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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 09:38

           

        Comme de coutume, j’ai oublié l’anniversaire qui devait se fêter le 19 août de mon 3ème bébé à savoir ce petit blog si chronophage et pourtant générateur de rencontres, de découvertes, de cadeaux (je n’ai jamais été autant gâtée que cette année !!!) et de lectures, bien sûr, toujours et encore !

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     Ça ressemble à une pub de station de radio mais… vous êtes toujours plus nombreux à me suivre alors…

 

MERCI !!!!

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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 07:29

 

Résultat de recherche d'images pour "giboulées de soleil"

 

          Dans un petit village tchèque, non loin de la frontière autrichienne, en 1947, Magdalena tombe enceinte à même pas 20 ans. Elle a succombé aux charmes de Josef, le fils du patron, qui l’a aussitôt ignorée. C’est la mère de Magdalena, Marie, qui va l’aider à l’accoucher, seule. Elle a l’habitude. Elle a l’habitude aussi des bâtardes puisque sa fille en est une. Après Magdalena, c’est sa fille Libuse qui connaît le même sort puisqu’elle couche avec un soldat russe qui meurt quelques heures plus tard. Enfin, c’est Eva, la moderne, l’érudite qui, lorsqu’elle remplira ses papiers d’identité, devra laisse blanche et vide la ligne réservée au nom du père.

           Récit résolument féminin et féministe, ces quelques pages cognent, heurtent et ont marqué la lectrice et (surtout) la femme que je suis. Dans des conditions difficiles, à une époque plutôt rude, le comble pour ces femmes est d’élever seules un enfant – une fille qui plus est -  et, même si elles sont parfois avares en tendresse, elles sont fières de leur statut si particulier. Elles ne pleurent pas car les larmes, « on les avale, on les économise pour les grandes occasions. […] comme la beauté, par exemple. On peut pleurer lorsqu’on rencontre la beauté.»Elles portent leur prénom et pour nom, le prénom de leur mère, de leur grand-mère à une époque où c’était une honte d’être fille-mère. Le récit gagne en force au fil des générations, un lien très fort est tissé entre toutes ces femmes qui trouvent force et caractère dans ce qui pourrait être considéré comme une faiblesse inavouable. Chacune des femmes est une brodeuse émérite, chacune se débrouille et subvient à ses besoins malgré les assauts des hommes, malgré l’hostilité ambiante, malgré le manque de chance.  L’arrière-plan historique est à la fois intéressant (toute l’histoire de la Tchécoslovaquie est contenue dans le livre !) et finalement accessoire parce que ça aurait bien pu se passer chez nous il n’y a pas si longtemps que ça.

            J’ai adoré ce roman que j’ai lu trop vite, que j’aimerais relire pour m’imprégner de cette force omniprésente et contagieuse. Les hommes sont soit boiteux, soit morts, soit absents et effacés dans un univers où la définition de la femme sort des sentiers battus. Magnifique et vivifiant !

 

« Je me rappelle qu’en chemin vers la ferme le lever du soleil nous a rattrapées. La lumière blanchâtre arrachait à la nuit les contours du village, des maisons, des arbres et des champs. L’air, empli de la petite rosée, allait vite se charger de chaleur. »

« Je hais ma mère autant que je l’aime. »

« Il faut le préciser, on est des bâtardes de mère en fille, comme certains sont boulangers ou rois. »

« La poésie c’est souffrir avec élégance, ce qui rend notre propre souffrance non seulement supportable mais belle. »

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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 19:31

 

               

 

          C’est la BD mythologique Héraclès qui m’a donné envie de me (re)plonger dans cette libre adaptation théâtrale de l’histoire des parents d’Hercule.

         Mercure vient voir la Nuit. Après s’être plaint du trop-plein de boulot que lui donnent les dieux et surtout Jupiter, il demande à son interlocutrice de ralentir ses chevaux afin de retarder la naissance du jour. Pourquoi cette requête ? pour que Jupiter, amoureux de la belle Alcmène mariée à Amphitryon, puisse tranquillement venir la trouver, la séduire et féconder ! Le subterfuge fonctionne si bien qu’Alcmène est ravie des propos tenus par son « nouvel » Amphitryon. Sosie, le valet du général rencontre, quant à lui… son sosie, son double, celui qui prend insolemment sa place. Il s’agit de Mercure qui s’amuse à son tour avec les humains. Sosie finit par douter de sa propre identité et, pour ne pas se faire battre (procédé récurrent chez Molière), il veut bien admettre qu’il n’est pas Sosie. C’est d’ailleurs le personnage le plus drôle de la pièce. Jupiter, s’il paraît noble et grandiose au début, il se perd dans les explications et les justifications données pour défendre Amphitryon.

         Ce n’est pas le meilleur de Molière, j’ai trouvé la 1ère partie excellente et la seconde s’essouffle avec quelques éléments d’intrigue vite résolus, quelques révélations vite faites qui gâchent un peu le plaisir. Pièce à machines et version très proche de celle de Plaute, elle n’est pas inoubliable (je l’avais déjà lue et oubliée très rapidement.) J’ai maintenant très envie de relire l’Amphitryon 38 de Giraudoux !

 

MERCURE

  Ton nom était Sosie, à ce que tu disais.

SOSIE

Il est vrai, jusqu'ici j'ai cru la chose claire:  

Mais ton bâton, sur cette affaire,  

M'a fait voir que je m'abusais.

 

------

JUPITER (à Alcmène)

 Ah! ce que j'ai pour vous d'ardeur, et de tendresse,  

Passe aussi celle d'un époux;  

Et vous ne savez pas, dans des moments si doux,  

Quelle en est la délicatesse. 

 Vous ne concevez point qu'un cœur bien amoureux,  

Sur cent petits égards s'attache avec étude;  

Et se fait une inquiétude,  

De la manière d'être heureux. 

 En moi, belle, et charmante Alcmène, 

 Vous voyez un mari; vous voyez un amant: 

 Mais l'amant seul me touche, à parler franchement; 

Et je sens près de vous, que le mari le gêne.  

Cet amant, de vos vœux, jaloux au dernier point, 

 Souhaite qu'à lui seul votre cœur s'abandonne; 

Et sa passion ne veut point,  

De ce que le mari lui donne.  

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11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 08:31

 

 

           Les fans des formidables Vieux Fourneaux comprendront pourquoi j’ai piqué ce livre que ma fille avait reçu (les auteurs sont les mêmes !)

          Le loup est craint dans la forêt, on ne parle que de lui, de ses crocs, de son pelage hirsute, de son regard fou. Et tous les habitants des bois se mobilisent pour créer des brigades anti-loup ou pour fabriquer des alarmes et des pièges à loup ou encore pour confectionner ces chips à la noisette qui protègent –un peu, rien qu’un peu !- de la peur du loup. Taupes, sangliers, écureuils, oiseaux en tous genres, rennes, hérissons, renards, cochons vivent par/autour de cette image terrifiante du loup ! Jusqu’au jour où le loup se montre… en slip ! Non seulement il ne fait plus peur, mais son poil jadis hirsute est désormais lisse, il ne hurle plus et son regard calme et serein ne fait plus fuir les animaux. Et pourquoi ? Parce qu’il porte ce slip qui lui a changé sa vie ! Le loup avait tout simplement froid aux fesses, c’est pour ça qu’il hurlait ! C’est le froid qui rendait son regard dément, c’est encore le froid qui hérissait son pelage !

         L’album est drôle, coloré et malicieux. Les auteurs terminent même en trouvant un lien tout à fait plausible entre ces animaux de la forêt et nos trois râleurs des Vieux Fourneaux. Succès général à la maison, l’album a déjà été relu plusieurs fois ! A mettre entre toutes les mains !

 

A la résonnance toute actuelle : « Peut-être que la peur n’est pas la seule raison de vivre ? »

 

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7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 19:06

 

Résultat de recherche d'images pour "tesson s'abandonner à vivre livre audio"

 

           Ça fait un an que j’ai obtenu une mutation pour ne plus être qu’à 7 minutes en voiture de chez moi. C’est pratique, moins fatigant, agréable mais, en plus de l’inconvénient de croiser ses élèves les week-ends et les soirées, au supermarché, à la piscine, au cinéma, au laboratoire…, j’ai découvert le déplaisir d’abandonner les livres audio, moi qui en consommais au moins un par mois, j’ai été frustrée, ça m’a vraiment manqué. Je me suis rabattue sur quelque chose de court… des nouvelles… hum… qui m’ont fait l’année scolaire !

          Dix-neuf nouvelles nous emmènent tantôt dans les froids les plus extrêmes, tantôt sur les sommets les plus hauts mais aussi dans un appartement parisien, dans un téléphérique, près d’un barrage en Chine, dans un lit, en Afghanistan, un peu partout ou n’importe où mais au cœur de la vie. Tesson fait l’apologie du « pofigisme », cet état d’esprit russe qui consiste à adopter une attitude positive face à l'absurdité du monde et à l'imprévisibilité des événements. « C'est une résignation joyeuse, désespérée face à ce qui advient. Les adeptes du pofigisme accueillent les oscillations du destin sans chercher à en entraver l'élan. Ils s'abandonnent à vivre. »

            Les textes sont lus par l’auteur de lui-même et sa voix parfaitement maîtrisée permet de mettre en valeur les récits aussi divers que variés. Intelligentes, drôles, édifiantes, cyniques, les nouvelles ont toutes ce petit quelque chose qui les classe parmi les meilleures. En revanche, si vous n’aimez que le « feel good », passez votre chemin !  J’ai également apprécié la plume toujours alerte et revigorante de Tesson. J’ai quelques-uns de ses titres dans ma PAL, mais qu’est-ce que j’attends pour les en sortir ?

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3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 09:21

 

           Roman choisi au hasard dans ma bibliothèque, au rayon des « polars psychologiques ».

            Anne sort d’un divorce difficile. Insomniaque, elle se relève souvent à 3 ou 4 h du matin. La lumière allumée dérange son voisin, Mark, et pour cause, le type tue régulièrement des personnes avec qui il a des comptes à régler, une vengeance à assouvir. D’une part, Mark tente de se rapprocher de sa voisine pour savoir pourquoi elle veille si tard, tenterait-elle de l’espionner ? D’autre part, Anne aimerait se rapprocher de Mark parce qu’il est terriblement beau, séduisant et adorable. Le tueur cache bien son jeu et la jeune femme, naïve et un peu cruche, n’y voit que du feu.

           Je me suis rendue compte que j’avais déjà lu cet auteur avec Fête fatale qui m’avait paru un peu meilleur quand même. Les ingrédients sont les mêmes : un type parfait qui s’avère être … un parfait monstre. C’est gros, empli d’incohérences et de blancs, les portraits des personnages sont grossièrement esquissés et, la prochaine fois que je choisirai un livre au hasard, j’éviterai le nom de cet auteur. Donc, lecture de plage : ok, on peut même abuser du mojito avant de le lire…

           J’ai quand même relevé deux passages qui m’ont franchement fait rire (je ne crois pas que c’était l’objectif de l’opération !) :

  •           Anne, lors d’un premier rendez-vous avec son beau voisin, lui propose du cacao à l’eau et des crackers tartinés de margarine. Bon appétit !
  •           Le complice et ami de Mark, Emil, est un type obèse. Une alléchante description dévoile les talents du romancier : « A t’entendre, ça a l’air simple, dit Emil en repliant ses nombreux mentons comme le toit d’une décapotable pour faire naître un sourire d‘obèse. »

Dire que des millions de lecteurs se précipitent sur ce genre de livre…

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 19:58

 

 

-  La Sagesse des Mythes -

         Zeus cherche un être qui le représenterait sur Terre. Cet homme qui se doit être exceptionnel, bien entendu, n’est pas encore né. Le roi des dieux décide de s’accoupler avec la belle Alcmène en prenant l’apparence de son mari, Amphitryon. A son retour, l’époux, apprenant la vérité, entre dans une colère noire et veut tuer Alcmène, finalement sauvée par Zeus. Héraclès d’abord appelé Alcide est placé, le plus discrètement possible par Hermès, dans le lit d’Héra endormie. Le bébé tète le sein et la fameuse ambroisie qui doit le rendre immortel. C’en est trop pour Héra qui, furieuse, se venge : deux énormes serpents dans le berceau n’auront pas raison de notre héros en herbe qui les étranglera. Adulte, après avoir tué le lion de Cithéron qui décimait les troupeaux des alentours, Héraclès est invité par le roi Thespios qui, malin, lui envoie, cinquante nuits durant sa fille dans sa couche. Mais en réalité, Thespios a cinquante filles qui porteront donc toutes un descendant du héros. Héra n’oublie pas ses désirs de vengeance et, lorsqu’Héraclès est marié à Mégara (fille de Créon) et père de deux enfants, elle le rend fou et il assassine femme et enfants. C’est pour cette raison qu’Héraclès doit et veut se racheter : la série des douze travaux peut commencer…

        Comme le titre l’indique, l’album ne s’intéresse qu’à la jeunesse du héros, il ne faut pas vouloir y trouver un des fameux douze travaux. Qu’importe, la naissance, l’enfance et la jeunesse d’Héraclès (dont le nom signifie « gloire d’Héra ») valent bien tout un tome ! C’est passionnant et violent (pas du tout destiné aux enfants… même si ma fille l’a lu derrière mon dos !), la suite paraîtra bientôt, tant mieux !

 

« 17/20 »

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27 juillet 2017 4 27 /07 /juillet /2017 18:28

 

          Au XVIIIème siècle, Effia et Esi sont deux sœurs ghanéennes qui ne se sont jamais connues. Leur mère, Maama, a dû abandonner la première après un incendie. Sa 2ème fille est née quelque temps plus tard. Chacune des filles va suivre son chemin, bâtir une famille, la plupart du temps dans la souffrance inévitablement liée à la condition d’esclave.

          Un même collier à pierre noire, des années de lutte pour défendre sa culture et son identité, un héritage noir lourd à porter, des Blancs tyrans et des Noirs victimes, un pont entre le Ghana et les Etats-Unis, une bataille âpre entre Fantis et Ashantis qui facilite la traite des Noirs, des champs de coton, le jazz, le gospel, la drogue, … et une histoire qui parcourt huit générations, plus de deux siècles.

        Roman d’une puissance inégalable, ce récit se découpe en chapitres qui pourraient presque se lire indépendamment, comme des nouvelles. Chacun des textes se suffit à lui-même, brosse des portraits authentiques et vifs de Ghanéens et de leurs descendants, et dégage une vigueur narrative magistrale. J’ai pris beaucoup de temps à lire ce roman parce que je tenais à faire les liens entre les personnages, à suivre attentivement cette longue et laborieuse marche vers la liberté et l’égalité. La romancière est d’origine ghanéenne et, venue en Amérique à l’âge de deux ans, c’est à la suite d’un voyage sur ses terres natales qu’elle a décidé d’écrire ce livre. Elle n’a que 27 ans !

        Les images fortes et marquantes valent peut-être mieux qu’un médiocre résumé :

Esi est enfermée avec des centaines d’autres femmes destinées à l’esclavage dans les cachots du Fort de Cape Coast, des êtres entassés les uns sur les autres au milieu d’une couche d’excréments.

Ohene Nyarko procure du travail à tous les villageois qui déposent d’étranges fèves violettes sur des feuilles de bananier : le cacao.

Akua, la Femme Folle avant d’être surnommée Femme Maudite, tue ses enfants dans l’incendie dont elle rêvait toutes les nuits ; jamais elle n’a trouvé le sommeil, jamais plus elle ne le trouvera.

Jo et Anna prénomment leurs enfants par des lettres de l’alphabet, et H est un homme vigoureux qui perdra son énergie dans des mines de charbon du nord-est des Etats-Unis.

Joecy, un Noir, est emprisonné pendant neuf ans pour ne pas avoir changé de trottoir quand une femme blanche est passée près de lui.

 

Face au christianisme : « Yaw se demandait pourquoi ils ne prêchaient pas d’éviter de faire le mal plutôt que de pardonner. Mais plus il gagnait en âge, mieux il comprenait. Le pardon était un acte qui intervenait après les faits, un avenir pour la mauvaise action à venir. Et si vous poussez les gens  à porter le regard vers l’avenir, ils ne voient peut-être pas le tort qui leur est fait dans le présent. »

« un négro libre, ça n’existe pas. »

« il savait dans sa chair, même s’il ne l’avait pas encore totalement enregistré dans son esprit, qu’en Amérique, le pire qui pouvait arriver était d’être noir. Pire que mort, vous étiez un mort qui marche. »

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 20:19

 

 

           En toute honnêteté, jamais je n’aurais lu ce livre si on ne me l’avait pas prêté. Et pourtant, la surprise fut bonne !

           « L’homme qui ment », c’est le père de Marc Lavoine, Lucien. Celui qu’il a passé sa vie à adorer et à détester. Il l’a aimé pour son charisme, sa grande gueule, son humour, son courage, sa classe naturelle. Il l’a détesté pour ses adultères à répétition, son alcoolisme morbide, son langage cru. Marc Lavoine est le 2ème enfant de la fratrie ; sa mère, Michou, attendant une fille après Francis, l’aîné, est si déçue qu’elle ne regardera même pas le bébé les premiers jours. Francis et Marc sont fans de leur père. Travailleur aux PTT (comme mon papa à moi !), cégétiste, communiste, bel homme, le papa s’occupe bien de ses garçons, les élève dans une certaine droiture tout en les ouvrant au monde et à l’aventure. Au bout de quelques années, Lucien va voir ailleurs. Il ne le fait pas qu’une seule fois, il ne le fait discrètement puisqu’il en parle à ses fils et que ces derniers le surprennent en pleine action plus d’une fois. Il arrive à gérer trois maîtresses en même temps. Toute sa vie, il sera attiré par la femme du voisin. Lorsque Marc, un soir, annonce à ses parents « je veux être acteur », la réponse « d’accord », simple et encourageante, permettra au garçon de gagner Paris dès le plus jeune âge. Ses parents vont divorcer, sa mère va se morfondre dans une solitude empreinte de nostalgie, son père va multiplier les maîtresses et les épouses jusqu’au jour de sa mort, survenue lors d’une chute.

          Je ne m’y attendais pas du tout mais j’ai beaucoup aimé ce texte qu’on sent authentique et loyal narrant la vie d’un homme à la fois grand et petit, sublime et misérable. Les sentiments ambigus et l’héritage si contrasté ont sans aucun doute poussé l’auteur à écrire ces pages. En lisant les quelques rares lignes de Marc Lavoine évoquant ses débuts de vie d’artiste, on se rend compte qu’il a toujours écrit et cela, avec humilité et sincérité. Ce n’est pas un livre sur lui mais un livre d’amour dédié à son père, à ses qualités et à ses défauts. Une petite chronique d’une enfance malgré tout heureuse, des années 60 et 70, quelque part, dans un gros bourg d’Essonne…

 

« Je n’avais pas les yeux assez grands pour te regarder, papa. Et puis tu me parlais des filles, ça me gênait et ça m’épatait. Tu parlais de fesses joyeusement, tu défendais ton point de vue, citant chansons ou poèmes. Gauguin était invité dans la conversation, « les filles, je les aime bien grasses et vicieuses. »

« Tu es tellement en moi, je suis tellement de toi que, même s’il faut du temps, la somme de nous finit par se répandre, c’est le chaîne du sang. »

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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 20:48

 

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          Kyung est une jeune Coréenne, belle, jeune et élancée qui se retrouve « mariée par correspondance » à un vendeur et collectionneur de jouets, Monty Wheeler. L’action se passe au Canada, Monty est à l’aéroport pour chercher et découvrir sa future bien-aimée qu’il a choisie sur catalogue « Filles traditionnelles du Japon ! de Corée ! de Chine ! du Vietnam ! des Philippines ! de Thaïlande ! Laborieuses, loyales, obéissantes, mignonnes, exotiques, ménagères, filles simples ». Avec un tel postulat de départ, la suite avait des risques de s’avérer difficile. Pourtant, les premiers pas de Kyung au Canada se passent plutôt bien, la jeune felle est aussi docile et silencieuse que le vantait la brochure. Elle se rend cependant vite compte de l’étrangeté de son compagnon : puceau à 39 ans, il manque de caractère, il loue à ses jouets, à ses figurines mais aussi aux anciennes boîtes à déjeuner un véritable culte.

        Une fois mariée, la routine s’installe, les commères trouvent que le couple est joli et bien assorti. Kuyng, elle, s’ennuie à tenir la caisse du magasin de jouets. Un jour, une jeune cliente asiatique photographe lui propose de venir poser pour elle. Kyung, lorsqu’elle se rend compte qu’il faut faire des nus, refuse mais Eve se révèle persuasive et loue l’esprit de liberté qu’elle prône fièrement. Evidemment, les photos sur le thème de la femme et de la machine scandalisent Monty. De fil en aiguille, ce couple créé de toutes pièces va se déchirer et se heurter à des montagnes de questions et d’incompréhensions. Chacun va découvrir des facettes cachées de l’autre et, à chaque fois, la surprise sera mauvaise.

         D’une grande violence, cette BD en noir et blanc oppose deux univers, l’occidental et l’oriental, qui finalement se retrouvent dans le non-dit et l’hypocrisie. J’ai beaucoup aimé cette lecture riche et intéressante, et trouvé que ces deux êtres vivaient finalement incarcérés, l’un dans une vie médiocre faite de babioles et de revues porno, l’autre hantée par un passé sur lequel l’auteur a laissé planer le mystère. La femme est un jouet, l’homme est puéril et lâche, la vision de l’humanité n’est pas belle à voir…

 

17/20

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