mais meurt prématurément en laissant trois enfants : Silvère, Hélène et François. 

Tous ces personnages évoluent dans une époque sombre et tourmentée : le milieu du XIXème siècle, le début du Second Empire marqué par le coup d’état du 2 décembre 1851. Tous sont peu ou prou liés à cet événement historique.

Plutôt que de résumer en détails le roman, je vais m’attacher à vous parler de ce qui m’a le plus frappée :

-         Deux lumières se font une place dans ce roman caractérisé par des personnalités aux sombres intentions : Silvère Mouret et Miette, fille d’un meurtrier. Leur amour innocent, chaste et juvénile brille d’émotion et de pureté et m’a complètement retournée. Enfants, ils se voyaient tous les jours et dans les premiers temps de ce qui n’était d’abord qu’une amitié profonde, ils communiquaient par l’intermédiaire d’un puits en ne voyant que le reflet de l’autre dans l’eau du puits. Ensuite, ils se sont rencontrés quotidiennement dans un cimetière abandonné, et enfin, ils ont été parmi les insurgés les plus virulents dans la marche du coup d’état du 2 décembre.

-         Le rythme de la narration m’a surprise, je ne crois pas que Zola opère ainsi dans tous ces romans, mais ici, il emmène le lecteur faire des sauts dans le temps absolument vertigineux. Il ralentit, il accélère, il fait de grandes pauses pour mieux se préparer à bondir trente ans plus tard… enfin, j’ai adoré ça !

-         Le personnage d’Adélaïde est intéressant dans ses relations avec les autres. Pierre la manipule, la prend pour une esclave et en fait une femme soumise. Aucune trace d’amour filial. La seule personne qui montrera un peu  d’attention pour cette femme devenue vieille sera Silvère, son petit-fils, élevé par elle (et plutôt bien !)

-         Cette phrase qui résume toute la série et apparaît à la fin du roman : « l’avenir des Rougon-Macquart, une meute d’appétits lâchés et assouvis, dans un flamboiement d’or et de sang ».

 

Ce joli moment où Silvère apprend à Miette à nager :

« C’était, sous la nuit tiède, au milieu des feuillages pâmés, deux innocences nues qui riaient. Silvère, après les premiers bains, se reprocha secrètement d’avoir rêvé le mal. Miette se déshabillait si vite, et elle était si fraîche dans ses bras, si sonore de rires !

Mais, au bout de quinze jours, l’enfant sut nager. Libre de ses membres, bercée par le flot, jouant avec lui, elle se laissait envahir par les souplesses molles de la rivière, par le silence du ciel, par les rêveries des berges mélancoliques.

Quand tous deux ils nageaient sans bruit, Miette croyait voir, aux deux bords, les feuillages s’épaissir, se pencher vers eux, draper leur retraite de rideaux énormes. Et les jours de lune, des lueurs glissaient entre les troncs, des apparitions douces se promenaient le long des rives en robe blanche. Miette n’avait pas peur. Elle éprouvait une émotion indéfinissable à suivre les jeux de l’ombre. Tandis qu’elle avançait, d’un mouvement ralenti, l’eau calme, dont la lune faisait un clair miroir, se froissait à son approche comme une étoffe lamée d’argent ; les ronds s’élargissaient, se perdaient dans les ténèbres des bords, sous les branches pendantes des saules, où l’on entendait des clapotements mystérieux ; et, à chaque brassée, elle trouvait ainsi des trous pleins de voix, des enfoncements noirs devant lesquels elle passait avec plus de hâte, des bouquets, des rangées d’arbres, dont les masses sombres changeaient de forme, s’allongeaient, avaient l’air de la suivre, du haut de la berge. Quand elle se mettait sur le dos, les profondeurs du ciel l’attendrissaient encore. De la campagne, des horizons qu’elle ne voyait plus, elle entendait alors monter une voix grave, prolongée, faite de tous les soupirs de la nuit. »

Les nobles… : un tableau !

« Les nobles se cloîtrent hermétiquement. Depuis la chute de Charles X, ils sortent à peine, se hâtent de rentrer dans leurs grands hôtels silencieux, marchant furtivement, comme en pays ennemi. Ils ne vont chez personne, et ne se reçoivent même pas entre eux. Leurs salons ont pour seuls habitués quelques prêtres. L’été, ils habitent les châteaux qu’ils possèdent aux environs ; l’hiver, ils restent au coin de leur feu. Ce sont des morts s’ennuyant dans la vie. Aussi leur quartier a-t-il le calme lourd d’un cimetière. Les portes et les fenêtres sont soigneusement barricadées ; on dirait une suite de couvents fermés à tous les bruits du dehors. De loin en loin, on voit passer un abbé dont la démarche discrète met un silence de plus le long des maisons closes, et qui disparaît comme une ombre dans l’entrebâillement d’une porte. »

… et les observations du Docteur Pascal dans le salon de Pierre et Félicité et cette fameuse notion d’hérédité (j’adore !!) :

« La première fois, il fut stupéfait du degré d'imbécillité auquel un homme bien portant peut descendre. Les anciens marchands d'huile et d'amandes, le marquis et le commandant eux-mêmes, lui parurent des animaux curieux qu'il n'avait pas eu jusque-là l'occasion d'étudier. Il regarda avec l'intérêt d'un naturaliste leurs masques figés dans une grimace, où il retrouvait leurs occupations et leurs appétits ; il écouta leurs bavardages vides, comme il aurait cherché à surprendre le sens du miaulement d'un chat ou de l'aboiement d'un chien. A cette époque, il s'occupait beaucoup d'histoire naturelle comparée, ramenant à la race humaine les observations qu'il lui était permis de faire sur la façon dont l'hérédité se comporte chez les animaux. Aussi, en se trouvant dans le salon jaune, s'amusa-t-il à se croire tombé dans une ménagerie. Il établit des ressemblances entre chacun de ces grotesques et quelque animal de sa connaissance. Le marquis lui rappela exactement une grande sauterelle verte, avec sa maigreur, sa tête mince et futée. Vuillet lui fit l'impression blême et visqueuse d'un crapaud. Il fut plus doux pour Roudier, un mouton gras, et pour le commandant, un vieux dogue édenté. Mais son continuel étonnement était le prodigieux Granoux. Il passa toute une soirée à mesurer son angle facial. Quand il l'écoutait bégayer quelque vague injure contre les républicains, ces buveurs de sang, il s'attendait toujours à l'entendre geindre comme un veau ; et il ne pouvait le voir se lever, sans imaginer qu’il fallait se mettre à quatre pattes pour sortir du salon ».

 

 

 

                                                

(vous en voulez encore, des couvertures ?)

 

 

            Et ci-dessus (tout en haut) ma vieille édition, introuvable sur le net. J’aime les vieux livres mais j’avoue qu'ici les caractères étaient un peu délavés voire presque effacés…

 

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 00:00

 

Amis lecteurs, amis blogueurs, tous mes vœux vous accompagnent pour bien commencer cette nouvelle année : une patate d’enfer, la banane du matin au soir, de l’oseille en veux-tu en voilà, de la chance en pleine poire, …bref, tout sauf la fin des haricots !

Je devance pompeusement vos questions, de mon côté, vous pouvez me souhaiter de continuer sur la même lignée de 2011, on prend les mêmes (tous les mêmes surtout) et on recommence. Vous pouvez aussi me souhaiter de réussir deux ou trois projets qui ont jailli dans ma tête en 2011 et que j’espère voir aboutir (ailleurs que dans ma tête !) en 2012. Quoi d’autre ? Santé en number one, joies, bonheurs et tout ce qui va avec.

Excellente année 2012 !

Et, parce que je ne l’ai jamais fait, un petit bilan de l’année écoulée côté lectures. De jolies découvertes que je rangerai en deux catégories :

o   Les Lectures Douceur : celles qui améliorent un peu le train-train quotidien, celles qui donnent la pêche et le sourire.

 

-         La série des quatre tomes d’Annika Thor pour la jeunesse

 

-         Quand souffle le vent du nord de Glattauer

 

-         Un refrain sur les murs de Magellan

 

-         Meurtre dans un jardin indien de Vkas Swarup

 

-         Le gourmet solitaire de Taniguchi

 

-         Charles à l’école des dragons de Turin

 

-         Neige de Maxence Fermine

 

-         Simple de Murail

 

-         Louis à la plage de Delisle

 

o   Les Lectures Admiration : celles qui nous laissent complètement baba, qu’on est sur le point de vénérer, d’aduler, qu’on aimerait ériger en Œuvre de l’année tellement le livre est bien écrit, intelligent, édifiant…

 

-         Clair de femme de Gary

 

-         Gatsby le magnifique de Fitzgerald

-         Dernière nuit à Twisted River d’Irving

 

-         La lionne blanche de Mankell

 

-        L’immoraliste de Gide

 

-         Silence de Comès

 

-         Rien ne s’oppose à la nuit de Vigan

 

-         Où on va papa ? de Fournier

 

-         L’accompagnatrice de Berberova

-         La vie en sourdine de Lodge

 

Que dire de mon programme de 2012 ? Relire ou lire mes préférés parmi les préférés avec, en tête, Zola et Irving !

 

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Published by Violette - dans Fait maison
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