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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 21:05

 

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             Saïd est un petit garçon qui vit dans le désert, il préfère errer au gré des rues poussiéreuses plutôt que d’aller à l’école, mais ce qu’il aime par-dessus tout c’est suivre les colonies de fourmis qui vont où ne sait où sur des mètres et des kilomètres. Contraint de garder les chèvres de son grand-père parti brusquement en pèlerinage, le garçon est angoissé à l’idée de se retrouver seul la nuit. Et là, ô miracle, une des chèvres se met à lui parler. Elle s’appelle Zakia mais très vite, Saïd est agacé par cette « vieille bique radoteuse » qui sent affreusement mauvais.

           Quand le cousin débarque sur sa mobylette pour ravitailler Saïd, qu’il entend parler une chèvre, « de mauvaises pensées » l’agitent. Pour fuir des voleurs de chèvre savante, Saïd sera accompagné de la jolie Abir et de Zakia devenue son ami. Suivant les fourmis, les petits héros se retrouveront dans un phare devenu géant, ou un géant devenu phare, des retrouvailles auront lieu et la vie sera plus douce que jamais.

           C’est un joli conte aux images oniriques où j’ai retrouvé tout ce que j’aime chez Plessix : c’est à la fois drôle et poétique, mignonet et fantastique. Un arbre vert en forme de champignon au milieu d’un reg, une course poursuite à mobylette, une sorcière géante qui passe inaperçue, des couleurs à admirer et des paysages à couper le souffle, il ne m’en fallait pas plus pour m’enchanter. Certes, comme pour Le Vent dans les Saules, la dimension naïve et légèrement manichéenne peut déranger mais elle n’a pas perturbé mon âme d’enfant ressuscitée. Ma fille de huit ans qui l'a dévoré en un rien de temps l'a beaucoup aimé aussi mais en discutant avec elle, des incohérences ont vu le jour : une lampe de génie qui disparaît brutalement, une petite Abir qui est trop docilement muette... Bref, la chèvre parlante qui n'est pas vraiment une chèvre (chut...) a remporté tous les suffrages!

« Les rêves sont des histoires que nous murmure notre esprit la nuit. Nous les inventons nous-mêmes, et pourtant, nous ne les connaissons pas. »

« Et les fourmis, elles, nous emmènent partout où nous rêvons d’aller… »

 

17/20

 

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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 10:24

 

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            Le narrateur est un chanteur lyrique qui se souvient, quatre ans auparavant, avoir eu pour voisins, dans le train, deux hommes mutiques et une femme endormie. Il va les retrouver, par hasard, dans Madrid. Le couple formé par Manur et Natalia est accompagné de Dato qui se qualifie lui-même d’ « accompagnateur » puisqu’il est censé occuper, distraire, tenir compagnie à Natalia pendant que son mari vaque à ses très sérieuses activités professionnelles. Très vite, Dato et Natalia vont sortir et déjeuner et dîner avec le solitaire ténor qui passe ses semaines à voyager d’une métropole à une autre. Se fréquenter jusqu’au prévisible : Natalia et Le chanteur -surnommé Le Lion de Naples- vont tomber amoureux. Le mari si discret va intervenir d’une bien étrange manière…

             Rien qu’en lisant une seule phrase, on peut reconnaître le style méandreux de l’auteur. Ses phrases sont très longues, ses digressions nombreuses, Javier Marías se préoccupe davantage de psychologie que d’actions. Il fait également la part belle aux suppositions et aux hypothèses que peut émettre un personnage, proposant ainsi de nombreuses variantes narratives où l’humour vient côtoyer le registre dramatique. L’ambiance est, comme pour mes lectures précédentes, à la fois ouatée et proche du tragique. L’étrange se propage dans l’histoire et le doute semble être le fil directeur de ses romans. Javier Marias creuse les âmes, apporte quelque chose de neuf, laissant le lecteur troublé, à chaque fois. Même si j’ai préféré Un cœur si blanc, je continuerai à lire cet écrivain si surprenant.

 

Dato : « Je suis un accompagnateur, rien d’autre qu’un accompagnateur, et tous les deux, Natalia et Manur savent que c’est pour ça qu’on me paie, pour cela exclusivement et ils en usent. Je le sais bien moi aussi. Vous voyez, vous vous plaignez de votre solitude, moi en revanche je me plains du trop de compagnie. Vous vous plaignez de l’excessive dispersion et diversité de votre vie, moi, je me plains de l’excessive concentration et monotonie de la mienne. »

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 14:19

 

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           Un bébé est retrouvé mort. Sa sœur, une petite fille, agonise à ses côtés, près de la commode bleue. L’incipit commence très fort et nous emporte dans le long déroulement explicatif de cette tragédie.

            Paul et Myriam forment un jeune couple heureux. Les deux premiers enfants sont arrivés très vite, la maman a voulu rester à la maison pour s’en occuper, jusqu’au moment où elle a craqué : elle a besoin d’une vie à elle, d’occupations et de conversations adultes, de retrouver le droit qu’elle chérissait tant lors de ses études. A la recherche d’une nounou, le couple tombe sur la perle rare : Louise est tout simplement parfaite ! Non seulement elle fait preuve d’une patience redoutable face aux deux petits, elle sait chanter et raconter des histoires comme personne, mais en plus, elle rend le petit appart parisien plus agréable en rangeant, en réaménageant, en cuisinant de petits plats excellents. Très vite, Myriam et Paul ne peuvent plus se passer de cette baby-sitter hors pair. Elle viendra passer quelques nuits chez eux pour les dépanner et ira même jusqu’à les accompagner en vacances pour les soulager.

            La personnalité de Louise nous est dévoilée subrepticement et progressivement. Cette jeune femme aux allures d’ange, «cette nounou irréelle, qui a jailli d’un livre pour enfants » ne vit que pour la famille, par la famille. Sa vie privée, elle l’a balayée, déçue par ses parents, son mari, sa propre fille ; en revanche, elle s’attache à rendre l’éducation des enfants qu’elle garde irréprochable. Pourtant, elle accepte mal qu’on jette la nourriture, elle ne comprend pas que Myriam ne fasse pas un troisième enfant qui ne serait rien qu’à elle…

           J’ai adoré cette lecture, addictive, facile et fascinante. Ce thriller psychologique est impeccable dans le traitement des personnages, dans son intrigue simple mais déroutante, même dans sa réflexion sur la société et la connaissance de l’humain. Le style sec et sans fioritures sied à cet être aride et mystérieux qu’est Louise. Malgré tout, j’ai lu un excellent thriller psychologique qui, me semble, ressemble à d’autres dans le même genre qui, eux, n’ont pas obtenu le prix Goncourt (Les Apparences de Gillian Flynn, Esprit d’hiver de Laura Kasischke, L'Amour et les forêts d'Éric Reinhardt ou encore Un vent de cendres de Sandrine Collette)…

 

 

 

La dure réalité (pour toutes les mères !) : « Elle a toujours refusé l’idée que ses enfants puissent être une entrave à sa réussite, à sa liberté. Comme une ancre qui entraîne vers le fond, qui tire le visage du noyé dans la boue. Cette prise de conscience l’a plongé au début dans une profonde tristesse. Elle trouvait cela injuste, terriblement frustrant. Elle s’était rendu compte qu’elle ne pourrait plus jamais vivre sans avoir le sentiment d’être incomplète, de faire mal les choses, de sacrifier un pan de sa vie au profit de l’autre. »

« Les préparatifs pour l’anniversaire de Mila ont pris des proportions qui dépassent Myriam. Depuis deux semaines, Louise ne parle que de ça. Le soir, quand Myriam rentre épuisée du travail, Louise lui montre les guirlandes qu’elle a confectionnées elle-même. Elle lui décrit avec une voix hystérique cette robe en taffetas qu’elle a trouvée dans une boutique et qui, elle en est certaine, rendra Mila folle de joie. Plusieurs fois, Myriam a dû se retenir de la rabrouer. Elle est fatiguée de ces préoccupations ridicules. Mila est si petite ! Elle ne voit pas l’intérêt de se mettre dans des états pareils. Mais Louise la fixe, de ses petits yeux écarquillés. Elle prend à témoin Mila qui exulte de bonheur. C’est tout ce qui compte, le plaisir de cette princesse, la féerie de l’anniversaire à venir. Myriam ravale ses sarcasmes. Elle se sent un peu prise en faute et finit par promettre qu’elle fera de son mieux pour assister à l’anniversaire. »

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 16:57

 

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- Une jeunesse au Moyen-Orient (1985-1987) –

             Et ça continue ! Comme dans les deux premiers tomes, le dessinateur nous raconte son enfance. Plus statique, le récit n’en est pas moins savoureux. La vie en Syrie n’est pas la même que la nôtre ! L’école délabrée est cependant un endroit que le jeune narrateur aime bien. L’instituteur, un « James Dean à moustache » frappe violemment les élèves qui n’obéissent pas et ne travaillent pas, Riad , lui, est un élève modèle. A l’approche de Noël, mère et fils formulent des souhaits : la mère aimerait tant boire du champagne et manger des toasts au foie gras, le fils convoite un Goldorak géant qu’il n’aura pas. Le mystère du sapin de Noël et des cadeaux apportés par ce « vieil homme magique à barbe blanche » restent entier pour les petits camarades de jeux de Riad. La mère de Riad, ahurie, découvre qu’elle est enceinte, la venue d’un 3ème enfant à élever dans cette campagne syrienne qu’elle exècre, est une mauvaise nouvelle. ATTENTION SPOILER ! Pour l’accouchement, c’est retour en France, en Bretagne, sans le père qui finit par annoncer… leur départ imminent pour l’Arabie Saoudite !

              Ce qui surprend : le père toujours aussi influençable (sa mère a un pouvoir immense sur lui), un peu fourbe, prétentieux, naïf et peu fiable, la mère presque absente (et au comportement parfois agaçant) qui, de temps en temps, expose ses désirs et ses velléités mais qui est rarement écoutée. Pour la première fois, on sent un père déchiré et pas aussi sûr de lui, qui explose devant les superstitions religieuses de sa mère. Il va jusqu’à l’insulter et la maudire. Pourtant, il tient à faire le Ramadan et Riad, pour lui faire plaisir, l’accompagne une journée. Malaises, sueurs et siestes inopinées rendent ces tentatives très drôles.

            De même que pour les tomes précédents, on apprend beaucoup, et l’absence de jugement de la part de l’auteur ne fait que renforcer la curiosité du lecteur. J’avoue tout, j’ai trouvé que cet album-là souffrait de quelques longueurs et disons que j’ai montré moins d’enthousiasme à la lecture que pour les autres. Mais ça n’enlève en rien mon immense envie de découvrir la suite !

Le père raconte beaucoup d’âneries mais là, quand il évoque la richissime Arabie Saoudite, il n’a pas tout à fait tort : « si tu demandais aux Français « On supprime la liberté d’expression, les droits de l’homme et la démocratie, et en échange tout le monde touche 3000 dollars à rien faire, et la médecine est gratuite… qu’en pensez-vous ? » Moi je dis, les Français, ils diraient « Où faut-il signer ? Je peux toucher mes dollars ce jour ? »

 

« 17/20 »

 

 

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 14:26

 

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             Il était temps que je découvre enfin cette série !

             Lila et Elena -dite Lenù- sont amies depuis la plus jeune enfance. Elles se sont découvertes en silence, dans le jeu et le défi de la jeunesse des années 50. Puis, elles se sont mises à parler, à se raconter leurs vies, leurs rêves d’avenir. Elles ont grandi entourées, chacune, d’une famille oppressante mais pas très aimante, dans un quartier pauvre de Naples. Alors que Lenù paraît timide, réservée et sage, Lila s’avère être une « gamine terrible et fulgurante », impétueuse et imprévisible, colérique et « méchante ». Douée pour tout, dotée d’une mémoire phénoménale, Lila est la première et la seule de la classe qui sache lire à 6 ans. Lenù décide de la prendre pour modèle et de l’imiter. Pourtant, Lila va choisir de rester dans la cordonnerie familiale, d’aider son père et son frère puis de seconder sa mère dans les tâches familiales. Elena, elle, continue son petit bout de chemin à l’école. Très scolaire, elle finira par se révéler brillante et au-dessus des autres, ce qui l’amènera à poursuivre ses études contre l’avis de ses parents. Lila se range, se fiance et se marie…

              Ce livre, c’est d’abord un récit d’enfance et ses topoï : premiers amours, premières règles, les seins qui poussent et les premières vacances loin des parents. Mais c’est encore plus la photographie d’un microcosme napolitain en pleine mutation : la télé fait son apparition, on goudronne les routes, on crée des quartiers en abattant des arbres, les jeunes découvrent le rock, les boutiques s’agrandissent.

              Il m’a fallu quelques dizaines de pages pour me fondre dans l’ambiance de Naples des années 50. J’ai eu peur de m’ennuyer des histoires de gosses. Et puis finalement, je me suis engouffrée dans cet univers désuet et authentique avec un plaisir redoublé par l’idée de savoir qu’une suite existe. La relation entre les deux jeunes filles est si particulière, faite d’admiration et de jalousie, d’esprit de compétition et de confidences, et tellement juste qu’elle ne peut que nous rappeler nos propres souvenirs d’amitié de jeunesse. D’emblée, on comprend qui domine, qui jette sur son monde un regard acéré et impérieux ; mais Elena ne se laissera pas démonter et, inspirée par cette soif d’apprendre puis par ce besoin de lui prouver ses talents, dépassera intellectuellement celle qui fut son modèle. Entre la belle jeune fille qui fait taire sa fougue en se mariant si jeune (à 16 ans !) et l’adolescente timide mais studieuse, complexée mais séduisante qui s’active dans ses études, un combat tacite débute et un suspens grandit pour le lecteur. Vivement la suite !

« Je décidai que je devais copier cette petite fille et ne jamais la perdre de vue, même si cela l’gaait et si elle me repoussait. »

« elle sentait des entités inconnues qui brisaient le profil du monde et en dévoilaient l’effrayante nature. »

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 12:20

 

 

              Gabriel est un petit garçon qui vit au Burundi avec sa mère originaire du Rwanda et son père qui a quitté, adolescent, les montagnes du Jura. Avec sa sœur Ana, Gaby mène une existence paisible au cœur d’un cocon douillet fait de jeux (parfois cruels), de disputes parentales, d’amitiés juvéniles. Une existence rythmée par une correspondance avec une jeune Orléanaise, des échos lointains de conflits rwandais et des rendez-vous quotidiens avec les copains du quartier dans l’épave d’un Combi Volkswagen. Cette enfance insouciante et joviale est brisée par la guerre, quand les copains veulent devenir des tueurs à leur tour, quand les cadavres jonchent la route, quand l’école est protégée comme un camp militaire, quand les membres de la famille commencent à tomber les uns après les autres, quand la mère de Gaby, rentre un jour à moitié folle d’avoir vu des tableaux d’horreur et de massacres. Il y a donc l’avant et l’après, l’époque heureuse et la période tragique, l’enfance et ce qu’on pourrait appeler la chute dans l’âge adulte.

           C’est un roman qui m’a touchée, j’ai trouvé certains passages magnifiques et particulièrement poignants. L’écriture est maîtrisée, le ton est toujours juste, l’ambiance africaine parfaitement retranscrite. Quand on sait que Gaël Faye est né au Burundi, pays qu’il a quitté, lui aussi, en 1995 après le début de la guerre civile, on se doute bien que l’écrivain a puisé dans ses souvenirs pour raconter sa fiction. Je comprends sans mal que les lycéens aient apprécié ce roman d’apprentissage taché de sang et de nostalgie. En sirotant une bière de banane (et en goûtant à ces cornets de termites frits !) parmi les cris de babouins, dans une chaleur sèche et nonchalante, on aimerait pouvoir traverser les rues de Bujumbura, entendre les rires des enfants, sans qu’ait jamais eu lieu ce conflit stupide entre Tutsis et Hutus.

 

« Pendant que tout le monde discutaillait, j’ai soudain reconnu Calixte dans la foule. Calixte, qui m’avait volé mon vélo… A peine ai-je eu le temps de donner l’alerte qu’il a détalé aussi vite qu’un mamba vert. La ville entière lui a couru après, comme on poursuit un poulet qu’on veut décapiter pour le déjeuner. Dans les provinces assoupies, rien de tel pour tuer le temps qu’un peu de sang à l’heure morte de midi. Justice populaire, c’est le nom que l’on donne au lynchage, ça a l’avantage de sonner civilisé. »

« A ces heures pâles de la nuit, les hommes disparaissent, il ne reste que le pays, qui se parle à lui-même. »

« Le génocide est une marée noire, ceux qui ne s’y sont pas noyés sont mazoutés à vie. »

Alors que ses copains consacrent leur énergie à se procurer grenades et kalachnikovs : « J’étais trop occupé ces temps-ci à rester un enfant. »

« Il faut se méfier des livres, ce sont des génies endormis. »

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24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 19:30

 

 

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            Antoine, un jeune homme de quinze ans vient de gagner son match de tennis. Son père est fier de lui mais le père de son adversaire prénommé Erik, l’insulte et l’attaque violemment. Pour fêter cette victoire, le père d’Antoine l’emmène au restaurant où ils vont tomber sur une connaissance du père, De Noé, qui les invitera dans sa luxueuse villa. Alors qu’Antoine est perturbé par la jolie Joan qui lui fait ouvertement du gringue, sur le chemin du retour, père et fils croisent encore une fois le père d’Erik qui les menace, fusil au poing. Le lendemain, sa camionnette est mystérieusement retrouvée au bas d’une falaise. Antoine va faire plus ample connaissance avec Erik qui détestait son père ancien nazi mais va aussi découvrir une facette peu sympathique de son adversaire au tennis puisqu’il essaye de lui piquer la fille dont il est amoureux depuis des années. Antoine va, de son côté, céder aux avances de Joan et entrevoir les joies et les surprises du sexe accompagné de LSD. Les événements étranges vont se succéder pour aboutir à la disparition pure et simple de son père. C’est seulement dans la 2nde partie de l’album, lorsqu’on retrouve un Antoine adulte, que des vérités vont être révélées…

          C’est le dessin et ses couleurs qui surprennent d’abord le lecteur. Pour coller à l’univers sixties, elles sont résolument psychédéliques et rétro, outrageusement vives et tourbillonnantes. L’intrigue elle-même nous emmène dans un tournoiement qui nous perd, nous submerge et révèle une dimension des plus diaboliques. Je n’ai pas saisi toutes les références dont se sont inspirés les auteurs mais j’ai beaucoup aimé cette plongée dans les années 60 avec ce qu’elles avaient de plus inquiétant, de plus sombre. La BD est riche : espionnage, double-jeu, amitié, vérité et mensonges… chacun y trouvera son compte, pour ma part, je trouve que son point fort est son originalité.
 

           Album doublement diabolik pour moi : il s’est retrouvé dans ma boîte aux lettres, je ne sais comment… je cherche encore son mystérieux expéditeur que j’aimerais pouvoir remercier, je me demande si je ne vais pas trouver la réponse du côté soviétique ...

« 16/20 »

 

 

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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 15:55

 

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                Le narrateur est un Italien, père de deux garçons. L’aîné, Andrea -surnommé Andy- est autiste. Pour ses dix-huit ans, le père décide de lui offrir un voyage hors du commun, celui de traverser les Etats-Unis. Les deux hommes seront seuls, livrés à eux-mêmes, avec les risques potentiels qui sont décuplés quand un adolescent autiste voyage, lui qui a tant besoin de repères, de rituels, de gestes rassurants. Partant de Miami, père et fils vont d’abord bourlinguer à moto, un moyen de transport qu’Andrea adore, jusqu’à Los Angeles. Les chemins et les rencontres vont les mener vers le Sud, toujours plus vers le Sud : le Mexique, le Guatemala et enfin le Brésil. Globalement, le voyage dépasse les espérances du père, Andrea s’ouvre au monde, en demande toujours plus, avec une envie croissante d’aller plus loin, de rencontrer, de grandir… Avec un espoir un peu fou, le père croit toujours à une possible guérison. Pourtant, on ne voit pas tant souffrir mais plutôt découvrir avec délectation les joies des baignades, les beautés du monde, les multiples libertés et même les charmes de l’amour. Avec une pureté et une innocence singulières.

               Ce roman est un magnifique cadeau. Il offre une vision nouvelle, attachante et bouleversante de l’autisme. Andy passe un temps fou à renverser et vider des flacons, à colorier, systématiquement il enlace les gens qu’il rencontre (d’où le titre du livre), il rit quand quelqu’un se met en colère, il marche sur la pointe des pieds, il dévore gloutonnement ce qui lui tombe sous la main… le lecteur ne cesse de se demander si son monde n’est pas plus beau que le nôtre, s’il faut à tout prix le faire entrer dans notre moule et devenir, comme Andrea le dit lui-même un « Terrien ». Le papa, quant à lui, est tout aussi émouvant, un père courage, il est rare de pouvoir le dire mais c’en est un, un vrai, un beau, un grand, qui pense à son fils avant lui-même, qui lui offre le plus grand des présents, qui va de l’avant, toujours. Une belle leçon quand on voit une majorité de parents « abandonner » leur progéniture dite « normale » et facile… Une très jolie lecture, un road-trip original où le voyage humain prime.

             Fulvio Ervas est un auteur de romans noirs, il a écouté le père d’Andrea raconter son périple au cours d’un dialogue qui a duré plus d’un an.

            Ce roman a été glissé dans une box qui m’a été offerte… Deux bouquins/mois, 6 mois durant, voilà qui va encore gonfler ma PAL !

« Certes, il est barré, mais pas hors du monde. Il arrive d’un ailleurs où prévalent d’autres codes, d’autres signes, d’autres beautés qu’il transfère parfois jusqu’ici, quand il le veut et quand il le peut. »

« La plage est en pente raide, à Acapulco, et les vagues qui s’y écrasent sont énormes et puissantes. On est sur le rivage avec de l’eau jusqu’aux genoux, et soudain survient une lame, qui nous saisit et nous tient en suspens. C’est à la fois grisant et hypnotique. Andrea joue à se laisser soulever sans relâche. Ce n’est pas seulement une question de résistance physique ni de répétition compulsive. Il est heureux. Un bonheur immédiat et viscéral, la joie du pingouin glissant sur la banquise, de la baleine bondissant hors de la mer, de l’albatros planant dans le ciel, insouciant de la gravité. »

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 18:51

 

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               Le narrateur s’appelle John LaLiberté, il assiste, en direct, à l’attentat newyorkais du 11 septembre, à l’effondrement des tours jumelles. Ironworker de métier depuis plusieurs générations, il ne peut que se proposer d’aller aider, et des mois durant, va sectionner des poutres métalliques, brûler de l’acier, déblayer et nettoyer pour y voir plus clair et espérer, presque toujours en vain, trouver des êtres vivants. Le père de John, Jack LaLiberté, a, quant à lui, contribué à construire une partie du World Trade Center. On le suit les quelques mois qui ont précédé sa mort, lorsque John ado l’avait accompagné sur le chantier. Tous deux sont des Mohawks, ces Indiens presque tous « Skywalkers » qui jouissent de la réputation de ne pas avoir le vertige. Un autre bond dans le passé nous emmène en 1886, à l’émergence des Mohawks ironworkers, rendant hommage à ce peuple coriace et fidèle. L’objectif est de construire un pont enjambant le St Laurent… si des défauts et des incohérences existent, on continue, sans relâche, jusqu’au drame…

              Ce bouquin nous fait aimer la ferraille, les boulons, les clés à mâchoire, les ponts, les immeubles et New York ! Et surtout, il nous donne une vision autre de la catastrophe du 11 septembre, une réflexion plus approfondie sur les origines des deux tours, sur l’énergie déployée par des anonymes pour les faire grandir, et enfin sur les débuts des ironworkers. J’avoue avoir été sceptique au début de ma lecture, j’avais un peu peur des aspects techniques qui n’ont finalement rien d’indigeste. Le livre est parfaitement documenté et la fiction se mêle habilement à la réalité. On apprend beaucoup et on se souvient aussi.

            Certaines images resteront longtemps gravées dans mon esprit :
- à la construction des tours, il fallait faire face à la grève des conducteurs de remorques : des hélicos ont essayé de transporter jusqu’à sept tonnes d’acier… ce fut un échec !

- A partir du 60ème étage, on n’entend plus les rumeurs de la rue.

- Nouvellement nées, les tours ont vue s’écraser des oiseaux, complètement déboussolés par cette présence incongrue.

- Toutes ces cendres du 11 septembre, « grises, fines comme du talc » que les médias avaient certes évoquées, mais que j’avais oubliées…

- La toxicité de l'air autour du lieu de l'attentat.... qui a encore engendré des morts dans les années qui ont suivi.

             Et cette lecture, je la dois à Noukette qui me l’a si gentiment déposée dans mon joli colis-cadeau, merci encore !

 

« Manhattan, c'est l'île des montagnes construites par l'homme. Nous, les Mohawks, ça fait longtemps que nous sommes des bâtisseurs de montagnes d’acier et, là, ce sont les plus grandes jamais rêvées. Les plus hautes d’Amérique, les plus hautes du monde. On va les voir partout. Elles ne sont pas près d’être dépassées. »

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 16:22

 

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             Nous avions lu, avec un certain enthousiasme, le tome 1 « Comment dézinguer la Petite Souris », en famille. J’en avais gardé un bon souvenir.

           Astrid prouve encore une fois qu’elle est une petite fille à part. Elle en a ras-le-bol de son immense manoir, de ses parents riches trop apprêtés et sourds à ses récriminations. Car la petite veut sortir de cette maison, elle aimerait aller à l’école mais sa mère refuse qu’elle aille se mêler à la populace d’une école publique. Elles tombent d’accord sur le pensionnat de Canterville, école privée très chère, c’est d’ailleurs le prix d’inscription qui achève de convaincre le père. Oui mais cette école pour filles est réputée pour abriter des fantômes. Astrid va le découvrir plus tôt que prévu avec des personnages de tableaux qui la suivent du regard et qui vont même jusqu’à sortir la tête du cadre. Elle semble être la seule élève qui remarque ces détails insolites. Elle est aussi la meilleure élève, dans toutes les matières, sauf, en sport. Ce qui lui vaut d’être la moins populaire. Gladys et Rebecca, les jumelles qui partagent sa chambre et qui n’ont qu’une envie : fuguer, vont l’aider à redorer son blason. Astrid, en bonne héroïne, réussira à libérer les fantômes de l’école. Et à se libérer aussi, puisqu’elle finira par se retrouver à la maison, avec son professeur préférée en tant que précepteur.

Je n’irais pas jusqu’à dire que je me suis ennuyée mais j’ai trouvé l’ensemble assez plat, pas très novateur (les personnages qui sortent des tableaux…). Les jumelles sont drôles parce que rebelles et cyniques. Je crois qu’Astrid a perdu en espièglerie et en malice, c’est sans doute ce qui m’a le plus déçue. Mes enfants ont aimé même si je n’ai pas senti chez eux une ferveur délirante… Bon, au moins, on a pu lire ensemble une BD, ça faisait très longtemps que ça n’était plus arrivé ! Le tome 3 est sorti, je n’ai pas dit que je n’y jetterai pas un coup car le titre m’inspire assez : « Comment épingler l’Enfant sauvage » !

« 14/20 »

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Published by Violette - dans Lectures - jeunesse
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