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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 21:49

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Peut-on décemment lire Zweig sans l’aimer ?

Quatre longues nouvelles.

-      Brûlant secret : « on apprend beaucoup et vite quand on a de la haine ».

           Un baron autrichien rencontre une femme mariée, une mère de famille qui n’est plus toute jeune, dans un hôtel. C’est le fils, Edgar, âgé de 12 ans qui va permettre au jeune fonctionnaire de se rapprocher de la femme convoitée. Ce n’est pas un réel amour qui unit les deux êtres mais un simple dérivatif à l’ennui.

Edgar, qui est d’abord comblé de savoir qu’un adulte s’intéresse à lui, s’aperçoit vite qu’il n’est qu’un intermédiaire : « Pourquoi maman évite-t-elle toujours mon regard, lorsque je le dirige vers elle ? Pourquoi cherchent-ils toujours devant moi à dire des plaisanteries et faire le polichinelle ? Tous deux ne me parlent plus comme ils le faisaient hier et avant-hier ; je pourrais presque dire que leurs visages ne sont plus les mêmes. Maman a aujourd’hui les lèvres toutes rouges ; elle doit se les être rougies, jamais je ne l’avais vue ainsi. Et lui a toujours le front plissé, comme si je l’avais offensé. Je ne leur ai pourtant rien fait ? Je n’ai dit aucune parole qui pût les choquer ? Non, ce n’est pas moi qui peux être la cause de leur changement, car ils sont eux-mêmes, l’un à l’égard de l’autre, tout différents de ce qu’ils étaient. On dirait qu’ils ont projeté une chose qu’ils n’osent pas me confier.  Ils ne parlent plus comme hier ; ils ne rient pas ; ils sont gênés, ils cachent un secret qu’ils ne veulent pas me révéler. Un secret qu’il faut que je connaisse. »

A la déception incommensurable s’ajoute très vite la haine. Les deux adultes oublient, ignorent le garçon et iront jusqu’à le mépriser quand il tentera de se mêler d’un peu trop près de leur amourette. « L’inquiétude d’Edgar était passée. Enfin il éprouvait un sentiment net et bien clair : de la haine et une hostilité déclarée. Maintenant qu’il était certain qu’il les gênait, sa présence à côté d’eux devint pour lui une volupté cruellement compliquée. Il savourait l’idée de les troubler et de les affronter avec toute la force concentrée de son inimitié. »

La confrontation Edgar / le baron est brutale et sans appel. Edgar en arrive aussi à frapper sa mère. Il fugue. Lorsqu’on le retrouve, ses parents sont bouleversés, sa mère lui est surtout reconnaissante, muettement, de ne pas avoir révélé le « secret ».

Il a appris beaucoup en quelques jours : « Au-dehors, dans la nuit sombre, les arbres s’agitaient bruyamment au sein des ténèbres, mais il n’avait plus peur. Il avait perdu toute impatience en face de la vie, depuis qu’il savait combien elle était riche. Il lui semblait qu’aujourd’hui les choses s’étaient montrées à lui dans leur nudité – non plus enveloppées des mille mensonges de l’enfance, mais dans toute leur beauté redoutable et voluptueuse.  Il n’avait jamais pensé que ses jours pussent être si remplis, si pleins de changements, de souffrances et de joies multiples ; il était heureux en songeant qu’il avait encore devant lui une multitude de jours semblables,  que toute une existence l’attendait pour lui dévoiler son secret. »

 

-      Conte crépusculaire.  Récit enchâssé : un premier narrateur raconte l’histoire qu’un deuxième narrateur lui avait narrée jadis.

Bob fait une étrange rencontre amoureuse nocturne : une jeune femme, une « grande forme blanche » l’étreint fougueusement sans que Bob puisse l’identifier. Cette fusion passionnelle qui bouleverse Bob, se reproduira quelques nuits d’affilée. Dans le château où il vit, les soupçons de Bob se portent immédiatement sur Margot, une jeune femme froide et distante. L’imagination du jeune homme l’emporte sur la réalité : il aime Margot. Lorsqu’il découvre que sa fiancée nocturne est Elisabeth, la petite sœur de Margot, il est envahi par la déception.

Encore un fragment d’apprentissage, une expérience qui fait grandir le protagoniste : « Plusieurs années ont passé, Bob est devenu un homme. Mais cette première aventure est restée trop vivante en lui pour qu’elle puisse un jour se ternir. Margot et Elisabeth se sont mariées, il n’a jamais voulu les revoir : la pensée de ces heures troublantes s’est souvent emparée de lui avec une telle violence que sa vie ultérieure ne lui est apparue que comme un rêve, une illusion, comparée à la réalité du souvenir. Il est un de ces hommes qui ne peuvent plus trouver d’attrait à l’amour ni aux femmes ; lui qui à une heure de sa vie avait réuni si parfaitement ces deux sentiments, aimer et être aimé, aucun désir ne l’a plus jamais poussé à rechercher ce qui était si précocement tombé dans ses mains tremblantes et débiles de jeune adolescent. Il a parcouru de nombreux pays : c’est un de ces Anglais corrects et silencieux que beaucoup croient insensibles parce qu’ils sont taciturnes et que leur regard reste froid devant le visage et le sourire d’une femme. Qui penserait en effet que ces images sur lesquelles ils ont les yeux constamment fixés ils les portent en eux-mêmes, ensevelies au fond de leur cœur qui brûle pour elles d’une flamme éternelle comme un cierge devant une madone ? »

 

-      La nuit fantastique (Notes posthumes du baron de R…) :

La vie du narrateur a été ébranlée par un événement d’abord inconnu pour le lecteur (le génie de Zweig nous promène pendant des dizaines de pages), l’on ne sait s’il est heureux ou malheureux, l’on ignore sa teneur.

Le narrateur commence par nous expliquer que l’indifférence l’avait peu à peu gagné, pire même, l’insensibilité. Alors qu’il était un homme du monde, de la bonne société, qu’il aimait les femmes et était aimé d’elles, il se rendait compte que plus rien ne l’intéressait, plus rien ne l’excitait, ne le stimulait ou le gênait. Plus rien jusqu’à cette révélation du 7 juin 1913 : « j’étais vivant, j’étais un être humain, avec des envies mauvais et pleines d’ardeur ». Il trouve satisfaction auprès du rebut de la société, notamment au contact des prostituées. « C’était pour moi une sensation excitante que de descendre jusqu’au dernier cloaque de l’existence, de compromettre et de salir en un seul jour tout mon passé, et une audacieuse volupté spirituelle se mêlait à la jouissance grossière de cette aventure ». Les sentiments prennent une autre direction quand il se rend compte de l’immense pouvoir de la générosité et de la bonté.

« Oh ! qu’il est facile, sentais-je, de créer de la joie et de s’en réjouir : on n’a qu’à ouvrir son être et le flot de la vie se répand d’humain à humain, se précipite des hautes classes vers les basses pour rejaillir dans l’infini ».

« Une fois que quelqu’un s’est trouvé lui-même, il ne peut plus rien perdre dans ce monde. Et dès que quelqu’un a compris l’être humain qu’il y a en lui il comprend tous les humains ».

« Désormais, je fais attention à tout, rien ne m’est indifférent ».

 

-      Les deux jumelles (conte drolatique) : c’est un apologue un peu plus léger que les nouvelles précédentes mais non dénuées de profondeur. Deux sœurs jumelles ne cessent de rivaliser, d’être en compétition.  Hélène a choisi de se démarquer en séduisant les hommes les plus riches et les plus charmants du pays.  A cette vie fastueuse et vénale, Sophie a décidé d’opposer une existence faite de privations, de vertu et de pauvreté. Les jumelles deviennent célèbres, leur beauté inégalable assouvit d’un côté les courtisans avec Hélène, d’un autre côté, les dévots grâce à Sophie. Mais Hélène tend un piège à sa sœur en la défiant de résister au plus beau jeune homme du pays. La vierge ne lutte pas longtemps et se laisse convaincre des plaisirs de l’amour et de la chair. Les années passent, la notoriété s’amenuise avec l’apparition des premières rides. La vapeur s’inverse, c’est la dévote qui triomphe de la courtisane. Les jumelles se retirent du faste et du péché pour demander pardon et se repentir de leurs péchés.

 

Que dire de Zweig ? Il y aurait tant à dire ! Quelle vérité dans ces descriptions de l’humain, dans l’analyse des sentiments, si fine, si juste ! Tout n’est que nuance, sobriété, humilité.

 

« J'ai personnellement  plus  de  plaisir  à  comprendre  les  hommes  qu'à  les  juger »

                    Stefan Zweig

 

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 09:16

 

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Lucie est une lycéenne qui a des parents vachement sympa puisqu’ils lui ont déjà « réservé » un studio au dernier étage de leur immeuble, un « studio sous les toits », pour sa majorité. La vie routinière de la jeune fille pétille le jour où elle recueille un chien, Cosette. Sur la médaille accrochée au cou du chien, un numéro de téléphone : un garçon inquiet et mystérieux répond à Lucie qu’il vaudrait mieux qu’elle garde le chien.

Au fil des pages du journal intime de Lucie, on comprend que Hugo, le maître de Cosette ne peut garder le chien parce que son père, alcoolique, frappe l’animal.
Hugo et Lucie vont se rencontrer et une histoire d’amour va démarrer sur les chapeaux de roue. Hugo, battu par son père, sera obligé de fuir la maison familiale et Lucie le cachera quelques jours dans son studio.

Cette histoire d’ado, les détails de leur captivante vie quotidienne m’a sacrément barbée cette fois-ci. Ca doit être lié à mes élèves, à cette période de l’année où ils pensent à tout sauf à travailler, où leurs histoires personnelles qu’ils me confient, rejaillissent tel un volcan trop longtemps éteint. Bref, c’était un peu trop redondant par rapport à mon boulot.

Gudule réussit sans doute à capter l’attention d’un jeune lecteur, mais moi j’ai trouvé cette intrigue trop romanesque, linéaire et prévisible. Des parents trop indulgents, des ados qui découvrent l’amour, un chien bondissant qui fait le trait d’union entre tous les protagonistes Banalité et trivialité. La preuve en extraits :

« J’ai été interrompue par maman, tout à l’heure. Elle voulait que je l’aide à plier le linge. Pour les draps et les housses de couettes, c’est plus facile à deux. »

« Impossible de dormir, je suis trop heureuse. Tout ce dont je suis capable, c’est écrire. Dire, crier, hurler mon bonheur. Et marquer des milliards de fois, sur toutes les pages de mon journal, qu’avec Hugo, on s’aime, on s’aime, on s’aime, ON S’AIME !!! »

« Hugo a voulu remercier mes parents, mais il était si ému qu’il a éclaté en sanglots. On l’a tous consolé, chacun à sa manière. Moi, en me pelotonnant contre lui, maman, en sortant la boîte de chocolats des grandes occasions, et Cosette, en lui léchant le visage avec une langue comme une serpillière. »

Thèmes abordés : l’alcoolisme – les animaux – les premières amours – la fugue – la confiance entre parents et enfants - la violence et la maltraitance.

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 22:26

 

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Je ne connaissais Labiche qu’à travers des extraits lus çà et là. Je suis un peu plus à l’aise avec Feydeau dont j’ai lu quelques pièces, une même que j’ai jouée.
Une première donc pour cette pièce
et peut-être une dernière (aïe !)

 

Fadinard est un rentier qui s’apprête à épouser Hélène - la jeune, jolie et naïve Hélène. Le matin même, son cheval mange malencontreusement le chapeau de paille d’Anaïs, une femme mariée qui était en train de fricoter avec un militaire. Ce dernier menace Fadinard de compromettre son mariage s'il ne retrouve pas un chapeau de paille d'Italie identique. Le mari d’Anaïs serait furieux si elle rentrait sans. S’en suit un va-et-vient continuel, des déplacements sportivement rocambolesques dans lesquels Fadinard sera accompagné de son beau-père qui, se doutant de quelque chose mais ne sachant rien répète sans cesse « tout est rompu ! ». Fadinard se rend chez une modiste en quête du fameux chapeau, la modiste n’est autre qu’une « ancienne » qu’il avait lâchement abandonnée. Pour se faire pardonner, il lui promet le mariage et voilà que notre bonhomme s’enfonce à chaque fois un peu plus dans les complications.
          Il faut lire la pièce en se préparant à du grand n’importe quoi. Les invraisemblances sont nombreuses, l’auteur frôle même l’absurde plusieurs fois, les personnages sont tous plus niais les uns que les autres, ce mouvement perpétuel donne le tournis !

J’imagine une mise en scène de la pièce et l’idée est vertigineuse ! Il y a foule sur scène, je rappelle que non seulement le beau-père de Fadinard le suit partout comme un petit chien, mais toute la noce, suit, elle aussi ! L'odyssée burlesque suppose aussi beaucoup de bruits, de mouvements, de tapages.

En creusant un peu bien sûr, on lit aussi dans cette pièce quelques jeux de mots délicieux, et surtout une satire de la petite bourgeoisie, une photographie authentique d’une époque, d’un milieu, d’un monde. Zola a d’ailleurs a donné son avis en ces termes : « Dans notre vaudeville contemporain, on n’a encore rien imaginé de mieux, d’une fantaisie plus folle ni plus large, d’un rire plus sain ni plus franc […]. Cette farce reste immortelle ». Immortelle peut-être mais elle ne connaît pas la modernité des pièces de Molière ni leur incontestable universalité !

Extrait du monologue de Fadinard (I, 4) :

 « Enfin... dans une heure, je serai marié... je n'entendrai plus mon beau-père me crier à chaque instant: "Mon gendre, tout est rompu!..." Vous êtes-vous trouvé quelquefois en relations avec un porc-épic? Tel est mon beau-père!... J'ai fait sa connaissance dans un omnibus... Son premier mot fut un coup de pied... J'allais lui répondre un coup de poing, quand un regard de sa fille me fit ouvrir la main... et je passai ses six gros sous au conducteur... Après ce service il ne tarda pas à m'avouer qu'il était pépiniériste à Charentonneau... Voyez comme l'amour rend ingénieux... Je lui dis: "Monsieur, vendez-vous de la graine de carottes?" - Il me répondit: "Non, mais j'ai de bien beaux géraniums." Cette réponse fut un éclair. "Combien le pot? - Quatre francs. - Marchons!" - Arrivés chez lui, je choisis quatre pots (c'était justement la fête de mon portier), et je lui demande la main de sa fille. - "Qui êtes-vous? - J'ai vingt-deux francs de rente... - Sortez! - Par jour! - Asseyez-vous donc!" Admirez-vous la laideur de son caractère! A partir de ce moment, je fus admis à partager sa soupe aux choux en compagnie du cousin Bobin, un grand dadais qui a la manie d'embrasser tout le monde... surtout ma femme... On me répond à ça: "Bah! ils ont été élevés ensemble! Ce n'est pas une raison... Et une fois marié... Marié!!! (Au public.) Etes-vous comme moi?... Ce mot me met une fourmi à chaque pointe de cheveu... Il n'y a pas à dire... dans une heure, je le serai... (Vivement.) marié!... J'aurai une petite femme à moi tout seul!... et je pourrai l'embrasser sans que le porc-épic que vous savez me crie: "Monsieur, on ne marche pas dans les plates-bandes!" Pauvre petite femme!... (Au public.) Eh bien, je crois que je lui serai fidèle... parole d'honneur!... Non?... Oh! que si!... Elle est si gentille, mon Hélène!... sous sa couronne de mariée!... »

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 15:47

Avec ce billet, j’inaugure une nouvelle rubrique, celle des albums  (pour Grands de préférence).


Et je commence fort avec celui-ci.

Coup de foudre sur catalogue, avant la lecture.
Eco, paru en octobre 2009, est le tome 1 de la série La Malédiction des Schaklebott. La couverture déjà se laisse admirer.

 

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Le livre est un ouvrage au sens noble du terme, chaque page est soignée, peaufinée, embellie. En tournant une page, on pénètre un peu plus dans un monde magique et fantastique.

La petite Eco est la fille des Schaklebott, de riches couturiers. Ses parents sont tellement occupés, leurs créations sont si demandées qu’ils ne peuvent consacrer une minute de leur temps à leur Eco. La petite demoiselle s’ennuie… jusqu’au jour où, un soir de décembre, son père l’envoie livrer trois poupées dans leur coffret nacré à la fille du Ministre. Eco n’écoute que son cœur et offre les trois petites fées à une pauvre mendiante, « la princesse des nuages » et son enfant malade. Touchée par son geste généreux, la vieille offre à Eco des amulettes sacrées : « un bulbe de cactus, un cocon de ver à soie, un morceau de silex et une petite noix ce sont les cœurs de quatre éléments essentiels. Glisse chacun d’entre eux dans un ventre de chiffon, et les poupées sans âme de tes parents prendront alors vie… »

Mais la bonne action d’Eco a de fâcheuses conséquences sur la famille Schaklebott. Le Ministre s’est montré furieux de ne pas avoir été livré, les courtisans et les notables l’ont soutenu en retirant toutes les commandes. Les Schaklebott sont désormais déchus, leur réputation est bafouée, et plus que jamais, les parents d’Eco méprisent leur fille.

Le monde de l’enfant s’emplit de noirceur, de tristesse et de solitude. C’est alors qu’elle décide de confectionner quatre poupées. « Après les avoir rembourrées de vieilles plumes d’oie prises dans son oreiller, elle avait soigneusement fourré dans chacune d’elles une des babioles de la mendiante : le bulbe de cactus, en guise de rein pour Esope ; le silex, en guise de cœur pour Epictète ; la petite noix grise, en guise de cerveau pour Diogène ; et le cocon de ver à soie, en guise d’estomac pour Socrate… La princesse des nuages, toute de haillons vêtue, n’avait pas menti : les quatre poupées de chiffon avaient bel et bien pris vie… » Ces quatre petites créatures vont tenir compagnie à la petite fille, jusqu’au jour où un drame interrompt la monotonie de ses jours : elle découvre qu’elle devient femme !  

Un conte étrange, onirique, qui oscille sans cesse entre fantastique, burlesque et poésie et n’est pas sans rappeler l’univers de Tim Burton. Le texte et l’intrigue restent simples, mais cette pureté rajoute au mystère du livre. Les auteurs confirment leur attachement au conte en y intégrant des citations du Petit Chaperon rouge et de Jack ou le Haricot magique.

Les dessins sont juste sublimes, du Gaudí, du Dalí, des couleurs chaudes, des courbes sensuelles, du clair obscur pour un monde féérique et surréaliste, où le regard de l’être revête une importance primordiale.

 

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Un coup de cœur, un vrai !

Relisons-le en attendant la sortie du tome 2 !

 

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 23:29

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      Voilà un petit livre que j’ai choisi un peu par hasard dans ma bibliothèque municipale. Une fois n’est pas coutume, c’est un livre étiqueté « Humour » qui a retenu mon attention.

Cette classification m’a laissée sans voix lorsque j’ai lu le livre. J’ai eu beau chercher, à part de l’humour noir, noir, mais alors très noir, je n’ai pas trouvé une once d’allusion comique !

      Le livre se divise en chapitres qui correspondent aux jours de la semaine. Du dimanche au dimanche.

Bernard vit avec sa mère, Marie. Ils ont toujours vécu tous les deux, seuls. Marie est tombée enceinte par accident dans une époque où il n’était pas bon être mère célibataire. Elle a gardé cet enfant un peu malgré elle et l’a élevé à la dure. Bernard n’a donc connu qu’une vie tristounette, recluse et surtout dénuée de tendresse.

      On comprend petit à petit que la mère qui occupe ses esprits continuellement, celle qui constitue son repère, qu’il aime et qu’il déteste à la fois n’est pas à ses côtés. N’est plus à ses côtés. Le parfum insidieux du crime se répand entre les pages, se fait plus âcre au fil de la lecture, plus tenace.

      Expliquons le titre (au risque de dévoiler l’intrigue dans sa totalité – vous êtes prévenus !) : Bernard a retrouvé sa mère morte un soir, en rentrant de son travail, à l’aube de ses cinquante ans. Sa mère ne lui a jamais appris ce que c’est que le chagrin. Il ne sait donc comment réagir. Il va vivre avec elle, avec son cadavre quelques jours avant de se décider à la couper en morceaux. Cette tâche minutieuse l’empêche de penser aux sentiments qu’il peut, qu’il devrait éprouver. Mais la tête de la défunte lui pose problème. Il n’arrive à se résoudre à la découper en morceaux. Il va donc l’enfermer dans la soupière, cet objet qui les avait accompagnés tous les deux, lors de leurs mornes dîners. Mais Bernard commence à se sentir épié

      Un texte étrange, cynique et pervers. J’ai eu du mal à entrer dans l’œuvre ne sachant où l’auteur voulait m’embarquer. Au final, une leçon : les chiens de font pas des chats, cette mère, en dépit de ses bonnes intentions, n’a su transmettre que la mauvaise graine à son fils faute d’amour.

Un livre face auquel on ne peut rester indifférent ; un livre qui dérange.

« Ni la mère ni l’enfant n’avaient osé s’aimer ni osé se haïr. Ils ne se posaient pas de questions : ils vivaient ensemble, comme coulés dans le ciment de la maison – et c’est tout. »

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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 16:06

   

 

Etienne a gagné au loto. La grosse somme qui fait rêver tout le monde. La BD démarre sur un thème poncif, Etienne croit avoir perdu le ticket : gros affolement bien sûr Il le retrouve mais à partir du moment où il possède ce billet gagnant, la poisse le suit partout : il rencontre des personnages étranges, il fait un accident de voiture, il se fait arnaquer et voler bref, l’angoisse monte petit à petit, cette chance inouïe se transforme petit à petit en vrai cauchemar.
Les 80 pages comportent quelques longueurs inutiles, quelques invraisemblances aussi, une morale un peu suspecte (l’argent porte malheur ?). On a envie de baffer le héros qui se pose 1000 questions au lieu de profiter de sa fortune Mais j’ai apprécié le dessin, les traits simples et expressifs des personnages.

L’association entre le duo Philippe Dupuy, Charles Berberian (les dessinateurs) et Jean-Claude Denis (scénariste) est apparemment inédite puisqu’elle rassemble trois acteurs de majeurs de la BD contemporaine.
Pas de quoi d’en faire tout un plat non plus

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 15:57

 

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Quinze minutes de divertissement avec l'humour du Chat de Geluck (ici, le tome 2 de son Best Of)

 

Humour léger, tendre, mignon, subtil parfois absurde mais aussi un humour plus noir, voire pessimiste.

 

Lorsqu'un pauvre et un riche perdent tout, le pauvre ne peut que se réjouir car il a moins perdu que le riche.

On dit que boire du café empêche de dormir... par contre, dormir empêche de boire du café.

L'homme est le seul mammifère à savoir qu'il en est un.

Lire des bouquins compliqués... c'est un peu le body building de l'âme.

Sea, sex and sun ... c'est fini ! maintenant on dit : mazout - sida - mélanôme

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 15:08

 

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Mon troisième Dan Brown, et ce sera aussi mon dernier !

Robert Langdon, THE Robert est encore une fois sollicité pour décrypter des symboles et des énigmes. Encore une fois, une jolie jeune femme l’accompagne, encore une fois il fait preuve d’un courage exemplaire et subit des trucs complètement dingues (il ressuscite quand même, ce n’est pas donné à tout le monde !), encore une fois, il est confronté à sa terrible phobie, la peur d’être enfermé. Il rencontre un fou, un illuminé (oui encore un…), et encore une fois, grâce à Superobert, on apprend un tas de choses !

Tout ça sur fond de franc-maçonnerie, à 200 à l’heure dans un Washington de folie où personne n’a besoin de manger, de boire, de se reposer ou de se soigner.

Même schéma, même personnages, même ficelles, même style (ou absence de style ?), même révélations-que-toi-même-t-y-crois-pas, mêmes erreurs et mêmes invraisemblances !

Robert, il est beau il est fort il est musclé : « A 4h45 ce matin-là, il avait plongé dans la piscine déserte d’Harvard, entamant la journée comme à son habitude par une cinquantaine de longueurs. »

Robert il sait tout sur tout et attention, il va t’en apprendre un paquet !

« Un « carré magique » n’était pas un objet ésotérique mais mathématique. C’était le nom que l’on donnait à un tableau de chiffres organisés de telle façon que la somme des nombres de chaque colonne, de chaque ligne et de chaque diagonale soit toujours identique. Inventés voilà quatre millénaires par des mathématiciens égyptiens et indiens, les carrés magiques » et blablablaaaaa.

Robert il rencontre des personnages diaboliques (et jamais jamais le portrait n’est caricatural chez Dan Brown…)

« La responsable du Bureau de la sécurité de la CIA était une créature effrayante – un ouragan d’’un mètre cinquante, doté de la parole. D’une maigreur squelettique, elle avait les traits découpés à la serpe. (…) Son tailleur-pantalon bleu froissé tombait comme un sac sur son corps décharné ; le col ouvert de son chemisier laissait sa cicatrice bien en vue. Il se murmurait parmi les collègues de Sato que sa seule coquetterie était d’épiler une ostensible moustache ».

 

Je sais, je suis cruelle, mais les 600 pages ont vraiment été trop nombreuses pour moi cette fois-ci. J'avais apprécié Da Vinci Code, même aimé Anges et démons  mais celui-ci était décidément un plat trop lourd, trop gras et trop indigeste !

De toute façon, l'auteur n'a pas besoin de moi pour s'enrichir ... 

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 20:25

 

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La BD s'inspire d'une nouvelle de Jack London. J'ai eu la chance de lire la BD avec la nouvelle à côté.

La BD est simple, minimaliste mais atteint une certaine pureté. La forme rejoint le fond.

 

Le grand froid du nord du Canada.

Un homme, seul. Pas tout à fait puisque son chien l’accompagne.

S’il est là c’est parce qu’il y a de l’or, en tous cas, une mine d’or où se trouvent ses compagnons qu’il doit rejoindre.

Le froid, le froid et encore le froid. Les températures avoisinent les -50°.

Le crachat gèle avant d’atteindre la neige. Aucune erreur n’est permise. Faire du feu relève de l’exploit. La nourriture doit être plaquée à même le torse pour ne pas qu’elle gèle.

L’homme fait une erreur, il n’a plus de feu et ses pieds sont mouillés. Le froid cède la place à la douleur puis à l’insensibilité. Il ne sent plus ses pieds, il ne sent plus ses mains. Le sommeil le gagne il s’endort pour toujours.

Le chien reste un court instant avec l’homme, puis s’en va.

Mis à part les illustrations que je vais évoquer plus bas, la BD a ceci d’original qu’elle est écrite à la deuxième personne. Un petit extrait : « 
Le froid a trop d’emprise sur toi… et tu manques d’endurance tu ne sens pas tes pieds qui frappent le sol…tes pieds ne dégèlent pas en courant, le froid envahit ton corps. Tu t’es comporté comme un idiot à courir ainsi comme un poulet décapité tu vas geler  ».
On grelote avec ce pauvre homme, on tremble avec lui, on ressent les mêmes picotements.

 

Les dessins sont grandioses. Les dessins se passeraient même de texte. L’ampleur du blanc, l’hostilité de la nature face aux petits gestes de l’homme. Le chien prend une place importante, c’est lui qui survit, lui est blanc aussi, lui ne sent pas le froid. Il ressemble à un loup. Les couleurs chaudes du feu viennent apporter une lueur d’espoir dans ce vide. Ce sont surtout les yeux de l’homme qu’on voit : son effroi, sa détermination, ses angoisses, sa résignation.

A la fin, la neige le recouvre, il devient blanc lui aussi. La nature a repris le dessus.

 

Que rajouter ?

 

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Published by Violette - dans Lectures - BD
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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 14:44

Un obscur rabbin du fin fond de la Galicie s’éteint en léguant un trésor inestimable que doivent se partager ses descendants, trois neveux et une nièce.

 

L’histoire se déroule en 1920. Quatre personnages, quatre villes, quatre univers :

 Léon,  est un ancien officier, blessé de guerre, il mène une vie bourgeoise à Paris,

David, réactionnaire sioniste, vit dans un kibboutz en Palestine,

Moses joue au gangster newyorkais,

Rachel est une bolchevik pure et dure qui s’use les genoux à Moscou.

Les quatre personnages vont tous vivre des moments historiques, hauts en couleur et intenses en émotions. Les quatre vont aussi finir par se retrouver autour du fameux trésor.

J’ai été un peu déçue et surprise par ce livre. Surprise d’abord parce que je m’attendais à un polar classique : un meurtre, un suspect, une enquête pas du tout du tout ; Jonquet nous promène à travers le monde, nous dresse un tableau noir et cruel de la Pologne des années 20, nous plonge dans une atmosphère résolument antisémite. Légèrement déçue parce que j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire, la mayonnaise n’a pris que très tard, au bout d’une centaine de pages. L’auteur insiste sur le personnage de Moses qui est très bien dessiné, mais les autres portraits sont, d’après moi, pas assez approfondis. C’est dommage.
Par contre, avis aux amateurs des romans à chute, le dénouement est plus que surprenant, et les dernières pages sont bien ficelées, le suspense prend le lecteur au collet et le secoue sans ménagement, ce qui n’est pas déplaisant ! Oui aussi à cette description réaliste de 1920, qui oscille entre l'horreur de la guerre et les prémisses des Années folles à venir...

 

Un extrait bien caractéristique de la noirceur et de l’horreur ambiantes :

« Quand Rachel s’éveilla, il faisait nuit noire. Elle était allongée près d’un talus couvert de ronces. Sa bouche était emplie de terre qu’elle recracha en toussant. Encore à demi groggy, elle s’aperçut qu’elle était couverte d’un liquide poisseux. A tâtons, allongée sur le dos, elle explora son torse, ses cuisses, à la recherche d’une blessure béante. Ses mains rencontrèrent une masse visqueuse étalée en travers de ses jambes. Elle poussa un hurlement avant de comprendre qu’il s’agissait des intestins de son cheval, couché sur le sol tout près d’elle. D’un bond elle se redressa. »

 

Et un petit clin d’œil musical:

« Une musique étrange jaillit du pavillon. Une trompette égrenait de mesures rageuses sur un tempo saccadé.

-      Qu’est-ce que c’est ? demanda-t-elle.

-      Du jazz ! annonça Felix d’une voix triomphante.

-      Du quoi ?

-      La musique des Noirs américains, j’ai un cousin à Chicago, il m’envoie des disques »

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