
En 1987, Cora, accompagnée de sa fille de neuf ans, Maia, s’apprête à déclarer la naissance de son petit garçon. Il a été convenu avec son mari Gordon d’appeler leur fils du même prénom. Mais en discutant avec son aînée, Cora fait le choix d’aller à l’encontre de cette tradition familiale qu’elle exècre, elle l’appellera Bear, sur l’idée de Maia. C’est sans compter la l’écœurante violence de Gordon qui la frappe à cette annonce. Mais que serait-il passé si Cora avait appelé son fils Julian, un prénom plus classique qui, signifiant « ciel père », rend hommage à Gordon ? Il ne laisserait pas davantage passer cet acte de rébellion. Et si elle l’appelait Gordon, selon ses souhaits ? Cette vie de soumission et de maltraitance se poursuivrait mais que deviendraient Maia et ce petit garçon ?
L’autrice propose trois versions différentes correspondant aux trois prénoms. J’ai eu peur qu’elle ne tombe réellement dans les clichés en faisant de Gordon Junior un être méchant à l’image de son monstre de père mais finalement, elle a su se montrer plus subtile et moins manichéenne. J’ai détesté retrouver une énième fois un homme odieux et un comportement avilissant (mes lectures de l’année en débordent !). Dans l’une des versions, les enfants devenus grands savent très bien ce que Gordon fait subir à leur mère mais ils ne réagissent que tardivement. J’ai lu ce livre rapidement, c’est fluide et assez agréable et la lecture est aussi un moyen de tester sa mémoire : il faut se souvenir d’une version avant de passer à une autre. J’ai trouvé l’idée intéressante et originale mais je n’ai pas tellement compris la motivation de l’autrice si ce n’est démontrer que le choix d’un prénom peut changer une vie (ce qui est biaisé ici par la tyrannie de Gordon). Il me semble que les versions ne sont pas toujours cohérentes les unes avec les autres, que les personnages changent souvent du tout au tout d’un récit à l’autre. Je ne suis pas sûre qu’il me restera grand-chose de ces trois histoires et ne suis pas en accord avec les éloges des bandeaux de la première de couverture.
« Après coup, Cora ne sait pas très bien ce qui lui a fait dire ça, seulement qu’elle l'a fait et que c'était bien. Alors que le bébé dort dans son landau - Julian ciel père, éthéré, transcendant – Cora a l'impression d'être plus enracinée qu'elle ne l'a été depuis des années. Les pieds bien plantés, il lui semble tenir à l'abri dans sa paume, tel un cerf-volant, les deux cordes de la vie de ses enfants. »










