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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 21:05

 

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             Saïd est un petit garçon qui vit dans le désert, il préfère errer au gré des rues poussiéreuses plutôt que d’aller à l’école, mais ce qu’il aime par-dessus tout c’est suivre les colonies de fourmis qui vont où ne sait où sur des mètres et des kilomètres. Contraint de garder les chèvres de son grand-père parti brusquement en pèlerinage, le garçon est angoissé à l’idée de se retrouver seul la nuit. Et là, ô miracle, une des chèvres se met à lui parler. Elle s’appelle Zakia mais très vite, Saïd est agacé par cette « vieille bique radoteuse » qui sent affreusement mauvais.

           Quand le cousin débarque sur sa mobylette pour ravitailler Saïd, qu’il entend parler une chèvre, « de mauvaises pensées » l’agitent. Pour fuir des voleurs de chèvre savante, Saïd sera accompagné de la jolie Abir et de Zakia devenue son ami. Suivant les fourmis, les petits héros se retrouveront dans un phare devenu géant, ou un géant devenu phare, des retrouvailles auront lieu et la vie sera plus douce que jamais.

           C’est un joli conte aux images oniriques où j’ai retrouvé tout ce que j’aime chez Plessix : c’est à la fois drôle et poétique, mignonet et fantastique. Un arbre vert en forme de champignon au milieu d’un reg, une course poursuite à mobylette, une sorcière géante qui passe inaperçue, des couleurs à admirer et des paysages à couper le souffle, il ne m’en fallait pas plus pour m’enchanter. Certes, comme pour Le Vent dans les Saules, la dimension naïve et légèrement manichéenne peut déranger mais elle n’a pas perturbé mon âme d’enfant ressuscitée. Ma fille de huit ans qui l'a dévoré en un rien de temps l'a beaucoup aimé aussi mais en discutant avec elle, des incohérences ont vu le jour : une lampe de génie qui disparaît brutalement, une petite Abir qui est trop docilement muette... Bref, la chèvre parlante qui n'est pas vraiment une chèvre (chut...) a remporté tous les suffrages!

« Les rêves sont des histoires que nous murmure notre esprit la nuit. Nous les inventons nous-mêmes, et pourtant, nous ne les connaissons pas. »

« Et les fourmis, elles, nous emmènent partout où nous rêvons d’aller… »

 

17/20

 

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 16:57

 

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- Une jeunesse au Moyen-Orient (1985-1987) –

             Et ça continue ! Comme dans les deux premiers tomes, le dessinateur nous raconte son enfance. Plus statique, le récit n’en est pas moins savoureux. La vie en Syrie n’est pas la même que la nôtre ! L’école délabrée est cependant un endroit que le jeune narrateur aime bien. L’instituteur, un « James Dean à moustache » frappe violemment les élèves qui n’obéissent pas et ne travaillent pas, Riad , lui, est un élève modèle. A l’approche de Noël, mère et fils formulent des souhaits : la mère aimerait tant boire du champagne et manger des toasts au foie gras, le fils convoite un Goldorak géant qu’il n’aura pas. Le mystère du sapin de Noël et des cadeaux apportés par ce « vieil homme magique à barbe blanche » restent entier pour les petits camarades de jeux de Riad. La mère de Riad, ahurie, découvre qu’elle est enceinte, la venue d’un 3ème enfant à élever dans cette campagne syrienne qu’elle exècre, est une mauvaise nouvelle. ATTENTION SPOILER ! Pour l’accouchement, c’est retour en France, en Bretagne, sans le père qui finit par annoncer… leur départ imminent pour l’Arabie Saoudite !

              Ce qui surprend : le père toujours aussi influençable (sa mère a un pouvoir immense sur lui), un peu fourbe, prétentieux, naïf et peu fiable, la mère presque absente (et au comportement parfois agaçant) qui, de temps en temps, expose ses désirs et ses velléités mais qui est rarement écoutée. Pour la première fois, on sent un père déchiré et pas aussi sûr de lui, qui explose devant les superstitions religieuses de sa mère. Il va jusqu’à l’insulter et la maudire. Pourtant, il tient à faire le Ramadan et Riad, pour lui faire plaisir, l’accompagne une journée. Malaises, sueurs et siestes inopinées rendent ces tentatives très drôles.

            De même que pour les tomes précédents, on apprend beaucoup, et l’absence de jugement de la part de l’auteur ne fait que renforcer la curiosité du lecteur. J’avoue tout, j’ai trouvé que cet album-là souffrait de quelques longueurs et disons que j’ai montré moins d’enthousiasme à la lecture que pour les autres. Mais ça n’enlève en rien mon immense envie de découvrir la suite !

Le père raconte beaucoup d’âneries mais là, quand il évoque la richissime Arabie Saoudite, il n’a pas tout à fait tort : « si tu demandais aux Français « On supprime la liberté d’expression, les droits de l’homme et la démocratie, et en échange tout le monde touche 3000 dollars à rien faire, et la médecine est gratuite… qu’en pensez-vous ? » Moi je dis, les Français, ils diraient « Où faut-il signer ? Je peux toucher mes dollars ce jour ? »

 

« 17/20 »

 

 

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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 19:30

 

 

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            Antoine, un jeune homme de quinze ans vient de gagner son match de tennis. Son père est fier de lui mais le père de son adversaire prénommé Erik, l’insulte et l’attaque violemment. Pour fêter cette victoire, le père d’Antoine l’emmène au restaurant où ils vont tomber sur une connaissance du père, De Noé, qui les invitera dans sa luxueuse villa. Alors qu’Antoine est perturbé par la jolie Joan qui lui fait ouvertement du gringue, sur le chemin du retour, père et fils croisent encore une fois le père d’Erik qui les menace, fusil au poing. Le lendemain, sa camionnette est mystérieusement retrouvée au bas d’une falaise. Antoine va faire plus ample connaissance avec Erik qui détestait son père ancien nazi mais va aussi découvrir une facette peu sympathique de son adversaire au tennis puisqu’il essaye de lui piquer la fille dont il est amoureux depuis des années. Antoine va, de son côté, céder aux avances de Joan et entrevoir les joies et les surprises du sexe accompagné de LSD. Les événements étranges vont se succéder pour aboutir à la disparition pure et simple de son père. C’est seulement dans la 2nde partie de l’album, lorsqu’on retrouve un Antoine adulte, que des vérités vont être révélées…

          C’est le dessin et ses couleurs qui surprennent d’abord le lecteur. Pour coller à l’univers sixties, elles sont résolument psychédéliques et rétro, outrageusement vives et tourbillonnantes. L’intrigue elle-même nous emmène dans un tournoiement qui nous perd, nous submerge et révèle une dimension des plus diaboliques. Je n’ai pas saisi toutes les références dont se sont inspirés les auteurs mais j’ai beaucoup aimé cette plongée dans les années 60 avec ce qu’elles avaient de plus inquiétant, de plus sombre. La BD est riche : espionnage, double-jeu, amitié, vérité et mensonges… chacun y trouvera son compte, pour ma part, je trouve que son point fort est son originalité.
 

           Album doublement diabolik pour moi : il s’est retrouvé dans ma boîte aux lettres, je ne sais comment… je cherche encore son mystérieux expéditeur que j’aimerais pouvoir remercier, je me demande si je ne vais pas trouver la réponse du côté soviétique ...

« 16/20 »

 

 

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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 19:13

 

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                Marcus est un chartreux, il vit reclus, dans le silence le plus total, dans un monastère. Depuis vingt-cinq ans. Tout n’est que « solitude, pauvreté, obéissance, chasteté, silence. » Jusqu’au jour où Marcus qui s’appelait jadis William, est convoqué pour une lecture de testament. C’est sa tante qui est morte et qui a expressément exigé que ses trois légataires soient présents : William, son neveu qu’elle aimait tant –et dont la vocation sacerdotale l’a beaucoup déçue, Tolède la fille de la tante et Gabriel, le fils. C’est à contrecœur que Marcus-William se rend en ville, désorienté par le bruit, bousculé par la foule à laquelle il s’était déshabitué. Dans le train, il fait la connaissance d’une jeune femme impertinente, jolie et … condamnée à mourir. Ce retour à la civilisation va déconcerter notre homme, réveiller le passé. Couleurs pastel, contours vaporeux (et cette fois-ci, ça ne m’a pas du tout dérangée), une couleur par page… une belle osmose entre fond et forme.

                Si une histoire d’hommes ne m’avait pas complètement convaincue, cette lecture m’a vraiment bluffée. C’est d’abord un élan de respect voire d’admiration qui nous porte vers cet homme solitaire et ermite. Bizarrement, on s’identifie très vite à lui, malmené par les autres hommes, secoué par l’évocation des souvenirs qu’il avait réussi à chasser, confronté à l’attirance d’une belle jeune femme… L’auteur ne juge pas, ne prend parti ni pour la frénésie de la vie ni pour le calme de la solitude, c’est avec une belle simplicité qu’il suggère très légèrement l’existence d’une vie après la mort et qu’il glorifie, avant tout, le son de la vie, ce « bruit étrange et beau. »

« Pendant 25 ans, j’ai cherché Dieu dans l’abstinence… peut-être vais-je finir par le trouver dans le sorbet framboise ? »

 

« 19/20 »

 

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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 12:38

 

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            Je n’avais jamais rien lu de Zep depuis Titeuf qui a bercé mon enfance et mon adolescence (ok, j’exagère un peu là).

            Ils sont trois copains, Yvan, JB et Frank, à retrouver leur pote Sandro dans la banlieue chic de Londres. Vingt ans auparavant, ils formaient un groupe de rock. Suite à un nez cassé et quelques mésententes bénignes, le groupe s’est disloqué et Sandro a fait carrière seul. Il côtoie désormais les plus grands noms de la chanson. Les quatre hommes se remémorent leur jeunesse délurée. Frank, le bourrin de la bande, est le spécialiste du divorce. JB s’est rangé, il bosse dans les surgelés, il est marié et a deux filles. Yvan a du mal à s’engager, il n’arrive pas à franchir le cap de la paternité et sa compagne Béa n’est pas loin de lui claquer la porte au nez. Quant à Sandro, malgré les fastes, le succès et le luxe, il souffre de la mort de son fils, Paul. Sa femme, Annie, qui est aussi l’ex d’Yvan, est dépressive depuis l’accident fatal, survenu un an plus tôt.

            Quelques verres, quelques bourdes, quelques souvenirs mettent à jour un secret lourd à porter pour Sandro et Annie. Si l’amitié est mise à mal quelque temps, leurs relations quasi fraternelles en sortiront renforcées. Cet album porte bien son nom, c’est bien une histoire de mecs qu’on nous conte ici, et qui dit mecs, dit filles ! Quand on sait que Zep manie bien la guitare et faisait partie d’un groupe de rock dans sa belle jeunesse, on imagine sans peine la part autobiographique de cet album. Ça se lit bien, c’est plutôt léger malgré le sujet grave qui est peu traité finalement. La redondance des contours vaporeux de chacune des cases associés aux couleurs pastel –je crois que j’aurais aimé des couleurs un peu plus rock !- m’a un peu lassée mais je dis ça pour chipoter, j’ai passé un bon moment en cette jolie compagnie mâle…

 

« 16/20 »

 

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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 14:32

 

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           Ancienne danseuse et plutôt fan de tout ce qui touche de près ou de loin à la danse classique, j’avais hâte de lire cet album.

           Polina est une Russe, une fillette au début de l’histoire, une petite danseuse très douée à qui on a toujours appris la rigueur, l’effort, la souffrance sans la montrer. Elle entre à l’académie de danse sous la houlette de Pojinski, un prof dur et craint des élèves. Mais c’est elle qu’il choisira pour le solo qu’il a entièrement pensé et chorégraphié. Pourtant, Polina s’échappe pour se rendre, avec ses amis danseurs, dans la troupe de Laptar, un chorégraphe contemporain. Elle connaîtra l’amour mais ne sera toujours pas satisfaite d’elle-même et de son travail. Enfin, elle fuira une énième fois pour créer de toutes pièces un spectacle original, à Berlin, avec deux types qu’elle connaît à peine. Succès et reconnaissance ne lui feront pas perdre la tête mais retrouver son ancien mentor, Pojinski, des années plus tard, dans un tête-à-tête serein et pacifiste.

        La danse est un univers qui me parle, c’est pour ça que, ce qui m’a surprise dans la première moitié du livre, c’est l’absence de plaisir, l’absence de passion. Polina est un pantin qui obéit (parfaitement) aux ordres et il lui faudra du temps, quelques expériences bonnes et mauvaises pour savoir ce qu’elle veut, s’émanciper et se libérer de l’opinion des autres. Pour prouver à tous qu’elle peut être à la fois une danseuse classique et contemporaine, pour montrer que la danse peut cohabiter avec d’autres arts comme le théâtre. Dans ce récit initiatique que j’ai adoré, ce qui m’a finalement le moins plu – et ça me désole- c’est le dessin âpre de Bastien Vivès, les cases en noir et blanc, son trait épais et stylisé que j’ai réussi petit à petit à apprivoiser mais pas complètement. Cette lecture, reste, cependant, une très belle découverte !

 

« La danse c'est de l'art, il n'y a pas d'adversaire et il n'y a pas de partenaire. »

« Les gens ne voient pas ce qu’on ne leur montre pas. »

« L’émotion doit être contenue et maîtrisée. Une personne qui ne sait pas gérer ses émotions ne m’intéresse pas. »

 

"17/20"

 

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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 16:25

 

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             Paris, mars 1933. Violette est une jeune femme en mal d’aventures, d’argent, de folies en tout genre. Elle aime raconter des bobards, dire que ses parents sont pleins aux as, qu’elle est elle-même une star… à chaque interlocuteur son mensonge. Avec son amie Maddy, elles sillonnent les rues de Paris, draguent tout ce qui leur tombe sur les lèvres. En réalité, papa est cheminot, maman reste à la maison et tous deux ont toujours couvé leur unique enfant. Tous deux ont toujours cru à ses tromperies. Violette aimerait tellement avoir plus d’argent, s’enfuir dans le Sud avec son dernier flirt qu’elle apprécie un peu plus que les autres… Elle tente une première fois d’éliminer ses parents en mettant le feu dans leur appartement. Ça ne fonctionne pas ; en août 1934, rebelote : cette fois la boisson qu’elle leur fait ingurgiter est un poison qui tue le père et cloue la mère à l’hôpital quelque temps… La presse s’empare de l’affaire, Violette est surnommée « Le monstre en jupon » avant d’être condamnée à la peine de mort. Graciée, elle demandera pardon à sa mère qui lui accordera bien plus tard. Elle finira par croupir en prison bien moins longtemps que ce qui était prévu au départ et bien peu de temps pour un homicide (une bonne dizaine d’années)

           Quelle histoire ! Quelle femme machiavélique ! Avec son visage angélique, Violette manipule, trompe et corrompt son monde. Ayant d’abord accusé feu son père d’inceste, elle se rétracte et finit par regretter son crime… mais bon sang, on a du mal à croire à ses repentances alors quelle s’est acharnée à vouloir supprimer ses parents ! Le dessin de Camille Benyamina m’a complètement séduite, les traits réalistes se marient parfaitement avec des couleurs plus oniriques qui nous projettent dans le Paris des années 30. La dessinatrice a rendu la meurtrière belle et sensuelle jusqu’au bout de l’histoire qui s’arrête à sa sortie de prison.

            Figurez-vous que cette BD m’est tombée du ciel ou plus exactement dans ma boîte aux lettres un beau matin de décembre. Et cette BD faisait partie d’un colis qui contenait plein d’autres lectures et adorables surprises. Et tout ça, je le dois à notre chère Noukette nationale, j’avais eu l’immense chance de gagner le concours de son blog’anniversaire ! Alors MERCI encore Noukette, quel talent pour être tombée aussi juste ! (et merci à A_girl_from_earth qui m’a cédé sa place !... ne serais-tu pas un peu maso ??)

« 18/20 »

 

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 15:13

 

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                 Tout est dit dans la quatrième de couverture : « Tu te serais levé, TOI, pour aller dépanner un pote à 3h du matin ? » 

                 Raphaël et sa petite amie se font réveiller à 2h30 du matin par un pote, Léo. Celui-ci demande un service à son grand copain : venir le dépanner, là maintenant tout de suite. Raphaël bougonne, il  a une assurance, il est tard, il est crevé… c’est sa copine qui l’incite à y aller. Cinquante minutes plus tard, Raphaël débarque sur le lieu de ladite panne. Surprise : Léo l’accueille avec une bouteille de champagne et une petite dizaine d’amis ! C’était une blague… et surtout le « test de l’amitié » : ne sont venus que ceux qui appréciaient vraiment Léo, ceux qui feraient tout pour lui. Raphaël a du mal à encaisser la farce. Et pourtant, il va jouer au même jeu quelques jours plus tard avant de constater qu’un seul copain vient pour lui et d’avoir une discussion plutôt violente avec ce Léo qui a besoin d’affirmer sa supériorité.

                Le fait de connaître l’histoire de la BD avant de la lire a sans doute été un inconvénient pour moi. J’ai apprécié cette histoire, cette amitié virile, cette tranche de vie, cette rencontre nocturne au carrefour des quatre vérités sur fond de no man’s land. Les dessins m’ont plu, il y a cette nuit qui met en lumière certaines vérités, il y a ce jour qui en révèle d’autres. L’album se termine sur la fête de divorce de Léo qui s’apparente à une grosse bringue de mariage (je trouve ça d’un goût douteux). Ce qui m’a le plus gênée, ce sont ces longueurs, cet aspect répétitif et un peu lancinant. J’en ressors moyennement convaincue. En regardant la bande annonce du film de Michaël Cohen, j'ai l'impression qu’il a l’air assez fidèle au livre. Puisque j’apprécie Nicolas Bedos, je le regarderai dans quelques mois.

« 15/20 »

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 18:59

 

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-  D’après le roman de Fabrice Caro  -

        Depuis cette pétillante lecture de Zaï zaï zaï zaï, je guette le nom de Fabcaro. Quand il est associé à celui de l’excellent De Metter, je me jette sur l’album !

         Un dramaturge débutant, célibataire et oisif, passe ses après-midis aux enterrements pour y puiser de l’inspiration. Il s’inquiète de plus en plus quand il se rend compte qu’il y retrouve bien trop souvent un moustachu à l’air louche. Ce dernier finit par l’aborder en pensant que le jeune homme est l’un des siens… comprenez, que lui aussi fait partie de la société Figurec. Cette société consiste à embaucher des comédiens pour « combler » un enterrement, un mariage, un pot entre copains ou simplement pour circuler dans les allées d’un supermarché…  Notre homme seul se renseigne et trouve cela épatant, il engage une jolie Tania qui va faire office de petite amie auprès de ses parents ravis. Oui mais quand il tombe amoureux pour de vrai de sa fausse compagne, quand il ne va plus avoir assez d’argent pour la voir aussi souvent qu’il le voudrait, quand il va se rendre compte que beaucoup de personnes autour de lui ont recours à cette société Figurec, notre dramaturge ne va plus savoir où donner de la tête !

          J’ai a-do-ré ! Cette folle histoire qui fait monter un sentiment de suspicion sur notre entourage, ce méli-mélo de fiction et de réalité, cette hésitation permanente entre vrai et faux, mais quel bonheur ! L’intrigue est forcément palpitante, le dessin suit le mouvement en utilisant une belle palette de couleurs. C’est Monsieur Tout le Monde dans la Quatrième dimension… Quand on sait que c’est Fabcaro qui est à l’origine de cette histoire, on ne s’étonne plus de trouver une intéressante réflexion sur la place du mensonge dans notre société où l’humain apparaît comme un pantin. Une belle réussite délicieusement démoniaque!!!

 

« Figurec, c’est des dizaines de milliers d’employés à travers le monde, des figurants dans tous les domaines. La société la plus puissante du monde. Tu veux deux trois figurants pour un mariage, un enterrement, une équipe de foot ? Suffit de payer. Figurec, mon gars, la seule agence de figuration du monde. »

 

« 19/20 »

 

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 18:06

 

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              Cette mini-BD (ma fille de 7 ans a rigolé en la voyant) est une compilation de strips parus dans Zoo le mag depuis 2008. Autobiographique, cet album évoque le métier et la vie d’auteur de bandes dessinées. Entre les festivals plutôt casse-pieds, les séances de dédicaces où les vrais fans se font rares, le regard parfois dévalorisant des autres, le salaire souvent misérable, on sourit beaucoup. Fabcaro doit faire avec ses prédécesseurs, des grands noms qu’il n’hésite pas à citer comme Moebius, Cabu, Quino, Sfar, Gotlib. Il essaie tant bien que mal de se faire une place dans la société avec un métier aussi original. Il tente de contrer les remarques de sa compagne qui se plaint de n’être représentée qu’en train de râler. Il vainc sa déception quand ses ouvrages servent d’accoudoir lors d’un festival où son voisin a bien plus de succès. Il n’a pas d’atelier mais bosse dans sa cuisine … Bref toutes ces considérations bien que drôles et plaisantes ne doivent plus convenir actuellement à notre Fabcaro qui cartonne avec son excellent et énormissime Zaï zaï zaï zaï ! Tant mieux pour lui !

            J’ai beaucoup aimé ce petit livre aux dessins en noir et blanc où la mise en abyme fait mouche, où l’autodérision et la tendresse m’ont rappelé Le retour à la terre de Larcenet.

 

« 17/20 »

 

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