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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 19:02

           Il y a quelques mois, lorsque je venais vous consulter pour des lectures de science-fiction, vous m’avez presque tous parlé Des fleurs pour Algernon. Je vous en remercie, vous aviez bien raison !

            Charlie est un garçon simplet de 32 ans. Il travaille dans une boulangerie pour faire les sales besognes et il prend des cours pour lire et écrire avec Alice Kinnian. Il a accepté de se faire opérer pour devenir plus intelligent. L’opération a fonctionné sur une petite souris blanche nommée Algernon qui réussit à s’extirper du labyrinthe le plus complexe ; et les plus grands professeurs, tout en ayant conscience des risques encourus, veulent tenter l’expérience sur un homme. Charlie compulse ses journées, son aventure unique dans un compte rendu presque journalier. Les premières pages, truffées de fautes d’orthographe, révèlent la simplicité de son vocabulaire mais aussi sa naïveté, sa docilité, son ignorance du monde qui l’entoure. L’opération est un succès. Les progrès sont fulgurants, en quelques jours, Charlie réussit à acquérir un vocabulaire riche et précis, sa mémoire exceptionnelle lui permet d’apprendre une vingtaine de langues, de jouer parfaitement du piano, de retenir des notions aussi diverses que complexes. Il consulte les plus grands spécialistes sur un point précis d’histoire, d’économie, de littérature qui se trouvent « toujours des excuses pour s’esquiver », ignorant les réponses à ses interrogations. En quelques semaines, il dépasse les professeurs (et c’est ce qu’ils attendaient de lui) : il réfléchit lui-même sur son opération et ses conséquences. Mais Charlie acquiert aussi une plus grande lucidité sur les gens, sur sa famille qui l’a rejeté lorsqu’il était encore enfant. D’un être simple, candide et gentil, il est passé à un adulte égocentrique, méfiant et aigri.

           L’état de la petite souris périclite. C’est de mauvais augure pour Charlie qui persiste à étudier et à analyser le phénomène afin de faire durer cette intelligence créée de toutes pièces… On devine le dénouement de cette histoire touchante et édifiante. J’ai beaucoup aimé cette lecture, à la fois passionnante et effrayante. Lorsque le jeune homme déborde de cette soif d’apprendre constitue le moment le plus beau, il dévore toutes les connaissances possibles mais Charlie explique, quelques semaines plus tard, qu’un cerveau si développé qu’il soit ne permet pas à l’homme de se faire des amis et il se retrouve désespérément seul. Charlie, malgré son génie, reste, émotionnellement parlant, le petit Charlie apeuré de son enfance, il se bloque devant une femme à qui il plaît, il fuit ses responsabilités. Je pense qu’au-delà de la dimension futuriste prônant les nouvelles technologies capables de créer une intelligence, le parcours de Charlie est également une métaphore de la vie et la manière dont son état se dégrade à la fin fait douloureusement penser à un homme en fin de vie qui perd ce qu’il avait de plus précieux. En tous cas, ce roman fait réfléchir à l’intelligence, au lien entre humanité et connaissances (l’intelligence « brute » de Charlie ne lui est personnellement d’aucun secours mais lorsqu’il l’associe à ses souvenirs familiaux et essaie de comprendre l’autre, elle peut faire des merveilles). Emouvant et inoubliable !

« En tous cas, je sais maintenant que je deviens un peu plus intelligent chaque jour. Je connais la ponctuation et aussi l’orthographe. J’aime chercher tous les mots difficiles dans le dictionnaire et je m’en souviens. Et j’essaie d’écrire ces comptes rendus très soigneusement mais c’est difficile. Je lis beaucoup maintenant et Miss Kinnian dit que je lis très vite. Et je comprends même beaucoup des choses que je lis et elles me restent dans l’esprit. »

« Maintenant je comprends que l’une des grandes raisons d’aller au collège et de s’instruire, c’est d’apprendre que les choses auxquelles on a cru toute sa vie ne sont pas vraies, et que rien n’est ce qu’il paraît être. »

« Si l’on a pu faire de moi un génie, que ne pourrait-on faire pour les cinq millions et plus d’arriérés mentaux aux Etats-Unis ? Et les innombrables millions d’autres dans le monde, et tous ceux qui ne sont pas encore nés et qui naîtront faibles d’esprit ?et quels niveaux fantastiques d’intelligence pourrait être atteints en utilisant cette technique sur des gens normaux ! Et sur des génies ? »

 

       

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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 21:52

 

             C’est encore Noukette qui approvisionne ma bibliothèque !

             Ernest est un bonhomme maigrichon aux yeux ronds qui est né et a grandi dans une maison vieillotte, en compagnie de sa « môman ». Il ne sort jamais. Il est muet, ce qui l’amène à se coller constamment un pansement sur la bouche, cette bouche qui ne sert à rien. A la mort de sa « môman », Ernest s’est retrouvé encore plus seul. Même s’il ne parle pas, il a des choses à raconter et c’est sur sa vieille Remington qu’il passe ses journées, à imaginer des histoires, « tellement d’histoires que maintenant mes tiroirs et mes placards débordent de partout. » Le vieux chat borgne et muet lui aussi (il ne miaule ni ne ronronne) rend la solitude d’Ernest un peu moins imposante. Et puis un jour, notre célibataire endurci, en regardant la télé, découvre un métier qu’il ignorait jusqu’alors. Celui d’éditeur. Notre maladroit veut absolument envoyer quelques textes à « Monsieur l’Editeur » mais peu importe le genre (parce qu’Ernest en a sous le coude : du policier, de l’histoire d’amour, …) la réponse est toujours la même « votre histoire ne correspond pas à notre ligne éditoriale ». Au bout de quelques dizaines de refus, Monsieur l’Editeur daigne lui donner d’autres adresses de maisons d’édition qui, elles, s’intéressent plus aux histoires pour les enfants. Contre toute attente, Ernest reçoit un jour la visite d’un éditeur si sympathique, Monsieur Jean-Yves, qui reste deux semaines dans la maison assiégée par les toiles d’araignée. Puis Monsieur Jean-Yves s’en va. Sans donner de nouvelles pendant des jours et des jours, et Ernest se sent plus seul que jamais. Le récit termine en beauté, Ernest connaît la gloire et sa solitude n’est plus qu’un mauvais souvenir !

                Quelle jolie histoire accompagnée de dessins aux charmes un peu vieillots à l’image de la maison décrépite mais tellement tendres et doux ! J’ai découvert l’album avec ma fille de huit ans, nous l’avons lu en alternance, moi une page, elle une page, et nous avons vraiment beaucoup apprécié ce récit poétique. Ce n’est pas le thème de la différence (Ernest souffre du syndrome de Williams, le lecteur en est très brièvement averti d’entrée de jeu) qui a retenu l’attention de ma fille. Elle a trouvé très triste le passage décrivant la mort de la maman et elle s’est montrée enthousiaste à la fin, si heureuse. Cette lecture lui a permis, à elle aussi, de découvrir le métier d’éditeur. Le naturel et la pureté de ce petit roman illustré me fait penser à une autre pépite jeunesse que je vous présenterai dans quelque temps. Merci Noukette, je te dois un beau moment lecture entre filles !

 

 

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18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 21:13

 

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Tome 1. La vie suspendue.

 

            Cela faisait bien longtemps que je voulais lire ce livre et, suite à mon engouement pour Vango, l’envie se fit encore plus impérieuse.

            Tobie Lolness est un petit garçon qui vit dans un arbre avec ses parents. Il mesure un millimètre et demi ; ses concitoyens sont à peine plus grands. L’arbre est leur pays, leur monde. Parce que le père de Tobie, Sim, a découvert un procédé révolutionnaire sans vouloir révéler ses tenants et ses aboutissants, la famille doit s’exiler dans l’endroit le plus humide de l’arbre, les Basses-Branches. Au final, Tobie va s’accommoder de cette vie peu confortable mais il se verra contraint de fuir encore une fois. L’ombre du terrible Jo Mitch amené à diriger l’arbre en surfant sur les peurs des gens, planera sur l’ensemble des habitants et deviendra une menace de premier plan pour la famille de Tobie. Courses-poursuites, traques, ruses et camouflages, le garçonnet doit se montrer malin, d’abord pour sauver sa peau, ensuite pour espérer sauver celle de ses parents. Entre amis, ennemis et traîtres, Tobie frôlera la mort plus d’une fois avant de revenir sur ses anciennes croyances et de découvrir des vérités nouvelles.

         L’intérêt de ce roman réside à la fois dans la métaphore de notre monde à nous et dans la personnalité de Tobie. En effet, cet arbre est un microcosme avec ses gentils et ses méchants mais aussi avec ses dangers, avec la menace de sa destruction, la nécessité de le sauvegarder comme un trésor. Tobie est un véritable héros qui collectionne les qualités tant physiques que morales. Il brille de patience et de courage et l’image que je garderai de lui, c’est son attitude dans la grotte. Condamné à passer l’hiver dans une grotte sombre parce que la neige en a bloqué l’accès, Tobie rationne sa nourriture, fait de l’exercice physique et, surtout, pour passer le temps et ne pas devenir fou, il peint sur les murs l’arbre avec toutes ses ramifications, tous ses habitants, tous les souvenirs qui lui viennent à l’esprit.

          J’ai aimé cette lecture mais… comment dire… voilà typiquement le genre d’histoire « pour enfants » dans laquelle j’ai du mal à m’y retrouver parce que je préfère la littérature « pour adultes ». Et, (je vais me faire un paquet d’ennemis) j’avais ressenti la même chose quand j’ai lu quelques Harry Potter. J’en saisis parfaitement la qualité, j’en apprécie le style et l’intrigue mais ce n’est pas pour moi. J’ai moins eu cette réaction à la lecture de Vango. C’est tout à fait personnel, si mon fils de 11 ans lisait ce roman, je serais aux anges, Timothée de Fombelle a le don de magnifier ses personnages, d’inventer un monde extraordinaire, d’ouvrir un grand passage au rêve et de susciter des vocations de héros. J’ai particulièrement aimé la fin, lorsque Tobie se trouve mêlé aux Pelés, ces gens exclus de l’arbre. Que de résonances actuelles !

 

Avant de rencontrer la belle Elisha qui marche pieds nus, Tobie avance trempé dans cet univers moite des Basses-Branches : « La chaussette mouillée brouille les idées et noie le moral. »

« Quand on vit dans la peur, on tombe à chaque pas. »

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 16:22

 

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             Nous avions lu, avec un certain enthousiasme, le tome 1 « Comment dézinguer la Petite Souris », en famille. J’en avais gardé un bon souvenir.

           Astrid prouve encore une fois qu’elle est une petite fille à part. Elle en a ras-le-bol de son immense manoir, de ses parents riches trop apprêtés et sourds à ses récriminations. Car la petite veut sortir de cette maison, elle aimerait aller à l’école mais sa mère refuse qu’elle aille se mêler à la populace d’une école publique. Elles tombent d’accord sur le pensionnat de Canterville, école privée très chère, c’est d’ailleurs le prix d’inscription qui achève de convaincre le père. Oui mais cette école pour filles est réputée pour abriter des fantômes. Astrid va le découvrir plus tôt que prévu avec des personnages de tableaux qui la suivent du regard et qui vont même jusqu’à sortir la tête du cadre. Elle semble être la seule élève qui remarque ces détails insolites. Elle est aussi la meilleure élève, dans toutes les matières, sauf, en sport. Ce qui lui vaut d’être la moins populaire. Gladys et Rebecca, les jumelles qui partagent sa chambre et qui n’ont qu’une envie : fuguer, vont l’aider à redorer son blason. Astrid, en bonne héroïne, réussira à libérer les fantômes de l’école. Et à se libérer aussi, puisqu’elle finira par se retrouver à la maison, avec son professeur préférée en tant que précepteur.

Je n’irais pas jusqu’à dire que je me suis ennuyée mais j’ai trouvé l’ensemble assez plat, pas très novateur (les personnages qui sortent des tableaux…). Les jumelles sont drôles parce que rebelles et cyniques. Je crois qu’Astrid a perdu en espièglerie et en malice, c’est sans doute ce qui m’a le plus déçue. Mes enfants ont aimé même si je n’ai pas senti chez eux une ferveur délirante… Bon, au moins, on a pu lire ensemble une BD, ça faisait très longtemps que ça n’était plus arrivé ! Le tome 3 est sorti, je n’ai pas dit que je n’y jetterai pas un coup car le titre m’inspire assez : « Comment épingler l’Enfant sauvage » !

« 14/20 »

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 20:47

 

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             Vango s’apprête à être ordonné prêtre dans la cathédrale de Notre-Dame. Pourtant, une course-poursuite s’engage très vite entre lui et la police qui l’accuse du meurtre de père Jean, son mentor. Alors qu’il escalade les murs de la cathédrale, plus agile qu’un singe, un inconnu essaye de lui tirer dessus. Tout ça sous les yeux ébahis d’une foule de Parisiens et sous le regard terrorisé d’Ethel, qui couve d’amour le fuyard.

             Des îles Eoliennes où Vango a grandi en ignorant qui sont ses parents au salon du célèbre dirigeable Graf Zeppelin, en passant par le Brésilou les rives du Loch Ness, les bouleversements chronologiques et la multiplication des personnages font de ce roman une course effrénée et un voyage aussi bien spatial que temporel. On y rencontre une nourrice experte en gastronomie, la fille de Staline, une jeune Ecossaise riche et orpheline, un ânier protecteur, un truand travesti, un policier malchanceux… Chaque page contient une surprise, une aventure, une émotion. Timothée de Fombelle est un conteur formidable qui crée des personnages époustouflants, romanesques et surprenants jusqu’au plus petit des personnages secondaires.

                  Les deux bémols que je pourrais formuler – qui sont plutôt des remarques que des reproches – sont que, pour moi, les romans de Timothée de Fombelle ne sont pas des romans jeunesse (je m’étais déjà fait la réflexion pour Le Livre de Perle) et que – voilà une des raisons de mon allégation – le récit est très complexe, les personnages bien nombreux. Il faut déjà être un très bon lecteur doté d’une excellente mémoire pour s’en sortir sans égarement. Cela n’enlève en rien au charme et la magie de ce récit d’aventures captivant et enchanteur. L’auteur est un génie, c’est sûr, quelle imagination ! Quel style ! Quel habile maniement du suspens ! Un tome 2 existe, je le lirai sans aucun doute !

 

« Il grandit avec trois nourrices : la liberté, la solitude et Mademoiselle. A elles trois, elles firent son éducation. Il reçut d’elles tout ce qu’il croyait possible d’apprendre.
A cinq ans, il comprenait cinq langues mais ne parlait à personne. A sept ans, il grimpait les falaises sans avoir besoin des pieds. A neuf ans, il nourrissait les faucons qui plongeaient sur lui pour manger dans sa main. Il dormait torse nu sur les rochers avec un lézard sur le cœur. Il appelait les hirondelles en sifflant. Il lisait des romans français que sa nourrice achetait à Lipari. Il montait en haut du volcan pour se mouiller les cheveux dans les nuages. Il chantait des berceuses russes aux scarabées. Il regardait Mademoiselle couper les légumes avec des facettes impeccables, comme on taille les diamants. Puis il dévorait sa cuisine de fée.
»

 

« Il y a des gens à terre qui donnent envie de naviguer très loin et surtout très longtemps. »

La Taupe est un brin de fille qui passe son temps sur les toits de Paris : « S’il y a moins de cinq mètres sous le plafond, j’étouffe. »

« Vango avançait dans la vie en effaçant ses traces. »

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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 09:20

 

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             Le héros et narrateur de ce texte est un collégien qui se fait insulter et frapper par ses camarades. Son père lui en veut de se laisser faire ainsi, de ne pas savoir répondre et rendre la pareille. Il veut faire de lui un « homme » qui roule des mécaniques et sache cogner. Seule Sarah le comprend, le défend, le protège… surtout de cette phrase lancée par les autres garçons « t’es pédé, de toute façon. » Car ça non plus le père ne veut pas l’entendre. Il faut que le fils rentre couvert de bleus, de blessures, de boue, de maux au cœur surtout, il faut qu’il menace de se tuer, il faut qu’il fracasse le miroir de la salle de bain pour qu’enfin, son père ouvre les yeux et prononce les quelques paroles de réconfort tant attendues.

           Roman sur l’homosexualité, sur le regard des autres mais aussi sur l’éducation, ce texte de quelques dizaines de pages se lit d’une traite et ne s’oublie pas. Ce qui m’a le plus frappée parce que je le rencontre si souvent dans mon métier de prof, c’est l’incompétence du père. De nombreux, trop nombreux parents, abandonnent leurs enfants, les laissent vivre avec leurs problèmes, leurs difficultés, leur mal-être. Ils les nourrissent, les habillent, leur achètent des cadeaux et ça s’arrête là. Ne parlent pas, n’écoutent pas.

          Quant à l’homosexualité évoquée dans ce roman, j’ose espérer une évolution des mentalités, enfin. J’ai fait lire Les Lettres de mon petit frère de Christophe Donner à des 5ème, petit livre qui traite subtilement de la question de l’homosexualité. Tous les élèves sauf un ont été offusqués à l’idée de rejeter ce grand frère en raison de ses préférences.

           A copier 100 fois est un livre choc, touchant par la solitude et le désespoir évoqués par un petit garçon, révoltant à cause de l’attitude imbécile des autres. A mettre entre toutes les mains.

« Je veux pas apprendre à me battre. J’ai pas envie papa, pourquoi j’ai pas le choix ? Des claques, des balayettes, des coups de poing, des manchettes qui répondent à des claques, des balayettes, des coups de poing, des manchettes. A quoi ça sert tout ça ? papa m’a dit cent fois d’être un homme. »

« j’aimerais bien cesser de toujours danser d’un pied sur l’autre en me demandant dans quelle direction fuir, comme un petit animal en bas de la chaîne alimentaire, obligé de se protéger de tout ce qui évolue autour de lui. J’aimerais bien me sentir à l’abri quelque part. »

« J’ai perdu l’appétit, à force de manger des assiettes de silence et des bols de regards accusateurs à table avec papa. J’avale les reproches et puis je vais au lit. Dès le matin au menu, c’est soupe à la grimace. Je regarde mon ventre, des bleus se perdent dans les vagues de chair et d’os. »

 

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 14:53

 

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BD jeunesse que j’avais repérée deci delà.

           Un grand-père et son petit-fils se séparent. Le grand-père s’apprête à faire son « dernier voyage » parce qu’il est vieux, ridé et qu’il porte sur son dos les montagnes du monde. Le petit garçon se fait la promesse d’aller chercher le vent, celui qui peut tout, même soulever des montagnes. Et il s’en va, tout seul, petit bonhomme courageux. Il rencontre un arbre bavard, il traverse divers paysages, il discute avec des cailloux facétieux, et, enfin, il réussit à gravir la montagne où se trouve le vent, aidé de bouquetins aux cornes d’or. Le vent est un oiseau polymorphe, un être bienveillant et rassurant pour l’enfant abandonné.

          Ce livre a plusieurs lectures possibles et les thèmes sont aussi riches que les dessins : transmission, mort, apprentissage de la vie, confiance … Ce récit initiatique est à la fois philosophique et poétique. Je l’ai lu à ma demoiselle de sept ans, elle a beaucoup apprécié même si elle a eu un peu de mal à entrer dans l’histoire. Elle a adoré l’oiseau-vent et s’est identifiée au petit garçon plein de témérité. Les dessins sont sublimes, raffinés, admirables ; par des couleurs pastel, Amélie Fléchais, nous emmène au pays des contes, mettant en valeur l’innocence et la pureté de ce petit être démuni face à la puissance des éléments qui l’entourent. Un monde onirique qui fait un peu grandir…

 

« toi qui as l’habitude de voyager, tu sais qu’il arrive toujours un moment où il faut s’en aller. »

« Certaines promesses sont parfois impossibles à tenir. »

 

« 19/20 »

 

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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 10:02

 

 

         Une mère de famille, partie à une conférence, abandonne lâchement son mari et ses deux enfants (nan mais quelle idée !). Le drame commence quand le narrateur de fils découvre qu’il ne reste plus de lait au frigo : que va-t-on pouvoir manger avec les céréales Crocmiams du matin, quand même pas du jus d’orange ou de la mayonnaise ? En bon père de famille, l’homme quitte la maison pour aller à l’épicerie de coin, se ravitailler en lait. Oui mais le papa ne revient pas, les minutes passent et il rentre enfin, très en retard, avec une bouteille de lait à la main mais surtout une histoire rocambolesque à raconter : une fois dans la rue, il aurait été aspiré par une lumière très vive venue d’une soucoupe volante, il aurait alors emprunté une porte interdite avant de plonger dans la mer. Attrapé par des pirates, il se serait vu sauvé par un stégosaure dans une montgolfière et puis… et puis, il se passe tant de trucs ! Il est question de volcan, de professeur Steg, de Grand Splod et de poneys colorés.  Les enfants ne croient pas un mot de toute cette histoire qui comporte - comme c’est bizarre ! – des éléments se trouvant devant leurs yeux (des montgolfières sur le calendrier mural, des figurines de dinosaures et des poneys sur la table, etc.)

         Ce roman a une petite histoire dans ma famille. Mon grand fils de dix ans est un petit lecteur. Ce livre a été acheté pour lui. Il a péniblement daigné y jeter un coup d’œil… quelques semaines plus tard, il a bien voulu lire les premières pages avant de le laisser définitivement tomber. Sa sœur de sept ans, grande lectrice elle, poussée par une saine émulation dont elle a le secret, a affirmé qu’elle lirait le roman. Elle s’est arrêtée au premier tiers. Pour ne rien gâcher, j’ai fini par m’y mettre et je dois avouer que si les premières pages m’ont revigorée, la suite et surtout ces rebondissements abracadabrantesques à n’en plus finir m’ont beaucoup lassée. Je ne suis pas faite pour des livres où les actions débordent de partout ! Enfin, ça m’a rappelée le procédé de Allez raconte de Dany Boon, un DVD sympathique où l’humoriste raconte des histoires au gré des envies des enfants. Assez de digressions, les illustrations de Boulet m’ont bien plu et son blog (ici) est tout rigolo. (Mais c’est pas ça qui va me réconcilier avec la littérature jeunesse…) !

 

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 11:34

 

             Cerise a maintenant douze ans. Un âge important que sa mère tient à fêter dignement. Pour cela, elle emmène sa fille une semaine dans un chalet breton, au bord de l’océan. La surprise ne s’arrête pas là, elles iront également, toutes les deux, faire un jeu de piste un peu particulier. C’est dans un imposant manoir qu’il s’agit de résoudre une énigme tout au long d’un parcours semé d’indices. Le petit séjour se passe comme dans un rêve, alors que les mouettes tournoient autour du beau manoir, mère et fille découvrent l’énigme qui leur est destinée « Quand Monsieur Loyal s’envolera-t-il jusqu’à Vénus ? »

           Alors que Cerise rencontre Marvin, le fils de la propriétaire du manoir, sa mère lui prépare une surprise en conviant ses deux meilleures amies, Line et Erica. Les trois filles vont s’associer pour tenter de résoudre l’énigme. Elles découvrent un tableau s’intitulant « La Belle Vénus » d’une femme à qui il manque la tête, elles vont tomber sur le costume de Monsieur Loyal, Cerise va interroger un libraire qui va lui raconter une étrange histoire autour d’une Anna et d’une Eva… Et les apparences sont bien trompeuses, Cerise va le découvrir à ses dépens.

          Cerise a grandi, les sujets traités dans la série ont évolué avec elle. Elle pense souvent à son père disparu, elle se confronte souvent à une mère qui reste son seul parent. Ma fille a très justement remarqué que le visage de Cerise a changé depuis le premier tome. Ce dernier opus est très émouvant, j’ai l’impression qu’il était plus mûr et plus adulte que les précédents et pourtant, mes enfants l’ont aimé aussi. A l’unanimité, c’est notre préféré avec le premier tome. On a même droit à un petit rappel avec ce cher peintre Michel qui vient faire un coucou à Cerise. Le voyage en Bretagne en valait bien la peine, Cerise revient plus lucide et plus ouverte pour affronter une adolescence qui nous promet encore de belles surprises !

 

« 20/20 »

 

 

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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 21:27

 

 

          Ce livre est le doudou de mon enfance. J’ai des souvenirs précis de ma maman me racontant cette histoire-conte de fée et qui me faisait tant rêver.

          Militaire, le jeune Moutier découvre deux garçonnets cachés à l’abri d’un vieux chêne. Ils ont été abandonnés. Moutier les prend sous son aile et se rend à l’auberge de l’Ange-Gardien où il découvre des hôtesses chaleureuses et accueillantes, Madame Blidot et sa sœur Elfy. Les femmes, seules, n’hésitent pas un instant à adopter Jacques et Paul. Les années passent, les enfants grandissent et Moutier vient régulièrement les voir ; il tombe amoureux d’Elfy. Le général Dourakine, un Russe qui était hébergé dans l’auberge voisine, tenue par les méchants Bournier, croise leur chemin et, telle une bonne fée, va jeter un coup de baguette magique sur tous ces êtres et leur rendre la vie magnifiquement belle !

          J’ai lu ce roman à mes enfants. Quelle déception ! Alors que je croyais les subjuguer, je les ai ennuyés comme jamais ! Des longueurs et des répétitions alourdissent cette histoire. Ce qui m’a personnellement le plus refroidie, c’est le caractère désuet de l’intrigue, évidemment machiste mais aussi prompte à donner des coups de fouet aux garçons désobéissants et surtout manichéenne, terriblement manichéenne ! Patriotisme exacerbé, religion comme ligne directrice… et le tout saupoudré d’une bonne dose de naïveté ! Je lui poserai la question mais je crois me souvenir que ma maman lisait un chapitre puis me le résumait l’agrémentant de commentaires personnels. Je ne sais pas si c’est pour ça ou si j’ai vraiment trop vieilli et que la magie de l’enfance n’opère plus sur moi mais je suis ressortie attristée d’avoir si peu aimé.

 

Une image dont je me souviens bien et qui m’a encore fait sourire. Moutier était accompagné de son chien Capitaine : « L’homme et l’enfant suivis de Capitaine qui portait le petit Paul sur son dos, se mirent en route. L’enfant apprit à son bienfaiteur que sa mère était morte après avoir été longtemps malade, que les meubles avaient été vendus et que leur papa, toujours triste, cherchait en vain de l’ouvrage… Un jour les gendarmes l’avaient emmené et promis aux enfants de revenir. En vain. »

 

Que d’éditions différentes !!!

               ...

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