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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 12:38

 

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            Je n’avais jamais rien lu de Zep depuis Titeuf qui a bercé mon enfance et mon adolescence (ok, j’exagère un peu là).

            Ils sont trois copains, Yvan, JB et Frank, à retrouver leur pote Sandro dans la banlieue chic de Londres. Vingt ans auparavant, ils formaient un groupe de rock. Suite à un nez cassé et quelques mésententes bénignes, le groupe s’est disloqué et Sandro a fait carrière seul. Il côtoie désormais les plus grands noms de la chanson. Les quatre hommes se remémorent leur jeunesse délurée. Frank, le bourrin de la bande, est le spécialiste du divorce. JB s’est rangé, il bosse dans les surgelés, il est marié et a deux filles. Yvan a du mal à s’engager, il n’arrive pas à franchir le cap de la paternité et sa compagne Béa n’est pas loin de lui claquer la porte au nez. Quant à Sandro, malgré les fastes, le succès et le luxe, il souffre de la mort de son fils, Paul. Sa femme, Annie, qui est aussi l’ex d’Yvan, est dépressive depuis l’accident fatal, survenu un an plus tôt.

            Quelques verres, quelques bourdes, quelques souvenirs mettent à jour un secret lourd à porter pour Sandro et Annie. Si l’amitié est mise à mal quelque temps, leurs relations quasi fraternelles en sortiront renforcées. Cet album porte bien son nom, c’est bien une histoire de mecs qu’on nous conte ici, et qui dit mecs, dit filles ! Quand on sait que Zep manie bien la guitare et faisait partie d’un groupe de rock dans sa belle jeunesse, on imagine sans peine la part autobiographique de cet album. Ça se lit bien, c’est plutôt léger malgré le sujet grave qui est peu traité finalement. La redondance des contours vaporeux de chacune des cases associés aux couleurs pastel –je crois que j’aurais aimé des couleurs un peu plus rock !- m’a un peu lassée mais je dis ça pour chipoter, j’ai passé un bon moment en cette jolie compagnie mâle…

 

« 16/20 »

 

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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 17:49

 

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           Merlin est un dessinateur et auteur de BD même si son véritable gagne-pain consiste à dessiner passéridés, fringillidés et autres oiseaux pour une encyclopédie. Approchant de la soixantaine, il vit avec la jolie et sémillante Prune. Ensemble, ils ont acheté une maison à la campagne – un achat de coup de cœur dans une ancienne demeure où tout est à refaire, où on peut attendre le plombier des semaines et des semaines, mais qui, pourtant, a un charme fou. Une nouvelle vie commence, loin du tumulte parisien, jusqu’au jour où Merlin apprend la douloureuse nouvelle : son ami et ancien voisin, Laurent, est mort. Il perd un excellent copain mais également sa muse : c’est de Laurent que Merlin s’est inspiré pour croquer et faire vivre Jim Oregon, le héros de sa série BD Wild Oregon, un cow-boy téméraire et mutique. Pour en rajouter une couche, Laurent demande dans une dernière lettre à ce que son double, Jim, trouve l’amour, et qu’il le fasse mourir de manière plus héroïque que l’a été sa propre mort. Laurent est déboussolé, il ne sait que faire de ces requêtes qui mettraient un terme à sa série BD.

         Même si les premières pages semblent choisir cette belle maison de campagne un peu décrépite comme personnage principal, il faut bien admettre qu’elle ne constitue plus l’unique centre d’intérêt vers le milieu du roman. Et je dirais même que c’est tant mieux. Merlin est un personnage terriblement attachant et ses héros de BD le sont tout autant. Marie-Sabine Roger a réussi l’exploit de créer deux œuvres en une. Elle nous plonge dans le travail du dessinateur, nous permet de l’accompagner dans ses réflexions, ses doutes, ses pages blanches, ses moments d’enthousiasme et d’excitation. Car Laurent, en formulant ses derniers vœux met la barre haute : Merlin ne peut transformer sa série western en mièvre amourette et il ne veut pas non plus condamner sa série qui lui permet, doucettement, de connaître un joli petit succès.

          Cette lecture enchante, redonne le sourire, pétille de vie sans pourtant être mièvre ni trop sucrée. Elle m’a repêchée après une panne de lecture et deux, trois expériences livresques ratées. Le roman gagne en intensité au fur et à mesure qu’on tourne les pages mais aussi en pureté et en maturité. C’est bon, c’est léger mais pas trop, c’est doux et vif !

 

« Chaque mort d’un ami est une lampe éteinte, qui rend notre chemin un peu plus hasardeux. »

« ce sont les femmes qui font les hommes, du début à la fin de leur vie. De leurs victoires à leurs pertes, de leur pouvoir à leur chute. Toutes celles qui ont coupé dans notre trajectoire, ou qui nous ont accompagnées. Celles qui ont dormi dans nos bras. Celles, qui ont pleuré de notre violence ou qui ont ri de nos maladresses. Celles qui ont consolé nos chagrins, nous ont galvanisés aux veilles des compètes, ont applaudi sur la ligne d’arrivée. Ce sont les femmes qui nous choisissent, en se laissant choisir par nous. Et ce sont elle qui nous laissent. »

« Dans une bonne BD fidèle aux lois du genre, il faut une morale qui fasse rêver les gens. Le brave est éternel. La vérité triomphe. Les truands sont châtiés, les traites confondus, les voleurs démasqués, les criminels punis. Tout l'inverse de la vraie vie. »

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 11:05

 

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             La narratrice part vivre une aventure hors du commun : installée dans un abri moderne, une sorte de cylindre arrimé à une paroi rocheuse d’où elle ne peut descendre qu’en rappel, si j’ai tout bien compris, elle a décidé de vivre en autarcie, de découvrir la nature environnante, de repousser ses limites physiques et d’explorer de nouvelles contrées mentales… Tout va doucement basculer le jour où elle découvre, de très loin, un bout de laine avec un bras dedans. Elle ne serait donc pas la seule présence humaine dans le coin ! L’être rustre, bestial qu’elle va rencontrer a l’apparence d’un moine : un crâne chauve et une bure. Après avoir joué quelque temps au chat et à la souris, les deux êtres vont communiquer, s’apprivoiser mais le jeu qui avait poussé l’héroïne à s’isoler est donc tronqué : elle n’est plus seule…

             Je regrette une chose : ne pas encore être capable d’abandonner une lecture qui me déplaît. Je me réjouissais pour celle-ci, le thème me seyait parfaitement mais dès les premières pages, l’écriture m’a chiffonnée avant de m’agacer pour finir par me gonfler totalement. On ne sait pas pourquoi la narratrice (dont on ne connaît rien !) mène réellement cette aventure, elle a un côté plutôt obséquieux quand elle affirme vouloir fuir les ingrats, les imbéciles, les envieux. Si elle nous livre quelques détails techniques et matériels (la nourriture qu’elle a apportée, les caisses de rhum qu’elle n’a pas oubliées, le potager qu’elle a créé et surtout, surtout, un vocabulaire archi pointu ayant trait à l’alpinisme), on ne sait pas qui elle quitte, quels sont ses moyens de communiquer avec le reste du monde, combien de temps elle reste, où elle est exactement et surtout quels sont ses sentiments, ses espoirs, ses doutes, ses craintes… mon dieu, que c’est froid et impersonnel tout ça ! Quelques questionnements métaphysiques que je n’ai absolument pas compris closent souvent les petits chapitres : « Le menace pourrait-elle être une contrainte forte et la promesse une contrainte douce ? » ou « La promesse est-elle la méthode elle-même ? » ou encore « Je me demande si on peut s’exercer à l’événement. A ce qui arrive, au monde.» ou enfin « A quel jeu pourrait-on jouer avec un idiot ? »

              Bref, un bide total pour ma part. Une lecture- perte de temps. Je ne me lasserai pas de vous recommander le très authentique, pur et vrai Sauvage par nature de Sarah Marquis.

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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 14:32

 

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           Ancienne danseuse et plutôt fan de tout ce qui touche de près ou de loin à la danse classique, j’avais hâte de lire cet album.

           Polina est une Russe, une fillette au début de l’histoire, une petite danseuse très douée à qui on a toujours appris la rigueur, l’effort, la souffrance sans la montrer. Elle entre à l’académie de danse sous la houlette de Pojinski, un prof dur et craint des élèves. Mais c’est elle qu’il choisira pour le solo qu’il a entièrement pensé et chorégraphié. Pourtant, Polina s’échappe pour se rendre, avec ses amis danseurs, dans la troupe de Laptar, un chorégraphe contemporain. Elle connaîtra l’amour mais ne sera toujours pas satisfaite d’elle-même et de son travail. Enfin, elle fuira une énième fois pour créer de toutes pièces un spectacle original, à Berlin, avec deux types qu’elle connaît à peine. Succès et reconnaissance ne lui feront pas perdre la tête mais retrouver son ancien mentor, Pojinski, des années plus tard, dans un tête-à-tête serein et pacifiste.

        La danse est un univers qui me parle, c’est pour ça que, ce qui m’a surprise dans la première moitié du livre, c’est l’absence de plaisir, l’absence de passion. Polina est un pantin qui obéit (parfaitement) aux ordres et il lui faudra du temps, quelques expériences bonnes et mauvaises pour savoir ce qu’elle veut, s’émanciper et se libérer de l’opinion des autres. Pour prouver à tous qu’elle peut être à la fois une danseuse classique et contemporaine, pour montrer que la danse peut cohabiter avec d’autres arts comme le théâtre. Dans ce récit initiatique que j’ai adoré, ce qui m’a finalement le moins plu – et ça me désole- c’est le dessin âpre de Bastien Vivès, les cases en noir et blanc, son trait épais et stylisé que j’ai réussi petit à petit à apprivoiser mais pas complètement. Cette lecture, reste, cependant, une très belle découverte !

 

« La danse c'est de l'art, il n'y a pas d'adversaire et il n'y a pas de partenaire. »

« Les gens ne voient pas ce qu’on ne leur montre pas. »

« L’émotion doit être contenue et maîtrisée. Une personne qui ne sait pas gérer ses émotions ne m’intéresse pas. »

 

"17/20"

 

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 21:27

 

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          Aaliya Saleh a 72 ans, elle vit seule dans un appartement miteux à Beyrouth. Mariée à 16 ans à un homme qu’elle détesta tout de suite, elle fut répudiée quatre ans plus tard. C’est dans les livres que notre vieille dame s’épanouit, à travailler dans une librairie, à lire et surtout à traduire les romans de ses auteurs fétiches en cachette. Dans une ville peu fiable et bruyante, à une époque instable et dangereuse, Aaliya nous livre ses pensées et ses souvenirs : une famille détestée, une amie qui lui manque, un ami devenu terroriste, une couleur de cheveux ratés, sa solitude si chérie, sa technique pour se calmer après avoir vu un cadavre, « domaine dans lequel tous les Libanais deviennent experts ».

           Si j’ai aimé cette lecture, cette bonne femme incroyable, ses abondantes références littéraires, cette ville dense, brutale et colorée qui est un personnage à elle tout de seule, je me suis aussi parfois ennuyée. Pour ma défense, j’ai lu le livre comme un roman. Or, je crois vraiment qu’on y gagnerait à y piocher chaque jour une pensée par-ci, quelques réflexions par-là, deux ou trois digressions un autre jour. Car on apprend beaucoup de cette vieille solitaire ermite qui sait sonder le monde de son regard drôle et pénétrant.

 

« Pourquoi aurais-je voulu être stupide comme tout le monde ? Puis-je admettre qu’être différente des gens normaux était ce que je recherchais désespérément ? Je voulais être spéciale. J‘étais déjà différente : grande, pas séduisante, tout ça. Mon  visage aurait eu du mal à lancer un seul canoë. »

« Je peux comprendre Marguerite Duras bien que n'étant pas française et n'ayant jamais été follement amoureuse d'un Asiatique. Je peux vivre dans la peau d’Alice Munro. Mais je ne peux pas comprendre ma propre mère. »

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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 12:10

 

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             Il me tardait de découvrir cet auteur et de vérifier ses qualités tant vantées par certains.

            Dans un recueil de trois nouvelles, Marcus Malte évoque l’enfance et l’adolescence :

            Dans « Le Fils de l’étoile », le narrateur revient sur ses souvenirs : enfant, Mestrel, se retrouve envoyé par ses parents en colonie de vacances. Il déteste ça car il y est raillé et humilié à la fois par les autres enfants mais aussi par les moniteurs… jusqu’au jour où il est fait la connaissance de François. François lui assurera protection et amitié. Lorsque Bénardier qui s’était vertement moqué de Mestrel, mourra empoisonné par des champignons, le garçon ne se méfiera pas. Lorsque, l’été suivant, la mono qui se foutait de Mestrel disparaît avant de se retrouver au fond d’un puits, Mestrel s’interroge.

            Dans « Des noms de fleurs », quatre amis qui se sont donné des surnoms de fleurs, luttent à leur manière pour l’écologie et la sauvegarde de la planète. Ils décident, simplement, d’offrir leur vie à leur combat. Nous assistons à leurs dernières minutes de vie.

Dans la dernière nouvelle intitulée « Le père à Francis », c’est par la voix d’un gamin de banlieue marseillaise qu’on découvre la vie d’un homme extraordinaire qui s’est battu pour que des gamins se retrouvent autour du foot. Ou comment décrire les aspects les plus positifs d’un sport fédérateur et salvateur…

             A travers ces trois textes, c’est le pouvoir de la jeunesse qui est mis en lumière : une jeunesse dont il faut se méfier, une jeunesse bien plus forte et reconnaissante qu’il n’y paraît, une jeunesse courageuse. Au service de ce thème commun une langue magnifique, élégante, puissante. Elle traduit parfaitement la rencontre entre des forces antinomiques : la vie et la mort, le sublime et le grotesque, le trivial et le rare. Comme je suis contente d’avoir découvert cet auteur !

 

Première nouvelle : François est l’ange gardien de Mestrel : « Ce qui, pour moi, aurait dû être un véritable calvaire, fut un véritable bonheur. J’étais grisé. La tête m’en tournait. François courait à mes côtés et on pouvait voir sur nos deux visages la même expression d’ivresse radieuse ; Ni le vent ni la pluie qui nous cinglaient ne pouvaient rien contre ça. Notre joie grondait plus fort que le tonnerre. »

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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 16:25

 

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             Paris, mars 1933. Violette est une jeune femme en mal d’aventures, d’argent, de folies en tout genre. Elle aime raconter des bobards, dire que ses parents sont pleins aux as, qu’elle est elle-même une star… à chaque interlocuteur son mensonge. Avec son amie Maddy, elles sillonnent les rues de Paris, draguent tout ce qui leur tombe sur les lèvres. En réalité, papa est cheminot, maman reste à la maison et tous deux ont toujours couvé leur unique enfant. Tous deux ont toujours cru à ses tromperies. Violette aimerait tellement avoir plus d’argent, s’enfuir dans le Sud avec son dernier flirt qu’elle apprécie un peu plus que les autres… Elle tente une première fois d’éliminer ses parents en mettant le feu dans leur appartement. Ça ne fonctionne pas ; en août 1934, rebelote : cette fois la boisson qu’elle leur fait ingurgiter est un poison qui tue le père et cloue la mère à l’hôpital quelque temps… La presse s’empare de l’affaire, Violette est surnommée « Le monstre en jupon » avant d’être condamnée à la peine de mort. Graciée, elle demandera pardon à sa mère qui lui accordera bien plus tard. Elle finira par croupir en prison bien moins longtemps que ce qui était prévu au départ et bien peu de temps pour un homicide (une bonne dizaine d’années)

           Quelle histoire ! Quelle femme machiavélique ! Avec son visage angélique, Violette manipule, trompe et corrompt son monde. Ayant d’abord accusé feu son père d’inceste, elle se rétracte et finit par regretter son crime… mais bon sang, on a du mal à croire à ses repentances alors quelle s’est acharnée à vouloir supprimer ses parents ! Le dessin de Camille Benyamina m’a complètement séduite, les traits réalistes se marient parfaitement avec des couleurs plus oniriques qui nous projettent dans le Paris des années 30. La dessinatrice a rendu la meurtrière belle et sensuelle jusqu’au bout de l’histoire qui s’arrête à sa sortie de prison.

            Figurez-vous que cette BD m’est tombée du ciel ou plus exactement dans ma boîte aux lettres un beau matin de décembre. Et cette BD faisait partie d’un colis qui contenait plein d’autres lectures et adorables surprises. Et tout ça, je le dois à notre chère Noukette nationale, j’avais eu l’immense chance de gagner le concours de son blog’anniversaire ! Alors MERCI encore Noukette, quel talent pour être tombée aussi juste ! (et merci à A_girl_from_earth qui m’a cédé sa place !... ne serais-tu pas un peu maso ??)

« 18/20 »

 

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 15:39

 

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           Après la mort de Mankell, il y a maintenant plus d’un an, j’ai eu du mal à retourner le lire. Là, retrouver mon auteur de polars préféré était devenu un besoin.

          Un policier de 37 ans, Stefan Lindman, est à un tournant de sa vie : il apprend qu’il a un cancer. Au même moment, il découvre qu’un de ses anciens collègues, Herbert Molin, est retrouvé mort dans des circonstances terrifiantes. Parce qu’il faut bien qu’il s’occupe pendant son arrêt maladie, Stefan décide d’aller rejoindre la scène du meurtre, à l’autre bout de la Suède. Bon gré mal gré, les enquêteurs de la province du Härjedalen l’intègrent à l’affaire. En parallèle, comme le lecteur en sait toujours un peu plus que les protagonistes chez Mankell, on suit cet Argentin venu en Suède pour accomplir une vengeance qu’il souhaite depuis la Seconde guerre mondiale. Car Herbert Molin était un nazi qui a soutenu Hitler et a continué à alimenter ses théories.

            Vont entrer en scène : la fille de la victime belle à faire perdre la tête à ses interlocuteurs, un voisin trop curieux qui ne va pas survivre longtemps, la petite amie de Stefan qui ne comprendra pas cet engouement pour une enquête si lointaine et  … des nazis à la pelle !

            Il est bien étrange de lire un policier de Mankell sans que Kurt Wallander soit présent. Pourtant, Stefan est une sorte de fils spirituel : mêmes ronchonnements, même vision sceptique de l’existence. Le style harmonieux de Mankell, son imagination débordante, sa passion pour la précision, pour le détail juste, m’impressionneront toujours. Bien plus qu’un roman policier, le livre réfléchit, s’interroge, respire, sent, vit ! Oui, fan je suis, fan je resterai. Il me reste encore quelques lectures à savourer.

Que va faire Stefan en attendant sa radiothérapie ? « Il avait presque fait le choix de Majorque, quand la pensée de Molin vint le hanter. Soudain, sa décision fut prise. Il n’allait pas se rendre à Majorque. Là-bas, il ne ferait qu’errer sous le soleil en ruminant les événements précédant son départ et ceux qui le guettaient après son retour. Dans le Härjedalen, sa solitude ne serait pas moindre, puisqu’il ne connaissait personne là-bas. Mais au moins son activité serait sans lien avec sa propre personne. »

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 15:29

          Selon la tradition, je me permets de vous livrer un petit florilège de mes lectures 2016 préférées.

Romans et récits :

Les Indociles de Murielle Magellan : 1ère lecture de l'année et 1er coup de cœur!

Orages ordinaires de Boyd

7 années de bonheur d'Etgar Keret

L'Intérêt de l'enfant de Ian McEwan

Un vent de cendres de Collette

La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier

Les échoués de Pascal Manoukian

La renverse d'Olivier Adam

Envoyée spéciale de Jean Echenoz

Celle que vous croyez de Camille Laurens

Louis XIV et le grand siècle de Saint Bris

Le roi n'a pas sommeil de Cécile Coulon

La carrière du mal de Galbraith

Les portes de fer de Grondahl

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur d'Harper Lee

Intérieur nuit de Pessl

La part des flammes de Nohant

Villa Amalia de Quignard

La succession de Dubois

Sauvage par nature de Sarah Marquis

L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir de Montero

Tout ce qu'on ne s'est jamais dit de Ng

BD :

Au revoir là-haut de Lemaitre et de Metter

Trois ombres de Pedrosa

L'arabe du futur 2 de Sattouf... le 3 m'attend toujours!

Les cahiers d'Esther de Sattouf

Les beaux étés  tomes 1 et 2 de Zidrou et Lafebre

Emmett Till de Floc'h

Rouge comme la neige de De Metter

Zaï zaï zaï zaï de Fabcaro

L'adoption de Zidrou et Monin

Figurec de De Metter

Monsieur désire? de Hubert et Augustin

 

Théâtre : mes lectures furent trop rares...

Cyrano de Bergerac par Le Grenier de Babouchka :  La pièce que j'ai préférée parmi toutes celles que j'ai vues... dans ma vie !

 

Jeunesse :

Les Carnets de Cerise 4  de Chamblain et Neyret... à quand la suite?

A copier cent fois de Dole

Livres audio :

La garçonnière d'Hélène Grémillon

... et je n'oublie pas de vous souhaiter une excellente année 2017, qu'elle vous illumine, vous parfume de bonnes nouvelles, vous honore d'excellents moments et vous file une pêche de tous les diables!

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Published by Violette - dans Fait maison
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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 14:30

 

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          Je n’ai jamais autant attendu un livre, cela fait des mois qu’il m’était réservé à la bibliothèque et à lire les avis dithyrambiques des collègues blogueurs, qu’est-ce que j’avais hâte de le lire… et pourtant…

          L’auteur-narrateur est une femme, Lili, qui n’a pas froid aux yeux. Elle quitte sa Provence pour rejoindre l’Alaska avec une unique idée en tête : pêcher. C’est sur la petite île de Kodiak, pas loin du bout du bout qu’elle fait tout pour apprendre à pêcher, à manier les palangres, à porter les baquets, à travailler les épissures, à couper et vider les poissons, … à faire l’homme dans un milieu d’homme. Pour se faire une place, elle se doit d’être excellente, de vaincre la douleur et la faim.  Elle ne cherche ni le confort ni le calme mais les sensations fortes, dormir à même le sol, se salir, en baver, souffrir. Parmi tous ces marins, un seul sort du lot pour elle : Jude, l’ « homme-lion », ce « grand marin » pour qui elle est capable de faire de petites concessions. Leur amour sera à l’image de la relation de la femme avec la mer : violent, puissant, animal.

          J’ai adoré cet ailleurs incroyable, cette vie à Kodiak, le travail du pêcheur, si admirablement décrits que l’authenticité transpire à travers les mots. C’est assurément une femme incroyable que cette « runaway », cette « bête coureuse des routes ». Si je respecte son choix et son mode de vie, j’ai été étonnée de ne rien apprendre sur les raisons de sa fuite de France, j’ai été perturbée par la dimension sacrificielle (quasi suicidaire !) de son choix, elle veut être l’homme, gomme totalement sa féminité (sauf avec son amoureux, dans la deuxième partie), gagne moins qu’un homme. J’ai été lassée par l’aspect répétitif des sorties en mer, des retours marqués par les beuveries, les sorties, les retours, la peur de ne pas pouvoir embarquer… par les prénoms masculins qui se bousculent, par ce trop-plein dans l’extrême que je n’ai finalement pas tellement compris. L’écriture est, comme la personnalité de Lili, vive, sèche, sans concession. Un roman d’apprentissage à la dure.

 

 A méditer : « Jusqu’à ma mort, je suis invulnérable. »

« Je voulais être avec eux toujours, que l’on ait froid, faim, et sommeil ensemble. Je voulais être un pêcheur. »

« Nous travaillons en pleine lumière. Elle lèche nos pommettes, brûle nos fronts, dessèche nos lèvres. Elle dévore nos visages. Simon chantonne. Jude impassible a le front baissé sur sa palangre. Des phoques sont allongés sur les rochers. »

« J’ai peur des maisons, je lui dis un jour, des murs, des enfants des autres, du bonheur des gens beaux et qui ont de l’argent. »

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