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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 19:30

            Montagnes russes pour ce roman de jeunesse. J’ai aimé, j’ai soupiré d’ennui, j’ai été captivée, j’ai trouvé ça long, … mais au final, le positif prédomine tout de même.

            Durango est un petit village perdu où vit plus ou moins harmonieusement une poignée d’habitants. Mona, Gordo et Mars font partie de ces habitants qui rencontrent, un jour, un homme d’une cinquantaine d’années surnommé Laïos et qui souhaite apparemment vivre dans ce village isolé. L’étranger est mystérieux mais, très rapidement, fait montre d’un talent hors du commun : il sait prédire la mort des personnes et ce don l’attriste au plus haut point : « mille fois j’ai espéré me tromper. Je crois que j’aurais préféré être aveugle plutôt que de voir au travers de la vie des gens. » La première partie se clôt sur un double drame : le père de Mona est mort en mer selon les prédictions de Laïos, et le devin, après un choc, perd tous ses pouvoirs tout en perdant l’usage de la vue.

            Dans la 2ème partie, c’est le fils de Laïos, alias Marc Dype, qu’on accompagne : Etienne. Le jeune homme, à dix-huit ans, veut retrouver son père qui a brusquement abandonné sa famille quand Etienne était enfant. Périples dans le Sud de la France.

            La troisième et dernière partie réunit père et fils, comme on pouvait s’y attendre, mais dans des circonstances qui frôlent la tragédie : Etienne manque de mourir. Rassurez-vous, tout ça se termine plutôt bien. Etienne et Marc se retrouvent pour exercer le même pouvoir : la prédiction.

            L’histoire est sympathique, on pourrait apprécier les références œdipiennes, pourtant c’est surtout ce point qui m’a posé problème : c’est un peu le bazar. Comment un élève de 6è-5è à qui ce livre est destiné, peut-il savoir qui est Laïos ? et puis, ce n’est pas Laïos qui est devenu aveugle mais Œdipe ! Chez Sophocle, ce n’est pas Laïos qui avait des dons de voyance, mais Tirésias ! L’auteur mêle les références qui semblent être plus des clins d’œil qu’un réel moyen à l’ado de s’instruire. Il y a l’hôtel de Colone, l’hôtel de Thèbes, le café Tirésias, mais ensuite ? on ne fait pas grand-chose de ces noms-là. L’écrivain aurait pu s’en abstenir.

            J’ai cependant passé un bon moment, ce village a un petit quelque chose de mystérieux et les « capacités psychiques » particulières de quelques personnages amènent à réfléchir sur le sens de la destinée et de la fatalité, et ne manqueront pas d’impressionner les jeunes lecteurs. Je suis même sûre qu’ils tenteront le jeu de cartes qui est proposé afin de savoir s’ils font partie de l’élite, des « Sensitifs » : « il y a vingt-cinq cartes dans ce  paquet ; chacune porte une figure : une étoile, un cercle, une croix, un carré ou un triangle. Cinq cartes de chaque figure. (…) A vous de deviner la figure de la prochaine carte que je retournerai. » Il s’agit bien sûr de faire un score proche du sans fautes !

            Un polar original à mettre entre les mains des jeunes ados cet été…

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 09:38

            Quand un livre est un coup de cœur récurrent dans la blogosphère, je risque fort de me laisser tenter. Ce fut le cas ici.

            Tantôt c’est Isabelle qui parle, trentenaire, mère de deux enfants, Romane et Adrien, divorcée, prof de physique et, surtout, huître fermée, « un étau de pudeur »,  elle a du mal à vivre avec les autres, à exprimer des émotions, à se fondre dans la masse, à vivre tout simplement. Tantôt c’est Romane à qui l’auteur donne la parole, la fille d’Isabelle. Romane est défigurée parce qu’elle a été brûlée. Romane incarne le feu alors que sa mère semble être figée dans la glace.

            Un événement va cependant venir bouleverser l’existence plus que monotone de notre anti-sociable. C’est l’été, les enfants ont été confiés à leur père ; Isabelle est seule et So What, un joueur de hautbois vagabond, lui propose de se faire héberger chez elle en échange de petits travaux. Paradoxalement, Isabelle accepte de faire retaper la chambre de Romane, sa cadette. Elle en est elle-même étonnée et, ces deux mois estivaux ne seront que surprises, bouleversements physiques et mentaux. Elle devient une autre femme, ouverte, audacieuse, assumant ses envies.

            Parallèlement, le récit de Romane nous dévoile ce secret, petit à petit, des dizaines d’années plus tard, alors que la mère est morte d’un cancer. On arrache le papier peint de la chambre et on découvre ce tag « So What 87 ». Cet être étrange qui a converti Isabelle à la vie est une sorte d’ange disparu aussi vite qu’il est apparu, un bienfaiteur, un diffuseur de bonnes ondes. Ce qui m’a plu, c’est que la métamorphose a été subtile et uniquement intérieure donc d’autant plus crédible. Adrien le dira beaucoup plus tard quand il aura découvert le pot aux roses :

« C’est grâce à cet homme qu’elle (…) a aimé sa vie. Tout simplement. Sa vie. Telle qu’elle était. Jusqu’à sa maladie même. Jusqu’à ton départ. Sa solitude. Jusqu’à tout. Mon mariage. Mes succès. Ta colère. Elle a aimé sa vie. Telle quelle. »

            Un discours assez rare peut-être, présent chez Delerm mais tournant le dos à ces rêves fous qu’on nous dit de suivre coûte que coûte, aux désirs de grandeur, d’ambition. Il s’agit là d’assumer ce que l’on a, qui on est, sans vouloir tout chambouler mais en se laissant guider par ses envies les plus intimes.

            Ce roman est envoûtant et romanesque. Un feu d’artifice qui éclate avec simplicité et douceur. La lecture est fluide, instinctive, on se reconnaît dans les personnages. C’est musical aussi, mélodique avec quelques phrases courtes qui sont données comme pour taper la mesure de la vie.

            Je n’ai pas de réels bémols à opposer à ces compliments mais j’ai eu du mal à me retrouver dans certaines remarques faites sur la 4ème de couverture et dans les critiques (journalistiques). La structure du livre est louée, la comparaison au théâtre est fréquente mais je ne l’ai pas vraiment identifiée comme telle. L’alternance entre le « je » et le « elle » pour le même personnage ne me paraît pas non plus être une révolution. Le personnage de Romane n’est que survolé, on parle de « renaissance » pour elle aussi, elle n’est que résumée en quelques lignes à la fin. 

Quelques phrases encore de ce livre qui fait du bien, tout simplement.

« toutes les vies permettent de défaillir si toutefois on sait les regarder à la bonne hauteur. Il y a dans chaque journée, dans chaque rencontre, des raisons de défaillir. Il faut juste en prendre la mesure. Le risque. Regarder la peau. Le souffle. L’impermanence de celui qui nous fait face. Alors oui, on est au bord de défaillir. »

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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 15:58

Les acteurs sont fatigués d’Eric Assous

               Les acteurs sont fatigués

                          Les acteurs sont fatigués

 

            Lecture intéressée puisqu’avec ma troupe d’amateurs, nous cherchons, comme tous les ans, une pièce à jouer qui soit à la fois drôle, spirituelle, intelligente, subtile, pourquoi pas policière, assez longue, … eh oui, nous sommes exigeants !

            Cette pièce-là ne sera sans doute pas celle de notre choix. Personnellement, elle m’a fait rire (point positif bien sûr). C’est une comédienne, Marianne, mariée à Norbert, un agent immobilier qui regarde le théâtre et le cinéma avec mépris, qui accueille avec son époux, ses amis comédiens, le temps d’une soirée. Elle a quelque chose à fêter : elle vient d’être choisie pour le premier rôle du dernier film du grand et célèbre Loraschi. En attendant l’arrivée des invités, Norbert lit le scénario que sa femme n’a même pas eu le temps de découvrir. Il manifeste clairement sa désapprobation quand il voit que Marianne doit se promener nue à plusieurs reprises dans ce long métrage. Arrive Yvan, le déprimé hypocondriaque de la bande qui est attend des résultats d’analyse sanguine et qui est certain d’être porteur du virus du sida. Suit la bonne copine Yolande, un couple : Stéphane, le beau mec du groupe et sa nouvelle et très jeune petite amie, Laetitia. La soirée est vite interrompue par un drame : Anita, l’agent de tout ce beau monde a fait des tonneaux en voiture et se retrouve à l’hôpital. Cela perturbe à peine les hôtes et les invités qui passeront la soirée et la nuit à se préoccuper de leurs petits problèmes perso : pour l’un  des soucis de virilité, pour l’autre un besoin de reconnaissance, pour une autre des problèmes de jalousie, etc.

            Les bémols : les passages un peu vulgaires, on parle assez de capote, de problèmes érectiles, certaines expressions comme « se masturber la tête » sont loin de la finesse d’un Feydeau. J’ai été déçue que ça ne se passe pas sur une scène, je m’attendais à une mise en abyme, eh ben non, c’est finalement un vaudeville de facture assez classique. Enfin, c’est court, ça devrait tenir en une bonne heure…

            Eric Assous n’est pas un débutant puisqu’il a écrit pas mal de pièces et scénarios à succès comme Moi César, Les Randonneurs ou encore le mémorable sitcom Vivement lundi (un chef d’œuvre, n’est-ce pas…). En résumé, disons que la pièce est drôle, très légère, moderne, courte et un brin trop vulgaire !

 

Un petit extrait : Yolande arrive furieuse d’avoir eu un mal fou à trouver son chemin, furieuse aussi parce que sa voiture a crevé et que personne ne s’est arrêté pour l’aider.

« Stéphane. Ah c’était toi la R5 sur le bas-côté ?

Yolande. Oui, à propos, je te remercie de t’être arrêté !

Stéphane. Excuse-moi, je t’ai pas reconnue.

Yolande. Les vitres fumées de ta Mercedes, elles sont fumées des deux côtés ? 

Stéphane. M’emmerde pas, je te dis que je t’ai pas reconnue ! »

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 08:02

-         Arctic nation   -

            Pas la peine de tourner autour du pot pendant 100 ans, aucune déception pour ce tome 2. Les dessins m’ont régalée. Quelle magnifique personnification des animaux ; le dessinateur Guarnido (un génie !) les rend humains, réels, renforce leur personnalité au fil des planches. Quant à l’intrigue, je l’ai trouvée plus fouillée que pour le premier tome. Sur fond de ségrégation raciale, le beau chat nous emmène enquêter dans un quartier appelé The Line sur la disparition d’une fillette. Le quartier est particulier puisque n’y règnent que les Blancs : phoques, tigres blancs, renards blancs, ours blanc, etc. La métaphore est claire et des échos du fascisme ou du Ku Klux Klan sont récurrents. Les Blancs s’opposent aux autres animaux et Blacksad, avec son pelage noir et son museau blanc ne rentre dans aucune des cases.

            Si les dialogues me touchent légèrement moins que l’histoire, j’ai pu apprécier quelques jeux de mots bien sympathiques. Les qualités de cette BD sont inénarrables : cette série crée un univers si proche de nous, si éloigné aussi, si surprenant et si familier aussi ! Quel envoûtement encore cette fois-ci ! Je la conseille à ceux qui n’ont pas l’habitude de lire des BD, il y a de quoi faire un rapprochement express avec le genre.

            Mon billet est court, parfois on ne trouve pas les mots pour décrire le sensationnel.

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 12:47

 

            Une petite ville minière du Nord de la France dans les années 60.

            Le titre est une des phrases fétiches prononcées par Sylvain, le frère de la narratrice. Ils entretiennent une relation particulière basée sur les coups, les bêtises et les moqueries. Il n’empêche que ces deux-là s’aiment beaucoup tout de même.

            C’est un univers tout à fait particulier que nous présente cet écrivain-scénariste, celui d’un père jamais content, de victimes des corons, de personnages aux noms tous plus loufoques les uns que les autres (Proust, les Dagobert, Mme Culotte à l’envers, …), celui de l’exploit de Youri Gagarine ou de la venue de De Gaulle. C’est un univers où on parle familièrement, où les parents écoutent "Bétove" et où la narratrice ne comprend rien à ses devoirs.

            J’ai aimé le début de ce livre mais je me suis vite lassée. Le roman emprunté à ma bibliothèque municipale, était rangé dans la catégorie « humour » ; je ne me suis poilée pendant les 268 pages de lecture. Certains moments frisent le tragique et on assiste tout simplement à l’évolution d’une fille à une époque faite de clichés et de cruautés diverses.  Le frère, Sylvain, a toujours le dessus et à la grande surprise des enfants, c’est même lui qui écope systématiquement des coups du père, la fille en est intrigué au point de penser qu’elle est parfois invisible.

            Ca saute aux yeux, j’ai beaucoup de mal à résumer et à parler de ce roman qui ne m’a pas emballée. Plutôt ennuyeux, il a l’avantage de nous projeter dans un cadre spatio-temporel intéressant. Le mot est fleuri, souvent enfantin, agrémenté d’hyperboles et de comparaisons, et il plaira à certains mais sentira le réchauffé pour d’autres. Dernier aveu : j’ai craqué sur la couverture, j’aime beaucoup les œuvres de Norman Rockwell et les mollets de cette fillette casse-cou m’ont toujours fascinée !

 

« On attendait le bus avec Sylvain. On était plantés comme deux palmiers le long du mur en brique au coin de la maison. Le vent passait dans les branches de Sylvain, pas dans les miennes. Je bougeais pas d’une feuille. Je sentais rien mais alors rien du tout, même pas le cartable qui pendait au bout de mon bras.

-         Rentre ta langue, ahurie.

Une copine m’avait dit que les mongols avaient une grosse langue et des mains en palmes. C’est ça que je devais avoir, la mongoliste. J’ai eu la flemme de regarder si j’avais des palmes à cause des gants. Sylvain m’a poussée d’un grand coup d’épaule. J’ai rien senti. Il a recommencé. J’ai pas réagi.

-         Abrutie. Dis quelque chose.

Il en avait marre de se trimballer une chiffe comme moi. Il a été content que le bus arrive.

-         Le v’là !

-         Ah ! merde, j’ai fini par dire. »

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 18:38

            C’est parce que j’avais été séduite par la voix de Daniel Nicodème lisant Concerto pour un ange que j’ai fait l’acquisition d’une autre de ses lectures qui, pour me convaincre un peu plus,  a eu le Prix du Livre Audio 2009. En vérité, ce n’est pas d’une « lecture » qu’il s’agit là mais d’une réelle interprétation de l’œuvre qui m’a bluffée du début à la fin.
Je crois qu’on  peut appeler ça un coup de cœur. Les 11h30 d’écoute sont passées à une vitesse phénoménale et j’en aurais bien écouté encore et encore.

            Desmond Bates est un retraité malentendant qui vit avec une femme un peu plus jeune qu’il aime et dont il est aimé. Depuis qu’il a quitté son poste de professeur de linguistique à l’université, il met ses pensées par écrit. Il n’a rien de particulier à raconter, sauf ses problèmes d’ouïe qui lui créent pas mal de soucis puisqu’il fait souvent semblant de bien entendre alors qu’il n’entend rien du tout. De petits faits, au départ anodins, vont secouer cette vie ennuyeuse : une jeune étudiante lui demande de devenir son directeur de thèse, elle est séduisante et un peu trop insistante ; le père de Desmond décline, il vit seul et a bien du mal à se souvenir de certaines choses, il croit également entendre sa femme depuis longtemps décédée marcher à l’étage ; il y a aussi cette visite à Auschwitz qui perturbe tant notre universitaire. Il n’y a pas à dire, on s’attache à lui très vite. Il a des défauts, des faiblesses, tente de suivre un certain nombre de principes et surtout, se montre drôle, cocasse, maladroit, touchant. La voix de Daniel Nicodème y est pour beaucoup. J’aurais apprécié le livre, c’est certain, mais le livre audio m’a complètement envahie, j’ai vécu dans cette ville de province, j’ai pleuré à certains moments, éclaté de rire à d’autres. Le comédien-lecteur mérite un éloge tout particulier parce qu’il a su modifier sa voix, il a su retransmettre l’émotion de certains passages de poésie anglaise. La jolie traduction est également à souligner, elle n’a pas dû être évidente car jeux de mots et réflexions linguistiques abondent.

            Le comble c’est que les thèmes abordés - la surdité, la vieillesse, la mort - a priori plutôt affligeants et tristounets, prennent vie dans ce roman, deviennent intéressants, tantôt drôles, tantôt émouvants. Lodge écrase certains tabous et parle de l’inévitable. Et il reste même une petite note d’espoir pour clore cette œuvre complète. Ca fait longtemps que je n’avais pas lu Lodge, cette œuvre-là m’a donné l’envie de plonger dans d’autres de ses romans. Une très belle réussite, étonnante.

Les petits extraits qui m’ont plu :

Ø  « La surdité est comique alors que la cécité est tragique. Prenez Œdipe par exemple. Imaginez qu’au lieu de s’arracher les yeux, il se soit crevé les tympans, ça aurait été plus logique en fait puisque c’est par les oreilles qu’il a appris l’atroce vérité quant à son passé, mais cela n’aurait pas eu le même effet cathartique. Cela pourrait susciter de la pitié, peut-être, mais pas de la terreur. »

Ø  Lorsque le père du narrateur est hospitalisé et que tout le monde sait qu’il n’a plus quelques heures à vivre, Desmond et son épouse se retrouvent seuls dans la maison insalubre de l’aïeul : « Ni l’un ni l’autre n’éprouvions le désir de dormir dans le lit de papa ni non plus de dormir séparés. Alors on a enlevé les matelas des deux lits et on s’est fait un lit sur le plancher du salon, la seule pièce qui de la maison qui semblait encore un tant soi peu accueillante. On n’a pas essayé de faire l’amour mais on s’est caressé. Et on s’est laissé gagner par le sommeil enveloppés confortablement dans les bras l’un de l’autre, ma main entre ses cuisses chaudes. Tôt ou tard, c’est à cela que se résumera notre vie sexuelle, je suppose, si nous vivons assez longtemps, des contacts tendres et intimes. Et mieux vaut accepter cette perspective infiniment préférable à rien du tout en espérant bien sûr que ça arrivera le plus tard possible. »

 

et maintenant, pause estivale pour les livres audio...

 

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 05:34

 

 

            Pièce assez originale puisqu’elle mêle plusieurs genres : le comique, le burlesque, le dramatique et le philosophique.

            Pepino et Antonia  sont un couple de pauvres Siciliens, naïfs mais sympathiques, peu cultivés mais gais. Ils vivent dans une masure avec leur fils Angelo (gamin boiteux mais dynamique et serviable) et la sœur de Pepino, Yolanda, contrainte de faire la pute sur le port pour rapporter quelques sous à la maison.
            Chaque année, c’est le même rituel : Olga de Charanz, extravagante princesse milliardaire, baroque et insolente, passe quelques jours dans l’île et s’adonne à sa préoccupation favorite : le jeu de cartes. Elle l’apprécie d’autant plus qu’elle gagne toujours, elle bénéficie d’une chance extraordinaire, elle a la « baraka », d’où son surnom.

            Cette année, Pepino et Antonia, ses adversaires de jeu, décident de tout faire pour gagner, ils se croient imbattables grâce à leurs grimaces et leurs clins d’œil de connivence mais la princesse mène le jeu, peu dupe.

            L’alternance dans les dix tableaux, on se retrouve tantôt dans la maison misérable des Siciliens, tantôt dans le salon majestueux d’Olga, m’a plu. Comédie de mœurs mais aussi réflexion sur l’argent et ses pouvoirs. Les deux pauvres vont se mettre à gagner et cette victoire éphémère déclenchera une rébellion dans les rues siciliennes. Les retournements de situation rythment la pièce et la fin se montre subtile sans tomber dans le manichéisme.

            J’ai trouvé plein de qualités à cette comédie en dix tableaux : une certaine tendresse dans le traitement des personnages, un humour souvent grinçant, parfois cruel même (qui m’a fait penser à La visite de la vieille dame de Dürrenmatt), une grande originalité -ne serait-ce que géographique – le suspense qu’elle crée nous éloigne du classique vaudeville trop prévisible. Certes, on n’éclate pas de rire à tout bout de champ mais j’ai lu la pièce d’une traite, sans cesse intriguée par la suite des événements, amusée par les diverses cocasseries.

            Deux petits bémols : la pièce est un peu longue et le langage parfois inutilement vulgaire.

            A part deux-trois petites répliques similaires, j’ai trouvé cette comédie bien éloignée de La Perruche et le Poulet, du même auteur.

 

 

« Olga. – Mes chéris-chéris ! Chéris ! Embrassons-nous ! (ils obéissent) Que je suis heureuse de vous revoir en forme ! Elégants ! Vous avez dû faire fortune au jeu cet hiver ! Il va falloir que je joue serré !! Un an passé, déjà ! Embrassons-nous encore ! (Re-baisers) Champagne ! Cocktails ! Gâteaux ! (Pasqualina obéit et disparaît) »

 

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 15:49

 

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            Une lacune de plus que je viens de combler : je n’avais jamais lu ce roman pour la jeunesse, classé, on peut le dire je le pense, dans les classiques du genre.

            Ce récit tire sa force de sa simplicité. L’auteur-narrateur raconte son enfance terni par la guerre et la persécution des Juifs. En 1942, lorsqu’il a six ans, son père est ses oncles furent arrêtés par les Nazis. Peu après, les Allemands reviennent dans la maison familiale pour séparer la mère des deux enfants, le narrateur et sa petite sœur de trois ans. Commence alors un périple pour les deux enfants qui passeront d’une famille d’accueil à une autre avec un détour par Drancy, où ils entendent le nom de cette destination mystérieuse, « Pitchipoï », qui n’est autre qu’Auschwitz. Au regard de millions d’autres Juifs, l’auteur se place parmi les chanceux, pourtant le récit qu’il nous fait de cette période de traque et de peur fait froid dans le dos.

            Les faits sont bruts, racontés pour être connus de tous, il n’y a pas de place à la fioriture ni à l’embellissement, et c’en est d’autant plus émouvant. La petite sœur que j’ai sans cesse comparée à ma fille du même âge, m’a particulièrement touchée. Je l’imagine, perdue dans un monde d’atrocités alors qu’elle a l’âge de ne connaître que jouets, comptines, histoires. Son grand frère voulait la protéger et prendre la place des parents absents. Si ce n’est pas dit dans le roman, on devine que ces pages tragiques liées à son enfance, ont bien évidemment marqué la vie de l’écrivain. Le climax correspond sans doute à la photo qui fait la couverture du roman : bien réelle et prise quelques jours après leur sortie de Drancy.

            Il m’arrive de ne rien vouloir lire sur cette période noire et absurdement horrible qu’est la Seconde Guerre Mondiale, mais je reste persuadée que les témoignages, les récits, les souvenirs ne doivent pas être enfouis dans l’oubli mais doivent servir à rendre l’avenir plus clément.

 

Ø  « Quand nous sommes arrivés, j’ai le souvenir d’avoir attendu devant une longue baraque en bois avant que nous soyons fouillés. Il y avait beaucoup d’enfants. J’avais toujours peur de perdre ma petite sœur. Après, on nous a donné à boire quelque chose, qui ressemblait à de l’eau chaude au goût de chocolat. Ca nous a fait du bien. Puis on nous a conduits chez le coiffeur. Je ne sais plus si c’était le premier jour. On a fait asseoir ma sœur sur une chaise dont le siège était surélevé, et le coiffeur a pris sa tondeuse et a commencé à lui raser les cheveux. Les mèches tombaient sur le sol où il y en avait déjà beaucoup d’autres. »

 

Ø  Lorsque la vie « normale » reprend son cours, le narrateur et sa petite sœur jouent ensemble : « on s’amusait bien, et quand nous vivions des moments qu’elle considérait comme particulièrement agréables, elle se disait : « Il faut surtout que je ne les oublie pas, pour avoir de bons souvenirs quand nous retournerons au camp. » Mais la nuit, elle continuait à faire des cauchemars qui nous réveillaient tous. »

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 19:04

 

 

-         Quelque part entre les ombres   -

            Ahhh… ! On m’avait dit que cette BD valait le détour et je n’ai pas été déçue. Dès les premières planches, on entre dans un univers fait de mystère, de suspense, d’intrigue, de coups bas, de meurtres et tout ça dans une ambiance féline, sensuelle et malicieuse.

            Blacksad est un détective privé qui vient de découvrir son ex-petite amie, une superbe fille répondant au nom de Natalia Wilford, assassinée. Blacksad est impulsif et sanguin, il ne peut s’empêcher de mener l’enquête même si celle-ci ne lui a pas été confiée. Cassages de gueule, filature, meurtre de sang froid, c’est délicieusement sombre.
            J’avoue que l’intrigue ne m’a pas captivée autant que les illustrations. Je suis immédiatement tombée amoureuse de Blacksad, je ne savais pas qu’un chat pouvait être sexy, mais ce détective, dans son costume trois pièces, … whaouh !

            Les personnages sont tous des animaux, extrêmement bien choisis, les méchants sont des iguanes et des lézards repoussants, le musicien un orang-outan, le barman un cochon poilu, le vicieux un rat… On s’y fait très vite et on admire le talent des graphismes. Les Aristochats, Cat’s eyes, La Fontaine me sont très vite venus à l’esprit mais il y a un saupoudrage de noirceur des bas-fonds dans cet album. On est happés, ces planches ont indéniablement quelque chose de magnétique.

            Qui lit le premier tome, lit la suite… Je n’achète pas souvent des albums BD mais celui-là le mérite (en plus, comble de chance, mon supermarché vend la série, une aubaine !)

 

 

            Extrait des pensées de notre beau chat: « Une étoile s’était éclipsée abandonnant mon passé dans le noir, égaré quelque part entre le ombres. Et personne ne peut vivre sans son passé. Là dehors, se cachait le coupable de deux meurtres, au moins : celui d’une personne et celui de mes souvenirs. »

 

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 21:07

 

            Je ne juge pas un écrivain à une seule lecture. Il me fallait donc autre chose à me mettre sous la dent après L’occupation pour connaître un peu plus cette Annie Ernaux. Première réaction quand j’ai lu le résumé de l’éditeur : j’ai refermé le livre. L’écrivain raconte la mort de sa mère. Peu pour moi. Je me suis ravisée et j’ai tout de même lu le livre. Peut-être n’aurais-je pas dû. Comme je m’y attendais, ces moments étaient éprouvants, tristes et très (trop) émouvants.

            Il n’y a plus de doute quand au je ernalien, il est bien autobiographique. C’est l’écriture du personnel, de l’intime, du dévoilement. C’est aussi une écriture thérapeutique pour elle. Elle enterre sa mère, commence son deuil et se met à écrire pour elle, et cela, pendant dix mois : « il s’agit de chercher une vérité sur ma mère qui ne peut être atteinte que par des mots ». Par les mots, elle parvient à retrouver sa mère d’avant, celle de son enfance, celle qu’elle aimait d’un amour pur et innocent et non celle de la vieille femme atteinte de la maladie d’Alzheimer. L’écrivain retrace le parcours de vie de sa maman, elle nous présente une ébauche de biographie vue par elle uniquement. Le langage est simple, net, sans détours ; parfois sec tant il va directement au but. J’ai été très touchée - qui ne le serait pas – pourtant j’ai eu parfois l’impression de m’adonner au voyeurisme. Le côté j’étale ma vie sans pudeur (déjà pressenti dans L’occupation) m’a gênée. Le traitement de cette affreuse nouvelle (perdre sa maman) n’a rien de nouveau ni d’original, et, si tout un chacun racontait la mort d’un de ses parents, on obtiendrait peut-être sensiblement la même chose. Je crois que j’avais fait le même genre de commentaire de D’autres vies que la mienne. La mort fait réagir, pleurer, crier, elle déchire, elle émeut, elle angoisse… mais, selon moi, elle est un sujet « facile » en littérature. Appeler ce livre une page de mon journal intime aurait été plus honnête. Je persiste à dire que transformer à ce point le personnel, le familial, l’individuel en donnée publique à vendre, me paraît indécent.

            J’ai sans doute du mal à parler de ces livres trop intimistes à mon goût parce que ça m’effraye et me renvoie à mes peurs. J’irai lire un autre Ernaux… laissons une dernière chance à l’auteur.

 

« On ne sait pas que j’écris sur elle. Mais je n’écris pas sur elle, j’ai plutôt l’impression de vivre avec elle dans un temps, des lieux, où elle est vivante. »

« Je crois que la littérature ne consiste pas seulement à inventer des histoires extraordinaires, que sa fonction est aussi de tenter de dire et d’éclaircir la vie, celle qu’on mène, avec ses contradictions, ses désirs et ses douleurs, pour,  peut-être, mieux la dominer. »

           Observez la modernisation de la couverture par rapport à celle de l'édition que j'ai lue. Il fallait absolument un bouquet apparemment...

  

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