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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 19:13

           Voilà un billet que j’aurais pu me passer d’écrire…

           Est-ce que vous avez déjà rencontré une personne tellement belle que vous n’écoutiez plus ce qu’elle disait, trop occupé à l’admirer ?  Moi j’ai entendu, avec ce livre audio, une voix rauque et sensuelle qui m’a fait complètement oublier que je devais écouter l’histoire qu’elle racontait. Je n’ai absolument rien retenu de ce roman si ce n’est qu’un certain Frank s’est échappé d’un asile psychiatrique pour retrouver sa sœur (même pas sûre qu’il s’agisse de sa sœur…). Ça se passe aux Etats-Unis. Et puis voilà.

          Le support livre audio a ses limites, ou alors, est-ce moi qui ai des limites. Bref. Ça a été un superbe fiasco, j’ai vraiment écouté la très belle voix d’Anna Mouglalis comme on écoute une musique agréable en langue étrangère. C’est dommage parce qu’il me semble que ce livre est un très grand roman et Toni Morrison, un très grand écrivain.

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Published by Violette - dans Livres audio
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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 18:29

 

 

            C’est vraiment parce qu’on m’a dit beaucoup de bien de ce livre que je l’ai lu… je ne suis pas une adepte des récits post-catastrophe (j'ai, par exemple, détesté D'autres vies que la mienne de Carrère) mais pour celui-ci, c’est différent.

            Nous sommes en mars 2011, un séisme d’une magnitude de 9,0 et un tsunami dévastateur ont provoqué la mort de plus de 18000 personnes et ont ravagé un Japon alors en deuil. Qu’a-t-on fait ce jour de grande tragédie dans le reste du monde?  En nous emmenant en mer du Nord, aux Bahamas, à Jérusalem, à Rome, au large de la Somalie ou encore à Paris, l’auteur nous fait voir un petit morceau de vie de gens touchés de près par la catastrophe, de loin, ou pas du tout. D’après moi, ce séisme n’était qu’un prétexte à ce tour du monde … et pourtant, il est vrai que lorsqu’une tragédie frappe un endroit même lointain, le monde vibre, on ressent quelque chose de particulier, on se sent plus humain, peut-être plus solidaire et il me semble que Mauvignier a voulu rendre hommage à ce fil si ténu qui nous relie tous, en tant qu’êtres humains. Qu’on soit bon ou mauvais, qu’on soit Blanc ou Noir, qu’on soit riche ou pauvre, ambitieux ou sans tempérament, gay ou hétéro, courageux ou lâche, on vit dans la même maison, cette Terre où il nous faut cohabiter, tant bien que mal. Quand certains dorment, d’autres se déchirent, s’aiment ou meurent. La brièveté des textes rend cette simultanéité, cette diversité, presque palpable, et tout à fait passionnante.

                On aurait pu aussi parler d’un recueil de nouvelles ; une petite transition permet cependant d’unir les quatorze histoires si différentes, longues ou courtes, et la lecture devient fluide, d’une fluidité très agréable. Dans une même phrase, on passe d’une rue moscovite à un hôtel de luxe à Dubaï, d’un avion en direction des chutes du Niagara à un safari africain.

             J’ai beaucoup aimé ce livre, ce style intense et sans concession, ce tour du monde en 372 pages. Le souffle de l’écriture n’est pas celui d’une tempête mais il m’a suffisamment convaincue pour que j’aille lire une deuxième fois, au moins, ce Mauvignier qui plaît tant à certains…

 

« Ils ont envie de déconnade et de légèreté pour soulever leur quotidien, parce qu’ils ont compris que seuls les poids plumes arrivent à soulever des montagnes. »

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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 12:47

 

 

             Fauve d’or à Angoulême en 2014, il était temps que je lise enfin cet album !

             Fabio est boxeur à ses heures perdues. Il a aussi tendance à voler, escroquer, mentir, tromper, faire la brute. Son frère Giovanni le retrouve après dix ans de silence. Fabio avait, en effet, quitter le village italien de son enfance pour fuir. Si Giovanni entre en contact avec lui, c’est parce que leur père est mort et qu’il veut emmener son frère lui dire adieu. Dans une vieille Fiat 500 brinquebalante, avec l’urne du père sur la banquette arrière, les frangins vont écumer les routes de France puis d’Italie. Ils vont réveiller quelques souvenirs d’enfance, se disputer très souvent,  adopter un chien, se faire voler leur voiture puis la récupérer, s’expliquer, se taire, discuter avec un curé un peu particulier, boire plus qu’il n’en faut, frôler la mort, …

               Ce road trip des années 60 en Fiat 500 passe par plusieurs phases correspondant aux relations successives des deux frères. Haine, colère, méfiance, jalousie, indifférence, complicité… Cette histoire fraternelle à l’accent italien prend différentes couleurs à l’image des paysages traversés. Quand on arrive en Italie, la température monte, l’ocre et l’orange des terres, le bleu du ciel vont faire exploser Fabio mais vont aussi lui révéler des secrets dont il ne soupçonnait pas l’existence.

              J’ai adoré cette BD, le scénario comme les dessins sont recherchés, subtils, surprenants, sensibles. J’ai bien compris la leçon et après avoir apprécié Je mourrai pas gibier et l'inégalable Pourquoi j’ai tué Pierre du même auteur… je vais essayer de tout lire d’Alfred !

               Deux mini-reproches qui ne valent rien face aux qualités innombrables de cette BD : les planches qui évoquent l’enfance des frères m’ont moins touchée et puis cette histoire d’urne dont j’avais deviné le pourquoi du comment…

 

« 18/20 »

 

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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 16:36

 

 

            

             Cela faisait quelques années que je boudais les romans de Fred Vargas depuis une certaine histoire de crotte de chien qui ne m’avait pas plus emballée que ça. Mon intuition m’a guidée vers son dernier polar. Aucun regret !

              Une femme, Alice Gauthier, est retrouvée noyée dans sa baignoire. Suicide ? Le commissaire Adamsberg et ses acolytes mettent très vite cette hypothèse en doute, d’autant plus qu’un étrange symbole a été dessiné à côté du cadavre. Quelque chose qui ressemble à un H tordu… ou à une guillotine. Avant de mourir, Mme Gauthier a envoyé une lettre à un certain Amédée Masfauré qui vit dans le Creux, un coin perdu des Yvelines. Arrivés là-bas, les enquêteurs découvrent qu’un homme s’est suicidé, le père d’Amédée. Etrange coïncidence … et on ne tarde pas à trouver le même symbole de la guillotine sur ce qui devient le lieu du crime.

             Vargas nous emmène sur deux pistes à la fois : celle d’un îlot islandais où un groupe de Français a survécu une dizaine d’années auparavant, celle d’une bande de fans de Robespierre qui passent leur temps libre à reconstituer des scènes de la Révolution. Et si les deux pistes se croisaient ? Malgré l’énergie de Retancourt, malgré l’hypermnésie de Danglard, c’est Adamsberg qui déploiera tout son génie pour mettre un nom sur le meurtrier.

              Intéressant, bien écrit, un brin historique, captivant, addictif, dépaysant, ce roman aux mille qualités est un petit bonheur de lecture. Si Vargas fait preuve d’une imagination admirable, elle a aussi le don de croquer ses personnages avec réalisme et humour, mais ma préférence va sans doute à ces images qu’elle sait créer et qu’on aura du mal à oublier : un sanglier copain et protecteur des Masfauré, Lucio le voisin qui donne des conseils sans en avoir l’air ou encore cet afturganga, un esprit maléfique islandais qui hante cet îlot glacial et brumeux. Une belle découverte qui me fait regretter d’avoir abandonné Fred Vargas ces dernières années.

 

« Adamsberg ne réfléchissait pas, il ne se posait pas seul à une table, crayon en main, il ne se contenterait pas devant une fenêtre, il ne récapitulait pas les faits sur un tableau, avec des flèches et des chiffres, il ne posait pas son menton sur son poing. Il vaquait, marchait sans bruit, il ondulait entre les bureaux, il commentait, arpentait le terrain à pas lents, mais jamais personne ne l’avait vu réfléchir. Il semblait aller tel un poisson à la dérive. Non, un poisson ne dérive pas, un poisson suit son objectif. Adamsberg évoquait plutôt une éponge, poussée par les courants. Mais quels courants ? D’ailleurs, d’aucuns disaient que, quand son regard brun e vague se  perdait plus encore, c’était comme s’il avait des algues dans les yeux. Il appartenait plus à la mer qu’à la terre. »

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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 09:04

 

 

              Dernier volet de cette série si forte en émotions…

              Très bon début, la première planche m’a déjà stupéfiée : Marco court à perdre haleine au milieu d’une forêt, il fuit, on l’imagine encore une fois poursuivi par ses démons, anéanti par ses angoisses. Il court, il court, et puis il tombe, il hurle, il s’est sans doute cassé une jambe. Eh bien non, c’est sa petit Maude, son enfant, qui le poursuit et un bisou magique suffit à lui réparer sa jambe cassée. Marco est donc papa, et ce n’est pas tous les jours facile. Il adore sa fille mais a aussi parfois envie d’être très loin d’elle. Il la cajole puis doit gérer son incompréhension face aux colères de la petite.

             Marco connaît les fêtes d’école et les dessins des enfants qui ont tenté de copier Picasso, celui qui « confond toujours les yeux et la bouche », il reste coi alors que sa fille aime beaucoup beaucoup un petit garçon méchant qui la tape. Une autre femme de sa vie, sa mère, se refait doucement après la mort de son mari, elle apprend à vivre seule, à être bien seule. Et puis il y a les ouvriers du chantier naval. Ils sont en grève contre un plan social qui menace de fermer tous les ateliers. Marco aide, soutient, dessine encore ceux qui bossent face à « ceux qui ne savent que planter des clous. »

              L’album se clôt d’abord avec une réflexion sur les élections (On est en2007, Sarko vient de gagner…), sur le racisme, sur le renouvellement du monde, sur l’évolution de la société, réflexion surtout délivrée par le copain ouvrier, puis, de très belles cases sans texte nous prouvent que Marco a trouvé un semblant de sérénité auprès des siens, qu’il arrive à intégrer le passé dans son présent sans pour autant être envahi par ses souvenirs…

            Des quatre albums de la série, c’est celui qui m’a le plus touchée. Les dessins sont magnifiques, le scénario autour de ce « combat ordinaire » qu’est la vie est parfait. Encore une série dégustée avec plaisir !

 

« 20/20 »

 

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 11:27

 

Première lecture pour moi de cet auteur de polars qui fait beaucoup de bruit en ce moment…

            Nous sommes à Saint-Gilles-les-Bains sur l’île de La Réunion, le soleil brille, on se baigne, c’est les vacances, le farniente, … Cette vision paradisiaque ne dure qu’un instant. Dans un hôtel de luxe, une très jolie cliente, Liane,  a été vue monter dans sa chambre. Le problème, c’est que son (très beau) mari, Martial, ne l’en a jamais vu redescendre. Il ordonne qu’on retrouve très vite sa femme car la chambre d’hôtel est vide. Vide oui mais sens dessus dessous et avec du sang en veux-tu en voilà. Tout accuse le mari… qui s’enfuit, le lendemain,  avec sa fille de 6 ans.

            Du côté des flics, c’est la vive Aja une métisse indienne, et Christos un Zoreille (comprenez, un Métropolitain installé à La Réunion) plutôt paresseux, qui enquêtent. Si Martial a disparu avec sa gosse, il laisse aussi des cadavres sur son chemin.

            Arrivent jusqu’à nous les points de vue de tous les protagonistes, celui d’Aja qui donnerait sa vie pour son boulot, celui de Christos qui ne rêve que de cocktails et de caresser sa volumineuse Imelda, celui de Martial qui nous permet de comprendre que tout n’est  pas aussi simple qu’il y paraît. On entre même dans la tête de Sofa, la petite fille de 6 ans qui, morte de peur, veut retrouver sa maman et ne sait si elle peut faire confiance aux paroles de son père.

            Il m’arrive de lire des polars et de laisser venir. Ici, j’ai vraiment fait l’effort de réfléchir et d’essayer de trouver le point final de cette histoire aux multiples rebondissements. Que nenni, on ne devine rien et l’intrigue brille par sa subtilité. Mention spéciale au dépaysement : l’auteur nous emmène faire un petit tour de l’île du Dodo, entre proverbes réunionnais et bière locale, on voit s’envoler des tec-tec et des papangues et on profite de la diversité des paysages de l’île jusqu’à l’impressionnant Piton à la fin du roman.

             J’ai lu ce livre à une période où j’étais débordée et je n’avais qu’une envie : me détendre grâce à une bonne lecture addictive. Ce polar remplit cette fonction-là à 100% !

 

N.B. : « l’argent-braguette »... c'est ainsi qu'on appelle les allocations familiales sur l'île … j’adore !!!

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 12:52

 

 

            En refermant le premier tome de cette série qui se passe à Vienne en 1900, on pouvait se douter de ce qui allait suivre.

             Victor a été soudoyé, Klement et surtout Alec, deux jeunes bourgeois arrogants, lui ont montré ce qu’étaient argent, femmes et pouvoir. A la fin du premier tome, on avait laissé Victor en train de courir dans les rues viennoises pour échapper à la police. Il avait semé la pagaille dans un restaurant huppé, faisant usage d’un revolver (volé). C’est le père de Victor qui paye les pots cassés et se retrouve en prison. Même si le jeune homme n’aime pas son père, il ne peut supporter cette injustice et va se résoudre à faire du chantage : le juge doit faire libérer son père en échange de la liberté de la belle Mathilde, la prostituée préférée du juge, que Victor a réussi à kidnapper…

             Ses proches, les personnes qui l’aident comme cet Hermann antisémite vont bien le regretter. Cet album pourrait avoir « Vengeance » pour sous-titre. Victor a perdu innocence et candeur, il doit désormais se battre même si on sent qu’il fait fausse route, Hermann lui ayant inculqué la haine des juifs.

            Suspense, sensualité, haine, richesse et pauvreté… le tout dans un décor somptueux. Tout y est, le dessin comme le scénario ravissent le lecteur. Vivement la suite !

« 19/20 »

 

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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 15:38

 

 

             Le livre rassemble trois longues nouvelles.

« Une vengeance… » nous transporte dans le désert mexicain. Parce que Cochran lui a volé sa femme, un homme richissime le torture et le laisse presque mort, abandonné aux vautours. Des Indiens le recueillent et Cochran va mettre à exécution son plan de vengeance… mais va-t-il le tenir jusqu’au bout ? 

« L’homme qui abandonna son nom » est l’histoire d’un homme qui danse. Il n’est pas danseur, il est plutôt vieux mais il danse pour célébrer la vie qui pourtant ne lui a pas toujours souri. Une belle et originale conception de l’existence (le type, Nordstrom, ne supporte pas de devenir riche et veut absolument se débarrasser de son argent !)

« Légendes d’automne » est la fameuse intrigue dont on a fait un film en 1994 (déjà si longtemps !) avec Anthony Hopkins, le très beau Brad Pitt et Aidan Quinn. Trois frères partent à la guerre mais seuls deux reviendront vivants.  Alfred et Tristan se disputeront la même femme dans un univers familial lourd et tendu.

         C’est la première nouvelle (mais peut-on encore parler de « nouvelle » quand le texte fait une bonne centaine de pages !) que j’ai préférée. Le style de Harrison ne fait pas dans la demi-mesure, il est aussi âpre que les univers qu’il décrit, et pourtant, la sensibilité est omniprésente. La liberté semble être un thème cher à l’auteur avec le portrait de ces trois hommes qui vont jusqu’au bout d’eux-mêmes, qui s’abandonnent complètement à leurs projets, leurs envies.

         Amateur de whisky, de vautours, de nuages de poussière ou tout simplement amateur de Grande Littérature, ne passez pas à côté de ce livre. C’est le premier de l’auteur pour moi, mais pas le dernier, La route du retour m’attend … et c’est pour bientôt !

 

« Eloignons-nous maintenant des amants au repose. Perchons-nous sur le manteau de la cheminée, tels des griffons au regard de pierre ; il est d’ailleurs préférable d’avoir un regard de pierre pour assister à ce qui va suivre. » (« Une vengeance… »)

« Il y a peu de choses à dire au sujet du bonheur ; il se contente d’être lui-même, placide, presque somnolent.  C’est un état que l’ont adopte d’un cœur léger mais avec un esprit parfois torturé. » (« Légendes d’automne »)

 

Je ne résiste pas à l'envie de vous montrer la bouille de notre Jim  (77ans!)  :

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5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 18:17

 

 

           Ça fait un moment que je connais l’existence de ce surprenant manga, il me tardait de le découvrir. Je n’ai pas été déçue.

             Shizuku Kanzaki est le fils d’un œnologue mondialement connu. Pourtant, il ne boit pas de vin, il s’est plutôt spécialisé dans les bières. Son père, lui ayant fait sentir des centaines de parfums (la mine d’un crayon, une ceinture en cuir, des baies, …) dès son plus jeune âge, l’a complètement écœuré. Le célèbre œnologue meurt, son fils ne savait même pas qu’il était malade. Il s’imagine, la tristesse dans l’âme, hériter des bouteilles précieuses de son père mais l’affaire se révèle plus compliquée : une avocate lui explique que son père avait prévu une sorte de concours entre Shizuku et un œnologue expérimenté qu’il avait adopté avant de mourir. « Il se trouve que dans ce testament, maître Kanzaki a décrit 12 grands vins choisis par ses soins… ainsi qu’un treizième, qui se trouve au-dessus d’eux, son vin idéal qu’il a appelé « Les gouttes de Dieu ». « Celui qui arrivera, d’ici un an, à découvrir de quels vins et de quel millésime il s’agit, recevra la totalité de son héritage. »

            Accompagnée par une apprentie sommelière plutôt douée, Miyabi Shinohara, Shizuku va vite se rendre compte qu’il a un odorat particulièrement développé et les leçons de son père y sont sans doute pour beaucoup…

            Entre enquête policière (il s’agit de dénicher un vin très rare) et leçons sur le vin, ce manga en noir et blanc se lit délicieusement bien et précède un « b.a.-ba de l’œnologie » ainsi qu’une description et une évaluation des vins cités dans le livre. J’ai adoré, je bois beaucoup de vins, je sais ce que j’aime mais j’ai encore du mal à m’y retrouver vraiment, donc ce livre enfonce le clou, et c’est très bien. Reste à savoir si je vais continuer la série… elle compte 37 tomes, rien que ça. Toujours est-il que le concept me plaît même si la naïveté (propre aux mangas, non ?) des personnages me fait toujours marrer. Combien de fois les personnages sont-ils dessinés avec une perle de sueur sur la joue pour signifier soit l’angoisse, soit l’ignorance, soit la stupeur, soit … :-)

« 17/20 »

 

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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 19:12

 

 

            Déjà découverte par extraits, je me suis enfin pris le temps de lire cette très ingénieuse pièce de théâtre (pourtant courte).

            Serge a acheté un tableau. Un tableau blanc, tout blanc. Non, on voit quand même des lisérés blancs. Le comble, c’est qu’il l’a payé deux cent mille francs. Et ça, son copain Marc a du mal à l’accepter. L’autre copain, Yvan, est plus conciliant : « Si ça lui fait plaisir… il gagne bien sa vie. »

          Ce tableau monochrome est le point de départ d’une énorme dispute entre ces trois potes et l’occasion de remuer de vieilles rancunes et d’évoquer de nouveaux problèmes. Il y a Yvan, un peu veule, qui se voit reprocher de n’avoir aucune personnalité et qui doit lutter pour ne pas faire apparaître le nom de sa belle-mère sur la carte d’invitation de son mariage, il y a Serge, le dermatologue, qui n’a jamais le temps, qui est donc « obligé d’aller à l’essentiel » et ne jure que par Sénèque. Il y a Marc qui ne peut s’empêcher de qualifier le dernier achat de Serge de « merde ».

         Par le rire, Yasmina Reza parvient, dans cette comédie de mœurs, à nous faire réfléchir sur l’art et sur la modernité en particulier. Moderne est aussi un adjectif qui pourrait qualifier cette pièce au décor forcément minimaliste, qui ne s’appuie que sur les répliques des personnages… qui bougent peu. On est loin du temps de Molière où les comédiens bondissaient, couraient, se cachaient, multipliaient grimaces et pitreries. Et pourtant la mayonnaise prend, on sourit, on se retrouve dans certaines répliques, ça fleure bon le quotidien et la fin est une remarquable preuve d’amitié entre les trois hommes. Je n’ai eu aucun mal à imaginer les trois acteurs Fabrice Lucchini, Pierre Arditi et Pierre Vaneck interpréter les rôles des copains. Dommage qu’il n’y ait pas de place pour la femme là-dedans !

Et c’est toujours chez Eimelle qu’on lit du théâtre :

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