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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 10:06

 

 

                  Kayo est une femme japonaise qu’on suit pendant quelques années. D’abord étudiante, elle se retrouve vite mariée à Ryu. Comme de nombreuses femmes mariées, elle ne travaille pas, passe ses journées seule à la maison avec un bébé puis un deuxième. Et elle s’ennuie, regardant avec envie les autres mères plus élégantes qu’elle, « juchées sur d’invraisemblables talons hauts, elles arpentaient l’avenue, leurs nourrissons dans des McLaren dernier modèle, leurs lunettes de soleil haute couture délicatement perchées sur le bout de leur petit nez. » Son premier achat pour sortir de la morosité est un sac Vuitton. Mais ce sont ses retrouvailles avec son amie d’enfance, Tomoko, qui vont changer la vie de notre héroïne. Très belle et toujours extrêmement bien habillée, Tomoko emmène Kayo dans les plus belles boutiques de marque. Kayo y prend goût au point de cacher l’argent que sa mère lui donne à son mari et d’ouvrir un compte à elle. Elle découvrira surtout l’univers secret et fascinant des ventes privées.

                     C’est l’engrenage. Kayo achète des vêtements, des chaussures, des sacs à des prix exorbitants et bientôt, elle se retrouve endettée. Un usurier lui permet momentanément de sortir la tête de l’eau et elle promet de ne plus rien acheter mais la tentation est trop forte, un dîner mondain avec des mères de famille aura raison d’elle, elle va s’acheter le plus beau kimono de la ville : « Le rouge de l’obi donnait au bleu du kimono l’éclat étincelant d’une eau profonde. La soie bleu foncé mettait en valeur la forme de ma poitrine, tout en la faisant paraître moins forte et plus élégante. » Combien payer ses achats ? Il y a un moyen très simple et qui rapporte beaucoup : Kayo va se donner à des hommes riches qui apprécient sa grosse poitrine. C’est son mari qui va tenter de la sortir de là, l’isolant quelques mois à la campagne, dans un temple bouddhiste. Certes, Kayo va se mettre à réfléchir, à se centrer sur elle-même loin des préoccupations vestimentaires et superficielles, à observer et apprécier la nature qui l’entoure mais ce revirement ne sera pas définitif…

                Ce roman a, quand en commence la lecture, des apparences bien légères, à l’image des desiderata de l’héroïne. Pourtant l’auteur conduit habilement son récit, nous emmenant dans ce Japon oscillant entre tradition et modernité et ouvrant une intéressante réflexion sur le shopping compulsif mais encore plus largement sur l’addiction et le pouvoir de l’argent. Tantôt, on s’identifie au personnage principal, tantôt on  la prend en pitié en la critiquant vertement (mon dieu, elle n’a aucun autre centre d’intérêt que les fringues !!!). La fin est une belle réussite et j’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman fascinant et tellement surprenant ! Surprenant aussi de savoir que l'auteur est une Indienne qui a passé plusieurs années à Tokyo.

Chers messieurs, n’imaginez surtout pas que dans toutes les femmes sommeille une Kayo !

 

« Les vêtements représentent le seul vrai pouvoir que nous autres femmes détenons en ce monde. »

Les sensations éprouvées lors d’une vente privée : « Elle commence comme un léger chatouillement dans les orteils, comme de petites bulles envahissant chaque cellule du corps. Mais ce n’est que le début. Une fois le joyeux pétillement retombé, une concentration silencieuse s’empare de l’esprit, tandis que commence la chasse. »

« Les enfants sont pour une femme des parcelles de son cœur placées dans des corps différents et rendues à la liberté. »

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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 04:08

 

          2015 est à notre porte, elle vient d’entrer, qu’elle soit jolie et gaie, intéressante et ludique, souriante et envoûtante !

 

Voilà mon traditionnel petit bilan. Ce que je retiendrai de 2014 :

 

 

 

 

 

 

 

Malgré leur quasi absence, je tiens à évoquer l'unique pièce de théâtre dont j'ai parlé ici, Rapport intime de Cauwelaert et l'unique recueil de nouvelles pourtant fort fort sympathique : La fée Amphète de Modat.

 

         En 2015, j’aimerais revenir au théâtre, c’était déjà ma résolution fin 2013 mais cette fois, c’est promis, vous êtes tous témoins, je vais m’y remettre ! Une envie de retrouver des classiques aussi… et de vider ma PAL qui déborde ! Ce qui m’enthousiasme toujours, c’est que j’ai encore tant d’auteurs à découvrir !!!

 

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter, à toutes et à tous, une excellente année 2015 !!!!!

 

Je vous laisse avec Cape Town vue du ciel !                          (source : www.tuxboard.com)

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 09:41

 

          Je tenais absolument à clore 2014 avec une lecture de Chalandon, auteur dont j’ai tout lu durant ces deux dernières années. C’est donc mon dernier roman.

           Georges, un jeune étudiant anarchiste,  a fait une promesse à Samuel lorsque celui-ci est sur le point de mourir : celle de mettre en scène l’Antigone d’Anouilh ; mais pas n’importe où, à Beyrouth, pas n’importe quand, en 1982, pas avec n’importe qui, les acteurs appartiennent à différentes nationalités et sont de religions différentes, ennemies pour la plupart. Alors que Georges délaisse sa femme et sa petite fille Louise, alors qu’il parvient douloureusement à rassembler sa troupe (le mot est le même pour les soldats et pour les comédiens !) et que cette pièce improbable s’apprête à être jouer, l’Histoire rattrape ses bonnes intentions, bombardements et massacres vont mettre un point final à ce désir de pièce et bouleverser définitivement Georges. Et c’est un homme anéanti qui rentre en France, qui ne comprend pas sa petite fille et ses caprices, qui n’oubliera plus jamais ce qu’il a vu au Liban.

          Œuvre magistrale et majestueuse, Le quatrième mur est un livre qui marque, un livre qui fait mal, un livre qui allie la beauté à la pire laideur de ce monde. J’ai adoré cette lueur d’espoir, ce doux répit qui consiste à unir des ennemis par le truchement d’une pièce de théâtre, je crois que tout lecteur aurait aimé que cette parenthèse enchantée se concrétise, et puis la réalité vient frapper, heurter, écraser ce balbutiement artistique. C’est la tragédie, et dans la tragédie, l’issue n’est pas heureuse. Le roman mime la pièce pour devenir tragédie à son tour. Malgré cet éloge, ce roman n’est pas mon préféré de l’auteur (Le petit Bonzi passera toujours devant… et c’est un livre sans guerre). La guerre, les massacres, la boucherie… j’ai pensé au Yellow Birds de Kevin Powers que je n’avais pas aimé. Suis-je trop pacifique ?

          Sorj Chalandon est un écrivain et journaliste qui a connu la guerre, ça se sent dans tous ses romans, il ne peut s’en détacher et je crains qu’il ne ressemble très fortement à son personnage principal. Lutte et résistance sont également les mots-clefs de son œuvre. Ne pas se taire, ne pas user de compromis mais se battre, à n’importe quel prix. Ce sentiment d’urgence ainsi que les références omniprésentes à une des plus belles pièces de théâtre ont sans aucun doute plu aux jeunes et aux moins jeunes puisque le roman a obtenu le Prix Goncourt des lycéens en 2013.

 

« Le quatrième mur, c’est ce qui empêche le comédien de baiser avec le public. »

La rencontre de celle qui devait être Antigone et de celui qui devait être Créon : « Imane a souri. Puis elle a inspiré, tendue, poings le long du corps. Elle a baissé la tête cherchant tout au fond d’elle un autre regard que le sien. Charbel a compris ce que faisait la jeune femme. Il l’a imitée. J’ai cessé de respirer. La fille a relevé la tête. Le garçon a ouvert d’autres yeux. L’instant fut magnifique. Deux acteurs se mesuraient. Ni chrétien, ni sunnite, ni Libanais, ni Palestinienne. Deux personnages de théâtre. Antigone et Créon. Elle le narguait. Il la défiait. Elle irait jusqu’à mourir. Il irait jusqu’à la tuer. Ils sont restés immobiles une minute, corps penché en avant, tendus l’un vers l’autre, se prenant par les yeux sans un mot

 

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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 16:53

 

 

               Faut-il encore présenter cette BD qui sommeillait dans ma PAL, l’air de rien, depuis des mois et des mois ?

               C’est dans un tribunal que démarre l’histoire. Un jugement doit être rendu, on ne sait pas exactement de qui et pour quoi mais on a besoin de connaître l’extraordinaire histoire de Paul et de Louise.

               Paul et Louise sont jeunes et amoureux. Tout se passe très vite entre eux, très bien aussi. Jusqu’au jour où Paul est appelé à défendre son pays. En 1918, devenir caporal n’est pas une mince affaire. Lorsque Paul voit la tête d’un copain arrachée par un obus, c’est trop. Il se coupe un doigt, feint une surinfection pour éviter les tranchées et retrouver sa jeune épouse mais ça ne suffit pas. Il décide alors de déserter. Après un long temps d’ennui et de solitude de reclus dans une chambre minable, Paul, aidé de Louise, se travestit en femme pour pouvoir sortir impunément. Il prend non seulement goût à cette liberté retrouvée mais aussi aux manières, aux vêtements, aux allures, aux conversations des femmes. Bref, être une femme, être cette Suzanne qu’il s’est inventé, lui plaît au point d’en jouer. Il séduit les hommes, se fait des copines. Louise suit tant bien que mal la cadence effrénée et alcoolique de son compagnon. Quand, dix ans plus tard, les déserteurs sont amnistiés, c’est la fête. Paul se coupe les cheveux, veut se trouver un travail à l’usine, se bat comme un homme. Oui, mais on n’oublie pas si vite dix ans de sa vie. Paul est en manque de la femme qu’il a été et une nuit, Louise le surprend à se peindre les ongles en rouge. La fin de l’histoire est violente et passionnelle… et si c’est Louise qui est dans le box des accusés, c’est parce qu’elle a tué par amour, et pour lui, et pour l’enfant qu’elle portait de lui.

             Inspirée d’une histoire vraie, l’intrigue passionnante m’a fait penser à Au revoir là-haut de Lemaitre. Ici aussi, il est question de transformation physique liée aux traumatismes de la guerre. J’ai préféré le passage où Paul, petit à petit, apprend à changer de sexe, à se fondre dans la foule féminine, ce qui a modifié ses droits et devoirs.  Il n’est plus vraiment un homme, il n’est pas tout à fait une femme, et ce mélange des genres ouvre une belle réflexion sur l’identité et le paraître. Emportée par la musique des Années folles, j’ai été complètement happée par cette fabuleuse histoire romanesque. Le dessin laisse une grande place à l’imagination : peu de couleurs, aucun cadre, des traits souvent imprécis. J’ai été bluffée par le talent de Chloé Cruchaudet et je fais de cet album un grand coup de cœur ! Bravo l’artiste !

20/20

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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 07:53

 

               Quel plaisir de retrouver Cerise, sa maman, ses amies, ses carnets et son désir de rendre les gens heureux !

               Cerise est désormais une jolie adolescente qui va au collège. C’est l’hiver, et, pour s’occuper et  mieux se retrouver, Line, Erica et Cerise participe à un atelier de reliure. C’est Sandra qui accueille les jeunes filles ; relieuse et fille de relieur, elle leur parle de presse à percussion, elle leur montre comment collationner les livrets et les coudre ensemble avant d’encoller le livre et d’arrondir le dos avec un « marteau à endosser ». Au détour d’une conversation, les filles s’interrogent sur une petite pièce au fond de l’atelier, c’est un débarras dans lequel Sandra autorise Cerise et ses amis à fouiner. Erica y trouve un mystérieux petit coffre, apparemment destiné à Sandra et rempli de partitions prêtes à être reliées. C’est le début d’un jeu de piste qui va conduire Sandra chez son ancienne prof de piano, puis chez la grand-mère d’Erica mais aussi chez le psychiatre qui suivait Erica pendant son enfance et enfin… dans la maison même de Cerise. Un retour dans un passé blessé qui va rapprocher Cerise et Sandra.

               C’est encore une belle aventure humaine que nous proposent les deux auteurs. Voir des adolescentes animées de bonnes intentions et désireuses de faire le bien autour d’elles, c’est appréciable. Ma fille a beaucoup aimé la quête des trésors… et je remercie les auteurs d’avoir parlé du Père Noël avec subtilité, sans en dévoiler sa non-existence. Pour ma part, ce sont les féériques paysages hivernaux qui m’ont plu, cette neige à Noël qu’on n’a, le lac gelé, la cabane sous les blancs flocons.

 

Je vous souhaite, à toutes et à tous, des très belles fêtes de Noël !!!

 

»  19/20   »

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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 14:43

          Cette version audio ne comporte que neuf nouvelles du recueil version papier qui en contient douze. Je l’avais lu, ce recueil, en 2004, avant la création de ce blog et, même si j’en ai gardé un bon souvenir, j’ai été incapable de me remémorer une seule nouvelle.

          Anna Gavalda évoque le quotidien : un ado qui emprunte la voiture de son père et ça tourne mal, un type qui tombe fou amoureux de sa pimpante collègue, deux vieux époux qui ne savent plus se parler, un homme qui a un mal fou à mettre une croix sur son premier amour, une femme enceinte de six mois qui apprend que son bébé est mort.

          C’est Anna Gavalda qui lit ses propres textes, et j’ai envie de dire que ça change tout. A la lecture traditionnelle, on aurait pu trouver certaines nouvelles relativement banales, voire sans intérêt. L’écrivain rajoute un second degré tout à fait savoureux, elle prend de la distance avec ses personnages, s’en moque parfois, leur donne un petit truc en plus. Elle lit avec un tendre cynisme (oxymore ?) et sait, en plus, admirablement lire (ce n’est pas le cas de tous les auteurs), sait changer de ton, faire des pauses, varier le rythme. Pourquoi n’a-t-on pas droit à la totalité du recueil ? Je suis bien incapable de le dire. Par contre, je suis sûre que ce livre audio plaira à tous. Sa brièveté peut permettre à un débutant de s’y mettre enfin. Cadeau parfait pour Noël (il n’est jamais trop tard !)

 

 

« Cet homme et cette femme sont dans une voiture étrangère. Cette voiture a coûté trois cent vingt mille francs et, bizarrement, c’est surtout le prix de la vignette qui a fait hésiter l’homme chez le concessionnaire. »

« C'est une des raisons pour laquelle j'ai choisi un métier manuel. Je préfère que ce soit mes mains qui réfléchissent. C'est plus simple. »

« Il sait parfaitement qu'il n'a aimé qu'elle et qu'il n'a jamais été aimé que par elle. Qu'elle a été son seul amour et que rien ne pourra changer tout ça. Qu'elle l'a laissé tomber comme un truc encombrant et inutile. Qu'elle ne lui a jamais tendu la main ou écrit un petit mot pour lui dire de se relever. Pour lui avouer qu'elle n'était pas si bien que ça. Qu'il se trompait. Qu'il valait mieux qu'elle. Ou bien qu'elle avait fait l'erreur de sa vie et qu'elle l'avait regretté en secret. Il savait combien elle était orgueilleuse. Lui dire que pendant douze ans elle avait morflé elle aussi et que maintenant elle allait mourir. »

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 11:14

 

D’après les souvenirs d’Alan Ingram Cope.

            Ce gros album, étonnant, riche et dense raconte une partie de la vie d’Alan Cope. Emmanuel Guibert l’a croisé par hasard à trente ans, Alan en avait soixante-neuf et les deux hommes sont devenus amis. C’est le talent de conteur de l’Américain qui a décidé le Français à faire de ses souvenirs un livre.

             Alan a dix-huit ans en 1942 quand il a été appelé, comme tous les jeunes Américains, à défendre son pays, les Etats-Unis, contre l’Allemagne. Il ne sait pas trop ce qui l’attend et c’est le jour de ses vingt-ans, le 19 février 45, qu’il foule, pour la première fois, le sol français. Il arrive au Havre, ville détruite, après un entraînement long et intensif aux Etats-Unis.

             C’est donc la guerre vue par Alan qui nous est contée. De guerre, au final, il n’en aura pas fait grand-chose mais ce voyage à travers la France puis l’Allemagne puis la Pologne lui permettra surtout de faire de belles rencontres. Au quotidien, la vie d’un GI peut se révéler difficile : se dépatouiller avec des morpions mal placés, conduire des chars trop lourds, manger des rations de campagne peu ragoûtantes, passer des nuits blanches, … mais Alan connaît aussi des moments très agréables : il est souvent bien accueilli par l’autochtone et scelle des amitiés qui vont durer longtemps.

           Ce qui m’a frappée, c’est l’absence d’action à partir du moment où les GI avaient mis le pied sur le sol européen. Les soldats ne font rien à part avancer avec leurs chars. Ils risquent leur vie à plusieurs reprises mais pas dans le sens où on s’y attend. Alan tombe de la lucarne d’une grange parce qu’on y avait ôté l’échelle, un autre soldat se fait écraser par le char qui lui suivait parce qu’il a fait du surplace, certaines jeeps sont tombées dans le vide à cause de ponts soudainement brisés. L’absurdité et l’inutilité des faits et gestes des GI est effarante. Alan n’en reste pas moins un homme cultivé, bon et sincère. Son récit (car on suppose que Guibert a repris presque telles quelles les paroles de l’Américain) simple et chronologique, laisse une grande place à la candeur. Alan dit quand il a été très bon, il avoue aussi ses torts à plusieurs reprises. On n’a pas l’impression que l’homme est parti faire la guerre, il n’évoque presque jamais l’ennemi ni le nazisme qu’il est censé combattre.

          Moi qui me plains souvent de la brièveté des BD, j’en ai eu pour mon compte cette fois-ci avec ce volume qui contient trois tomes et pas moins de 298 pages. Il sommeillait depuis un moment dans ma PAL parce que je craignais de m’ennuyer avec un tel sujet. Ça n’a pas été le cas, cette lecture a été un plaisir. Le noir et blanc ne m'a pas du tout dérangée. Plus qu’un récit de guerre, c’est une leçon de vie qu’on trouve parmi toutes les aventures et pérégrinations d’Alan. Voilà le résultat de deux philanthropes : Guibert qui rend merveilleusement hommage à un homme qui n’est plus et Alan qui s’est toujours souvenu de toutes ses rencontres avec une remarquable précision, car c’est l’Homme qui compte le plus ici.

 

18/20

 

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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 20:58

          A la sortie de ce roman, je me suis fait la promesse de le lire … un jour. Ce jour est arrivé et j’avoue avoir été rarement aussi partagée !

          Carole est une prof qui habite Saint-Etienne. Un certain 3 décembre, elle se rend dans son village natal, dans le massif de la Vanoise. Pourquoi ? parce qu’elle a reçu, encore une fois, une boule de verre de son père, Curtil, une de ces boules où il neige quand on les retourne. Dans ce village montagnard, Carole retrouve son frère Philippe et sa sœur Gaby. La boule a été envoyée à chacun des trois et elle est censée annoncer la venue de Curtil qui a toujours usé de ce procédé pour anticiper ses arrivées. Oui, mais Curtil n’arrive pas et ce séjour qui devait être court se prolonge. Carole s’occupe en traduisant un livre, en prenant la jolie serveuse du bar d’à côté en photo quand elle secoue ses draps, en retrouvant Jean, son amour de jeunesse, en discutant avec la Môme, cette adolescente que Gaby a recueillie. Finalement, Carole va rester jusqu’au 20 janvier. Les jours se ressemblent tous, évoluent légèrement au gré des caprices météorologiques : la pluie, la neige, le froid. Carole pose des questions autour d’elle, notamment concernant l’incendie qui a dévasté la maison familiale quand elle était enfant mais les non-dits ont la vie longue dans ce petit village. Elle en sortira tout de même grandie, changée.

            Commençons par le négatif : je me suis terriblement ennuyée au début du roman au point d’être tentée d’en abandonner la lecture. J’ai lutté. La simplicité et le style épuré de Gallay que j’aimais tant dans Les déferlantes et encore plus dans Seule Venise se sont transformés en platitude ici. Les jours se suivent et les banalités s’accumulent. La redondance de certaines tournures familières m’a agacée aussi.

           Pourtant, malgré ces gros bémols trop criards, j’ai aimé l’atmosphère que dégage ce roman. La vie dans ce village montagnard ressemble à un huis clos où les sons sont étouffés comme les pas dans la neige, où les secrets ont la vie longue, où les personnages sont bien plus intéressants que ce qu’il n’y paraît de prime abord… Le temps qui passe reprend ses droits, on attend beaucoup dans ce roman (celui qui ne viendra pas, d’ailleurs, serait-ce une allusion à Godot ?), on sait se taire, prendre le temps de manger, d’observer, de s’occuper des animaux, de regarder le paysage.

          Au final, le bilan est très positif, il me semble que Mme Gallay s’est lâchée et a écrit quelques paragraphes en trop mais elle a su, comme très souvent, donner une nouvelle saveur à la vie, une saveur oubliée ou méconnue, et rien que pour ça, ses livres méritent d’être lus, voire relus.

« Si tu veux être heureux, il ne faut dire du mal de personne, tenir les rênes longues et ne jamais cracher contre le vent. »

« ça servira à rien de venir sur la tombe, j’y serai pas. »

« Quelques flocons sont tombés derrière la vitre. C’était les premiers. Ils m’ont rendue brièvement heureuse » (une phrase que j’aurais pu faire mienne !)

« Vous avez remarqué, a-t-il dit, nous commençons tous notre vie en étant des œufs... Les oiseaux, les lézards, les insectes, on a le même départ. Pour la suite, c'est presque la même histoire, un petit espace à remplir entre la naissance et la mort. Et il faut parvenir à faire de cet espace un moment de grâce. »

« Ses lèvres hésitantes se sont attardées sur mon front, un baiser doux et chaud qui s’en est allé, tranquille, faire l’amour à mon âme. » (whaouhhhhhhhh)

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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 17:23

 

               Un roman graphique de Mathias Enard ? L’idée est stimulante, non ?

               Le narrateur est un artiste reconnu à qui on demande de créer un monument du souvenir pour la ville de Sarajevo. Il n’a jamais réalisé de mémorial et ne sait par où commencer. Il visite la ville, ses ruines, ses mosquée, ses cafés, ses maisons aux façades trouées. Il y rencontre Marina, une architecte qui travaille pour une ONG qui le guide dans cette ville qui a tant souffert, qui lui montre le site des Jeux Olympiques de 1984, c’était encore « avant »… Mais le narrateur ressent aussi le besoin de découvrir Belgrade, Cracovie, les rives du Danube, de marcher ce passé balkan pour savoir quelle forme prendra ce monument de mémoire.

                Marqué par les ombres de corbeaux et de loups, ce roman graphique est sombre et beau. Il se fait aussi réflexion sur l’art et la place de l’art dans le monde, sur la vanité des tombes et autres stèles commémoratives. Un combat entre la vie et la mort sans qu’on sache bien lequel des deux ressort gagnant…  Les illustrations de Pierre Marquès sont de toute beauté et mêlent les genres : photographies, aquarelles, peintures proches du photoréalisme qui figent l’instant tout en apportant une petite touche d’espoir. Un bien bel objet que ce livre surprenant et … nécessaire !

 

              Quand l’artiste s’interroge sur sa démarche : « Les vivants ou les morts ? S’adresser aux vivants pour les morts ? Les morts n’ont plus besoin de rien et les vivants veulent vivre en paix. La vie est le seul monument aux morts. Les histoires que les morts racontent aux vivants. »

19/20

 

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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 21:47

          

           J’avais découvert cet auteur avec la lecture de Twist, l’histoire d’une gamine kidnappée.

            Ici, rien à voir (dans tous les sens du terme!). Cabine commune dans emmène dans les cabines d’essayage d’une boutique de vêtements qui a décidé de rendre les cabines communes. Entre les commentaires des clientes, les remarques des vendeurs, les histoires de fripes, de silhouettes ou de tissus, on est de plain pied dans la société de consommation frénétique et souvent excessive.

            Le livre porte le titre de « roman » mais moi j’y ai vu du théâtre, un théâtre contemporain à la manière du Musée haut, musée bas de Jean-Michel Ribes, où les répliques s’enchaînent sans qu’elles aient forcément de lien entre elles, sans mise en scène ni intrigue bien ficelée. Ça m’a paru léger au début mais finalement j’ai pris beaucoup de plaisir à entrer dans ce grand magasin qui pourrait être une réécriture originale du Bonheur des Dames de Zola. Le cliché de la cliente vraiment trop agaçante (pour rester polie…) et de la vendeuse toujours polie mais qui n’en pense pas moins, fonctionne très bien ici, on s’en délecte et on en ressort vivifié !

 

- Bonjour, je cherche une robe. Je veux être HYPER HYPER sexy.

- C’est pour une occasion particulière ?

- Le mariage de mon ex.

 

- Bonjour… Ce pull, il n’existerait pas sans paillettes ?

- Si, regardez : le voilà.

- Ce n’est pas le même ! Ben non : il n’a pas de paillettes…

- Ah oui ! Mais du coup, ça n’a plus aucun intérêt…

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