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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 10:04

 

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           Chaudement recommandé par les hommes de la blogosphère (Yaneck et Jérôme), cet album m’intéressait aussi parce que j’avais découvert son auteur avec Rides (dont le sujet m’avait déprimée même si j’avais apprécié le talent de Paco Roca).

            José débarque dans la maison secondaire de ses parents. Son père est mort depuis un an, et depuis un an, la maison est à l’abandon. Bien décidé, avec son frère et sa sœur, de vendre la maison, José tente bon gré mal gré de retaper quelques trucs. Mais c’est l’artiste de la famille, il ne parvient pas à faire grand-chose. Suit Vicente qui est bien plus débrouillard que son petit frère, et enfin, Carla. Ce retour à la maison des vacances où le paternel a tant bricolé, rafistolé, construit et créé remue un paquet de souvenirs. L’idée de garder cette maison fait son chemin, celle de perpétuer des traditions, de sauvegarder l’âme de l’endroit.

             La maison est ici un personnage, le personnage central de l’histoire. Il ne s’agit pas seulement de quatre murs mais de quelques décennies de vie, de figuiers dans la cour, d’une tonnelle construite à la va-vite avec les moyens du bord, d’un petit bout de mer qu’on voit d’une fenêtre, des prénoms qu’on inscrit dans le ciment frais, de la télé qu’on a mis dehors, sur le capot de la voiture, parce qu’il y a eu une coupure de courant et qu’on veut suivre les JO… Nostalgique à souhait, cette BD au format à l’italienne éveille aussi des souvenirs au lecteur, le laisse réfléchir sur ses attaches familiales. Les dessins m’ont vraiment beaucoup plu, une couleur pour le présent, une autre pour le passé et ces tons d’inspiration automnale pour évoquer des personnages à l’automne de leur vie…  Une bien jolie lecture, à la fois souriante et mélancolique.

 

« 17/20 »

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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 11:08

 

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            J’avais lu cette autobiographie il y a presque vingt ans, je n’en ai pas gardé un grand souvenir, je comprends pourquoi.

             Sartre nous raconte les 10-12 premières années de sa vie. En deux chapitres : « Lire » évoque ses premiers émois de lectures et « Écrire »  son approche de l’écriture. Je connaissais pas mal d’extraits de ce livre et je dois dire que ce sont les extraits que je connaissais que j’ai trouvé les meilleurs ! Sartre a tout de même une personnalité très particulière. Orphelin de père, affublé d’une mère qu’il considère comme une grande sœur, « soumise à tous », c’est surtout son grand-père qui va avoir une influence sur le petit garçon. Je dis « petit garçon » mais Sartre n’a rien d’un enfant. Avant de savoir lire, il fait semblant, quand il commence à écrire, ses ambitions sont déjà très hautes. Et l’enfant a d’ailleurs une très haute opinion de lui-même, petit déjà, il réclame la gloire et les honneurs et ne peut comprendre qu’on sourit lorsqu’il lit ses textes.

              Je me suis profondément ennuyée en lisant ce livre -pourtant- court. Le style m’a paru ronflant, arrogant, égocentrique mais le contenu m’a aussi agacée. Lorsqu’il ne résume pas un de ses romans en devenir, il porte sur les autres un regard hautain, il se prédit un avenir de héros ou de génie méconnu, tout en se livrant à des plagiats sans rougir aucunement. Après avoir lu les excellents Mémoires d’une jeune fille rangée de Beauvoir, ma déception est grande. Bien sûr que l’écriture est belle mais j’avoue n’avoir eu aucune indulgence face à cet être complètement détaché de la réalité et de la vraie vie. La fameuse citation « J’avais trouvé ma religion : rien ne me parut plus important qu’un livre. La bibliothèque, j’y voyais un temple. » prend une saveur toute différente.

 

« Il n'y a pas de bon père, c'est la règle; qu'on n'en tienne pas grief aux hommes mais au lien de paternité qui est pourri. Faire des enfants, rien de mieux; en avoir, quelle iniquité! Eût-il vécu, mon père se fût couché sur moi de tout son long et m'eût écrasé. Par chance, il est mort en bas âge; au milieu des Énées qui portent sur le dos leurs Anchises, je passe d'une rive à l'autre, seul et détestant ces géniteurs invisibles à cheval sur leurs fils pour toute la vie; j'ai laissé derrière moi un jeune mort qui n'eut pas le temps d'être mon père et qui pourrait être, aujourd'hui, mon fils. Fut-ce un mal ou un bien? Je ne sais; mais je souscris volontiers au verdict d'un éminent psychanalyste: je n'ai pas de Sur-moi. »

Etre orphelin de père… : « Moi j’étais ravi : la triste condition imposait le respect, fondait mon importance ; je comptais mon deuil au nombre de mes vertus. »

« si je veux étonner, c’est par mes vertus. »

« Le génie n'est qu'un prêt : il faut le mériter par de grandes souffrances, par des épreuves modestement, fermement traversées. »

« On écrit pour ses voisins ou pour Dieu. Je pris le parti d'écrire pour Dieu en vue de sauver mes voisins. »

 

Afficher l'image d'origine            Caricature de Sartre écrivant son Flaubert  Dessin de J. Redon publié dans le Figaro littéraire le 7 mai 1971. Archives Gallimard. D.R.

 

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 11:12

 

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         Béatrice est triste, effondrée même, à l’image du climat québécois: il pleut sans cesse et elle ne fait que pleurer l’absence de son homme, Matteo, parti une nuit pour ne plus jamais revenir. Bien sûr, elle soupçonne une infidélité et déteste silencieusement l’assistante de Matteo qu’elle n’a jamais rencontrée, Daphnée. Elle se plante sur toute la ligne, Daphnée est une fille solitaire, trop ronde à son goût, poète à ses heures perdues et en voyage en Russie pendant la disparition de Matteo. Béatrice doit se débrouiller avec sa belle-mère italienne malade et ronchonne et une petite fille rêveuse en manque de père.

         Il s’agit essentiellement de parcours féminins dans ce roman tout doux, les femmes se croisent, s’accompagnent, entrent en conflit mais jamais très longtemps. La figure d’Aisha, jeune Somalienne lapidée, entrevue aux infos par Béatrice, est omniprésente, comme pour rappeler à ces Occidentales, de ne pas se tromper de guerre. La lecture a été très agréable, légère et profonde à la fois, effleurant doucettement quelques thèmes essentiels avec une grande sensibilité : la quête identitaire, la solitude, l’amour, l’initiation à la vie… Un happy end qui ne bascule pas dans le sentimentalisme clôt ce roman québécois qui donne envie d’en lire d’autres.

 

       Une réponse à la question « Pourquoi lit-on » ? ;) « Daphnée découvrait que quelques paragraphes suffisaient à l’extraire de son corps, une expérience qui, contrairement à celle du cannabis et du rhum qu’il lui était arrivé de consommer le vendredi soir, ne la laissait pas pantelante et fatiguée le lendemain. Elle réalisait avec étonnement que, lorsqu’elle se laissait choir sur le seul fauteuil un peu confortable du sous-sol de la bibliothèque, il lui arrivait même d’oublier d’avoir faim. »

« Aisha m’invitait à m’abriter sous les parapluies grands ouverts que me tendaient les autres. »

 

Merci à Krol pour cette jolie découverte !

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7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 10:18

 

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- Derniers jours d’une courte vie -

              Emmett Till a 14 ans, il n’est pas timide, il est même plutôt hâbleur et dans ce Mississipi des années 50, c’est une faille. Emmett vient de Chicago et il est hébergé par son oncle. Mais, dans le Mississipi, on s’efface quand on est Noir. On baisse les yeux devant les Blancs, on se tait et on s’écrase. Ça, Emmett a du mal à l’admettre. Quelques jours après son arrivée dans le Sud, il entre dans une épicerie, convaincu qu’on peut lui vendre des bonbons même s’il est noir et car il a de l’argent, il se fait violemment chasser par la patronne, une belle femme blanche qui ne veut pas de Noir dans son commerce. Suite à ça, les témoignages divergent, Emmett aurait peut-être sifflé la jeune femme dans la rue. Toujours est-il que le mari de Carolyn Bryant veut se venger du garçon. Accompagné de son demi-frère Milam, Roy s’applique à enlever Emmett à sa famille, à le torturer et à le battre, avant de le jeter dans un étang. Le corps de l’adolescent est remonté quelques jours plus tard. Les deux hommes sont accusés, un procès express a lieu, les douze hommes blancs du jury acquittent Milam et Roy. Puisqu’ils ne peuvent être jugés deux fois pour le même crime, les deux criminels avouent leur meurtre dans le magazine Look, article pour lequel ils sont même rétribués…

              L’auteur de la BD s’est inspiré d’une histoire vraie qu’il n’a, apparemment, ni embellie, ni traficotée mais qu’il essaye de nous rendre le plus sobrement et le plus simplement possible. C’est une totale réussite. Même si le crime de Roy et Milam est affreux et barbare (ils vont jusqu’à arracher les yeux d’Emmett), les suites en sont encore plus révoltantes : l’acquittement des monstres, le silence des autres Blancs, le semblant de dédain des coupables se sachant impunis. C’est la même année, en 1955, que Rosa Parks refuse de céder sa place dans le bus. Deux événements qui font avancer la lutte contre la ségrégation et le racisme. Deux êtres qui contestent la soi-disant suprématie du Blanc.

 

              Une BD nécessaire, une BD plus qu’instructive, une BD qui se souvient et qui maintient en éveil, appelle à la prudence et à la tolérance.

 

"18/20"

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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 22:26

 

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             Les avis sur ce roman ont pullulé sur la blogosphère, aussi nombreux qu’hétérogènes. J’ai laissé dormir le livre quelques semaines dans ma PAL avant de m’y attaquer.

             Anibal vient d’hériter, mais de la manière la plus surprenante qui soit. Son père est mort deux ans auparavant mais il n’a pas assisté à son inhumation et n’a pas touché une miette de son héritage. Et voilà que maintenant, on le fait venir dans la maison familiale, là où son érudit de père a toujours écrit ses livres, là où l’historien a toujours gardé une distance ironique et froide envers son fils, là où le cruel « professeur »  a toujours préféré sa sœur. C’est une agente immobilière, très jolie et très admirative de toute l’œuvre du père, qui lui ouvre les portes de la maison pour qu’il y récupère trois boîtes, trois mystérieuses boîtes qui contiennent des souvenirs qui surprennent Anibal et qui vont lui faire comprendre que son père n’a peut-être pas toujours été le tyran qu’il redoutait tant. Pourtant, les conditions qu’il a exigées pour que la maison et tous ses biens reviennent à son fils prouvent bien qu’il l’embarque dans un engrenage dangereux…

           J’ai beaucoup aimé l’essentiel du livre, cette introspection et ces souvenirs liés à un passé douloureux (qui m’ont fait penser à plusieurs reprises à l’excellentissime Confiteor de Jaume Cabré), les personnages également, parfaitement dessinés, à commencer par Anibal dont la maladresse, le peu d’assurance, les pensées folles (dans tous sens du terme) le rendent tout de suite attachant. Par contre, j’ai parfois dû m’accrocher à la page comme un naufragé à son épave (et il est d’ailleurs question d’inondation, un passage épique !), certains passages m’ont déconcertée – l’inondation et la convalescence psychiatrique d’Anibal !, déstabilisée même. Heureusement, la fin est réussie et belle. Un roman initiatique qui est aussi une quête identitaire. L’écriture est superbe, intelligente, drôle, subtile et raffinée, je ne peux donc que vous recommander cette lecture !

 

 

On a dû tous le faire : imaginer ce que les autres étaient en train de penser ! Pour Anibal, c’est son occupation favorite, « fabuler la pensée d’autrui ».

Anibal trouve, dans une des boîtes, le costume de Romain qu’il avait porté, une fois, enfant. Il ne peut s’empêcher de penser que, si son père l’a gardé, c’est une preuve d’amour et de respect. Devant la jolie fille de l’agence immobilière, il veut faire bonne figure, pourtant : « Une de ces larmes, que je tentais de ravaler, allez savoir par quel usage inédit de la glande lacrymale, finit par se détacher de l’œil et par glisser sur ma joue pour venir se perdre dans ma barbe naissante. Comme je ne voulais pas porter mes mains au visage, l’autre œil laissa lui aussi échapper une larme, qui se traîna plus lentement en laissant une longue trace humide sur ma joue. J’aurais voulu être n’importe où sauf ici. »

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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 10:40

 

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           J’avais découvert les deux premiers tomes en livre audio. Puisque mes trajets voiture ont nettement diminué, de livre audio, il n’y en aura certainement plus…  Version papier pour ce tome 3 !

           On retrouve avec – pour ma part – grand grand plaisir, Cormoran Strike le détective privé géant et unijambiste et sa secrétaire vive, jolie et intelligente, Robin. Tout démarre avec la réception d’un colis un peu particulier : une jambe ! Le colis est adressé à Robin et c’est un motard casqué qui lui a déposé. Passé le premier moment de panique, Strike pense qu’on veut surtout se venger de lui. Immédiatement lui viennent quatre noms en tête, trois resteront comme des suspects favoris. Ces trois hommes ont des points communs : ils sont immenses et costauds et ils ont une excellente raison d’en vouloir à Strike. L’enquête démarre : la police a tendance à se tourner du côté de la victime (la propriétaire de la jambe !) et Strike accompagné de Robin poursuit ses trois pistes. La secrétaire est très ponctuellement promue au rang d’ « associée », ce dont elle rêve mais, à l’arrivée d’un deuxième colis aussi glauque que le premier, Strike voudrait l’éloigner pour la protéger. D’autant plus que Robin a son mariage à préparer. Pourtant, avec Matthew, rien ne va plus, la jeune femme a découvert qu’il la trompait, et ce, pendant une période particulièrement difficile de sa vie. Sur un air de « Je t’aime, moi non plus », Robin et Strike vont se croiser, se confronter, s’apprécier de plus en plus…

            Les enquêtes et les filatures nous emmènent dans les rues de Londres mais également en escapade dans le Yorkshire et dans le comté de Cumbria. Le rythme est haletant, le suspens reste entier jusqu’à presque la fin du roman, Strike et Robin sont tour à tour blessés et/ou en danger et les personnages secondaires sont nombreux et intéressants. J’ai, par contre, eu parfois du mal à me dépêtrer des portraits, assez proches des trois horribles individus suspectés (n’étais-je pas assez attentive ? c’est possible !). Qu’est-ce qu’on s’attache à Strike et Robin ! On en découvre plus à la fois sur leur passé et sur leur personnalité et leurs rapports s’affinent pour gagner en subtilité. Quand on arrive aux derniers mots du roman, il est complément impossible de ne pas vouloir lire la suite ! Rassurez-moi, il y aura bien une suite ? En résumé : un excellent moment de lecture (allez, quelques longueurs peut-être mais tout à fait agréables à lire !) et des personnages extrêmement attachants !

 

« Le hurlement de Robin se répercuta contre les vitres. Elle s’éloigna de son bureau à reculons, le regard braqué sur la chose ignoble posée devant elle. Une jambe toute lisse, mince, pâle. Elle l’avait effleurée en rabattant les bords du carton. Elle avait senti sous son doigt la texture caoutchouteuse de la peau glacée.

Elle venait à peine d’étouffer son cri, les deux mains plaquées sur sa bouche, que la porte en verre s’ouvrit brusquement. Du haut de son mètre quatre-vingt-douze, la chemise ouverte sur son torse velu comme celui d’un signe, Strike la considérait d’un air sombre. »

 

Ce pavé de 600 pages me permet de participer au challenge estival de Brize ! pavé2016moyen

 
 

 

 
 

 

 
 

 

 

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 14:48

 

http://www.vraoum.eu/Images/PorteDoc/9782365350020web.jpg

 

           Petit roman graphique très sympathique, ce mini-bouquin fait partie de ceux qu’on ouvre et qu’on ne peut s’empêcher de continuer à lire…

           Sylvain, l’auteur, nous raconte sa théorie de la vie : tout le monde a pour objectif d’être heureux, mais certains (et lui-même) sont encore plus heureux quand ils aident les autres et quand ils rendent les autres heureux. De jolis schémas très simples nous expliquent tout ça. Sylvain part trois mois au Liban, d’une part pour apprendre l’arabe, d’autre part pour rencontrer une femme, et pourquoi pas, pour commencer à résoudre le conflit au Proche-Orient… tous ces souhaits tendent à le rendre heureux. CQFD.

           C’est drôle, moderne, frais, humaniste… par contre, mon enthousiasme de début de lecture s’est un peu essoufflé au fur et à mesure que j’approchais de la fin. Parce qu’il n’avance pas tellement ce Sylvain Mazas finalement, on se doute bien qu’il n’a pas du tout résolu le conflit susnommé (là, de suspense, il n’y en avait point, il faut bien l’admettre !) mais il n’a pas non plus trouvé de femme. Juste un groupe d’enfants palestiniens qui lui en ont mis plein la vue par leur énergie, leur joie de vivre. Et c’est déjà énorme, c’est vrai.

 

« 15/20 »

 

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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 15:52

 

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            Qu’est-ce qu’on l’a vu ce livre ! Partout : dans les librairies, dans les magasins bio, dans les boutiques « nature »… ! Il fallait bien qu’on y jette un coup d’œil, mon intestin et moi !

             En trois gros chapitres et 334 pages, Giulia Enders, passionnée de gastroentérologie (il faut de tout pour faire un monde !) nous explique à quoi sert l’intestin, quels sont ses points forts et ses points faibles, quels dysfonctionnements et maladies peuvent y être liés, mais surtout elle nous démontre que cet énorme tuyau est aussi important que notre cerveau et que nous le sous-estimons depuis trop longtemps. Moi qui suis sujette à souffrir d’un intestin irritable, j’ai aimé qu’on me dise que les problèmes d’intestin ont une répercussion sur notre cerveau (et notre moral) et non pas l’inverse, comme on veut souvent nous le faire croire…

          Le livre est plutôt bien écrit, drôle, la vulgarisation fonctionne à plein régime surtout pour la non-scientifique que je suis. C’est très compréhensible, simplifié et accompagné de petits dessins. Deux bémols tout personnels : je n’aime pas du tout ce genre de lecture, je m’ennuie vite –c’est un peu paradoxal, je sais bien- et je n’ai finalement pas tant appris que ça. Un bref aperçu de ce que j’ai découvert (ou que j’avais oublié) :

  • Il faudrait faire caca accroupi comme dans de nombreux pays et non pas assis. Au pire, on peut prendre un petit tabouret à installer devant la cuvette pour poser les pieds dessus… la chose n’en sortira que plus facilement.
  • Dans un tout autre registre : quel est le muscle le plus puissant de notre corps ? C’est la mâchoire !
  • Le gingembre est excellent pour lutter contre le mal de transport, et plus généralement, contre les nausées.
  • La césarienne, ça n’est pas top pour le bébé, son système immunitaire est affaibli jusqu’à ses sept ans.
  • Rien ne sert d’être trop propre, c’est même pire, certaines bactéries constituant une belle protection. : « la propreté ne consiste pas à exterminer toutes les bactéries. La propreté, c’est un équilibre sain entre une quantité suffisante de bonnes bactéries et une petite dose de mauvaises bactéries. C’est se protéger intelligemment des vrais dangers et parfois encourager de manière ciblée ce qui nous est bénéfique. »
  • On fait souvent caca là où on se sent le mieux et on contraint, consciemment ou non, notre corps à attendre : « Soyons honnêtes : c’est souvent à cause du syndrome « berk-c’est-pas-ma-cuvette ». Le syndrome « bcpmc », c’est rechigner à confier sa grosse commission à des latrines étrangères, surtout si elles sont publiques. C’est n’y aller que contraint et forcé, ériger une œuvre d’art en papier toilette sur les rebords de la cuvette et garder une distance rêvée d’au moins 10 mètres entre la porcelaine et la peau du postérieur. »

          

                 Dans le même style en plus rigolo (mais en moins exhaustif) : la série Tu mourras moins bête de Marion Montaigne (et il y a plus de dessins !)

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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 19:22

 

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           Combien de fois m’a-t-on conseillé cet auteur danois ? J’avais hâte de le découvrir !

           C’est l’histoire d’une vie. La vie d’un homme prise à trois moments différents, trois moments cruciaux : à 18 ans, à 40 ans passés puis à 60 ans.

           A 18 ans, le narrateur découvre l’amour physique dénué de sentiments, il se passionne de littérature allemande et tombe amoureux de la fille de son professeur d’allemand, Erika, qui lui fera comprendre qu’un attachement à longue durée de l’intéresse pas, elle n’appartient à personne. Devant sa mère atteinte d’un cancer et condamnée à mourir, il a tendance à fuir. Devant son père qui trompe sa femme, il ne pardonne pas.

              Les éléments de sa jeunesse faits de bouleversements, de rencontres et de désillusions vont sans conteste façonner notre bonhomme que nous retrouvons une bonne vingtaine d’années plus tard. Professeur divorcé, père d’une ado, Julie, il aime vivre seul, pédaler pour rentrer chez lui, se réfugier dans la lecture. La présence d’un élève serbe dans une de ses classes va lui permettre de rencontrer sa mère, Ivana, et de nouer avec elle une histoire brève mais passionnelle.

           A l’aube de ses soixante ans, notre homme regarde derrière lui. Il ne veut pas fêter son anniversaire en grande pompe avec sa fille et la famille de sa fille, il préfère fuir à Rome où il va faire une rencontre insolite : une jeune femme photographe qui a la moitié de son âge et qui s’entête à utiliser un matériel lourd et ancien. C’est sur le site archéologique de Paestum et quelques kilomètres italiens plus tard qu’une relation ambiguë et particulière se crée entre les deux êtres.

           Une belle écriture associée à des réflexions philosophiques, il ne m’en fallait pas beaucoup plus pour être séduite. Ce livre qui fait réfléchir laisse aussi des portes ouvertes, ne donne pas de réponse définitive, questionne sans cesse. Le personnage ne choisit pas la facilité et ne suit pas la route qui était tracée pour lui. Il a quitté les femmes les plus merveilleuses, est-ce parce que la plus admirable d’entre elles, sa mère, l’a délaissé quand il n’avait que dix-huit ans ? L’auteur qui, on peut le supposer, a livré une bonne part de lui-même dans le personnage principal, évoque avec brio les thèmes de l’engagement, de l’individualité, de la liberté, de la solitude. De l’amour aussi qui n’a pas de définition immuable.

 

 

Eloge de la solitude et du célibat : « Je n’ai jamais eu de doutes sur la manière dont je devais utiliser mont temps, peut-être parce que, à mon sens, il était faux d’associer le mot utiliser avec ces heures qui n’étaient qu’à moi. Je ne devais rien faire quand je n’avais pas à travailler, et c’était une richesse. Cela avait même cessé d’être un problème qu’il n’y ait pas de femme dans ma vie. […] Le renoncement était presque un soulagement. »

 

« Si seul le présent était réel, nous ne serions pas réels. Le présent est un lieu impossible que l’on ne peut pas fouler, parce qu’il avance sans cesse sous nos pieds. Il n’a de réalité que comme maillon dans une métamorphose permanente, un continuum où, en revanche, il ne perd jamais sa réalité. Comme l’eau dans une source qui coule plus loin, mais c’est une image trompeuse. Il n’y a pas d’image idoine pour le temps et l’expérience étonnante qui veut que l’instant rétrospectif ne perde pas sa réalité dans le présent grâce à la langue, aux conjugaisons et à leur souplesse. »

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19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 21:59

7 ans !

Non, nous ne divorçons pas mon blog et moi,  mais poursuivons – doucettement – cette cohabitation faite de découvertes livresques et de plaisirs littéraires ! Merci à tous !

 

Un petit souvenir de mon séjour maltais… je crois bien être tombée amoureuse de La Valette !

7 ans !
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Published by Violette - dans Fait maison
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