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23 octobre 2021 6 23 /10 /octobre /2021 17:38

L'Adoption de Zidrou et Monin : être né quelque part - Babelio

Wadji a 10 ans et il vient du Yémen. Gaëlle et Romain, un couple d’une quarantaine d’années, ont enfin réussi à obtenir son adoption. Ils sont heureux, ont invité du monde pour fêter l’occasion. Mais le petit Wadji garde son imperméable, il semble perdu et tout petit dans cette grande maison confortable. Il ne connaît ni le fonctionnement de la douche, ni celui de la balançoire. Il observe et s’imprègne sans comprendre réellement. Si, il comprend quand, lors de son premier jour à l’école, on se moque de lui et qu’il se défend violemment avec ses poings. Quand il est contrarié, frapper devient une réponse. Il refuse également le contact physique et Gaëlle est frustrée de ne pouvoir le prendre dans ses bras. Cette adoption pose de plus en plus problème au couple…

C’est une belle histoire émouvante et cruelle sur l’adoption et ses difficultés et surtout sur la confrontation de deux mondes diamétralement opposés. Les parents adoptifs veulent trop vite faire entrer le garçon dans leur moule à eux en ignorant qu’il a un passé, qu’il avait une vie avant, qu’il avait une famille. Même si c’est un peu caricatural, ce sont les vieux riches occidentaux qui sont les plus cons, la grande sœur fait à peine exception. Le petit gamin est attachant dès les premières planches avec ses grands yeux effrayés et on comprend vite que le passé le hante encore entre ses parents qu’il a perdus et la guerre qui l’a traumatisé. Le dessin est superbe, Monin utilise toutes les palettes de couleurs et brille de précision, les visages sont d’une netteté ! J’ai donc beaucoup aimé cet album qui connaîtra une suite, je l’espère en tous cas, parce que la fin ouverte m’a frustrée ! Je l’ai fait lire à mon ado de fille qui en est sortie complètement révoltée contre les parents.

Le tome 2 qui était une toute autre histoire.

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7 octobre 2021 4 07 /10 /octobre /2021 13:45

Jonathan Munoz et  Gaet's - Un léger bruit dans le moteur.

D’après le roman du même nom de Jean-Luc Luciani.

Un minuscule village perdu au milieu de nulle part. Des gens pauvres, stupides et incultes. L’épicière est la seule qui se rend dans « le monde de dehors du village ». Le narrateur ? Un petit garçon qui éprouve un besoin inextinguible et un plaisir intense à tuer. Sa mère est morte à sa naissance, il a poussé son demi-frère du haut de la balançoire avant d’écraser sa tête contre le sol, il a planté son équerre dans l’œil de sa maîtresse, il a enfoncé son copain dans une grosse flaque de boue, et la série ne s’arrêtera pas là … son unique objectif est simple : tuer tout le monde. Il y parviendra et quittera cet univers gris et sordide.

Est-ce pertinent de dire que c’est sinistre du début à la fin ? Non seulement ce petit garçon est affreux mais les gens qui l’entourent sont eux-mêmes laids, grotesques et dénués d’humanité. Le décor est glauque lui aussi, des cabanes en bois grossièrement bâties, un vent hostile, des rues sombres où personne ne passe jamais. La somme de tant de données négatives a (presque) pour effet d’obtenir un résultat positif, on est (presque) content pour ce garçon qui peut se barrer de ce hameau dirigé par des adultes irresponsables et odieux. En tous cas, on ne reprochera pas à cet album mièvrerie et platitude ; j’ai aimé cette noirceur qui m’a amusée jusqu’à ce que je me dise que ça existe encore, ce genre d’endroit… même si vous entendez votre voiture faire un « léger bruit dans le moteur », ne vous arrêtez pas !

Jonathan Munoz et  Gaet's - Un léger bruit dans le moteur.

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21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 14:36

Chroniques de jeunesse - broché - Guy Delisle, Guy Delisle - Achat Livre |  fnac

Par le passé, j’ai lu pas mal d’albums de Delisle, j’ai été contente de me plonger à nouveau dans ses dessins, dans son univers.

Guy a 16 ans, il postule dans l’usine où travaille son père en tant que dessinateur industriel, une usine de papier québécoise pour un job d’été. Il découvre un métier difficile, éreintant, supposant de maîtriser d’énormes machines, le tout dans une atmosphère bruyante et trop chaude. Guy rêve d’être dessinateur de BD, il travaille la nuit dans cette usine et s’isole des jeunes de son âge. Il rencontre des hommes très différents qu’il plaint de travailler douze mois dans l’année dans cet enfer.

Même si le sujet n’est pas des plus passionnants, ça m’a plu de découvrir cet univers de papier et surtout cette première expérience dans le monde du travail pour un adolescent québécois. Je garde moi-même de forts souvenirs de mes jobs d’été que j’ai – pour la plupart – détestés. Il est utile de passer par là pour savoir ce qu’on veut et ce qu’on ne veut pas faire. Delisle évoque des ouvriers sans les juger et c’est toujours avec une grande humilité et une certaine dignité qu’il traite ses sujets. Le lecteur est content pour lui quand, à la fin, il se fait embaucher par un producteur et qu’il quitte cette usine qui « continuera à tourner et à fumer nuit et jour, hiver comme été. » Je suis en panne de BD en ce moment et je dois dire que je n’ai pas grand-chose de plus à rajouter pour celle-ci.  

Chroniques de jeunesse de Guy Delisle - Album - Livre - Decitre

 

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7 septembre 2021 2 07 /09 /septembre /2021 14:39

Les Mains de Ginette de Marion Duclos, Olivier Ka - Album | Editions  Delcourt

Ginette a de belles mains, les plus belles que Marcelin Gavoche n’ait jamais vues. Et il s’y connaît, Marcelin, en mains, puisqu’il vend des gants de toutes sortes dans sa droguerie. Il a l’art de savoir vendre, d’expliquer à ses clientes pourquoi il trouve pour elle le « produit parfaitement adapté à la nature de leur peau et à la morphologie de leurs doigts. » Disons-le clairement, Marcellin tombe amoureux des mains de Ginette, pour elle, pour elles, il accomplit le meilleur, la couvre de cadeaux et d’amour. La préposée aux postes et le droguiste se marient et contaminent, par leur bonheur, le village entier. Mais au fil des mois, Ginette devient de plus en plus suspicieuse, toutes les mains vues par Marcelin à la boutique ne le tenteraient-elles pas ? N’a-t-il d’ailleurs pas déjà succombé à une fille qu’il gante ? La jalousie de Ginette prend des proportions drastiques, elle empêche son mari d’aller où bon lui semble, elle le force à préférer la vente de l’électroménager à celle des gants, elle regarde avec mépris les mains de toutes les clientes de la poste. Marcelin, tellement amoureux, accepte tout mais ses meilleurs copains ne voient pas cette tyrannie du même œil. Il faut que cela cesse !

Une histoire plutôt sombre et même tristounette puisque ça ne termine pas très bien même si le lecteur ne risque pas de s’attacher à Ginette, une femme mauvaise et toxique comme on dirait de nos jours… L’histoire a pour cadre un petit village des années 60 et nous invite à entrer dans la boutique de la parfaite petite ménagère. Les dessins attrayants sont très colorés et avec ses bigoudis et ses papiers peints à grosses fleurs, nous projettent bien dans cette époque. Mais mais mais, j’ai ressenti une petite déception quant à l’intrigue (c’est pourtant Olivier Ka !), tout ça se lit très bien mais il manque un peu d’humanité dans cette histoire de vie ratée ou un peu de piquant qui permettrait de rendre l’album marquant.

Le très beau billet de Mo'

Les mains de ginette de Olivier Ka, Marion Duclos - BDfugue.com

Bonne rentrée à toutes et à tous !

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24 août 2021 2 24 /08 /août /2021 20:17

Les beaux étés T.6 ; les Genêts - Zidrou, Jordi Lafebre - Dargaud - Grand  format - Le Hall du Livre NANCY

1970. Pierre, le papa, sans avoir réellement terminé son album religieux sur les lépreux cède à sa femme Mado, enceinte jusqu’au cou du quatrième, et toute la famille Faldérault file vers le Sud dans la 4L baptisée Mam’Zelle Estérel. Il fait beau, les nuages décorent le ciel, les pauses pipi sont bucoliques mais soudain, en pleine campagne bourguignonne, c’est la collision. Un camion a perdu une partie de son chargement et le pare-brise de la 4L est fichu. Dans le petit village où la voiture reste au garage en attendant un nouveau pare-brise, Esther se propose de prêter un bout de terrain à la famille. Ni une ni deux, on campe à côté d’une vaste ferme nommée Les Genêts. Les enfants s’en donnent à cœur joie, poursuivent les poules, gardent les chèvres, s’empiffrent des bons produits locaux que leur proposent Esther et sa « sœur ». Un soir, Julie surprend « les deux madames » en train de s’embrasser. Le petit Louis découvre le mot « nomosexuelles » et « lèche-biennes » et les deux fermières finissent par expliquer qu’elles ne peuvent vivre leur amour au grand jour. Les deux nuits passées aux Genêts se transforment en séjour complet avec une belle surprise finale qui contraindra nos 5 … ou 6 à prolonger encore un peu leurs vacances.

Que dire qui n’a pas déjà été dit ? Ce dernier opus confirme la place Number One de cette série dans la catégorie des BD qui donnent la pêche, au pire le sourire. Pétillant rayon de soleil, il nous emmène en pleine cambrousse siester à l’ombre d’un chêne, caresser le chevreau et décapiter une poule (Julie sera désormais végétarienne). On respire le bon air chaud de l’été. Même si le passage un peu moraliste sur les deux femmes qui s’aiment paraît un peu artificiel, on ne peut que passer un délicieux moment aux Genêts. J’ai adoré les dessins, la grande case montrant les Genêts avec le paon au premier plan vaut le détour à elle toute seule. On a hâte de lire la suite !

 

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14 août 2021 6 14 /08 /août /2021 21:43

À peu presque

        Dans cette courte BD de quelque soixante planches, les grandes pages de l’Histoire révéleront tous leurs secrets, qu’il s’agisse de la Préhistoire ou du Moyen-âge, de la découverte du Nouveau monde ou de l’Antiquité. Nan, … c’est pas vrai du tout puisque l’auteur en fait ce qu’il veut de ces tranches historiques qu’il redécoupe à sa guise et les farcit des plus belles invraisemblances accompagnées des plus incroyables anachronismes.

        Le résultat est jubilatoire, on se marre bien ! Les esclaves égyptiens évoquent leur burn-out, ils se retrouvent dans une obscure geôle « Tu vas enfin pouvoir prendre du temps pour te recentrer sur toi-même ». Vous l’ignoriez peut-être mais au XIVème siècle, on parlait tri des déchets du haut d’un château fort… « le heaume dans la poubelle ocre… mais la tête, alors, c’est dans les déchets ménagers ? » mais nooon : directement au compost, pardi ! Au XVIIIème siècle, les hommes poudrés et perruqués tentent de décoder les mouvements de l’éventail de ces dames, savoir si ouverture il peut y avoir. « Bien le bonjour, gente Dame, franchement, vous êtes charmante. Y’a moyen ? », « Sbaf », « Laisse tomber, les meufs, soi-disant elles veulent de l’amour courtois, mais quand tu fais des efforts, tu te fais tej. » Une belle réussite que ces galéjades et facéties en tout genre qui mettent surtout en valeur les bons gros défauts de notre étrange XXIè siècle !

   À peu presque - BDfugue.com

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3 août 2021 2 03 /08 /août /2021 09:57

La fuite du cerveau - Librairie et Papeterie du Théâtre

Albert Einstein vient de mourir. Sous une impulsion soudaine et inexpliquée, son médecin légiste, Thomas Stolz, extrait le cerveau du cadavre et l’emporte chez lui. Alors qu’il tente de cacher le bocal contenant le cerveau dans sa cave, il tombe nez-à-nez avec le professeur Einstein, le crâne ouvert. Le vieil homme indulgent et bienveillant n’est là que parce qu’il avait un travail en cours et que ça l’ennuyait « de tout laisser en plan ». Evidemment, le vol est vite connu, le directeur de l’hôpital en veut à Stolz qui aimerait collaborer avec la belle Marianne, une neurologue. Le FBI s’emmêle et l’improbable trio s’enfuit avec le cerveau. Après moult péripéties, ils arrivent dans un hôpital désaffecté où sévit le Dr Seward entouré de patients psychologiquement atteints. Il s’agit, encore et toujours, de savoir ce que ce cerveau de génie contient de particulier.

Cette extraordinaire odyssée prend des allures de quête sans fin. Les dessins font plus que rendre honneur à cette intrigue loufoque assaisonnée de discours scientifiques, ils sont un chef d’œuvre à part entière. Après Pereira prétend, Malaterre ou encore La grande école, je peux m’affirmer fan du dessin de Gomont qui, par son trait sauvage parfaitement maîtrisé, appelle au rêve et à l’évasion. Avec peu, il crée une sublime étincelle comme le prouvent les dernières planches, majestueusement tendres et poétiques. Quant au scénario, je l’ai trouvé un brin longuet et entortillé mais on ne peut que s’attacher à cet Einstein au crâne découpé, docile, humble et sympathique. Ça sent un peu la comédie américaine avec le vieux monsieur qu’on trimballe, le héros maladroit et la belle blonde mais c’est drôle et bien trouvé. Et puis, il y a le trait vif de Gomont, sa large palette de couleurs, les jeux d’ombre, les beaux paysages… je crois que je radote, lisez-le !

La fuite du cerveau : La fuite du cerveau - Bubble BD, Comics et Mangas

Bande dessinée - "La Fuite du cerveau" de Pierre-Henry Gomont : à la  poursuite de l'intelligence d'Einstein

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23 juillet 2021 5 23 /07 /juillet /2021 14:21

Le coin lecture de Nath: Peau d'Homme - Hubert & Zanzim ♥♥♥♥♥

         Bianca va se marier. Jolie jeune fille de bonne famille, elle s’étonne qu’on lui impose un certain Giovanni sans qu’elle soit amenée à le connaître davantage. Ses amies l’envient, il y a pire, il est bel homme. Quand Bianca se confie à sa tante, cette dernière lui révèle un secret de famille : « nous avons en notre possession une peau d’homme. » A la manière d’un costume qu’on enfile, Bianca va revêtir cette peau masculine pour mieux connaître Giovanni. Elle découvre alors qu’il préfère les hommes et qu’il est très attiré par cette version mâle de Bianca : Lorenzo. Alors que Giovanni et Bianca sont désormais mari et femme, Giovanni poursuit son histoire d’amour avec Lorenzo qui se rebelle contre son frère, un religieux fourbe, puritain et misogyne qui voit le Diable en toutes les formes généreuses des femmes. Lorsque Bianca tombe enceinte, le costume de l’homme ne lui siéra plus…

         Quelle étrange et édifiante histoire ! Cet album non seulement ouvre les portes de l’imagination que permet cette métamorphose en homme (j’aimerais tester !) mais constitue aussi une bonne leçon aux gens bien-pensants à l’esprit trop étriqué. Evidemment, l’histoire se passe à la Renaissance et on pourrait croire que les mœurs ont évolué mais les auteurs vont plus loin qu’une simple rébellion d’une femme qui en a assez d’être soumise. Ils proposent une réflexion sur la vie conjugale et la sexualité, sur le besoin de s’émanciper qu’on soit homme ou femme et sur, tout simplement, une plus grande tolérance. Une très belle lecture, originale, vivifiante et sensuelle.

– à lire !

« J’ai un corps et je n’en ai pas honte. En soi, il n’est ni bon, ni mauvais. Ce n’est pas lui le problème : c’est ton regard qui est sale. »

Peau d'homme - KuB

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13 juillet 2021 2 13 /07 /juillet /2021 08:47

https://www.actuabd.com/local/cache-vignettes/L330xH463/arton26823-401eb.jpg?1608294105

L’artiste nous expose son projet dans les premières planches : « rendre hommage » aux belles personnes qui ont été évoquées par d’autres, raconter de petites vies anonymes en passant par « le filtre de l’admiration, voire de l’amour, de la personne qui raconte. » Il y a Denise, petite et trapue qui s’adonne à la permaculture, Mint le chien hyperactif qui fait des merveilles en tant que guide, le frère schizophrène qui se bat au quotidien et aimerait de temps en temps qu’on lui sourie, la professeure de philosophie qui ne jure que par Bergson et a toujours un mot gentil pour ses anciens élèves, un bricoleur alchimiste ou encore un homme qui tous les matins attend le bus et disparaît un jour.

Ces magnifiques portraits sont suivis des textes originels qui apportent vraiment quelque chose en plus à cet album coup de cœur. Chloé Cruchaudet nous dévoile un pan de sa création, tout le travail de sélection qu’elle a accompli mais aussi cette transcendance où elle excelle, cette façon de ne garder que le meilleur de textes déjà très bien écrits, l’élixir des mots mis en dessins. Le résultat est sublime et ranime attention et compassion qu’on oublie trop souvent de porter aux gens qui nous entourent ou qu’on ne croise qu’une fois. C’est aussi une manière de révéler toutes les richesses contenues – parfois cachées – dans chacun des êtres. Ces mots, ces détails, ces sourires qui transforment une journée pourrie en une palette plus colorée. Oui, je suis totalement enthousiaste pour ce bouleversant album lu dans ma voiture un soir d’orage avec de beaux nuages gris et voluptueux qui seyaient si parfaitement à cette belle lecture. Cerise sur le gâteau, ma fille l'a apprécié tout autant que moi, elle l'a dévoré, elle aussi !

https://www.bdgest.com/prepages/thb_planche/3055_P3.jpg

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1 juillet 2021 4 01 /07 /juillet /2021 10:52

Blanc autour, Wilfrid Lupano, Stéphane Fert, Dargaud, Janvier 2021 -  Nouveautés Littérature Jeunesse

            En 1832, à Canterbury, une petite ville du Connecticut, l’institutrice Prudence Crandall fait la classe à une vingtaine de filles. Un jour, la jeune Sarah, une fille noire, demande à être intégrée à l’école ; elle a soif d’apprendre, elle veut « comprendre ». Mademoiselle Crandall accepte volontiers mais la venue d’une fille « de couleur » fait scandale dans la petite communauté où les ragots vont bon train : « Eduquer quelques noirs, bon, à la limite… Mais pourquoi justement, ICI, dans notre ville ? Il y a sûrement des endroits plus adaptés ! Si des noirs débarquent ici à cause de cette école, il y aura des agressions ! Des cambriolages ! Pas de ça ici ! […] Et d’ailleurs, pourquoi des filles ? En quoi cela va-t-elle les aider dans leurs tâches quotidiennes ? » Pour les familles blanches puritaines, il n’est pas question de mélanger Blanches et Noires dans l’école qui fait aussi pensionnat. Mlle Crandall, soutenue par son père n’accueillera que les Noires… et en essuiera les conséquences et des violences en tous genres : des hommes pillent la charrette de M. Crandall qui rapportait les provisions à l’école, un anonyme lance un objet à travers la vitre de la salle de classe, des excréments tapissent la porte de l’école… Des mouvements de révolte tous plus abjects les uns que les autres sapent le moral des pensionnaires jusqu’à atteindre un point de non-retour.

            Cette BD s’est appuyée sur une histoire vraie, celle de la Canterbury Female School de Prudence Crandall. A l’époque où l’esclavage a déjà été aboli dans cette partie des Etats-Unis, les Noirs étaient à peine tolérés et certainement pas considérés à pied d’égalité avec les Blancs. J’ai beaucoup aimé cet album indispensable, à faire lire à tout âge. Un personnage, le petit Sauvage, un vagabond qui scande les crimes commis par Nat Turner, ce prédicateur afro-américain qui massacre, en 1831, des dizaines de Blancs, apporte une touche de nuance aux propos mais aussi de poésie. Dans un univers sans manichéisme, le racisme prédomine, la stupidité et l’ignorance font rage. Cette petite lueur d’espoir, de changement, d’évolution d’une pensée malsaine et étriquée, ne va durer qu’un court moment mais c’est grâce à des personnes comme Prudence Crandall que les mentalités ont tout de même commencé à évoluer. Les dessins, ronds, colorés, poétiques, peuvent surprendre pour le thème abordé mais j’ai apprécié en particulier certaines planches qui évoquent la communion avec la nature, une pensionnaire nommée Eliza s’éloigne quelque peu des croyances quakers. Ma fille de 12 ans a lu et adoré elle aussi, elle m'a aussi parlé d'Eliza !

 Blanc autour de Wilfrid Lupano, Stephane Fert - BDfugue.com

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