
- Une histoire de la Comédie-Française -
Tout commence avec Molière qui, pourtant, n’a pas connu la Comédie-Française. Sa troupe qui a joué plus de 2400 représentations de près d’une centaine de pièces, est consacrée, par Louis XIV en 1680, « Comédiens ordinaires du roy ». Ce même roi leur accorde l’exclusivité du répertoire français, ce qui vaut à la troupe le surnom de « Comédie-Française ». Mais la concurrence est rude (notamment avec l’Hôtel de Bourgogne) et les conflits nombreux. Au XVIIIe siècle, Voltaire est le dramaturge le plus joué, c’est lui qui propose de créer une école d’art dramatique (qui ne verra le jour que vingt ans plus tard) et des tournées (elles attendront le siècle suivant). En 1777, c’est Beaumarchais qui fonde la future SACD qui verse des droits d’auteur aux dramaturges. En 1789, à la faveur de la Révolution, les comédiens deviennent enfin des citoyens à part entière. L’année suivante, les perruques sont abandonnées et on ose dénuder ses bras. La Comédie-Française ne bougera plus du Palais-Royal à partir de 1799, date à laquelle le rideau bleu de la scène cèdera la place au rouge flamboyant. La première représentation (Le Cid) connaît un énorme succès et le célèbre fauteuil de Molière du Malade imaginaire trône toujours dans la Salle des Bustes.
J’ai évidemment beaucoup aimé cet album riche et instructif. Je ne savais pas que la Comédie-Française avait déménagé et changé de noms tant de fois. J’ai aussi appris que c’est parce que les comédiens avaient tendance à sécher l’assemblée générale que Louis XIV leur a remis un jeton de présence avec le symbole de la ruche et de l’abeille et la fameuse devise « Simul et Singulis » (ensemble et individuellement). Au XVIIIe siècle, le public n’hésitait pas à intervenir lors d’une représentation, criant « plus haut » par exemple, et le comédien de répondre, créant interruptions, altercations, voire bagarres. Les dessins dynamiques, colorés et très gracieux de Virginie Augustin m’ont beaucoup plu et l’humour omniprésent du scénario rend cet album accessible au plus grand nombre.
Merci à ma chère Marijo pour cette jolie découverte !
« Le théâtre n’est-il pas un divertissement utile ? »


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