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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 08:22

 

 

           Dans un lycée niçois, une troupe de jeunes comédiens galère parce que le metteur en scène les a lâchés. A la suite d’un concours de circonstances, c’est Emile, un retraité, qui prend la troupe en main. Il fait semblant d’avoir un splendide passé de metteur en scène et d’acteur mais en fait, il fabule complètement et pourtant, permet à ces comédiens en herbe d’espérer, de se trouver une vraie passion pour le théâtre. Sandra est l’une d’entre eux. Provocatrice, belle et libérée, elle fait tourner la tête de Norbert, un gars embauché à la dernière minute pour un rôle muet. Dans la 2ème partie du roman, on suit Emile et Sandra dans une sorte de road trip dans le sud de la France.

            Didier van Cauwelaert n’a que 22 ans quand il écrit Vingt ans et des poussières, son tout premier roman, et je dois dire que ça sent encore un peu les rêves d’adolescent et les fraises tagada… Dans un grand fouillis qui comporte néanmoins quelques jolis passages (on retrouve déjà la personnalité de l’écrivain notamment dans son rapport au merveilleux), l’auteur nous emmène dans un monde où les simplets deviennent intelligents, où les vieillards rajeunissent, où l’argent peut tomber du ciel. Malgré ce candide optimisme, quelques images m’ont plu, celle du jardinier du lycée, Carême, un peu niais qui se cultive en espionnant les cours, celle du type qui déforme l’actualité pour égayer sa vieille mère aveugle… mais dans l’ensemble, je me serais bien passée de cette lecture…

 

« Petits cendrillons de l’angoisse, leur pièce est une citrouille. Emile est tout retourné, voudrait leur dire merci, leur dire courage, leur dire qu’ils vont réussir, ensemble, que des salles entières marcheront comme il vient de marcher. »

La culture selon Carême : « C’est vrai, de savoir des choses, ça aide quand on souffre, mais celui qui ne sait rien, il a moins l’idée de souffrir. »

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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 21:16

 

 

          Sans Jérôme, je n’aurais sans doute jamais lu ce bel album. Eh, oui jalousez-moi toutes, c’est moi qui ai gagné à son jeu-anniversaire, ça m’étonne encore aujourd’hui !

          Mai 1869. Constance Deprez arrive de sa Normandie natale et débarque à Paris, cette ville qui sent mauvais. Assez vite, elle côtoie à la fois le Mal en la personne de Fouque, un policier malhonnête et irrespectueux, et le Bien avec Darius, ce galopin rusé et orphelin. Darius présente Constance à Gill, un caricaturiste à la mode qui fréquente les grands noms de l’époque : Gambetta, Monet, Zola, Manet, Renoir… L’artiste tombe immédiatement amoureux de la beauté de Constance qui, elle, n’a pourtant qu’une idée en tête : retrouver son fils qu’on lui a pris à la naissance et qui aurait été adopté à Paris. Et elle est capable d’aller loin, très loin, pour assouvir son souhait le plus cher.

       Le gros point fort de cet album réside dans ses dessins. Que ce soit pour la butte Montmartre, les Halles de l’époque, le musée du Louvre, la gare Saint-Lazare, les chantiers d’Haussmann ou encore une soirée mondaine, l’élégance est au rendez-vous, les traits sont fins et travaillés, les couleurs douces. Qu’il est plaisant de voir se matérialiser les peintres impressionnistes à côté des femmes plus belles les unes que les autres ! Le titi parisien n’est pas en reste et nous offre une promenade parisienne des plus agréables.

 

        Jérôme, à moi qui adore le XIXème siècle et qui suis amoureuse de Paris, tu ne pouvais faire plus plaisir en m’offrant ce beau voyage ! Je me suis régalée ! Merci mille fois !

 

« 17/20 »

 

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 21:20

 

 

           Après avoir aimé La Fractale des raviolis, il me tardait de découvrir ce nouveau roman dont j’avais entendu parler déjà bien avant sa sortie.

           Sting aurait pu dire de ce narrateur du début de roman qu’il est « just like the old man in that book by Nabokov », il paraît fuir avec une adolescente fort jolie cachée dans sa voiture. Pascal est un prof de philo célibataire d’une cinquantaine d’années qui ne vit que pour la lecture, Margaux, 17ans, a été son élève, sa meilleure élève, la plus intelligente et la plus mûre de sa classe. Le problème, c’est qu’en plus de son passé sordide, elle est en cavale : un pervers l’a agressée, elle s’est défendue en lui crevant un œil. Pascal l’héberge dans un gîte de vacances le temps de l’été. Avec l’unique voisin, un vieil homme sympathique surnommé Florin, Pascal et Margaux vont former un trio surprenant et attachant.

Florin a un secret, il collectionne les cailloux… pourquoi donc ? Je n’ai pas envie de lever le voile ! Sachez que, comme dans La Fractale des raviolis, les récits les plus rocambolesques s’enchaînent avec une fluidité remarquable, les anecdotes sont plus drôles ou plus terrifiantes les unes que les autres mais… j’ai trouvé un petit plus non négligeable dans ce roman par rapport au précédent. Le lieu, cette mini-tribu, la belle saison de l’été, les cuites qu’ils s’enfilent, les vers luisants qui n’en finissent pas de briller… les pages se tournent délicieusement et exhalent doucettement un parfum de poésie et de magie. Il est fort probable que Giono entende Florin raconter ses histoires qui emmènent le lecteur à travers les âges et les pays. Pour revenir au présent bien réel, Pierre Raufast a l’élégance de remercier tout une flopée de blogueurs à la fin de son roman, chapeau !

 

« Les si sont des carrefours invisibles dont l’importance se manifeste trop tard. »

Margaux : « Je m’interroge. Oui, je pourrais tourner la page. L’oubli me ferait avancer plus vite. Mais pour aller où ? Dois-je privilégier le chemin ou la destination ? »

Une vérité de Pascal qui m’a fait sourire : « Marié, je n’aurais jamais pu lire autant ! »

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 20:35

 

 

           Grande fan de l’auteur, je ne pouvais passer à côté de ce nouvel album.

           Le Louvre est devenu une île, on y accède en bateau, Chavouet a besoin d’«un visa de plus d’une journée » pour y accéder. Et la visite commence… Accompagner quelques touristes, discuter avec un gardien, suivre un guide, croquer quelques figures du Louvre, quelques exemplaires de la faune du Louvre… Si Chavouet dessine à merveille quelques tableaux célèbres du musée, il s’amuse également à ridiculiser certains touristes, ceux qui se prennent en photo devant n’importe quoi, ceux qui confondent les œuvres et cherchent des tableaux qui se trouvent dans d’autres musées, ceux qui ne comprennent rien aux œuvres, ceux qui veulent voir la Joconde puis Mona Lisa…

          J’ai trouvé que faire du Louvre une île était une idée géniale, car il est vrai que le musée est un pays, un microcosme, un endroit vaste - à part - qui traverse âges et pays. Et il faut dire que c’est bien marrant de voir l’eau couler aux abords du musée. L’humour est de toute manière présent, comme dans tous les ouvrages de Chavouet. Il a d’ailleurs créé une œuvre d’art des plus étranges, réunissant les quatre sujets les plus demandés aux gardiens qui sont : la Joconde, la Vénus de Milo, la Victoire de Samothrace… et les toilettes ! J’ai adoré cette visite même si je regrette l’insistance faite sur les aspects péjoratifs, c’est-à-dire qu’on a l’impression que presque pas un visiteur ne vient ici pour les bonnes raisons. Chercher les toilettes, compter les marches de l’escalier, comparer un tableau à « Games of Thrones », mater les seins des filles sur les peintures, pique-niquer devant les plus grandes toiles ( !), se plaindre du prix d’entrée trop élevé… bref, les préoccupations des visiteurs semblent bien triviales (et malheureusement, ça doit être très proche de la vérité !) J’en viens laborieusement à ma critique majeure : je suis restée sur ma faim ! C’est trop court ! J’en voulais encore ! Je suis parvenue à la dernière planche à une promptitude qui m’a désespérée alors que ce cher Florent m’avait habituée à consacrer du temps, voire des heures à un album ! Est-il moins inspiré sur le sol français qu’en territoire asiatique ?! Rahhh, je suis frustrée (frustration amplifiée après avoir appris que Florent Chavouet était passé tout près de chez moi et que je l’avais loupé)! Bon, on peut toujours déplier le poster offert et l’admirer à n’en plus finir… Le dessin de Chavouet est destiné aux gourmands, il y en a partout, le souci du détail me régale à chaque fois.

 

« 17/20 »

 

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 12:59

 

 

           Eh oui, j’ai craqué ! Moi qui passe mon temps à dénigrer les « feel good », j’ai lu le-roman-qui-fait-se-sentir-bien par excellence, celui qui fut le plus vu en vitrine de librairie depuis 2011 (déjà !)

            Julie est une fille  de 28 ans sympa, jolie mais un peu maladroite qui a l’art de s’attirer des ennuis et de faire des trucs stupides. Le dernier en date : avoir vécu deux ans avec un guitariste raté qui se prenait pour un génie. Sa vie d’employée de banque ne la satisfait pas, elle rumine les échecs de sa vie jusqu’au jour où elle voit, sur une des boîtes aux lettres de son immeuble, un nom : Ricardo Patatras. Le nom de ce nouveau locataire la fait rire et l’intrigue tant qu’elle se jure de rencontrer le bonhomme au patronyme rigolo. D’abord collée au judas de sa porte pour tenter d’apercevoir l’inconnu, elle va jusqu’à surveiller son courrier pour en savoir plus.

               Bien sûr que Ric est un canon, on le devine avant de le voir mais le séduire ne va pas être chose aisée. Pour Julie, cette période de sa vie est également synonyme de changement, elle va quitter la banque pour s’essayer au métier de vendeuse en boulangerie. Tout irait bien si un halo de mystère n’entourait pas le personnage de Ric.

              Alors, qu’est-ce que j’ai aimé ? Deux choses me viennent spontanément à l’esprit : la première centaine de pages où Julie essaye d’apercevoir Ric puis d’exister à ses yeux puis de le séduire. Certains passages sont très très drôles et je ne me souviens pas avoir ri si souvent avec un roman. Deuxième chose : la vie du quartier est bien décrite, une ambiance conviviale au cœur d’une ville, une rue humaine avec son épicier chinois, sa boulangère au grand cœur, son mécano sympatoche. Quelques clichés se promènent dans le roman, dès le début ça sent le happy end et ça déborde de bons sentiments mais je ne vais pas le nier, j’ai aimé ce bouquin, il m’a vraiment divertie, je me suis reconnue dans l’héroïne mais j’y ai aussi reconnue des filles que je connais… et dire que c’est un homme qui a écrit tout ça. Je lirai peut-être un autre de ses romans, … oui, pourquoi pas !

 

Un des passages les plus amusants : Julie cherche à voir le courrier de ce Ricardo, elle examine le contenu de sa boîte aux lettres avec une petite lampe de poche qui finit par tomber dans la boîte aux lettres de l’inconnu ! « C'est la première fois que je rencontre ce garçon avec un nom rigolo, et je suis telle la souris coincée par la tapette. Maintenant, je comprends les rois, les chevaliers et les saintes qui, dans ce genre de situation, ont juré que s'ils s'en sortaient, ils feraient construire une basilique. Le problème, c'est qu'avec mon compte d'épargne, j'ai seulement les moyens de faire bâtir une niche ou un grand terrier. »

Quand Julie téléphone à ses parents qui aimeraient tellement qu’elle se case et qu’elle enfante : « Sortez les gros sabots : voici la 1798è illusion à la descendance que mes parents attendent impatiemment. Au rythme où vont les choses, papa a le temps de creuser sa piscine à la petite cuillère. »

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 12:42

 

 

           Si vous êtes comme moi, légèrement réticent à l’idée de lire un récit qui se passe à la fin du XVIIe siècle, oubliez votre réserve et lisez ce fabuleux roman !

 

           Amsterdam, octobre 1686. Nella Oortman est une jeune fille de 18 ans qui vient d’être mariée. Elle n’a, bien évidemment, pas choisi son mari, et elle débarque de sa campagne natale pour vivre avec son riche marchand de mari, Johannes Brandt (bien plus vieux qu’elle : il a 39 ans !). A son arrivée, c’est la sœur de Johannes qui l’accueille, Marin, une femme froide et autoritaire ; la servante Cornelia étonnamment familière voire insolente avec ses maîtres et un serviteur noir, Otto. Le mari n’arrivera que plus tard et même si Nella redoute ce moment, il ne vient pas la voir dans son lit à la nuit tombée. Il ne viendra jamais la voir dans sa chambre. Il est pourtant attentionné et doux, il lui offre, en guise de cadeau de mariage, une maison de poupée fidèle à la nouvelle maison de la jeune épouse. Il ne reste donc plus qu’à Nella à la remplir. Pour cela, elle écrit à une miniaturiste qui lui envoie rapidement de petits personnages, copies fidèles des habitants de la maison. Le souci du détail surprend Nella mais elle comprend vite que cette miniaturiste qu’elle ne parvient pas à rencontrer, en sait encore beaucoup plus qu’elle sur la maison et ses habitants…

          Ce roman initiatique est également un fascinant voyage dans le temps, une plongée dans l’Amsterdam du XVIIème siècle, à une époque où une majorité des hommes considèrent un Noir comme un animal, à une époque sombre où tout le monde entre à l’église : les étourneaux qui volent dans la nef, les chiens qui aboient et pissent où ils veulent, à une époque où les magistrats noient les homosexuels appelés « sodomites ». Car vous l’aurez peut-être deviné, si Johannes n’accomplit pas son devoir conjugal, c’est parce qu’il aime les hommes. Non seulement Jessie Burton (elle n’a que 33 ans et c’est son premier roman !) est une conteuse extraordinaire, mais aussi une ciseleuse de mots qui travaille ses phrases comme un joaillier ; son écriture est d’une rare beauté qui envoûte complètement le lecteur. J’ai été subjuguée, enchaînée à ces 500 pages (et j’en aurais lu quelques centaines de plus sans problème) même pas dérangée par la dimension fantastique qui ne fait qu’effleurer l’intrigue principale, totalement séduite par les personnages merveilleusement décrits. Non, je n’en fais pas trop, c’est un roman à ne pas manquer!

 

Nella assiste à une naissance : « Nella passe la tête sous les volants brûlants et scrute ce qui s’impose à elle. C’est le spectacle le plus extraordinaire qu’elle n’ait jamais vu. Ni de chair ni de rêve, ni divin ni humain, et pourtant tout cela à la fois. A cet instant, on dirait une chose venue d’une terre lointaine. Une petite chose étendue jusqu’au gigantisme, une énorme bouche obturée par un crâne de bébé. »

Les habitants de la maison : « Ils sont tous des brins de laine abandonnés aux quatre vents… mais ça a toujours été le cas, remarque Nella. Nous formons ensemble une trame tissée d’espoir dont la confection ne revient qu’à nous. »

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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 19:25

 

 

         La parution de ce tome 3 fut une belle surprise car j’ignorais qu’il existât ! Alors que j’avais adoré-vénéré-encensé le premier opus, très légèrement moins aimé la suite, ce troisième volet m’enchante à nouveau.

        Il pleut, il pleut des cordes sur la vieille ferme où vivent Antoine, sa petite-fille Sophie et son arrière-petite fille Juliette. Alors qu’Antoine va sauver des moutons de la noyade chez la voisine Berthe qu’il déteste, Mimile est victime d’un malaise et doit être hospitalisé. Pierrot continue à semer la zizanie avec sa bande de vieillards révolutionnaires, à Paris. Sa dernière mission : déverser du miel sur des gros producteurs de pesticides. Réussite totale. Les surprises s’enchaînent, Mimile retrouvant un vieux copain australien et infirme, Sophie découvrant avec stupeur la véritable origine de la haine de trente ans qui sépare Berthe et les trois inséparables.

         J’ai adoré le nouveau personnage surnommé « La Biouche » du même acabit que nos gais lurons, il est « farci de prothèses » et « on dirait qu’il a été mâché par Belzébuth ». Le passé qu’il partage avec Mimile est délicieux, drôle et empli de requins ! Mais je n’en dis pas plus, lisez, lisez !

       Les vieux râleurs au sale caractère n’ont pas changé, ils ne changeront plus, à cet âge, c’est fichu ! Qu’est-ce qu’on aime leur vivacité, leur mauvaise foi, leur inventivité, leurs colères ! Les dessins m’ont beaucoup plu, les dialogues avec la verve de nos trois lascars encore plus ! Le suspense reste entier mais je soupçonne les auteurs de préparer la suite, tant mieux !

 

Les policiers ont arrêté la vieille Fanfan susceptible de finir ses jours dans un asile psychiatrique : « C’est pas vos psys à deux balles qui vont m’apprendre si Fanfan a le chou qui se fane ! T’étais encore dans les burnes de ton père qu’on militait déjà ensemble ! Peigne-cul ! »

« 19/20 »

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 17:49

 

 

           Percy Darling est un veuf sportif et cultivé de presque 70 ans. Il vit dans une petite ville tranquille, dans une vieille et belle maison donnant sur un étang où il se plaît à nager quotidiennement. C’est parce qu’il a accepté, à contrecœur, de voir transformer sa grande en maternelle, qu’il est obligé de s’acheter un maillot de bain pour qu’on ne le voie pas tout nu ! C’est dans le magasin de sport qu’il rencontre la jolie Sarah de vingt ans sa cadette, elle lui vend un maillot à ananas…

          Dans ce roman foisonnant, il n’est pas question que de Percy. Nous rencontrons également ses deux filles, Trudy, cancérologue réputée et Clover, beaucoup plus perdue que sa petite sœur, passant son temps à fuir et à réclamer ses deux filles. Les sœurs ont dû faire face au décès accidentel de leur mère Poppy noyée dans l’étang voisin, alors qu’elles étaient enfants. L’auteur nous raconte aussi l’histoire de Célestino, ce Guatémaltèque érudit qui, ayant connu un amour impossible, est devenu jardinier pour ne pas se faire expulser. Un zoom est également fait sur Ira, cet enseignant un peu veule qui semble avoir du mal à assumer sa vie amoureuse avec Anthony, un avocat compétent.

           Grâce à ce livre de 600 pages, à cette fresque aux accents écolo, on déménage. On se retrouve près de Boston, on fait son footing en compagnie de Percy, on hume l’odeur des poutres vieillies de sa maison, on écoute les rires des enfants de cette école Fées & Follets, on cajole les plantes avec Celestino, on redoute le pire avec Sarah, on goûte tout simplement quelques pages de vie d’une famille au sens large du terme.

Si je n’ai pas adoré adoré ce gros roman, je l’ai tout de même lu avec plaisir, il m’a fait penser à une série télé, chaque épisode dévoilant un peu plus un personnage, le faisant évoluer au gré des saisons et des événements de la vie. C’est une lecture charmante et divertissante, j’oserais dire typiquement américaine, je ne suis pourtant pas sûre de renouveler l’expérience avec cet auteur, n’en déplaise à Keisha et Aifelle !

 

« Je ne crois pas aux fantômes. Et pourtant, depuis la mort de Poppy, j’avais plus d’une fois eu l’impression d’être hanté lorsque je nageais dans l’étang : non par Poppy (en un sens, c’eût peut-être été une délivrance) mais par des doutes dont je ne pourrais jamais faire part à quiconque sur les circonstances de sa mort. Nager a toujours été pour moi une forme de méditation et non un exercice. Le silence de la nature qui environnait « mon étang » faisait partie intégrante de cette médiation. Criquets, grenouilles, passereaux, voyeurs – à chaque sa saison – rythmaient mon souffle et mes pensées. »

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 10:55

 

 

             De Rien ne s’oppose à la nuit, j’étais ressortie chamboulée, retournée, émerveillée, comme beaucoup. Je crois que malheureusement – et je l’ai fait aussi – on compare beaucoup les deux derniers romans de l’auteur.

           Après le succès phénoménal de son dernier roman, Delphine de Vigan s’est sentie en décalage, prise de vertige face à l’agitation médiatique, face à cette question lancinante : «Qu’allez-vous écrire après ça ? ». Et puis, Delphine rencontre L., cette femme énigmatique, parfaite, très féminine, élégante, sûre d’elle. Rapidement, L. prend une grande place dans la vie de Delphine, toutes deux rient, boivent, parlent de littérature. Prévenante et attentionnée, L. lui rappelle qu’elles ont été dans la même classe au lycée mais Delphine ne s’en souvient pas. L. est présente alors que François, l’amoureux de Delphine est à l’étranger, L. est là et comble l’absence des enfants de Delphine partis faire des études loin de leur mère. Et surtout, L. est aux côtés de notre écrivain quand lui arrive l’immense panne d’écriture.

            Si Delphine ne sait d’abord plus comment ni quoi écrire, bientôt elle se retrouve dans l’incapacité totale d’écrire une seule ligne, de signer un papier quelconque, d’envoyer un mail de réponse ou un courrier administratif. Mais L. est là, fidèle, dévouée. Et L. parle beaucoup d’écriture avec Delphine, elle aimerait que Delphine abandonne la fiction au profit de la vérité, elle est persuadée que les lecteurs « attendent du Vrai, de l’authentique, ils veulent qu’on leur raconte la vie. […] ils veulent savoir de quoi tu es faite, d’où tu viens.» Delphine n’est pas d’accord et souhaiterait revenir à la fiction, pensant y mettre de la même manière que pour un récit autobiographique, son énergie, sa sincérité.

             Etrangement, L. parle très peu d’elle-même, elle semble libre comme l’air, toujours disponible au point de s’installer chez Delphine lorsque celle-ci fait une mauvaise chute et se blesse au pied. De fil en aiguille et répondant à son incapacité d’écrire, L. va rédiger des courriers à la place de l’écrivain, elle répondra aux mails en attente, elle écrira le courrier de son amie. Elle ira jusqu’à se faire passer pour Delphine lors d’une rencontre avec des lycéens. Même si l’écrivain lui est reconnaissante et redevable, un malaise grandit, L. lui ressemble de plus en plus dans ses attitudes, dans son comportement, L. insiste de plus en plus pour que Delphine écrive un livre où la fiction serait absente. Delphine se sent épiée, son espace de vie semble être complètement occupé et envahi par L. et pourtant, dans la maison de François, à Courseilles, elle a une illumination : le sujet de son prochain livre sera L. ! Car L. a commencé à se livrer, elle parle du suicide de son mari, de la mort de sa mère, de son enfance malheureuse. Delphine y voit une formidable matière et si elle est encore incapable de tenir un stylo, elle va passer ses journées à enregistrer le texte qu’elle chuchote et à interroger le plus discrètement possible L. Elle ressent une sorte de victoire, ce n’est plus L. qui a une totale emprise sur elle… jusqu’au jour où Delphine comprend que L. tente de l’empoisonner…

            Thriller psychologique passionnant, ce roman est aussi une réflexion sur l’écriture, sur la part de vérité et de réalité que chaque auteur veut bien mettre dans son œuvre. L’auteur nous manipule finement, la fin est une belle réussite même si on s’interroge très tôt sur l’identité métaphorique de L. : serait-elle un double de l’auteur ? Symboliserait-elle une partie du lectorat friand de vérité ? Existe-t-elle vraiment ? Delphine devient-elle folle ? Dès le début, on croit à une autobiographie, l’auteur nous livrant par-ci par-là ces fameux « effets de réel ». Puis on comprend qu’avec un esprit d’autodérision délicieux, elle nous mène en bateau depuis la première page, et c’est tant mieux ! Drôle, puissant, ce roman est un vrai roman aux allures trompeuses d’autobiographie et un vrai pied-de-nez aux lecteurs qui auraient encore l'audace ou la bêtise de comparer les deux derniers livres de de Vigan!

Un délice de lecture.

 

« Si j’y réfléchis, L. s’est très vite positionnée comme une personne ressource : quelqu’un de fiable, d’une rare disponibilité, sur qui je pouvais compter. Quelqu’un qui s’inquiétait de moi,  qui offrait son temps comme aucune personne adulte de ma connaissance. »

 

« je ne suis pas sûre que le réel suffise. Le réel, si tant est qu’il existe, qu’il soit possible de le restituer, le réel, comme tu dis, a besoin d’être incarné, d’être trnasformé, d’être interprété. Sans regard, sans point de vue, au mieux, c’est chiant à mourir, au pire c’est totalement anxiogène. Et ce travail-là, quel que soit le matériau de départ, est toujours une forme de fiction. »

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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 14:57

 

              Alors que hier soir, avant de savoir, j'expliquais à mes enfants l'origine de la superstitution du vendredi 13 et leur disais que c'était des foutaises, que le vendredi 13 pouvait porter bonheur... ... ...

 

 

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Published by Violette - dans Fait maison
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