
Quand je voyage, j’aime que mes choix de lecture aillent dans la même direction. Destination Amsterdam, quoi de plus naturel que de choisir un roman policier écrit par une journaliste hollandaise.
Karen et Michel, heureux parents dynamiques de deux enfants ont quitté la grande ville d’Amsterdam pour un petit village paisible non loin de là. Pour Karen, tranquillité va vite rimer avec ennui profond. Heureusement qu’elle fait la connaissance de quatre jeunes femmes de son âge, bourgeoises, sportives, fêtardes qui vont l’embrigader dans leur Club des dîneurs. Leurs maris s’entendent si bien, leurs enfants ont presque le même âge. Bref, entre shopping, dîners débridés et parties de tennis, c’est le bonheur… jusqu’à ce qu’on apprenne que l’un d’eux, Evert, a mis le feu à sa maison avant d’y périr. Heureusement, sa femme Babette et leurs deux enfants ont survécu au drame. Evert était dépressif, ses amis culpabilisent mais Hanneke a la réaction la plus ostentatoire, la plus impulsive. Elle disparaît le jour de l’enterrement avant d’être retrouvée défenestrée. Un suicide ? Il apparaît vite qu’Hanneke avait une liaison avec Evert. Mais Karen ne veut croire que sa meilleure amie avait des envies d’en finir… elle mène l’enquête dans son coin et se heurte au désir envahissant de Simon, le copain si séduisant qui lui plaît depuis deux ans…
On n’est pas loin de l’ambiance de Desperate Housewives, c’est grinçant à souhait, c’est en apparence tout sourire, clinquant et brillant mais derrière la belle couche de vernis moisissent les pires défauts du monde liés, bien sûr, à l’argent. La narratrice semble d’abord exempte de ces travers et, au bout d’un moment, elle doit bien admettre elle-même qu’elle s’est vautrée, elle aussi, dans les péchés de luxure, d’envie et de mensonge. Est-ce qu’un assassin rôde parmi le groupe d’amis ? Si oui, qui est-il donc ? On pourrait classer ce polar parmi les lectures de plage (c’est toujours un peu péjoratif) mais le style n’est pas mauvais, la plongée dans cette petite bourgeoisie hollandaise absolument délectable et je dois bien admettre qu’il ne m’a pas fallu deux jours pour lire ce très bon page turner. Par contre, à part des virées incessantes à vélo, je n’ai rien appris sur les mœurs néerlandaises !
« L’été qui suivit sembla durer éternellement. Les repas, les fêtes, les anniversaires et les barbecues sur la plage avec nos nouveaux amis s’enchaînaient. Depuis la fête chez Simon et Patricia, nous fêtions ensemble les anniversaires des enfants, nous passions à l’improviste prendre un café, nos maris jouaient au tennis le vendredi soir et nous terminions tous les soirées au Verdi, le café local sur la place : tout cela allait de soi. »











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