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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 15:25

 

          Je suis tombée sur cette BD après un voyage en Crète, je ne pouvais donc pas ne pas la lire…

         Thésée est un petit garçon téméraire et curieux qui cherche constamment à savoir qui est son père. Sa mère lui cache son identité jusqu’à ce qu’il devienne jeune adulte. Là, il accomplit déjà un exploit en déplaçant une lourde pierre pour découvrir ce que son père, Égée, le roi d’Athènes, lui a légué : des sandales et une épée. C’est grâce aux sandales qu’il parcourra la longue route menant à Athènes et c’est avec l’épée qu’il combattra tous les monstres rencontrés. Sa réputation le précède et la femme d’Égée, Médée, prépare un cratère de boisson empoisonnée afin d’éliminer l’imposteur qui veut sans aucun doute se saisir du trône. Égée, reconnaissant son fils Thésée grâce à l’épée offerte des années plus tôt, chasse Médée du royaume. Quelques semaines plus tard, Thésée souhaite faire partie des quatorze jeunes gens destinés à être sacrifiés dans le labyrinthe du Minotaure. La suite, on la connaît mieux : aidée par Ariane et son fil, Thésée va vaincre le monstre. Il emmènera Ariane loin de la Crète avant de recevoir la visite d’Athéna qui lui ordonne d’abandonner la jeune femme qui se retrouvera dans les bras de Dionysos. La voile noire oubliée du bateau de Thésée envoie son père, désespéré, dans la mer… Égée ! Bien des années plus tard, lorsque Thésée présente Phèdre, son épouse, à son fils Hippolyte, la sœur d’Ariane en tombera amoureuse et le conduira à sa mort.

          C’est une BD pour adultes mais je l’ai tout de même lue avec mes enfants (qui me l’ont réclamée) : à part une ou deux scènes un peu osées et un carnage lors de la lutte Thésée-homme taureau, il n’y a rien de choquant si on accompagne l’enfant. Les dessins réaliste ont plu et permettent de se plonger dans ce monde antique et fantastique avec aisance. J’ai adoré retrouver cette page tragique et ça m’a donné envie de relire Phèdre ! Si je devais apporter un bémol à cette critique, ce serait la trop petite place qu’occupent le Minotaure et son labyrinthe qui sont finalement un peu trop vite expédiés. La collection « La sagesse des mythes » conçue par Luc Ferry est dédiée à la mythologie et comporte déjà de nombreux titres, mon prochain sera L’Iliade.

          Au musée archéologique d’Héraklion, la visite se termine par une exposition sur le lien, fort intéressant et riche, entre la mythologie grecque et l’art. J’avais oublié la revue du Minotaure créée par les Surréalistes.

« 18/20 »

 

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René Magritte, couverture du Minotaure (1933)

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 17:22

 

Résultat de recherche d'images pour "Ma mère du Nord de Jean-Louis Fournier"

 

          De Jean-Louis Fournier, on connaît son ton grinçant et sarcastique, sa lucidité parfois cruelle omniprésente dans Où on va, papa ? ou son art de râler dans Ça m’agace! Pour une fois, l’air ambiant est plus tempéré voire doux et tendre.

          L’auteur évoque sa mère, raconte la vie de cette femme réservée et discrète. Peut-être s’est-elle mariée trop tôt et trop vite avec ce médecin à l’air rassurant et jovial, Paul. Elle a abandonné son métier de professeur de lettres et lui a fait trois enfants dont Jean-Louis est l’aîné, à ce médecin d’Arras qui s’est révélé un parfait ivrogne - complètement absent dans l’éducation des enfants, et souvent complètement absent tout court. La famille n’a eu de cesse de se demander dans quel état il rentrerait le soir, la nuit. La mère a assumé et assuré l’école, les devoirs, les activités, les sorties, essayant d’ouvrir ses enfants au monde et à la culture, les emmenant au concert, au cinéma, au théâtre, en vacances. Paul est mort jeune, au moins, la mère a eu moins de soucis d’argent. Naïve et trop gentille, elle s’est souvent fait arnaquer. Distante mais toujours présente, elle a réussi à garder sa famille unie après moult sacrifices et concessions.

          Portrait magnifique et déclaration d’amour, ce court livre rend hommage à une Mère Courage qui s’est souvent tue, a vécu pour les autres, a enfin profité des joies de l’existence une fois vieille mais a finalement traversé les années doucettement, sans fracas. Victime d’une éducation catholique à la dure, elle s’est montrée froide (on retrouve le sens de l’humour décapant de Fournier, il voulait d’abord appeler le livre « La mère est froide »), renfermée et triste. Le récit touchant et réaliste est entrecoupé de descriptions de photos dont celle de la couverture, très belle. On sent un attachement sincère et authentique d’un homme désormais âgé pour sa maman qui lui manque toujours aujourd’hui. Cette lecture a résonné en moi par rapport à mes relations avec ma mère mais aussi par rapport à celles que j’entretiens avec mes enfants. Un beau et grand moment, Jean-Louis Fournier a raison quand il dit :"La seule façon de conserver quelqu'un, c'est de le mettre dans un livre" (interview donnée à Franceinfo)

 

« Ma mère aurait bien aimé quitter son mari, mais on était à l’époque bénie où ça ne se faisait pas. Le divorce n’était pas encore un produit dérivé du mariage, c’était un péché mortel. On ne pouvait pas effacer ce que Dieu avait béni. On ne pouvait pas briser les liens sacrés du mariage, disait bonne-maman. Si on était malheureuse, il fallait rester malheureuse jusqu’à la fin et remercier le bon Dieu. »

Enfant, Jean-Louis entend sa mère pleurer dans son lit : « D’habitude, ce sont les enfants qui pleurent, pas les grandes personnes. Surtout pas les mères, elles sont sur terre pour consoler les enfants qui pleurent. Là, les rôles étaient inversés. C’était le monde à l’envers. J’ai pensé un moment me lever pour aller la consoler. Je n’ai pas osé. Si elle pleurait tout doucement, sous ses couvertures qu’elle avait relevées, c’était pour se cacher. Elle ne voulait pas qu’on l’entende. Ce n’était pas un cauchemar, ce n’était pas un mauvais rêve qui allait s’arrêter. Elle pleurait parce que sa vie était un mauvais rêve. Je ne pouvais rien y faire. »

« Si elle a été souvent triste, ce n’était pas par vocation. Elle avait la joie de vivre, mais vivre ne lui a pas toujours donné la joie de vivre. Toute sa vie, elle a gardé le goût du bonheur. Elle a su se faire consoler par les bienfaiteurs de l’humanité, les musiciens, les peintres, les écrivains, les philosophes… »

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18 mai 2017 4 18 /05 /mai /2017 21:13

 

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Tome 1. La vie suspendue.

 

            Cela faisait bien longtemps que je voulais lire ce livre et, suite à mon engouement pour Vango, l’envie se fit encore plus impérieuse.

            Tobie Lolness est un petit garçon qui vit dans un arbre avec ses parents. Il mesure un millimètre et demi ; ses concitoyens sont à peine plus grands. L’arbre est leur pays, leur monde. Parce que le père de Tobie, Sim, a découvert un procédé révolutionnaire sans vouloir révéler ses tenants et ses aboutissants, la famille doit s’exiler dans l’endroit le plus humide de l’arbre, les Basses-Branches. Au final, Tobie va s’accommoder de cette vie peu confortable mais il se verra contraint de fuir encore une fois. L’ombre du terrible Jo Mitch amené à diriger l’arbre en surfant sur les peurs des gens, planera sur l’ensemble des habitants et deviendra une menace de premier plan pour la famille de Tobie. Courses-poursuites, traques, ruses et camouflages, le garçonnet doit se montrer malin, d’abord pour sauver sa peau, ensuite pour espérer sauver celle de ses parents. Entre amis, ennemis et traîtres, Tobie frôlera la mort plus d’une fois avant de revenir sur ses anciennes croyances et de découvrir des vérités nouvelles.

         L’intérêt de ce roman réside à la fois dans la métaphore de notre monde à nous et dans la personnalité de Tobie. En effet, cet arbre est un microcosme avec ses gentils et ses méchants mais aussi avec ses dangers, avec la menace de sa destruction, la nécessité de le sauvegarder comme un trésor. Tobie est un véritable héros qui collectionne les qualités tant physiques que morales. Il brille de patience et de courage et l’image que je garderai de lui, c’est son attitude dans la grotte. Condamné à passer l’hiver dans une grotte sombre parce que la neige en a bloqué l’accès, Tobie rationne sa nourriture, fait de l’exercice physique et, surtout, pour passer le temps et ne pas devenir fou, il peint sur les murs l’arbre avec toutes ses ramifications, tous ses habitants, tous les souvenirs qui lui viennent à l’esprit.

          J’ai aimé cette lecture mais… comment dire… voilà typiquement le genre d’histoire « pour enfants » dans laquelle j’ai du mal à m’y retrouver parce que je préfère la littérature « pour adultes ». Et, (je vais me faire un paquet d’ennemis) j’avais ressenti la même chose quand j’ai lu quelques Harry Potter. J’en saisis parfaitement la qualité, j’en apprécie le style et l’intrigue mais ce n’est pas pour moi. J’ai moins eu cette réaction à la lecture de Vango. C’est tout à fait personnel, si mon fils de 11 ans lisait ce roman, je serais aux anges, Timothée de Fombelle a le don de magnifier ses personnages, d’inventer un monde extraordinaire, d’ouvrir un grand passage au rêve et de susciter des vocations de héros. J’ai particulièrement aimé la fin, lorsque Tobie se trouve mêlé aux Pelés, ces gens exclus de l’arbre. Que de résonances actuelles !

 

Avant de rencontrer la belle Elisha qui marche pieds nus, Tobie avance trempé dans cet univers moite des Basses-Branches : « La chaussette mouillée brouille les idées et noie le moral. »

« Quand on vit dans la peur, on tombe à chaque pas. »

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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 09:58

 

 

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           Après avoir lu Catharsis de Luz, j’ai préféré laisser passer un petit temps pour découvrir, sur le même thème, La Légèreté.

         Catherine Meurisse est dessinatrice pour Charlie Hebdo depuis dix ans. Le 7 janvier 2015 au matin, elle rumine sa séparation avec l’homme qu’elle aime qui l’abandonne pour retrouver femme et enfants. En retard pour se rendre à la réunion de rédaction, elle arrive rue Nicolas-Appert lorsque Luz, en retard aussi (c’est le jour de son anniversaire) la prévient « Ne monte pas au journal. Il y a une prise d’otages à « Charlie ». » La suite, on la connaît. Ici, on la découvre à travers celle qui aurait pu mourir aussi ce jour-là, celle qui a perdu une partie de ses collègues et amis, celle qui perd la mémoire sous le choc du massacre. Catherine Meurisse est passée par différentes étapes dans la reconstruction : une perte des repères, la page blanche (« les idées reviennent péniblement, le dessin plus laborieusement encore »), la fuite (voir Cabourg pour retrouver Proust qu’elle aime tant), l’état de dissociation (elle voit son corps mourir, la plupart du temps), l’agacement d’avoir deux baraques de la sécurité collées à elle constamment. Elle finit par vouloir retrouver la beauté, cherche à ressentir ce fameux syndrome de Stendhal qui voudrait que la beauté d’une œuvre d’art prenne le dessus sur tout le reste. Elle se rend à la Villa Médicis à Rome en quête de beau mais n’y retrouve, dans un premier temps, que des résurgences de la tragédie qu’elle a vécue, les œuvres d’art évoquant bien souvent des tueries. Le syndrome de Stendhal lui aurait « posé un lapin. »Mais elle ne lâche pas l’affaire et c’est finalement à travers la musique, la peinture et un beau paysage, qu’elle parvient à retrouver un peu, rien qu’un peu de cette « légèreté ».

           Cet album est magnifique. Emouvant bien sûr, courageux, très fort et sublime. Au cours de la lecture, on ressent tout sauf de la « légèreté », les événements tragiques nous reviennent à la figure (pour parler poliment), pèsent et accablent, et petit à petit, on se met à la place de Catherine, celle qui a réellement besoin de survivre, de revivre et de renaître. L’énorme vague de solidarité (encore que ce ne soit pas le mot adéquat) avec ce fameux « Je suis Charlie » ne semble pas avoir aidé la jeune femme à sortir la tête de l’eau. C’est bien sûr en elle-même et loin de tout qu’un début de renaissance a pu se faire. Certaines planches sont une merveille qui correspond très bien à l’idée qu’on peut se faire du « Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or. » Plus doux que l’album de Luz mais non moins marquant.

A lire absolument.

 

Lorsqu’elle retrouve le petit chemin creux de la campagne où elle a grandi, même là, elle ne trouve que tristesse et détresse. « Enlacer un arbre. Toi, tu es là depuis toujours, tu ne meurs pas, tu ne tombes pas. Si on te tire dessus, ton écorce engloutit la balle. »

« Une fois le chaos éloigné, la raison se ranime et l’équilibre avec la perception est retrouvé. On voit moins intensément, mais on se souvient d’avoir vu. Je compte bien rester éveillée, attentive au moindre singe de beauté. Cette beauté qui me sauve, en me rendant la légèreté. »

 

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 15:46

 

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          Vu à La Grande Librairie et encensé par François Busnel (remarquez, c’est son job), j’avais bien envie de voir par moi-même ce que valait cet écrivain qui est aussi lieutenant à la police judiciaire de Sainte-Saint-Denis.

           Face à une petite bande de malfrats corses dirigée par Alex, une nana plus que courageuse, le capitaine Coste va, tant bien que mal, éviter la casse et sauver l’honneur de la police, plus précisément celui du SDPJ du 93…

           Suite à un braquage de bijouterie, le petit frère d’Alexandra, Nunzio, parce qu’il se promenait avec une montre de la valeur d’une voiture, se fait arrêter et emprisonner. Dans les cellules de Marveil, c’est l’enfer entre son codétenu qui le viole régulièrement et les autres qui le tabassent et le persécutent. Pou Alex, l’évidence s’impose : il faut faire sortir le petit frère. Un avocat qui a le bras long et de mauvaises intentions va suggérer aux voyous de voler le scellé compromettant (la montre), preuve irréfutable de la culpabilité de Nunzio. Et puis, de voler par la même occasion, quatre autres scellés qui vont faire les petites affaires de l’avocat. Alex fonce tête baissée, accompagnée de son amoureux Dorian, de Rhinocéros qui porte bien son nom et de Franck, l’intendant de la bande. En face, c’est l’équipe du capitaine Coste qui tente de comprendre, une bande de copains soudés et dynamiques, complètement accaparés par leur boulot. Des bavures, des dommages collatéraux, des coups bas et des bravades, il y en aura. Le point de vue passe d’un voyou à un flic, avec une telle impartialité que le lecteur est amené à être tantôt pour l’un, tantôt pour l’autre, faisant fi de tout manichéisme.

          Et le point fort, très fort, de ce roman, c’est son réalisme à toute épreuve. A la manière d’un film tourné caméra à l’épaule, l’auteur nous embarque dans une histoire au rythme trépidant et infernal. Les rebondissements imprévisibles se succèdent, l’ennui n’est pas le bievenu au cours des cinq cent pages que compte ce roman et le style va dans le même sens : se débarrassant de toutes fioritures, il va à l’essentiel. Le passage narrant le séjour en prison de Nunzio est effrayant et fascinant à la fois. La plongée dans la vie au sein même de l’équipe de Coste est édifiante et saisissante. L’intrigue est très bien ficelée et digne des plus grandes séries policières tout en apportant un éclairage intéressant sur le système judiciaire actuel. Une lecture à conseiller aux amateurs de sensations fortes et d’actions, cela va sans dire.

         Un bémol : le titre que je trouve bien trop généralisant ; et un regret : ne pas avoir lu les deux premiers tomes avant celui-ci. Il peut très bien se comprendre indépendamment des deux précédents mais on sent bien que, pour que ce soit parfait, mieux vaut les lire dans l’ordre.

« Malheureusement, il n’existe pas d’endroit plus dangereux, inégal et injuste que la prison. Et au lieu de ressortir équilibré ou cadré, les détenus en sortent plus violents, désabusés, perdus et agressifs, sans aucun projet de réinsertion. Plus venimeux en sorte. La prison comme une école du crime. »

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9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 17:38

1. Justice et légumes frais

 

          Je suis ravie de partager avec vous une découverte BD que j’ai faite moi toute seule, une fois n’est pas coutume !

          Imbattable est un super-héros, « le seul véritable super-héros de bande dessinée », il accomplit l’impossible, l’insolite, l’unique : il saute d’une case à l’autre pour immobiliser un voyou, il glisse vers la vignette du bas pour avancer plus vite dans le temps ou pour se téléporter d’un endroit à l’autre. Ce petit être masqué jaune et noir est un gentil, un peu candide mais très courageux. Sa vie est paisible et routinière, il aime beaucoup rendre visite à sa mamie jusqu’à ce qu’on l’appelle pour sauver le monde ! Les personnages secondaires ne sont pas en reste. Un joueur de pétanque, rien que par la force des mots, parvient à détruire des panneaux de signalisation, à soulever les gens du sol et à semer le chaos dans une brigade de flics, parce qu’ « il ne faut pas sous-estimer le pouvoir des mots. Les mots, ça peut soulever des montagnes. » Le savant fou réussit à imaginer les machines les plus destructrices pour annihiler le monde, mais c’est sans compter le pouvoir extraordinaire de notre Imbattable ! Reste un ennemi de taille : Plaisantin qui semble avoir le don d’apparaître et de disparaître comme bon lui chante. Imbattable est malin et il a compris que lui aussi se joue des pages de la bande dessinée…

           Complètement novatrice, cette BD qui défie les notions de temps et d'espace ne peut que vous laisser coi. On sourit beaucoup, on rit parfois, on se laisse surprendre à chaque planche par tant d’ingéniosité et d’invention. Astucieuse, ludique et rythmée, cette lecture m’a plu à moi mais mes enfants me l’ont rapidement subtilisée pour la dévorer à leur tour. Résultat : un énorme succès. Ça se résume difficilement alors un seul conseil : lisez ce truc complètement fou !

 

« 20/20 »

 

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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 10:41

 

 

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L’amie prodigieuse tome 2.

          Après avoir apprécié le premier tome, il me tardait de lire la suite de cette saga couvrant plusieurs décennies.

         Nous avions quitté Lenù le jour du mariage de Lila lorsque cette dernière découvre, effarée, que son mari Stefano s’est acoquiné avec les Solara pour une énième affaire de chaussures… C’est le point de départ d’une période faite de déceptions, de regrets et de désamour. Elena est toujours amoureuse du mystérieux et réfléchi Nino Sarratore tandis que Lila comprend qu’elle s’est trompée en se mariant avec Stefano. Comme pour confirmer cette erreur, elle ne parvient pas à tomber enceinte et les rumeurs circulent dans le quartier napolitain de leur enfance. Pour être au meilleur de sa forme mais surtout parce qu’elle l’a désiré, Lila convainc son mari de l’envoyer en vacances à Ischia, petite île paisible, avec Elena. Là-bas, Nino sera au cœur des discussions, des rencontres, des amours mais pas comme on pourrait s’y attendre… Alors que Lila tente de supporter l’échec de son mariage dans les bras d’un amant, Lenù réussit brillamment ses études qu’elle poursuit à Pise, ville où elle rencontrera d’abord Franco, un jeune homme riche qui lui offre habits, livres et surtout estime de soi, puis Pietro, destiné à devenir, peut-être, son futur époux.

          La dépendance de Lenù vis-à-vis de Lila est frappante, elle agit en fonction de son amie, elle réagit en se demandant comment Lila aurait parlé, aurait fait, aurait pensé. Malgré les mauvais choix de Lila et sa vie ratée, elle reste un modèle pour la discrète mais très intelligente Elena. Cette domination inconsciente et silencieuse traverse tout le roman. Lila est comme une ombre qui plane constamment sur le parcours, les choix et le destin de son amie. Lila est celle qui ose et s’oppose, celle qui innove et crée la vie. Lenù ne semble que suivre un chemin tout tracé qui, grâce à un travail régulier et intelligent certes, la mènera de toute façon vers la réussite et vers une vie rangée et pépère. L’épisode de Pise (quelques années dans sa vie mais à peine une bonne dizaine de pages dans le roman) est peut-être le seul où Elena vole de ses propres ailes, s’affirme en tant qu’étudiante libre et indépendante et se détache de cette aura souvent malfaisante de Lila. Pourtant, Lenù ne se confie que très rarement à Lila, il lui arrive de la détester mais elle ne cesse de la défendre, de la suivre ne serait-ce qu’en pensée, comme une « espèce de petit chien terne mais fidèle qui lui servait d’escorte. » Cette relation m’a paru douloureuse et je crois que tout lecteur voit avec bonheur et soulagement une Elena s’ouvrir et réussir loin de Lila.

          J’ai encore une fois pris plaisir à cette lecture, malgré quelques longueurs, l’amitié malmenée et parfois tronquée de cette deux adolescentes devenues de jeunes adultes est décrite avec justesse et nuances. Les rebondissements dignes des Feux de l’amour rendent l’intrigue palpitante même si on a l’impression que c’est Lila, par ses frasques, son obstination et ses impétuosités, qui fait tout le boulot. Le style fluide et romanesque de l’auteur donne du souffle à ces histoires et ces anecdotes. Le mystère qui entoure son identité rajoute une certaine vigueur à la mise en abyme présente à la fin du roman. C’est plein de vie, c’est coloré, ça redore l’image de la femme (les hommes n’ont-ils pas une place bien moindre dans le roman ?) Après la dernière page, non, les deux derniers mots, oui, oui, j’ai envie de lire la suite !

 

« Était-il possible que les parents ne meurent jamais et que chaque enfant les couve en soi, de manière inéluctable ? Ma mère avec sa démarche boiteuse surgirait-elle donc vraiment un jour en moi, avec la fatalité d’un destin ? »

« Voilà en gros ce qui m’arriva à Pise, de la fin 1963 à la fin 1965. C’est si facile de parler de moi sans Lila ! Le temps s’apaise et les faits marquants glissent au fil des années, comme des valises sur le tapis roulant d’un aéroport : je les prends, je les mets sur la page, et c’est fini. »

« elle réagissait en m’expliquant qu’en réalité je n’avais rien gagné, que dans ce monde il n’y avait d’ailleurs rien à gagner, que sa vie était aussi débordante d’aventures surprenantes que la mienne, et que le temps ne faisait que passer, sans aucun sens : il était simplement agréable de se voir de temps en temps pour entendre la musique folle du cerveau de l’une faire écho à la musique folle du cerveau de l’auteur. »

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 10:15

 

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            Nous sommes dans un monde apocalyptique. Tout a été détruit, les humains fuient, adoptent une position statique déconcertante (on n’est pas loin des zombies…) ou tentent de retrouver le « Paradize », un univers merveilleux où le mal n’existe plus. Sam et Samantha y croient eux aussi ; lui plus qu’elle. Ils ont l’argent et les informations nécessaires pour aller de l’autre côté mais le passeur leur annonce que la somme ne correspond qu’à une personne. Il garde Samantha et Sam doit se débrouiller, dans une ville fantôme, pour trouver l’argent manquant. Il se rend vite compte que ce passage de la frontière n’est qu’un piège pour dépouiller et tuer les prétendants au rêve. Un homme régit cette vaste fumisterie : il n’a ni bras ni jambes et c’est aussi le châtiment qu’il réserve à ses prisonniers.

          Mais quelle horreur cette BD ! Dans un monde fait de gris et de noir, quelques couleurs vives viennent contraster avec le sordide et le glauque. J’ai apprécié la qualité des dessins mais le scénario ne m’a pas du tout plu. Dans cet étalage de violence, le lecteur ne peut que se sentir nauséeux. Il y a une once de miette de lueur d’espoir qui réside en l’amour entre Sam et Sam mais ce genre-là (entre SF et thriller sanglant) n’est vraiment pas pour moi… Dire que la BD a reçu le Grand Prix d’Angoulême en 2016…

« 12/20 »

 

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 16:20

             J’ai reçu ce petit livre (à la très belle couverture !) dans ma box mensuelle. On me l’avait présenté comme un livre de SF.

            Un couple de scientifiques, Pr Kirino et Pr Wei, a créé une machine qui permet de revivre un événement passé, sous certaines conditions : « une seule et unique fois par période visitée pour une seule et unique personne ». Le « voyageur » dans le passé observe les faits sans pouvoir intervenir, un peu à la manière d’un fantôme invisible. Un zoom tout particulier est fait sur un événement contesté et méconnu (je n’en avais jamais entendu parler, pour ma part) : l’Unité 731. Cette unité militaire japonaise, active en 1932 et en 1933, effectuait des expérimentations et autres tests médicaux sur des Chinois (mais aussi des Coréens et des Russes) dans des conditions barbares et inhumaines. Une sorte d’Auschwitz chinois. Certains Japonais ont minimisé voire nié les tortures subies par les cobayes, d’autres n’ont pas compris quel était le véritable problème. La machine révolutionnaire de Kirino et Wei a donc pour objectif d’aller témoigner, vérifier et certifier la véracité des événements de l’Unité 731. Mais lorsque sont envoyés des membres de la famille des victimes, la fiabilité des témoignages devient plus que douteuse…

             J’ai été déstabilisée par ce livre atypique qui est une fiction prenant des airs de documentaire : interviews, témoignages, dépositions, retranscriptions de discours, tout est fait pour qu’on croie véritablement cette histoire de voyage dans le temps. Des réflexions judicieuses sur les responsabilités des bourreaux, le contexte particulier et « anormal », le désir de vérité ou encore la place de l’historien ont jalonné ce livre déroutant. Ce qui est sûr, c’est que je n’oublierai pas de si tôt les ventres des femmes enceintes qu’on ouvre sans anesthésie et les bras nus des marcheurs qu’on envoie se geler par -20… Un procédé original, malin et édifiant pour évoquer un événement historique.... et secouer le lecteur.  A lire.

« vous pouviez regarder l’histoire en train de se dérouler, comme une pièce de théâtre. »

« Au cours de cette période anormale, il a effectué des choix anormaux. Certains en prendraient peut-être prétexte pour affirmer qu’on ne peut pas le juger. Or, comment peut-être juger qui que ce soit, sinon dans les circonstances les plus anormales ? »

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 11:36

 

           Je voulais une lecture légère et pas compliquée dans une période intense de représentations théâtrales, j’ai trouvé ce que je cherchais !

           Le roman débute sur trois histoires en parallèle : Tess, mariée à Will depuis des années, maman d’un petit garçon, apprend que son mari est tombé amoureux de celle qui est à la fois sa meilleure amie, sa collègue et sa cousine (et leurs mères sont jumelles). Devant Will et Felicity qui avouent honteusement leur amour, Tess fuit, avec son fils, chez sa mère. Là-bas, elle retrouvera un ex-petit ami.

             Rachel, elle, désormais grand-mère, vient d’apprendre que son fils et sa bru immigrent aux Etats-Unis en emmenant, bien sûr, son petit-fils adoré. Cette séparation à venir ne fait que raviver la douleur de la perte de sa fille, Janie.

            Et enfin, conforme au titre du roman, Cecilia mère de trois filles et heureuse épouse de John-Paul, découvre une lettre, au grenier, portant la mention « A n’ouvrir qu’après ma mort » et signée par son mari. Lorsqu’on découvre une telle lettre, que faire ? Résister à sa curiosité ? L’ouvrir coûte que coûte ?

           Ce roman réserve bien des surprises, des rebondissements et des révélations où, finalement, les trois histoires vont se trouver intimement liées. Malgré quelques longueurs et répétitions, les 500 pages se lisent en un rien de temps – c’est le genre de livre où sauter une ligne ne pose aucun problème de compréhension générale, si vous voyez ce que je veux dire… Pour moi, ce roman a rempli sa mission qui était celle de me détendre et de me vider la tête. Retiendrai-je quelque chose ? Pas sûr mais, à l’instant T de lecture, certains passages nous permettent de réfléchir sur le pardon, l’amour conjugal, l’amour pour son enfant ou encore cette idée de secret…

« Cecilia pensait savoir ce qu’était la colère – ne lui arrivait-il pas de s’emporter ? -, mais à ce moment précis, elle comprit qu’en réalité, elle n’en avait jamais fait l’expérience. C’était un sentiment insensé, formidable, absolu, d’une ardeur incomparable. Un sentiment qui lui donnait l’impression de pouvoir voler. Voler à travers la pièce comme un démon et lacérer le visage de John-Paul de ses serres. »

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