Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 15:13

 

Afficher l'image d'origine

 

                 Tout est dit dans la quatrième de couverture : « Tu te serais levé, TOI, pour aller dépanner un pote à 3h du matin ? » 

                 Raphaël et sa petite amie se font réveiller à 2h30 du matin par un pote, Léo. Celui-ci demande un service à son grand copain : venir le dépanner, là maintenant tout de suite. Raphaël bougonne, il  a une assurance, il est tard, il est crevé… c’est sa copine qui l’incite à y aller. Cinquante minutes plus tard, Raphaël débarque sur le lieu de ladite panne. Surprise : Léo l’accueille avec une bouteille de champagne et une petite dizaine d’amis ! C’était une blague… et surtout le « test de l’amitié » : ne sont venus que ceux qui appréciaient vraiment Léo, ceux qui feraient tout pour lui. Raphaël a du mal à encaisser la farce. Et pourtant, il va jouer au même jeu quelques jours plus tard avant de constater qu’un seul copain vient pour lui et d’avoir une discussion plutôt violente avec ce Léo qui a besoin d’affirmer sa supériorité.

                Le fait de connaître l’histoire de la BD avant de la lire a sans doute été un inconvénient pour moi. J’ai apprécié cette histoire, cette amitié virile, cette tranche de vie, cette rencontre nocturne au carrefour des quatre vérités sur fond de no man’s land. Les dessins m’ont plu, il y a cette nuit qui met en lumière certaines vérités, il y a ce jour qui en révèle d’autres. L’album se termine sur la fête de divorce de Léo qui s’apparente à une grosse bringue de mariage (je trouve ça d’un goût douteux). Ce qui m’a le plus gênée, ce sont ces longueurs, cet aspect répétitif et un peu lancinant. J’en ressors moyennement convaincue. En regardant la bande annonce du film de Michaël Cohen, j'ai l'impression qu’il a l’air assez fidèle au livre. Puisque j’apprécie Nicolas Bedos, je le regarderai dans quelques mois.

« 15/20 »

Afficher l'image d'origine

Repost 0
Published by Violette - dans Lectures - BD
commenter cet article
24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 15:09

 

Je prends quelques instants pour vous souhaiter de douces et de joyeuses fêtes de Noël !!!

A très bientôt !

 

Personnellement j’aurais aimé voir la neige tomber doucettement alors je vous offre quelques vues enneigées du photographe Christophe Jacrot.

 

CJacrot_ Noël (New York).jpg

 

Afficher l'image d'origine

 

Afficher l'image d'origine

 

Repost 0
Published by Violette - dans Fait maison
commenter cet article
23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 09:20

 

Afficher l'image d'origine

 

             Le héros et narrateur de ce texte est un collégien qui se fait insulter et frapper par ses camarades. Son père lui en veut de se laisser faire ainsi, de ne pas savoir répondre et rendre la pareille. Il veut faire de lui un « homme » qui roule des mécaniques et sache cogner. Seule Sarah le comprend, le défend, le protège… surtout de cette phrase lancée par les autres garçons « t’es pédé, de toute façon. » Car ça non plus le père ne veut pas l’entendre. Il faut que le fils rentre couvert de bleus, de blessures, de boue, de maux au cœur surtout, il faut qu’il menace de se tuer, il faut qu’il fracasse le miroir de la salle de bain pour qu’enfin, son père ouvre les yeux et prononce les quelques paroles de réconfort tant attendues.

           Roman sur l’homosexualité, sur le regard des autres mais aussi sur l’éducation, ce texte de quelques dizaines de pages se lit d’une traite et ne s’oublie pas. Ce qui m’a le plus frappée parce que je le rencontre si souvent dans mon métier de prof, c’est l’incompétence du père. De nombreux, trop nombreux parents, abandonnent leurs enfants, les laissent vivre avec leurs problèmes, leurs difficultés, leur mal-être. Ils les nourrissent, les habillent, leur achètent des cadeaux et ça s’arrête là. Ne parlent pas, n’écoutent pas.

          Quant à l’homosexualité évoquée dans ce roman, j’ose espérer une évolution des mentalités, enfin. J’ai fait lire Les Lettres de mon petit frère de Christophe Donner à des 5ème, petit livre qui traite subtilement de la question de l’homosexualité. Tous les élèves sauf un ont été offusqués à l’idée de rejeter ce grand frère en raison de ses préférences.

           A copier 100 fois est un livre choc, touchant par la solitude et le désespoir évoqués par un petit garçon, révoltant à cause de l’attitude imbécile des autres. A mettre entre toutes les mains.

« Je veux pas apprendre à me battre. J’ai pas envie papa, pourquoi j’ai pas le choix ? Des claques, des balayettes, des coups de poing, des manchettes qui répondent à des claques, des balayettes, des coups de poing, des manchettes. A quoi ça sert tout ça ? papa m’a dit cent fois d’être un homme. »

« j’aimerais bien cesser de toujours danser d’un pied sur l’autre en me demandant dans quelle direction fuir, comme un petit animal en bas de la chaîne alimentaire, obligé de se protéger de tout ce qui évolue autour de lui. J’aimerais bien me sentir à l’abri quelque part. »

« J’ai perdu l’appétit, à force de manger des assiettes de silence et des bols de regards accusateurs à table avec papa. J’avale les reproches et puis je vais au lit. Dès le matin au menu, c’est soupe à la grimace. Je regarde mon ventre, des bleus se perdent dans les vagues de chair et d’os. »

 

Repost 0
Published by Violette - dans Lectures - jeunesse
commenter cet article
19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 22:30

Afficher l'image d'origine

 

 

          C’est  à Plainview dans l’Indiana qu’on fait la connaissance des trois copines : Clarice la pianiste au mari volage, Odette la boulotte et Barbara Jean, la femme fatale malheureuse. Afro-américaines, la cinquantaine bien tassée, elles arrivent chacune à un stade de leur vie où il devient indispensable de changer le cours des choses. Odette, atteinte d’un cancer, entend les voix de sa mère morte ainsi que celle d’Eleanor Roosevelt portant la guigne ; Clarice décide de quitter son mari et enfin, l’exquise Barbara Jean va comprendre que l’alcool ne va pas l’aider à renouer avec son amour adolescent, Chick.

          Sur fond de problématique raciale - un jeune serveur blanc dans un resto de Noirs choque profondément et nous rappelle que le mariage mixte n’est devenu légal qu’en 1967 - le roman se veut tantôt drôle, tantôt émouvant voire larmoyant (ce que je déteste par-dessus tout). Les personnages évoluent à la manière d’un roman initiatique pour quinqua (eh oui, ça existe !) Même si ce n’est pas mon genre préféré, qu’il y a un saupoudrage de bons sentiments un peu suffocant, j’ai apprécié cette lecture légère, facile et distrayante, surtout dans une période où je croulais sous le boulot. Par contre, qu’on compare ce roman à La Couleur des sentiments, non, il ne m’a, de loin, pas autant passionnée.  

 

Lorsque Chick, un Blanc, et Barbara Jean, une Noire, tombent amoureux : « Barbara Jean en répondit pas car il était évident que Clarice avait raison. Et il n’y avait pas que Desmond Carlson. Des tas de gens à Plainview, noirs ou blancs, auraient préféré voir Chick et Barbara Jean morts plutôt que de les savoir ensemble. C’était ainsi, et on ne pouvait rien y changer. »

Une mère très préoccupée par le poids de sa fille – future mariée – l’envoie chez un hypnotiseur : « Il l’a confortablement installée dans un fauteuil, a allumé des bougies parfumées, lui a chuchoté quelques phrases à l’oreille, et elle est sortie de là terrifiée par les féculents. Maintenant, quand elle voit un croûton dans sa salade, elle s’enfuit en hurlant. »

 

 

Repost 0
16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 18:59

 

Afficher l'image d'origine

 

-  D’après le roman de Fabrice Caro  -

        Depuis cette pétillante lecture de Zaï zaï zaï zaï, je guette le nom de Fabcaro. Quand il est associé à celui de l’excellent De Metter, je me jette sur l’album !

         Un dramaturge débutant, célibataire et oisif, passe ses après-midis aux enterrements pour y puiser de l’inspiration. Il s’inquiète de plus en plus quand il se rend compte qu’il y retrouve bien trop souvent un moustachu à l’air louche. Ce dernier finit par l’aborder en pensant que le jeune homme est l’un des siens… comprenez, que lui aussi fait partie de la société Figurec. Cette société consiste à embaucher des comédiens pour « combler » un enterrement, un mariage, un pot entre copains ou simplement pour circuler dans les allées d’un supermarché…  Notre homme seul se renseigne et trouve cela épatant, il engage une jolie Tania qui va faire office de petite amie auprès de ses parents ravis. Oui mais quand il tombe amoureux pour de vrai de sa fausse compagne, quand il ne va plus avoir assez d’argent pour la voir aussi souvent qu’il le voudrait, quand il va se rendre compte que beaucoup de personnes autour de lui ont recours à cette société Figurec, notre dramaturge ne va plus savoir où donner de la tête !

          J’ai a-do-ré ! Cette folle histoire qui fait monter un sentiment de suspicion sur notre entourage, ce méli-mélo de fiction et de réalité, cette hésitation permanente entre vrai et faux, mais quel bonheur ! L’intrigue est forcément palpitante, le dessin suit le mouvement en utilisant une belle palette de couleurs. C’est Monsieur Tout le Monde dans la Quatrième dimension… Quand on sait que c’est Fabcaro qui est à l’origine de cette histoire, on ne s’étonne plus de trouver une intéressante réflexion sur la place du mensonge dans notre société où l’humain apparaît comme un pantin. Une belle réussite délicieusement démoniaque!!!

 

« Figurec, c’est des dizaines de milliers d’employés à travers le monde, des figurants dans tous les domaines. La société la plus puissante du monde. Tu veux deux trois figurants pour un mariage, un enterrement, une équipe de foot ? Suffit de payer. Figurec, mon gars, la seule agence de figuration du monde. »

 

« 19/20 »

 

Afficher l'image d'origine

Repost 0
Published by Violette - dans Lectures - BD
commenter cet article
12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 15:17

 

Afficher l'image d'origine

 

-      De Sibérie en Australie 3 ans de marche extrême en solitaire     -

          Sarah Marquis est une aventurière. Dès son plus jeune âge, elle a toujours été proche de la nature, des animaux, à l’écoute du monde qui l’entoure, avec un mot d’ordre : marcher. Après quelques expéditions seule ou à deux, elle décide de traverser l’Asie, à pied, seule, du Nord au Sud en y rajoutant une bonne partie de l’Australie. Six pays sont traversés en trois ans, huit paires de chaussures ont été usées, deux ans de préparation physique, logistique, financière, culturelle ont été nécessaires. Sarah pousse une charrette de 50 kgs et en porte 17 autres sur le dos. Elle a quelques points de ravitaillement mais se débrouille seule la plupart du temps. Son statut de végétarienne ne la freine pas. Elle connaît différentes techniques pour trouver de l’eau.

        Tout commence au nord de la Mongolie. Le pays est âpre, ses habitants ont tous la même expression figée, ils hurlent en parlant et méprisent l’étranger. Les hommes urinent ou se frottent le gras du ventre devant Sarah pour montrer leur domination. L’aventurière lutte contre les obstacles climatiques : l’insolation, le vent, les grêlons qui détruisent sa tente, un « mur rouge de sable », le froid extrême. Elle dort parfois dans des tuyaux d’évacuation avec des chiens errants ou des cadavres d’animaux en décomposition. En Chine, une ethnie panique à sa vue et tente d’incendier son campement afin de la faire fuir ! Sur une terre où une femme seule est considérée comme une prostituée, les petits villageois jettent souvent des pierres à Sarah, la plupart sont mesquins, intolérants, parfois cruels. Au Laos, une forte fièvre la fait délirer, elle s’attache un pied à un arbre pour s’empêcher de sauter dans la rivière proche. En Thaïlande, la marcheuse se réconcilie avec le genre humain qu’elle trouve souriant et bienveillant. C’est à Ayutthaya, au sud du pays, qu’elle peut dire « Je viens de travers l’Asie à pied. » Cela ne lui suffit pas, elle tient à retrouver les paysages australiens qu’elle connaît bien et chérit tant. Sangsues, termites, crocodiles, buffles sauvages, kangourous, serpents, etc. sont les nouveaux compagnons de route de la Suissesse. Elle parvient enfin à « son » petit arbre australien, au sud du pays, fourbue mais complètement heureuse.

 

        Quel exploit ! Quelle femme ! Quelle aventure ! J’ai été scotchée, bluffée, immensément impressionnée par cette histoire que je n’ai pas lâchée du début à la fin. C’est le récit d’une prouesse hors du commun mais aussi une leçon de vie, de courage, de combat. Cette femme est emplie d’espoir et de confiance, elle s’extasie devant un insecte, un coucher de soleil, le bush australien. On a l’impression qu’elle parvient à se détacher de son corps et de ses besoins physiques pour faire communion avec la nature. Les douleurs, la fatigue, la faim, le froid, elle sait les mettre de côté en sachant que ça va passer. Ce texte m’a émue, m’a secouée, je dirais même qu’il m’a changée… Un immense coup de cœur pour une non-fiction, une fois n’est pas coutume. A lire, à prêter, à offrir !

 

 

« L’histoire qui suit est mon histoire. Je la dédie à toutes les femmes de par le monde qui luttent encore pour leur liberté et pour celles qui l’ont obtenue mais qui ne l’utilisent pas. Mettez vos chaussures. On part marcher. »

« A chaque pas, un peu de moi se mêle à La Terre. A chaque pas, la Terre me donne un peu d’elle. Aucun pas n’est vain, tout a un sens. J’ai marché pendant 20 ans et parcouru l’équivalent du tour de la Terre à pied. »

 Après avoir vu un scorpion translucide : « Les jours s’écoulent. J’en apprécie chaque minute. J’aime cet isolement, j’aime la beauté de ce désert. J’ai toujours eu l’impression que la vie ne donne rien dans rien, et que tout a un coût. Je savoure d’autant plus la magie de ces instants. Si maintenant vous arriviez à mon camp, vous me trouveriez avec un sourire de contentement. Vous m’interrogeriez très certainement sur le pourquoi de mon bonheur… Je répondrais alors : Je suis au bon endroit au bon moment, c’est tout. Je le sens, je le sais… » Mon cœur respire avec la terre. »

« Ce n’est pas parce que je ne comprends pas une attitude que je dois la condamner. »

 

Le morning glory (que je ne connaissais absolument pas !) : un long nuage de plus de 1000 kms de long qu’on ne peut apercevoir qu’au nord de l’Australie.

Afficher l'image d'origine

Repost 0
8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 11:59

 

Afficher l'image d'origine

 

          C’est dans les commentaires de mon billet  Le Territoire des Barbares (ma première lecture de l’auteur), que vous étiez nombreux à m’inciter à lire ce petit récit qui est un savant croisement entre autobiographie et biographie de Marie Curie.

          Rosa Montero a perdu son compagnon après des années de bonheur et d’amour, et Marie Curie a perdu son mari, Pierre, après des années de complicités et d’amour. Il n’en fallait pas plus à Rosa Montero pour tisser des liens entre elle et la très célèbre physicienne.

          Marie Curie a souffert du froid et de la faim dans sa Pologne natale. Sa mère, atteinte de la tuberculose ne touchait plus ses enfants de peur de les contaminer, « Marie, encore très petite, ne peut comprendre ça et se sentit rejetée. » Orpheline à 11 ans, elle se découvre vite une passion pour les sciences et rejoindra Parie à 24 ans. Sans fard ni apprêtement, Marie se fait une place, laborieusement, dans ce milieu très masculin de la recherche scientifique, tout en ayant en tête, le sacrifice de sa mère enseignante qui avait suivi son père physicien. « Ne sois pas si féminine. Ou ne le sois pas autant que je l’ai été. Sois un autre type de femme. Sois une Mutante. Cette femelle sans place, ou à la recherche d’une autre Place. » Pierre Curie semble bien être le seul homme, à l’époque, à valoriser les connaissances et les mérites de son épouse. Ils obtiennent le Prix Nobel de Physique en 1903. Le radium si « magique » qui a fait la joie du couple fait froid dans le dos tant au début du XXème siècle, on ignorait ses dangers. En 1906, ce n’est pas la trop grande exposition aux éléments radioactifs qui tue Pierre Curie mais un banal accident  d’hippomobile. Marie Curie aura besoin de temps pour faire son deuil, c’est dans cette souffrance que se retrouvera Rosa Montero. Et pourtant, Marie Curie retrouve la joie de vivre et le sourire dans les bras d’un amant, Paul Langevin, éminent scientifique lui aussi. Sollicitée à travers le monde jusqu’à la fin de sa vie en 1934, elle se montrera active et combative comme elle l’a toujours été, obtenant le Prix Nobel de Chimie en 1911.

 

          J’ai adoré cette lecture, j’y ai pris un plaisir fou, passionné, tout féminin. En croisant ces deux vies de femme, l’auteur nous mêle à l’humanité et au destin des femmes de manière plus générale. Je m’y suis retrouvée - Rosa comme Marie m’ont fait une petite place dans cette conversation si enrichissante, si frétillante de vie, de lutte. Dois-je parler des bémols, des hashtags envahissants, de la théorie des coïncidences qui m’a laissée froide, de la candeur parfois étonnante de Montero ou encore des suppositions et interprétations parfois abusives de la vie de Marie Curie… ? Non, il faut lire ce roman, surtout quant on est femme. Le lire pour mourir moins bête.

 

 

L’incipit démarre fort : « Comme je n’ai pas eu d’enfants, ce qui m’est arrivé de plus important dans la vie ce sont mes morts, et je veux dire par là la mort de mes êtres chers. Vous trouvez ça lugubre, peut-être même morbide ? Je ne le vois pas comme ça, bien au contraire : pour moi c'est tellement logique, tellement naturel, tellement vrai. C'est seulement lors des naissances et des morts que l'on sort du temps : la Terre stoppe sa rotation et les futilités pour lesquelles nous gaspillons nos journées tombent au sol comme des poussières colorées. »

« Nous avons tous besoin de beauté pour que la vie soit supportable. »

« Honorer ses parents, donc. Quelle terrible injonction, quelle obligation souterraine et souvent inconsciente, quel piège du destin. Nous grandissons avec le puissant message de nos géniteurs nous montant la tête et nous finissons souvent par croire que leurs désirs sont nos désirs et que nous sommes responsables de leurs manques. »

« Cette femme est véritablement tellement immense en tout, tellement exceptionnelle, que vous courez le risque de tomber dans l’hagiographie et d’en faire une héroïne en carton-pâte. Heureusement que, de temps à autre, j’ai trouvé un petit détail misérable avec lequel j’ai pu l’humaniser, car il n’y a pas une seule vie sans sa part de noirceur, même en petites proportions. »

Repost 0
5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 18:06

 

Afficher l'image d'origine

 

              Cette mini-BD (ma fille de 7 ans a rigolé en la voyant) est une compilation de strips parus dans Zoo le mag depuis 2008. Autobiographique, cet album évoque le métier et la vie d’auteur de bandes dessinées. Entre les festivals plutôt casse-pieds, les séances de dédicaces où les vrais fans se font rares, le regard parfois dévalorisant des autres, le salaire souvent misérable, on sourit beaucoup. Fabcaro doit faire avec ses prédécesseurs, des grands noms qu’il n’hésite pas à citer comme Moebius, Cabu, Quino, Sfar, Gotlib. Il essaie tant bien que mal de se faire une place dans la société avec un métier aussi original. Il tente de contrer les remarques de sa compagne qui se plaint de n’être représentée qu’en train de râler. Il vainc sa déception quand ses ouvrages servent d’accoudoir lors d’un festival où son voisin a bien plus de succès. Il n’a pas d’atelier mais bosse dans sa cuisine … Bref toutes ces considérations bien que drôles et plaisantes ne doivent plus convenir actuellement à notre Fabcaro qui cartonne avec son excellent et énormissime Zaï zaï zaï zaï ! Tant mieux pour lui !

            J’ai beaucoup aimé ce petit livre aux dessins en noir et blanc où la mise en abyme fait mouche, où l’autodérision et la tendresse m’ont rappelé Le retour à la terre de Larcenet.

 

« 17/20 »

 

Afficher l'image d'origine

Repost 0
Published by Violette - dans Lectures - BD
commenter cet article
2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 11:58

 

Afficher l'image d'origine

 

          J’avais loupé Le Chapeau de Mitterrand qui avait obtenu un joli petit succès à sa sortie en 2012. Je pensais me rattraper avec ce roman…

           François Heurtevent a perdu les élections. Maire de la ville fictive de Perisac, il n’a jamais su faire autrement que briller en politique, au départ grâce à son mentor désormais décédé. Proche de la cinquantaine, marié à une chef cuisinière de renom, François sombre dans une forme de dépression qui le plonge dans son passé. Et il tient à y rester dans son passé, en creusant ses souvenirs et en partant à la recherche de ses anciens camarades de terminale. De surprises en surprises, un de ses anciens copains étant prêtre, une autre prostituée… François va redécouvrir son passé et ses secrets.

           Je suis restée complètement en dehors de ce roman où les invraisemblances prennent le nom de coïncidences, où tout est cousu de fil blanc dans une histoire à dormir debout. Je suis indulgente car j’ai apprécié une partie de la toute fin mais les deux cents premières pages m’ont barbée au possible. L’écriture, quant à elle, m’a semblé tantôt plate, tantôt pompeuse, nimbée dans un gros brouillard de clichés. Parfait pour un feuilleton télévisé estival à 96 épisodes sur TF1. Sûr que je ne me risquerai pas à lire un autre roman de Laurain… Ou quand lire semble être une perte de temps…

 

Un merveilleux extrait : « Cette machine abstraite qui se construit pièce après pièce, presque d’heure en heure et qui a pour nom le destin. »

Repost 0
28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 12:29

 

Afficher l'image d'origine

 

          Lydia a disparu. Cette jolie jeune fille de 16 ans, née d’une mère américaine et d’un père d’origine chinoise, brillait dans ses études tout en ayant une vie sociale assez riche. Dotée d’un grand frère Nath, d’une petite sœur Hannah, elle a toujours été la préférée de la famille. Rapidement, son corps est retrouvé au milieu du lac, tout à côté de la maison familiale. C’est évidemment le choc, d’autant plus que la police évoque la thèse du suicide. On va plonger dans cette vie familiale en apparence sans heurts ni problèmes. La mère, Marilyn, a toujours voulu être une scientifique, un médecin, mais dans l’Amérique des années 50-60, la place de la femme est dans la cuisine. Le père est un professeur d’Université qui semble avoir réussi mais qui n’a jamais été totalement accepté par ses nouveaux compatriotes et a dû faire face à de nombreuses agressions racistes. Nath est un ado équilibré passionné par l’astronomie qui, cependant, a toujours été incompris et peu entendu. Et il y a Lydia, cette fille qui a toujours dit oui à tout, qui est toujours entrée dans un moule conçu par ses parents mais qui ne lui convenait pas du tout. Elle se distingue « par son habileté à mentir sans même un haussement de sourcils qui la trahirait ».  Ça fait beaucoup de « mais » pour ses parents qui n’ont toujours vu que du feu.

           Le roman commence comme un polar, la disparition de Lydia, la découverte de son cadavre, l’enquête, les souvenirs qui ressurgissent. Et pourtant, ce livre est bien plus qu’un polar. Il sonde de manière progressive et très lucide le cœur de cette famille, la rendant attachante et proche de nous. De petits détails aux grands événements, tout est passé au crible pour comprendre comment on en arrive à la tragédie du lac. Et après la mort de Lydia, il va bien falloir revivre, continuer dans une direction inconnue.

          L’auteur excelle dans les thèmes qu’elle aborde : l’adolescence et ses complexités, la place de la femme dans la société, l’identité et l’intégration, le rôle et l’importance des parents, la résilience. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman bien écrit. Il fait réfléchir, il effraie et émeut sans tomber dans un pathos inapproprié. Un auteur hongkongais à suivre…

 

Le livre de référence de la mère de Marilyn, est le livre de cuisine renommé de Betty Crocker : « Si vous tenez à faire plaisir à un homme – préparez-lui une tarte. Mai assurez-vous que la tarte est parfaite. Plaignez l’homme qi n’a jamais trouvé en rentrant chez lui une tarte à la citrouille ou à la crème anglaise. » (c’est terrifiant !)

« Plus tard, lorsqu’ils repenseront à ce dernier soir, les membres de la famille ne se rappelleront presque rien. Tant de choses seront rognées par la tristesse à venir. »

Repost 0

Présentation

  • : Le blog de Violette
  • Le blog de Violette
  • : Un blog consignant mes lectures diverses, colorées et variées ... et d'autres blabla en prime.
  • Contact

à vous !


Mon blog se nourrit de vos commentaires...

Rechercher

Pages