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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 18:49

 

 

            C’est après avoir découvert l’auteur avec Légendes d’automne que j’avais envie de réitéré l’expérience.

             Dalva, à 45 ans, retourne vivre au ranch familial, dans le Nebraska. Cet emménagement n’est pas anodin car c’est là qu’elle a vécu son enfance et son adolescence marquées par quelques drames et tragédies : c’est son père qui décède en Corée puis celui qu’elle appelle son « deuxième père », son grand-père en réalité, qui disparaît. Elle tombe éperdument amoureuse, à 16 ans, d’un Indien, Duane, qui, après l’avoir ignorée pendant des mois, la met enceinte. Née dans une famille aisée, Dalva n’a qu’une solution : donner ce bébé qu’elle met au monde. Duane fuit. Trente ans plus tard, elle se demande toujours ce qu’est devenu ce fils qu’elle n’a jamais pu serrer dans ses bras. Amoureusement parlant, elle multiplie les aventures sans lendemain, se contentant d’expériences sexuelles avec des loosers. Michaël fait partie de l’un d’eux, il est son amant occasionnel, elle passe ses frasques alcooliques, sa gourmandise et ses infidélités, elle le laisse fureter dans les documents familiaux afin de creuser l’Histoire, et en échange, il promet de retrouver son fils. Ce qui est surprenant, c’est que Dalva soit la narratrice pour les deux tiers du livre. Harrison, vieux bonhomme à l’air rustre et à l’œil crevé se met formidablement bien dans la peau et dans la tête d’une femme. Dans le second chapitre, c’est Michaël qui est le narrateur et dévoile ainsi une autre vision de cet endroit où les coyotes rôdent et les Indiens laissent une trace indélébile…

           J’ai beaucoup apprécié l’ambiance country &cow-boy, les grands espaces, les baignades des chevaux dans la rivière, les cuites au whisky, cet amour maternel indéfectible (et comment peut-il en être autrement ?), l’humour toujours présent, cette immersion dans une nature rude et dépaysante … et pourtant… et pourtant, cette lecture a été laborieuse et longue pour moi. Serait-ce le style harrisonien, la longue attente (Dalva va-t-elle retrouver son fils ?), … j’ai trouvé certains passages dénués d’intérêt, je me suis parfois ennuyée, mais j’ai, malgré tous ces bémols qui me sont sans doute tout personnels, j’ai donc envie de lire la suite, La route du retour qui est d’ailleurs dans ma PAL. Ce ne sera pas pour tout de suite.

 

« La plus petite des femelles airedales m’attendait à l’endroit où le chemin longeait une mare couverte de fléoles des prés. Elle attendait là tous les matins en espérant pouvoir m’accompagner. Grand-papa aimait que je l’emmène avec moi, car elle excellait à débusquer les serpents ; elle repérait un crotale avant même que le serpent ne fût sur ses gardes ; quand on lui en donnait la permission, elle le tuait ; et lorsqu’elle avait faim, elle le mangeait. »

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 10:38

 

 

              Ce petit livre, repéré sur plusieurs blogs, est en réalité un journal, celui d’une belle jeune femme de 37 ans, joueuse de tuba dans un orchestre newyorkais, mère d’un petit Elton et surtout, ici, petite-fille d’une grand-mère centenaire qui s’apprête à mourir.

              C’est pour suivre la lente agonie de son aïeule, pour lui rendre un hommage, pour s’occuper sans doute tout simplement, que Kelly a décidé d’écrire son journal. Elle y mêle les souvenirs heureux avec sa grand-mère, les rencontres de sa vie, son quotidien (il est délicieux de l’imaginer avec son énorme tuba dans un univers tellement macho) et pour finir, ce qui devait clore ce court extrait de vie, la mort de sa grand-mère adorée.

             Par sa brièveté, par son ton humoristique, ce livre est redoutablement efficace. Kelly est une femme belle, moderne, sûre d’elle, lucide, décomplexée mais pas tout à fait, qui jure et qui a de la répartie. Son compagnon est comédien, ses meilleures copines (et il y en a un paquet !) sont presque toutes lesbiennes et Kelly évolue avec aisance dans un monde qui lui sied bien. La mort de sa grand-mère n’est pas dramatisée mais racontée simplement, avec une émotion sans fioritures. Précisons que l’auteur est donc réellement originaire de New York, qu’elle est effectivement une joueuse de tuba et qu’elle a écrit ce texte en français, pour notre plus grand plaisir. J’aurais aimé en lire davantage et ne pas avoir quitté aussi vite cet univers, peut-être parce que je lui ressemble un peu à cette nana américaine !

 

Le quotidien d’une mère : « Il va falloir que je fasse à manger, sauf qu’il y a rien dans le frigo. Si c’était juste pour moi, je m’en foutrais, mais, avec un gamin, tu te mets la pression. Faire bien avec rien. C’est ma mission de ce soir. Et puis après, on dînera en tête à tête et on parlera Lego. Ce sera chouette. Faudra pas oublier de sourire, parce que tu voudrais pas que ton gamin voie que tu déprimes. Mais en même temps, faut pas trop se forcer, parce qu’Elton décèle tout : « Maman, pourquoi tu souris si t’as envie de pleurer ? » Et là, je me lève de table et je me sers un double scotch en lui répondant : « Mais non, mon chéri, qu’est-ce qui te fait dire ça ? » Merde, je suis faux cul, alors je bois cul sec. Bien sûr, ça va pas mieux après, on le sait tous, mais on se ressert quand même. »

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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 11:41

 

 

 – Sept nains sapent un conte majeur –

 

              Je crois que je ne suis pas la seule : on ne veut plus rater une seule sortie de Lupano ! En plus, après quelques mauvaises expériences avec la série des Sept (ici et ), j’avais envie de remettre le nez dedans. Ici, c’est un remake de « Blanche-Neige » qui nous est offert.

            C’est l’anniversaire de Belle, la fille du roi. Une fête est donnée et les fous, les sept nains, mettent une ambiance du feu de Dieu. Oui mais une blague idiote jaillit du petit spectacle « A douze ans, la femme de dessine… et à quarante… elle se peint ! » et met la reine, la marâtre de Belle, dans une colère noire. Elle veut faire tuer les sept nains, le roi les sauve de justesse : ils seront bannis du royaume. La vengeance de la reine ne s’arrête pas là : le roi disparaît mystérieusement et Belle est reléguée au statut de bonne à tout faire.

          Les années passent et les nains ont trouvé un passage sous la terre qui leur permettrait de rejoindre la salle du trésor donc ils piochent, ils creusent, ils triment toute la journée. Un soir, rentrant dans leur maisonnette, quelle n’est pas leur surprise de trouver Belle à leur table ! Comme dans le conte, la belle-mère voulait la faire tuer pour sa beauté mais elle a filé entre les doigts du pervers chasseur.

           Le conte est détourné, réécrit à la lumière du fantastique et de la noirceur. Simplet est un obsédé qui bave littéralement sur Belle (et c’est lui qui parle derrière le miroir de la reine), le chasseur veut violer la jeune femme avant de la tuer, Belle insulte les nains*et les accuse de vivre dans une porcherie. C’est cruel, violent et dénué de bons sentiments. Les images aux couleurs chaudes retranscrivent bien l’enfer que vivent ces personnages, la reine métamorphosée en vieille femme est un monstre et l’univers tout entier de cet album est à l’envers de celui du conte propret et gentillet, oui, c’est cracra et méchant comme tout. A ne pas donner aux enfants donc !

          Je me suis laissé happer par l’intrigue mais j’ai été légèrement déçue par la fin, par la dernière case pour être plus précise. Je n’ai pas non plus adhéré tant que ça au graphisme mais l’ensemble m’a plu.

* « Ça pue pire que dans une porcherie ! Vos couvertures, c’est des élevages de puces, et elles poquent pire que l’enfer ! J’ai failli vomir en me couchant dessus ! et les taches, là… je préfère même pas savoir ce que c’est… »

 

« 16/20 »

 

 

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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 19:34

 

 

                Oui, je fais tout dans le désordre, de la trilogie policière Verhoeven, j’ai écouté Alex que j’avais beaucoup aimé, je n’ai pas lu le tome 1 à savoir Travail soigné et j’ai lu ce roman, le tome 3.

                Le commandant Camille Verhoeven a l’impression de revivre un cauchemar qu’il a déjà fait : sa femme a été assassinée et voilà que sa nouvelle compagne, Anne, s’est fait agresser dans un centre commercial parce qu’elle a été témoin d’un braquage de bijouterie. Immédiatement, le très petit flic (1 m45 !) mène son enquête dans son coin, officieusement. Il écoute sa compagne qui, dans son lit d’hôpital, se sent encore menacée, mais flaire une embrouille d’une plus grande envergure.

               L’intrigue est bien ficelée, l’univers noir comme il faut, le personnage central attachant et non dénué d’humour mais le style m’a dérangée. Les phrases sont courtes, souvent sans verbes, le vocabulaire est simpliste, le narrateur change d’un paragraphe à l’autre, et surtout il m’a manqué ce petit quelque chose qui pourrait en faire un grand polar. Si je n’en connais que deux sur trois, je sais déjà (l’auteur l’a dit) que la construction est identique pour chacun des tomes : une intrigue autour d’une femme victime (plus ou moins victime mais je ne veux trop en dire…) et cette polyphonie qui m’a, parfois, gênée. Je suis sévère mais c'est un lauréat Goncourt quand même ! Et on est loin du brillantissime Au revoir là-haut.

 

« Camille devant son écran. Dossier « Vincent Hafner ». Soixante ans. Près de quatorze années de prison, toutes peines confondues. Jeune, il s’essaye à pas mal de choses (cambriolages, racket, proxénétisme) mais il trouve sa véritable vocation à vingt-cinq ans, en 1972, en braquant un fourgon blindé à Puteaux. Ça bave un peu, les flics débarquent, un blessé, condamnation à huit ans. »

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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 19:08

 

 

           Jasper Gwyn a en main les clés de la réussite : écrivain talentueux, ses écrits plaisent tant qu’il commence à devenir célèbre. Et pourtant, il arrête tout du jour au lendemain. Il envoie un article au Guardian pour qui il travaille régulièrement, détaillant les cinquante-deux choses qu’il ne ferait plus jamais, la dernière étant de ne plus écrire de livres. Délaissant la vie professionnelle et médiatique, Mr Gwyn va connaître les affres de la solitude, de la déprime, mais, malgré les sollicitudes de son ami et agent Tom, il va tenir bon et ne plus écrire. Ça le démange pourtant tellement qu’il lui arrive d’écrire des livres entiers dans sa tête ! Et puis, surgit une idée : celle d’écrire des portraits à la manière d’un peintre qui tente de croquer son modèle de la manière la plus juste. Pour cela, quelques ingrédients lui sont nécessaires : un grand appartement vide qui sera son atelier, une musique discrète que lui composera un ancien ami, dix-huit ampoules allumées constamment pendant trente-deux jours et diffusant une « lumière enfantine » et un modèle nu. Mr Gwyn demande à Tom de lui « prêter » son assistante Rebecca, une femme ronde et charmante qui accepte le défi parce qu’elle a l’habitude qu’on lui propose tout et n’importe quoi.

           Pendant trente-deux jours, à raison de quatre heures par jour sans aucun repos, Rebecca va évoluer nue dans ce grand appartement, marcher, s’asseoir, se coucher… et Mr Gwyn va l’observer avant de prendre des notes. Il ne s’agit pas de la décrire au sens propre du terme mais d’apprendre à la connaître, écrire une histoire qui lui ressemble, une histoire qui EST elle. L’expérience insolite plaît aux deux protagonistes. Rebecca se sent vite à l’aise, il lui arrive même de s’endormir, de parler. Mr Gwyn aimerait en faire son métier qu’il a nommé « copiste ». L’aventure continue avec d’autres modèles qui, chaque fois, se prêtent au jeu, qui, chaque fois, lisent avec délectation LEUR histoire de quelques pages.

         Il m’est toujours très difficile de parler d’un roman que j’adore, j’ai peur de l’abîmer, de ne pas lui rendre justice. Cette lecture fut un véritable COUP DE CŒUR. Elle allie avec beaucoup de grâce poésie, philosophie, ésotérisme et intrigue policière. Le parfum de magie qui y règne du début à la fin m’a envoûtée. Imaginez deux êtres se connaissant très peu cohabitant dans la même pièce pendant quatre heures, sans se parler, en vivant simplement l’un à côté de l’autre… et cet écrivain qui essaye d’extraire l’essence même de l’être qu’il côtoie … et ces dix-huit ampoules qui s’éteignent une à une, qui « meurent simplement, sans agoniser et sans faire de bruit ». Sans parler de l’idée en elle-même, révolutionnairement géniale : écrire un texte qui symbolise un être humain, consacrer son temps, son silence, son âme à un parfait inconnu, j’adore !

 

« Jasper Gwyn s’était imaginé que les gens rapporteraient chez eux quelques pages écrites, et qu’ils conserveraient dans un tiroir fermé à clé ou sur une table basse. Comme ils auraient pu conserver une photographie ou accrocher un tableau au mur. »

« Souvent il arrivait en retard, quand Rebecca était déjà dans l’atelier. Il pouvait s’agir d’une dizaine de minutes, mais parfois d’une heure. Il le faisait délibérément. Il aimait la trouver étrangère à elle-même, abandonnée au fleuve sonore de David Barber et dans cette lumière – tandis que lui était encore sous l’emprise de la réalité crue et du rythme du monde extérieur. Il entrait alors en faisant le moins de bruit possible et s’arrêtait sur le seuil, la cherchant du regard comme dans une grande volière : l’instant où il la repérait, c’était l’image la plus nette qu’il garderait en mémoire. Elle, avec le temps, s’était habituée et ne bougeait pas à l’ouverture de la porte ; elle se tenait comme elle se tenait. »

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 11:54

 

 

        Après avoir adoré Tokyo Sanpo, un peu moins Petites coupures à Shioguni, c’est avec un immense plaisir que j’ai lu cette chronique illustrée, ce voyage nippon bédéesque.

          Florent Chavouet ne connaît que deux îles japonaises. Un peu comme ça, pour voir ce que c’est, il décide de vivre deux mois sur une île qu’il choisit soigneusement parmi les quatre mille existantes (personnellement, je ne savais pas qu’il y en avait tant !), d’en découvrir une troisième, et ce sera Manabé Shima. Elle ne compte que trois centaines d’habitants, elle vit au rythme de la mer, elle est peuplée de mamies poussant un déambulateur étrange, elle est envahie par des chats qui n’appartiennent à personne, des poulpes, de crabes, de pêcheurs, des umibotaru (des lucioles de mer !). Les gens y sont calmes, souvent généreux, la vie paisible, débonnaire et gastronomique.

          Je suis une fan absolue des dessins de Chavouet, j’aimerais qu’il réalise des milliers de pages pour ne jamais être en rade (quelques planches tous les soirs, nan ?) Son humour omniprésent est souvent associé à une bonne dose d’humilité, le dessinateur sait se faire accepter, ne demande qu’un strict minimum vital, respecte les gens qu’ils croisent, mange parfois en échange d’un dessin, reconnaît quand il dessine mal (et bon sang, que j’aimerais dessiner aussi « mal » que lui !), quand il est ignorant. Il est aussi un modèle de voyageur, s’intégrant parfaitement au décor et aux habitants.

       Chaque planche est une nouvelle découverte, passant du gros plan (le fugu, ce poisson à bec et au foie empoisonné) à la plongée (c’est comme ça qu’on découvre l’île mais aussi le boui-boui d’Ikkyu San, vaste bordel où on est obligé de boire le Shoshu, alcool distillé à base de blé) sans oublier les listes, les tableaux, les digressions, les portraits… c’est l’anarchie totale et ce que j’adore chez Chavouet. Maintenant, je veux une dédicace du Maître –non, j’en fais pas trop ! J un petit dessin, rien qu’à moi ! Guettons son blog !

« 20/20 »

 

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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 16:41

 

 

              J’arrive bientôt au bout de la série des Wallander. Il me reste le tout premier et le tout dernier. Ce roman diffère des autres parce qu’il s’agit, au départ, d’une nouvelle que Mankell a étoffée pour en faire un (court) roman. Publiée après L’Homme inquiet, l’intrigue de ce livre le précède, voilà pourquoi j’ai choisi de le lire d’abord.

              C’est l’automne en Scanie. Kurt Wallander, même s’il habite désormais avec sa fille Linda, n’a pas vraiment changé ni ses habitudes, ni ses projets, à savoir, acheter une maison, trouver une femme, adopter un chien. Son collègue Martinsson a peut-être un bon plan pour lui : un cousin de sa femme veut vendre son ancienne ferme. Wallander, en visitant la vieille maison, tombe sur un os. Au sens propre du terme. Il se trouve qu’il s’agit du squelette d’une main. Une enquête est ouverte, un squelette est découvert, une femme aurait été pendue avant d’être enterrée dans le jardin de la maison. Le meurtre remonterait à une cinquantaine d’années.

              Ce roman court mais intense est suivi d’un chapitre consacré aux réflexions de l’auteur sur sa série, sur le personnage Wallander, sur l’écriture en général. Très intéressant. Sa « relation » avec Wallander, son protagoniste, reflète ce qu’on ressent quand on lit ses romans. J’ai toujours deviné qu’il y avait une grande part de Mankell en Wallander, je suis contente de l’avoir vu confirmer par le romancier lui-même.

« On me demande très souvent : « Quels sont les livres que lit Wallander ? » C’est une bonne question dans la mesure où il n’est pas facile d’y répondre. Je me suis imaginé parfois qu’il lisait les miens. Mais je n’en suis pas sûr. En vérité, hélas, je ne crois pas que Wallander soit un grand lecteur. S’il lit, à mon avis, ce n’est pas de la poésie. Je me dis qu’il apprécie peut-être les livres d’histoire – les essais comme les romans historiques. Et je crois qu’il a aussi un faible pour Sherlock Holmes. »

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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 20:27

 

 

               C’est toujours à la recherche de lectures andalouses que je suis tombée sur ce gros récit qui n’est autre qu’une histoire vraie, celle d’un très célèbre matador surnommé El Cordobés.

              Manuel Benitez naît en Andalousie en 1936 alors que débute la sanglante guerre civile. Orphelin très tôt, ce gamin des rues, très pauvre, n’a qu’une idée : devenir matador. Chapardant des oranges, vivant du minimum, c’est en guenilles, la nuit, qu’il va commencer à défier les vaches des champs de Palma del Rio. Allant de déceptions en refus, d’emprisonnements en échecs, celui qui se fera surnommé El Cordobés finira par devenir la nouvelle étoile de la corrida espagnole.

              La biographie du matador occupe la plus grande place de ce récit (qui a, pourtant, pour sous-titre « L’épopée de la guerre civile espagnole ») mais elle est entrecoupée de la description très détaillée de l’un de ses plus célèbres combats, celui de la corrida du 20 mai 1964. Ce livre, c’est aussi l’histoire d’une prodigieuse ascension sociale d’un gamin parti de rien et devenu une star mondiale richissime, c’est aussi l’histoire d’amour entre les Espagnols et la corrida, c’est aussi l’histoire de l’Espagne, ce pays qui n’a fabriqué sa première automobile en 1954, qui a si longtemps censuré des écrivains comme Sartre, Joyce ou Hemingway. Le récit de 600 pages est passionnant, la ténacité de ce gosse est admirable, et, à 79 ans, Manuel Benitez retourne quelquefois dans l’arène… Les pages historiques m’ont paru longues mais elles m’ont permis de mieux comprendre la petite histoire de ce grand homme qui ne connaît ni la peur, ni la douleur.

 

« Aussi différent d’un taureau domestique qu’un tigre d’un chat, le taureau sauvage est un monstre assassin que la nature a façonné  pour lutter jusqu’à son dernier souffle contre toute forme de vie hostile. Plus rapide sur une courte distance qu’un cheval de course, plus souple et plus agile qu’un félin, plus brave qu’un lion, il est doué d’une intelligence si vive qu’un dicton espagnol affirme qu’ « il apprend plus en vingt minutes qu’un homme pendant toute sa vie. »

N.B. : Oui, Dominique Lapierre, l'auteur de La Cité de la Joie !

 

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5 septembre 2015 6 05 /09 /septembre /2015 11:07

 

 

             Étrange album qui a étrangement atterri dans ma PAL sans que je sache d’où il vienne.

             Elisabeth a 13 ans et elle est morte. Elle voit son cercueil blanc entouré de sa sœur et de ses amies du pensionnat qui ne peuvent l’entendre hurler et les interpeller. Projetée dans un monde statique, fantastique, victorien, Elisabeth se retrouve en compagnie de créatures merveilleuses (un chat-serpent, une grenouille qui parle, une chauve-souris aux pattes de poule). Elle tente de sortir de cet univers inquiétant, aimerait communiquer avec sa sœur mais elle semble prisonnière et revenir dans la « vraie » vie exige sans doute quelques sacrifices.

            Ce qui surprend dès la couverture de cette BD, c’est la beauté et la précision du dessin. Peu de couleurs se promènent dans l’album, du gris, du bleu, du vert, du noir, les teintes d’un cimetière au crépuscule ou d’un vieux château abandonné. Le ton est donné : celui du mystère, de l’envoûtement, de la mélancolie. J’ai été charmée, je l’avoue, mais deux choses m’ont dérangée : l’intrigue un peu complexe (mais peut-être que c’est parce qu’il existe une suite) et la présence du gothique qui ne me touche pas plus que ça. J’insiste, le graphisme est magnifique, les cases réalistes sont empreintes d’un charme suranné irrésistible. Je crois que je vais lire la suite (pas encore parue) !

 

« 16/20 »

 

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 08:59

 

 

           Cette courte pièce de théâtre tourne autour du pouvoir des mots. Deux amis se retrouvent après un long moment. Le premier, H.1 demande des explications au second, H.2, car il lui semble avoir ressenti une certaine distance, un certain froid vis-à-vis de lui dernièrement. H.2 le fait un peu languir avant de lui avouer : quand il s’est vanté d’un certain succès, H.1 lui aurait répondu « C’est biiien… ça ».  Après cette offense, cette blessure, H.2 aurait voulu rompre mais il n’en a pas eu « l’autorisation ». L’autorisation est donnée par un groupe de personnes non déterminé qui estime, ici, que H.2 a tendance à vouloir rompre souvent avec amis ou membres de la famille. Il est donc celui qui brise une relation « pour un oui ou pour un non ». H.1 ne se laisse pas démonter pour autant et toutes les rancœurs, les incompréhensions, les mesquineries du passé ressurgissent pour, au final, mettre un terme à cette amitié.

           A travers une joute verbale délicieuse et souvent drôle, cette pièce met parfaitement en valeur la fragilité des relations humaines, le pouvoir parfois destructeur des mots et des intonations. Elle nous renvoie à nos propres disputes qui ont malheureusement souvent pour point de départ une baliverne, un mot prononcé trop haut, une phrase lâchée trop vite.

           La pièce, créée en 1981 comme une pièce radiophonique ne nécessite aucun décor, aucun accessoire. Avant-gardiste, elle laisse toute la place au dialogue. La belle mise en scène de Jacques Lassalle est à voir ici.

 

H.2 : Il y avait entre « C’est bien » et « ça » un intervalle plus grand : « C’est biiien… ça… » Un accent mis sur « bien »… un étirement : « biiien… » et un suspens avant que « ça » arrive… ce n’est pas sans importance.

 

             Encore une participation pour le challenge théâtral d’Eimelle !

 

 

 

Bonne rentrée à tous !

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