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8 avril 2026 3 08 /04 /avril /2026 17:36

Le Poète

Jack McEvoy est journaliste, spécialisé dans les affaires de meurtre. Lorsque son frère jumeau de flic, Sean, est retrouvé mort dans sa voiture, il a du mal à croire à la thèse du suicide. Il se met à enquêter et découvre qu’une série de morts de policiers, présentées comme des suicides à travers tout le pays, ont en réalité été mises en scène. Chaque corps était accompagné de quelques mots extraits d’une œuvre d’Edgar Allan Poe. A tant fouiller, Jack sera confronté au FBI qui finira par accréditer ses allégations. Il va immédiatement être attiré par une certaine Rachel Walling, excellente dans son domaine, et détester Thorson, son collègue et ex-mari, plutôt grossier et agaçant. En parallèle, William Gladden, un photographe pédophile qui revend des images d’enfants se fait arrêter puis relâcher, faute de preuves. Les histoires vont se rejoindre pour s’entrelacer diaboliquement.

C’est un bon thriller, efficace, de facture assez classique même si ce journaliste qui en sait beaucoup apporte une touche d’originalité au genre. J’ai aimé que la psychologie du personnage ne soit pas laissée de côté, que l’univers du journalisme et sa tyrannie du scoop occupent un bon nombre de pages. Le récit est sombre, les nombreux rebondissements ne font que noircir encore un peu plus ce tableau pessimiste d’une société qui va mal. Le revirement final est un brin extravagant et je trouve que malgré le rythme haletant, certaines circonvolutions de l’enquête étaient un peu superflues. Je crois surtout que j’avais besoin d’autre chose que d’un roman si noir...

J’ai découvert à la fin de ma lecture que ce roman était un des premiers succès de l’auteur (il a été écrit en 1996) maintes fois récompensé et que je n’avais jamais lu cet écrivain, j’étais persuadée du contraire.

Très bien lu par Benjamin Jungers. 16h44 d’écoute.

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27 mars 2026 5 27 /03 /mars /2026 19:46

L'amour

Jeanne et Jacques se rencontrent dans les années 70, ils flirtent, finissent par coucher ensemble. Ils se marient, ont un fils qui, une fois grand, va partir à l’autre bout du monde. Ils vont se disputer, s’agacer, s’aimer un peu quand même. Vivre au gré des copains, des modes, des présidents qui passent, des promotions au boulot, du modélisme, des mots fléchés, des achats de lave-vaisselle, de portables qui deviendront des smartphones, des chiens qui se succèdent et enfin des maladies et de la mort...

Si mon résumé est concis et lapidaire, c’est que le roman l’est tout autant. Il énumère les faits avec la sècheresse et l’objectivité d’un annuaire. Appeler son roman « L’Amour » et y mettre si peu de sentiments et aucune psychologie, il faut le faire ! Tout est d’une platitude sidérante. On ne sait même pas vraiment si c’est une satire des classes moyennes ou une façon déprimante de prouver que la vie passe très vite mais c’est sûr qu’il ne me restera rien qu’un agacement dont j’aurais pu me passer. Même la nostalgie des années 70 à 2000 n’a pas fonctionné. ... Ou un de ces livres dont on se dit qu’on aurait pu l’écrire soi-même, vraiment, et en quelques heures, sans problème.

Heureusement qu’en livre audio, c’était vite expédié (deux heures d’écoute – footing et douche) ! Le lecteur Pierre-François Garel lit très vite au début d’ailleurs et ralentit à la fin (à la vieillesse de Jeanne et Jacques... mouais). Je pensais découvrir cet auteur avec ce titre mais j’ai retrouvé une lecture qui date d’il y a presque dix ans, Vers la douceur, que je n’avais pas aimée non plus.

chez Sylire

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10 mars 2026 2 10 /03 /mars /2026 12:11

Soie Deux CD audio lus par Jacques Bonnaffé - Livre CD - Alessandro Baricco,  Françoise Brun - Achat Livre | fnac

25 ans après sa sortie...

En 1861, Hervé Joncour, marié à Hélène, est envoyé par son patron au Japon, à quatre reprises. Ces expéditions (car il faut trois mois pour s’y rendre) ont un but commercial : acheter des œufs de vers à soie de qualité exceptionnelle pour sauver les élevages ardéchois contaminés par une épidémie. Lors de ces voyages, Hervé rencontre le seigneur Hara Kei et surtout sa belle et mystérieuse maîtresse à qui il va vouer un amour impossible. D’idéogrammes japonais qu’il fait traduire par une tenancière d’un bordel nîmois en rêvasseries sans fin, le narrateur est amoureux d’une illusion, d’un mirage. Le retour en France rime avec retour à la réalité mais il aime aussi toujours encore Hélène qui va lui réserver bien des surprises...

Si la lecture audio – réalisée par Jacques Bonaffé et agrémentée d’interludes musicaux – m’a convaincue, je suis restée sur ma faim quant à ce livre dont on me vante les qualités depuis si longtemps. J’en attendais sans doute un peu trop et la brièveté de ce roman m’a frustrée. Poétique et dépaysant, le texte nous emporte dans un ailleurs tant spatial que temporel et se distingue par un minimalisme délicat qui met en valeur chacun des mots. Mais la femme a une place très accessoire, elle est soit fantasme (la maîtresse virtuelle de l’autre bout du monde) soit repère solide comme un bon meuble qu’on ne veut quitter (Hélène). Discrète voire évanescente, la femme aimée fascine par son corps uniquement. Evidemment que certaines images sont savoureuses, en lien avec la finesse de la soie, la nostalgie ou même la dévastatrice guerre qui fait rage au Japon mais je n’ai pas adhéré à cette vaine histoire d’amour.

« Il comprit qu’Hara Kei voulait le voir. Un panneau de papier de riz glissa. Et Hervé Joncour entra dans la pièce. Hara Kei était assis sur le sol, les jambes croisées, dans le coin le plus éloigné de la pièce. Il était vêtu d'une tunique sombre et il ne portait aucun bijou. Seul signe visible de son pouvoir, une femme étendue près de lui, la tête posée sur ses genoux, les yeux fermés, les bras cachés sous un ample vêtement rouge qui se déployait autour d'elle comme une flamme, sur la natte couleur de cendre. Hara Kei lui passait lentement la main sur les cheveux. On aurait dit qu'il caressait le pelage d'un animal précieux et endormi. »

« Ses yeux n'avaient pas une forme orientale et son visage était celui d'une jeune fille. Hervé Joncour recommença à marcher dans l'épaisseur des forêts, et quand il en sortit, se retrouva au bord du lac. À quelques pas de lui, Hara Kei, seul, dos tourné, était assis, immobile, vêtu de noir. Près de lui, il y avait une robe orange abandonnée sur le sol et deux sandales de paille. Hervé Jeancourt s'approcha. De minuscules zones concentriques déposaient l'eau du lac sur le rivage, comme envoyée là de très loin. »

Cette si réjouissante image : Il faudrait que chacun acquière une volière dans sa vie et « Tu la remplis d’oiseaux, le plus que tu peux, et le jour où il t’arrive quelque chose d’heureux, tu ouvres la porte en grand et tu les regardes s’envoler. »

D’Alessandro Baricco, j’ai tellement adoré Mr Gwyn que je vous conseille. J’ai beaucoup aimé également Trois fois dès l’aube et Sang sang. Et du théâtre : Smith & Wesson.

 

Avec ses 120 pages, je participe une dernière fois au challenge des Gravillons de l’Hiver de La petite liste.

 chez Sylire

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1 mars 2026 7 01 /03 /mars /2026 08:54

Né d'aucune femme (Livre audio 2019), de Franck Bouysse, Simon Duprez,  Cachou Kirsch | Audiolib

Découvert en livre audio.

Rose est l’aînée d’une fratrie de quatre filles. Du jour au lendemain, Onésime, son père, l’emmène dans un « château » parce qu’il a décidé de la vendre, confronté à la misère de sa vie de paysan. La mère n’est pas d’accord, lui-même s’en veut une fois rentré à la maison...mais c’est trop tard. Rose est employée en tant que bonne à tout faire auprès de Charles, le Maître des Forges, un homme aussi effrayant qu’imposant. La mère de Charles, une vieille femme qui a tout d’une sorcière, surveille Rose de près ; jusqu’au jour où Onésime tente de rendre la bourse à Charles en échange du retour de sa fille, le maître va se venger, les choses vont mal tourner pour Onésime et le maître des lieux viendra violer Rose toutes les nuits. La jeune femme ne trouve qu’un faible réconfort dans la présence d’Edmond, le demi-frère de Charles, un homme bon mais lâche et couard.

Ciel, quelle histoire !! J’admets que certains passages m’ont fait frémir d’horreur avec quelques scènes insoutenables. Pour l’anecdote, j’ai écouté une partie du livre audio en courant seule, un matin, en forêt, avec un brouillard à couper au couteau dans un environnement déserté parce qu’il y avait une « chasse en cours »... Une des courses les plus glauques dans ma vie avec ce texte dans les oreilles. (et je n’ai jamais rien compris aux réglementations de chasse.) Pour en revenir au roman, un prêtre, Gabriel, découvre le témoignage que Rose s’était échignée, des mois durant, à écrire scrupuleusement et en cachette. Cette forme du récit enchâssé permet à plusieurs voix de s’exprimer et renforce encore la puissance de l’expérience sordide vécue par Rose. Le langage oral mais ô combien poétiquement âpre et bouleversant de la jeune femme est une petite merveille. Le pouvoir d’attraction du récit est indéniable, les personnages tantôt attachants tantôt haïssables, aux accents de conte, n’en demeurent pas moins ancrés dans un réalisme édifiant et terrifiant. L’écriture de cet auteur qui a tout d’un alchimiste est sublime et la fin est une sorte d’apothéose qui mêle noirceur et lumière. Une vraie réussite !

---    coup de cœur   ---

« Quelque chose a lâché dans mon corps, quelque chose que je sentais pas avant, que je savais même pas qui existait, quelque chose qui était au bord de moi et aussi à l’intérieur de moi, quelque chose qui m’avait appartenu avant et qui m’appartenait plus une fois que je l’ai eu offert à Edmond. (...) Tout le restant de la journée, j'étais dans un drôle d'état. Ma caboche moulinait sans arrêt ce que j'avais vécu, ce que j'avais peut-être imaginé là-bas dans l’écurie. Comme si elle voulait en faire de la semence de rêve. Ma caboche, je pouvais pas l'empêcher de faire ce qui lui chantait. » 

« Les souvenirs, surtout les bons, c’est rien que de la douleur qu’on engrange, sans savoir. »

« C’est toujours ce qui se passe avec les mots nouveaux, il faut les apprivoiser avant de s’en servir, faut les faire grandir, comme on sème une graine, et faut encore bien s’en occuper après, pas les abandonner au bord d’un chemin en disant qu’ils se débrouilleront tout seuls si on veut récolter ce qu’ils ont en germe.  Je sens bien que j’ai fini de vider mon sac de mots, qu’il m’en a manqué pour vraiment dire les choses comme je les ressentais, au moment où je les ressentais. Que des fois que ceux que j’utilise collent pas vraiment. (...) Les mots, j’ai appris à les aimer tous, les simples et les compliqués que je lisais dans le journal du maître, ceux que je comprends pas toujours et que j’aime bien quand même, juste parce qu’ils sonnent bien. La musique qui en sort, souvent, est capable de m’emmener ailleurs, de me faire voyager, en faisant taire ce qu’ils ont dans le ventre pour faire place à quelque chose de supérieur qui est du rêve. Je les appelle « les mots magiciens ». Utopie. Radieux. Jovial. Maladrerie. Miscellanée. Mitre. Méridien. Pyracantha. Mausolée. Billevesée. Iota. Ire. Parangon. Godelureau. Mauresque. Jurisprudence. Confiteor. »

J’ai bien reconnu (et apprécié !) la voix de Cachou Kirsch découverte il y a 15 ans avec Le goût des pépins de pomme, Simon Duprez l’accompagne.

De Franck Bouysse : Plateau, Buveurs de vent.

 Ecoutons un livre ! chez Sylire.

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4 février 2026 3 04 /02 /février /2026 16:09

L'homme qui savait la langue des serpents Livre audio 2 CD MP3 - Texte lu  (CD) - Andrus Kivirähk, Emmanuel Dekoninck, Jean-Pierre Minaudier - Achat  Livre | fnac

En Estonie. Leemet vit dans la forêt depuis toujours en respectant des rites ancestraux ; il sait parler la langue des serpents, il sait aussi se faire comprendre de la plupart des animaux et mène ainsi une existence harmonieuse dans la nature. Pour se nourrir, il lui suffit, par exemple, de se faire obéir par la proie qui ne sera pas sauvagement assassinée. Mais la tentation du village est grande pour l’entourage de Leemet, là-bas, ils se nourrissent de pain et cultivent les terres (mais quelle idée saugrenue) et croient en un Dieu qui leur demande de prier quotidiennement. Leemet lui, ne croit en rien mais reste intrigué par cette histoire de salamandre, une créature immortelle qui ne réapparaît que très rarement. 

J’ai choisi ce livre audio pour deux raisons : pour son lecteur, Emmanuel Dekoninck que j’adore depuis Millénium (il y a fort longtemps !) et pour son genre, le réalisme magique. D’abord, j’ai été comblée de retrouver la voix du comédien, ensuite, quant au réalisme magique, je n’en demandais pas tant 😊 : entre des poux géants, des hommes et des serpents qui conversent, la sœur qui épouse un ours, ... on est servis ! Ce monde onirique, en grande partie métaphorique, a le pouvoir de fasciner et de terrifier. J’ai beaucoup aimé les réflexions pleines de justesse sur la religion et n’importe quelle croyance ou superstition, l’histoire d’amour à rebondissements entre la sœur de Leemet et un ours (qu’elle finit par tant engraisser qu’il ne pourra plus s’éloigner d’elle) m’a amusée. Le grand-père de Leemet incarne sans doute la notion de résilience, lui qui, devenu infirme, se fabrique des ailes à partir d’os et des coupes à partir des crânes de ses adversaires. Leemet lui-même est le dernier des Mohicans, cet homme en décalage par rapport aux autres, seul et solitaire dans ses convictions ; et pourtant le livre n’est pas manichéen et n’adule pas le traditionalisme. La violence et le sang, omniprésents, trouvent un contrepoids dans une magie sombre et un charme envoûtant. J’ai malheureusement trouvé ici les limites du livre audio, j’aurais préféré découvrir ce roman en version papier : je me suis confrontée à des noms propres peu familiers, j’aurais voulu relire certains passages, revenir en arrière...  Ce roman mérite qu’on le lise et qu’on le relise, doté d’une puissance hypnotique, tantôt drôle et ironique, tantôt mélancolique et pessimiste, je l’ai trouvé important et grave, comme ces textes fondateurs qui seront lus des siècles après leur publication.

Depuis sa parution en 2007, le roman connaît un immense succès en Estonie.

L’incipit : « Il n’y a plus personne dans la forêt, sauf des scarabées et autres petites bestioles, bien entendu. Eux, c’est comme si rien ne leur faisait de l’effet : ils persistent à bourdonner ou à striduler comme avant. Ils volent, ils mordent, ils sucent le sang. Ils me grimpent toujours aussi absurdement sur la jambe quand je me trouve sur leur chemin, ils courent dans tous les sens jusqu'à ce que je les fasse tomber par terre ou que je les écrase. Leur monde est toujours le même. Mais même cela, il n'y en a plus pour longtemps. Leur heure viendra. Bien sûr, je ne serai plus là pour le voir, nul ne sera plus là, mais leur heure viendra, j’en suis sûr et certain. »

 

 

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26 janvier 2026 1 26 /01 /janvier /2026 10:32

Correspondance (1944-1959) - Albert Camus, Maria Casares - Gallimard - CD  Audio - La petite Lumière Paris

De 1944 à 1959, Albert et Camus s’écrivent. Amants passionnés, ils sont contraints de s’aimer en secret puisque Camus est marié à Francine, souvent malade, et père de jumeaux nés en 1945. L’un voyage pour ses pièces de théâtre qu’il écrit ou exporte, l’autre pour son métier d’actrice, elle jouera d’ailleurs dans Les Justes en 1949. Ils s’écrivent parfois plusieurs fois par jour, se parlent en toute sincérité, racontant leur quotidien, leurs rencontres (et il y a du beau monde : Aragon, Triolet, Serge Reggiani, les Gallimard, Gérard Philipe, Sartre, ...), leurs petits tracas et leurs grandes angoisses. Il est beaucoup question de lecture aussi, Maria dévore les classiques français, européens et russes. Mais, surtout, ils s’expriment l’un à l’autre cet amour inconditionnel, ils le répètent, le modulent, le nourrissent.

S’il est un peu frustrant de n’entendre qu’un choix de lettres (il en existe plus de 860 !), les bonds dans le temps et la longue période couverte rendent cette écoute encore plus forte, l’amour entre ces deux êtres encore plus pur, plus vertigineux, si solide et immuable. Les années passent et les sentiments exprimés restent aussi forts. Il n’est fait quasi aucune mention des conjoints respectifs, Maria évoque plutôt son père malade qu’elle doit soigner, Camus quelques amis, rarement ses enfants. Le style de l’un comme de l’autre est extraordinaire de force et de poésie tout à la fois, le contenu des lettres émeut par sa spontanéité, une joie puissante, un élan de vie et une générosité admirables. Le choix des lecteurs, Lambert Wilson et Isabelle Adjani, tous deux excellents, nous emporte dans cette histoire de deux solitudes qui se rencontrent et leurs voix sensuelles et transportées expriment remarquablement cet amour à distance. On ne redira jamais assez la beauté d’une lettre, le plaisir de déplier une feuille sachant que l’autre n’a écrit que pour nous... et tout ça se perd... De beaux moments d’écoute qui m’ont fait apprécier encore un peu davantage Camus.

Je vous laisse avec la dernière lettre de Camus, datée du 30 décembre 1959, quelques jours avant son accident de voiture mortel. Elle sonne si étrangement ...

« Bon. Dernière lettre. Juste pour te dire que j’arrive mardi, par la route, remontant avec les Gallimard lundi (ils passent par ici vendredi). Je te téléphonerai à mon arrivée, mais on pourrait peut-être convenir déjà de dîner ensemble mardi. Disons en principe, pour faire la part des hasards de la route – et je te confirmerai le dîner au téléphone. Je t’envoie déjà une cargaison de tendres vœux, et que la vie rejaillisse en toi pendant toute l’année, te donnant le cher visage que j’aime depuis tant d’années (mais je l’aime soucieux aussi, et de toutes les manières). Je plie ton imperméable dans l’enveloppe et j’y joins tous les soleils du cœur.

A bientôt, ma superbe. Je suis si content à l’idée de te revoir que je ris en t’écrivant. J’ai fermé mes dossiers et ne travaille plus (trop de famille et trop d’amis de la famille !).

Je n’ai donc plus de raison de me priver de ton rire, et de nos soirées, ni de ma patrie. Je t’embrasse, je te serre contre moi jusqu’à mardi, où je recommencerai. A.»

Je participe au challenge de Moka, les classiques c’est fantastique avec ce thème épistolaire, « Vous avez du courrier ».

 

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5 janvier 2026 1 05 /01 /janvier /2026 08:15

Trois

   -   Découvert en livre audio  -

Ils sont trois inséparables : Nina, Etienne et Adrien. Leur nom de famille commence par la lettre B, est-ce cela qui les a rapprochés un jour de rentrée ? Toujours est-il qu’ils ne sont plus quittés, ont partagé tous les bons moments (la musique, les baignades, les glaces, le cinéma, ...) pendant des années jusqu’à la fin de l’adolescence qui a marqué une rupture nette et éloigné les trois. Nina est partie se marier, Adrien a écrit un livre à succès sous couvert d’anonymat et Etienne a vécu sa vie de bellâtre et décidé de devenir flic. Dix-sept ans plus tard, ils se retrouvent dans des circonstances dramatiques qui vont constituer un moment-clé de leur vie.

Le roman a connu un grand succès à sa sortie, un succès sans doute mérité. Si ce n’est pas mon genre préféré (le feel good), je dois admettre que j’ai aimé me replonger régulièrement dans cette écoute. Les personnages principaux sont attachants, le retour dans les années 80 puis 90 fait toujours plaisir et certaines thématiques sont traitées avec beaucoup de sensibilité et de subtilité.  Je reproche à l’autrice d’avoir voulu caser tous les sujets (la mort, la maladie, la quête d’identité, la perte d’un proche, et puis il y a le gros méchant...) et à la lectrice (François Cadol) une lecture un peu trop hachée et articulée à mon goût. Le roman reste très agréable, ne cumule pas les clichés et ne surfe pas non plus sur cette tendance nostalgique à dire que c’était mieux avant. De beaux moments d’écoute !

Avec les 672 pages de la version papier et ses 18h21d’écoute, je participe au challenge des pavés de Moka et je suis ravie d’être devenue une habituée du rendez-vous « Ecoutons un livre » chez Sylire.

   

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3 décembre 2025 3 03 /12 /décembre /2025 20:39

Les démons de Berlin - Fabiano Massimi - Albin Michel - Grand format -  Place des Libraires

1933. L’ancien commissaire de police, Siegfried Sauer, a été sommé de quitter Vienne pour se rendre à Berlin : son ex-compagne, Rosa, qui a rejoint les rangs de la résistance, a disparu dans des circonstances inquiétantes. Affublé d’acolytes dont il ne sait s’ils sont véritablement sincères ou secrètement hostiles, Sauer arpente les rues de Berlin et découvre que la seule piste qui le mène à Rosa est une série de meurtres sordides. En effet, des jeunes femmes surnommée « les innocentes » qui se ressemblent toutes et ressemblent également à Rosa, sont retrouvées sauvagement assassinées, les unes après les autres... Ernst Hanfstaengl surnommé « Putzi », un financier d’Hitler est intimement lié à ces meurtres. Ces sombres affaires vont mener Sauer et ses compagnons au Reichstag qui va brûler, un soir de février 33 dans de mystérieuses circonstances.

C’est toujours frustrant de lire un « tome 2 » sans avoir lu le premier opus (qui est L’Ange de Munich qui a apparemment plu à ses lecteurs) ... Mais ce n’est pas ce qui m’a dérangée le plus, j’ai davantage été contrariée par le rythme lent de l’intrigue, les 537 méandres et détours utilisés pour nous emmener au cœur de cette enquête et ce qui nous intéresse le plus : l’incendie du Reichstag. Le fameux événement accompagné de l’accusation portée sur un communiste et ses conséquences désastreuses (les nazis avaient la voie libre pour renforcer leur politique d’intimidation déjà bien amorcée et limiter toutes les formes de liberté), tout ça n’arrive que dans les derniers chapitres. Les relations entre les trop nombreux personnages, certaines réflexions cuculapraline et des rebondissements qui n’ont pas servi à grand-chose m’ont perdue. C’était tout de même appréciable d’écouter ce livre audio à Berlin même, non loin du Reichstag...

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18 novembre 2025 2 18 /11 /novembre /2025 22:48

Mémoires d'un expert psychiatre

Découvert en livre audio.

Adam Jacuri est cet expert psychiatre qui, en fin de carrière, à 62 ans, après avoir pratiqué son métier auprès des plus grands aliénés à Lyon, s’interroge encore sur sa pratique. Les crimes les plus sordides, les dédoublements de personnalité, les pires schizophrènes, c’était pour lui. A tel point qu’il a décidé de confier ses souvenirs à une jeune autrice. Ce qui le turlupine le plus, c’est l’erreur et il est presque sûr de s’être trompé avec Grégory Prézeau qui a violemment massacré sa sœur : il n’a pas été mis en prison mais interné alors que le médecin est persuadé qu’il n’est pas fou et donc complètement responsable de ses actes. Dans sa vie personnelle, c’est le chaos depuis qu’il a appris le cancer de son épouse adorée, Lucile. Lorsque les crimes sordides se multiplient, notre expert doté d’une acuité particulièrement fine, vient à douter de plusieurs de ses anciens patients.

Faute à un malentendu, je m’attendais à une sorte de roman-documentaire qui se serait appuyé sur de solides recherches. Or, c’est un polar psychologique qui m’a déçue au début à cause d’une écriture assez plate et de dialogues plutôt sans intérêt. André Nerman, le lecteur, avait tendance à s’emparer des répliques des femmes avec une voix assez agaçante. Passée ma frustration, au bout de quelques chapitres, l’intrigue s’est faite plus intéressante en se centrant sur des patients qui savent parfaitement jouer la comédie du malade mental. Il est vrai que le psychiatre endosse de lourdes responsabilités et qu’il doit en ramener, des soucis, à la maison. Je me suis finalement prise au jeu et même si je ne suis pas complètement convaincue (trop d’invraisemblances, un lecteur qui en sait beaucoup rapidement, ...), j’ai apprécié la seconde partie de mon écoute que j’ai trouvée très prenante. Comme elle ne demandait pas un gros effort de compréhension, le support audio a été parfait plutôt que lire les 608 pages du format papier.

Je semble être la seule partagée, Light and Smell et Antigone ont adoré cette lecture.

Je participe au challenge de Moka, Les Quatre saisons de pavés.

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2 novembre 2025 7 02 /11 /novembre /2025 15:44

L'Inconnue du portrait (Livre audio 2024), de Camille de Peretti, Mathieu  Buscatto | Audiolib

J'ai replongé dans le délice des livres audio depuis quelques semaines. Ici, 8h45 de bonheur !

Une mère qui lutte au quotidien pour survivre avec son jeune fils dans une Autriche du début du XXè siècle, un père retrouvé grâce à un test ADN quelques décennies plus tard à New York, une fille en quête du passé mystérieux de son père, un petit garçon débrouillard au sourire magnifique qui rêve d’Amérique et surtout un énigmatique tableau retouché par Klimt lui-même. Pourquoi le peintre, en 1917, un an avant sa mort, a-t-il souhaité ôter le chapeau et l’étole à cette femme discrète qui rougit ?

Il n’est pas évident de résumer ce roman qui se promène du début du XXè siècle à nos jours, en passant par Vienne, l’Italie et New York ; les personnages se succèdent dans un tourbillon qui permet petit à petit de les relier tous entre eux. De petits pans du voile sont subtilement levés deci delà et tout finit par s’imbriquer avec une magie qui nous fait écarquiller les yeux de plaisir. L’ensemble est fluide et très agréable à lire. L’intrigue fine et intelligente ménage un suspense incroyable en mêlant les époques, en multipliant les rebondissements. Les personnages sont attachants, notamment cette Pearl qui, une fois adulte, retrouve un père qu’elle se met doucement à apprécier au gré de sorties aux musées. Il est question de filiation, de syndrome de Stendhal, de classes sociales si difficiles à réconcilier, d’amour aussi...  Que dire encore ? Gourmand, vif, enlevé, stimulant, pétillant... c’est un roman que je vais offrir ! La version audio a été extrêmement agréable à écouter (lecture faite par Matthieu Buscatto), je n’ai pas vu le temps passer. L'entretien d'une vingtaine de minutes qui suit le roman est très intéressant aussi. C’est chez Luocine que j’ai pioché cette idée de roman, j’ai bien fait, j’ai été tout autant emballée qu’elle.

≈    COUP DE CŒUR    ≈   

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