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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 20:31

 

               

 

          C’est la BD mythologique Héraclès qui m’a donné envie de me (re)plonger dans cette libre adaptation théâtrale de l’histoire des parents d’Hercule.

         Mercure vient voir la Nuit. Après s’être plaint du trop-plein de boulot que lui donnent les dieux et surtout Jupiter, il demande à son interlocutrice de ralentir ses chevaux afin de retarder la naissance du jour. Pourquoi cette requête ? pour que Jupiter, amoureux de la belle Alcmène mariée à Amphitryon, puisse tranquillement venir la trouver, la séduire et féconder ! Le subterfuge fonctionne si bien qu’Alcmène est ravie des propos tenus par son « nouvel » Amphitryon. Sosie, le valet du général rencontre, quant à lui… son sosie, son double, celui qui prend insolemment sa place. Il s’agit de Mercure qui s’amuse à son tour avec les humains. Sosie finit par douter de sa propre identité et, pour ne pas se faire battre (procédé récurrent chez Molière), il veut bien admettre qu’il n’est pas Sosie. C’est d’ailleurs le personnage le plus drôle de la pièce. Jupiter, s’il paraît noble et grandiose au début, il se perd dans les explications et les justifications données pour défendre Amphitryon.

         Ce n’est pas le meilleur de Molière, j’ai trouvé la 1ère partie excellente et la seconde s’essouffle avec quelques éléments d’intrigue vite résolus, quelques révélations vite faites qui gâchent un peu le plaisir. Pièce à machines et version très proche de celle de Plaute, elle n’est pas inoubliable (je l’avais déjà lue et oubliée très rapidement.) J’ai maintenant très envie de relire l’Amphitryon 38 de Giraudoux !

 

MERCURE

  Ton nom était Sosie, à ce que tu disais.

SOSIE

Il est vrai, jusqu'ici j'ai cru la chose claire:  

Mais ton bâton, sur cette affaire,  

M'a fait voir que je m'abusais.

 

------

JUPITER (à Alcmène)

 Ah! ce que j'ai pour vous d'ardeur, et de tendresse,  

Passe aussi celle d'un époux;  

Et vous ne savez pas, dans des moments si doux,  

Quelle en est la délicatesse. 

 Vous ne concevez point qu'un cœur bien amoureux,  

Sur cent petits égards s'attache avec étude;  

Et se fait une inquiétude,  

De la manière d'être heureux. 

 En moi, belle, et charmante Alcmène, 

 Vous voyez un mari; vous voyez un amant: 

 Mais l'amant seul me touche, à parler franchement; 

Et je sens près de vous, que le mari le gêne.  

Cet amant, de vos vœux, jaloux au dernier point, 

 Souhaite qu'à lui seul votre cœur s'abandonne; 

Et sa passion ne veut point,  

De ce que le mari lui donne.  

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 16:44

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          J’ai étudié cette pièce à la fac et, avouons-le, je n’avais pas accroché plus que ça à l’univers racinien. Je me suis fait la promesse, il y a peu, de la relire. C’est chose faite.

          C’est la pièce des dilemmes : Andromaque doit choisir entre la vie de son fils Astyanax et la fidélité à feu son mari, Hector. Hermione, de son côté, aime Pyrrhus qui ne le lui rend pas du tout puisqu’il est épris d’Andromaque. Quant à Oreste, il est fou amoureux d’Hermione.

          Résumer cette pièce archi connue n’a que peu d’intérêt. De ma relecture, je garderai deux choses. La première, c’est la terrible violence qui régit les personnages. L’amour côtoie sans cesse la mort, les passions sont sauvages et destructrices. Ensuite, plus qu’à l’époque des mes vingt ans, il me semble, c’est le couple Hermione-Oreste qui m’a interpellée. Cette femme mal aimée qui demande à celui qui l’aime d’aller tuer Pyrrhus puis qui l’accable d’insultes et d’imprécations ! Bon sang, quelle force ! Et quand Oreste perdu, fou, maudit, est poursuivi par les Erinyes, la fonction cathartique de la pièce prend tous ses droits.

           Certes, j’ai pris du plaisir à relire cette pièce présentée pour la première fois au roi Louis XIV en 1667, plus que je ne l’aurais cru, mais je persiste et je signe, ce n’est pas ma tasse de thé. J’ai choisi une édition destinée aux lycéens, assez sympathique, où j’ai pu en apprendre un peu sur la mise en scène signée Louis Jouvet (donnant des leçons de jeu très pertinente !). L’édition est également agrémentée d’un dossier Images consacré aux fureurs d’Oreste.

 

 

Pyrrhus à Andromaque :

« Je vous le dis, il faut ou périr ou régner.

Mon cœur, désespéré d'un an d'ingratitude,

Ne peut plus de son sort souffrir l'incertitude.

C'est craindre, menacer et gémir trop longtemps.

Je meurs si je vous perds, mais je meurs si j'attends. »

 

La dernière réplique d’Oreste, l’avant-dernière de la tragédie :


« Quoi ! Pyrrhus, je te rencontre encore ?
Trouverai-je partout un rival que j'abhorre ?
Percé de tant de coups, comment t'es-tu sauvé ?
Tiens, tiens, voilà le coup que je t'ai réservé.
Mais que vois-je ? A mes yeux Hermione l'embrasse ?
Elle vient l'arracher au coup qui le menace ?
Dieux ! Quels affreux regards elle jette sur moi !
Quels démons, quels serpents traîne-t-elle après soi ?
Hé bien ! Filles d'enfer, vos mains sont-elles prêtes ?
Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?
A qui destinez-vous l'appareil qui vous suit ?
Venez-vous m'enlever dans l'éternelle nuit ?
Venez, à vos fureurs Oreste s'abandonne.
Mais non, retirez-vous, laissez faire Hermione :
L'ingrate mieux que vous saura me déchirer ;
Et je lui porte enfin mon cœur à dévorer.
 »

 

Je participe, encore une fois, au challenge théâtral d’Eimelle !

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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 11:58

 

 

          Tout le monde connaît Feydeau, celui qui fait claquer les portes dans ses vaudevilles, celui qui est aussi précis qu’un horloger, celui qui met les amants dans le placard, celui qui fait rire avec les petits ou grands défauts de sa société…

            Fernand Bois d’Enghien est un très charmant jeune homme sans le sou, il séduit toutes les femmes mais là, il rencontre un sacré problème : il doit quitter sa maîtresse Lucette, chanteuse de café-concert, pour épouser Viviane, une riche héritière. Seulement, il vient de passer la nuit avec Lucette et l’annonce du mariage est déjà publiée dans le Figaro. Alors que Bois d’Enghien tente d’annoncer sa rupture avec Lucette, les visites les plus cocasses interrompent ses vaines tentatives : Bouzin est un écrivaillon  qui tente de percer et devient le bouc émissaire de la maisonnée, le Général Irrigua est fou amoureux de Lucette et se dit prêt à tuer n’importe quel prétendant, la Baronne Duverger est la future belle-mère de Bois d’Enghien, Fontanet sent si mauvais qu’on ne peut lui parler en face. Dans l’acte II, on se trouve chez cette même Baronne avec un Bois d’Enghien qui n’a toujours pas réussi à quitter sa jolie Lucette… qui elle-même vient chanter pour la noce de la fille de la Baronne !

          Quiproquos, malentendus, courses-poursuites, jeux de mots, comiques de gestes, piques, humour potache,… j’avais oublié à quel point cette pièce est drôle. La Compagnie Viva avec, à sa tête et dans le rôle de Bois d’Enghien, Stéphane Brel, excelle à mettre en valeur cette bouffonnerie. Le rythme est fou tout comme son personnage principal qui, dans ses crises d’hystérie, entame une danse qui n’a rien à envier aux rockeurs les plus survoltés. Le décor minimaliste joue avec les ombres chinoises, des chaises et deux grands lustres qui suffisent à sublimer le vaudeville. Un vaudeville sans portes, il faut le faire (on le fait aussi dans ma petite troupe d’amateurs !), ce sont les comédiens qui imitent le son de la porte ! Les neuf comédiens sont tous brillants, solidaires, synchrones, chacun apportant sa petite touche bien particulière, son humour, son originalité. Le public ne voulait plus les laisser partir. Et pour cause, il s’est bien marré le public, les dames en ont même eu pour leurs yeux puisque Bois d’Enghien se retrouve dans le plus simple appareil… Un beau spectacle que je recommande même si j’ignore si la pièce est encore jouée. En tous cas, la Compagnie Viva spécialiste des classiques revisités, est à suivre !

 

 

Et encore une pièce pour le challenge d’Eimelle !

 

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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 11:48

 

 

        Courte pièce de théâtre en deux parties, Les Eaux lourdes est un drame, une histoire d’amour sur fond de Deuxième Guerre Mondiale.
 

          L’histoire commence de manière tragique, Pierre a quitté Mara pour aimer Alix et, par vengeance, Mara tue leur fils. On retrouve les personnages vingt ans plus tard, Mara avec un deuxième fils (elle était enceinte lors de la séparation) et des révélations à faire sur un ami commun et un réseau de Résistants de la guerre.

           D’une violence psychologique intense, cette pièce met en lumière une femme qui, par amour, est capable de tuer son propre fils. La description de ce meurtre est étouffante, et, par là, le livre porte bien son titre. Les personnages entretiennent des relations ambiguës, servies par une langue magnifique, brutale et poétique à la fois. Les dialogues démontrent à quel point l’amour et la haine sont proches, à quel point l’amour côtoie la mort. Dans une odeur nauséabonde permanente, la pièce révèle les versants les plus obscurs de l’humanité. Lecture difficile d’une pièce qu’il sans doute préférable de voir. Et une pièce certainement âpre à jouer…

 

           A noter : Christian Siméon est aussi connu en tant que dramaturge qu'en tant que sculpteur!

 

Mara à Pierre : « La première fois que je t’ai vu, je ne t’ai pas aimé. Avec violence. Avec détermination. Tu m’as été immédiatement passionnément indifférent. Jusqu’à ce jour d’ennui où pour tuer le temps, je me suis amusée à énumérer tout ce qui me déplaisait en toi. Quel bel après-midi j’ai passé. Tous ces petits travers accumulés. Ces avatars bourgeois. Cet horripilant cortège. Cette procession d’agaçants attributs qui étaient toi. Et c’est en les comptant que j’ai compris à quel point je t’aimais. En voulant tuer le temps, c’est moi que j’ai tuée, merde ! »

 

Et encore une pièce pour le challenge théâtral d’Eimelle qui a aussi lu cette pièce et qui en parle bien mieux que moi !

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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 13:03

 

 

           Je ne connaissais pas du tout le Marcel Aymé dramaturge, j’en ai découvert un pan avec cette comédie en quatre actes.

          C’est l’effervescence chez les Maillard. Le père de procureur est très attendu… mais oui, il a gagné, il  réussi à obtenir la tête de son accusé ! Malgré sa bonne tête sympathique, Valorin est condamné à mort pour meurtre. L’épouse Juliette est si fière de Maillard, ses amis sont un peu jaloux, son copain Bertolier procureur lui aussi, ne s’en cache pas « c’est votre troisième tête. Pensez-y bien mon cher. Votre troisième tête. A trente-sept ans, c’est joli. » Avant de démarrer la petite sauterie dans la joie et dans la bonne humeur, on surprend Maillard avec Roberte, la femme de Bertolier. Ils sont amants depuis quelque temps. Mais ils ne sont pas seuls, … coup de théâtre : Valorin, l’accusé condamné à mort par Maillard apparaît, armé d’un revolver. Il s’est évadé et demande que la véritable justice soit rendue, car il est innocent. Son alibi est sans faille : il était avec une femme le soir du meurtre, ce n’est pas lui le coupable. Il ignorait le nom de cette femme mais il la reconnaît désormais : c’est Roberte ! Alors que Maillard a tout intérêt à camoufler la vérité, Bertolier va découvrir sa débauchée de femme sous un nouveau jour et Juliette, l’épouse prude et naïve va s’éprendre du beau Valorin.

           Certes, la pièce  a l’apparence d’un vaudeville classique où on s’échange les épouses et où les quiproquos se succèdent mais c’est bien plus que ça. En situant la pièce en Poldavie, ce pays imaginaire, Marcel Aymé, en fait une satire de la justice digne de La Farce de Maître Pathelin. Les procureurs sont les types les plus malhonnêtes du monde et c’est un délice d’entendre Maillard revendiquer une certaine morale sortie du chapeau quand lui-même est en danger de mort. Tous les personnages sans exception sont vils, sournois et hypocrites. L’ensemble respire la cruauté, la mauvaise foi. La pièce a été créée à Paris au théâtre de l'Atelier en 1952, dans une mise en scène d'André Barsacq. Elle fit immédiatement scandale prônant explicitement l’abolition de la peine de mort.

         J’ai beaucoup aimé ce texte bien écrit, audacieux, truculent et original. Dommage qu’il souffre de quelques longueurs pas toujours nécessaires. Il me semblait avoir entendu parler d’une représentation parisienne mais je n’ai pas retrouvé l’info. Quelqu’un pourra peut-être m’en dire plus !

 

Renée, une amie de la famille : « Être l’épouse d’un homme qui dispose de la vie des autres, voilà qui doit être passionnant ! »

 

 

Et une pièce de plus pour le challenge spécial Théâtre d’Eimelle !

 

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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 13:33

 

 

              Irène est une femme mariée qui a tout pour être heureuse, épouse d’un avocat, mère de deux enfants. Autant par hasard que par ennui, elle va avoir une liaison avec Edouard, un musicien qu’elle rencontrera tous les mercredi après-midis. Sauf qu’un jour, en sortant de chez lui, Irène se fait agresser par une femme antipathique et rustre qui lui réclame des explications, lui assenant qu’Edouard est à elle. Irène, affolée, va donner de l’argent à cette femme qui n’aura de cesse de la suivre, de l’épier, de la harceler. La peur s’installe. Irène, dans la crainte que son mari ne découvre tout, quitte aussitôt son amant, mais, plus jamais elle ne retrouvera la sérénité.

              De cette nouvelle narrative bien connue,   Elodie Menant, metteur en scène, en a fait une pièce de théâtre. Comment ? Elle a d’abord imaginé les dialogues entre les personnages mais elle a aussi inventé un passé à ce couple en rupture. Sur fond de musiques des années 70. Fritz travaille trop, Irène s’ennuie sans lui. Irène dessine des croquis de mode, Fritz ne s’y intéresse que trop peu. Les enfants, dans leur couple, ne les aident pas à resserrer des liens qui se distendent de plus en plus. Jusqu’au jour où Irène va voir ailleurs si on l’écoutera et on l’aimera mieux, avec Edouard, le musicien.

           La pièce est remarquablement jouée par trois comédiens de la compagnie Carinae, des acteurs rigoureux et précis comme j’aime. Ils évoluent dans un décor sur roulettes qui représente tantôt l’appartement du couple, tantôt la rue où Irène rencontre sa persécutrice. Musique et lumières rapprochent le texte de Zweig d’une atmosphère hitchcockienne. La tension monte, les silences importent autant que le texte, le crescendo dans l’angoisse de la révélation de l’adultère rend Irène (jouée par Hélène Degy) encore plus belle et pitoyable. Le personnage de Fritz (Aliocha Itovich) est parfois rassurant, parfois très inquiétant. La seule petite anicroche pour moi a résidé dans les modifications apportées au texte de Zweig (je peux être puriste quand je veux). Très tôt, on comprend dans la pièce que le mari est l’instigateur du harcèlement. De plus, malgré la plongée dans les années 70, certaines résonnances  m’ont paru trop actuelles (des termes familiers, des allusions au divorce). Et pourquoi changer la toute fin ? Néanmoins, si ça peut vous rassurer, les amis qui m’accompagnaient et qui ne connaissaient pas la nouvelle de Zweig ont adhéré à 100% à cette pièce.

Quelques dates de tournée de la compagnie Carinae

1 avril à Cambrai
26 avril à Séléstat
12 mai à Franconville
20 mai à Livry Gargan

 

Et comme d'hab', je participe au challenge théâtral d'Eimelle!

 

 

 

 

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 09:50

 

 

             Cyrano de Bergerac est une de mes pièces préférées, chaque fois que je la relis, je m’émerveille.

             Faut-il résumer la pièce ? Dire que Cyrano est le plus grand des bretteurs, le plus grand des poètes, le plus grand des amoureux… mais qu’il est aussi affublé du plus grand des nez ? Si le physique de Christian séduit d’abord la belle Roxane, son cœur va doucettement pencher pour l’esprit, les mots, l’âme de Cyrano à travers le corps de Christian. Ce que j’adore dans cette pièce, c’est qu’elle mêle différents registres ici parfaitement retranscrits par la troupe : le comique, le pathétique, le tragique.

               Le Grenier de Babouchka propose une version musicale, virevoltante et rythmée de la pièce de Rostand. Musicale car accompagnée d’un violoniste de talent, Petr Ruzicka qui se veut un double, une ombre de Cyrano ; dansante car les Cadets proposent un numéro drôle et énergique qui prouve leur cohésion. Mention spéciale aux hommes de la troupe et extra-spéciale à Stéphane Dauch qui est un Cyrano splendide. Il entre en scène, il est le plus petit, pas très épais non plus (on est loin du physique imposant de Depardieu) et pourtant, panache et sublime l’emportent très vite sur le reste, il court, il chante, il parle avec un naturel déconcertant, il émeut, il vole, il danse !  Voilà un prix du Off du Festival d'Avignon 2014 de la révélation masculine bien bien mérité ! Les costumes sont d’époque alors que le décor est minimaliste, un banc, un balcon, une petite table. Les deux heures de spectacle filent. Car il s’agit bien d’un spectacle complet, on en prend plein les yeux, plein les oreilles, on rit et on frémit d’émotion. Merci pour ce beau moment !

           La Compagnie du Grenier de Babouchka jouera Cyrano en février, en avril et en automne au théâtre du Ranelagh à Paris et propose quelques dates en province (Orvault, Chasseneuil-du-Poitou, Lucé, Roanne)

 

« Roxane n'aura pas de désillusions!

Dis, veux-tu qu'à nous deux nous la séduisions?

Veux-tu sentir passer, de mon pourpoint de buffle

Dans ton pourpoint brodé, l'âme que je t'insuffle! »

 

« Puisque tu crains, tout seul, de refroidir son coeur,

Veux-tu que nous fassions--et bientôt tu l'embrases!--

Collaborer un peu tes lèvres et mes phrases?. . . »

 

« C'est une expérience à tenter un poète.

Veux-tu me compléter et que je te complète?

Tu marcheras, j'irai dans l'ombre à ton côté:

Je serai ton esprit, tu seras ma beauté. »

 

 

 

 

 

 

Et je participe au challenge théâtral d’Eimelle !

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 08:59

 

 

           Cette courte pièce de théâtre tourne autour du pouvoir des mots. Deux amis se retrouvent après un long moment. Le premier, H.1 demande des explications au second, H.2, car il lui semble avoir ressenti une certaine distance, un certain froid vis-à-vis de lui dernièrement. H.2 le fait un peu languir avant de lui avouer : quand il s’est vanté d’un certain succès, H.1 lui aurait répondu « C’est biiien… ça ».  Après cette offense, cette blessure, H.2 aurait voulu rompre mais il n’en a pas eu « l’autorisation ». L’autorisation est donnée par un groupe de personnes non déterminé qui estime, ici, que H.2 a tendance à vouloir rompre souvent avec amis ou membres de la famille. Il est donc celui qui brise une relation « pour un oui ou pour un non ». H.1 ne se laisse pas démonter pour autant et toutes les rancœurs, les incompréhensions, les mesquineries du passé ressurgissent pour, au final, mettre un terme à cette amitié.

           A travers une joute verbale délicieuse et souvent drôle, cette pièce met parfaitement en valeur la fragilité des relations humaines, le pouvoir parfois destructeur des mots et des intonations. Elle nous renvoie à nos propres disputes qui ont malheureusement souvent pour point de départ une baliverne, un mot prononcé trop haut, une phrase lâchée trop vite.

           La pièce, créée en 1981 comme une pièce radiophonique ne nécessite aucun décor, aucun accessoire. Avant-gardiste, elle laisse toute la place au dialogue. La belle mise en scène de Jacques Lassalle est à voir ici.

 

H.2 : Il y avait entre « C’est bien » et « ça » un intervalle plus grand : « C’est biiien… ça… » Un accent mis sur « bien »… un étirement : « biiien… » et un suspens avant que « ça » arrive… ce n’est pas sans importance.

 

             Encore une participation pour le challenge théâtral d’Eimelle !

 

 

 

Bonne rentrée à tous !

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 21:29

 

 

               Encore et toujours à la recherche d’une bonne comédie pour ma troupe de théâtre, j’ai découvert cette comédie en quatre actes, intelligente et fine, créée en 1951.

              Nous sommes dans la famille Jacquet. Attention, Monsieur Jacquet n’est pas n’importe qui, il est sénateur et il se bat contre l’avortement… Il se trouve que sa femme, Olympe, tombe enceinte ! A un âge bien avancé, avec deux enfants adultes, c’est une catastrophe ! Va-t-elle garder l’enfant ? Mais il y a pire, le fils, Georges, a couché avec la secrétaire de M. Jacquet et l’a mise enceinte, rendez-vous compte, une secrétaire ! La liste des surprises n’est pas terminée : la fille, Annie, attend elle aussi un enfant de son futur mari, mais avant leur mariage, quel scandale ! Pour couronner la tout, la bonne est enceinte d’un livreur de frigo !

              A une époque où un bébé hors mariage était de nature à déplaire tout le voisinage et bien plus, les Jacquet vont tenter de se dépatouiller de cette situation. Théâtre de boulevard par excellence, l’intrigue à rebondissements semble peu crédible à notre époque et pourtant, je me suis régalée de plonger dans un monde que je n’ai pas connu. Fausse naïveté et candeur feinte sont les clés de cette comédie. Pour ne pas nous déplaire, ça sent bon le Molière parfois. La secrétaire enceinte du fiston qui allait être gentiment éconduite devient tout à coup très intéressante parce qu’elle est une personne « de qualité » dirait M. Jourdain, parce qu’elle vient d’une famille russe célèbre, « si célèbre que le régime communiste a même conservé dans plusieurs villes des statues de savants, d’astronomes éminents qui furent les oncles ou les grands-pères de Natacha. ». A propos de grand-père, Annie a réussi à mettre le sien dans la poche, il a feint une attaque cardiaque afin d’avancer le mariage de la belle…

               Même si la pièce a vieilli, si le thème n’est plus d’actualité, la lecture a été bien agréable, souriante et plaisante. C’est bien  écrit, ce qui n’est pas toujours le cas pour tous les vaudevilles, normal c’est André Roussin de l’Académie française qui en est l’auteur. Sachez aussi que c’est Marthe Mercadier qui interprétait le rôle de Mme Jacquet et que Monsieur le Sénateur n’était autre que Guy Tréjan.

Encore une pièce pour le challenge théâtral d’Eimelle !

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 18:20

               

 

              Toujours à la recherche de bonnes comédies et de vaudevilles pour ma troupe d’amateurs, je tombe parfois sur des pièces complètement différentes de ce que je cherche… Vie privée est une pièce de théâtre américaine en quatre actes qui a été traduite par Pierre Laville (titre original : The Philadelphia Story).

               Juin 1939. Les Lord sont de très riches Américains qu’on retrouve ici dans leur maison de campagne, à quelques kilomètres de Philadelphie.

               Tracy, la fille aînée de la famille, s’apprête à se marier… pour la deuxième fois. Au milieu des préparatifs d’un mariage grandiose, débarque Dexter, l’ex-mari de Tracy qui la prévient qu’un piège va se refermer sur eux : un couple de journalistes, Liz et Mike, sont prêts à révéler au grand jour, dans leur journal à scandale, la liaison du père de Tracy et d’une pin-up. Ils n’en feront rien si la richissime famille accepte de se faire photographier et suivre tout le long de la journée des noces. Dexter en profite pour tenter de reconquérir Tracy. Mais c’est plutôt dans les bras de Mike que la froide beauté va trouver refuge.

               Une pièce romantique qui n’a de romantique que le décor et les costumes. L’intrigue manque de consistance, les personnages sont plutôt froids et parfois amoraux et incompréhensibles (la mère de famille, Margaret, ne semble pas perturbée de savoir que son mari la trompe).  Les dialogues sont pourtant bien écrits et la pièce doit être plus belle à voir qu’à lire… Elle a connu un immense succès à Broadway avant d’être portée à l’écran en 1940 par George Cukor, avec Katherine Hepburn, Cary Grant, James Stewart et John Howard.

Je participe encore et toujours au challenge théâtral d’Eimelle :

 

 

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