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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 14:37

 

 

 

La lecture de cette BD avait très mal démarré, j’ai failli l’abandonner. JP et Mike sont des gars de la cité, ils se font taper dessus, réussissent parfois à cogner à leur tour, se font traiter de pédés parce qu’ils sont solidaires. La mère de Mike ne jure que par les séries télé à l’eau de rose (et c’est assez drôle, on a de temps en temps une planche de Ryan déclarant son amour à Carmilla sur fond rose… histoire de bien montrer le gouffre entre l’univers trop sucré de la télé et la jungle de la cité). Les « Putain » à gogo et les crêtes de punk m’ont donné l’impression de m’engluer dans un univers sans issue possible.

L’histoire devient sympa quand Mike annonce qu’on a découvert le cadavre du père de JP. Celui-ci se défendait des coups paternels comme il pouvait et là, il pense que le frapper avec ses chaussures lui a été fatal. Les deux types partent donc en cavale, sans destination plus précise que le centre de la France, cet endroit où on peut toujours fuir de tous côtés.

Ils rencontrent un vendeur ambulant très particulier : bourru et tolérant, Basile vend des lunettes de soleil super démodées ; ça marche parce que les gens l’écoutent jouer des airs d’accordéon. Il les embarque avec lui, va jouer le rôle du père et de confident. Et pour finir, on obtient une BD touchante, tendre et parfois fantasque. Les immenses lunettes de soleil jouent un rôle à part entière invitant le lecteur à ne pas prendre tout ça trop au sérieux. Et la chute finale confirme la dimension loufoque de ce road-movie à la française qui constitue un récit initiatique original.

J’ai donc bien aimé, ce n’est qu’à la fin de la lecture que je me suis rendue compte que le dessinateur ne m’avait proposé que trois couleurs : le vert, le bleu, le rose. Et ça fonctionne plutôt bien !

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Published by Violette - dans Lectures - BD
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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 18:10

 

C’est mon troisième livre de Decoin et le petit constat que je peux faire, c’est que les trois sont résolument différents. Si   Avec vue sur la mer nous faisait voyager sur les côtes sauvages normandes, si  Est-ce ainsi que les femmes meurent nous amène à réfléchir, à travers un meurtre sordide, sur la responsabilité des témoins, ce livre est spirituel. Didier Decoin nous raconte la vie de Jésus, depuis ses 30 ans jusqu’à sa mort. Comme le sous-titre l’indique, « Une histoire joyeuse du Christ », l’auteur nous propose une version gaie, drôle et très vivante de ses « aventures ». 

Jésus a commencé, à trente ans, à prêcher la bonne parole. D’abord accompagné de deux amis, douze apôtres vont le suivre puis une foule immense attirée par son discours mais aussi par ses actes, si prodigieux.  Vous saurez ainsi comment Jésus change en vin des jarres emplies d’eau, comment il guérit un paralytique qui se remet à marcher, comment il a su faire d’un collecteur d’impôts avide et escroc, un homme pauvre et généreux, comment il fait revenir à la vie une fillette de 12 ans plongée dans le coma, comment il multiplie pains et poissons pour ses 5000 auditeurs, comment il jugule une tempête sur le lac de Tibériade d’une voix calme et posée.

Sans vouloir convertir ou enrôler le lecteur, Decoin nous raconte de manière simple une belle histoire. Celui qui se laisse appeler Rabbi est un Jésus gourmand, parfois un brin espiègle, convivial, rieur, « aussi tenace et résistant que l’encre dont se sert le scribe pour copier la Torah. » Le rire est associé à chacun de ses miracles et ça nous change drôlement de l’austérité véhiculée trop souvent par le christianisme. Je n’ai pas appris grand-chose mais j’ai été émue par certains passages et j’ai pris un grand plaisir à livre cette version colorée d’une partie de la vie de Jésus. L’écriture de Didier Decoin m’a encore une fois charmée par sa délicatesse, sa fluidité.

« Le Mal se dépasse en mal comme pour provoquer Jésus, le déséquilibrer, l’effarer, le navrer, l’obliger à détourner son regard de cette humanité geignarde, nauséabonde répugnante. »

« les hommes vont rarement jusqu’au bout, presque toujours ils tombent avant. »

« Marie est la seule à avoir revu Jésus vivant. La seule de tout Jérusalem, et même la seule du monde entier, à l’avoir serré contre elle. Elle sent encore la pression chaude de son corps, là, contre sa poitrine et son ventre. De temps en temps, c’est plus fort qu’elle, l’émotion la submerge et elle pleure en riant. »

 

 

Je me permets de citer un extrait de l’article trouvé sur le site de Psychologies.com et consacré à la découverte de la foi de Didier Decoin :

« Ce type d’expérience relève de l’indicible. On ne voit rien, on n’entend rien. Mais un choc se produit. Le souvenir est resté dans ma mémoire plus précis qu’une photo. C’était un 8 septembre. Il était 11 heures du soir. J’avais une chambre avec un petit lavabo dans notre maison de campagne. Je me suis brossé les dents et, soudain, j’ai eu l’intuition que Dieu n’existait pas. C’était tout le contraire d’une conversion. Je suis allé vers ma table de nuit pour noter cette idée. Le temps d’arriver jusqu’à mon stylo, un renversement complet, indescriptible, s’est opéré en moi. Toujours sans rien voir ni rien entendre, me vint la soudaine conviction, non par réflexion, mais par évidence, aveuglante évidence, que ce Dieu dont je croyais pouvoir démontrer la non-existence une minute plus tôt existait. Plus, qu’il était vivant et créait entre Lui et moi une relation d’amour. »

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 19:57

Douglas Kennedy a un nom tellement passe-partout que je suis incapable de dire si je l’ai déjà lu ! En tous cas, ici, c’est en livre audio que je l’ai découvert.

On suit Jane, de son adolescence où, au cours d’une énième dispute entre ses parents, elle affirme qu’elle ne se mariera jamais et qu’elle n’aura jamais d’enfants, à sa vie d’adulte.  

Jane clame haut et fort qu’elle ne veut pas suivre le schéma de vie de ses parents et le lendemain, le père quitte la famille. Sa mère lui reprochera toute sa vie ces quelques mots qui auraient été à l’origine du départ du père. Bien sûr, ce n’est pas que cela. Mais cette soirée marquera la vie de Jane. Etudiante, elle connaîtra un amour intense et clandestin dans les bras de son professeur et directeur de thèse. Un peu plus tard, elle plaque sa passion pour la littérature pour un poste de trader, carrière  interrompue brusquement par l’annonce de la cavale de son père, devenu un escroc. Ensuite, Jane s’isolera dans une maison sur une côté canadienne pour faire de sa thèse un livre. Encore plus tard, elle acceptera un poste d’enseignante et tombera enceinte, contre sa volonté.

Tout cela paraît assez plat… et bien, ça l’est effectivement. Le récit de la vie de Jane (qui est bien tarte, avouons-le !) est bien entrecoupé de réflexions (philosophiques, sociales, sentimentales, psychologiques), tantôt intéressantes, tantôt terriblement communes mais je n’ai cessé de me demander où voulait en venir l’auteur. Nulle part je crois ! C’est un livre fourre-tout où, a-t-on bigrement l’impression, l’écrivain case de temps à autres les pensées qu’il aurait notées sur son petit calepin au courant de l’année : le bonheur, la maternité, l’héritage familial, la vie de couple, etc. Je suis donc assez déçue même si le livre audio a diverti mes trajets, je crois qu’à lire le livre je me serais beaucoup plus ennuyée.

Voilà ce que j’ai écrit après avoir écouté le premier CD… et avant de découvrir qu’il y en avait un deuxième ! oui, riez, riez !

La seconde partie du roman est bien meilleure que la première, ai-je trouvé. Du moins au début. Jane connaît une tragédie terrible, l’auteur décrit bien ses tourments, son indicible douleur, sa lente et définitivement incomplète reconstruction. Elle déambule toujours, entre Boston, Calgary, Berlin. Là où j’ai été plus sceptique c’est quand elle s’est mise à jouer l’enquêtrice et qu’à elle toute seule, elle a réussi à arrêter un tueur en série. Mon impression initiale perdure, la vie de Jane est divisée en différentes étapes et, contrairement à ce que Kennedy veut bien nous faire croire, ces étapes n’ont pas de lien entre elles. Qu’est-ce que j’ai le plus aimé ? Les quelques images de l’Amérique du Nord qui nous sont données, visions éphémères de populations, de mœurs, de paysages, de vies.

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Published by Violette - dans Livres audio
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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 15:16

C’est la première fois que je découvre le Zweig dramaturge. Comme toujours avec cet auteur, je ne suis pas déçue.

Alors que Leonore s’apprête à donner une grande fête en la mémoire de son défunt et célèbre écrivain de mari, Karl Amadeus Franck, son fils, leur fils, Friedrich, sème la pagaille. Ecrivain débutant, il refuse qu’on assimile son œuvre à celle de son père, il refuse ce lourd héritage du père parfait, il se révolte… jusqu’au moment où il fait la connaissance de Maria, dont il lui semble bien reconnaître le visage.
           Maria, cette dame désormais âgée, lui révèle un pan caché de l’histoire familiale. Elle a été la maîtresse de son père, elle a été la femme qu’il a le plus aimée. Friedrich lui est reconnaissant à la fois pour sa sincérité (lui qui baignait dans les faux-semblants et les hypocrisies) mais aussi pour cet aveu qui fait de son père un homme imparfait. Telle une œuvre initiatique, la pièce en trois actes va permettre à Friedrich de découvrir la vérité sur son passé mais également la vérité sur l’Homme.

Le style est ample et grandiloquent, les personnages dignes des tragédies grecques. Leonore est la femme trompée qui s’est façonnée un époux idéal, un modèle si parfait qu’il était craint par son entourage. Maria représente la femme de l’ombre, celle qui n’a jamais rien exigé. La fin rapproche ces deux femmes unies par le même homme.

Une belle œuvre où chaque lecteur pourra y puiser sa petite leçon de vie…

 

Friedrich à sa sœur : « tu ne portes pas sur tes épaules la plaque de marbre d’une gloire, d’une gloire étrangère. […]. Mais moi, je suis éternellement sur la place publique, éternellement surveillé, l’objet de tous les bavardages, de tous les étonnements et questionnements – ô une poignée d’obscurité, un petit coin de silence, être inconnu, anonyme, étranger, pendant une semaine, une seule semaine, avoir les épaules légères, une vie légère, ma propre vie, ma vie réelle ! »

Lorsque Friedrich découvre la vérité sur le passé de son père : « Il est ressuscité en moi, et je suis moi-même ressuscité depuis que je le connais et que je me reconnais en lui... La légende que j'avais apprise s'est éteinte, la légende que j'avais apprise à contrecœur comme font les enfants contraints... je le sens désormais dans la vie, dans sa vie et dans la mienne... Oh, comme je l'aime !... Comme je l'aime !... Oh, parlez-moi, parlez-moi de lui… »

 

15/12 pour le challenge de Bladelor !

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 10:41

Je n’ai pas pu attendre après la lecture de  L’homme qui souriait pour me replonger dans une enquête de l’inspecteur Kurt Wallander… J’avoue même avoir interrompu une autre lecture (que j’ai finalement abandonnée : le Journal d’Hélène Berr que j’ai trouvé si soporifique !).

On retrouve ici un Wallander en forme. Il semble avoir officialisé sa liaison avec Baiba, la femme de Riga (amour qui naît dans Les chiens de Riga, oui, faut suivre…), c’est l’été et il s’apprête à partir en vacances, oui mais… On l’appelle pour un cas un peu étrange : un paysan se plaint parce qu’une belle jeune femme ne semble pas vouloir quitter son champ de colza. Elle reste debout plantée en plein milieu et ça embête le type parce qu’elle écrase son colza. Wallander va voir, à contre cœur. Quand il tente de s’approcher de la jeune femme, elle s’asperge le corps d’essence… et s’enflamme comme une torche. Le mystère reste entier, les policiers ont du mal à identifier la jeune femme mais l’enquête traîne puisqu’il n’y a pas meurtre. Parallèlement à cette atrocité, on retrouve le corps d’un ancien ministre dissimulé sous une barque renversée, sur une plage. Il a été tué à coups de hache… et scalpé ! Y’a-t-il un lien entre les deux affaires ?

Les meurtres se succèdent, les enquêteurs rament sérieusement, les victimes, des hommes riches et plutôt vieux, ne semblent pas avoir de point commun. Le lecteur connaît l’assassin mais ignore, au début, son mobile. L’intrigue est encore une fois passionnante, les portraits des personnages minutieusement fouillés. On pourrait reprocher certaines répétitions, Wallander réfléchit et le lecteur assiste à ses spéculations, il revient sur ses pensées, sur ses intuitions qui le guident.

J’adore cette série, elle me coupe de tous les tracas quotidiens, je crois vraiment avoir trouvé le polar qui me convient. Il est en Suède J … tant mieux !

Une réunion, au commissariat, présidée par Wallander : « Nous sommes à la recherche du pire criminel que nous ayons jamais connu. Il a déjà commis trois meurtres violents. Nous savons que c’est le même homme. Mais nous ne savons rien de plus. En dehors du fait qu’il risque fort de frapper à nouveau. »

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 18:56

Je me réjouissais tant à l’idée de lire ce deuxième opus que je n’ai même pas eu peur d’être déçue. J’avais bien raison, cet album est un bonheur, une folie des grandeurs, une plénitude extrême.  Quoi ? grand format, grands mots.

Alors qu’on avait laissé petit Charles voler de ses immenses ailes de dragons, parcourir le monde à coups de vers et de rimes, on le retrouve très en forme, en vrai globe-trotter, mais avec un souci qui le turlupine: il est seul et recherche un ami. Antoinette, la coccinelle, lui propose la sienne, d’amitié. Mais Charles se fout d’elle, elle ne vivra que deux ans maximum, et lui qui est parti pour quelques siècles d’existence, que peut-il en faire ?

Quittant les pays froids, il s’aventure dans les contrées chaudes quémandant quelque amitié. Notre ingénu se fait avoir : il tombe sur le cyclope, Polyphème lui-même, qui lui rit au nez quand il entend parler d’amitié. Il lui demande de traire ses brebis avant de le manger tout cru ! Devinez qui vient sauver Charles ? ce n’est pas une mais des dizaines de coccinelles qui viennent tourmenter l’unique œil de l’énorme cyclope jusqu’à ce que Charles puisse s’envoler. Charles a compris la leçon, les grands amis ne sont pas forcément grand en taille et à son tour, il va sauver les coccinelles grâce à un gros crachat enflammé.

Succès garanti à la maison. Ce qui est super avec nos chers deux auteurs (et je l’avais déjà dit pour le premier tome) c’est que le parent prend autant de plaisir que l’enfant à cette lecture. Ma fille a aimé le cyclope qui ne lui a pas fait peur du tout (et c’est la première fois qu’elle en voyait un !), ce qui ne l’a pas empêchée de faire un gros câlin à l’œil de Charles en dernière page … et mon fils a vraiment apprécié le passage où Charles doit traire la brebis avant de passer à la casserole. Tout deux ont aimé ce nouveau surnom, Charly Charlot, et pour ma part, retrouver le géant de L’Odyssée aux prises avec notre dragonnet d’amour a été délectable !

Que dire de plus ? s’il y a un album à acheter (pas à emprunter, à se procurer d’une manière obscure… et non, les auteurs ne m’ont pas –encore !- payée !), donc s’il ne devait y avoir qu’un album à acheter, c’est celui-ci qu’il faut choisir.

Et à la maison, les deux albums grandissimes l’un à côté de l’autre sur les étagères de la salle de jeux, ça a quand même sacrément de la gueule !

 

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 21:07

   

Je poursuis ma découverte de Courteline, après  La peur des coups et  Monsieur Badin, voilà encore une courte pièce destinée à rire.

            Des Rillettes arrive chez les Boulingrin qu’il a connu chez des amis communs. Il se fait une joie de les revoir, découvre avec plaisir un intérieur confortable, interroge la bonne, Félicie, à leur sujet, et compte bien profiter de leur aimable accueil. Lorsque le couple entre dans le salon, les espoirs de Des Rillettes tombent en miettes, les Boulingrin se disputent comme chien et chat, prennent leur invité à témoin, se font concurrence. Des Rillettes qui pensait être dans un « bain de sirop de sucre » dans la maison, en prend pour son grade. Il tombe brutalement sur ses fesses car mari et femme se battaient l’avantage de lui avancer une chaise, il se fait pincer, frapper, on le force à avaler de la soupe qui contiendrait de la mort aux rats…

C’est un peu Martine et Sganarelle version plus pêchue avec un témoin malheureux au centre de la dispute qui se prend tous les coups. On rit beaucoup ! La brièveté de la pièce fait penser à la nouvelle dans le genre narratif, c’est rapide, condensé et rythmé et l’auteur va droit au but. Du vaudeville à l’état pur !

 

Mme Boulingrin, empressée - Prenez ce coussin sous vos pieds.

Des Rillettes -Merci beaucoup.

Boulingrin, que la civilité de sa femme commence à agacer, et qui fourre un second coussin sous le premier - Prenez également celui-ci.

Des Rillettes -Bien obligé.

Mme Boulingrin, qui ne saurait, sans déchoir, accepter de son mari une leçon de courtoisie - Et celui-là.

Elle glisse un troisième coussin sous les deux autres.

Des Rillettes- En vérité...

Boulingrin, armé d'un quatrième coussin - Cet autre encore.

Des Rillettes- Non.

Mme Boulingrin- Ce petit tabouret.

Des Rillettes, les genoux à la hauteur de l'oeil - De grâce.

Boulingrin - Eh ! laisse nous tranquilles avec ton tabouret !

Exaspéré, il envoie un coup de pied dans la pile de coussins échafaudée sous les semelles de des Rillettes. Les coussins s'écroulent, entraînant naturellement, dans leur chute, la chaise de Des Rillettes, et des Rillettes avec.

Tu assommes M. des Rillettes.

Des Rillettes, les quatre fers en l'air - Quelle idée.

Mme Boulingrin- C'est toi qui le rases.

Boulingrin, avec autorité - Allons, tais-toi !

Mme Boulingrin- Je me tairai si je veux.

Boulingrin - Si tu veux ?

Mme Boulingrin- Oui, si je veux.

Boulingrin - ... de Dieu !

Mme Boulingrin - Et je ne veux pas, précisément.

Boulingrin - C'est trop fort !... Coquine !

Mme Boulingrin- Cocu !

Boulingrin - Gaupe !

Mme Boulingrin- Gouape !

Boulingrin - Quelle existence !

Mme Boulingrin- Je te conseille de te plaindre. (A des Rillettes.) Un fainéant doublé d'un escroc, qui ne fait œuvre de ses dix doigts et se saoule avec l'argent de ma dot : les économies de mon vieux père !

Boulingrin, au comble de la joie - Ton père ! ... (A des Rillettes.) Dix ans de travaux forcés pour faux en écritures de commerce.

Mme Boulingrin- En tout cas, on ne l'a pas fourré à Saint-Lazare pour excitation de mineure à la débauche, comme la mère d'un imbécile que je connais.

Boulingrin, à Des Rillettes - Vous l'entendez ?

Des Rillettes -Ne trouvez-vous pas que le temps s'est étrangement rafraîchi depuis une quinzaine de jours ?

Boulingrin, à sa femme - Ne me force pas à révéler en l'infection de quel cloaque je t'ai pêchée de mes propres mains.

 

14/12 pour le challenge de Bladelor !

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 22:20

 

Mais quel bonheur retrouver Kurt Wallander ! J’avais adoré La Lionne blanche, et L’homme qui souriait fait partie de ces livres qu’on a du mal à lâcher… ceux auxquels on pense même au boulot, en voiture, en faisant les courses… qu’on a hâte de retrouver !

Kurt Wallander, parce qu’il a tué un homme, a passé un an à déprimer, à cogiter, à se morfondre. Il n’est pas prêt à retrouver son travail de flic, il se sent vieux, en mauvais état et plus seul que jamais. Seules les plages danoises de Skagen lui redonnent un peu le goût de vivre. Survient un jour une vieille connaissance, Sten Torstensson, un avocat, qui vient lui demander de l’aide. Son père, avocat aussi, est mort dans un accident de voiture une nuit de brouillard. Sten ne croit pas à la thèse de l’accident, son père était trop prudent sur la route. Il aimerait que Wallander enquête. La réponse du policier est claire : «  Malgré tout le désir que j’en ai, je ne peux rien faire pour toi. Je peux t’écouter en tant qu’ami. Mais, professionnellement, je n’existe plus. Je ne suis même pas flatté que tu aies fait tout ce chemin pour me parler. Je suis juste lourd, fatigué et triste. »

Pourtant, de retour chez lui, à Ystad, en Suède, et s’apprêtant à signer les derniers papiers signifiant sa démission, Wallander tombe, dans le journal, sur l’annonce de décès de … Sten Torstensson ! L’avocat a été tué d’une balle dans la tête, dans son bureau. Pour Wallander, il n’y a plus de choix : il reprend le boulot, à la surprise de ses collègues.

L’enquête va le mener dans le château d’un milliardaire très respectueux. Il va souvent s’accompagner d’une jeune policière, Ann-Britt Höglund dont on n’entendra sans doute parler dans la suite de la série… mais il fera aussi souvent bande à part, comme à son habitude. Il continuera à se fier à son instinct et mènera à bien cette passionnante enquête.

Je ne vais plus attendre des mois pour poursuivre les aventures de ce sympathique policier, il me tarde d’en lire plus !

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 20:58

Ce n’est pas tous les jours qu’on m’offre un livre audio (merci Audiolib et Télérama !)… celui-là fut le premier de l’année scolaire à pénétrer dans l’antre de mon lecteur CD de voiture.

C’est court, disons-le tout de suite :

-          « La baie de Hanalei » (lecture d’une nouvelle de 50 minutes) : une mère japonaise se rend sur la baie de Hanalei pour identifier le corps de son fils, surfeur, dont la jambe a été dévorée par un requin et qui est mort noyé. Ce décès ne semble pas la toucher tant que ça mais elle met un point d’honneur à passer ses vacances à cet endroit, tous les ans. On finit par apprendre que deux jeunes surfeurs ont vu le fantôme du fils décédé sur la plage…

-         « Les Crabes » (durée : 17 minutes) : un couple d’amoureux passe quelques jours de rêve à Singapour, baignades, shopping, amour,… la cerise sur le gâteau, c’est ce restaurant spécialisé dans les plats de crabe que la jeune femme a trouvé et qu’elle a su, d’instinct, reconnaître comme excellent. Ils mangent donc du crabe à gogo tous les soirs… jusqu’au dernier où le jeune homme vomit tout ce qu’il a dans le ventre. S’ensuit une réflexion psycho-existentialiste que j’ai eu du mal à comprendre : pour lui, quelque chose avait changé ce soir-là, il ne pouvait se résoudre à voir sa compagne dormir alors qu’il était au plus mal…

Pour faire vite, je dirais que la lecture (ou l’écoute !) de ces deux nouvelles est loin d’être indispensable, je la trouve même plutôt dénuée d’intérêt. J’y ai trouvé ce que j’aime le moins chez Murakami : un style assez plat et un appendice de réflexion qui frôle la dimension métaphysique en titillant du bout du doigt une hantise de fin du monde. Ayant déjà été déçue par 1Q84, me voilà donc peu enthousiaste à l’idée de lire un autre Murakami !

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Published by Violette - dans Livres audio
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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 13:38

Vous avez toujours rêvé de tout savoir sur la tuberculose ? cet album vous donnera toutes les réponses !

1906. François, jeune homme frêle de 21 ans,  est atteint de « tuberculose silencieuse ». Son père, homme riche, l’envoie se faire soigner dans un sanatorium du nom de « Royal Aubrac ». Ayant une passion pour le dessin, François espère ne rester que trois mois dans cet établissement où il ne côtoie que des tuberculeux. Mais le grand professeur Dr Raynal voit les choses autrement : son cas est grave, les soins du sanatorium sur de nombreux mois s’imposent. François se lie d’amitié avec Warren dont le stoïcisme l’aide à supporter les quintes de toux, la souffrance et les nuits peuplées de cauchemars.

L’album emprunte deux voies :

Nous avons d’abord un aperçu saisissant de la médecine du début du XXème siècle. Les poumons des patients auraient besoin d’air froid, ils passent donc au moins deux heures allongés sur le balcon, emmitouflés dans de chaudes couvertures, respirant l’air glacial. Ingurgiter une douzaine de jaunes d’œuf crus le matin serait également très bénéfique. Des soins sont donnés, des traitements établis mais on sent bien que les médecins pataugent car rien ne semble efficace.

Ensuite, il y a la dimension philosophique. Si ce microcosme est hanté par la mort, les malades arrivent à vivre, ils ont leurs peines, leurs joies, leurs doutes, leurs histoires d’amour… et par là, ce petit monde ressemble bigrement à notre vaste monde ! Certains résistent, on ne sait trop pourquoi, d’autres sont envahis par la maladie. Le dessin, la passion de François, prend de plus en plus de place puisqu’à la fin de l’album, Warren accepte de poser nu pour son ami.

Les illustrations m’ont plu, le décor est planté dès le début, je n’ai d’ailleurs pas cessé de penser à La Montagne magique de Thomas Mann. Ce monde d’en haut, ce monde à part représenté par cette imposante bâtisse attire et en même temps, fait froid dans le dos. Les pensionnaires sont privilégiés par leur immense fortune (résider au « Royal Aubrac » a évidemment un coût) mais largement lésés par leur maladie, qu’on considérait encore, au début du XXème siècle, comme une punition d’un péché qu’on aurait pu commettre…

Qu’en est-il de la suite ? Je crois que le tome 2 n’existe pas encore mais je lirai certainement. J’explique ma note que j’ai un peu baissée par rapport à ma première évaluation… le thème est tristounet voire très glauque (je crois que j’ai été plus écœurée par les 12 jaunes d’œufs à gober tous les matins que par les rouges crachats des pensionnaires !) et je n’ai pas trop compris où voulaient en venir les auteurs… mais on le saura sans doute au prochain épisode ! J’en rajoute une couche mais voilà encore un album où il faut soit avoir des yeux de pilote de chasse, soit se munir d’une bonne loupe… pour pouvoir lire les dialogues… grrrrrr !

» 16/20 »

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