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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 13:31

 

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            Depuis quelques semaines, vous trouvez la vie trop joyeuse ? Les gens qui vous entourent vous aiment, vous leur rendez bien et cette dimension trop prévisible de la vie commence à vous agacer ? La littérature française, quant à elle, vous paraît optimiste, limpide, sans surprise, toujours trop gaie ?  J’ai la solution pour vous !

            En quelques répliques, Marie Ndiaye nous transporte dans un univers sombre et féroce. Trois femmes : Mme Diss et ses deux belles-filles, Nancy et France. La scène se joue devant la maison du fils de Mme Diss, en pleine campagne, sous un soleil de plomb. La plus âgée n’est ici que pour réclamer de l’argent à son fils. Nancy, l’ex-femme du même type, est là en quête d’informations. Elle a abandonné son enfant à son père, l’enfant – Jacky – est mort mystérieusement. Mme Diss lui raconte alors, sur le ton indifférent de celle qui s’en fiche que le père a longuement maltraité son fils avant de l’enfermer dans une cage avec des vipères. France, elle, admire ouvertement Mme Diss mais elle reste sous la domination tyrannique de son mari (le fils de Mme Diss) qui n’apparaîtra jamais mais sera bien présent par son despotisme, voire son vampirisme. La métaphore du repas glisse discrètement le long des pages. Si le père a tué son fils, s’il l’a « mangé », c’est pour mieux revivre, pour puiser force et vitalité dans cet acte meurtrier.

            Cette lecture plus qu’inquiétante m’a donné froid dans le dos. La pièce porte bien son titre. Tout n’est que venin, perfidie et cruauté ! Qu’est-ce qu’on est loin du théâtre classique ! Cette pièce a quelques traits de famille avec le théâtre de Beckett, mais j’ai eu bien plus de mal à adhérer au style froid qui met en valeur les rapports de soumission et de persécution entre les personnages. Œuvre riche mais troublante, déstabilisante mais philosophique.

Quelques répliques :

« NANCY. – Et … mon pauvre garçon ?

MME DISS. – Par une certaine chaleur de la voix le père a du faire de moi son associée plus que je ne le pensais.

NANCY. – Tu battais le petit Jacky ?

MME DISS. – Je ne le battais pas mais je ne trouvais pas déshonorant qu’il fût battu, comme, semblait-il, il ne souffrait pas. S’il ne souffrait pas.
NANCY. – Il devait bien souffrir. »

 

            Notons que Marie Ndiaye a été, en 2009, l'auteur francophone le plus lu !

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 09:44

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J’ai reçu deux prix !!!

Alors que ma mémoire de poisson rouge avait presque déjà gommé la gentille attention de Lilibook, voilà que Noukette me tague également, en me décernant un prix. Sept règles à respecter pour sept secrets à révéler :

 

1- Remercier la personne qui vous a donné ce prix

MERCI Lilibook, MERCI Noukette !

 

2- Mettre le logo sur votre blog : à vos ordres !

 

3- Mettre le lien vers la personne qui vous l’a envoyé : mes deux bonnes âmes donc… c’est fait !

 

4- Dévoiler 7 choses sur vous 

Je me suis lâchée !

 

5- Nommer 7 blogs qui devront faire comme vous 

Je vais faire original en ne nommant personne, je crois qu’il a tellement circulé ce tag…

 

6- Mettre le lien des 7 blogs 

Ben…

 

7- Prévenir les personnes concernées

Re-ben…

 

Passons maintenant à ces 7 choses à dévoiler (roulement de tambour) :

 

1.       Commençons par mes peurs, mes phobies. Je n’en ai pas tellement : les chiens (qu’ils soient grand ou riquiquis, je passe sur le trottoir d’en face, oui, riez…), un peu de claustrophobie (rien quant aux ascenseurs par exemple mais l’épreuve de Fort Boyard où il fallait passer dans un tube – vous vous souvenez ?- me filait la chair de poule !) et, scoop, je suis claustrophobe des jambes : je ne supporte pas qu’on m’enserre les jambes, qu’on me les étouffe, qu’on me les emprisonne…

 

2.      J’adore les sushis, sashimis et autres joyeusetés nipponnes (le poisson cru en fait). D’ailleurs c’est ce qui me manquait le plus lors de ma seconde grossesse (l’alcool mis à part – voire n°5). Quand je n’en mange pas pendant 2-3 semaines, je suis en manque. Je rajoute que, vivant dans un bled paumé, je dois me contenter des mises sous vide passables des supermarchés. Les surgelés, j’ai essayé, ce fut une cata.

 

3.      Je suis la reine des tripoteuses de cheveux, c’est à la fois un anti-stress puissant et efficace et un plaisir sans fin. Entrez tous dans mon royaume : quand les cheveux gras, c’est pas mal parce que ça glisse bien, quand les cheveux sont fraîchement lavés, c’est bon, mais je me retiens de ne pas trop les graisser, et quand ils sont mouillés, c’est juste nirvanique.

 

4.       Je suis secrètement –enfin « secrètement », c’est raté pour aujourd’hui, amoureuse de Michael C. Hall, alias Dexter. En fait, j’aime le voir torturer les méchants dans la série, j’aime le voir en action, mentir, ruser, comploter,… mais une photo de lui me laisse froide. Oui, je suis un peu perverse ce coup-ci…

 

5.      J’aime beaucoup les trois choses suivantes : le foie gras cru, les Kinder Bueno et le mojito. Evidemment, les trois ne sont pas à consommer ensemble… au risque de frôler l’écœurement.

 

6.      Je fais actuellement de la gym avec Claudia Schiffer. Oui, parfaitement. Bon, ok, plutôt en regardant son DVD qui se propose de remodeler mon corps. Entre parenthèses, le verbe « remodeler », en cette période faste des régimes, m’a toujours fait marrer, oui, vous avez été belle et parfaite, un jour, mais les aléas de la vie ont fait que vous êtes aujourd’hui une sorte de baleine difforme ou informe. On dirait qu’un tour de passe-passe suffit à renverser la balance (c’est le cas de le dire).

 

7.      Je suis désordonnée, doux euphémisme pour dire que je hais ranger. Ca va plus loin, j’ai besoin de vivre dans une certaine confusion des choses (c’est joli, non ?). Je suis un peu l’antithèse de la maniaque. Inutile de vous dire que ce gros défaut me retombe dessus (au sens propre comme au sens figuré) régulièrement. Il m’arrive d’acheter un DVD que j’avais déjà mais que je ne trouvais plus, j’égare parfois momentanément les copies de mes élèves (je leur dis d’ailleurs de ne pas être comme moi, ça les fait bien rire), je perds aussi des cours que je suis obligée de refaire l’année d’après. Vivre dans un minimalisme bien rangé me terrifie, organiser, classer, trier sont pour moi des pertes de temps (sauf pour les livres, là, oui, il faut que ce soit classé par ordre alphabétique et je ne supporte pas qu’on touche à mes étagères), allez, je vais plus loin : le très bien rangé a pour moi un goût de mort…

 

            Sur cette note franchement rafraîchissante, j’invite les bloggeuses qui le souhaitent à se servir du tag (ou les mecs, … mais ils sont si rares, les pleutres, sur la blogosphère de lecture) !

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Published by Violette - dans Fait maison
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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 11:26

 

            Je sais qu’il y en a quelques-uns que l’idée d’écouter un livre audio sur plusieurs heures rebute. Ne cherchez plus, je crois bien que j’ai trouvé le petit livre audio parfait pour débuter !

            Il s’agit de quatre nouvelles qui, même si elle forme une unité, peuvent aisément se lire indépendamment l’une de l’autre. Qui dit nouvelle dit brièveté mais aussi justesse, piquant, chute. Ajoutez à cela la voix de Daniel Nicodème (j’ai tellement adoré son expressivité que j’ai immédiatement acheté un autre livre audio lu par lui) et écoutez !

            Ne nions pas non plus le talent de Schmitt. J’ai retrouvé ici ce que j’aime chez lui : des phrases bien ciselées ; des personnages originaux, réalistes, saisis à point ; des intrigues inventives et inattendues, un brin de morale et de philosophie. Un coup de cœur, je vous dis ! J’ai été charmée et fascinée, voilà bien un livre audio que je serai capable de réécouter et c’est la première fois que je pense cela.

            Ces histoires-là se résument difficilement, il faut les connaître dans leur intégralité ! Je ne sais pas si l’effet aurait été le même pour une simple lecture mais ce fut une joie, un réel plaisir de m’asseoir au volant de ma voiture et d’allumer le lecteur CD.

Tentons de résumer tout de même :

Ø  Dans un petit village, de gros soupçons pèsent sur Marie, une femme, sèche, pas très jolie… qui a été mariée trois fois et dont les maris ont disparu en lui léguant toute leur fortune. Faute de preuves, elle n’est pas condamnée. Sa routine est rompue le jour où un bel ange, un prêtre, débarque dans le village. Cet homme-là est pur et doux et ce sont ces qualités qui conquièrent le cœur des paroissiens et surtout celui  de Marie. Elle s’efforce de lui plaire, se rend à l’église tous les jours et, pour qu’il ne s’occupe plus que d’elle, lui avoue qu’elle a tué ses amants. Le prêtre la prend sous son aile, parvient même à la convaincre de tout révéler à la justice des hommes, mais…

Ø  En pleine mer, un message informe un marin que sa fille est morte. Le choc est double car il a quatre filles et il ne sait de qui il s’agit. Il se surprend à espérer que ce n’est pas sa fille préférée qui est décédée puis s’en veut et finit par se rendre compte qu’il ne connaît aucune de ses quatre filles. Retour sur le terre ferme et surprise (je l’avais pressenti mais c’est rondement bien mené.)

Ø  Chris et Axel sont deux musiciens virtuoses. Cependant Chris remarque un jour qu’Axel a ce petit truc en plus qui lui barrera le chemin de sa gloire à lui. Lors d’une course nautique, il le laisse se noyer. Ne lisez pas la suite si vous pensez découvrir un jour le recueil de nouvelles. Axel n’est pas mort mais s’est transformé en hargneux homme d’affaire aigri. Quant à Chris, il n’a jamais réussi à se pardonner son acte et a également changé du tout au tout en devenant un être bon, ouvert et généreux. Bien sûr que c’est manichéen à souhait mais j’ai apprécié ces réflexions sur la manière se changer sa vie, de se changer. La fin est un peu cuculapraline mais elle plaira peut-être à certains.

Ø  La dernière histoire se situe à l’Elysée, oui, rien que ça. La première dame avoue un jour  à son président de mari qu’elle ne l’aime plus depuis bien longtemps, qu’elle sait qu’il n’est arrivé au pouvoir qu’en sacrifiant des personnes, en mentant et en se vautrant dans l’illégalité. Le président qui souhaite conserver leur image de couple exemplaire, n’entend pas changer quoi que ce soit et refuse le divorce et les esclandres. Encore une réflexion sur la rédemption, sur une re-naissance possible ou non, sur le pardon et le rachat de ses fautes. C’est très religieux tout cela. Oui bien sûr, et je m’en rends encore plus compte en résumant ces histoires.

Un fil directeur pour ces quatre nouvelles : sainte Rita que peut-être, comme moi, vous ne connaissiez pas. C’est la patronne des causes désespérées.

Les quatre textes sont suivis du Journal d’écriture lu par Schmitt lui-même. Rien de transcendant, pas inintéressant non plus mais un brin narcissique. Cette partie-là a fait ressortir ce que j’aime moins chez bonhomme mais elle clôt de manière originale le recueil.

Je me répète sans doute encore mais les nouvelles m’ont parlé, elles m’ont touchée, je m’y suis parfois retrouvée, j’ai beaucoup souri mais j’ai aussi parfois été très émue… Ne vous arrêtez donc pas à la couverture archi moche (bon sang, que c’est raté !). Lisez ou écoutez.

Plus que jamais j’ai été frustrée de ne pas pouvoir prendre des notes en roulant (j’avoue que cela m’est déjà arrivé, oui, une main sur le volant, une autre qui note !), j’ai donc pioché sur le net quelques filaments :

« Je n’avais jamais noté combien l’âge nous rend libres. A vingt ans, nous sommes le produit de notre éducation, mais à quarante ans, enfin, le résultat de nos choix –si nous en avons fait. »

« Quand devenons-nous celui que nous devons être ? Dans notre jeunesse ou plus tard ? Adolescents, malgré les données d'intelligence et de tempérament, nous sommes en grande partie fabriqués par notre éducation, notre milieu, nos parents ; adultes, nous nous fabriquons par nos choix. »

« L'homme ne change pas : il se corrige. Il utilise son tempérament d'une autre manière, il l'infléchit, le mettant au service d'autres valeurs;.........il reste le même quoiqu'il s'éclaire différemment : à l'ampoule individualiste, il a substitué l'ampoule altruiste. »

 

Et merci à ce pauvre homme entouré de Desperate house wives de m’avoir permis de chiper ce livre audio ;-)

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Published by Violette - dans Livres audio
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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 00:00

 

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            C’est sur un tour de passe-passe assez spectaculaire que s’ouvre ce roman : un passager d’un 727 qui se fait appeler D.B. Cooper ouvre sa mallette pour exhiber une bombe à l’hôtesse de l’air. Menace, chantage et détournement d’avion : l’homme réussit à faire vider l’appareil de ses passagers avant d’exiger un vol au-dessus du Mexique d’où il sautera en parachute et avec 200 000 dollars. Les autorités pensent d’abord retrouver un cadavre, les chances de survie du téméraire n’étant que très limitées, mais la police, avec en tête Frank Marshall, fait chou blanc. Après cette première partie qui démarre sur les chapeaux de roue, le long parcours de Cooper alias Phil Fitch, avant et après le grand saut nous est décrit. En parallèle : le portrait de Frank Marshall, agent du FBI qui, désormais à la retraite, n’a cessé de penser à cette affaire D.B. Cooper. Comme on peut s’y attendre, les deux hommes se rencontrent à la fin.

            J’avais adoré (voire plus!) le recueil de nouvelles Ce que savent les saumons mais mon avis est plus mitigé pour ce roman très long. Les nuances de rythme m’ont déstabilisée : le début est intense, dynamique, fort en adrénaline, la suite raconte les pérégrinations de ce cher Cooper qui se révèle être plus proche du parfait imbécile que de James Bond, pérégrinations qui le mènent au cœur du Mexique dans une tribu plutôt hippie (d’où le rythme plus lent !?). Des pages et des pages sont consacrées à des personnages secondaires qui m’ont honnêtement un peu barbée. Malgré ces longueurs, le roman est parsemé de réflexions sur la vie, le sens qu’on donne à sa vie, la vieillesse ; le personnage de Frank m’a plu, il symbolise le type qui a bossé toute sa vie et qui arrivant à l’heure de la retraite, se retrouve les bras ballants, inutile et vain.       Le style d’Elwood Reid est puissant et demande à être plus connu. Et comme toujours pour les romans longs, l’avantage est de s’imprégner d’une ambiance qui résonne plus longtemps, et ce livre-là sent la poussière, la chaleur, le bitume, les caravanes, la clope et la bière. Masculin, oui, sans aucun doute.

            Il y a un passage qui m’a marquée plus que les autres. Frank, le type du FBI, en sondant le terrain où Cooper aurait pu atterrir, découvre un squelette de femme au fond d’une mare (meurtre qu’il ne saura jamais élucider). Il garde un des os dans sa poche des années durant entre « restes de bonbons Rolaids, menue monnaie, canif et montre sans bracelet qu’il fourrait dans son pantalon avant de partir au boulot. » J’ai trouvé que l’hommage rendu à la morte était beau et touchant (bien plus que ces urnes qu’on garde sur la cheminée).

            Si Cooper-Fitch s’en sort, c’est qu’il a une bonne étoile : « il avait des raisons d’espérer quelque grandeur dans sa vie. Souvent il trouvait quarters et demi-dollars qui lui clignaient de l’œil sur le trottoir ou roulaient vers lui en tombant de la poche d’un passant. Les chiens l’appréciaient beaucoup et venaient quand il les appelait ; même les sans colliers à la tronche peu amène qui renversaient les poubelles et coursaient les femelles en chaleur tombaient sous le charme en l’apercevant et se mettaient à danser en agitant une queue servile. Les bébés lui retournaient ses sourires et les abeilles le suivaient des jours durant, suspendues au-dessus de son épaule jusqu’à tomber raides mortes, loin de leur ruches, et finir gobées par un corbeau de passage. Sans compter qu’il avait survécu non pas à un mais à deux séjours au Viêt-Nam, om il avait vu des amis périr d’une mort de jungle humide très banale alors qu’il lui avait été permis de sortir en douce de ce merveilleux enfer vert grouillant d’insectes, sans une égratignure. »

 

            Ce que je ne savais pas avant de lire ce livre, c’est que Reid s’est inspiré d’un fait réel, D.B. Cooper a réellement existé :

« D. B. Cooper (aussi connu sous le nom de Dan Cooper, DB Cooper) est un pseudonyme utilisé par un pirate de l’air qui, le 24 novembre 1971, après avoir reçu une rançon de 200 000 USD, sauta en parachute de l’arrière d’un Boeing 727 alors qu’il volait au-dessus de la région du Nord-Ouest Pacifique des États-Unis. Aucune preuve concluante n’a permis de déterminer l’endroit où se trouve Cooper, et plusieurs théories se disputent l’explication de ce qui s’est passé après son saut. Les seuls indices qui ont été trouvés dans l’affaire sont ambigus : environ 6 000 USD, échoués sur les rives du fleuve Columbia, et une partie d’un symbole supposé appartenir à l’escalier arrière de l’avion duquel Cooper sauta. La nature de la fuite de Cooper et l’incertitude de ce qui lui est arrivé continuent à intriguer l’opinion publique. En 2009, l’affaire Cooper (de nom de code Norjak par le FBI[]) reste non résolue. » (Wikipédia). La série Prison Break a également repris le personnage (Charles Westmoreland est suspecté par les autres détenus d’être D. B. Cooper).

 

            Et un petit dernier extrait de la vie de routard du héros (qui pourrait même être un anti-héros) :

« Le Mexique était le Mexique, ses rues regorgeant des mêmes faunes, chiens affamés, camelots de bric et de broc, vieilles femmes revendeuses de cierges pour les neuvaines, touristes allemands à la peau pâle, putes, marchands de fruits, et tous ces enfants qui grouillaient aux basques des gringos comme des colonies de pigeons dans l'espoir de se voir jeter quelques pièces. »

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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 03:48

Tome 1 : L’île de solitude

            Coup de foudre immédiat pour cette BD ! Les traits fins, raffinés, grandioses confèrent aux dessins quelque chose de majestueusement noble. La beauté est aussi parfaitement retranscrite que la laideur. nullNos deux héros sont physiquement opposés mais unis par une harmonie esthétique assez remarquable.
            Quant à l’intrigue, le romanesque suinte délicieusement à chaque page. Blanche, jeune fille naïve et sans expérience, sort du couvent à 19 ans pour se marier avec un homme d’affaire vieux et volage… qui s’en va sans avoir accompli son devoir conjugal de la nuit de noce. La jeune femme, blonde, fine, adorable est tenue d’habiter dans une maison immense occupée par plusieurs domestiques, isolée dans une île entourée d’abruptes falaises. Parmi les domestiques, un homme se fait remarquer par sa différence : Toumaï. Il est noir et esclave, il est de cette race « mi-hommes, mi-animaux. Ce sont des primitifs. Certains scientifiques pensent qu’il seraient très proches du singe » dit le prêtre à Blanche. Oui, mais pour Blanche, Toumaï se démarque aussi par sa sensibilité, sa beauté physique, sa subtilité, sa délicatesse, alors que tous les gens qui l’entourent débordent constamment de méchanceté, d’hypocrisie et de bêtise. La suite, vous la devinez comme je l’ai intimement souhaitée : les deux opposés s’attirent jusqu’à s’unir. Les rumeurs vont vite et lorsque Blanche tue celui qui voulait abattre Toumaï, il ne reste qu’une seule solution : la fuite. Précisons un détail intéressant : la jeune femme a un léger handicap, elle ne distingue pas les couleurs et l’album tourne autour de ce motif : le prénom de l’héroïne qui correspond à la blancheur de sa peau, le noir ébène de Toumaï, une symphonie de couleurs tantôt chaudes, tantôt grises pour des paysages tous plus sublimes les uns que les autres…     Conquise, j’ai été complètement conquise !!! Ce côté Bonnie & Clyde, seuls contre tous dans un univers hostile, l’insolente beauté des amants, leur lutte contre les interdits et les préjugés, j’ai adoré, a-do-ré !

Ces citations qui correspondent autant à Blanche qu’à Toumaï :

-         « Je n’ai ni famille, ni attaches, je n’ai pas de racines, quant à mon avenir, on le trace pour moi. Je suis comme prisonnière.

-         « On m’a arrachée à ce que je connaissais, un navire m’a fait traverser l’océan pour m’échouer sur ces terres grises et inconnues. »

 

Tome 2 : Toumaï, les savanes forcées

            Chavant sort le grand jeu dans le tome 2 : les paysages rocheux ont laissé leur place à la savane africaine, leurs baobabs, leurs cases, leurs animaux sauvages. Dès la première planche, Toumaï et Blanche sont séparés. La jeune femme est capturée par les colons et le baron consent à la libérer si elle devient sa femme. nullToumaï, quant à lui a rejoint les siens mais il n’est pas reconnu comme tel : il ne sait pas chasser, il ne se retrouve pas dans leurs mentalités, on l’appelle « Blanc-Noir » et le chef du village l’exhorte à s’en aller « Tu pensais que les Blancs étaient les méchants, que c’étaient eux qui nous réduisaient en esclavage (…) entre « frère de couleur » nous nous réduisons en esclavage (…) Toumaï, demain à l’aube, tu partiras. Tu n’as rien à faire ici. » Nos deux apatrides souffrent donc chacun de leur côté, vivant dans le cruel manque de l’autre. Pendant que Toumaï se lie d’amitié avec Mbissine qui est elle aussi rejetée par sa différence (elle ne peut avoir d’enfants), Blanche fuit son vieillard de potentiel époux ; plusieurs cases sans texte se font l’écho de sa solitude dans la savane hostile. Mais si les hommes la méprisent, les animaux l’acceptent et, comme par miracle, elle est recueillie par une famille de lions. Ceux-là même qui attaqueront ses poursuivants et qui lui permettront de retrouver son Toumaï. Les deux amants sont dans la même situation qu’à la fin du tome 1 : seuls, rejetés de tous, unis par leurs différences et comme protégés par le sort.

            S’il n’y avait plus l’attrait de la nouveauté du premier tome, j’ai été tout autant séduite par cette suite, rien ne manque : exotisme, révolte, alliance, injustices, sensualité … pour nous faire attendre un tome 3 avec impatience ! Allez, Thierry Chavant, mettez-vous à la tâche, j’en veux encore !

 

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Published by Violette - dans Lectures - BD
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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 09:23

 

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            Les relations maîtres – valets à la sauce Guitry, voilà ce que nous propose cette pièce en trois actes.

            Le rideau s’ouvre sur Madeleine, la femme de chambre et Adèle, la cuisinière, qui papotent tranquillement dans la cuisine. De qui parlent-elles ? De leur patronne, évidemment ! Odette Cléry vit presque à temps complet avec son « ami », Félix, ministre des Postes. Entre fourneau, évier et verres de rouge, ça cause, ça jase, ça critique. Les patrons rechignent à engager une autre personne  pour leur séjour à Deauville où ils ont pourtant l’intention d’inviter plein de monde. Finalement, un candidat se présente, un valet de chambre nommé Désiré. Le jeune homme en question est très présentable, il plaît et a d’excellents certificats rédigés par ses anciens patrons. Mais un problème se pose, celui-là même qui a conduit Désiré au licenciement : Odette a appelé l’ancienne patronne du valet qui lui a avoué quelque chose qu’elle avait tu dans sa lettre de recommandation.  Il s’est passé quelque chose de très intime entre elle et son employé d’alors. Désiré lui-même passe ingénument aux aveux : « que Madame passe en revue toutes les choses qu’un homme et une femme peuvent faire quand ils sont seuls… ». L’ancienne patronne s’était donc vue contrainte de licencier Désiré suite à leur aventure d’une nuit. Désiré promet à une Odette offusquée que cela ne se reproduira plus, que, de toute manière, « Madame » ne lui plaît pas particulièrement. Odette l’engage, mi-amusée, mi-intriguée.

            Désiré se révèle être un serviteur dévoué, précis, prompt et attentionné. Au bout de quelques jours, Félix informe sa compagne d’un fait bien étrange : depuis une semaine, elle parle dans ses rêves érotiques de son valet de chambre. On ne contrôle pas ses rêves, bien entendu, Odette elle-même s’étonne et s’en veut. Parallèlement, en cuisine, les domestiques se moquent des rêves trop bruyants d’un Désiré qui paraît amoureux de sa patronne. Ce thème de l’amour forcément interdit entre une patronne et son valet m’a semblé nouveau et subtilement décrit par Guitry. La comédie des apparences n’est pas en reste. Félix est un ministre, « or, ces hommes-là, pour avoir l’air un peu parisien, il faut bien qu’ils aient des maîtresses », d’ailleurs quand Félix craint pour son place, il pense épouser Odette.

            Le rideau tombe sur cette jolie réplique de Désiré : « Le bon Dieu a dû me foutre le cœur d’un autre, à moi, c’est pas possible ! »

            Après Molière et Marivaux, Guitry titille et secoue lui aussi le monde bien établi des petits bourgeois et de leurs valets bien plus intelligents qu’eux, mais il est encore tendre et même sentimental, c’est peut-être dû à la jeunesse de l’œuvre… Et comme toujours, certaines phrases et répliques sont à noter :

-         « Je crois que quand on s’aime pour plus d’une raison, c’est qu’on ne s’aime pas vraiment. »

-         Les femmes et leur accoutrement : « D’ailleurs, vous vouez vous épatez entre vous, femmes ! … D’ailleurs, les hommes qui s’imaginent que les femmes s’habillent pour eux sont des naïfs ! … Vous ne vous habillez pas pour les hommes… vous vous habillez contre les femmes ! »

-         « c’est rigolo, n’est-ce pas, les patrons… ils nous font venir devant eux, ils vous regardent sur toutes les coutures, ils vous posent cinquante questions, on leur répond ce qu’on veut, et c’est nous qui sommes tout de suite fixés. Nous, nous savons chez qui nous entrons, et eux, ils ne savent pas qui ils prennent. »

 

            Comme le prouve l'illustration, on a adapté la pièce au cinéma (comme souvent chez Guitry qui était aussi cinéaste... et comédien!). N'est-elle pas superbe et kitsch à souhait, cette affiche? (sortie du film : décembre 1937.)

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 11:02

 

            Je vous rappelle que j’ai surtout créé ce blog pour me souvenir de mes lectures, bref, garder une trace du bouquin que j’avais tenu quelques heures entre mes mains… car j’ai une mémoire de poisson rouge ! eh oui ! La preuve, là, tout de suite, maintenant. J’ai lu ce très bon roman, L’Enfant de Noé, et il m’a tout de même fallu une vingtaine de pages avant de me dire « tiens, cette histoire me rappelle quelque chose… ? » puis encore une dizaine de pages avant de m’écrier, tout intérieurement « Mais bon sang de bonsoir (c’est pour rester poli), je l’ai déjà lu ce livre ! » !!! Relecture, donc. Toute relative puisque je n’avais rien retenu. C’est à se poser des questions sur l’intérêt de la lecture (oui, y’a le plaisir, bien sûr, mais quand on ne retient d’une bonne centaine de pages qu’une vague impression, ça la fout mal…)

            Venons-en enfin à l’intrigue de ce petit roman d’un auteur qui fut un de mes chouchous à une époque bien révolue mais dont j’ai retrouvé ici tout ce que j’aime.          Deuxième guerre mondiale. Belgique. Le pronom « je » désigne Joseph, un enfant juif de 7 ans caché par ses parents chez la comtesse de Sully qui elle-même l’enverra plus en sécurité dans un orphelinat dirigé par le père Pons. Joseph se lie immédiatement d’amitié avec un plus grand, Rudy. Ensemble ils tentent de percer le secret du père Pons : celui-ci se rend tous les soirs de 21h30 à minuit dans la crypte d’une chapelle. Qu’y fait-il ? Il mange en cachette ? il reçoit des informations sur un émetteur radio ? il fait du marché noir ? Rien de tout cela. Le père Pons est un collectionneur : par crainte de voir la culture juive s’éteindre, il récolte tous les objets appartenant à la religion juive. Le dénouement est heureux puisque Joseph retrouve ses parents, il conserve l’amitié de Rudy et du père Pons qui continuera, jusqu’à la fin de ses jours, à « collectionner » des objets (ceux des Indiens d’Amérique, ceux du Vietnam, ceux des moines tibétains, …) pour garder une mémoire vive et concrète des peuples en voie de disparition.

            Très accessible, ce roman s’adresse autant aux adolescents qu’aux grands. Comme toujours chez E.-E. Schmitt, des réflexions parcourent la petite histoire : une jolie comparaison christianisme/judaïsme, les thèmes de la résistance, de l’amitié, de la mémoire, de l’enfance, … L’humour omniprésent couronne rondement le tout. Une mention particulière pour cette pharmacienne rustre et laide, Mademoiselle Marcelle, alias « Sacrebleu », qui, sous ses allures grognonnes, sauve quotidiennement des enfants des mains nazies.

            Comme souvent aussi chez l’écrivain, c’est le côté légèrement idéaliste, utopiste, presque moraliste qui m’a incommodée. Tout est bien qui finit bien. Rudy le cancre maladroit devient un très bon élève après la guerre, le père Pons continue ses collections, le narrateur, après avoir rejeté sa religion juive, la pratique avec constance. Joseph était le petit chouchou, ses camarades et lui furent sauvés par un Allemand conciliant. Sans parler de réels clichés, l’auteur a écrit un conte avec tout ce qui va avec, des gentils, des méchants, une fin heureuse, etc. Mais c’est Schmitt, on le connaît. Il a cependant fait mieux ailleurs.

 

            Un auto-portrait de Rudy-pas-de-chance : « S’il y a un caillou dans les lentilles, c’est pour moi. Si une chaise doit se briser, c’est sous moi. Si un avion tombe, c’est sur moi. J’ai la poisse et je porte la poisse. Le jour de ma naissance, mon père a perdu son emploi et ma mère a commencé à pleurer. Si tu me confies une plante, elle crève. Si tu me prêtes un vélo, il crève aussi. J’ai les doigts de la mort. Quand les étoiles me regardent, elles frissonnent. Quand à la lune, elle sert les fesses. »

Et d’autres citations … assez emblématiques du roman :

-         « Alors, un chrétien, c’est un juif qui a cessé d’attendre ? »

 

-         « Dieu a créé l’univers une fois pour toutes. Il a fabriqué l’instinct et l’intelligence afin que nous nous débrouillions sans lui. »

 

-         « Une religion n’est ni vraie ni fausse, elle propose une façon de vivre. »

 

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 08:12

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             J’ai été faible, fragile et influençable quand j’ai acheté ce livre (dans un aéroport si vous voulez tout savoir, j’avais même l’impression qu’il clignotait pour m’appeler… « Eh, Violette, je suis là, achète-moi, achète-moi ! » … ça ne vous a jamais fait cet effet ???) Bref, je ne regrette pas du tout d’avoir été faible, fragile, etc.

Ce bouquin est un régal ! Je l’ai commencé en me disant « mais qu’est-ce que c’est que ça ? Un roman épistolaire par mails, pfff… » mais en fait, c’est bien plus que ça !

            Commençons par dire qu’il est complètement addictif. Il y a une sorte de glu qui se fixe sur vos mains une fois le roman frôlé du bout des doigts. Pire, votre esprit est hanté le jour comme la nuit car vous n’avez plus qu’une idée en tête : connaître la suite ! Donc, c’est un de ces livres qu’on bouffe plutôt qu’on ne lit.

            La trame est toute simple : Emmi, par inadvertance, a envoyé un mail à Léo pensant envoyer une demande de résiliation d’abonnement à un mauvais magazine. Erreur d’adresse puis quelques échanges simples et courtois qui se transforment, au fil des semaines et des mois en messages longs, personnels et profonds. Le mérite de l’auteur réside dans la sublimation de quelque chose de banal et de quotidien. Et une réflexion sur le couple traverse les pages, en effet, Emmi est mariée, heureuse en ménage, mais finit par tomber amoureuse de ce Léo qu’elle n’a même jamais vu ! Comment cela est-ce possible ? Et comment faire durer la flamme ? et comment ne pas être attiré par le nouveau plutôt que par l’ancien, par l’inconnu plutôt que par le connu ?

            Une fine analyse des sentiments, des personnages réalistes et sympathiques, un ton léger non dénué de quelques vérités bien placées… bref, un petit régal. Je ne crie pas au chef d’œuvre mais j’ai vraiment passé un excellent moment.

De petites preuves :

« Et maintenant c’est à vous, écrivez-moi, Emmi. Ecrire, c’est comme embrasser, mais sans les lèvres. Ecrire, c’est embrasser avec l’esprit. »

« Il faut toujours que j’imagine le pire, pour me construire des défenses qui me permettront de le supporter s’il se produit. » (c’est tout moi, ça !)

« J’ai besoin de sentir que je bouge et que j’existe en dehors de mon univers » (devise que devraient reprendre en chœur toutes les mères de famille, non ?)

« On ne peut pas reproduire le bon vieux temps. Comme son nom l’indique, ce temps est vieux. Le nouveau temps ne peut jamais être comme le bon vieux temps. S’il essaie, il semble aussi défraîchi et usé que celui qu’il souhaite voir revenir. Il ne faut pas regretter le bon vieux temps, sous peine de devenir soi-même vieux et amer. »

            On a souvent comparé ce roman à  Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates que j’avais beaucoup moins aimé. Ici, il y a ce petit truc en plus. Les phrases ne sont pas destinées à remplir la feuille blanche. Quand j’ai refermé Le Cercle littéraire..., je me suis dit que les auteurs auraient pu économiser cent voire deux cents pages. Avec Quand souffle le vent du  nord, je me suis dit « encore ! encore ! ». On attend le dénouement depuis le début, je crois. La fin ne m’a pas du tout déçue, elle m’a même comblée. C’est frais, juste et moderne. Comment ça, vous n’êtes pas encore convaincus ? Je rajouterai que le livre se lit vraiment très facilement, tout le monde peut s’y retrouver, petits et grands lecteurs.

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 11:58

 

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            Quoi de mieux qu’une escapade à Lisbonne pour découvrir cet auteur et lire ce petit livre ! J’ai été très étonnée du côté pratique de ce livre. Pessoa y chante son amour pour la ville mais c’est aussi et surtout un guide touristique ! Les premières lignes l’attestent : « Pour le voyageur qui arrive par la mer, Lisbonne, même de loin, s'élève comme une ravissante vision de rêve, et se découpe clairement contre le bleu vif du ciel que le soleil réchauffe de son or. Les dômes, les monuments, les vieux châteaux font saillie au dessus du fouillis de maisons et semblent être de lointains hérauts de ce séjour délicieux, de cette région bénie. »

            Né à Lisbonne, Pessoa y a vécu huit ans avant d’être obligé de suivre sa mère et son beau-père en Afrique du Sud. Il revient dans la capitale portugaise à 17 ans et ne la quittera plus jamais ! Louange, ode, éloge, compliments, les mots sont insignifiants pour traduire la relation de l’écrivain avec cette, « sa » ville. La description et la visite lisboète est quasi exhaustive et je n’évoquerai que certains des lieux que j’ai moi-même découverts :

-         La Praça do Comércio, un des plus vastes places du monde, au bord du Tage. (petit coup de cœur personnel !)

-         Castelo de Sao Jorge, le château Saint-Georges, un havre de paix perché sur les hauteurs et doté d’une superbe vue sur la ville.

-         La fameuse et célèbre tour de Belém qui a vu partir les plus grands conquistadors. « Vue de l’extérieur, la tour de Belém fait l’effet d’un splendide joyau de pierre, et c’est avec une stupeur mêlée d’admiration croissante que le visiteur contemple sa beauté si particulière. Car cette tour est une véritable dentelle, et une dentelle de qualité supérieure ; qui plus est, c’est un délicat entrelacs de pierre dont le blanc étincelant se voit de loin et attire aussitôt les regards de tous ceux dont les embarcations remontent le Tage. »

-         Mosteiro dos Jeronimos, un monastère grandiose et surprenant qui abrite les tombes de Pessoa et de Vaco de Gama. Je ne comprends d’ailleurs même pas que le monument ne soit pas plus réputé que cela.

            Pour en terminer avec le livre de Pessoa, il y a une petite partie à la fin consacrée aux journaux de Lisbonne, l’écrivain les répertorie. Je n’ai absolument pas compris l’intérêt de ce mini-chapitre !? Enfin, la visite que nous propose Pessoa est tellement détaillée que je ne recommanderai pas cette lecture sans avoir vu la ville ou sans en avoir le projet. Les deux ensemble, c’est une charmant programme !

            Quand à notre séjour, il fut des plus agréables tout comme cette ville. On s’y sent bien, d’emblée. Petite capitale, elle est à taille humaine, jolie, paisible, sans flonflon ni prétention. Ce qui m’a le plus frappée, c’est que le spectacle est partout : les maisons, lorsqu’elles ne sont pas recouvertes d’azulejos, ces mosaïques colorées, sont plutôt jaunes et beiges ; le sol est une œuvre d’art à lui tout seul : les pavés sont petits, tantôt blancs, tantôt bleus, ils forment de jolis dessins et nécessitent ou ont nécessité, sans aucun doute, un travail minutieux et laborieux ! Quant au ciel, il est bleu pardi ! (si je dis qu’il a plu le dernier jour, je casse un peu l’ambiance, non ?). De vieux tramways qui traversent la ville de part en part, des ruelles étroites et les chaleureuses rives du Tage confèrent à Lisbonne un romantisme qui n’est pas inintéressant !

            Et entre le porto, les pastéis (un petit flan à la cannelle dans une pâte feuilletée, à se damner !, les Lisboètes sont d’ailleurs de fameux pâtissiers, tout était bon !), les fruits de mer, les poissons, la ginginha (liqueur de griottes), le moscatel, le chorizo, … mes papilles ont été folles de bonheur !

Allez une petite anecdote : les pâtisseries sont excellentes surtout parce qu’elles contiennent beaucoup de jaunes d’œufs ; et savez-vous pourquoi ? Autrefois, les nonnes amidonnaient leur vêtement avec le blanc de l’œuf. Il fallait bien faire quelque chose avec les jaunes restants, et voilà… Merci les nonnes !

 

 

 

les pastéis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

le monastère construit par le roi Manuel Ier pour et grâce au tour du monde de Vasco de Gama

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la maison de Pessoa, transformée en musée...  et  la statue de Pessoa, devant un bar lisboète où il avait ses habitudes...

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le Tage                                                                                       la tour de Belém

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 depuis les hauteurs de la ville                                et le petit tramway...

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 00:08

            Yaneck me pardonnera peut-être un jour... cela doit faire plus d'un an que je lui envoie (presque) scrupuleusement mes notes de lectures BD tous les mois, il brasse les résultats de tous les participants blogueurs pour obtenir un classement des 50 BD préférées de la blogosphère. C’est la première fois (oui, j’ai honte) que je publie enfin ce classement.

            L’auto-flagellation a assez duré pour que je vous confie les titres que je n’ai pas lus dans la très belle liste ci-dessous. Mais des idées vous saurez puiser, chers amis, qui complèteront à merveille le Tag des illustrateurs qui connaît un fort succès depuis quelques jours…

Cliquez sur un titre, vous obtiendrez la critique d'un des votants (le 24 c'est moi, sans vouloir faire de pub...) 

            Je ne sais pas si je penserai, tous les mois, à venir vous faire le bilan, mais allez voir le blog de Yaneck, il est bien plus constant que moi (en même temps, ben, c’est lui le chef…). Merci à lui pour ce joli travail très intéressant ! 

 

 

1- (+) Persépolis, Marjanne Satrapi, L'Association                 19.5

2- (-) Le journal de mon père, Jiro Taniguchi, Casterman   19.38

3- (=) Batman Dark Knight, Frank Miller, Delcourt                      19

4- (+) Maus, Art Spiegelmann, Flammarion                               18.92

5- (+) Elmer, Gerry Alanguilan, Ca et là       18.68

6- (=) Universal War One, Denis Bajram, Soleil                       18.58

Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4, Tome 5, Tome 6.

7- (=) Le Grand pouvoir du Chninkel, J. Van Hamme, G. Rosinski, Casterman    18.5

8- (=) V pour Vendetta, Alan Moore, David Lloyd, Delcourt 18.44

9- (=) Quartier Lointain, Jiro Taniguchi, Casterman    18.39

10- (=) Astérios Polyp, David Mazzuchelli, Casterman               18.33

11- (=) Black Hole, Charle Burns, Delcourt                                18.33

12- (=) Blankets, Craig Thompson, Casterman                  18

13- (=) Pinocchio, Winschluss, Les Requins Marteaux              18

14- (=) L'ascension du haut-mal, David B, L'Association          18

Tome 1, Tome 2, Tome 3,

15- (=) Légendes de la Garde, David Petersen, Gallimard     17.9

Tome 1, Tome 2.

16- (=) Trois Ombres, Cyril Pedrosa, Delcourt                                             17.83

17- (=) Pyongyang, Guy Delisle, Decourt                                                       17.79

18- (=) La mémoire dans les poches, L. Brunschig, E. Leroux , Futuropolis     17.7

Tome 1, Tome 2,

19- (=) Un ciel radieux, Jirô Taniguchi, Casterman                  17.7

20- (=) L'âme du Kyudo, Hiroshi Hirata, Delcourt                   17.67

21- (=) Poulet aux prunes, Marjanne Satrapi, L'Association                  17.67

22- (N) High Society, Dave Sim, Vertige Graphics                                                                              17.63

23- (=) Nous ne serons jamais des héros, O. Jouvray, F. Salsedo, Lombard 17.53

24- (=) Un homme est mort, Kriss, Etienne Davodeau, Futuropolis                            17.5

25- (+) Walking Dead, Robert Kirkman, Tony Moore, Charlie Adlard, Delcourt   17.47
Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4, Tome 5, Tome 6, Tome 7, Tome 8, Tome 9, Tome 10,

Tome 11, Tome 12, Tome 13,

26- (=) Le signe de la lune, Enrique Bonet, José Luis Munuera, Dargaud                   17.43

27- (=) Omni-visibilis, Lewis Trondheim, Matthieu Bonhomme, Dupuis                       17.4

28- (=) Couleur de peau miel, Jung, Soleil                                                    17.39

Tome 1, Tome 2.

29- (-) Kraa tome 1- La vallée perdue, Benoît Sokaal, Dargaud                                   17.38

30- (=) Le sommet des dieux, Yumemuka Bura, Jirô Taniguchi, Casterman       17.38

Tome 1,Tome 2,Tome 3, Tome 4, Tome 5.

31- (=) Undercurrent, Tetsuya Toyoda, Kana                                                           17.38

32- (+) Voyage aux îles de la désolation, Emmanuel Lepage, Futuropolis             17.38

33- (=) Kick-Ass, Mark Millar, John Romita Jr, Panini Comics                                   17.35

Tome 1, Tome 2

34- (=) Rides, Pablo Roca, Delcourt                                                                            17.33

35- (=) Batman Guerre au crime, Paul Dini, Alex Ross, Soleil                   17.33

36- (=) Je mourrai pas gibier, Alfred, Delcourt                                                17.3 

37- (=) Alpha... Directions, Jens Harder, Editions de l'An 2                                               17.23

38- (-) De cape et de crocs, Alain Ayroles, Masbou, Delcourt                    17.21

Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4, Tome 5, Tome 6, Tome 7, Tome 8, Tome 9,

39- (=) Pluto, Naoki Urasawa, Kana                                                                                   17.21
Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4,Tome 5, Tome 6,

40- (=) Quai d'Orsay tome 1, Abel Lanzac, Chrisophe Blain, Dargaud                     17.2

41- (=) Elle ne pleure pas elle chante,  Corbeyran, T. Murat, Delcourt   17.17

42- (=) L'orme du Caucase, Jiro Taniguchi, Casterman                    17.17

43- (=) Ayako tome 1, Osamu Tezuka, Delcourt,                                                    17.13

44- (N) Le Complot, Will Eisner, Grasset                                                                   17.11

45- (N) Chi une vie de chat, Konami Konata, Glénat Manga                                         17

Tome 1, Tome 2,

46- (=) Où le regard ne porte pas, Georges Abolin, Olivier Pont, Dargaud           17
Tome 1, Tome 2.

47- (=) L'orchestre des doigts, Osamu Yamamoto, Editions Milan                      17
Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4.

48- (=) Rural!, Etienne Davodeau, Delcourt                 17

49- (=) Haunt tome 1- Frères ennemis, R. Kirkman, R. Ottley, Greg Capullo, Delcourt      17

50- (=) Corto Maltese, Hugo Pratt, Casterman                                                            16.94

Tome 1, Tome 2,Tome 3, Tome 4,

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Published by Violette - dans Lectures - BD
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