
Ce roman, c’était mon livre culte de la fin de mon adolescence, ma référence, mon classique préféré. Cela fait des années que je voulais le relire, j’ai profité de l’été pour le faire enfin.
Bernard, sur le point de passer son bac, découvre qu’il n’est pas le fils de celui qui se faisait passer pour son père. Il fuit la maison familiale et trouve refuge chez son ami, Olivier, qui, suite à cet instant de bravoure, l’admire encore plus qu’auparavant. L’oncle Edouard entre en scène, entiché de son neveu Olivier, il égare une valise qui contient son journal que nous lisons en même temps que Bernard. L’adolescent en quête de sous et d’aventures, devient le secrétaire d’Edouard. Olivier, pour ne pas être en reste, se rapproche du comte de Passavant, écrivain à la mode, hautain et influençable. Des personnages secondaires se croisent, s’aiment et se disputent pour mieux offrir un tableau de la jeunesse des années 20. C’est aussi une intéressante réflexion sur l’écriture, sur l’amitié et l’homosexualité (pourtant évoquée de manière très implicite !). La mise en abyme, les interventions du narrateur omniscient, la multiplicité des personnages et leur évolution font évidemment de ce roman un Grand Roman !
J’ai retrouvé un peu de cette fougue adolescente faite d’insolences, d’espoirs, de fraudes, d’envolées lyriques qui m’avaient tant plu il y a (déjà !!!) une vingtaine d’années mais je dois bien admettre que je n’ai pas éprouvé la même passion qu’au temps où j’avais l’âge de Bernard et Olivier. Je suis tout de même satisfaite de ma lecture qui m’a fait revenir quelques années en arrière tout en sachant que je n’y reviendrai pas.
« Les préjugés sont les pilotis de la civilisation. »
« Tout ce qui n’est créé que par la seule intelligence est faux. »
Le personnage de Pauline, mère d’Olivier m’a touchée plus qu’il y a vingt ans : « Vous rendez-vous compte de ce que devient ma vie ? J’ai restreint mon bonheur ; d’année en année, j’ai dû en rabattre ; une à une, j’ai raccourci mes espérances. J’ai cédé ; j’ai toléré ; j’ai feint de ne pas comprendre, de ne pas voir… Mais enfin, on se raccroche à quelque chose ; et quand encore ce peu vous échappe !… Le soir, il vient travailler près de moi, sous la lampe ; quand parfois il lève la tête de dessus son livre, ce n’est pas de l’affection que je rencontre dans son regard ; c’est du défi. J’ai si peu mérité cela… Il me semble parfois brusquement que tout mon amour pour lui tourne en haine ; et je voudrais n’avoir jamais eu d’enfants. »
… ou encore : « Mais, mon ami, vous savez bien qu’il n’y a rien de tel pour s’éterniser, que les situations fausses. C’est affaire à vous, romanciers, de chercher à les résoudre. Dans la vie, rien ne se résout ; tout continue. On demeure dans l’incertitude ; et on restera jusqu’à la fin sans savoir à quoi s’en tenir ; en attendant, la vie continue, tout comme si de rien n’était. Et de cela aussi on prend son parti ; comme de tout le reste… comme de tout. »



/http%3A%2F%2Fwww.images.culturebd.com%2Fred%2Faex%2F212163%2Fori_aex_212163_9782505067207-page7.jpg)
/http%3A%2F%2Fwww.livredepoche.com%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Fstyles%2Fcover_book_focus%2Fpublic%2Fmedia%2FimgArticle%2FLGFLIVREDEPOCHE%2F2016%2F9782253164029-001-T.jpeg%3Fitok%3Dj0aqyWSD)


/http%3A%2F%2Fwww.fayard.fr%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Fimages%2Flivres%2F9782213686080-X.jpg)
