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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 21:27

 

Kitty Genovese n’a tout simplement pas eu de chance ce soir de mars 1964. Elle tombe sur un type complètement fêlé qui prend du plaisir à voir des femmes se débattre puis mourir. Et c’est exactement ce qu’il va faire avec Kitty. Il va l’agresser, la poignarder, la violer. Dans une rue newyorkaise. Comme si le meurtre en lui-même ne suffisait pas, on apprend que trente-huit témoins observaient la scène. Trente-huit personnes qui, malgré les appels à l’aide de la jeune femme, se disent qu’ils n’ont pas à se mêler de ce qui ne les regarde pas, qui pensent qu’il s’agit d’une scène de ménage ou encore que la jeune femme est alcoolique et complètement ivre ce soir…

Didier Decoin raconte ce fait réel avec sobriété et délicatesse. Entre l’enquête journalistique et la fiction, il lève le voile sur une affaire qui a fait grand bruit. Sa retenue et sa pudeur font qu’à un moment donné, la lâcheté et l’indifférence des témoins apparaissent comme presque aussi lourdes sur la balance que la sauvagerie et la folie de l’agresseur, Moseley.

C’est le côté sombre des Etats-Unis qui est montré du doigt. New York dans les années 60 est parfaitement décrit, on s’y croit et on n’a pas tellement envie d’y mettre les pieds. Mais le lecteur est amené à se poser des questions : Est-ce qu’il aurait porté secours en deux temps trois mouvements à Kitty ? Ne vous est-il jamais arrivé de voir un accident au bord de la route, quelques voitures autour, et de vous dire, c’est bon, quelqu’un d’autre a fait le nécessaire ? Et si j’étais né en 17 à Leidenstadt… Didier Decoin ne condamne ni ne juge ces trente-huit personnes immobiles, inactives, inertes, il expose la situation et laisse la porte ouverte aux réflexions.

Il se trouve que j’ai lu ce roman un peu tous les soirs avant de m’endormir, ce n’est pas forcément mes habitudes de lecture, et je vous déconseille fortement de procéder ainsi avec ce livre. J’en ai mal dormi. Ces quelques pages donnent la chair de poule en montrant ce qu’il y a de plus noir dans l’humanité. Il ne s’agit pas d’un ou deux cinglés isolés mais bien ce qu’il y a de plus négatif et de plus mauvais en chacun de nous.

Certains auront peut-être remarqué que j’ai beaucoup de mal à apposer la mention « coup de cœur » à une lecture. Je ne le ferai pas, encore une fois, pour les frissons que celle-ci  a provoqués en moi, mais à coup sûr, je commence à tomber en amour avec l’écriture de Didier Decoin, déjà découverte Avec vue sur la mer. A suivre.


« D'après le rapport des flics, ils étaient trente-huit. Trente-huit témoins, hommes et femmes, à assister pendant plus d'une demi-heure au martyre de Kitty Genovese. Bien au chaud derrière leurs fenêtres. Certains entortillés dans une couverture, d'autres qui avaient pris le temps d'enfiler une robe de chambre. Aucun n'a tenté quoi que ce soit pour porter secours à la pauvre petite. » 

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 11:43

 

Je suis fidèle à ce que j’aime et, après avoir goûté à Une île trop loin et à L’étang des nénuphars, je n’ai pu m’empêcher de vouloir connaître la suite des aventures de Steffi et de sa petite sœur.

            Steffi est toujours à Göteborg, elle habite maintenant chez Maj, une amie, et sa nombreuse famille. Elle revoit également Vera, son amie de l’île, qui, contrairement à Steffi, espère vite trouver un amoureux pour se marier. Si Steffi reste toujours une excellente élève, sa bourse d’étude est encore une fois mise en péril, faute d’argent. Son professeur, Hedvig Björk, la guide et lui propose de sauter une année et d’étudier pendant les vacances, avec son aide, pour passer à l’année supérieure.

            Ces vacances estivales sur l’île seront riches en émotions : Steffi se rend compte que, malgré la rudesse et la bigoterie de sa mère d’accueil, tante Marta, elle a eu beaucoup de chance. Le changement d’attitude de sa sœur Nelli qui a tendance à oublier d’où elle vient, agace l’aînée.

Steffi grandit, elle mûrit, s’affirme dans ses choix, elle veut être médecin comme son père. Elle découvre la vie amoureuse à travers l’’histoire de Vera qui, à 16 ans, se retrouve enceinte et presque mariée. Elle réfléchit aussi à la religion juive de ses parents, à celle que tante Marta tente de lui inculquer. Elle rencontre une Autrichienne qui est dans la même situation qu’elle mais qui souhaite rejoindre la Palestine au plus vite pour affirmer haut et fort son judaïsme.

Et il y a ses parents. Enfermés dans le camp de Theresienstadt, ils ne peuvent envoyer que de courtes lettres de 30 mots à leurs filles… jusqu’au jour où… une des lettres annonce une tragédie.

J’ai beaucoup apprécié ce troisième tome. Steffi devient une adulte, son portrait est plus fouillé que dans les deux tomes précédents. Elle doit faire face à de nombreux obstacles : le contexte historique, l’ingratitude et l’indifférence de sa sœur, l’absence de ses parents… mais elle sait aussi qu’elle a des gens qui l’entourent, l’apprécient et l’aiment. Et puis, elle représente le courage, la ténacité, la constance, de belles valeurs pour nos jeunes lecteurs. La fin du roman est douloureuse mais Anika Thor ne plonge jamais dans le sentimentalisme, elle reste sobre et juste.

Le titre renvoie à un sous-marin suédois coulé par la marine allemande, preuve que la guerre envahit petit à petit le pays scandinave mais également métaphore de l’état intérieur de Steffi qui n’est que bouillonnement, secrets et zones sombres.

Cette série est magnifique et devrait être plus connue. Je suis ravie parce que certains de mes 4ème ont aimé le premier tome et ont demandé à lire la suite.

 

« Avant l’arrivée des Allemands, Steffi ne se voyait pas comme une Juive. Pour elle, son appartenance au judaïsme n’avait pas d’autres implications qu’une visite à la synagogue deux ou trois fois par an, ainsi que ses amis chrétiens qui se rendaient à l’église à Noël et à Pâques. Ce sont les Allemands qui les ont définis, elle, Nelli et ses parents, comme membres d’un groupe particulier. Ce sont eux qui les ont obligés à déménager et à changer d’école.

En fait, ce sont les Allemands qui ont fait d’elle une Juive. Plus tard, en arrivant sur l’île, elle est devenue chrétienne. Membre de l’Eglise pentecôtiste, « sauvée » et baptisée. A présent, elle est habitée par un doute secret, par le sentiment d’une absence d’appartenance. Par le sentiment de faire semblant. »

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 23:32

 

 

 

 

 

C’est lors d’un séjour à Marrakech que je suis entrée dans ce roman, âpre et ensorceleur.

C’est un conteur qui relate l’histoire tragique d’Ahmed, digne des mythes grecs.

Un père de famille désespérait de n’avoir que des filles. A la naissance de son huitième enfant, il décide d’aller à l’encontre de cette terrible malédiction. Son prochain enfant sera un garçon ! Il cache donc son sexe à l’entourage, la « déguise » en garçon et lui apprend les manières et le comportement masculin. Le conteur laisse la parole à l’assistance et demande à ceux qui l’écoutent d’émettre des suppositions quant aux réactions d’Ahmed à l’adolescence. Rébellion ou soumission ? Le conteur n’a pas le fin mot de l’histoire, il laisse ses personnages totalement libres.

Ahmed est perdu : « J’ai perdu la langue de mon corps ; d’ailleurs je ne l’ai jamais possédée. Je devrais l’apprendre et commencer par parler comme une femme. Comme une femme ? Pourquoi ? Suis-je un homme ? ». Sa seule boussole, c’est un correspondant anonyme qui comprend ses souffrances et cette « créature » entre deux sexes se claquemure, par honte, par peur.

Il/Elle s’autorise une sortie et à la vieille femme qui lui pose la question fatidique « Qui es-tu ? », elle/il ne sait que répondre. « Je sors à peine d’un long labyrinthe où chaque interrogation fut une brûlure. »

Oum Abbas, quant à elle, se dit envoyée par un compagnon du Prophète, et, pour vérifier le sexe de notre protagoniste, lui enfonce un doigt dans le vagin. Le personnage devient ensuite la principale attraction d’un cirque forain, dansant et chantant, il est tantôt homme, tantôt femme mais c’est pourtant à partir de moment-là de l’histoire que le pronom « elle » lui est attribué et qu’elle devient « Lalla Zahra ».

Le récit, pris en charge par d’autres conteurs, prend de multiples directions ; les personnages fantasques et fantaisistes, répugnants et malsains se côtoient, s’entrechoquent comme des pions qui tentent de se faire une place sur un échiquier déjà bien abîmé.

Comme Marrakech où le plus beau voisine avec le plus laid, le violent avec le sensuel, ce roman a des facettes bariolées, contradictoires. J’ai retrouvé le style de l’écrivain dans l’architecture marrakchi tout en dentelles et en précision, d’une rare beauté. Dernière comparaison : je ne sais pas si j’ai aimé ou détesté ce livre, et à Marrakech, mes narines ont parfois rencontré un mélange d’odeurs tellement détonant que je ne savais pas si je devais m’extasier ou me couvrir le nez.

Le malheur de naître fille : « Au lieu d’égorger un bœuf ou au moins un veau, l’homme achetait une chèvre maigre et faisait verser le sang en direction de La Mecque avec rapidité, balbutiait le nom entre ses lèvres au point  que personne ne l’entendait, puis disparaissait pour ne revenir à la maison qu’après quelques jours d’errance. »

… l’accueil réservé aux garçons : « Lalla Radhia entrouvrit la porte et poussa un cri où la joie se mêlait aux you-you, puis répéta jusqu’à s’essouffler : c’est un homme, un homme, un homme… Hadj arriva au milieu de ce rassemblement comme un prince, les enfants lui baisèrent la main. Les femmes l’accueillirent par des you-you stridents, entrecoupés par des éloges et des prières du genre : Que Dieu le garde … Le soleil est arrivé… C’est la fin des ténèbres… Dieu est grand… »

 

 

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 15:05

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J’ai fait une grande pause avec cette série. L’éblouissement de la découverte a fait place à une certaine lassitude.

On retrouve le beau chat dans une nouvelle enquête, je ne vous apprends rien. Blasé et légèrement déprimé par son métier de garde du  corps, il se réjouit de retrouver un vieil ami, « le Professeur », Otto Lieber, spécialiste renommé de l’énergie atomique. Les ennuis commencent quand Blacksad se rend compte que la vie de son ami est menacée.

Ce n’est jamais facile de résumer un album de Blacksad pour la bonne et simple raison qu’il y a toujours des points de l’intrigue qui demeurent obscurs à mon petit cerveau. J’ai pourtant l’impression d’avoir été plus captivée par cette histoire que par les précédentes mais la dimension magique s’est envolée.

Les dessins sont toujours aussi fastueux, le choix des animaux est parfait, le hibou (Otto) représente le sage, le gros méchant, c’est le crocodile, le dalmatien incarne un type très élégant mais faux-cul et corrompu. Mais le scénario cafouille un peu, on trouve encore et toujours une nana hyper craquant dont Blacksad tombe amoureux mais qu’il délaisse involontairement pour son enquête.

Les couleurs, comme on peut le voir sur la couverture, sont de braise, ça flamboie de partout comme l’explosion atomique qui menace les personnages, comme le sous-titre, « Ame rouge » l’évoque aussi.

Sans grande surprise donc, même si j’ai aimé retrouver le sex-appeal du chat et toute sa ribambelle de copains…

 

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 20:52

 

 

            Delphine de Vigan nous livre une grande partie de sa vie. C’est le suicide de sa mère qui a été pour elle l’élément déclencheur et le point de départ de l’écriture de ce livre autobiographique. Elle tente d’expliquer le geste de sa mère et pour cela, entreprend de raconter la vie de celle qu’elle n’appelle pas « maman » mais « Lucile ».

            Zoom sur la vie foisonnante des grands-parents maternels de l’écrivain, Liane et Georges. Une famille extensible à souhait puisqu’elle est allée jusqu’à contenir une douzaine de membres. Des enfants, des enfants, et encore des enfants. Lucile se démarque de ses frères et sœurs par sa réserve mais aussi par sa grande beauté qu’elle voit plutôt comme un obstacle qu’un avantage. Son souhait le plus cher, d’ailleurs, est d’être invisible, ne pas capter l’attention des autres : « Lucile se demandait si un jour […], elle deviendrait une vieille dame rabougrie et voûtée, qui échapperait au regard. Ainsi serait-elle enfin libre d’aller et venir, infiniment légère, et presque transparente. Ainsi n’aurait-elle plus peur, plus peur de rien. »

            Des drames et des tragédies marquent cette famille pourtant douée pour le bonheur et la gaité. C’est le petit frère Antonin qui meurt tragiquement d’abord, tombé au fond d’un puits. Jean-Marc le « remplacera » (c’est dit ainsi dans le livre), un gamin adopté à sept ans. Il se fond dans l’univers familial mais meurt étouffé dans un sac plastique. Il ne sera pas évident de savoir s’il y avait suicide ou pas. Malgré tout, cet essaim continue de bourdonner, il faut dire que la matriarche, Liane, est surprenante d’énergie, de joie de vivre et d’optimisme. C’est le personnage coup de cœur du livre, pour ma part.

            En plus des drames qu’on ne pouvait éviter, se glisse un serpent noir et malsain, celui du doute. Un doute qui plane sur les relations ambiguës qu’a pu avoir Georges avec Lucile mais aussi avec d’autres jeunes filles de l’entourage familial.  Mais on a posé le couvercle des apparences sur les révélations qu’a osé faire Lucile déjà adulte. Sans le dire directement, l’écrivain explique le comportement de sa mère. Et bon sang ce qu’elle en a bavé avec ou à cause d’elle à l’adolescence. Folie, dépression, bipolarité, on comprend que Delphine et sa sœur Manon ont dû s’élever toutes seules, privées de la tendresse, de la protection d’une mère.

            On tire les leçons qu’on veut de ce livre, c’est toujours en rapportant les récits de ses proches qui ont bien voulu jouer le jeu, que le fil se déroule petit à petit. Comme les êtres qui ont eu un passé douloureux, une immense fragilité côtoie une force contagieuse. Alors que sa vie d’enfant, d’adolescente, de jeune adulte n’est que désordre, bohême et liberté, la narratrice ne rêve que d’une « vie cadrée, confinée, réglée  comme le papier millimétré qui accueillait les errements de mes exercices de géométrie ».

            Je n’ai eu qu’un souhait après cette lecture : que Delphine de Vigan puisse trouver apaisement et sérénité après cette œuvre thérapeutique.

            J’ai eu la chance de lire successivement deux romans que j’ai considérés comme excellents. Pour des raisons totalement différentes. Chez Sylvie Germain, c’est l’érudition, la beauté du style, le travail sur le langage qui détonent. A tel point qu’à chaque phrase lue, on peut lâcher un « whaouh » admiratif. Chez De Vigan, tout est plus simple et plus naturel, c’est un voile qu’on soulève doucement pour faire apparaître un trésor, un trésor vivant et réel. On se laisse glisser dans ce livre avec une facilité réconfortante, comme on entrerait dans un bain à température idéale.

 

« L’écriture ne peut rien. Tout au plus permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire »

« Je n’ai interrogé aucun des hommes qui ont partagé la vie de Lucile et, à la réflexion, il me semble que c’est aussi bien. Je ne veux pas savoir quelle épouse ni quelle amante Lucile a été. Cela ne me regarde pas.

J’écris Lucile avec mes yeux d’enfant grandie trop vite, j’écris ce mystère qu’elle a toujours été pour moi, à la fois si présente et si lointaine, elle qui, lorsque j’ai eu dix ans, ne m’a plus jamais pris dans ses bras. »

J’avais déjà apprécié  No et moi du même auteur.

 

 

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 21:24

            J’avais découvert la série des Sept grâce à  Sept Pirates qui m’avait déçue. J’ai pourtant craqué pour cet album et son titre racoleur : « 7 figures emblématiques de Molière enquêtent sur sa mort ».
            Tout est dit dans ce titre. Alceste, Tartuffe, Agnès, Dom Juan, Scapin, Argan et Harpagon se retrouvent juste après les funérailles de leur créateur, Molière, pour résoudre une énigme : le célèbre dramaturge-comédien aurait été empoisonné ! Non seulement, les sept personnages tentent de savoir qui est l’auteur du crime mais en plus, ils doivent faire face à des poursuivants, prêts à tout pour les éliminer les uns après les autres.

            Ce qui est intéressant, c’est qu’on retrouve le caractère des personnages : Harpagon est avare, Tartuffe est un faux dévot… mais ça devient même un peu caricatural. Les dessins sont beaux, certes, mais... ont peut-être quelque chose de trop parfait. Ou de surfait?
            Bon, ne tournons pas autour du pot : je ne sais pas s’il y a incompatibilité entre cette série et moi, mais je suis restée complètement à l’écart de cette lecture. Je me suis un peu ennuyée, me suis même entortillée les méninges dans les méandres historiques et … je regrette mon achat. Du coup : aucune envie de citer un passage. Il y aura sans doute des amateurs, mais je n’en fais pas partie.

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 22:18

   

            Celui qui  n’a pas vu ou entendu parler de ce livre vit en autarcie… Trop curieuse, il a fallu que je m’y colle, et ce fut en livre audio.

            Erica est une trentenaire célibataire, écrivain retranché dans la maison de ses parents décédés il y a peu. Un jour, on l’interpelle dans la rue, un homme demande du secours, il a trouvé le cadavre d’une femme dans sa baignoire. Erica constate qu’elle connaît cette femme prise dans la glace (la chaudière étant à l’arrêt, la maison est glaciale), il s’agit de sa meilleure amie d’enfance, Alex.

            Alors qu’elle se rend au commissariat pour sa déposition, qui est-ce qu’elle croise pas ? Patrick, un copain d’enfance qu’elle trouve charmant… elle ne sait pas qu’il est amoureux d’elle depuis le bac à sable (eh si, ça existe !)

            C’est une enquête en binôme qui commence, chacun à sa façon. Patrick tente de déjouer la surveillance de son stupide et volumineux chef, Erica se rend dans la maison d’Alex en cachette pour y glaner d’éventuelles informations (même pas peur !)

            A côté de ça, la maison familiale risque d’être mise en vente à cause du mari violent et trop cupide de la sœur d’Erica, Anna. Mais Erica se console dans les bras de Patrick. C’est cinq fois pour leur première nuit d’amour mais ce n’est vraiment bien qu’à la cinquième fois… c’est pas moi qui le dit, c’est l’auteur.

            Le début du roman m’a vraiment agacée, l’intérêt littéraire est nul. C’est mal écrit, ça tourne en rond, c’est rempli de blabla. Puis, je me suis engouffrée dans cette enquête. Alors que je croyais avoir tout compris, je suis allée de surprise en surprise. Au final, j’ai passé de bons moments mais le support audio y a été pour beaucoup. L’écrivain nous répète mille fois les mêmes choses (ok, j’exagère), ce qui passe très bien quand on l’écoute.

            Pour les détails énervants, Läckberg insiste sur les trentenaires qui vraiment ne sont plus si jeunes, qui grossissent à vue d’œil, qui voient apparaître des rides un peu partout… je me suis sentie un peu vexée ! L’histoire d’amour quant à elle, bon, elle est ce qu’elle est, deux maladroits un peu frustrés qui se disent que c’est le moment de se caser… Ne boudons pas notre plaisir, je me suis attachée à ces deux-là. Je continuerai peut-être l’aventure Läckberg en buvant du café (ça doit vraiment être une manie suédoise, dans Millenium déjà, ça n’arrêtait pas !), encore en livre audio sans doute. Et puis, commencer une relation amoureuse avec une haleine aromatisée à la caféine, bon… Parenthèse refermée.

            Je ne cite pas d’extrait, de toute façon, un morceau détaché du reste serait ridicule… Ah, je n’avais pas dit non plus que le roman était truffé de caricatures et de clichés ? Bon, c’est fait maintenant. Pourtant si, j’ai aimé. Je l’ai pris comme il était et mes trajets maison-travail ont été délicieusement égayés.

            Au cas où vous n’auriez pas compris ma relation avec ce livre, c’est comme de manger des cookies bas de gamme, c’est bourré de conservateurs et de cochonneries, on sait que ce n’est pas bon mais finalement on finit le paquet. Ben oui.

             Il m’arrive de bavarder inutilement (pléonasme ?)

           Si c'est bien du Fjallabacka du bouquin qu'il s'agit ci-dessous, c'est pas mal...

et Göteborg qu'on trouve aussi dans Millenium :Fichier:Avenyn.jpg

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 22:17

   

            Une fille, Agathe, écrit des lettres à sa mère après son décès. Une mère un peu particulière puisqu’elle n’a jamais montré un seul signe d’affection ou d’attachement à sa fille. Agathe a été conçue au retour du père de la seconde guerre, lorsque l’amour avait disparu depuis des années dans le couple. La mère d’Agathe se remarie et c’est grâce à l’affection du beau-père de la fillette qu’elle pourra grandir cahin-caha.

            Les anecdotes de l’enfance privée d’une affection maternelle sont très émouvantes : la photo de famille qu’on prend avec les deux garçons mais en écartant Agathe ; la rentrée des classes marquée par une mère qui, s’énervant contre les cheveux emmêlés de sa fille, lui coupe brusquement ; les premières règles d’Agathe qui sont synonyme d’humiliation et de saleté ; les quelques moments de bonheur estival passés avec son oncle et sa tante… Autant d’étapes importantes dans la vie d’une fille complètement gâchée et bafouées par une mère froide et cruelle.

            Ce qu’on attend depuis le début de l’album, la séparation, vient malgré Agathe suite à une énième dispute où sa mère la gifle en public alors qu’elle est une jeune adulte. Agathe lui rend la gifle. Sa mère la contraint à partir vivre à Paris chez son oncle et sa tante. Agathe s’en va… et ne reverra plus jamais sa mère qui mourra peu après.

            D’autres lettres suivront, Agathe cherchant toujours à comprendre, fouinant dans le passé, tentant de faire face à l’annonce de sa maternité à elle.

            Le récit est poignant. On suit le parcours d’Agathe de la petite enfance à l’âge adulte et on se rend compte à quel point ce vide, cette absence d’amour maternel la marque tous les jours. Son premier mari ressemble étrangement à cette mère très ordonnée et à cheval sur les quand-dira-t-on. Même adulte, Agathe se demande ce qu’elle a fait de travers, elle culpabilise encore et ne trouve pas de réponses à ses questions… et tente de vivre avec.

            La fin est très juste. Il faut apprendre à vivre avec quelque chose d’aberrant, avec l’inexplicable et l’injuste. Et surtout éviter de reproduire le même schéma.

 

            C’est la couverture qui m’avait attirée. Les dessins dont de belles aquarelles reproduisant bien la hargne de la jeune fille à vouloir comprendre, sa volonté de survie et sa quête identitaire.

 

            Lorsque le sang coule pour la première fois entre les jambes d’Agathe :

« Tu viens de trouver les traces de mon infortune sur la couverture et sur les pavés. Tu as ouvert la porte sans frapper. Tu soulèves ma chemise dans rien dire. Tu sais déjà. Tu regardes mes jambes serrées que colle un filet ininterrompu de sang. Tu me gifles. Et je t’entends prononcer cette sentence étrange que je n’oublierai jamais. Maintenant, tu sais ce que c’est que d’être une femme. Tu ne m’as jamais rien expliqué avant ce moment et tu ne le feras pas plus, ce matin-là, ni jamais d’ailleurs. Je n’apprendrai de toi qu’une seule chose : ceci est un problème qui ne concerne que moi. »

 

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 10:14

 

   

            J’avais tant entendu dire du bien de cet auteur qu’il me tardait de la découvrir. Je n’ai pas été déçue !

            L’image initiale, celle qui apparaît quand on ouvre le roman est d’emblée un délice :

« D'un coup le ciel se minéralisa, il se fit schiste bleu de nuit. Et il était immense, le ciel, au-dessus de cette terre dénuée de tout relief, écrasée de silence. Une muraille de schiste au pied de laquelle des peupliers dressaient leurs fines silhouettes parcourues de frissons argentés. De même se tenaient les bêtes, immobiles et tressaillantes dans les prés et les cours. La muraille tonna, comme un gong de désastre. Alors le schiste vira au violet-noir, puis il se lacéra. Une pluie torrentielle assaillit la terre. La visibilité tomba à zéro. Le conducteur, dans l'habitacle de sa voiture cinglée par la pluie, eut l'impression d'être transformé en scaphandrier. Il ralentit et mit en marche les essuie-glaces ; dans l'orbe fugacement esquissé sur son pare-brise il aperçut un drôle de météore qui fonçait droit sur lui. L'espace alentour, décidément, était en proie à une humeur fantasque. Une petite boule couleur de bouton-d'or, montée sur roue - comme si le soleil avait été précipité sur la terre par la violence de l'orage et brutalement réduit au cours de sa chute à la dimension dérisoire d'une citrouille jaune vif -, roulait à toute allure sur cette route de campagne. »

            Le roman se poursuit dans cette veine-là, brillamment et savamment écrit. Il tourne autour d’un événement tragique incompréhensible : une tête coupée.

            Théodore et Anna formaient un couple heureux, une union tardive qui a vu naître leur fils Tobie. Tout bascule le jour où le corps d’Anna sans vie mais aussi sans tête revient à la maison familiale sur le dos de sa jument. Cette vision d’horreur, une cavalière décapitée marque évidemment l’époux et le fils. Le deuil ne peut se faire car la tête n’est pas retrouvée. Parallèlement, on suit le parcours douloureux de l’arrière-grand-mère de Tobie, Déborah, qui a vu ses proches mourir les uns après les autres ou plutôt ne les a pas vus : certains morts à la guerre sans qu’on ait retrouvé leur cadavre, d’autres disparus dans la nature, d’autres encore jetés en pleine mer sans que leurs corps soient repêchés. Tobie accompagne Déborah au crépuscule de sa vie, elle souhaite mourir avant ses cent ans, et elle partira avec le sourire, la veille de son anniversaire.

            Il y a aussi Sarra, qui est elle aussi, souffre sans avoir fait du mal à quiconque. Une étrange malédiction la poursuit, les hommes qu’elle embrasse, ceux qui sont attirés par son incroyable beauté, meurent. Après la mort du septième, la jeune femme se retire du monde pour ne sortir que la nuit. Sa route croisera celle de Tobie.

            Raphaël, lui, représente un guide, un archange qui mène Tobie et son père vers la vérité. Il fait le lien entre tous les personnages et disparaît aussi vite qu’il est apparu.

            Ce roman proche du conte est âpre, difficile, bouleversant. On est saisi par la beauté de l’écriture, riche, ciselée, imprégnée de culture biblique. Une chose est sûre, je veux lire un autre roman de cet écrivain. Il est rare de trouver un tel talent.

 

 

 

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 22:15

            Il me fallait une bonne pause-détente dans mes lectures, quelque chose de léger et d’amusant, j’ai trouvé chaussure à mon pied avec ce livre qui, selon moi, remplit les devoirs d’un bon roman pour la jeunesse : il est drôle, frais et assez bien écrit (« quand même » aurait-on tendance à rajouter…)

            Emilien, élève de 4ème , a besoin d’argent pour se procurer le tout dernier magnétoscope ultra tendance. Il se met donc à faire du baby-sitting. Là où c’est bigrement original, c’est qu’il aime ça ! Il adore garder des enfants et se montre plutôt très doué. Il parvient même à sauver la vie d’un bébé grâce à ses connaissances en puériculture nouvellement acquises et à son extrême attention.

            La foudre s’abat sur lui quand sa mère, alors qu’il entre en 3ème, lui interdit de se coucher tard, donc de faire du baby-sitting. Emilien se rabat sur les cours particuliers, il aide une écolière garçon manqué pour ses cours de français. Mais qu’est-ce qui peut encore remplir la vie d’un collégien ? L’amour bien sûr ! S’il se sent proche de la douce et parfaite Martine-Marie (quel prénom !), c’est dans les bras d’Amandine qu’il se jette sans réfléchir avant de s’apercevoir que la magnifique jeune fille chaparde un peu tout ce qui lui tombe sous la main et va jusqu’à voler deux pendentifs dans la boutique de mode de la mère d’Emilien.

           

            J’ai aimé l’humour particulier de ce jeune homme, charmant et légèrement désabusé. J’ai aimé le côté désuet de ce roman qui a déjà 21 ans et où on parle encore de magnétoscope…

            J’ai trouvé dommage que cette histoire de baby-sitting ne se prolonge pas dans la seconde moitié du livre comme le titre l’indiquait.

            Je crois que c’est mon premier Murail, sans certitude… Il me semble qu’Emilien se retrouve dans d’autres romans, que je lirai avec plaisir.

 

 

            Un dialogue entre mère et fils, la première exigeant que le deuxième consacre tout son temps à ses cours et ne fasse plus de baby-sitting :

-         Et comment je vais faire pour mon argent de poche si je ne peux plus faire de baby-sitting, le soir ? m’écriai-je.

-         Je te donne de l’argent de poche ! hurla maman.

-         Pas assez ! meuglai-je.

            Nous avons besoin de beaucoup de décibels, maman et moi, pour échanger nos points de vue.

-         Je n’ai pas l’intention de discuter avec toi.

            C’est toujours ce que dit ma mère quand elle n’a aucun argument rationnel à m’opposer.

-         O.K., dis-je tranquillement, je vais faire un casse. Comme ça, j’aurai mon argent de poche pour l’année en cours.

-         Tu arrêtes de dire n’importe quoi ?

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Published by Violette - dans Lectures - jeunesse
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