
C’est rare, en guise de résumé, je vous livre la quatrième de couverture : « Voilà enfin les vacances d’été ! Les cinq ami·e·s vont pouvoir profiter pleinement du soleil, de la mer et des douces soirées en terrasse ! Quelle joie ! Mais c’est sans compter, hélas, un événement aussi préoccupant qu’inattendu : on a dérobé un dossier de la plus haute importance dans le bureau de Charles Barral, le père de Garance et Nathanaël ! Tout ceci est bien mystérieux... Encore une enquête palpitante qui va donner bien du fil à retordre à nos cinq ami·e·s ! Qui donc a pu se livrer à un tel acte ? On apprendra seulement à la fin que c’est le voisin. »
Fabcaro s’attaque au mythique Club des Cinq, ébranlant cette Bibliothèque rose qu’on a tous eue entre les mains enfant. Le pastiche est drôle : le monde lisse et idéal qu’on connaissait vole en éclats révélant un père raciste et grossier, des enfants stupides, une fille discriminée parce qu’elle a ses règles, un garçon rejeté parce qu’il est orphelin. Comme souvent chez l’auteur, c’est irrévérencieux, parfois très lourd mais on a pu plusieurs fois me voir pouffer en le lisant. Les dessins, les photos et les collages participent à la parodie et à la satire sociale. Mention spéciale à ce pauvre chien Attila qui, toujours joyeux, peine tant à rejoindre les enfants, amputé des pattes arrière, « du fait de ses petites roues qui l’empêchaient de se mouvoir rapidement. » Le texte use et abuse de tics de langage, d’expressions toutes faites et d’injonctions désuètes (« Chic ! », « Ils n’en croyaient pas leurs oreilles », « Celui-ci alors ! », « en voilà un événement pour le moins étrange... »). C’est du 25e degré et l’absurde débarque à la fin du livre comme pour gaver encore un peu plus le lecteur, mort par asphyxie face à tant d’outrance !
(Enfant, je préférais - de loin - la série des Six Compagnons.)
Les enfants soupçonnent immédiatement les Roumains d’avoir commis le vol du dossier et pensent Josefa, la bonne à tout faire, complice. Josefa est entrée dans un Bioshop, les petits enquêteurs la suivent, se fondant dans la masse : « A peine entrés dans le magasin, ils se mirent pieds nus, s’enduisirent le corps de fromage de chèvre et se firent des dreadlocks pour ne pas dénoter parmi tous les clients du magasin. Les clients qui se croisaient au milieu des rayons, pour se saluer, joignaient leurs mains en prière, s’inclinaient légèrement en avant en disant « Kombucha gingembre ». Nos ami·e·s firent de même pour passer inaperçus. Il fallait jouer serré mais ils connaissaient ce genre de personnes pour en avoir croisés lors d’une précédente aventure. (Voir Les cinq ami·e·s contre les ZADistes et Pierpoljak.) »
« Heureusement qu’Apolline était de bonne humeur en toutes circonstances ! »










