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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 22:09

 

 

         Ah je l’attendais ce tome 3 ! je l’ai même laissé un peu reposer comme on laisse macérer un rhum arrangé pour mieux le savourer !

        1992 : la 4L a servi trente ans, il est temps de la revendre à un collectionneur ; cette voiture rouge nommée « Mam’zelle Estérel » a emmené toute la famille bourlinguer en été. Ahhh trente ans d’amour et d’escapades, ça mérite bien un petit retour en arrière : Nous sommes en 1962, en Belgique. Dans les oreilles : « Let’s twist again », « Tous les garçons et les filles » et « Les Bourgeois ». Les valises sont prêtes, maman allaite la petite dernière, sa mère, Mamyvette, époussette une derrière fois le living de la salle à manger, le papa Pierre vient de boucler l’encrage de sa dernière BD et c’est partiii… Enfin, le mot vacances ne revêt pas le même sens chez tout le monde : alors que Mado et Pierre souhaiteraient vadrouiller au petit bonheur la chance, camper deci delà avant de se poser dans le bassin méditerranéen, Mamyvette la super organisée a réservé un hôtel à Saint-Étienne. C’est grâce à son Guide Michelin infaillible qu’elle a trouvé « Au Fier Brusseleir » établissement géré par un Belge mais elle a aussi le don de dénicher les églises à visiter. La vieille dame sèche qui sait tout ne laisse aucune place au hasard. Gros-Papy s’en fiche un peu, il a survécu à une attaque cardiaque l’an dernier, tout ce qu’il espère c’est que, malgré ses restrictions, il pourra grappiller quelques frites et poursuivre sa vie parfaitement oisive.

       Saint-Étienne pour les vacances, ce n’est pas le rêve mais entre la fête nationale belge (quel dépaysement !), les confidences familiales, les disputes et les câlins, le séjour se passe et le retour est égayé par une pause à la baraque à frites (le cuistot belge de l’hôtel a quand même fait croire qu’il n’avait plus de frites pour ne pas tenter Gros-Papy). Mado et Pierre, frustrés, campent avec leurs enfants dans le jardin, sous la pluie.

       Il est encore une fois totalement jouissif de retrouver cette famille partie sur la route des vacances ! Un esprit de légèreté et un air de liberté prennent immédiatement le lecteur par la main pour nous emporter dans un univers de tendresse. Oui, je deviens lyrique mais cette série, sans être mièvre pour un sou, nous fait sourire, nous met du baume au cœur en réveillant même quelques souvenirs (pourtant je n’étais pas née, en 1962 !) Cerise sur le gâteau, un tome 4 est prévu et il se passera en 1980 !

« - Dis, Gros-Papy, pourquoi t’es crès crès gros ?

  -  C’est parce que je suis rempli de souvenirs, c’est pour ça. »

     « Vieillir, c’est comme conduire une voiture : on a beau savoir qu’il faut regarder a route devant soi, on ne peut pas s’empêcher de zieuter tout le temps dans le rétroviseur ! »

« Ces moules ont vécu des années sans côtoyer la moindre frite et ne s’en sont pas portées plus mal pour autant ! »

      « On a beau dire... ne rien faire, c’est encore ce qu’il y a de mieux à faire ! »

 

« 19/20 »

 

Le tome 1 - le tome 2.

 

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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 15:17

 

          

           Bien moins atonique que dans le précédent tome, Gabriel, ce papy rustre à qui on a volé sa petite fille péruvienne, nous emmène à Lima. Petit rappel des faits : le fils de Gabriel, Alain, avec la complicité de sa femme Lynette, ont adopté en toute illégalité Qinaya, fillette de quatre ans, qu’ils ont dû « rendre » au bout de quelques semaines. Alain, accusé de « rapt » se retrouve emprisonné. Sa femme demande le divorce, la famille périclite, la grand-mère est plus morte que vivante et Gabriel ne cesse de penser à cette petite-fille avec qui il avait créé une belle complicité. Au Pérou donc, grâce à un détective privé, Gabriel retrouve aisément la petite Qinaya mais la gamine, qui a effectivement une famille bien à elle, ne reconnaît pas le bonhomme. Plus déprimé que jamais, Gabriel rencontre Marco, un retraité qui tente de ramener en Belgique le corps de sa fille décédée dans un tremblement de terre. Les deux hommes au cœur blessé vont visiter les principaux sites touristiques, gênés par le « garúa », ce brouillard humide et omniprésent. Les auteurs nous ramènent en France, le temps d’une planche, pour évoquer le désarroi de la fille de Gabriel, partagée entre l’incarcération de son frère qu’elle est le seule à visiter et la détresse de sa mère. Et c’est bien en France que l’histoire se termine, Gabriel se rendant compte qu’il se trompe de mission en s’en allant seul au bout du monde…

            J’ai encore une fois bien aimé ce papy bougon et sympathique (j’ai souvent pensé aux Vieux Fourneaux !), le voyage péruvien est de toute beauté, les retrouvailles avec la famille et les amis restés en France sont touchants mais il m’a manqué un je-ne-sais-quoi pour être totalement emballée. L’intrigue partait dans des directions trop éloignées peut-être. Pourtant, j’ai été touchée par la relation père-fils… bah, je ne sais pas, je deviens de plus en plus difficile en BD ! Ce diptyque appelle finalement une multitude de tomes, les trois gugusses de copains lancent bien l’idée d’aller au Sénégal à la fin du tome. Pourquoi pas ?

« 17/20 »

 

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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 15:25

 

          Je suis tombée sur cette BD après un voyage en Crète, je ne pouvais donc pas ne pas la lire…

         Thésée est un petit garçon téméraire et curieux qui cherche constamment à savoir qui est son père. Sa mère lui cache son identité jusqu’à ce qu’il devienne jeune adulte. Là, il accomplit déjà un exploit en déplaçant une lourde pierre pour découvrir ce que son père, Égée, le roi d’Athènes, lui a légué : des sandales et une épée. C’est grâce aux sandales qu’il parcourra la longue route menant à Athènes et c’est avec l’épée qu’il combattra tous les monstres rencontrés. Sa réputation le précède et la femme d’Égée, Médée, prépare un cratère de boisson empoisonnée afin d’éliminer l’imposteur qui veut sans aucun doute se saisir du trône. Égée, reconnaissant son fils Thésée grâce à l’épée offerte des années plus tôt, chasse Médée du royaume. Quelques semaines plus tard, Thésée souhaite faire partie des quatorze jeunes gens destinés à être sacrifiés dans le labyrinthe du Minotaure. La suite, on la connaît mieux : aidée par Ariane et son fil, Thésée va vaincre le monstre. Il emmènera Ariane loin de la Crète avant de recevoir la visite d’Athéna qui lui ordonne d’abandonner la jeune femme qui se retrouvera dans les bras de Dionysos. La voile noire oubliée du bateau de Thésée envoie son père, désespéré, dans la mer… Égée ! Bien des années plus tard, lorsque Thésée présente Phèdre, son épouse, à son fils Hippolyte, la sœur d’Ariane en tombera amoureuse et le conduira à sa mort.

          C’est une BD pour adultes mais je l’ai tout de même lue avec mes enfants (qui me l’ont réclamée) : à part une ou deux scènes un peu osées et un carnage lors de la lutte Thésée-homme taureau, il n’y a rien de choquant si on accompagne l’enfant. Les dessins réaliste ont plu et permettent de se plonger dans ce monde antique et fantastique avec aisance. J’ai adoré retrouver cette page tragique et ça m’a donné envie de relire Phèdre ! Si je devais apporter un bémol à cette critique, ce serait la trop petite place qu’occupent le Minotaure et son labyrinthe qui sont finalement un peu trop vite expédiés. La collection « La sagesse des mythes » conçue par Luc Ferry est dédiée à la mythologie et comporte déjà de nombreux titres, mon prochain sera L’Iliade.

          Au musée archéologique d’Héraklion, la visite se termine par une exposition sur le lien, fort intéressant et riche, entre la mythologie grecque et l’art. J’avais oublié la revue du Minotaure créée par les Surréalistes.

« 18/20 »

 

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René Magritte, couverture du Minotaure (1933)

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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 09:58

 

 

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           Après avoir lu Catharsis de Luz, j’ai préféré laisser passer un petit temps pour découvrir, sur le même thème, La Légèreté.

         Catherine Meurisse est dessinatrice pour Charlie Hebdo depuis dix ans. Le 7 janvier 2015 au matin, elle rumine sa séparation avec l’homme qu’elle aime qui l’abandonne pour retrouver femme et enfants. En retard pour se rendre à la réunion de rédaction, elle arrive rue Nicolas-Appert lorsque Luz, en retard aussi (c’est le jour de son anniversaire) la prévient « Ne monte pas au journal. Il y a une prise d’otages à « Charlie ». » La suite, on la connaît. Ici, on la découvre à travers celle qui aurait pu mourir aussi ce jour-là, celle qui a perdu une partie de ses collègues et amis, celle qui perd la mémoire sous le choc du massacre. Catherine Meurisse est passée par différentes étapes dans la reconstruction : une perte des repères, la page blanche (« les idées reviennent péniblement, le dessin plus laborieusement encore »), la fuite (voir Cabourg pour retrouver Proust qu’elle aime tant), l’état de dissociation (elle voit son corps mourir, la plupart du temps), l’agacement d’avoir deux baraques de la sécurité collées à elle constamment. Elle finit par vouloir retrouver la beauté, cherche à ressentir ce fameux syndrome de Stendhal qui voudrait que la beauté d’une œuvre d’art prenne le dessus sur tout le reste. Elle se rend à la Villa Médicis à Rome en quête de beau mais n’y retrouve, dans un premier temps, que des résurgences de la tragédie qu’elle a vécue, les œuvres d’art évoquant bien souvent des tueries. Le syndrome de Stendhal lui aurait « posé un lapin. »Mais elle ne lâche pas l’affaire et c’est finalement à travers la musique, la peinture et un beau paysage, qu’elle parvient à retrouver un peu, rien qu’un peu de cette « légèreté ».

           Cet album est magnifique. Emouvant bien sûr, courageux, très fort et sublime. Au cours de la lecture, on ressent tout sauf de la « légèreté », les événements tragiques nous reviennent à la figure (pour parler poliment), pèsent et accablent, et petit à petit, on se met à la place de Catherine, celle qui a réellement besoin de survivre, de revivre et de renaître. L’énorme vague de solidarité (encore que ce ne soit pas le mot adéquat) avec ce fameux « Je suis Charlie » ne semble pas avoir aidé la jeune femme à sortir la tête de l’eau. C’est bien sûr en elle-même et loin de tout qu’un début de renaissance a pu se faire. Certaines planches sont une merveille qui correspond très bien à l’idée qu’on peut se faire du « Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or. » Plus doux que l’album de Luz mais non moins marquant.

A lire absolument.

 

Lorsqu’elle retrouve le petit chemin creux de la campagne où elle a grandi, même là, elle ne trouve que tristesse et détresse. « Enlacer un arbre. Toi, tu es là depuis toujours, tu ne meurs pas, tu ne tombes pas. Si on te tire dessus, ton écorce engloutit la balle. »

« Une fois le chaos éloigné, la raison se ranime et l’équilibre avec la perception est retrouvé. On voit moins intensément, mais on se souvient d’avoir vu. Je compte bien rester éveillée, attentive au moindre singe de beauté. Cette beauté qui me sauve, en me rendant la légèreté. »

 

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9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 17:38

1. Justice et légumes frais

 

          Je suis ravie de partager avec vous une découverte BD que j’ai faite moi toute seule, une fois n’est pas coutume !

          Imbattable est un super-héros, « le seul véritable super-héros de bande dessinée », il accomplit l’impossible, l’insolite, l’unique : il saute d’une case à l’autre pour immobiliser un voyou, il glisse vers la vignette du bas pour avancer plus vite dans le temps ou pour se téléporter d’un endroit à l’autre. Ce petit être masqué jaune et noir est un gentil, un peu candide mais très courageux. Sa vie est paisible et routinière, il aime beaucoup rendre visite à sa mamie jusqu’à ce qu’on l’appelle pour sauver le monde ! Les personnages secondaires ne sont pas en reste. Un joueur de pétanque, rien que par la force des mots, parvient à détruire des panneaux de signalisation, à soulever les gens du sol et à semer le chaos dans une brigade de flics, parce qu’ « il ne faut pas sous-estimer le pouvoir des mots. Les mots, ça peut soulever des montagnes. » Le savant fou réussit à imaginer les machines les plus destructrices pour annihiler le monde, mais c’est sans compter le pouvoir extraordinaire de notre Imbattable ! Reste un ennemi de taille : Plaisantin qui semble avoir le don d’apparaître et de disparaître comme bon lui chante. Imbattable est malin et il a compris que lui aussi se joue des pages de la bande dessinée…

           Complètement novatrice, cette BD qui défie les notions de temps et d'espace ne peut que vous laisser coi. On sourit beaucoup, on rit parfois, on se laisse surprendre à chaque planche par tant d’ingéniosité et d’invention. Astucieuse, ludique et rythmée, cette lecture m’a plu à moi mais mes enfants me l’ont rapidement subtilisée pour la dévorer à leur tour. Résultat : un énorme succès. Ça se résume difficilement alors un seul conseil : lisez ce truc complètement fou !

 

« 20/20 »

 

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 10:15

 

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            Nous sommes dans un monde apocalyptique. Tout a été détruit, les humains fuient, adoptent une position statique déconcertante (on n’est pas loin des zombies…) ou tentent de retrouver le « Paradize », un univers merveilleux où le mal n’existe plus. Sam et Samantha y croient eux aussi ; lui plus qu’elle. Ils ont l’argent et les informations nécessaires pour aller de l’autre côté mais le passeur leur annonce que la somme ne correspond qu’à une personne. Il garde Samantha et Sam doit se débrouiller, dans une ville fantôme, pour trouver l’argent manquant. Il se rend vite compte que ce passage de la frontière n’est qu’un piège pour dépouiller et tuer les prétendants au rêve. Un homme régit cette vaste fumisterie : il n’a ni bras ni jambes et c’est aussi le châtiment qu’il réserve à ses prisonniers.

          Mais quelle horreur cette BD ! Dans un monde fait de gris et de noir, quelques couleurs vives viennent contraster avec le sordide et le glauque. J’ai apprécié la qualité des dessins mais le scénario ne m’a pas du tout plu. Dans cet étalage de violence, le lecteur ne peut que se sentir nauséeux. Il y a une once de miette de lueur d’espoir qui réside en l’amour entre Sam et Sam mais ce genre-là (entre SF et thriller sanglant) n’est vraiment pas pour moi… Dire que la BD a reçu le Grand Prix d’Angoulême en 2016…

« 12/20 »

 

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 23:17

 

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            Suite des aventures de la petite Parisienne qui grandit et fête ses 11 ans au début du tome.

             Esther est maintenant au CM2, elle a changé de meilleure amie, c’est Cassandre qui lui tient désormais compagnie à la récréation et qui passe une partie du week-end avec elle. A l’école, on distingue trois groupes : « les petits », ceux qui sont isolés, exclus (par Esther aussi), parce qu’ils sont différents et bizarres ; les « moyens » dont Esther fait partie… les normaux quoi ! et enfin, les « grands-racailles » qui « ont tous plein d’amoureux et qui disent plein de gros mots vulgaires et tout le monde  voudrait être comme eux. »

            Esther a toujours en tête son envie d’avoir un I-phone mais c’est moins présent qu’au premier tome. On la sent plus mûre, un peu plus indépendante et moins influençable. L’événement familial qui vient briser sa routine, c’est la naissance de son petit frère, Gaëtan. Passés les premiers instants de suspicion (tous les garçons sont des ennemis…), Esther se met à l’aimer beaucoup, à admirer sa grosse tignasse blonde qu’elle jalouse un peu et à faire des expériences avec lui (il ne s’agit que de tests de souplesse…)

             Il ne faut pas oublier qu’Esther n’est pas une petite fille de fiction, et un journaliste vient l’interviewer pour déceler le vrai et le faux dans le tome 1. La fillette a d’ailleurs une chose indispensable à rectifier : « Raiponce n’est plus mon film préféré ». Elle adore lire et son rêve est d’être éditrice pour pouvoir lire bien sûr, mais aussi ordonner aux auteurs la direction qu’ils doivent prendre. Vous l’aurez compris, Esther n’est pas la dernière des idiotes, et pour preuve, elle est admise dans un grand collège parisien public. Pour son père, c’est le plus beau jour de sa vie. Sa fille lui voue une admiration et un amour sans bornes alors qu’elle n’exprime qu’une affection tiédasse pour sa mère qui l’exaspère souvent.

               J’imagine qu’on va voir mûrir cette petite demoiselle, ça y est, elle a vu poindre sur son nez ses deux premiers vrais boutons, elle fait son entrée au collège, où nous la laissons à la fois craintive et pleine d’assurance. Son ultime souci : elle a reçu de son père un Nokia… et pas un I-phone !

 

17/20

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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 19:31

 

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          J’ai relu cet album qui, comme toujours chez Fabcaro, frôle l’absurde, étonne et détonne.

           Au début, on a du mal à saisir ce qu’il se passe, on découvre un personnage, ça ne dure même pas trois cases qu’on en rencontre un autre, sans lien apparent avec le début de la première histoire… puis on comprend qu’il s’agit du travail même du créateur d’albums. Comme tous les écrivains, il s’interroge sur ses personnages mais aussi sur le thème qu’il va aborder ou encore sur le genre qu’il va choisir. Il hésite, il tangue, et en même temps, il reproduit ces vacillations chez ses personnages. Un type sans travail ne fait pas de réels efforts pour en chercher (ou postule pour des boulots bien au-dessus de ses moyens : pilote de ligne, danseuse étoile… !), une fille célibataire ne tombe que sur des gars complètement loufoques, une petite danseuse se casse la figure en quelques cases… Il se dessine lui-même errant au milieu de ses personnages, nous livrant en direct ses incertitudes, ses doutes, ses choix validés puis vite balayés… et puis, surtout, il a du mal à se concentrer parce qu’il a une clôture à réparer et tellement d’autres trucs matériels, quotidiens, administratifs à gérer ! Pas évident de trouver l’inspiration dans ces conditions.

        Un regard drôle et taquin sur la condition de scénariste-dessinateur BD. J’ai adoré, bien sûr ! Les personnages se mélangent, ils engueulent leur créateur, ils n’en font parfois qu’à leur tête, ils se révoltent. Bref, c’est jouissif et on en voudrait plus. Mais Fabcaro à sa clôture à finir…

17/20

 

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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 19:07

 

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           Je fais partie des rares qui n’ont jamais vu le film ni jamais lu le livre.

           Dans les années 50, deux marshals quittent le continent pour rejoindre une île, Shutter Island, qui est connue pour son hôpital psychiatrique abritant les cas les plus graves. C’est une patiente, Rachel, qui a disparu. Les locaux s’apparentent à une prison, le personnel est aussi aimable que le mur d’enceinte de l’institut, le discours tenu évoque souvent le secret médical. Pour nos deux enquêteurs, la tâche est rude, d’ailleurs Teddy Daniels a perdu sa femme dans un incendie provoqué par Laeddis qui est un possible patient de l’île. Au milieu d’une tempête d’une violence exceptionnelle, submergés d’incohérences, les policiers vont devoir décrypter de mystérieux codes chiffrés, se confronter à la folie des habitants de l’île et finalement, tenter de quitter sains (oui, « sains d’esprit» !) et saufs cet endroit.

            C’est noir, fou, dérangeant. Les personnages sont tour à tour manipulés et manipulateurs, le lecteur se fait malmener, l’ambiance est oppressante. L’image est le reflet du contenu, en sépia, noir et blanc, il ne laisse aucune lueur d’espoir. De Metter excelle là encore. J’ai beaucoup aimé cette histoire absolument captivante. Un huis clos parfait !

 

« 17/20 »

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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 11:42

 

 

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               La narratrice, Jeanne, est prof en collège mais tout ça n’est que temporaire, ce qu’elle veut, c’est faire sa thèse… jusqu’au jour où, ô miracle ! L’éminent Alexandre Karpov accepte de diriger sa thèse. Certes, elle n’a pas obtenu le financement désiré mais qu’importe, elle lâche son boulot crevant et ingrat de prof (je confirme, ce métier, c’est ça à 80%) et se lance dans la grande aventure de la recherche. Promis, la doctorante qu’elle est devenue fera sa thèse en trois ans seulement. On lui propose quelques heures d’enseignement à la fac mais elle doit potasser toute la semaine pour se sentir à peu près prête devant ce public d’adultes. Résultat : elle peine à seulement commencer ses travaux.

                  On la retrouve un an, deux ans, trois ans plus tard : elle n’a plus de vie sociale, elle ne parle que de sa thèse sur Kafka, elle doit accepter un ennuyeux boulot de secrétaire pour pouvoir vivre, son directeur de thèse ne la contacte que très rarement, son entourage comprend de moins en moins ce qu’elle fait et où elle va, son compagnon en a ras-le-bol de ses crises d’angoisse, de ses questionnements nocturnes et de ses doutes incessants.

              Une tranche de vie drôle et pourtant souvent effrayante pour nous montrer que faire une thèse, ce n’est pas une mince affaire. Ce travail solitaire et asocial, surtout en lettres, n’est pas facilité par les institutions, par les autres doctorants, par le directeur de thèse et autres membres du département des thèses. La BD tire son origine d’un blog qui lui-même est né parce que Tiphaine Rivière a démarré une thèse en lettres, comme Jeanne, puis l’a abandonnée… pour le dessin. Entre caricatures et histoires vécues, l’album est plaisant à lire sans être inoubliable ni indispensable !

 

« 14/20 »

 

 

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