
tome 1 : La crevette et l’anémone
Eustache est un garçon de neuf ans qui passe le plus clair de ses loisirs avec son aînée de 12 ans, Hilda. Leur mère est morte et Hilda assure ce rôle et le prend très à cœur. Des jeux de plage aux réflexions enfantines, frère et sœur sont préoccupés par la vieille et malade Fothergill ; défigurée et laide, elle fait peur. Pourtant, un jour, Hilda convainc son petit frère d’aller boire le thé chez elle. S’en suivra une belle et insolite amitié entre Eustache et cette dame à la fin de sa vie.
D’un charme suranné, le roman nous plonge dans une enfance faite d’insouciances mais aussi de peurs et de fantasmes. Dans ce récit initiatique, c’est surtout le point de vue d’Eustache qui nous est donné à voir, ses inquiétudes, ses divagations, ses projections dans l’avenir et ses rêves. Je n’ai pas tout aimé, certains monologues intérieurs m’ont un peu ennuyée mais je dois admettre que l’innocence de ce petit jeune homme m’a séduite. Hilda n’est pas en reste. Pas encore adulte, elle se montre mature, très attachée à son frère à tel point qu’elle se brime et en oublie sa propre vie. Des réflexions sur les liens fraternels jalonnent le roman mais également sur cette amitié fortuite qui lie une vieille femme que tout le monde fuit et un garçon qui grandit beaucoup à ses côtés. Et les plages anglaises du début du XXème siècle décrites par cette plume subtile et délicate, quel joli voyage ! Ce roman est le premier tome d’une trilogie. Il me semble qu’on trouve encore le 2ème tome en français mais je n’ai pas réussi à mettre la main sur le 3ème.
Je dois cette lecture à la Kube, cette box de livres que m’a offerte mon chéri à Noël. Je connaissais la maison d’édition de la Table Ronde mais cette collection Petit Quai Voltaire permet d’avoir entre les mains un objet de pure beauté, au papier raffiné et aux dessins très appréciables. En somme, une belle lecture dans tous les sens du terme !
Eustache et Hilda : « Sans elle, il était plus démuni encore que le lierre sans son mur. Elle était la clef de voûte qui soutenait son existence. »
Après une visite à Mlle Fothergill : « Cet après-midi-là marqua plus d’un changement dans l’attitude d’Eustache à l’égard de la vie. La laideur physique cessa de le repousser, et réciproquement la beauté perdit un peu de son attrait. »






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