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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 22:16

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Découverte en livre audio.

Il y en aurait à dire sur cette œuvre ! Commençons par le commencement…

            J’ai d’emblée été déçue par la voix de la lectrice. Il faut dire que je m’étais habituée à une voix d’homme lors de mes précédentes expériences livraudiesques (néologismons…), n’est-ce dû qu’à cela ? En tous cas, la voix de celle que je ne nommerai pas m’a gênée par ses sonorités légèrement rocailleuses, ses accents âpres. Je m’attendais à plus de douceur. Bon.

            Ensuite, j’ai presque immédiatement regretté de ne pas avoir lu le livre, plutôt qu’écouté. Je crois que c’est une grande œuvre d’une indéniable qualité, riche et dense, qui mérite une concentration accrue, une attention plus soutenue que celle que j’ai pu fournir entre deux ronds-points, partagée entre les préoccupations domestiques de mon chez-moi et les tracas professionnels…

            Plusieurs mots me sont venus à l’esprit : contemplation du passé d’abord. Cette œuvre ne bouge pas, l’héroïne (elle mérite assez mal cette appellation d’ailleurs) est tournée vers sa vie d’enfant et d’adolescente, elle fait revivre ses souvenirs à l’occasion de l’héritage que lui a légué sa grand-mère Bertha : une maison. Et là, le talent de l’auteur nous apparaît dans toute sa puissance : on y est dans cette maison, son plancher grince sous nos pas, les livres de la bibliothèque sont face à nous. On peut aussi s’asseoir à la petite table de la cuisine avec Iris, la narratrice. L’écriture a un pouvoir d’évocation assez particulier, rare.

            « Secrets » pourrait aussi résumer ce livre : la narratrice en déterre une importante quantité, elle fouille, elle creuse dans sa mémoire pour en extraire des tabous et des non-dits familiaux, et c’est la maison elle-même qui permettra cette re-découverte du passé.

            « Deuil » : la résurrection des souvenirs permet à Iris de faire son deuil, sans aucun doute. Il paraît même que c’est un processus inévitable. Mais le deuil est aussi un hommage, un hommage à toutes les femmes de la famille, car si l’écriture est féminine, les personnages le sont aussi. Des femmes toutes différentes : la passionnée, la pudique, l’électrique, la honteuse… Le deuil permet aussi à Iris d’assumer pleinement sa vie de femme actuelle dans les bras de Max.

 

            Mon avis est partagé : je ne remets pas en doute les qualités de l’œuvre, l’écriture est ciselée, sublimée, les descriptions et les évocations du passé sont d’une justesse remarquable. Cependant, si je suis en admiration devant ce style pur et exemplaire, un sentiment de malaise m’a envahie à plusieurs moments. Immobilisme - voilà le terme que j’aurais finalement eu envie d’utiliser pour qualifier ces retours incessants dans le passé. Comme une mouche prise au piège dans une toile d’araignée, éternellement prise au piège… Iris, elle aussi est piégée par son passé, elle s’y enferme comme dans cette maison. Et la fin m'a donné le vertige au mauvais sens du terme.

 

Le livre est un florilège de sentences dédiées à la mémoire et aux souvenirs. A collectionner !

 

« Les souvenirs sont des îles qui flottent dans l'océan de l'oubli »

« L’oubli partagé est un lien aussi fort que les souvenirs communs, peut-être même plus fort. »

« L'escalier n'était ni en haut ni en bas, ni dedans ni dehors.
Il était là pour assurer en douceur mais avec fermeté la transition entre deux mondes. Ainsi s'explique sans doute la prédilection des adolescents pour ce genre d'endroit, leur penchant à s'installer dans les escaliers comme celui-là, à se tenir dans l'entrebâillement des portes, à s'asseoir sur des murets, à s'agglutiner à des arrêts de bus, à courir sur les traverses d'une voie ferrée, à regarder du haut d'un pont. Passagers en transit, consignés dans l'entre-deux. »

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 15:02

 

           

            Un western. Vous savez, l’univers des mecs aux jambes écartées, des flingues, des putes, des shérifs et des saloons… eh ben non, cet album ne s’arrête pas à ces clichés, il va bien au-delà, il est tout simplement génial.

            Un mystérieux inconnu débarque à Westwood City, une ville du Kansas menée  d’une main de fer par le shérif Jude Shanton. Il amène avec lui deux cadavres ce qui lui confère tout de suite respect et crainte. Il ose même défier le shérif à la réputation terrifiante et va jusqu’à coucher avec sa prostituée préférée… défigurée par une sombre histoire de vengeance. Ce n’est que vers la fin de la BD qu’on apprend la véritable identité du bel inconnu. Je ne vous raconte pas le dénouement, il est sensas’ !

Mais mon coup de cœur se dirige surtout vers le graphisme. C’est réaliste et onirique ; le dessinateur a sorti le grand jeu : paysages sublimes, grandes cases, dégradés de couleurs, … du lisse, du surprenant, du beau. Quelle pureté dans le trait, quelle originalité !

Je suis ravie d’être tombée complètement par hasard sur ce petit chef-d’œuvre !

 

  

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 09:51

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Erik Orsenna nous offre, une fois encore, l’éloge d’un petit pan de la langue française.

            J’avais lu Si on dansait ? en 2009 ; La Révolte des accents  vient chronologiquement juste avant. Les ingrédients sont toujours les mêmes : une adolescente amoureuse des mots, une île, des personnages de conte. Jeanne obtient un job d’été un peu particulier : elle prête son excellente vue à un gardien de phare devenu aveugle. Observant ainsi de loin une représentation de Roméo et Juliette, elle assiste également au(x) drame(s) de l’île : les épices de Mme Rigoberta ont disparu et, par la même occasion, les accents qui ornent nos mots. Jeanne part à la recherche des accents et sa quête la mène en Inde. Elle y retrouve son frère, Tom, qui, contre toute attente, lui permet de retrouver les accents disparus.

            Je m’étais un peu lassée de ces récits qui ont quelque chose d’un peu redondant mais j’avoue que c’est avec grand plaisir que j’ai lu ce court texte agrémenté d’illustrations –même pour l’édition de poche, c’est extra. Orsenna nous conduit dans son univers, un univers tout doux, empli de candeur et de couleurs. Un monde de l’enfance où les cinq sens sont titillés. J’ai aimé ce parallèle gastronomie/langue française, tout à fait opportun, d’après moi ! « la blancheur du riz sans épices ressemble au grand désert d’une journée sans il était une fois ».

Moi qui me bats aussi quotidiennement contre les oublis des accents, vous pensez bien que je me suis sentie épaulée dans ma lutte de tous les jours… Certains élèves oublient tous les accents, tout simplement. Ca m’a toujours dérangée. Orsenna nous propose quelques dialogues dénués d’accent, c’est laid, difforme, c’est « fade » et « insipide ». « Leur absence éteignait les mots. On aurait que notre langue française avait, soudain, perdu tout élan, tout éclat, toute lumière ».

            Une défense des accents subtile, un brin surannée et délicieusement enfantine. Au-delà de cette apologie des signes diacritiques, l’auteur nous prouve, à chaque page, son talent de poète et son incroyable faculté de créer des images, des rapprochements, d’éveiller ou de réveiller notre amour du français.

« Grâce à la musique, on voit plus clair, plus loin qu’avec les yeux. On dirait que les notes prennent le regard sur leur dos et l’emportent au loin, là où il a besoin de voir. »

« M. Henri, notre quasi-centenaire, le roi de nos musiciens, se tenait devant la boutique. Il souriait. Comme toujours. Sur son visage, on aurait dit qu’une guerre avait éclaté jadis entre le sourire et les rides. Les rides progressaient d’année en année. Mais le sourire (pour combien de temps ?) continuait de sortir vainqueur. »

« Il était une fois...

Je ne sais pas vous, mais moi, dès que j'entends ces quatre mots, je ronronne, je m'abandonne, je prends la mer ou je m'envole, je m'étends, je m'agrandis, je ne suis plus Jeanne, je deviens qui on veut, un Esquimau, une Tahitienne, un éléphant, une fourmi rouge, un arbre du voyageur… ou Dieu lui-même.
 »

 

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 13:49

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             Voilà un bouquin qui traînait dans ma PAL depuis un moment, je l’avais reçu : « Livre offert pour deux Livre de Poche achetés »… est-ce dû à sa gratuité (on est bête parfois, hein ?) mais il ne m’intéressait pas plus que ça. Je n’ai jamais rien lu non plus de cet auteur, pour moi c’était les fourmis et les fourmis, mouarf, bon, non.

             Quelle surprise ! Avant d’en parler plus amplement, voilà l’incipit : « Je me présente. Je suis un livre et je suis vivant. Je m’appelle « Le Livre du Voyage ». Je peux, si vous le souhaitez, vous guider pour le plus léger, le plus intime, le plus simple des voyages. Hum… Puisque nous allons vivre quelque chose de fort ensemble, permets-moi tout d’abord de te tutoyer. » Le tutoiement du lecteur, ce n’est pas une nouveauté, mais Werber réussit à nous embarquer dans son voyage. Il nous demande d’abord de nous relaxer, il s’y prend bien… puis il nous prend par la main et nous fait décoller. Certains moments sont vraiment sympa. On se prend pour un aigle aux ailes transparentes et aux pouvoirs immenses.

L’auteur se donne alors pour ambition de survoler l’espace et le temps mais aussi nos rêves et nos angoisses, nos souvenirs et nos faiblesses, nos enfants et nos aïeuls, l’amitié, l’amour, la mort… Tour d’horizon complet !

              Commençons par le positif : j’ai été emmenée, vraiment, je suis rentrée dans le jeu docilement et sans résistance, j’ai réussi à me détendre, j’ai découvert de nouvelles contrées, j’ai appris aussi, j’ai été touchée et j’ai souvent eu l’impression que ce livre avait été écrit pour moi seule.

            Le négatif ? Le livre m’a fait penser à ces messages qu’on reçoit sur Internet, vous savez, de jolies images, une musique reposante et des leçons de courage, de bonheur de confiance : toi aussi tu es fort, toi aussi, tu peux, etc. Werber joue un peu sur la facilité. Mais ce qui m’a le plus gênée c’est qu’il a réveillé en moi des angoisses profondément enfouies, il nous emmène par exemple au centre de la galaxie, nous fait réfléchir sur le Big-Bang, le vide, l’idée de fin : « Tu te places au-dessus du trou noir. Et toute la galaxie tourne autour de toi. Tu mets tes bras en spirale (…) Au bout du temps, il y a le Big-Bang. Aux confins de l’espace il y a encore le Big-Bang. Est-ce donc la limite de l’univers explorable ? Demande-le directement à la lumière. Elle te répond que tu n’as exploré qu’un seul univers espace-temps », j’avoue que ces idées-là ne m’excitent pas du tout, elles m’effraient, elles m’inquiètent. Je suis donc passée à un état de quiétude et de sérénité à une sorte de malaise qui ne s’est pas dissipé à la fermeture du livre. Le type a beau nous dire « tu n’as rien à craindre », il nous laisse là, avec des interrogations auxquelles, forcément, il ne sait pas plus répondre que le commun des mortels.

Je rajouterais que Werber emploie un ton légèrement hautain (euphémisme) pour nous parler, il est au-delà de Dieu, ses ambitions sont osées et parfois déplacées. La présentation des phrases semblable à celle des versets abonde encore dans ce sens.

               Je pense cependant que certains trouveront ce livre sublime et, malgré mes réticences, j’en recommande la lecture. C’est court, 160 pages pour faire le tour de l’univers et de l’Histoire du monde, ça relève de l’exploit…

 

Les extraits que j’ai trouvé jolis et agréables :

Rencontre avec un sage : « Il retient une grimace puis, au comble de l’agacement, te traite de "petit imbécile". Signale- lui que tu te sens précisément un "imbécile", mais dans le vrai sens étymologique du terme. Autrefois, "im-bécille" signifiait "qui n'a pas de béquille". Un imbécile est quelqu'un qui n'a aucun tuteur, aucun bâton, aucune béquille pour le faire tenir droit. Il trébuche mais, au moins, il avance, et il avance seul. Imbécile, c'est en fait le plus beau compliment que tu pouvais recevoir. »

 

« … cette théorie antique qui prétend que, jadis, les êtres humains avaient deux têtes, quatre bras, quatre jambes et qu’ils ont été séparés. « Depuis, on est tous à la recherche de notre moitié perdue. »

 

« Tu sais, vivre des aventures originales, c’est bien. Mais se rappeler qu’on a vécu une aventure, ce n’est pas mal non plus. C’est un peu comme les lasagnes réchauffées le lendemain. C’est encore meilleur. »

 

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 11:51

     

 

           Juste un petit mot pour vous signaler que la présentation du blog est en train d'être revue, retravaillée, relookée... tout n'est pas fini alors merci pour votre patience et votre indulgence !

 

 

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 00:00

           

                Heaven’s state  est un immense lotissement, une sorte de ghetto réservé aux riches qui veulent fuir les affres du monde et l’insécurité du quotidien, une des fameuses « gated city ». Les somptueuses villas sont donc très bien gardées, les vigiles surveillent coins et recoins, l’argent et le champagne coulent à flot et inévitablement, on s’ennuie. Des jeunes gens issus d’horizons très différents –délaissés par des parents trop occupés à jouer au golf ou à se souler- une jolie Chinoise, un Américain arrivé après le 11 septembre, une Française, un obèse qui se gave de caviar, etc. se retrouvent pour suivre le meneur du groupe, Bart, qui s’amuse à jouer au SS. Il s’est procuré la panoplie complète du parfait nazi et propose à ses copains veules et lâches de reconstituer « une réception qui aurait pu avoir lieu, par exemple en Allemagne, par exemple en 1938, par exemple avec des invités venus de tous les pays. Une grande réception diplomatique en l’honneur de l’ordre nouveau appelé à régner sur le monde, une sorte de tableau vivant symbolisant le concert des nations idéal placé sous les ordres du guide, du führer ». Certains râlent un peu mais se prêtent tout de même au jeu et on obtient la photo de groupe de la couverture de l’album. Le jeu déjà effrayant se transforme en tuerie sanglante : le plus jeune, en voulant décapiter une bouteille de champagne d’un tir de fusil, tue un autre garçon et blesse deux personnes. Débandade. Tout le monde s’éparpille et fuit. Bart, le véritable coupable se précipite vers la presse locale pour accuser les « chicanos du camp de mobile homes ». Ceux qui connaissent la vérité sont rapidement éliminés. L’album se clôt sur l’idée qu’en France aussi, de tels ghettos interdits aux pauvres, peuvent exister.


            Le thème m’a beaucoup intéressée, l’histoire était prenante mais j’aurais aimé que les personnages soient un peu mieux dessinés, au sens propre comme au sens figuré. Le graphisme n’a rien d’original même s’il retranscrit bien la beauté et le luxe de ces résidences très-favorisées. Un microcosme écœurant, dénué de valeurs et de principes, une oisiveté qui sent mauvais et une arrogance de riche qui vaut le coup d’œil. J’aurais aimé en lire plus, en découvrir davantage. 

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Published by Violette - dans Lectures - BD
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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 14:40

 

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 « J’étais Cendrillon au pays du luxe cruel et des révélations fracassantes mais nul carrosse ne m’attendait au dehors ».

             C’est toujours pareil : un livre connaît un gros succès, je lis de nombreux éloges à son sujet, je finis tout de même par l’acheter (un peu à contrecœur, allez savoir pourquoi…), et j’en attends beaucoup beaucoup. Et presque inévitablement, je suis déçue.

Est-ce que j’ai été déçue ? Je ne dirais pas cela. Trois étapes dans cette lecture.

            D’abord les cent premières pages qui m’ont fait penser à Twilight. Désolée, mais oui, cette histoire d’amour entre la jolie fille timide et le plus beau type de la terre, c’est un peu pareil, vampires mis à part. Le roman commence par un accident : Anna Claramond, dix-sept ans, a été renversée par une limousine blanche. En sort, le plus beau, le plus charismatique, le plus envié et le plus riche des jeunes hommes : Wynter Seth-Smith. Une attirance réciproque rapproche immédiatement le deux ado mais Colin sait chatouiller notre inquiétude avec des comparaisons et des métaphores surprenantes et grondantes : « Le sourire de mon sauveur me frôla telle une lame ». Le type est aussi beau que riche, outrageusement, fabuleusement. Ils se quittent mais il lui fait promettre de se revoir très vite et il l’invite dare-dare au fameux Bal de Givre. Seulement Anna semble avoir oublié un pan de sa vie, elle ne se souvient plus vraiment du visage de ses parents, elle ne sait où ils se trouvent, pense qu’ils sont partis à l’étranger ; ces éléments ne la perturbent pourtant pas tellement.

            Je prendrais le Bal de Givre comme élément déclencheur de la deuxième partie. Un Masque, un mystérieux kidnappeur rôde dans New-York depuis des jours et des jours, et, le soir même du Bal, il tente d’enlever Anna, avant de se volatiliser. On met les deux pieds dans le fantastique. Et là, je me suis dit que ce genre n’était peut-être pas vraiment pour moi. Je me suis posée mille questions, j’ai été étonnée par les descriptions, les portraits, les objets, les personnages, tous plus insolites les uns que les autres : un majordome télékinésiste, un vin-de-songe qui est un révélateur de rêves, des plaies qui se ferment toute seules, une fée de givre qui offre une bague ; cette ville si bizarre, placée sous une verrière, ce garçon si parfait mais si pressant qui demande déjà la main d’Anna…

            Et enfin, il y a l’épilogue, merveilleux épilogue qui sauve tout le roman ! J’ai adoré cette fin surprenante mais aussi forte, philosophique et … historique !

C’est blanc, c’est bleu, c’est froid, mais c’est surtout très étrange, envoûtant, délicieusement inquiétant, doucement effrayant, mystérieusement séduisant. Le Masque m’a fait penser à The Crow (pour ceux qui s’en souviennent !), je ne sais pas si le romancier s’en est inspiré mais que de ressemblances !

Un beau voyage que nous offre ici Fabrice Colin mais j’avais préféré celui-ci.

N.B. : la couverture me plaît toujours si peu, je la trouve d’un ringard…

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Published by Violette - dans Lectures - jeunesse
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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 09:43

 

Une bande dessinée basée sur la nostalgie, la vie et ses immuables recommencements.

            Les premières pages nous présentent une vieille dame, Giuseppina, dans une maison de retraite. Elle perd la mémoire, la pauvre, et se demande ce que cette jeune fille, là, devant elle, lui veut. D’ailleurs, elle lui montre une photo, une photo d’une autre jeune fille d’une vingtaine d’années… la vieille dame ne voit pas qui elle représente… sauf… peut-être bien qu’il s’agit d’elle-même ! Ca y est, elle se rappelle : « il avait plu la veille mais ce jour-là, le ciel était resté clément. Nous en avions profité pour nous balader à vélo. J’avais bu un chocolat chaud non loin du Parc du Luxembourg. Je ne doutais pas encore de ce que les années me réservaient. J’étais joyeuse alors, presque insouciante. » Se déroule, ainsi, la vie de cette femme, sous nos yeux et à travers les témoignages des proches, des amis, des ex-maris, des enfants. Une vie difficile, pas toujours très drôle mais simple et sans doute proche de nos vies à nous.
            La jeune fille qui fait face à la vieille dame, c’est Marion, la petite-fille de l’aïeule. L’album se termine sur la mise en parallèle de la jeunesse de la vieille dame et de la vieillesse de Marion. Marion, à quatre-vingts ans, se rend compte qu’elle a les mêmes mains ridées que jadis sa grand-mère, elle se rend compte qu’elle aussi a oublié certains moments de sa vie.
« Après tout, l’air ne fait pas la chanson, comme aimait à le répéter ma mère. Ou bien était-ce ma grand-mère… Je perds parfois un peu la mémoire mais peu importe… En fin de compte, ce qui reste, c’est tout ce qui ne sera plus. Plus jamais. »

La mémoire qui flanche est représentée par des blancs et des découpes de journal à la manière d'une lettre anonyme, des bouts qu'on retrouve, qu'on tente d'assembler, un puzzle qu'on reconstitue doucement. Ces images-là m'ont plu.

Un album toutefois empreint de tristesse et la bichromie –tout est en noir et orange- ne fait que renforcer cet aspect. L’ensemble est assez réussi, mais il manque la touche optimiste qui apporterait un peu de chaleur à ces planches et dépasserait la schématisation du : on naît – on vit – on meurt. Ce n’est que mon avis. 









 

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Published by Violette - dans Lectures - BD
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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 13:33

 

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 J’ai lu beaucoup de critiques sur les blogs ou ailleurs au sujet de ce livre.

Je crois que je vais avoir du mal à en parler. Si la lecture est « facile » à cause du style fluide et simple, le contenu s’avère beaucoup plus difficile.

             Je résume rapidement : le roman (je dis « roman » mais le genre n’est spécifié nulle part dans le livre, il s’agirait plus d’un récit autobiographique) contient deux volets : le premier raconte le tsunami ou plutôt un drame individuel lié à ce drame à grande échelle : des parents qui perdent une petite fille, Juliette, tuée par la vague. Le second évoque une autre Juliette, la sœur de la compagne de l’auteur, disparue, elle aussi trop tôt, emportée par un cancer. Epouse et mère de famille, elle laisse derrière elle un mari aimant et trois filles.

              Un livre sur la perte d’un être cher, sur la souffrance, sur ce qu’il y a de plus difficile à vivre dans ce monde. Et je me suis sentie mal de la première à la dernière page. Certains passages m’ont hélas ! fait penser à une émission de téléréalité, d’autres sont plus pertinents, plus profonds, plus édifiants, je ne le nie pas, mais, j’ai eu beaucoup de mal avec ce livre. J’éprouve de réelles difficultés à expliquer ce qui m’a gênée. Ce livre s’apparente pour moi aux multiples livres publiés chaque année qui retracent « mon combat contre le cancer » ou encore « comment j’ai survécu », en mieux écrit, soit. Je peux paraître cruelle et je vais faire tache dans le flot de critiques enthousiastes mais c’est ainsi.

« Tout y est vrai » proclame la quatrième de couverture. L’auteur parle aussi de lui-même, de son histoire d’amour avec Hélène, de sa vie qu’il trouvait malheureuse jusqu’à l’écriture de ce livre. Il m’a agacée. Il a été vrai, lui aussi, ne niant ni ses défauts, ni ses faiblesses, c’est certes louable mais il m’a paru égoïste, ingrat et indécent.

               La composition du livre m’a dérangée aussi : une petite partie est réservée à la mort de la petite Juliette et à sa famille, et les trois derniers quarts du livre sont consacrés à l’autre Juliette et à son collègue, Etienne. Et surtout une bonne vingtaine de pages nous expliquent le fonctionnement de la justice (Juliette et Etienne sont juges), le travail des protagonistes et la vie au tribunal. Ce dernier point m’a non seulement lassée mais j’ai aussi eu du mal à comprendre son lien avec le thème général du livre.

En fait, je ne condamne pas le livre dans sa totalité, ce qui me déplaît profondément c’est de l’avoir vu publier finalement, pour moi ce sont des histoires qui devaient –qui devraient- rester dans le cadre de l’intime, du familial, du privé. D’accord, il y a des « leçons » qu’on peut tirer de ces drames. Les parents de la petite Juliette ont fait deux autres beaux enfants, le mari de la Juliette adulte semble avoir accepté la mort de sa compagne, ou en tous cas, a appris à vivre avec relativement sereinement.

Ma réflexion progresse encore un peu et je me dis que le chemin que nous montre Carrère, c’est à nous de le trouver seul. Penserais-je que la mort et la perte d’un être proche ne sont pas des sujets de littérature ? Non. Certains blogueurs ont trouvé que tout était raconté avec sobriété. Je n’ai pas trouvé. La mort de Juliette est décrite avec détails et précision, on a l’avant, le pendant et l’après ; le témoignage de chaque membre de la famille nous est rapporté et décortiqué.

             Il y a des choses qui se vivent (malheureusement), qui ne se lisent pas. Ma phrase vient immédiatement contredire celle qu’on trouve dans le livre : « toi qui es écrivain, tu vas écrire un livre sur tout ça ? ».

Je reste prudente, c'est sans doute parce qu'on m'a renvoyée à mes propres peurs que ce texte m'a tellement agrippée et écorchée. Pour le dire autrement, c'est un livre que j'aurais préféré ne pas avoir lu (je pense cela très rarement après une lecture!)

à vos remarques!

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 09:13

 

      Je ne peux m’empêcher, en ce vingtième anniversaire de sa disparition, de rendre un hommage à ce cher Serge Gainsbourg.

Deux de mes chansons favorites :


J'avoue
J'en ai
Bavé
Pas vous
Mon amour
Avant
D'avoir
Eu vent
De vous
Mon amour

Ne vous déplaise
En dansant la Javanaise
Nous nous aimions
Le temps d'une chanson

A votre
Avis
Qu'avons-nous vu
De l'amour
De vous
A moi
Vous m'avez eu
Mon amour

Ne vous déplaise
En dansant la Javanaise
Nous nous aimions
Le temps d'une chanson

Hélas
Avril
En vain
Me voue
A l'amour
J'avais
Envie
De voir
En vous
Cet amour

Ne vous déplaise
En dansant la Javanaise
Nous nous aimions
Le temps d'une chanson

La vie
Ne vaut
D'être
Vécue
Sans amour
Mais c'est
Vous qui
L'avez
Voulu
Mon amour

Ne vous déplaise
En dansant la Javanaise
Nous nous aimions
Le temps d'une chanson

 

Tourne-toi
- Non
- Contre moi
- Non, pas comm'ça
- ...Et danse
La décadanse
Bouge tes reins
Lentement
devant les miens
- Reste là
Derrièr' moi
Balance
La décadanse
Que tes mains
Frôlent mes seins
Et mon cœur
Qui est le tien
- Mon amour
De toujours
Patience
La décadanse
Sous mes doigts
T'emmènera
Vers de lointains
Au-delà
- Des eaux troubles
Soudain troublent
Mes sens
La décadanse
M'a perdue
Ah tu me tues
Mon amour
Dis m'aimes-tu ?
- Je t'aimais
Déjà mais
Nuance
La décadanse
Plus encore
Que notre mort
Lie nos âmes
Et nos corps
- Dieux Pardo-
Nnez nos
Offenses
La décadanse
A bercé
Nos corps blasés
Et nos âmes égarées
- Dieux !
Pardonnez nos offenses
La décadanse
A bercé
Nos corps blasés
Et nos âmes égarées

 

 

Je l’aime, Gainsbourg, j’aime sa personnalité, son intelligence, sa finesse, ses coups de gueule, toutes ses chansons, et il manque cruellement…

 

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Published by Violette - dans Fait maison
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