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20 janvier 2018 6 20 /01 /janvier /2018 10:48

 

 

            Cela fait quelques années que je guette les sorties des œuvres d’Olivier Adam, les déceptions ont été rares et ce livre fait partie des (très) bons crus.

 

             La narratrice est une jeune femme qui travaille dans une maison d’édition. Elle est la fille d’un chanteur célèbre et se rend à Lisbonne pour le retrouver. A travers plusieurs retours en arrière, on apprend que cette fille n’a jamais vu ses parents vivre ensemble, qu’elle a été délaissée par sa mère trop belle –trop coquette – trop courtisée – à l’âge de huit ans, que son père l’a recueillie sans jamais véritablement jouer le rôle de parent. Que son enfance et son adolescence ont été marquées par des fêtes et des orgies dans la grande villa de son père, qu’il a collectionné les aventures, les amis, les cuites, les colères contre les paparazzis. Elle a vécu dans son ombre, entre crainte et tendresse, entre respect et distance. Et puis elle est devenue une femme, exilée à Paris, vivant chichement et discrètement, en sourdine et en transparence. Un jour, son père disparaît, ses affaires sont retrouvées de telle manière que tout laisse penser à un suicide. Oui mais les deux copains de la narratrice l’ont aperçu à Lisbonne. Dans cette quête portugaise, elle reviendra transformée, cessant doucement de se tourner vers ce mystère paternel et se préoccupant enfin d’elle-même.

 

              On s’engonce dans la douceur de ce roman comme dans un immense coussin moelleux dont on ne voudrait plus émerger. Mélancolique sans être attristant, sensible sans être larmoyant, ce texte à fleur de peau se double d’une enquête sur un père à la personnalité fuyante et complexe. Le star système est largement égratigné (et ça sent le vécu) et insiste sur ceux qui vivent à côté de la célébrité. Les promenades dans les rues de la belle Lisbonne n’ont fait que rajouter quelques petits bonheurs à cette lecture qui en contient déjà tant !

 

La fille : « A l’extérieur, dans les bureaux, les boutiques, les appartements, les éclairages trop crus me blessent. Les néons froids, les laids halogènes, les ampoules nues accrochées aux plafonds. Une écharde dans la rétine, une autre dans le cœur. […] Mes manies. Mes empêchements. Mes troubles obsédants […] Les objets que j’assignais à des emplacements millimétrés. Les plafonniers que j’avais privés d’ampoules. Le volume de la musique, du téléviseur, que je maintenais au minimum

 

Le père aux mille visages (dont la dimension schizophrénique me parle…) : « Tourmenté ou serein. Jouisseur ou ascète. Zen ou déglingué. AU fond du trou ou exalté. Mondain ou solitaire. Bavard ou muet. Noceur ou paysan. Mystique ou cynique. Dandy magnétique, semi-clochard céleste, rockeur inflammable, rongé d’alcool. Moine trappiste, vieux sage cosmique abstinent, parlant aux arbres et fondu dans le ciel, aux roches, aux galets, aux transparences des eaux courant limpides sur les cailloux dorés. Dragueur princier, collectionneur de femmes ? Amoureux transi brisé par ses ruptures successives. Homme d’un seul amour. Chanteur adulé. Ermite. Père absent. Père maladroit, emprunté et inquiet. Père évaporé sans laisser de traces. »

 

A lire en priorité : Les Lisières, La renverse.

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17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 12:50

 

           Tora, entre enfance et adolescence, vit avec sa mère Ingrid qui ne lui montre que peu d’affection et son beau-père Henrik qui sera pour elle son « péril ». Les trois occupent une partie d’une grande maison qu’abritait « en grand nombre vermines humains et détritus. » En Norvège, dans ce petit village côtier, les hommes vivent de la pêche, le monde est cruel et le quotidien âpre et souvent hostile. Tora prend l’habitude de monter au grenier, là où personne ne la voit pour s’inventer des rêves et une autre vie. Elle ne comprend pas pourquoi elle est rejetée et traitée de « fille de Boche. » Sa tante, porteuse de vérité, lui révèle qu’elle est la fille d’un soldat allemand que sa mère a aimé pendant la guerre. Et cette même tante Rakel se révolte du mutisme de sa sœur : « C’est quand même toi sa mère. C’est à toi de lui expliquer que, dans cette affaire, on s’est tous battus côte à côte et qu’elle n’a pas à avoir honte de celui qui aurait été son père si tout s’était bien passé ! Que le bon Dieu, les hommes et le diable fassent la guerre et autres choses du même genre, ce n’est pas à nous les femmes d’en avoir honte. Ce n’est pas à nous de courber la tête. C’est à nous de voir au-delà des mensonges et des silences, de veiller à nous soutenir mutuellement. » Mais Ingrid se mure dans un silence qui l’enferme dans un monde où elle ne voit pas tout le mal que fait Henrik à sa fille. L’école sauve Tora du gouffre mais aussi l’arrivée d’un garçon laid et sourd-muet, Frits.

 

           A l’image de cette histoire, ce roman d’apprentissage donne un coup de fouet cinglant et glacial, la petite Tora grandira dans des conditions rudes et inacceptables. J’ai eu du mal à entrer dans ce texte qui m’a demandé plus de concentration qu’un autre. Rugueux et sans concession, comme la terre qu’il représente, il est aussi capable d’une grande subtilité quant à la psychologie des personnages. De nombreux passages sont à surligner pour leur puissance et leur justesse. Le roman fait partie d’une trilogie, La Trilogie de Tora ; j’ai jeté un coup d’œil dans le tome 2 et rien que de savoir qu’Henrik fait son grand retour m’a glacée (on avait réussi à s’en débarrasser à la fin du 1er tome). Je ne sais pas si je lirai la suite un jour mais il ne fait aucun doute que Herbjørg Wassmo possède un grand talent pour brosser des portraits féminins (elles sont si fortes par rapport aux hommes dans ce roman !) mais aussi dévoiler un morceau de Norvège. Oui, je lirai sans doute un autre de ses livres.

 

 

Première apparition de  Frits : « A l’évidence, sa mère avait manifesté plus de goût en l’habillant que le Seigneur en le créant. »

« Elle était un escargot en plein milieu de la route. Il fallait seulement espérer qu’aucune voiture n’arriverait. »

« Ça devait quand même être bien d’être dans la situation de Frits. D’avoir un malheur qui porte un nom. Un nom qui vous permette de suivre votre propre route et qui donne aux gens envie de vous revoir lorsque vous n’êtes pas là. »

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14 janvier 2018 7 14 /01 /janvier /2018 22:07

 

              En attendant la sortie du quatrième tome de L’Amie prodigieuse, quoi de mieux que de lire un autre texte écrit par l’auteur. Il s’agit d’un album pour enfants que je conseillerais à partir de 6-7 ans.

             La narratrice est une poupée. Elle adore sa « maman » qui est une petite fille nommée Mati. Mais ce jour-là, le papa de Mati lui a offert un petit chat noir et blanc et Mati délaisse sa poupée préférée sur la plage. En levant le camp avec sa famille, quelques plus tard, elle l’oublie même sur le sable. Le soleil s’est couché, le plagiste, le « Cruel Plagiste »range parasols et chaises longues et, avec son ami, le Grand Râteau, il s’évertue à faire un gros tas des déchets dont la poupée fait malheureusement partie. Mais le Cruel Plagiste se rend compte qu’elle « a encore des mots à l’intérieur » ! Eh oui, tous les mots que Mati a appris à sa poupée et qui lui ont permis d’entretenir une vraie complicité ! La poupée devient précieuse… c’est sans compter un Hameçon, un feu dévorant et une grosse vague qui mettent en péril la vie de notre narratrice. Tout est bien qui finit bien puisqu’un mystérieux Animal à moustaches vient sauver cette poupée en mauvais état et la rapporter à Mati. Le chat qui n’été pas aimé est devenu le sauveteur et a consolé la petite fille en pleurs.

                    Ce petit ouvrage a été lu à deux, je lisais deux pages, ma fille prenait le relais, etc. Elle a beaucoup apprécié cette lecture même si l’épisode de la plage l’a effrayée. A presque neuf ans, elle est encore très attachée à son doudou et elle s’est identifiée à cette poupée abandonnée. Le passage sur les mots l’a surprise mais elle y a vite adhéré. L’album permet d’aborder les thèmes de la jalousie et de l’amitié. L’illustration sobre et tendre sied parfaitement à la poésie de l’histoire.

L’amitié, une plage… finalement, on n’est pas si loin de notre belle saga romanesque !

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11 janvier 2018 4 11 /01 /janvier /2018 12:46

 

               Alexandre est bibliothérapeute. Vous ne connaissez pas ce métier ? Normal, on ne l’enseigne qu’au Canada. Son objectif, on le devine facilement : soigner l’âme par la lecture. Alexandre est pourtant mal placé pour donner des leçons de vie : avec son physique ingrat, il fait plutôt fuir les gens, sa copine vient de le quitter, des patients, il n’en a pas tant que ça et sa mégère de propriétaire lui réclame quelques loyers de retard. Ajoutez à cela que sa mère, une universitaire lettrée, ne lui a pas donné le goût des livres (il y a incompatibilité entre eux deux) et qu’il a un mal fou à être sociable mais aussi à faire du sport, à imaginer de se marier ou de devenir père. Ses clients : un footballeur archi connu, un adolescent défiguré suite à un accident de voiture et un commercial déprimé parce qu’il travaille trop.

             Vous ne croyez pas à la bibliothérapie ? De la manière dont elle est décrite dans le roman, honnêtement, moi non plus ! Et les cinquante premières pages m’ont sérieusement fait craindre le pire parce que je doute qu’on soigne un burn-out en lisant Cocteau ou une dépression en tournant les pages d’un Kundera ! Mais finalement, le héros qui serait plutôt un anti-héros ainsi que le romancier lui-même savent faire preuve d’autodérision. Malgré les maladresses et les longueurs, certains passages sont drôles, d’autres m’ont donné envie de lire des livres, et j’en appelle à vos commentaires si vous les avez lus : Thomas l’Imposteur de Cocteau, La vie est ailleurs de Kundera, Les Hommes de bonne volonté de Jules Romains ou encore Monsieur Teste de Paul Valéry.

            Et je remercie les amis qui ne m’ont pas offert ce livre… qui était destiné à mon mari !

« Les livres, leur disposition, leur état en disaient long sur leur propriétaire. Combien d’habitations ne renfermaient aucun livre ? Aucune revue, même ? Des lieux sans lecture, coupés de l’intelligence. Ou alors, des lieux qui faisaient un usage particulier des livres : cale-meuble, table de chevet (en les empilant sans jamais les ouvrir), le livre factice, à la couverture souvent horrible, au titre bien réel, Le Roman de la momie, désespérément vide de mots… ». Je rajouterai : la bibliothèque qui ne contient qu’une quinzaine de titres… en s’approchant, on s’aperçoit que ce sont les livres achetés au collège et au lycée, achats contraints par la méchante prof de français !

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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 13:03

 

           Cadeau de Noël très apprécié, ce tome 5 a été dévoré à trois !

           Cerise communique avec sa mère par écrit. Elle veut tout savoir sur son père qui est mort quand elle était encore petite.  Elle n’enquête plus sur de mystérieux inconnus mais sur elle-même et sur son passé. Sa mère lui révèle des secrets qu’elle ne pouvait lui avouer auparavant à cause de la trop grande sensibilité de sa fille. Il est temps de faire table rase et de tout se dire ; la seconde moitié du tome réserve encore bien des surprises.

          Je ne veux pas en dire trop mais sachez que nous étions au bord des larmes pendant la lecture des premières planches.  La tristesse d’une petite fille qui a perdu son papa chéri si brutalement ne peut laisser les lecteurs insensibles. Même si elle s’est faite plus discrète, la souffrance de la maman m’a aussi beaucoup touchée, elle oscille entre la gestion de son propre deuil et la prise en charge de sa fillette tombée en dépression. Heureusement, la suite de l’histoire, « l’après-révélations » redonne un élan tout à fait positif à l’intrigue ; il s’agit de renaissance, de nouvelle vie, de nouveau départ. Je ne savais pas que c’était le dernier tome mais c’est une belle conclusion que nous livrent les auteurs, pleine d’espoir et de reconstruction. Une leçon de sincérité et d’honnêteté aussi. Les dessins sont fidèles à la qualité des quatre premiers tomes, raffinés, oniriques et parfaits de précision. Voilà une série qu’il fait bon avoir à la maison pour la relire de temps en temps.

          J’ai décidé d’arrêter de mettre des notes aux BD et albums mais cet opus-là vaut bien un 20/20 ! Dommage qu’il n’y ait pas de suite.

Bon vent Cerise, tu vas nous manquer !

« J’ai appris que « pardonner », ça ne veut pas dire « ce n’est pas grave », mais plutôt, « ce qui m’est arrivé ne pourra pas m’empêcher d’être heureux (ou heureuse) ».

« Maintenant je sais qui je suis et je compte bien profiter de la vie ! »

 

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5 janvier 2018 5 05 /01 /janvier /2018 11:14

 

          Interpelée par une voisine, la narratrice sursaute au nom de Charlotte Delbo, cette résistante qui a survécu au camp d’Auschwitz.  Elle veut en savoir plus et passe la voir. D’abord réticente, « je ne suis personne, pourquoi parler de moi », Jenny se livre, se raconte et se souvient.

            Elevée par des parents « polonais, juifs et athées », Jenny ne savait pas ce qu’était un Juif. Ses parents vendaient des bas en laine et des chaussettes sur les marchés. La mère, Rivka, hyperactive, parle parfaitement le français, cuisine très bien. C’est un adulte sur lequel Jenny peut compter. Et elle a confiance et ne craint ni de se perdre, ni d’être abandonnée. A neuf ans, en 1934, Jenny défile avec son père à la manifestation unitaire des Gauches. C’est à son père malvoyant que Jenny va faire la lecture tous les jours : Hugo, Tolstoï, Zola vont y passer même si la fillette va parfois sauter les descriptions trop longues. La guerre éclate. La famille au grand complet se demande si elle doit révéler ses origines religieuses ou non. Elle fera le mauvais choix. Alors que les interdictions prônées contre les Juifs se multiplient, Jenny aidée de sa meilleure amie Monique, continue à bien travailler à l’école et à rendre ses parents fiers. Ce fameux et terrifiant 16 juillet 1942, un flic qui est un ancien voisin vient arrêter toute la famille. Alors que les enfants qui ont obtenu, par leur naissance, la nationalité française peuvent rester, les parents sont emmenés dans un ailleurs qu’ils ignorent même s’ils pressentent le pire. Les dernières minutes passées entre enfants et parents sont l’occasion de faire des recommandations, de donner des conseils et des consignes avec tout l’amour dont Rivka en est capable. Ils ne se reverront plus jamais. Jenny et son frère Maurice évoluent, grandissent, se cachent, vivent tant bien que mal jusqu’à la Libération. Jenny réussit son Bac, devient institutrice en perpétuant les valeurs et les principes inculqués par sa mère : liberté, justice, féminisme.

             Un peu déstabilisée par le début du roman, le « je » de Jenny se mêlant à celui de la narratrice, j’ai rapidement été charmée par le style vaporeux et délicat de l’auteur. On a beau se dire : un énième récit sur les camps de concentration, il n’y en a pas un seul « de trop » et celui-ci se distingue par sa simplicité et son authenticité. Entre biographie et roman, Geneviève Brisac rend un bel hommage à Jenny Plocki, cette grande dame aujourd’hui âgée de 91 ans.

« Je n’avais jamais pensé que nous étions juifs. C’est difficile à expliquer, mes parents n’évoquaient jamais la tradition, nous ne faisions rien pour les fêtes, et je ne savais même pas ce que c’était. J’ai détesté être juive, si c’était ça. Puisque c’était ça. »

« Ce que je voudrais, c’est que tu ailles à l’école jusqu’à la fin de ta vie, disait Rivka à sa fille. »

« Rivka, qui a appris à sa fille à ne pas croire au Père noël, ni à la petit souris, ni à Dieu ni à diable, mais seulement à l’amour, à la lutte et à la liberté, lui apprend en deux heures à être une femme libre, une femme indépendante. »

 

Livre repéré chez Sylire et Eva !

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1 janvier 2018 1 01 /01 /janvier /2018 08:27

 

             C’est encore une page qui se tourne, elles se tournent d’ailleurs de plus en plus vite, semble-t-il. Trêve de mélancolie, l’année 2017 fut pour moi un bon cru, pas exceptionnel mais riche en changements positifs dont je suis, c’est assez rare pour le souligner, l’initiatrice. En ce qui concerne les lectures, 2017 a été un réservoir de bonnes surprises (avec quelques ratés mais il faut bien, n’est-ce pas…)

Bilan romans.
             Les coups de coeur évidents et fulgurants (par ordre de préférence) :

Dans la forêt de Hegland

 Le Dahlia noir d’Ellroy

 L’aveuglement de Saramago

Je rajoute : Les Falsificateurs de Bello, Le Jour d’avant de Chalandon, Les Giboulées de soleil de Lenka Horňáková-Civade, No home de Yaa  Gyasi, Watership Down d’Adams, les Ferrante, Indian Creek de Fromm, Le dimanche des mères de Swift, Petit pays de Faye, Surtensions de Norek, Ciel d’acier de Moutot… et j’en oublie sans doute !

Bilan BD.

         Tout ou presque a été bon, savoureux. Lire une BD est une parenthèse colorée et vivante, une virgule importante dans mes programmes de lecture de romans. Je cite les classiques Les Vieux Fourneaux, Les Beaux étés, L’adoption, puis Imbattable de Jousselin, Le sang des valentines de De Metter, La Légèreté de Meurisse et quelques Zep que j’ai appréciés.

 

Je terminerai par dire que j’ai découvert, cet été, qu’une blogueuse dont je lisais les billets régulièrement, n’était autre… qu’une collègue ! Ravie, vraiment ravie de cette belle surprise, miss Tiphanie !

 

          Fidèles lecteurs, visiteurs occasionnels, grands et petits lecteurs, passez tous une très belle et riche année 2018 !

 

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29 décembre 2017 5 29 /12 /décembre /2017 11:15

          Je finis l’année en beauté avec ce surprenant et inoubliable chef-d’œuvre !

          Un feu rouge. Une file de voitures ; un homme, seul, dans la sienne, s’aperçoit brutalement qu’il est devenu aveugle : hormis un blanc laiteux et lumineux, il ne voit rien, absolument rien. Protégé et évacué par des passants, il est vite ramené chez lui où il raconte, paniqué, son aveuglement subit à sa femme épouvantée. L’homme qui l’a si gentiment accompagné chez lui décide de voler sa voiture. Alors qu’il s’arrête quelques rues plus loin, il devient aveugle à son tour. La femme du premier aveugle l’emmène chez un ophtalmologue qui n’a aucune explication à ce handicap survenu si inopinément : ses yeux sont en parfaite santé ! Quelques heures plus tard, l’épouse de l’aveugle perd la vue mais aussi le médecin qui l’a examiné et les patients qui l’ont croisé dans la salle d’attente. L’épidémie se propage à toute allure et, pour l’endiguer, ce groupe des premiers atteints va être placé en quarantaine dans un asile d’aliénés inoccupé. Commence alors un âpre combat pour survivre, un enfer chaque jour grandissant où ne brille qu’une petite lumière : la femme du médecin n’a pas perdu la vue, elle est la seule à voir et à pouvoir guider les autres. Alors que de nouveaux venus s’emparent d’un pouvoir avilissant et destructeur, la crasse et l’abandon de soi prédominent dans un endroit où eau potable et électricité n’existent plus, où les vivres arrivent au compte-gouttes en quantité insuffisante, où les autorités ont reçu ordre de tirer sur le moindre aveugle posant problème. Le huis clos va s’achever pour laisser la place à un road trip urbain insolite où il s’agit de retrouver sa maison mais surtout de quoi manger.

            Quel cauchemar ! Être aveugle dans un monde d’aveugles tourne vite à la bestialité, au chaos plus grand qu’on ne puisse imaginer : voitures embouties dans des rues couvertes d’excréments et de cadavres, magasins éventrés, gens perdus mangeant tout et n’importe quoi, animaux domestiques redevenus sauvages,… La vision effrayante de ce tableau apocalyptique se retrouve dans l’écriture de Saramago : dense, sans points et sans paragraphes, étouffante et pourtant fascinante. On lit en apnée, en non-stop, on se laisse envahir par cette fable terrifiante. Les personnages n’ont même pas de prénom et le garçonnet louchon, le vieillard au bandeau noir, la jeune fille aux lunettes teintées, le médecin, le premier aveugle et la femme du premier aveugle vont tenter de préserver une certaine dignité et de s’entraider pour ne pas sombrer complètement. Cette lecture a été une grosse claque pour moi, à tous points de vue : un second degré permet d’apercevoir une vision cynique et dérisoire de l’être humain, tantôt grotesque, tantôt pitoyable, il n’est plus qu’une âme en peine errant dans un monde où il ne trouve aucun secours. L’histoire donne à réfléchir, laisse poindre une faible lueur d’espoir, extrêmement ténue mais présente tout de même. Si le livre est un chef-d’œuvre, je me permets de le déconseiller aux âmes sensibles ou sujettes à la dépression.

Un auteur que je ne lâcherai plus d’une ligne !

 

Les premières minutes de l’aveuglement du médecin. Il se « regarde » dans le miroir : « il tendit seulement les mains jusqu’à toucher le verre, il savait que son image était là et le regardait, l’image le voyait, lui ne voyait pas l’image. »

« ce qui est difficile, ce n’est pas de vivre avec les gens, dit le médecin, c’est de les comprendre. »

« la cécité, on le sait, ne se soucie ni des métiers, ni des offices. »

« Les mots sont ainsi, ils déguisent beaucoup, ils s’additionnent les uns aux autres, on dirait qu’ils ne savent pas où ils vont, et soudain à cause de deux ou trois, ou quatre qui brusquement jaillissent, simples en soi, un pronom personnel, un adverbe, un verbe, un adjectif, l’émotion monte irrésistiblement à la surface de la peau et des yeux, faisant craquer la digue des sentiments (…) »

Certaines images très fortes :

-         l’eau pure et potable bue après des mois de consommation d’eau croupie. Bue dans des verres en cristal, elle fait trembler de plaisir et arrache des larmes aux aveugles.

-         Ces trois femmes nues, profitant d’une forte averse pour laver leurs habits, se doucher et se frotter mutuellement. « on dirait des folles, elles doivent être folles. »

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26 décembre 2017 2 26 /12 /décembre /2017 19:15

 

             Merci est le prénom d’une ado au style gothique qui commet régulièrement de petites conneries comme taguer un mur. Devant le juge, elle se défend par quelques remarques insolentes puis finit par dire que sa ville « est nase ». En juge bienveillant et généreux (on voit bien qu’on est dans une fiction !), le type la sanctionne à sa manière : faire 150 heures au sein du conseil communal à qui elle devra proposer un projet. Entre balades dans la ville et petits conflits avec ses nouveaux « collègues », Merci découvre la seule star du coin : un poète du nom de Chevenal qui va l’inspirer pour réaliser son projet.

             Je me suis parfois un peu ennuyée dans cette univers guimauvesque, je n’ai pas été emportée par l’histoire et cette gamine pseudo-gothique ne m’a pas touchée le moins du monde… Oui, je suis passée à côté d’un Zidrou, je n’ai pas honte de le dire (c’est déjà arrivé, hélas !) mais j’ai trouvé cette intrigue longuette pour terminer en queue de poisson (on n’est pas loin de se demander s’il ne manque pas quelques planches !) Côté positif : l’idée trouvée par cette ado révoltée (je vois des ado qui font la gueule tous les jours et qu’elle ait eu cette idée… pour la crédibilité, il faudra repasser !) de créer une fête de la poésie : lire des morceaux de poème sur le trottoir, visiter le « cimetière des poèmes inachevés », payer sa place de parking avec quelques vers récités au gardien (c’est le centre-ville qui est devenu « poétonnier » !), déguster de la « tarte aux rimes ou boire un ..vers », murmurer des vers à l’oreille des volontaires, ça me plaît !

L'avis bien plus positif de Noukette!

« 14/20 »

 

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24 décembre 2017 7 24 /12 /décembre /2017 12:29

            Noël arrive en même temps que les vacances cette année, c’est déjà un premier beau cadeau. Je vous souhaite, à toutes et à tous, de très belles fêtes en famille, des retrouvailles riantes, gastronomiques et festives !

         JOYEUX NOËL !

 

les miam-miam de par chez moi...

 

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