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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 12:11

 

 

               Quand j’ai commencé ce livre, j’ai tout de suite pensé, non sans raison, aux deux Glattauer, Quand souffle le vent du nord et La Septième vague car ce sont, tous, des romans épistolaires par mail (n’a-t-on pas encore inventé un terme pour cet échange électronique ?)

              Un écrivain de renom, Pierre-Marie Sotto, sexagénaire, célibataire, envoie un mail à une jeune femme nommée Adeline Parmelan pour la remercier de la volumineuse enveloppe qu’il a trouvée chez lui le matin même mais qu’il était hors de question qu’il lise le manuscrit censé s’y trouver, qu’il ne lisait d’ailleurs jamais les textes qu’on lui envoyait. Adeline lui répond aussitôt très poliment mais, se permettant d’insister, elle avance l’argument qu’elle n’est « pas une lectrice comme les autres ».  Quelques mails plus tard, la jeune femme de 34 ans se rétracte et demande à son correspondant de lui renvoyer le colis sans l’ouvrir.

            L’écrivain lauréat du prix Goncourt (oui, rien que ça !) est vite amené à se confier à cette mystérieuse inconnue dont le style, intéressant, mais aussi la vie l’intriguent. Courriers quotidiens, petites attentions, taquineries, … cet échange va permettre aux deux solitaires de se raconter. Chacun porte sa mochila (pour reprendre le terme de Rufin) de souffrances : Adeline se trouve trop grosse, elle a perdu un unique enfant lorsqu’il avait 17 jours, c’est une déprimée qui cependant arrive à profiter des quelques joies que lui procure la vie : un bon schnaps, des tisanes qu’elle prépare elle-même, la chorale où elle aime chanter. Pierre-Marie connaît, lui, un problème de taille pour un écrivain : il est en panne d’inspiration et n’arrive plus à écrire une seule ligne –sauf pour envoyer des mails à Adeline !- cette interruption a été déclenchée par une disparition : son dernier amour (le bonhomme a quand même été marié trois fois !) s’est littéralement envolé sans laisser de trace, sans expliquer sa fuite. Cette Vera, l’écrivain va en parler à Adeline… et il va même se dire qu’un lien ténu ou intense, il ne le sait, lie peut-être ces deux femmes.

               Cette lecture a été un vrai bonheur. Par où commencer ? Par les points de suspension que l’écrivain a en horreur ? Par les conseils de lingerie fine qu’il prodigue à Adeline ? Par cette image d’une maison emplie d’enfants (parce que si Pierre-Marie a vécu avec quatre femmes différentes, il a aussi eu des enfants, et des petits-enfants !) ? Par ce couple d’amis, Max et Josy, collés l’un à l’autre depuis des dizaines d’années ? Par Lisbeth, cette croqueuse d’hommes qui saute sur l’écrivain ? Par toutes les maladresses des uns et des autres ? Si le roman commence par une bise légère et frivole, mistrals et tempêtes ne vont pas laisser le lecteur tranquille. D’ailleurs si vous choisissez de lire ce livre, ménagez-vous quelques heures de temps libre car, sauf crise de masochisme aiguë, vous ne pourrez plus le refermer. Et quand on arrive à la dernière page, on regrette de l’avoir lu si vite ! Noukette a tout à fait raison de dire que c’est un « roman-doudou » ! Est-il utile de préciser qu’il sera aussi agréable de le lire sur une plage que n’importe où ailleurs ?

 

« J’ai simplement fait une expérience nouvelle et formidable : donner du temps, de l’attention, un coup de main, me remplit autant (et mieux) que les paquets de chips ou de biscuits que je dévorais pour calmer mes angoisses. Depuis que je suis attentive aux autres, croyez-moi ou pas, je maigris ! Pas assez encore pour concourir à l’élection de Miss Sarthe, mais je n’ai pas tant d’ambition.»

« Ces obsédés des points de suspension semblent vous dire : ah, si on me laissait faire, vous verriez cette superbe description que je vous brosserais là, et ce dialogue percutant, et cette analyse brillante. J’ai tout ça au bout des doigts, mais bon je me retiens. Pour cette fois ! On a envie de leur suggérer à l’oreille : laissez-vous donc aller, mon vieux, ne muselez plus ainsi ce génie qu’on devine en vous et qui ne demande qu’à nous exploser à la gueule. Lâchez-vous et le monde de la littérature en sera sous le choc, je vous le garantis. »

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commentaires

PHILIPPE D 16/03/2016 21:30

Comme je suis souvent à contre-courant, je dois dire que cette lecture que je viens de terminer ne m'a pas émerveiller ! J'ai apprécié cette lecture, mais sans plus, et je ne vois pas trop pourquoi on le classe dans les romans "feel good"...
Bonne fin de soirée.

didi 16/08/2015 20:32

Coucou Violette,
Je ne manquerais pas de lire ce livre un pour l auteur' deux pour le thème et trois ben parce que tu l as aimé

Violette 17/08/2015 11:11

:) Tant d'arguments? Cours le lire alors !

Ariane 14/08/2015 23:03

J'ai trouvé ça.. gentil. Une lecture sans grand intérêt à mes yeux.

Violette 15/08/2015 15:55

moi qui ne suis pas une adepte des romans "feel good", j'ai bien accroché.

Emma 14/08/2015 14:36

Peut-être un jour, ça fait du bien de lire de tels livres de temps en temps.

Violette 14/08/2015 16:33

je précise qu'il n'est ni gnangnan ni cuculapraline ! :)

Hélène 07/08/2015 10:23

Je ne suis pas fan des romans épistolaires ...

Violette 10/08/2015 10:29

Celui-ci est très agréable à lire!

Noukette 06/08/2015 14:34

Un roman-doudou oui, il fait un bien fou sans être dégoulinant de guimauve ! Un sans fautes ce roman à quatre mains !

Violette 07/08/2015 09:13

Un grand plaisir de lecture, parfait pour l'été sans que ça dégouline de bons sentiments, comme tu dis!

monpetitchapitre 06/08/2015 13:15

Hum, je crois que je vais passer, je n'avais pas aimé du tout "Quand souffle le vent du nord"...

Violette 07/08/2015 09:11

C'est vrai? Je lui ai trouvé des points communs mais tu pourrais tout de même essayer?!

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