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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 11:31

   Tu t’apprêtes à lire un résumé et l'avis d’un livre d’Italo Calvino. Tu t’étonnes d’être ainsi interpellé, tutoyé, toi, lecteur de ce blog. Ca t’amuse mais il y a cette pointe de gêne, tu as l’impression qu’on t’observe, qu’on te voit, assis sur ta chaise, les yeux fixés sur l’écran de ton ordinateur, la main droite collée à la souris… Tu te demandes ce qui te fait poursuivre la lecture, pourtant, plus que jamais, tu as envie de savoir ce qui suit.

    Ce misérable pastiche n’est rien à côté de l’immense talent d’Italo Calvino !
Quel toupet ! L’écrivain italien ose l’original, use et abuse d’insolite, de jamais-vu. Il dévoile les ficelles du travail de l’écrivain, nous fait découvrir les coulisses de l’œuvre, démantèle le squelette du roman, les mille choix qui rongent un auteur quand il écrit son texte.
«  La ville, là, dehors, n’a pas encore de nom ; nous ne savons pas si elle restera hors du roman ou si elle le contiendra tout entier dans sa noirceur d’encre. » et nous offre ainsi un brouillon de son œuvre. Du moins, c’est ce qu’il prétend. En réalité, l’écriture est fluide, virtuose, brillante et achevée, et ne manque jamais d’humour, d’ironie et de subtilité.

« C’est sans doute la raison pour laquelle l’auteur accumule supposition sur supposition dans de longs paragraphes dépourvus de dialogues : pour que je puisse passer inaperçu et disparaître dans l’épaisseur serrée opaque du plomb ».

   C’est un roman qu’il est très difficile de résumer. Le Lecteur puis la Lectrice en sont les personnages principaux. Le Lecteur est contrarié de ne lire que des incipit. Ainsi le roman est une alternance de chapitres consacrés à ces incipit (de genre et de style différents) et de chapitres dédiés au voyage initiatique du Lecteur.

Un roman sur les romans, un roman sur la dualité écriture/lecture où la frontière entre personnage, auteur, lecteur et narrateur est on ne peut plus floue. Une mise en abyme où rien n’est défini, aucune trame n’est linéaire, tout n’est qu’hypothèse. Mais aussi une farce de très très bon goût, l’auteur se moque des lecteurs mais aussi des écrivains (donc de lui-même !) et des genres romanesques et remet en question le roman traditionnel (dans la lignée des Surréalistes).

Le mot qui me vient à l’esprit et qui m’a poursuivie durant toute ma lecture : VIRTUOSITE ! On ne peut qu’admirer cette œuvre d’art, le génie de ce très Grand écrivain !

Deux extraits :

«  Ne crois pas que le livre te perde de vue, Lecteur. Le tu qui était passé à la Lectrice, il peut d’une phrase à l’autre se braquer sur toi. Tu demeures toujours l’un des tu possibles. Qui oserait te condamner à la perte du tu, catastrophe non moins terrible que la perte du moi ? Pour qu’un discours à la seconde personne devienne un roman, il faut au moins deux tu distincts et concomitants, qui se détachent de la foule des lui, des elle, des eux.) »


lorsque découverte charnelle et lecture se mêlent :
« A la différence de la lecture des pages écrites, la lecture que les amants font de leur corps (de ce concentré d’esprit et de corps dont les amants font usage pour aller au lit ensemble) n’est pas linéaire. Elle commence à un endroit quelconque, saute, se répète, revient en arrière, insiste, se ramifie en messages simultanés et divergents, converge de nouveau, affronte des moments d’ennui, tourne la page, retrouve le fil, se perd. (…) Ce par où l’étreinte et la lecture se ressemblent le plus, c’est ceci : en elles s’ouvrent des espaces et des temps différents de l’espace et du temps mesurables."

       Le roman, Se una notte d'inverno un viaggiatore a été publié en 1979, après la venue de Calvino à Paris, alors qu’il fréquente des cercles littéraires comme l'OuLiPo et rencontre Roland Barthes, Raymond Queneau et Georges Pérec.


Ce roman n'est donc pas à lire comme un autre roman, il est déroutant, parodique et finalement, pédagogique!


 Remarque sur la couverture du bouquin : l'auteur est un peintre suisse, Dominique Appia, dont l'oeuvre s'apparente à celle de Dali.

La plus connue :

Entre les trous de la mémoire

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