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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 20:32

 

Résultat de recherche d'images pour "chandler le grand sommeil folio"

 

          Certains vont êtres fiers de moi, j’ai réussi à abandonner une lecture. Bon, j’aurais préféré que ce ne soit pas un Raymond Chandler…

           Le charmant détective de 33 ans, Philip Marlowe, est amené à enquêter dans une famille très huppée au sujet de la disparition d’un prétendant de l’une des jeunes filles. Dans cette famille, le père est en chaise roulante, pas loin d’agoniser et ses deux filles orphelines de mère, font tout et n’importe quoi de leur corps et des sous du père.

          Cela fait des années que je veux lire Raymond Chandler considéré comme le maître du roman noir ! Le début m’a plu, l’insolence de ce jeune détective qui ne se laisse pas conter fleurette facilement par une paire de fines jambes sexy, sa hardiesse, son ton moqueur. Je me suis lassée très vite. Cet univers où le trafic de livres pornographiques passe pour scandaleux, où l’expression favorite d’un des personnages est « Va te faire dorer », ce monde-là a pris un petit coup de vieux d’après moi… J’aurais voulu apprécier mais l’abondance des personnages, certaines incohérences m’ont trop fait soupirer pour que je poursuive ma lecture. J’ai encore des progrès à faire puisque c’est seulement à la page 160 que j’ai stoppé définitivement ma lecture.

        Un petit extrait qui prouve bien que je ne suis pas fâchée contre ce livre (rien à voir avec la colère que j’ai ressenti après avoir lu –en entier hélas ! Le Grand jeu). Peut-être même que je m’y replongerai un jour de pluie (c’est traduit par Boris Vian bon sang !)

« Elle se leva lentement et s’approcha en ondulant dans sa robe noire collante de tissu mat. Elle avait de longues cuisses, et elle marchait avec un certain petit air que j'avais rarement remarqué chez les libraires. Elle était blond cendré, les yeux gris, les cils faits, et ses cheveux en vagues arrondies découvraient des oreilles où brillaient de gros boutons de jais. Ses ongles étaient argentés. Malgré son attirail, elle devait être beaucoup mieux sur le dos. Elle s'approcha de moi en déployant un sex appeal capable d'obliger un homme d'affaires à restituer son déjeuner, et, secouant sa tête, remit en place une boucle de cheveux doux et brillants ... pas très dérangée d'ailleurs. Elle eut un sourire hésitant qu'on n'aurait pas eu de mal à rendre aimable »

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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 19:31

 

Résultat de recherche d'images pour "cloture fabcaro"

 

 

          J’ai relu cet album qui, comme toujours chez Fabcaro, frôle l’absurde, étonne et détonne.

           Au début, on a du mal à saisir ce qu’il se passe, on découvre un personnage, ça ne dure même pas trois cases qu’on en rencontre un autre, sans lien apparent avec le début de la première histoire… puis on comprend qu’il s’agit du travail même du créateur d’albums. Comme tous les écrivains, il s’interroge sur ses personnages mais aussi sur le thème qu’il va aborder ou encore sur le genre qu’il va choisir. Il hésite, il tangue, et en même temps, il reproduit ces vacillations chez ses personnages. Un type sans travail ne fait pas de réels efforts pour en chercher (ou postule pour des boulots bien au-dessus de ses moyens : pilote de ligne, danseuse étoile… !), une fille célibataire ne tombe que sur des gars complètement loufoques, une petite danseuse se casse la figure en quelques cases… Il se dessine lui-même errant au milieu de ses personnages, nous livrant en direct ses incertitudes, ses doutes, ses choix validés puis vite balayés… et puis, surtout, il a du mal à se concentrer parce qu’il a une clôture à réparer et tellement d’autres trucs matériels, quotidiens, administratifs à gérer ! Pas évident de trouver l’inspiration dans ces conditions.

        Un regard drôle et taquin sur la condition de scénariste-dessinateur BD. J’ai adoré, bien sûr ! Les personnages se mélangent, ils engueulent leur créateur, ils n’en font parfois qu’à leur tête, ils se révoltent. Bref, c’est jouissif et on en voudrait plus. Mais Fabcaro à sa clôture à finir…

17/20

 

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 21:06

 

Résultat de recherche d'images pour "Kinderzimmer de Valentine Goby babel"

 

           Janvier 1944. Mila a été arrêtée et déportée au camp de concentration de Ravensbrück sous les lumières vives des projecteurs avec des aboiements et des hurlements en fond sonore. C’est un camp de femmes, un camp où on meurt de faim, de froid, de découragement, de fatigue. Mila n’a que vingt ans et elle est enceinte. Elle cache sa grossesse ce qui n’est pas très difficile puisqu’elle n’arrête plus de maigrir. Alors qu’elle voit mourir sa cousine Lisette qui l’avait accompagnée jusque là, elle accouche d’un bébé dans les conditions les plus atroces. Et découvre, par la même occasion, que son bébé n’est pas le seul du camp. Les maladies, nombreuses et variées déciment les êtres squelettiques et fantomatiques que sont devenues ces femmes mais aussi les bébés qui se transforment en petits vieillards au bout de quelques semaines. Entre la vie et la mort, c’est un pari futile avec elle-même qui maintiendra Mila en vie, mais ce sont aussi ses camarades de douleur qui l’aideront, surtout Teresa qui accepte d’emblée le rôle de sœur, de mère, d’amie, de protectrice. Elles dormiront lovées l’une contre l’autre toutes les nuits. Le temps se perd, les consciences s’épuisent, les cadavres se multiplient tout autour de Mila. Elle se bat, les femmes s’entraident, de petits actes de résistance les rendent plus fortes. Un jour, une lueur d’espoir prend force dans une ferme non loin de là. Et bientôt la fin d’un cauchemar qui, pourtant, marquera pour toujours Mila redevenue Suzanne Langlois, celle qui a encore le droit de vivre…

         Ce texte si magnifique et si bouleversant se lit d’un seul souffle car il y a urgence : urgence de savoir Mila vivante et combative, urgence de la maintenir en vie, urgence de croire encore en la vie. L’écriture, dépouillée mais belle, est au service de cette course à la survie. Certaines images me resteront longtemps en mémoire : ce bébé qui naît et qu’on nettoie, tant bien que mal, avec un reste de café, une femme qui se précipite sur les barbelés électriques, le bébé qu’on se passe de sein en sein dans l’espoir de le nourrir rien que d’une goutte… Je crois qu’il n’existe pas un témoignage « de trop » quand il s’agit de déportation. Chaque histoire vaut la peine d’être racontée. Celle-ci est peut-être encore plus poignante que les autres car elle touche à la naissance, au regain qu’on essaye d’étouffer. Valentine Goby réussit à rendre compte des atrocités des camps avec une justesse et une authenticité frappantes.

         Noukette a pensé qu’il était grandement temps pour moi de lire ce roman. Elle a bien raison, il est indispensable. Merci à toi, chère Noukette !

« Ne pas mourir avant la mort, se ternir debout dans l’intervalle mince entre le jour et la nuit, et personne ne sait quand elle viendra. Le travail d’humain est le même partout, à Paris, à Cracovie, à Tombouctou depuis la nuit des temps, et jusqu’à Ravensbrück. »

« Je t’ai dit, il n’y a pas de frontière entre le camp et le dehors. Tous les jours, tu fais ton choix : tu continues ou tu arrêtes. Tu vis, tu meurs. »

« La vie est une croyance. »

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 20:27

 

 

livre nature writing Gallmeister

 

 

 

            Nell et Eva, respectivement âgées de dix-sept et dix-huit ans, vivent seules, recluses dans leur maison isolée dans la forêt. Leurs parents sont morts, leur pays – les Etats-Unis - est malmené par des maux si nombreux : guerres, épidémies, violences en tous genres, que l’électricité et le pétrole viennent à manquer. Les nombreuses réserves de la maison assurent pour un moment un confort minimal dans l’attente de retrouver une vie normale. Nell potasse ses encyclopédies, c’est Harvard qu’elle lorgne ; Eva danse toute la journée avec l’ambition d’en faire son métier. Mais les ennuis s’accumulent : mauvaises rencontres, disputes, météo infernale, souffrances,… La réponse, comme on peut le penser, l’espérer au début du roman, ne viendra pas de l’homme.

 

           Boulimique de lectures, j’aime souvent arriver à la fin d’un bouquin, tout simplement pour le plaisir d’en commencer un autre. Pour celui-ci, et cela va rester désormais mon critère de qualité, j’ai aimé rester à la dernière page, visualiser ces deux sœurs, m’imprégner de leur force, de leurs enseignements, savourer encore un peu l’écriture à la fois délicieuse et efficace de cette romancière. J’aurais voulu y rester encore un peu dans cette forêt ressourçante, rassurante et apaisante. Il émane de ce livre une force aussi bien dans l’intrigue, dans les personnages que dans l’écriture. C’est une histoire qui touche à notre intime, à notre moi le plus profond nettoyé de tous les parasites de la société, de la famille, de l’éducation. La dernière fois que j’ai ressenti une telle émotion de lecture qui m’a autant ouvert le ventre, c’est quand je lisais le passage où Robinson se vautrait dans sa souille dans Vendredi ou les limbes du Pacifique.

          Un roman qui agrippe et qu’on agrippe, qui serre la gorge et remue les tripes ! Quelle puissance et quelle justesse !

Bon sang, quel indéniable coup de cœur !

 

« La question que je pose sans fin à mon reflet, c’est : Qui es-tu ? Mais cela ne viendrait jamais à l’esprit d’Eva de se demander qui elle est. Elle se connaît jusque dans les moindres os de son corps, les moindres cellules, et sa beauté n’est pas un ornement ; c’est l’élément dans lequel elle vit.

Malgré son habileté avec le feu, Eva me fait toujours penser à l’eau. Elle est gracieuse et vive comme le ruisseau de l’autre côté de notre clairière. Comme lui, elle semble satisfaite de vivre une partie de sa vie sous terre, certaine – même maintenant – d’aller quelque part.

Quand elle danse, ça se voit. Elle est sûre d’elle, si débordante de vie qu’elle anime quiconque la regarde. Quand elle ne danse pas, elle est silencieuse, calme, un peu rêveuse, comme si danser c’était vivre pour elle. »

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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 19:07

 

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           Je fais partie des rares qui n’ont jamais vu le film ni jamais lu le livre.

           Dans les années 50, deux marshals quittent le continent pour rejoindre une île, Shutter Island, qui est connue pour son hôpital psychiatrique abritant les cas les plus graves. C’est une patiente, Rachel, qui a disparu. Les locaux s’apparentent à une prison, le personnel est aussi aimable que le mur d’enceinte de l’institut, le discours tenu évoque souvent le secret médical. Pour nos deux enquêteurs, la tâche est rude, d’ailleurs Teddy Daniels a perdu sa femme dans un incendie provoqué par Laeddis qui est un possible patient de l’île. Au milieu d’une tempête d’une violence exceptionnelle, submergés d’incohérences, les policiers vont devoir décrypter de mystérieux codes chiffrés, se confronter à la folie des habitants de l’île et finalement, tenter de quitter sains (oui, « sains d’esprit» !) et saufs cet endroit.

            C’est noir, fou, dérangeant. Les personnages sont tour à tour manipulés et manipulateurs, le lecteur se fait malmener, l’ambiance est oppressante. L’image est le reflet du contenu, en sépia, noir et blanc, il ne laisse aucune lueur d’espoir. De Metter excelle là encore. J’ai beaucoup aimé cette histoire absolument captivante. Un huis clos parfait !

 

« 17/20 »

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 10:41

Résultat de recherche d'images pour "Le marchand de passés de José Eduardo Agualusa métailié"

 

              Félix Ventura est un albinos qui a un métier hors du commun : derrière les apparences d’une modeste librairie, il vend un passé à ses clients : des ancêtres, une vraie histoire, des antécédents passionnants, une généalogie à faire pâlir les plus grands princes. Un étranger sans nom vient un jour lui demander de tout construire : son passé mais aussi son identité et sa vie toute entière. Même s’il n’est pas un faussaire, Félix va accepter le pari contre une grosse somme d’argent. Oui mais, l’étranger en question se complaît trop vite et trop bien dans sa nouvelle identité puisqu’il se rend dans sa ville « natale », cherche à rencontrer sa « mère »… bref, entre fiction et réalité, les frontières deviennent de plus en plus floues. La chronologie est constamment bouleversée et les personnages, complètement atypiques, s’apparentent à ceux de la farce, à la fois grotesques et sublimes, toujours surprenants.

             Pas loin d’être potentiellement reléguable dans les « OLNI », ce roman mêle les genres : fantastique, polar, science-fiction, poésie. Rajoutez à cela une jeune fille merveilleuse qui « collectionne la lumière », un narrateur surprenant et un pays dépaysant, une petite dose d’humour, vous obtiendrez un récit aux saveurs originales. Je n’ai pas tout aimé – sans doute parce que je n’ai pas saisi toutes les références politiques - mais j’ai adoré aller voir ailleurs, ça c’est sûr !

 

            Je peux désormais me targuer d’avoir lu un écrivain angolais… et encore une fois… sans faire exprès, j’ai lu un roman qui s’approche du roman d’anticipation, c’est drôle comme le hasard fait bien les choses parfois !

 

« Finalement monsieur, que faites-vous les jours ouvrés ? La réplique de Fausto Bendito, tous mes jours sont désœuvrés, chez monsieur, je les promène, déclenche encore aujourd’hui des applaudissements et des éclats de rire. »

« la misère a beaucoup de succès dans les pays riches. »

« le bonheur est presque toujours une irresponsabilité »

« J’affabule tellement, toute la journée, et avec un tel enthousiasme, que parfois j’arrive au soir perdu dans le labyrinthe de mes propres inventions. »

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 16:50

 

Résultat de recherche d'images pour "iain levison ils savent tout de vous"

 

 

           Lorsque j’étais en train de lire Un petit boulot, je savais que je ne lâcherais pas cet auteur de si tôt.

           Snowe est un flic qui, du jour au lendemain, découvre qu’il sait lire dans les pensées d’autrui. Perplexe, légitimement décontenancé, il se sert de ce don au boulot, réglant les affaires en deux temps trois mouvements puisque les mensonges des prévenus n’existent plus pour lui. Un peu plus loin dans ce pays américain corrompu, Denny jouit également du même pouvoir surnaturel sauf qu’il croupit en prison et qu’il est destiné à mourir quelques semaines plus tard pour avoir tué un flic. Et pourtant, une nana du FBI, insolente, séductrice et courageuse, vient le recruter pour qu’il lise dans les pensées d’un chef d’état africain. Elle est une des seules personnes que Denny n’arrive pas à « lire », ses pensées lui sont inconnues à cause d’une opération du cerveau. L’affaire gardée secrète tourne au drame, Denny parvient à s’enfuir, blesse un flic, … et c’est Snowe qui va être embauché à va-vite pour retrouver Denny. Oui mais les deux télépathes, forcément, se comprennent parfaitement, s’interrogent sur leur don survenu si étrangement et vont finir par fuir, complices, à la recherche de la vérité.

            A travers une satire de la société américaine, Iain Levison se moque surtout des flics, des services de renseignement et de leurs méthodes plus que douteuses. Dans un amusant road-movie qui mêle manipulations, espionnage et inefficaces surveillances, les hommes sont considérés comme des pantins qu’on prend, qu’on utilise, qu’on jette. C’est vraiment drôle et agréable à lire. Voilà vraiment un auteur à suivre ! Cerise sur le gâteau, pour moi qui me suis fixée un challenge SF, je crois bien que le bouquin peut entrer dans le genre de l’anticipation avec ces histoires de télépathie !

 

Denny, un peu plus avancé que Snowe en matière de télépathie, lit aussi dans les pensées des animaux : « Les animaux c’est sympa, continua Denny. Je ne me sens pas mal avec eux. Ils ne pensent pas beaucoup. Angela, c’est une fille bien mais merde, elle n’arrête pas de penser. On était en train de baiser l’autre soir et elle pensait à la vaisselle qu’lle avait laissée dans l’évier. Je te jure. »

« Quelques dizaines d’années avant qu’il entre dans la police de Kearns, un policier avait été tué alors qu’il enquêtait sur un cambriolage, et on utilisait souvent l’expression pour rappeler à tous de porter leur gilet pare-balles. « Enfilez ça pour qu’on ne donne pas votre nom à un pont. »

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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 11:42

 

 

Résultat de recherche d'images pour "Carnets de thèse de Tiphaine Rivière"

 

 

               La narratrice, Jeanne, est prof en collège mais tout ça n’est que temporaire, ce qu’elle veut, c’est faire sa thèse… jusqu’au jour où, ô miracle ! L’éminent Alexandre Karpov accepte de diriger sa thèse. Certes, elle n’a pas obtenu le financement désiré mais qu’importe, elle lâche son boulot crevant et ingrat de prof (je confirme, ce métier, c’est ça à 80%) et se lance dans la grande aventure de la recherche. Promis, la doctorante qu’elle est devenue fera sa thèse en trois ans seulement. On lui propose quelques heures d’enseignement à la fac mais elle doit potasser toute la semaine pour se sentir à peu près prête devant ce public d’adultes. Résultat : elle peine à seulement commencer ses travaux.

                  On la retrouve un an, deux ans, trois ans plus tard : elle n’a plus de vie sociale, elle ne parle que de sa thèse sur Kafka, elle doit accepter un ennuyeux boulot de secrétaire pour pouvoir vivre, son directeur de thèse ne la contacte que très rarement, son entourage comprend de moins en moins ce qu’elle fait et où elle va, son compagnon en a ras-le-bol de ses crises d’angoisse, de ses questionnements nocturnes et de ses doutes incessants.

              Une tranche de vie drôle et pourtant souvent effrayante pour nous montrer que faire une thèse, ce n’est pas une mince affaire. Ce travail solitaire et asocial, surtout en lettres, n’est pas facilité par les institutions, par les autres doctorants, par le directeur de thèse et autres membres du département des thèses. La BD tire son origine d’un blog qui lui-même est né parce que Tiphaine Rivière a démarré une thèse en lettres, comme Jeanne, puis l’a abandonnée… pour le dessin. Entre caricatures et histoires vécues, l’album est plaisant à lire sans être inoubliable ni indispensable !

 

« 14/20 »

 

 

Résultat de recherche d'images pour "Carnets de thèse de Tiphaine Rivière"

 

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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 15:12

 

 

Résultat de recherche d'images pour "replay grimwood"

 

 

            A la recherche de bons romans de science-fiction et sur les excellents conseils de A_girl_from_earth et de Krol (merci !!!), je me suis rapidement attelée à cette lecture. Réussite totale !

            En octobre 1988, Jeff Winston meurt d’une crise cardiaque à 43 ans. Entre un boulot qui ne l’enthousiasmait pas, un mariage en déroute et l’impossibilité d’avoir des enfants, sa vie n’était pas très réjouissante. Oui mais Jeff se réveille dans sa chambre d’étudiant… à l’âge de 18 ans ! Déboussolé, il comprend qu’il a fait un bond dans le temps, que tout est à refaire. Oui mais il connaît désormais l’avenir. Il se fait sa petite fortune très rapidement, il prend un autre chemin que lors de sa 1ère vie, il se fait remballer par celle qui était sa femme et finalement, se retrouve à 43 ans, père d’une fillette, marié et riche… et il meurt. Encore une fois, il se retrouve dans sa peau de jeunot. Cette fois, beaucoup plus malheureux que lors de sa première « résurrection » puisqu’il a perdu un enfant, une vie qu’il aimait et que tout est à reconstruire.

             Jeff va vivre plusieurs vies, faire des choix très différents, va tenter de changer le monde, s’adonner à une vie de débauche, s’isoler, voyager, et  rencontrer une jeune femme à qui il est arrivé la même chose !

             Quelle histoire mais quelle histoire ! L’intrigue, au départ, fait rêver : revivre une partie de sa vie avec la possibilité de changer ce que bon nous semble, tout en ayant la connaissance et l’expérience de notre « première vie » ! Oui mais on se rend très vite compte qu’on risque de perdre ceux qu’on a aimés une première fois. Et se retrouver, tous les 25 ans avec l’apparence d’un minet presque encore mineur freine considérablement. Jeff utilisera une de ses « replay » pour réellement sauver le monde, éviter les catastrophes, protéger des gens, rendre publiques ses connaissances sur l’avenir mais les conséquences se révéleront plus désastreuses encore. Ce roman, en plus d’être passionnant, permet vraiment au lecteur de réfléchir sur ses propres choix de vie, sur – aussi bizarre que ça puisse paraître – le caractère unique de l’existence et les avantages de la mort. J’ai totalement adoré ce roman que je n’ai pas lâché et que j’ai lu en deux jours. Aucun temps mort, aucun raté, une ouverture vers d’autres mondes, une écriture certes simple mais très efficace. Un vrai régal qui nous permet – qui l’eût cru - de revoir à la baisse nos désirs d’immortalité !

 

« Jeff regarda autour de lui l’appartement décoré avec goût, d’un standing tellement supérieur aux logements que Linda et lui avaient jamais espéré occuper. Il ne lui avait fallu que six mois pour acquérir tout ceci, presque sans le moindre effort. A présent, il pouvait passer le reste de sa vie à augmenter son confort et sa richesse, sans aucune limite, grâce à ce qu’il savait ; mais ces succès lui resteraient en travers de la gorge s’il n’intervenait pas en fonction des autres événements qu’il connaissait. Il devait agir. A tout prix.»

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 09:36

 

 

Résultat de recherche d'images pour "six fourmis blanches collette denoel"

 

          Dans Un vent de cendres, j’avais déjà trouvé l’ambiance singulière et la tension omniprésente. C’était sans compter ce roman-ci, glacial et glaçant.

          Lou et son compagnon Elias, citadins et plutôt casaniers, ont gagné un séjour insolite : un trekking dans les montagnes albanaises. Dans un groupe de six touristes, ils vont gravir des monts, marcher dans la neige, camper dans ces tentes qui s’ouvrent en un clin d’œil, porter leurs repas sur le dos, bref, vivre à la dure l’espace de trois jours. Leur guide, Vigan, inspire confiance car il connaît la montagne par cœur. Oui, mais la météo peut révéler de sacrées surprises et une tempête de neige qui provoque des avalanches va retarder puis paralyser le groupe. Angoisses, blessures, froid intense, faim, fatigue et … spectre de la mort vont tétaniser Lou et ses compagnons de route.

           En parallèle, on découvre le métier ancestral de sacrificateur. En effet, Mathias, pour conjurer le mauvais sort, est payé pour jeter une chèvre (choisie consciencieusement grâce aux osselets) du haut de la montagne. Cette croyance, chez les Albanais, a la vie dure, et Carche, le magnat du coin, assure que son petit-fils a le même don que Mathias. Oui mais Mathias aime être seul, et quand le petit-fils en question s’avère être un dangereux dément, l’un des deux doit disparaître…

         Entre course-poursuite par -15 et survie dans un univers des plus hostiles, les humains sont comparables à de minuscules fourmis, tout aussi frêles et vulnérables. Que de blanc, que de froid ! Le suspens constitue le maître-mot de ce roman, il fonctionne à plein régime ; l’écriture est efficace et le contexte effarant. Voilà un excellent page-turner à déconseiller aux amateurs de montagne qui risquent den plus vouloir jamais y retourner !

« Six fourmis blanches avancent dans la neige et la glace, leurs silhouettes détachées comme celles des nomades sur les dunes du désert. Dieu, ce que j’aimerais cuire sous un soleil de plomb ; au lieu de quoi nous nous débattons toujours dans un brouillard poisseux en tremblant de fatigue. J’ai l’impression que cela fait des jours, des semaines que je marche. Des semaines que je franchis des cols entre Marc devant et Elias derrière moi , sans rien manger et sans rien boire, m’approchant du ciel, des cieux, de l’espace où ma conscience se perd. »

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