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16 avril 2021 5 16 /04 /avril /2021 15:46

Résultat de recherche d'images pour "Graines de bandits d’Yvon Roy autobiographie"

Deux frères grandissent aux Etats-Unis entre les désirs irréalisables d’un père et une mère déprimée, lassée des promesses non tenues de son mari. Les deux garçons ne perdent pas leur fierté pour autant. Entre l’école à la maison et de grandes quantités de romans et d’encyclopédies avalées, la construction de cabanes, d’igloos ou de karts, la rivalité entre eux et les autres enfants du village fait rage. Les enfants sabotent des engins de chantier, fouillent les poubelles pour récupérer ce qui fera leur nouvelle petite automobile. Ils se vantent d’être les meilleurs, essayent d’y croire jusqu’au bout et de garder la tête haute. Eux, contrairement aux adultes, font, sont actifs, avancent.

Dans ce récit autobiographique, Yvon Roy nous fait comprendre à quel point l’enfance peut être violente. A travers les non-dits des parents, la rivalité entre les jeunes, les excès de confiance en soi, l’amour qu’on devine sans le comprendre, la notion de péché si effrayante. Et pourtant, les garçons sont cocasses, curieux et autodidactes dans un monde qui les a comme abandonnés. Le narrateur, le plus jeune des frères, nous offre cette image d’enfants d’une autre époque, toujours dehors, en train de vivre des films d’aventures qu’ils se sont créés de toutes pièces et des histoires qu’ils s’inventent. Il n’y pas ni jugement ni jérémiades mais sans doute un brin de nostalgie. Une lecture bien agréable aux dessins élégants, en noir et blanc.

J’avais déjà apprécié Les petites victoires qui m’avait davantage bouleversée. Yvon Roy est décidément un auteur à suivre.

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6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 12:32

Thérapie de groupe tome 2 - BDfugue.com

 

-  Ce qui se conçoit bien.

Et je continue cette extra-ordinaire série d’un de mes dessinateurs chouchous.

         Jean-Eudes de Cageot-Goujon alias Manu Larcenet, après avoir longtemps cherché l’« étoile qui danse » en lui parce qu’il avait perdu inspiration et génie, se retrouve dans une clinique psychiatrique, « Les petits oiseaux joyeux ». Là, il apprécie la quantité de drogues qu’on lui administre, il participe contre son gré à un atelier de dessin où il se met, encore une fois, à essayer de trouver l’inspiration. « Albatrosman, l’indolent compagnon de voyage mutant », une de ses premières trouvailles, est un savant mélange entre un super héros et le célèbre poème de Baudelaire. Bien sûr, ça ne le satisfait pas. Entre un voisin (fou) très doué, le syndrome de Stendhal et les neuf étapes du deuil artistique, l'homme va finir par gagner en sérénité, mais cela va-t-il durer ?

         Manu Larcenet explore tous les recoins de la dépression de l’artiste, ce qui est drôle, c’est qu’il aime les extrêmes, soit il s’auto-congratule (« Manu Larcenet, demi-dieu, … conceptuellement époustouflant ») soit il se voit comme un être déchu et maudit (« Les ventes ne décollent pas et restent exilées au sol […] son chaos intérieur a pris le dessus ». La diversité graphique est tout aussi incroyable que dans le premier tome : dessins en noir et blanc, formes géométriques, pastiche du dessin médiéval, coupures de journaux, dessins alambiqués à la Jérôme Bosch, multiples références à d’autres peintres (Munch, Miro, Picasso, …) l’auteur m’a directement comblée en démarrant son opus avec cette référence à « L’Albatros ».

         Je suis fan fan fan, que voulez-vous. Les détracteurs de Manu Larcenet pourront toujours avancer l’argument d’un nombrilisme omniprésent, moi il me fait vraiment rire. J’ai lu cette BD plus tôt que prévu parce que tous les sites de l’Education nationale saturaient (merci l’anticipation – écœurement) et elle m’a détendue. Engouement total.

Manu Larcenet se rend compte qu’il souffre du poids de ses prédécesseurs, mais, eux morts, il pense qu’il peut encore les surpasser : « Mais bien sûr, un western !! Monet, Klimt, Michel-Ange… aucun n’a jamais songé à faire un western !! Ha ha ! Les amateurs !! Pourtant, en bédé, c’est bien connu… quand on n’a plus rien à dire, il suffit de faire un western ! pour les garçons, hin ! pour les filles, il faut faire des biographies de féministes mortes. »

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24 mars 2021 3 24 /03 /mars /2021 17:33

Thérapie de groupe - BD, informations, cotes

     1. L’étoile qui danse.

Qu’il me tardait de retrouver Manu Larcenet ! quelles retrouvailles !

Après une longue période de gloire internationale et de succès inégalable, Manu Larcenet se retrouve comme deux ronds de flan, sans idées, sans inspiration, sans coup de génie, un artiste fini, quoi. Il dépérit forcément… jusqu’à ce qu’on lui souffle cette phrase de Nietzsche :"Il faut avoir du chaos en soi pour enfanter une étoile qui danse". Son cerveau se met à carburer, il pense aux hommes préhistoriques, n'étaient-ils pas lassés de ne dessiner que des "mammouths laineux" sur les murs de leur grotte? Et les hommes de la Renaissance et leur muse... belle accompagnatrice ou boulet à porter? Manu est à la recherche de l'idée du siècle mais il doute, se cherche, hésite, paresse beaucoup, mange encore plus, culpabilise, interroge sa famille qui ne lui est d'aucun secours...

Empli d’ironie, d’auto-dérision, de 24ème degré, cet album fait sourire à chaque page… mais si encore il n’y avait que cela ! Les dessins sont de toute beauté, originaux et surprenants, ils mêlent différents styles et genres : faux articles de journaux, dessins à la Fabcaro, croquis de tableaux célèbres. Les nuances de couleurs, la finesse du trait font de chaque planche un spectacle qu’on lit puis qu’on admire. Ou qu’on admire puis lit. Rajoutons encore que Larcenet nous balaye avec virtuosité différentes époques, nous parle de Léonard de Vinci, se brouille avec Cézanne, imite Snoopy ; des passés artistiques qu’il revisite à sa sauce dans la joie ou dans la bonne humeur. M’enfin, il ne faudrait pas dire ça, parce que Larcenet, les joyeux drilles, il ne les aime pas trop et craint qu’ils envahissent la planète sous peu. Vous l’aurez deviné, c’est pour moi un COUP DE CŒUR ! J’ai retrouvé le Larcenet que j’aime tant, celui du Retour à la terre, merci à lui ! Et la suite existe déjà, elle est pas belle la vie ?

« un esprit vain dans un corps gras. »

A propos des muses : « Si c’est Dieu qui se tape tout le boulot et qu’il faut juste illustrer, j’ose poser la question : où est l’exploit ? De toute façon, aujourd’hui, la question ne se pose plus… Comme Dieu est en fuite, il faut se débrouiller tout seul. C’est vachement dur

Thérapie de groupe T1, bd chez Dargaud de Larcenet

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3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 11:59

La forêt millénaire de Jirô Taniguchi - Album - Livre - Decitre

       Quelle ne fut pas ma joie de constater qu’il existait encore un album de Taniguchi, dans ma bibliothèque municipale, que je n’avais pas lu !

        Wataru, un jeune Tokyoïte, a neuf ans quand ses parents se séparent. Quelque temps plus tard, il est recueilli par ses grands-parents paternels, dans « un village au fond de la montagne ». Alors que son intégration au sein des autres enfants de son âge ne se fait pas aisément, Wataru sent comme une force venue de la forêt qui l’appelle. Quand un groupe d’enfants le défient de monter à un énorme arbre, Wataru se découvre des forces insoupçonnées, il grimpe au colosse en entendant une voix bienveillante : « Tu en es capable Wataru, … tu es notre fils ». La forêt est là, elle le guide, le protège et l’entoure.

        Ce magnifique album, le dernier de Taniguchi, est inachevé. Il est le premier tome d'une série qui aurait dû en compter trois. Il n’empêche qu’il est un spectacle à lui tout seul, empli de vert ; le vert des feuilles, de l’herbe, des buissons, de la forêt. Des silhouettes fantastiques apparaissent au loin et suggèrent le monde merveilleux vers lequel on devrait tendre, celui où humain et nature vivraient en parfaite harmonie. Quel joli message avant de mourir ! L’album est accompagné des carnets de l’artiste, d’une explication de son projet et d’une courte biographie de l’auteur. Ma fille l’a lu avec moi, elle a adoré aussi, je l’ai lu deux fois, c’est un petit baume de bonheur.

La forêt millénaire. Jirô TANIGUCHI – 2017 (BD)

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20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 18:56

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         Tonton Paul revient à Pâques et, en fabuleux conteur, narre la suite de la vie de la belle Juliette.

         Juliette est une jeune femme indépendante qui, son diplôme de lettres en poche, n’a qu’un rêve : devenir grand reporter. Mais en 1937, travailler durement pour une jolie femme de la haute société, n’est pas aussi évident, et même son père qui l’adore, voit cette vocation d’un mauvais œil. Un petit différend sépare père et fille : un nazi aimerait racheter des parts de l’entreprise de Monsieur Sainteloi qui souhaite accepter mais Juliette s’oppose farouchement à l’idée de traiter avec les nazis. Elle ne le sait pas encore mais elle se fera complètement avoir par un beau jeune homme riche et séduisant qui la comblera de cadeaux, de sorties à sensations fortes comme elle les aime. Les retournements de situation et les traîtres laisseront la jeune femme toute seule avec, pour seul réconfort, le souvenir de Ptirou et son contagieux optimisme.

         Cette suite de Il s’appelait Ptirou peut se lire indépendamment du premier tome, je pense. Quelques années ont passé, on retrouve certains personnages mais l’action principale tourne autour de Juliette, cette féministe qui aime la vitesse et les découvertes. Je crois que j’ai encore préféré cet opus au précédent même si les deux sont excellents, j’ai beaucoup apprécié me retrouver à l’exposition universelle de Paris avec ces deux célèbres pavillons allemand et communiste rivalisant d’insolence et de grandeur. L’immersion dans ce Paris des années 30, le courage de Juliette, les belles robes de l’époque, les voitures, l’architecture, ahhh, que tout cela est joli à regarder ! J’apprécie de plus en plus les dessins de Laurent Verron dont le style précis et raffiné correspond si bien à cette veille de Deuxième Guerre mondiale. Un 3ème tome est en projet, j’ai hâte de le découvrir !

         Ma fille de désormais 12 ans a lu les deux tomes et elle les a beaucoup aimés aussi (même si elle n’a pas dû comprendre toutes les références). Abonnée à Spirou, c’est une grande fan du magazine.

 

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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 17:55

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           Il s’appelait Ptirou de Verron et Y. SenteLe soir de Noël 1959, le cher tonton Paul raconte à trois enfants très attentifs une belle histoire. En 1929, Monsieur de Sainteloi, riche directeur d’une compagnie maritime, décide d’emmener sa fille Juliette à New-York, en bateau. Le pari est risqué car Juliette, orpheline de mère, souffre d’une maladie cardiaque qui la rend dépendante à un médicament. Il s’agit de trouver une infirmière compétente en un temps record. Parallèlement, Ptirou, un jeune acrobate, voit sa mère mourir dans un numéro de cirque. Débrouillard et intrépide, il décide de prendre son indépendance et, par un concours de circonstances, il se fait embaucher en tant que mousse sur un immense paquebot … celui-là même qui emmène M. de Sainteloi et sa fille Juliette en Amérique. Des tentatives de sabotage, la disparition du précieux médicament, des trahisons et autres rebondissements vont rapprocher Juliette et Ptirou et, même si un gouffre social les oppose, ces quelques semaines de traversée vont rester inoubliables pour les deux jeunes gens.

Récit d’aventure, cette BD nous permet de faire la connaissance avec celui qui sera à l’origine du Journal de Spirou : Robert Velter, alias Rob-Vel. En plus de nous plonger en 1929, l’album, dense et volumineux comme je les aime, fait découvrir aux lecteurs la vie sur un bateau entre la haute société, ses dîners somptueux, ses séances d’escrime ou de boxe, son cinéma, ses terrasses, etc. et les autres : le personnel navigant qui se doit d’être irréprochable, les ouvriers qui font le sale boulot et dont les revendications ne sont pas entendues. En toile de fond, une belle histoire d’amour de personnages avec une aura un peu magique : Ptirou en lutin espiègle et la jolie Juliette qui deviendra l’héroïne du tome suivant. Une très belle découverte avec des dessins somptueux.

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30 janvier 2021 6 30 /01 /janvier /2021 19:25

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         Pierre Grimaud est le survivant d’un massacre. Tous les membres de sa grande famille ont été poignardés et c’est la sœur Laura, simple d’esprit, qui est accusée des meurtres puisqu’elle a été retrouvée couverte de sang, le poignard à la main. Elle se suicide peu après. Six ans plus tard, Pierre sort du coma. Une psychologue, Anna, qui a suivi l’enquête depuis ses débuts, vient le voir deux fois par semaine. Pierre est désormais un séduisant jeune homme intelligent et Anna n’est pas sans charme non plus. Commence entre eux une relation ambiguë et sur ce tableau psy/patient vont se greffer d’autres personnages : le personnel de l’hôpital, les autres patients tous touchés durement par un accident ou une maladie. C’est dans ce huis clos tendu que l’enquête sur la boucherie familiale va avancer et la vraie personnalité de Pierre émerger.

         Quelle lecture ! Malgré les 290 pages, je l’ai dévorée d’une traite ! Le rythme est haletant, le suspens maintient le lecteur scotché à sa planche ; le thriller psychologique est parfaitement réussi. Certes, on devine assez rapidement les tenants et les aboutissants mais le scénario est digne d’une bonne série télé. J’ai beaucoup aimé les dessins de cet artiste que je découvre avec cette lecture.

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 18:22

Casterman - Seules à Berlin

 

       Nous sommes à Berlin, en avril puis mai 1945. La ville est détruite, les Allemands encore vivants rescapés dans un bunker où on crève de faim. Ingrid fait partie du groupe où on ne parle plus que d’Hitler et de l’arrivée imminente des Russes. Et effectivement, les Russes débarquent avec leur gouaille et leur excès d’assurance. Parmi eux, Evgeniya, une jeune femme de 19 ans qui travaille au N.K.V.D., un organisme qui gérait les goulags. Les deux femmes, qui parlent à la fois allemand et russe, vont se rencontrer, confronter leurs croyances et leurs désillusions. Chacune tient un journal intime qui sera lue par l’autre. Dans celui d’Ingrid, les croix se multiplient, … autant de croix que de viols. Pendant ce temps-là, on cherche le cadavre d’Hitler, les Russes ont découvert des dents qui pourraient être les siennes ; et on s’empare du Reichstag.

       Pour une BD choisie par hasard, la claque fut magistrale ! Le dessin, d’emblée, heurte. Les visages se rapprochent des squelettes, les traits simplifiés renvoient soit à l’horreur et l’inhumanité, soit à la candeur du visage d’Evgeniya. Les premiers mots donnent le ton « Berlin est un champ de gris », le gris est sale et sans espoir, pourtant la couleur apparaîtra en dernière planche. La dimension féministe m’a frappée également, pour une BD créée par un homme… la guerre est masculine et, dans les abris, les hommes déblatèrent inutilement pendant que les femmes se taisent et travaillent. Il est question de résilience et de renaissance, loin des hommes. Un bel ouvrage qui propose une vision apocalyptique de la fin de la guerre. Il est nécessaire parfois de se faire bousculer, cette BD y contribue largement avec une force assez incroyable. Bravo !

Seules à Berlin, bd chez Casterman de Juncker

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9 janvier 2021 6 09 /01 /janvier /2021 10:45

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         Ana et Zeno, d’un âge bien avancé, se retrouvent enfin après 40 ans de séparation pour s’aimer librement. Voilà le début de l’album mais la fin de l’histoire. C’est en vingt tableaux et à rebours que Jordi Lafebre nous conte l’histoire de ce couple atypique. Ana est maire d’une grande ville et le principal projet de ses deux mandats a été de bâtir un pont qui relierai les deux rives de la cité. Zeno est, quant à lui, un instable. Marin physicien, aventurier dans tous les sens du terme, il parcourt le monde avant de revenir s’installer dans la librairie paternelle. Ana et Zeno ne se voient presque jamais mais gardent contact avec une constance admirable.

         Oh ciel, quelle merveille ! D’une élégance folle, le trait de Jordi Lafevre nous emporte dans un monde où tout est possible. Pour ces deux-là, c’était une évidence et leurs retrouvailles sont d’une simplicité magnifique. Tout m’a plu. A la fois le contraste entre cette mère de famille virevoltante et pleine d’énergie qui ne se voyait pas ne pas fonder une famille (même si elle est plus maire que mère au final…) et ce vieux beau tellement charmant qui se moque un peu des clichés et du bien-pensant. J’ai aussi adoré le flirt avec l’imaginaire qui m’avait déjà tellement touchée dans Lydie. Et puis cette légèreté, cette impression de toucher à l’essentiel comme si être heureux était tout simplement le plus important même si l’humour n’est pas en reste… le message est proche de celui des Beaux étés. A lire, à offrir, à relire, à donner ! Coup de cœur.

Une jolie métaphore de nos deux tourtereaux : « Il y a très longtemps, la Lune et la Terre suivaient chacune leur propre trajectoire. Un jour, elles se sont croisées et se sont attirées mutuellement, mais ni l’une ni l’autre n’est parvenue à s’arrêter. Elles ont poursuivi leur course, chacune exerçant une attraction sur l’autre… et les forces se sont conjuguées… si bien que la Lune s’est mise à tourner autour de la Terre, encore et encore… même si elles n’ont pas réussi à s’accrocher… leurs trajectoires sont à jamais liées. »

« Tu ne dois pas avoir peur d’aimer, mon garçon. Un cœur qui n’aime pas est une lumière qui ne voyage pas. »

Malgré tout, bd chez Dargaud de Lafebre, Sapin

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23 décembre 2020 3 23 /12 /décembre /2020 16:43

No direction - BD, informations, cotes

Jeb est un tueur, il en a fait son métier, il tue sans scrupules ni remords, il a sa manière de faire et son « travail » est toujours bien fait. Un soir, il rencontre Bess dans un bar malfamé où elle se voit contrainte d’abattre un homme. Les deux jeunes fuient ensemble. Démarre alors un road-trip où les cadavres sont comme les cailloux du petit Poucet sauf que ce périple vers la Californie n’a rien d’un conte. En parallèle, une mère de famille fuit avec ses deux enfants son mari que l’aîné a tué. Il y a aussi un pasteur qui aime les adolescentes, un obèse qui tient un motel crasseux, une prostituée qui offre son corps, une flic nymphomane.

Brrr… ça pique ! Acide à souhait, cette BD mêle à la fois violence et sexe, et pourtant, j’ai aimé. Les couleurs sont aussi sombres que la noirceur du récit mais chaque chapitre démarre avec une belle planche sur papier glacé aux couleurs vives, comme pour rendre ce qui suit encore un peu plus abominable. Ça décrasse, c’est du Bonnie&Clyde version trash, ça n’est surtout pas à mettre entre toutes les mains. J’ai parfois souri face à cette avalanche de haine qui a tendance à friser le cliché. Les bons sentiments ? Moynot leur vomit dessus !  On a besoin d’être un peu secoués parfois… mais ne mettez pas l'album sous le sapin familial demain soir. 

Cette BD a obtenu le Fauve Polar SNCF au festival d’Angoulême 2020.

Découvrez ci-dessous en accès libre les deux premiers chapitres du livre! -  Emmanuel Moynot BD

 

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