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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 21:13

 

 

 

 

            C’est parce que j’ai voulu honorer le Challenge Biographie d’Alinéa que ce livre s’est retrouvé dans mes mains.

            Née le 6 juillet 1907 au Mexique, Frida est issue de l’union de don Guillermo Kahlo et de Matilde Calderon, couple disparate qui ne s’est jamais vraiment aimé. Frida a un peu plus de trois ans en octobre 1910 quand la révolution éclate au Mexique, la famille (nombreuse) en subit des conséquences économiques mais Frida sera marquée à jamais par les changements et la renaissance mexicaine. Comme le dit Le Clézio, « les idées nouvelles, elle les porte dans sa chair, dans ses sentiments. »

            Constamment soutenue par son père photographe, Frida subit les souffrances de l’exclusion : atteinte de poliomyélite, elle vivra avec des séquelles toute sa vie : « une jambe plus mince que l’autre cachée toute sa vie par l’artiste, ainsi qu’une claudication dont l’intensité varie avec la fatigue. »

            Frida fait partie de la minorité féminine qui suit des cours dans la prestigieuse Ecole préparatoire Nationale, La Preparatoria de Mexico. Elle veut de venir médecin. Elle a la chance de bénéficier de la nouvelle orientation du gouvernement de José Vasconcelos, axée sur l’éducation, l’art et la culture. Frida est souvent la seule femme dans les discussions intellectuelles ; « espiègle et malicieuse, elle provoque des polémiques d’où naissent les lumières de la connaissance. » Pour éloigner la jeune femme de 18 ans d’un amour homosexuel, ses parents l’envoient chez un ami graveur publicitaire qui découvre l’« immense talent » de Frida en matière de dessin.

            Le 17 septembre 1925, c’est le drame : accompagnée de son bien-aimé, Gomez Arias, Frida est victime d’un terrible accident de bus lui valant « un pied broyé, une épaule démise, onze fractures à la jambe droite, une clavicule et deux côtes brisées. » Elle ne pourra plus être mère non plus. Contrainte à rester alitée, elle souffre de ses blessures mais aussi de la peine que lui a faite son « novio » en la quittant. En 1926, elle entreprend son premier tableau, un autoportrait mélancolique qu’elle envoie à Gomez Arias dans un dernier élan d’espoir.
           

            Ambitieuse, déterminée, cachant souvent aux autres ses douleurs physiques, c’est avec le soutien d’un muraliste réputé, Diego Rivera, qu’elle persévérera dans l’art de la peinture. « En choisissant des couleurs qui rappellent l’artisanat des Indiens du Mexique, Frida s’ouvre à l’indigénisme dont Rivera est le représentant le plus important. » Le mariage entre Frida et Rivera, de 20 ans son aîné, qui plus est, obèse, athée et volage, scandalise les parents de la jeune artiste. Amoureux, complémentaires et mus tous les deux par les mêmes convictions communistes, Frida et Rivera fuient aux Etats-Unis en 1930. San Francisco émerveille notre jeune Mexicaine. Elle peint peu alors que son mari couvre les murs de la Bourse de ses fresques.

            A New-York, Rivera connaît un grand succès mais son épouse est écœurée par la bourgeoisie. A Détroit, entre luxe et antisémitisme ambiant, Frida n’hésite pas à louer le régime soviétique et à dénoncer les persécutions contre les Juifs (Rivera et elle le sont).

            En 1932, elle donne naissance à un enfant mort, fausse couche qu’elle entreprend de mettre en peinture. « Aussi, chaque œuvre est-elle désormais une bouée de sauvetage qui la sauve d’un fatal naufrage ».

            Les années suivantes ne sont pas roses : Frida perd sa mère, souffre régulièrement de problèmes de santé et voit sa sœur et son mari devenir amants. « Pour punir son époux, elle se coupe les cheveux ! C’est un geste de vengeance, un cri de désespoir et une amputation symbolique de sa féminité».

            1937 est un tournant dans la vie de Frida : elle devient la maîtresse de Trotski, ce qui lui permet de s’émanciper et se met à peindre de manière plus assidue. Première exposition et premières ventes. André Breton, accueilli par le couple, promet à la peintre une rétrospective de ses œuvres à Paris. Malgré sa jambe accidentée qui la fait tant souffrir, Frida multiplie les conquêtes. Une aura plus d’importance que les autres : Nickolas Muray, photographe.

            En voyage à Paris, Frida s’ennuie, critique et se moque des surréalistes. Pourtant Kandinsky, Eluard, Max Ernst et même Picasso (qui lui offre des boucles d’oreille représentant les « mains de l’amitié ») saluent son œuvre. C’est en 1939 que le divorce avec Rivera est prononcé, Frida est malheureuse, Nickolas la trompe régulièrement ; elle peint alors Les Deux Frida, toile qui fait sensation.

            Après avoir sombré dans la dépression et dans l’alcoolisme, la peintre se laisse enfin soigner aux Etats-Unis et en 1940, se remarie avec Rivera. La mort de son père la plonge encore un peu plus dans un état neurasthénique. C’est pourtant avec bonheur qu’elle accepte d’enseigner son art en 1942.

            Malgré de multiples interventions chirurgicales et des greffes osseuses, la santé de Frida ne cesse de décliner. Elle passe de la chaise roulante à la position couchée ; en 1953, elle ne peut se lever que dix minutes par jour. En 1954, on l’ampute de la jambe droit. Alors que son talent est mondialement reconnu, alors qu’elle ne cesse de clamer son amour pour Rivera qui le lui rend bien, alors qu’elle continue de voir ses amis avec le sourire, elle meurt le 14 juillet 1954 emportée par une embolie pulmonaire.

 

            Ce n’est pas l’écriture du biographe qui m’a bluffée, c’est la vie de Frida Kahlo. Quelle femme ! A une époque où la femme, au Mexique, n’a droit à la parole que si on l’y autorise, Frida boit, fume, s’exprime avec ardeur… Sa passion réciproque pour Rivera m’a beaucoup marquée aussi, il est son premier fan, un soutien sans faille même si la relation conjugale a été chaotique parfois. Cette artiste aux 70 autoportraits aimant s'entourer de singes, a souffert physiquement toute sa vie durant mais a su faire preuve d’une immense détermination et d’une modernité surprenante.

            Est-ce ce personnage en particulier ? Je me suis réconciliée avec le genre de la biographie. Merci Alinéa ;-) 

 

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commentaires

Pyrausta 16/03/2012 15:03


il est dans ma PAL depuis hier

Violette 20/03/2012 22:23



une jolie petite parenthèse parmi les romans...



Pyrausta 16/09/2011 15:53



je ne connais pas cette bio mais l'artiste!!! quelle artiste et quelle femme!!! le film qui est sorti il y a quelques temps sur  elle fait partie de ma DVDtheque



Violette 16/09/2011 16:02



je l'ai trouvée par hasard... hasard qui fait bien les choses parfois ! ;-)



soukee 16/09/2011 14:32



J'aime beaucoup cette artiste, particulièrement depuis que j'ai lu sa bio par Le Clézio, Diego et Frida... Un petit moment de bonheur !



Violette 16/09/2011 15:52



je ne savais pas pour Le Clézio... quel couple, ces deux-là, hein!?



Pierre Clavilier 14/09/2011 10:03



Je suis ravis de constater que la vie de cette femme vous a fasciné et sensible au fait que mon travail vous ai réconciler avec le genre de la biographie.


J'espère vous lire bien vite.


une main amie


Pierre Clavilier



Violette 14/09/2011 10:55



je suis flattée de vous lire Monsieur Clavilier ! Un grand merci pour votre commentaire et pour ce livre qui marque.



jeneen 12/09/2011 21:27



beau, très beaubillet, très précis. Je vais y penser pour le challenge de Valerie K. En tout cas, le film est superbe aussi et assez fifdèle à ce que tu racontes. Merci pour la découverte.



Violette 13/09/2011 10:49



merci pour les compliments ;-) Depuis que je lis vos commentaires, je n'ai plus qu'une seule envie : voir le film!!! :))



niki 11/09/2011 18:56



frida kahlo, une grande bonne femme, qui a toute mon admiration, non seulement en tant qu'artiste mais aussi être humain 



Violette 12/09/2011 09:38



stoïque, fière, courageuse, c'est clair qu'elle a des leçons à nous donner !



Theoma 11/09/2011 18:37



oui quelle vie incroyable ! J'ai bcp aimé le film également.



Violette 12/09/2011 09:40



il me tarde de le voir...



Za 11/09/2011 13:15



J'aime terriblement Frida Kahlo. Mais que de souffrances pour arriver à de telles fulgurances. Une vie sans renoncement, jusqu'au bout...



Violette 11/09/2011 18:40



oh oui! et une vraie féministe...



L'Irrégulière 11/09/2011 11:45



Tiens, je note, je vais étudier Les deux Frida en fin d'année avec mes élèves, ça pourrait être intéressant !



Violette 11/09/2011 18:39



L'Europe et l'Amérique latine. Très bon choix de tableau ;-)



Mirontaine 11/09/2011 10:45



J'aime beaucoup Frida Kahlo, j'ai beaucoup de livres à son sujet mais je ne connaissais pas celui-là!



Violette 11/09/2011 18:38



je ne suis pas spécialiste des biographies, donc pas grand chose à dire au sujet de la qualité -ou non- de ce livre-là mais je me suis laissé emporter dans la vie de Frida, donc, ça doit être
mission accomplie :)



Margotte 11/09/2011 10:25



Si tu as aimé la vie de cette peintre, il faut absolument que tu vois le film (Frida) ! C'est un vrai moment de bonheur...



Violette 11/09/2011 18:37



oui, j'en ai très envie maintenant!



-Perrine- 11/09/2011 09:57



Cette femme a eu un destin incroyable ; pour son courage et sa formidable volonté, je l'admire beaucoup. Ses dessins, hors-normes comme le dit bien Alinéa, reflète la personnalité de l'artiste et
son humeur du moment. Je me souviens de "la colonne brisée", tragique...



Violette 11/09/2011 18:36



ses tableaux sont réellement déstabilisants. Je suis allée les voir (sur le net, hein) de plus près et c'est fascinant.



alinea 11/09/2011 06:01



Un destin hors norme. Merci pour ton article. Bon dimanche.



Violette 11/09/2011 18:35



ce fut un plaisir, vraiment.



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