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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 14:36

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« Zakhor. Al Tichkah. Souvenez-vous. N’oubliez jamais. »

 

 Julia est une journaliste d’origine américaine qui a « tout pour être heureuse » : une adorable  fille de 11 ans, Zoë ; un mari canon, Bertrand ; des amis à la pelle ; un boulot sympa ; une vie rythmée par des allers-retours entre France et Etats-Unis. Des recherches pour un article couvrant la rafle du Vel d’Hiv vont bouleverser cette vie tranquille. Julia comprend d’abord que l’Etat français avait une grande responsabilité dans cette hécatombe, elle remarque aussi que la plupart des Français ignoraient complètement cette page de l’Histoire et enfin, elle découvre une histoire saisissante, celle de Sarah.

Sarah est une fille de dix ans, Juive, qui est arrêtée avec ses parents par la police française le 16 juillet 1942. Jeune et naïve, elle pense qu’ils vont vite revenir à la maison, et pour préserver son jeune frère, Michel, elle l’enferme dans un placard secret, lui épargnant ainsi l’arrestation et lui promettant de revenir très vite. Vous devinez la suite. Après avoir été parqués au Vélodrome d’hiver, à Paris, Sarah et ses parents sont emmenés dans le camp de Beaune-la-Rolande où on sépare parents et enfants. L’horreur à l’état brut. Sarah se retrouve seule avec d’autres enfants, qu’on affame, à qui on rase la tête, qui en arrivent à se battre pour un croûton de pain. C’est grâce à la clémence d’un seul policier français qu’elle parvient, avec Rachel, une fille de son âge, à s’échapper de ce camp. Sarah n’a qu’une idée en tête : sortir son petit frère du placard.  Les deux fillettes sont recueillies par un vieux couple, Geneviève et Jules. Rachel est pourtant au plus mal, le médecin qui la soigne la dénonce et Sarah se retrouve encore une fois seule. Elle convainc le couple de la laisser aller à Paris pour libérer son frère et ils finiront par l’accompagner. La découverte du petit cadavre constitue l’acmé du livre : « La serrure finit par céder. Et la porte du placard secret s’ouvrit. Une odeur de pourriture la frappa comme un coup de poing. Elle s’écarta. Le garçon recula, effrayé. Sarah tomba à genoux. Un grand homme aux cheveux poivre et sel surgit dans la pièce, suivi de Jules et Geneviève. Sarah était incapable de dire un mot. Elle ne faisait que trembler, les mains plaquées sur les yeux et le nez pour couvrir l’odeur. » Le garçon dont on parle dans cet extrait n’est autre que le beau-père de Julia, le père de Bertrand.

Le roman est constitué d’une alternance de chapitres dédiés tantôt à Julia, tantôt à Sarah. Leurs chemins se croiseront par l’intermédiaire de William, le fils de Sarah, mais Julia ne verra jamais celle qui fut l’objet de tant de recherches puisqu’elle apprend que Sarah s’est donné la mort. Elle avait refait sa vie, fui la France pour les Etats-Unis en espérant mettre une croix sur son passé. Mais comment oublier une chose pareille ? Elle a choisi de partir sans rien révéler de son enfance à sa famille.

C’est Julia qui tient le rôle de messagère, elle fait le lien entre sa belle-famille qui a vécu dans l’appartement de Sarah après l’arrestation (on réquisitionnait les logements vides en deux temps trois mouvements sans se poser de questions sur les anciens occupants) et le fils de Sarah.

C’est du lourd, un livre qu’on le lâche pas et qui ne nous lâche pas.

Le dernier tiers du livre (la fin mise à part) m’a moins touchée, j’aurais voulu parler ici de l’excès de romanesque, des ficelles bien trop évidentes de l’intrigue, du pathos qui marche à tous les coups mais finalement, (malgré cette prétérition), je ne ferais pas ma chipoteuse. Nous avons là un livre fort, très fort, qui marque au fer rouge. Authentique et important je dirais, il représente le devoir de mémoire.

Une question reste en suspens, celle que je me suis posée déjà bien souvent, celle qui ne trouve pas non plus de réponse dans le livre : qu’a-t-on fait des coupables et des bourreaux ? Ces Allemands, ces Français à l’origine de toutes ces monstruosités ? Que sont-ils devenus ? Qu’ont-ils raconté à leurs enfants et leurs petits-enfants ?

Je crois qu’avec l’adaptation filmique qui s’en est suivie, cette œuvre de Tatiana de Rosnay a l’immense mérite de sortir des cendres un pan honteux de l’Histoire de la France. On a parlé du Vel d’hiv en 1994-1995, donc plus de 50 ans plus tard…Je fais aussi partie des personnes qui pensent qu’il faut se souvenir pour ne plus reproduire les mêmes erreurs. Et les mêmes erreurs ne sont pas loin d’être commises encore et encore, aujourd’hui en France, le plus souvent dans l’indifférence la plus totale.

Deuxième roman de cet auteur (non, je ne féminise pas les noms !) pour moi, bien plus marquant que ma première lecture.

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 10:05

 

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Depuis que je l’ai reçu, tout m’a attirée dans ce petit livret : le titre, la couverture, le thème.

Je n’ai pas été déçue. Ce court roman pour les jeunes à partir de 10 ans raconte la mise en scène du célèbre mythe, Œdipe roi, réalisée par des élèves du CM2 et leur maîtresse, Mme Lecca. L’annonce du choix de la pièce par l’enseignante au début du texte mine l’ambiance, les élèves pensaient faire une suite au terrible Godzitor écrit et joué par eux l’an passé. « N’importe quoi ! » est la réaction unanime quand la maîtresse raconte la célèbre histoire : « Mme Lecca nous a expliqué que le roi, mort de peur d’être assassiné par son propre enfant (c’est vrai que c’est moche), lui ligota les pieds et demanda à un berger de le livrer aux bêtes féroces sur une colline derrière chez lui. Ils ne rigolaient pas, les Grecs, avec la magie. Coup de chance, comme dans Blanche-Neige, un autre berger sauva l’enfant au dernier moment mais il ne le donna pas aux sept nains, il le confia à un autre roi. Il faut dire qu’à cette époque-là, il y avait  des rois et des bergers partout. » Comme vous pouvez le constater, le mythe vu à travers le regard de jeunes enfants, prend une tournure comique.


Pour le jeu, ça donne ça :

   «  - Ô grand Oracle magique, nous t’apportons notre enfant ! a hurlé la reine.

-      Ô Grand Oracle, ma Reine dit pile la vérité ! (…) Il est né ce matin, mais je ne lui ai pas trouvé l’air honnête. J’ai dit comme ça à ma Reine : « Et si on allait voir l’Oracle, il est louche, ce gosse ! »

La metteuse en scène est assistée du premier de la classe, les deux ne cessent de reprendre les anachronismes et les improvisations des jeunes comédiens. C’est savoureux. Elle a bien du courage, cette maîtresse…

Un petit moment de plaisir !

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Published by Violette - dans Lectures - jeunesse
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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 23:04

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       Je connaissais un peu Janine Boissard pour ces romans dédiés à la jeunesse. Comme elle passera dans un salon du livre qui se tiendra prochainement près de chez moi, je me suis décidée à découvrir sa prose pour adultes.
Effarement, indignation ! Je ne devais pas être belle à voir en lisant ce livre : yeux écarquillés ou hochements de tête navrés… Cette lecture m’a presque révoltée !

       Jean-Charles est tombé amoureux de Gabrielle immédiatement. Le plus naturellement du monde, ils ont habité ensemble, se sont mariés et ont fait deux enfants. Mais Jean-Charles découvre petit à petit que sa compagne ne pense qu’à elle et à son métier. C’est une méchante femme qui laisse son homme s’occuper de ses enfants, qui crie après lui parce qu’il n’a pas rincé la douche pleine de poils, qui ne cuisine pas, qui veut habiter dans un appart plutôt que dans une maison à la campagne, qui prend un amant et qui se fait avorter… !

       Certes, la quatrième de couverture m’avait prévenue : « Janine Boissard ose écrire ce que le prêt-à-penser interdit de dire : en imitant les hommes dans ce qu’ils ont de plus brutal, certaines d’entre nous mettent le couple en danger ». Mais quel manichéisme ! Gabrielle en prend pour son grade du début à la fin ! Elle n’a pas de cœur, elle est égoïste et son pauvre compagnon doit jouer à la femme ! C’est lui qui accepte de faire des concessions professionnelles, c’est lui le romantique qui déteste le sexe pour le sexe.

       Une édifiante leçon de la part de l’ami de Jean-Charles : «c’est nous, les romantiques ! On est peut-être des gros balourds, et certains, des brutes épaisses, n’empêche que la fleur bleue, c’est dans notre cœur qu’elle prospère. (…) les femmes sont plus pratiques, plus rationnelles. Exemple tiré de le rose : tu offres un bouquet à ta chère et tendre, qu’est-ce qu’elle fait ? Elle y plonge le nez. Et mine de rien, compte les fleurs. Plus il y en a, meilleur sera le parfum. Idem pour la bague de fiançailles : là, c’est la taille du diamant qu’elle évalue ».

Il y a aussi cet élégant bordel où Jean-Charles trompe sa femme pour l’unique fois. Les prostituées sont volontaires, consentantes et même ravies, nous dit-on.

       Cette impression que cette Madame Boissard et moi, on ne vit pas dans le même monde. Elle revendique clairement (je ne pense pas me tromper) le retour en arrière, les femmes à la maison et les hommes au boulot dans leur rôle de macho. J’y vais un peu fort. Je suis d’accord en partie avec le concept général de l’auteur, c’est vrai : les hommes et les femmes sont des êtres différents et leurs rôles respectifs ne sont pas interchangeables à volonté, mais quelle cruauté l’écrivain injecte dans sa vision de la femme qui ne veut pas se cantonner au statut de mère et d’épouse ! que de représentations surannées du couple !

       Si certains sont intéressés par ce thème-là, le livre se lit avec une grande facilité… et la couverture reprend un joli tableau de Magritte, « Le bouquet tout fait ». (Quoi ? je cherche des points positifs…)

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 11:28

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Delerm est fidèle à lui-même, son dernier roman est court et évoque la substantifique moelle de la vie ou encore comment faire du moindre petit truc bidule vu/lu/entendu son bonheur quotidien.
Pendant la lecture, dans ma tête, ça a oscillé entre « J’aime », « J’aime pas ».

Arnold Spitzweg est un provincial venu à Paris et qui s’y plaît parce qu’il peut observer à loisir des quantités de mini-spectacles. Il ne connaît pas l’ennui ; dans une salle d’attente par exemple…  « je supporte très bien de m’intéresser indéfiniment à un bout de papier peint qui se décolle, une lézarde infime à l’angle du plafond, à la structure métallique des chaises, au désordre des magazines sur la table basse ». C’est un peu par hasard qu’Arnold crée son blog, il choisit alors de « ne rien faire et dire que l’on ne fait rien ». Il regarde et note ses observations. Une jeune fille à bicyclette l’occupe un petit moment puis c’est le tour d’adeptes du Tai-chi qui pratiquent leur activité en plein air, la fraîcheur d’une salle de cinéma un après-midi d’été caniculaire le comble le temps d’un film, les sons d’un accordéon le subjuguent…

Certains passages sont des étincelles dans une lecture somme toute assez ennuyeuse. Delerm est unique quant à la révélation des petits moments lumineux de vie, il les porte au-dessus de sa tête comme un trophée et nous donne, à chacune de ces occasions, une belle leçon. Arnold Spitzweg est également un personnage savoureux, sa bonhommie et sa nonchalance en font un être attachant. C’est cette histoire de blog qui, finalement (et paradoxalement ?), m’a déplu. On a l’impression que Delerm veut à tout prix apporter une touche de modernité à son écrit. Le blog n’est qu’un prétexte, je pense qu’on aurait vraiment pu s’en passer. D’ailleurs, le blog d’Arnold appelé « antiaction » connaît un succès foudroyant (et inexplicable, soyons honnête… des blogueurs qui racontent leur vie et décrivent ce qu’ils voient dans la rue, dans le square, dans leur ville… il y en a à la pelle, et en plus, notre Arnold ne répond jamais aux commentaires !), donc rapide succès qui lui ouvre les portes d’une maison d’édition. Mais Arnold refuse d’écrire un livre, et à la fin du roman, il mettra même un terme à son blog et sera plus Bartleby que jamais. D’où vient ce nom ? D’un personnage de Melville, solitaire, sans ambition et refusant de se mêler au monde ; le syndrome de Bartleby se définit comme « l’attitude littéraire de tous les auteurs ayant renoncé à la création non par impuissance mais parce qu’elle leur semblait dérisoire, inférieure en tous cas à l’intensité de la vie réelle. »

On pourrait même y voir un acte un peu prétentieux de la part de Delerm qui nous explique dans son livre à quel point sa manière de voir la vie est digne d’intérêt. Je préfère quand il fait dans la simplicité…

Donc pour moi, ce livre n’a rien à voir avec le petit chef-d’œuvre, La bulle de Tiepolo.

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 00:00

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J’ai découvert la suite de la trilogie en mode écoute, encore une fois. Disons-le tout de suite, j’ai moins aimé.

On retrouve les mêmes personnages : Mikael Blomkvist d’une part, qui poursuit son travail de journaliste pour Millenium et Lisbeth Salander d’autre part, qui vit isolée du reste de la société mais dont les traits sont encore plus nets que dans le tome 1. Comme pour Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, les deux protagonistes sont séparés, leur chemin se croiseront parfois virtuellement, Lisbeth fourrant toujours et encore son nez dans l’ordi de Mikael.

Dag et Mia Svensson, respectivement journaliste free lance et thésarde, écrivent au sujet des hommes haut placés qui participent au réseau de prostitution rapatriant des filles baltes en Suède. Le livre de Dag, sponsorisé par Millenium s’apprête à être publié quand le couple se fait sauvagement assassiner. C’est Mikael qui les découvre mais ce sont les empreintes de Lisbeth Salander qu’on trouve sur l’arme du crime abandonnée dans le couloir devant l’appartement des Svensson. Chasse à la femme décrite très vite comme une malade mentale, lesbienne et sataniste. Lisbeth avait amassé un joli pactole en détournant de l’argent à la fin du premier tome, elle l’utilise pour se cacher.

Le corps de Nils Bjurman, le tuteur de Lisbeth, est également retrouvé sans vie quelques heures après ceux de Dag et Mia. Encore un lien avec Lisbeth. Au début, seul Mikael ne croit pas à la culpabilité de son ancienne maîtresse. Il mène l’enquête. Que ceux qui souhaitent découvrir un jour le livre, s’arrêtent ici. Mikael tombe régulièrement sur un nom lié au commerce du sexe mais aussi aux découvertes que Dag s’apprêtait à faire : Zala. Il finira par obtenir la clé de l’énigme : Zala, de son vrai nom, Alexander Zalachenko, est en réalité le père de Lisbeth (et moi je l’avais deviné !!!), un tortionnaire,  un espion protégé par la Säpo, les services secrets suédois. Aidé par son fils (le demi-frère de Lisbeth), un « géant blond » qui a la particularité d’être exceptionnellement fort et grand mais aussi de ne rien ressentir physiquement, il traque Lisbeth. Insensibilité totale pour Ronald Niedermann (c’est bien facile, n’est-ce pas, pour combattre !?). Les deux ne veulent qu’une chose : tuer Lisbeth afin que leur secret soit gardé, l’identité de Zala ne doit pas être révélée et leurs petites activités lucratives doivent se poursuivre.

 

J’ai trouvé le roman ... presque féministe. Lisbeth est une petite poupée fragile en apparence, qui mène le combat comme le plus féroce des guerriers. Elle ne montre jamais ses sentiments mais respecte certains principes. C’est une justicière qui ne fait du mal qu’aux « méchants ». D’autre part, les hommes sont, pour la plupart, considérés comme des sadiques machistes, utilisant leur pouvoir masculin ou hiérarchique pour détruire les femmes. Le tome 1 déjà tournait autour de cet axe.

On ne peut que s’attacher à cette Lisbeth qui n’a vraiment pas de chance dans la vie mais qui arrive tout de même à sauver sa peau grâce à son intelligence, son agilité et ses dons.

 

           Alors, qu’est-ce qui m’a dérangée dans ce volume ?

Les invraisemblances, la fin du roman en est truffé : l’alarme qui se déclenche puis ne se déclenche plus, le gros costaud super puissant qui se laisse facilement attacher à un panneau de signalisation, les armes que Lisbeth trouve à proximité à la demande, le fait qu’elle parvienne à se déterrer toute seule (c’est vraiment bidon !).

Autre hic : les longueurs (l'appart de Lisbeth est décrit dans les moindres détails, c'est une annonce pour agence immobilière ou quoi?) et les imperfections de la langue et du style ; j’ai trouvé plus d’erreurs dans ce tome-ci que dans le premier, les lourdeurs sont parfois pénibles. Les personnages hochent la tête du début à la fin, donc j’ai eu droit à une trentaine (au moins, je ne les ai pas comptés) de « Il (ou « elle ») hocha la tête ». Peut-être que c’est le livre audio et le fait qu’on entend le texte qui rend ces gaucheries plus flagrantes. ( ?)

Enfin, âmes sensibles s’abstenir : la violence et la noirceur constituent le fil directeur de l’histoire. Ca m’a souvent remuée.

 

Je ferai donc une petite pause Millenium pour écouter un peu de musique et laisserai passer les vacances avant d’attaquer le dernier tome de la trilogie.

Millenium 2 est sorti au cinéma en juin 2010. Personnellement, je n’en ai pas entendu parler mais je rajoute une petite photo de la tête de l'héroïne dans le film :

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Published by Violette - dans Livres audio
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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 13:23

Je m’auto-taggue (ben quoi, je fais ce que je veux !? ). Donc, se sert qui veut !

 

 

©       Plutôt corne ou marque-page?

Marque-page ! Chez moi, on n’abîme pas un livre, on ne le gribouille pas, on le respecte comme un objet sacré ! Par contre, les marque-pages sont souvent malmenés ou perdus (et ma fille adore les sortir du livre… et adore feuilleter le livre, ce qui l’absout tout de suite !)

©       As-tu déjà reçu un livre en cadeau?

Oui… mais trop peu  

©       Lis-tu dans ton bain?

Je prends rarement des bains (mais je me douche, ne vous en faites-pas !) mais si je prends un bain, oui je lis dans l’eau, sinon, je m’ennuie dans cette eau devenue vite trop froide !

©       As-tu déjà pensé à écrire un livre?

Oh oui ! mais « pensé » seulement !

©       Que penses-tu des séries de plusieurs tomes?

Je n’aime pas trop et dans mes souvenirs, n’en ai lu que très peu !

©       As-tu un livre culte?

Plusieurs !

©       Aimes-tu relire?

Je me dis souvent que je vais relire mais je le fais rarement faute de temps.

©       Pour ou contre rencontrer les auteurs des livres que l’on a aimés?

Ah… POUR sans aucun doute ! Même si je suis très impressionnée quand ça arrive.

©       Aimes-tu parler de tes lectures?

Ecrire oui, en parler de vive voix, je n’ai que peu de personnes dans mon entourage avec qui le faire, donc…

©       Comment choisis-tu tes livres?

Ca dépend, quand c’est du pur hasard, je tombe souvent à côté de la plaque. Je note des noms d’auteur parfois, rarement un titre en particulier. J’achète assez peu finalement et j’emprunte beaucoup.

©      Une lecture inavouable?

Non ! Aucune lecture n’est inavouable, si ?

©       Des endroits préférés pour lire?

Partout ! De préférence, un bon canapé.

©       Un livre idéal pour toi serait…

Celui qui allie réflexion, suspense et humour.

©       Télé, jeux-vidéos ou livres?

Surtout pas de jeux-vidéos, la télé à dose homéopathique (même si je la maudis souvent parce que je reste devant comme un chien devant sa gamelle vide, le regard vide et la tête vide !)

©        Lire et manger?

Ouhhh la laaaa, deux passions, deux enthousiasmes que je mettrais presque au même niveau ! Bon, allez, manger tout de même, faut bien avoir des forces pour lire !

©        Lecture en musique, en silence ou peu importe?

Surtout pas en musique, je suis incapable de me concentrer. Par contre, des bruits ambiants peuvent ne pas entraver ma lecture. Bizarre.

©       Livre électronique?

Jamais essayé et j’espère qu’on n’en viendra pas à n’utiliser que cela. Ca me fait un peu peur…

©       As-tu des livres dédicacés?

Oui ! Je les garde précieusement !

©       Tu lis quoi en ce moment?

Un livre de Delerm ...

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Published by Violette - dans Fait maison
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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 16:23

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A Catia, mon amie, partie trop tôt, vraiment trop tôt. Je ne t’oublierai jamais.

 

 

Après Alice Kahn, me revoilà plongée dans des questions d’identité. Autre vision d’un même thème.

Marie se réveille un matin avec … 12 ans de plus. Pas de science-fiction ni de surnaturel, elle a tout simplement oublié ces douze années qui la séparent de sa première nuit avec Pablo de maintenant. Mais elle ne comprend rien à ce maintenant. Hier, elle avait 25 ans, elle fêtait son nouveau boulot en compagnie d’un bel hidalgo aux yeux rieurs, elle passait une nuit torride avec lui et aujourd’hui, elle se réveille, mariée à ce même Pablo, mère de trois enfants, femme organisée de 37 ans. Le choc de cette découverte la fait d’abord se taire, elle joue à être mère et épouse, puis se renseigne chez son ancienne meilleure amie qui lui en apprend un peu plus sur elle et sur ces douze années oubliées. Marie mène l’enquête, pose la bonne question, à savoir : pourquoi a-t-elle perdu la mémoire, quel est l’événement qui lui a fait « choisir » de tout oublier ?… « Je me demande si une femme sans passé peut raisonnablement avoir un bel avenir ».

Je suis plutôt hermétique aux histoires d’amnésie (faciles…) mais le livre, s’il commence sur un ton léger et badin, gagne petit à petit en intensité. Les réflexions se font plus profondes, le ton plus grave.

Quelques traces de son bond dans le temps sont assez savoureuses. Elle se rend compte que les gens sont plus tristes, plus ternes en 2000 qu’en 1988, ils « ont l’air d’être en guerre. Pourtant, j‘ai lu les journaux en venant et rien de tel n’apparaît. » Le petit logo d’Internet Explorer sur son écran d’ordinateur l’intrigue également.

J’ai un peu perdu le fil de l’histoire à la fin du livre que j’ai trouvée plus plate, répétitive et presque trop euphorique.

Marie finit pas comprendre que c’est lors d’une improvisation théâtre qu’elle s’est coupée de son passé. Pour mieux revivre, pour mieux pardonner, pour redonner une seconde chance à son couple.

Des pistes de réflexion sur le temps qui passe, sur la vie à deux.

De jolies allusions au théâtre que j’ai particulièrement appréciées :

« Jouer, c’est remonter le courant de la peur, aller à la recherche de la partie de soi qu’on ne connaît pas. »

« On ne peut pas faire semblant,  au théâtre. Le public y croit parce que les comédiens sont authentiques. Ce qui se passe entre les deux personnages, ce n’est pas la réalité, c’est la vérité. Ce qu’on écoute entre les sons, ce sont les silences qui servent à entendre les pensées. »

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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 14:37

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         Voilà un livre que je connaissais par extraits. J’en avais lu pas mal, trouvés ou piochés ça et là. Je regrette de n’avoir pas lu l’intégral plus tôt. Ce fut un beau moment.

Comme l’indique son sous-titre, L’écrivaillon  raconte l’enfance de l’écriture, le travail acharné d’un homme, d’une femme, en passe de devenir écrivain.

         L’essai se compose de trois parties : Un temps pour l’angoisse, Un temps pour l’écriture et Un temps pour l’angoisse de l’écriture. Chaque partie est elle-même composée de petits chapitres portant tous un verbe en guise titre. Des verbes d’action comme Salir, Jeter, Timbrer, Nommer, Saliver, Corriger, Citer, Se relire, Jeûner, Multiplier, … autant de tâches que l’écrivain débutant s’astreint à accomplir. Car il trime l’écrivaillon, il est parfois un artiste mais c’est surtout un artisan, un ouvrier des mots qui ne vit que pour l’écriture. Il travaille avec ses mains et sue : « Serrant son stylo à encre dans la pince, épuisante et banale, de trois doigts tachés, l’écrivaillon se demande ce qui le pousse à s’asseoir chaque jour, le pouce circonflexe, jambes croisées, les pieds fourmillants, le cou tordu, le dos déformé en écolier, à la table dangereuse où sa main va se poser, sur le côté, comme un outil sur un capot. »

         Le livre m’a touchée, a chatouillé en moi une corde personnelle, enfantine et nostalgique. Les amoureux des mots, de la lecture et de l’écriture ne pourront que se retrouver dans cet essai qui est un bel éloge aux gens qui écrivent, et c’est fait en toute modestie, car Régine Detambel s’inscrit aussi dans ce groupe de créateurs de livres, que l’auteur les appelle les écrivaillons.

On pourrait citer tout le livre, j’en retiens deux extraits :

A propos de la relecture (tâche ô combien difficile pour un collégien déjà !) : « Ces relectures, l’écrivaillon les vécut au-delà des nausées. Par ce que se lire à haute voix, c’est se goûter. C’est s’entourer de ses propres bras, soi-même se bercer de sa voix, sucer sur son index son propre sang au goût de sel et de fer, manger ce qui a séché dans son nez, également épicé, souvent craquant, à cause des poussières de la rue. C’est renifler sa chemise sale. C’est souffler dans les paumes de ses mains fermées pour sentir son haleine comme la sentent ceux à qui l’on parle de près ».

 

« Le luxe et la chance de l'écrivaillon résident dans son peu d'épaisseur, presque son absence. Comme le moussaillon ou le novice, il ne fait pas le poids, il est seulement quelqu'un qui se met à écrire. L'enfance de l'écriture. À l'abri de sa petite taille et de sa jeunesse, il explore les territoires du livre, il s'initie à la description, il entame une collection de citations, et surtout, il apprend, il imite, il regarde, il rêve ses premières histoires, il a peur de ses lignes, il craint qu'on puisse l'y reconnaître. Éternel débutant, il commence des romans qu'il n'achèvera jamais.
Comme tous les créateurs, l'écrivaillon souffre de ce qu'il invente. Un temps pour l'angoisse, un temps pour l'écriture, un temps pour l'angoisse de l'écriture, peut-être la page se découpe-t-elle ainsi, du jour où l'on découvre la fureur incorrigible d'exister dans un livre. »

 

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 21:46

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        Ce livre est un livre voyageur, Mirontaine me l’a gentiment fait parvenir et j’ai ainsi fait partie d’une belle chaîne de lecteurs. C’est une première pour moi. Je remercie encore la gentille et douce Mirontaine et son écriture d’écolière appliquée. Wink

Alice Kahn est un livre très particulier. Court, petit, il se lit vite mais s’oublie beaucoup moins vite. La narratrice est une jeune fille qui joue avec son identité.  Elle rencontre par hasard William qui la prend pour une certaine Anna et la narratrice s’amusera à jouer avec cette Anna. Elle se crée comme on peut créer un personnage de roman, elle remplit le vide existant, se façonne une image, une attitude, une façon d’être et de parler, tout ce qu’aurait pu être Anna. « Pendant que William parle, je me couvre des apparences d’Anna. Je passe par la transparence, par l’ineffable, l’indéfini. Bientôt je serai recouverte de ce qu’il a imaginé d’elle. Je sauterai à pieds joints dans l’image qu’elle lui a peut-être envoyée, et les trous qu’elle a laissés béants, je les colmaterai. (…) Peu lui importera, je vaudrai mieux que son fantasme. »

          Je serai moins enthousiaste que Mirontaine. Le positif, c’est qu’on peut y voir une nostalgie de l’enfance effectivement, cette période où on joue à être quelqu’un d’autre, on est une vraie princesse l’espace d’un moment et on y croit très fortement. Moi j’y ai vu un brin de pessimisme, quelque chose d’un peu déprimant ; savoir qu’on peut devenir un autre, savoir qu’on peut coller parfaitement à ce que celui d’en face voudrait qu’on soi… « Toutes ces filles, je les couvre de mes baisers abstraits et je les garde dans des boîtes pour les moments où je me perds. Aujourd’hui, Anna ne ressemble à rien d’autre qu’à l’ensemble de ces personnages-là. Un troupeau de fantasmes bien assaisonné, dont Anna est le dernier maillon » La narratrice est creuse, complètement impersonnelle, et cet aspect des choses m’a mis mal à l’aise. Et m’a fait penser au Nouveau Roman qui, avec Robbe-Grillet en tête, prônait la « mort du personnage ». Je me trompe peut-être.

Quelqu’un d’autre de Benacquista, roman que j’ai adoré, m’est aussi venu à l’esprit lors de la lecture. Question d’identité quand on devient un autre.

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 11:15

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Résistance et traque. Deux portraits, deux destins qui se croisent : celui de Max, plus connu sous le nom de Jean Moulin, et celui d’une jeune inconnue, Agathe Langlois.

Je me réjouissais à l’idée de lire ce livre, Quint étant un de mes auteurs favoris. Je n’ai pas été déçue par le roman mais par moi-même. Je suppose qu’il faut une bonne dose de connaissances sur la Résistance de la Deuxième Guerre pour apprécier pleinement toutes les références aux personnages et aux lieux cités. Ce n’est pas mon cas, hélas. Les noms propres abondent, chaque personnage est doté d’une couverture donc d’un ou de plusieurs autres noms. Je m’y suis parfois perdue. Je l’ai trouvé historiquement technique ou techniquement trop historique pour moi…

Le lecteur a connaissance des pensées des deux personnages-phare grâce au monologue intérieur. Agathe rencontre Max alias Jacques Martel alias Jean Moulin, dans un troquet lyonnais. Ils parlent de ses études d’histoire à elle, il la taquine, elle le titille et représente pour lui « ces promesses assassinées pour qui il vaut la peine de risquer sa peau ». Un petit jeu de séduction amusera les deux mais c’est surtout l’amitié qui renforcera leur lien. Chacun est résistant à sa manière. Max, comme on le sait, a été le bras droit, le chargé de missions du Général de Gaulle ; Agathe, elle, transmet des informations secrètes avec son fiancé, Maurice (son « amoureux à la voix parfumée ») qui sera dénoncé (par ses parents !) et retrouvé pendu. Max ne sait pas qui elle est vraiment.

Les deux protagonistes jouent au chat et à la souris mais en 1943, il n’y a guère de place au divertissement. Max est vite arrêté, torturé et Michel Quint nous offre ses dernières pensées avant de mourir.

La qualité littéraire de l’auteur n’est pas discutable. Son écriture me fascine, les analogies, les métaphores, l’approche tout particulière de la vie que Quint nous propose est un véritable joyau. J’ai cependant été gênée par une chose bien particulière : la présence des points de suspension qui miment bien sûr les méandres des pensées des personnages mais qui ont rendu ma lecture souvent laborieuse.

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Deux petites traces de Max :

Ø  Une amie d’Agathe, Irène, est cancéreuse et elle compare l’invasion de son corps par la maladie à celle de la France par les ennemis : « Je guette les progrès du mal, je l’écoute m’envahir et je suis attentive à ma résistance, mes jambes, mes bras, ma vue… Des fois, j’ai l’impression d’être une carte d’état-major et de me planter des petits drapeaux imaginaires sur le corps, défaite des reins, le poumon soutient l’assaut ennemi, victoire du cœur…  Souvent, je me dis que je suis la France en résumé, et qu’on en sortira pas vivantes, ni elle ni moi… »

Ø  Jean Moulin est décrit comme un homme incroyablement humain, qui doute et ne contrôle pas tout, loi s’en faut. Il ne cesse de faire l’éloge de ses compagnons résistants : « quelle que soit votre appartenance politique, résistante, vous êtes des héros, justement de votre humanité nue. Vous ne mourrez jamais. Vous êtes de bronze, pour vous tuer il faudrait fusiller vos statues. »

 

Je garderai précieusement ce livre à la si belle couverture, ne serait-ce que pour la flatteuse dédicace laissée par Michel Quint : « Ah si Violette avait été aux côtés de Max… ! »

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