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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 18:49

 

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          Me voilà abonnée à cette série ! Série qui se veut policière et dont les enquêtes sont traitées de différentes manières, dans des époques et des endroits divers. Ici, nous sommes à Paris dans les années 30.

           Une jeune femme est retrouvée morte, défenestrée, dans la cour intérieure de son immeuble. Son mari qui se dit très amoureux d’elle, débarque, livide, et accuse d’emblée le vieux clochard qui faisait du gringue à son épouse depuis des mois. Le mari est, accessoirement, un collègue qui était en planque le soir du crime. Des voisins, il n’y a aucun témoin, chacun dit être tombé de sommeil et n’avoir rien vu ni entendu. Des bijoux ont été volés et peu de temps après on retrouve effectivement le clochard nommé Guerry qui porte sur lui les bijoux volés et semble avouer à moitié son crime. L’affaire s’arrête là… c’est sans compter le sixième sens du commissaire Bec et son entêtement. Les apparences sont bien trompeuses, chaque personnage a joué un jeu qui n’a pas tenu longtemps.

          C’était encore une fois bien sympathique : une petite enquête, des personnages bien typés, un Paris des années 30 sous une pluie battante, des troquets où l’on mange une potée aux lentilles en buvant de la bière. Moi, j’aime bien, rien qu’à voir la tronche du commissaire… Le scénario tient la route et nous fait passer une demi-heure agréablement divertissante. Je viens de remarquer que le scénariste est le même d’un tome à l’autre (Herik Hanna) et qu’il s’associe à chaque fois avec un autre dessinateur (ici, Thomas Labourot).

 

« 17/20 »

 

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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 22:07

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          « Trop de bonheur »… un titre qui fait réfléchir ou sourire et qui cache dix nouvelles de longueur variable.

            Moi, la Championne-de-la-Mémoire-courte, je dois résumer dix nouvelles entendues en support audio ? C’est là que je me rends compte que ma (petite) mémoire est bien plus visuelle qu’auditive ! Allez, j’en ai quand même gardé quelque chose : les histoires tournent presque toutes autour d’une femme, une femme qui a été blessée, humiliée, quittée, trahie. Ces personnages féminins s’en sortent tant bien que mal en faisant preuve d’une force insoupçonnée ou d’une soumission défendable. Ainsi, dans la 1ère nouvelle (la plus noire selon moi), Doree excédée par les remontrances de son mari, quitte le foyer familial le temps d’un soir en se réfugiant chez une amie. L’époux vexé et blessé, pour se venger… tue froidement leurs trois enfants. Et Doree, des années plus tard, va continuer à rendre visite et parler à son mari à l’hôpital psychiatrique. Il y a aussi cette femme, veuve, qui voit entrer chez elle un inconnu qui s’installe et lui raconte qu’il a tué sa famille. Elle a soudain l’idée de lui raconter qu’elle-même a tué une femme. Il prend la poudre d’escampette en volant sa voiture… et se tue sur la route. Non, ce n’est pas très gai. C’est même souvent cruel, incisif, rêche.

        Alice Munro, lauréate du prix Nobel de littérature 2013, est une spécialiste de la nouvelle puisque Trop de bonheur est la douzième anthologie de nouvelles publiées. Ces dix textes courts regorgent d’une puissance qui ébranle. Le plus, c’est la surprise. Sans véritablement être des nouvelles à chute, les récits nous emmènent beaucoup plus loin que là où on pensait aller au début. L’auteur nous malmène autant que ses personnages mais elle sait aussi parfois être drôle et même faire preuve d’autodérision, par exemple quand elle fait dire à un de ses personnages : « Un recueil de nouvelles, pas un roman. Voilà qui est déjà en soi une déception. »

            La lecture faite par Amira Casar est riche, impliquée et colorée. J’ai adoré écouter sa voix et son léger accent (d’origine russo-kurde, elle a aussi vécu en Grande-Bretagne). Elle vit ce qu’elle dit et donne du sens aux textes de la Canadienne Alice Munro. J’ai apprécié toutes les nouvelles sauf la dernière qui porte le nom du recueil où je me suis complètement perdue. Les livres audio ont leurs limites. Ne restons pas sur cette demi-teinte. Je lirai, en version papier cette fois, d’autres nouvelles qui nous plongent dans un quotidien insolite.

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Published by Violette - dans Livres audio
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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 16:57

 

 

             Nous sommes à Saint-Brieuc, en Bretagne, quelques mois après la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Un groupe de garçons bravaches avec, en tête, Antoine, a décidé d’aller tondre Maria Salaün. Maria et Antoine ont vécu une histoire d’amour quand ils étaient enfants - toujours collés l’un à l’autre. Mais Maria a préféré lui expliquer qu’elle le voyait comme un frère, non comme un amant. Et dans le rôle de l’amant, c’est un Allemand qu’elle s’est choisi, un beau capitaine qui venait régulièrement déjeuner à La Petite Bedaine, le restaurant du père de Maria. Frantz et Maria ont vécu une merveilleuse et authentique histoire d’amour, loin des turpitudes et des ignominies de la guerre. Oui, mais pour Antoine et sa bande, Maria est celle qui a couché avec l’ennemi, c’est « la putain, la traînée, la traîtresse ». Et on fait appel à un coiffeur, et la foule se masse devant le restaurant, et on tond Maria qu’on a installée sur une chaise de bistrot (la chaise numéro 14 !), et on lui coupe sa lourde chevelure rousse… Oui mais Maria, orpheline de mère (morte à sa naissance), a un sacré caractère. Elle ne pipe mot lors de la tonte mais elle réclame vengeance et justice une fois le dernier cheveu tombé. Armée de sa chaise, de son sac empli de cheveux, de la robe de fiancée évanescente de sa mère, elle ne craint pas la honte et exige des excuses de la part de tous ceux qui l’ont bafouée. Le coiffeur, les deux GI présents lors de la tonte, le curé, une bonne sœur, le maire et enfin Antoine, elle n’oublie personne et ne se défile à aucun moment. Elle va même rencontrer des alliés : un interprète, Louis, qui a tout compris et qui tente d’adoucir la fougue de Maria et une religieuse « ange de lumière ».

            Ce roman est un refuge, il console, il étreint généreusement, il réconforte. Le mal a été réparé, les responsables se sont excusés, les fautes ont été pardonnées. La vie peut reprendre un cours normal.  Malgré ce ton idéaliste, j’ai beaucoup aimé cette histoire féministe et combative d’une femme qui, parce qu’elle sait très bien qu’elle est innocente, ne se laisse pas faire, lutte dans le calme et le silence, et illumine, par sa grâce et sa détermination, tous ceux qui se trouvent sur son chemin. Cette image d’une chauve portant tel un bouclier sa chaise de bistrot, à peine voilée d’une robe virginale, et qui arpente les rues bretonnes, m’a beaucoup touchée. L’écriture est belle aussi, à la fois puissante et fragile. Entre conte, fable et pièce de théâtre, chaque lecteur devrait y trouver son compte !

 

 

Frantz et Maria : « La guerre, cette industrie de la mort à qui il arrive parfois d’ouvrir des parenthèses, avait permis leur rencontre. »

Louis rappelle à Maria que les soldats GI sont noirs… : « si vous avez à vous plaindre de soldats de couleur, ils seront punis. Ils seront punis sévèrement parce qu’ils sont noirs. S’ils étaient blancs, ils recevraient un blâme. »

« La faute à la guerre qui pouvait transformer n’importe quel homme en assassin. »

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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 15:19

 

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              Nous sommes toujours dans la maison bretonne des cinq sœurs orphelines. Un problème – de taille- se pose : il n’y a plus de sous ! Les économies des parents décédés ont été mangées, le chèque mensuel de l’abominable tante Lucrèce n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan de leurs dépenses. Charlie a une idée d’enfer qui a pourtant du mal à passer au départ : louer la chambre de leurs parents, celle qu’elles n’ont presque pas touchée depuis leur mort, celle qui leur rappelle tant de souvenirs… Après quelques rencontres ratées, un locataire qui semble parfait s’installe, en toute discrétion à la Vill’Hervé. Il s’appelle Tancrède, il est chercheur en quelque chose d’indéterminé et surtout, il est très beau ! Ni une ni deux, Charlie tombe amoureuse de lui et c’est réciproque. Oui, mais souvenez-vous, Charlie est avec Basile, le médecin si sympa qui vient régulièrement voir les sœurs ! Bettina, de son côté, a décidé d’aller voir Merlin pour lui avouer son amour. Deux enfants débarquent aussi, comme s’il n’y en avait pas assez, ça court dans tous les sens ! C’est souvent drôle (tous les poireaux ont été cueillis dans le potager, on en mange à toutes les sauces et on les utilise comme éléments de décor… ou de vengeance !), toujours tendre et parfois espiègle.

           J’aimerais juste qu’on m’explique un truc concernant le titre des albums : il ne correspond pas à l’héroïne du tome. Dans le tome intitulé « Hortense », c’est Bettina la star et dans celui intitulé « Bettina », c’est plutôt sur Charlie qu’on insiste…

           Ah la laaa, cette série ! Je l’ai lue avec mes enfants, et je dois dire que ce tome-là m’a donné du fil à retordre. J’ai dû expliquer ce que c’est que « se prostituer » (mes enfants ont 7 et 10 ans !), j’ai pu éponger quelques larmichettes de ma fille (la claque quand même que ce tome et sa révélation presque finale !), j’ai moi-même laborieusement retenu mon émotion et mes larmes (l’épisode où Hortense a ses règles pour la première fois et que sa mère réapparaît a été fatal pour moi !)… vous allez me dire, elle est bien classée dans le rayon Ados, cette BD… mouais. En tous cas, cette lecture nous a permis à tous les trois de vivre un beau moment fait de connivences, de discussions, de complicité. Et nous a permis d’aborder des sujets plus mûrs que le méchant loup qui tremble de peur et la princesse qui en a marre d’être princesse. Ce saut éclair dans la vraie vie, c’était très bien. Ça a crié dans la chaumière quand on est arrivé à la dernière planche, ben oui, on n’a pas encore le tome 4 à disposition. Vivement !

« 20/20 » (oui, oui, 20…)

 

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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 15:26

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           Dans un petit village argentin, Ponce un avocat, sa femme Marta et sa sœur Victoria attendent le bus qui doit ramener Victoria en ville. Mais le bus ne s’arrête pas, c’est bien étrange. Le lendemain, même heure et même scénario : le bus passe à toute bringue devant les gens ahuris sans marquer son habituel arrêt. Les esprits commencent à s’échauffer. Le manège dure quatre jours et les villageois ne trouvent plus ça drôle du tout.

            Nous sommes en Argentine et c’est un pouvoir invisible et menaçant qui interfère sur le quotidien de ces petites gens. Il ne faut pas trop en dire ni trop en savoir et attendre, tout simplement attendre. Ponce va se ridiculiser en faisant de grands gestes au chauffeur de bus, et un policier, à trop vouloir comprendre les causes et les raisons de ce blocage, va s’en mordre les doigts.

            Ce que j’ai beaucoup aimé, c’est le décalage, le contraste entre les personnages plutôt gauches et grotesques qui pourraient tout droit sortir d’un tableau de Fernando Botero ou encore d’un salon bourgeois de Feydeau et la gravité, la tension montante de cette aventure. L’histoire de la rencontre entre Ponce et Marta est également délicieusement racontée ; en bref, c’est un mariage on ne peut plus raté et Ponce s’efforce de se tenir le plus éloigné possible de celle qu’il a été contraint d’épouser.

Un livre assez original et marquant. J’ai eu la musique du film Bagdad Café dans la tête tout le long, on y retrouve peut-être la même poésie venue d’ailleurs…

 

« On entend un cri. Des enfants jouent dans la rue. Celle qui crie est mère. Dans l’obscurité, l’autobus accélère. Fenêtres fermées et lumières éteintes. Ponce agite les mains avec insistance, enlève son chapeau et le secoue au-dessus de sa tête. »

« Le silence c’est la santé » dit un flic…

Merci à Hélène pour cette jolie idée de lecture !

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 14:58

 

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            Ce genre de lectures n’est pas du tout, du tout dans mes habitudes ! C’est suite à une belle visite ensoleillée du château de Versailles et de ses jardins que j’ai eu envie d’en savoir un peu plus sur le roi Soleil.

           Je ne vais pas résumer la vie de Louis XIV mais lister ce qui m’a surprise, interpellée, amusée :

  • Il a eu une enfance à la dure, connaissant dénuement et abandon.
  • Son instruction a été assez sommaire (il le regrettera souvent) car un roi doit être « un être auquel les autres apportent leurs lumières, mais qui n’est pas censé en posséder lui-même. »
  • Contrairement à une certaine rumeur, il était grand (1m84, c’est immense pour l’époque). Et très, très beau.
  • Il n’a jamais dit « L’Etat, c’est moi ».
  • Son mariage avec Marie-Thérèse d’Autriche, infante d’Espagne, a permis à la France, entre autres, de découvrir le cacao et le maïs.
  • Il était chauve à 19 ans !
  • Racine a souvent couché dans la chambre du roi et lui lisait ses pièces.
  • Le roi Soleil est extrêmement doué en musique et en danse. Il jouait de la guitare.
  • Charles Perrault a été une sorte de ministre de la culture du roi. Il est également  chargé de son « image » et de sa propagande. Publicitaire avant l’heure, il s’efforce de couvrir monuments, médailles, tapisseries et livres de l’image du roi.

             Ma vision de ce roi a changé : Louis XIV était véritablement un grand roi, taillé pour ce rôle, aimant ce qu’il faisait. C’était un homme à l’écoute, qui souhaitait voir son peuple heureux. Il aurait malheureusement régné trop longtemps, commettant des bourdes à la fin (la révocation de l’Edit de Nantes, le Code noir, les galères, les guerres trop nombreuses, …) mais ça n’était pas un dirigeant égoïste, sourd, obtus, nombriliste. Le nombre d’anecdotes et d’historiettes liées à la grande Histoire est tout à fait impressionnant. Impressionnant aussi, le nombre de ses contemporains qui vont rester célèbres : La Fontaine, Boileau, Racine, Bossuet, Molière, Lully, Le Nôtre, Vauban, Saint-Simon…)

           Ce livre est tout simplement passionnant ! Attention, on le commence sans pouvoir le poser ni le quitter. Ne vous fiez pas au nom ronflant de l’auteur ;), il transforme le récit de la vie du roi en un texte très accessible, simple et captivant. Peut-être est-ce parce que j’en connaissais déjà quelques personnages, peut-être est-ce parce que je me suis promenée dans les couloirs du château quelques jours avant ma lecture, toujours est-il que j’ai dévoré ce livre en deux temps, trois mouvements. Je ne suis pas prête d’oublier ce nom d’auteur qui a écrit une flopée de biographies, et j’y reviendrai.

 

- « Huit millions de Français dorment à l’ombre d’une fortification de Vauban. »

- « Non seulement il s’est fait de grandes choses sous son règne, mais c’est lui qui les faisait. » (Voltaire)

- Louis XIV a fini par être détesté de presque tous. A sa mort, des épitaphes satiriques ont circulé :

« Ci-gît au milieu de l’église
Celui qui nous mit en chemise.        
Et s’il eût plus longtemps vécu
Il nous eût fait montrer le cul.
 »

- Versailles selon Sacha Guitry :

 « On nous dit que nos rois dépensaient sans compter,
Qu’ils prenaient notre argent sans prendre nos conseils.
Mais quand ils construisaient de semblables merveilles,
Ne nous mettaient-ils pas notre argent de côté ?
»

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 16:44

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          J’ai étudié cette pièce à la fac et, avouons-le, je n’avais pas accroché plus que ça à l’univers racinien. Je me suis fait la promesse, il y a peu, de la relire. C’est chose faite.

          C’est la pièce des dilemmes : Andromaque doit choisir entre la vie de son fils Astyanax et la fidélité à feu son mari, Hector. Hermione, de son côté, aime Pyrrhus qui ne le lui rend pas du tout puisqu’il est épris d’Andromaque. Quant à Oreste, il est fou amoureux d’Hermione.

          Résumer cette pièce archi connue n’a que peu d’intérêt. De ma relecture, je garderai deux choses. La première, c’est la terrible violence qui régit les personnages. L’amour côtoie sans cesse la mort, les passions sont sauvages et destructrices. Ensuite, plus qu’à l’époque des mes vingt ans, il me semble, c’est le couple Hermione-Oreste qui m’a interpellée. Cette femme mal aimée qui demande à celui qui l’aime d’aller tuer Pyrrhus puis qui l’accable d’insultes et d’imprécations ! Bon sang, quelle force ! Et quand Oreste perdu, fou, maudit, est poursuivi par les Erinyes, la fonction cathartique de la pièce prend tous ses droits.

           Certes, j’ai pris du plaisir à relire cette pièce présentée pour la première fois au roi Louis XIV en 1667, plus que je ne l’aurais cru, mais je persiste et je signe, ce n’est pas ma tasse de thé. J’ai choisi une édition destinée aux lycéens, assez sympathique, où j’ai pu en apprendre un peu sur la mise en scène signée Louis Jouvet (donnant des leçons de jeu très pertinente !). L’édition est également agrémentée d’un dossier Images consacré aux fureurs d’Oreste.

 

 

Pyrrhus à Andromaque :

« Je vous le dis, il faut ou périr ou régner.

Mon cœur, désespéré d'un an d'ingratitude,

Ne peut plus de son sort souffrir l'incertitude.

C'est craindre, menacer et gémir trop longtemps.

Je meurs si je vous perds, mais je meurs si j'attends. »

 

La dernière réplique d’Oreste, l’avant-dernière de la tragédie :


« Quoi ! Pyrrhus, je te rencontre encore ?
Trouverai-je partout un rival que j'abhorre ?
Percé de tant de coups, comment t'es-tu sauvé ?
Tiens, tiens, voilà le coup que je t'ai réservé.
Mais que vois-je ? A mes yeux Hermione l'embrasse ?
Elle vient l'arracher au coup qui le menace ?
Dieux ! Quels affreux regards elle jette sur moi !
Quels démons, quels serpents traîne-t-elle après soi ?
Hé bien ! Filles d'enfer, vos mains sont-elles prêtes ?
Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?
A qui destinez-vous l'appareil qui vous suit ?
Venez-vous m'enlever dans l'éternelle nuit ?
Venez, à vos fureurs Oreste s'abandonne.
Mais non, retirez-vous, laissez faire Hermione :
L'ingrate mieux que vous saura me déchirer ;
Et je lui porte enfin mon cœur à dévorer.
 »

 

Je participe, encore une fois, au challenge théâtral d’Eimelle !

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 22:04

 

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               Jiri et Polka sont deux compagnons animaliers (une cigogne et… une souris ? … aucune idée !) errant dans le désert. Ils ont soif, ils en ont assez de marcher, ils cherchent désespérément un point d’eau. On ne sait pas pourquoi ils sont là. Les rencontres qu’ils vont faire sont plus insolites et plus loufoques les unes que les autres : des poissons volants (un espoir de trouver de l’eau, mais non, ils volent dans les airs !), une autruche perchée au sommet d’un palmier, un énorme éléphant dans une minuscule voiture ou encore un cirque ne comprenant qu’un seul saltimbanque, très susceptible par-dessus le marché. L’errance de nos deux compagnons est semée d’embûches et par moments, ils ne se supportent plus, il faut bien le dire. L’un s’est pris d’amour pour une noix de coco, l’autre ne quitte pas sa cithare.

            Hum… je vais commencer par ce que j’ai aimé : les dessins sont superbes, malgré un paysage souvent épuré (le désert, forcément…), le souci du détail de Dillies et la finesse de son trait rendent ces bêtes-là accessibles et touchantes : des pattes extrêmement fines, une pipe évanescente, des feuilles de palmier comparables à de la dentelle, des motifs orientaux et des personnages qui ont dû faire escale auparavant chez Alice et son pays des merveilles. Oui, c’est un conte et c’est peut-être cela qui m’a empêchée d’aimer à 100% ce récit truffé d’apparitions absurdes et de personnages fantastiques. Le mélange des genres dans une histoire où il ne se passe finalement pas grand-chose. C’est joli mais pour moi, ça s’arrête là. J’ai trouvé le scénario inconsistant. Désolée pour les fans inconditionnels (je sais déjà que je vais me faire taper sur les doigts)!

 

« 15/20 »

 

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 22:22

 

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            Cela faisait un petit moment que j’avais envie de découvrir cet auteur. N’oublions pas qu’elle a écrit son premier roman à 17 ans et celui-ci à 22…

             Thomas Hogan est né dans une famille ordinaire, obéissant en tous cas à un schéma assez classique : une mère, Mary, aimante et tendre, un père, William, souvent absent et distant, des parents qui s’éloignent l’un de l’autre. Lorsque Thomas est petit, son père est en rogne car son fils est chétif et muet. C’est l’apparition d’un serpent qui donne la parole à Thomas. Silencieux et solitaire, la vie de Thomas va se briser par la mort accidentelle de son père. Et pourtant, Thomas essaye de se couler dans le moule, d’avoir un semblant de vie sociale, d’avoir des amis. Il faut dire que les choses vont de mieux en mieux, des années plus tard, sa mère retrouve l’amour avec le docteur du village, Thomas le permet, dans une ambiance pacifique, presque heureuse. Et puis, un drame va faire basculer cet équilibre déjà fragile…

            Ce court roman, je n’en ai fait qu’une bouchée ! En situant l’histoire dans un temps indéterminé (les années 60 ?), dans un cadre imprécis (les Etats-Unis sans doute…), Cécile Coulon frappe juste et la rend quasi mythique. Sa force réside dans sa simplicité. Ce roman se lit avec une fluidité déconcertante et donne l’impression que l’écrivain l’a écrit d’une seule traite, d’un seul souffle. Elle nous raconte une histoire, voilà. Une histoire qui connaît ses grands malheurs et ses petits bonheurs, une histoire toute en nuances autour d’un enfant maudit,  sans clichés ni préjugés. J’ai adoré ce petit livre, adoré la concision et l’efficacité de la narration. Et j’ai bien envie d’en lire plus de Cécile Coulon…

 

Après la mort de William, le père : « Ils parlaient peu. Thomas ne demandait rien, il restait près d’elle, semblable à un lièvre qui protège son terrier. Parfois, au moment des premières pluies, Mary faisait un détour par la vallée pour admirer les prés mouillés ; de gros nuages gris, qui ressemblaient à ces gigantesques colonnes de fer abandonnées dans les champs, moussaient au-dessus des herbes ; des rongeurs fendaient l’air et couraient se cacher dans l’ombre des bois. »

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 17:08

 

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             Dans une petite banlieue tranquille de Boston, Jason Jones rentre chez lui, après une nuitée de travail au journal du Boston Daily. Sa fille Ree de quatre ans est seule, sa femme Sandra a disparu ! La dynamique et solitaire D.D., commandant, mène l’enquête. Il faut dire que le mari a une attitude bien étrange, il met des heures et des heures à prévenir la police et ses réactions sont dénuées de sentiments. Petit à petit, on apprend à connaître une famille vraiment spéciale. Jason n’est pas le véritable père de Ree mais s’en occupe avec tendresse et attention, Sandra, à 23 ans,  a déjà un passé sulfureux. Finalement, ces deux-là s’entendent pour le strict minimum mais ne font que cohabiter. Rajoutons à cela un voisin plutôt détraqué soupçonné de pédophilie, un étudiant qui a aidé Sandra à épier l’ordinateur de Jason, des mensonges, des mensonges, et encore des mensonges, et nous obtenons le tableau de ce polar qui nous manipule du début à la fin.

           L’écrivain a fait son boulot, on tourne les pages sans réfléchir, la tension monte doucement, la lecture est fluide et facile, les personnages sont originaux et cohérents. Pourtant, je sens que je deviens de plus en plus critique face à ces lectures dites « de plage ». C’était long malgré la rapidité de lecture et j’ai regretté la petite place de la policière qui pourtant avait l’air d’avoir un beau potentiel –on aurait pu faire le bouquin sans les flics, finalement, Sandra prend souvent la parole pour nous expliquer son passé. M’enfin, une lecture qui a réussi à me satisfaire parce qu’elle a permis d’extraire un pavé de ma PAL ! Et une idée de lecture de plage, pour ceux que ça intéresse!

 

L’incipit : « Je me suis toujours demandé ce que ressentaient les gens pendant les toutes dernières heures de leur existence. Savent-ils qu’un drame est sur le point de se produire ? Pressentent-ils la tragédie imminente, étreignent-ils leurs proches ? Ou bien est-ce que ce sont juste des choses qui arrivent ? »

   

 

Une belle et juste définition de ce qu’est un enfant : « un fardeau insensé qui était aussi son principal but dans la vie. »

« Le monde obéissait à des règles et c’étaient ces règles qui en faisaient un lieu sûr. »

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