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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 20:57

 

 

Ma première découverte d’Ibsen,  Les Revenants, m’avait laissé un petit goût amer … J’ai bien fait de m’entêter et d’aller lire Maison de poupée !

            Nora et Torvald Helmer forment un couple très heureux. Lui s’apprête à être directeur de la société de banque dans laquelle il travaille déjà, elle, passe son temps à dépenser l’argent qu’il gagne. Entourés de leurs trois enfants, ils s’adorent, lui surnomme son épouse « mon petit panier percé », « mon alouette », « mon écureuil » ou encore « mon étourneau », elle est si fière d’avoir un mari qui lui apportera enfin le grand confort dont elle semble rêver depuis toujours.

Lorsque son amie d’enfance, Kristine Linde, la pauvre veuve, arrive, Nora déballe son bonheur avec un peu trop d’effervescence. Kristin lui reproche de n’avoir jamais connu aucun souci ; Nora raconte alors son secret : il y a quelques années de cela, son mari était très malade, pour le soigner, il fallait s’exiler au soleil. L’argent faisait défaut et Nora  contracta un emprunt à un personnage peu recommandable, Krogstad, et imita la signature de son père, faisant croire que l’argent provenait de lui. Le père mourut et Krogstad refit surface, menaçant Nora de tout révéler à son mari si elle ne le poussait pas à l’embaucher dans sa banque.

Torvald apprend la vérité, sa colère éclate car son honneur est mis en jeu. Nora s’attendait à une autre réaction et elle décide de prendre les voiles : « Vous ne m’avez jamais aimée. Vous vous amusiez seulement à être amoureux de moi. » Incarnant la parfaite poupée, Nora se rend compte qu’elle ne sait pas élever ses enfants, qu’elle n’a aucune personnalité, qu’elle n’a appris qu’à dire oui et à jouer la potiche…

« Oui c'est ainsi Torvald. Quand j'étais chez papa, il me faisait part de toutes ses opinions, et donc je les partageais. Et si j'en avais d'autres, je les cachais parce que ça ne lui aurait pas plu. Il m’appelait sa petite poupée et il jouait avec moi comme je jouais avec mes poupées. Puis je suis venue dans ta maison. »

 

J’ai vraiment bien aimé cette pièce qui est une œuvre novatrice et moderne pour la fin du XIXème siècle. A la manière de Zola, la question de l’hérédité est cependant encore très présente, les parents menteurs ne créent que des délinquants, par exemple. « J'aurais dû me douter que quelque chose de ce genre arriverait. J'aurais dû le prévoir. Avec la légèreté de principes de ton père ... Tais-toi! et de ces principes, tu as hérité. Pas de religion, pas de morale, pas de sens du devoir ... » et ces thèmes encore actuels aujourd’hui de la place de la femme dans la famille, de ses devoirs, de ses aspirations, de la notion de bonheur conjugal m’ont semblé bien traités.

 

« Non. J'ai été joyeuse, voilà tout. Et tu as toujours été si gentil pour moi. Notre foyer n'a jamais été rien d'autre qu'une salle de récréation. Ici, j'ai été ton épouse-poupée, tout comme à la maison, j'étais l'enfant-poupée de papa. Et mes enfants, à leur tour, ont été mes poupées. Je trouvais divertissant que tu te mettes à jouer avec moi, tout comme ils trouvent divertissant que je me mette à jouer avec eux. Voilà ce qu'a été notre mariage, Torvald. »

 

La petite cerise sur le gâteau, c’est l’humour. D’abord le décalage entre les noms d’oiseaux donnés à la femme par le mari et la décision finale de Nora, mais aussi celui du récit de Mme Linde qui obligée de travailler car sans un sou qui s’oppose radicalement aux paroles puériles, capricieuses et frivoles de Nora qui ne semble écouter sa grande copine que d’une oreille.

Allez, une dernière p’tite citation pour finir :

 

« HELMER

Tu es d'abord et avant tout épouse.

NORA

Cela, je ne le crois plus. Je crois que je suis d'abord et avant tout un être humain, au même titre que toi – en tous cas je vais essayer de le devenir. Je sais bien que les gens te donneront raison, Torvald, et qu’on trouve ces idées-là dans les livres. Mais je ne peux plus me contenter de ce que disent les gens et de ce qu’on trouve dans les livres. Je dois réfléchir toute seule, et essayer d’y voir clair. »

et me voilà au bout du challenge de Bladelor : 12/12 ! que fait-on maintenant? ;-)

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commentaires

Philippe D 20/10/2012 21:20


Je ne connais pas mais la couverture n'est pas très engageante.


Bon dimanche. 

Violette 21/10/2012 20:20



il ne faut pas s'arrêter à la couverture ;-) Bonne semaine !



Alex-Mot-à-Mots 18/10/2012 10:30


Un auteur que je n'ai jamais lu. A découvrir avec ce titre, alors.

Violette 19/10/2012 14:35


plutôt qu'un autre peut-être, oui.


zarline 16/10/2012 22:40


Cet auteur m'intrigue. J'ai lu sans être convaincue Peer Gynt... enfin, je devrais plutôt dire que je suis passée complètement à côté et que j'ai l'impression de n'avoir rien compris au délire de
l'auteur. Ses autres oeuvres ont l'air complètement différentes, pas aussi absurdes. Il faudrait peut-être que je ressaie. 

Violette 17/10/2012 17:40



cette pièce est plus "normale" que la première que j'ai lue... je comprends très bien ce que tu veux dire et te conseillerais de ... perséverer ;-)



Isa 16/10/2012 21:22


Il prend la poussière dans ma PAL depuis 1 an. Et pour le moment, je n'ai pas très envie de m'y plonger.

Violette 17/10/2012 17:49



lire du théâtre demande de toute façon une grande motivation!



gridou 16/10/2012 13:50


Je n'ai pas été très emballée...Mais ton article est très bien et je comprends ton point de vue.

Violette 17/10/2012 17:49



je peux comprendre qu'on ne soit pas fan, c'est particulier...



niki 16/10/2012 09:21


j'avais beaucoup aimé voir la pièce (il y a longtemps) mais je garde le texte bien en tête 

Violette 17/10/2012 17:50



un copain la met en scène, je la verrai donc en début d'année, j'ai hâte!



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