
- De Sibérie en Australie 3 ans de marche extrême en solitaire -
Sarah Marquis est une aventurière. Dès son plus jeune âge, elle a toujours été proche de la nature, des animaux, à l’écoute du monde qui l’entoure, avec un mot d’ordre : marcher. Après quelques expéditions seule ou à deux, elle décide de traverser l’Asie, à pied, seule, du Nord au Sud en y rajoutant une bonne partie de l’Australie. Six pays sont traversés en trois ans, huit paires de chaussures ont été usées, deux ans de préparation physique, logistique, financière, culturelle ont été nécessaires. Sarah pousse une charrette de 50 kgs et en porte 17 autres sur le dos. Elle a quelques points de ravitaillement mais se débrouille seule la plupart du temps. Son statut de végétarienne ne la freine pas. Elle connaît différentes techniques pour trouver de l’eau.
Tout commence au nord de la Mongolie. Le pays est âpre, ses habitants ont tous la même expression figée, ils hurlent en parlant et méprisent l’étranger. Les hommes urinent ou se frottent le gras du ventre devant Sarah pour montrer leur domination. L’aventurière lutte contre les obstacles climatiques : l’insolation, le vent, les grêlons qui détruisent sa tente, un « mur rouge de sable », le froid extrême. Elle dort parfois dans des tuyaux d’évacuation avec des chiens errants ou des cadavres d’animaux en décomposition. En Chine, une ethnie panique à sa vue et tente d’incendier son campement afin de la faire fuir ! Sur une terre où une femme seule est considérée comme une prostituée, les petits villageois jettent souvent des pierres à Sarah, la plupart sont mesquins, intolérants, parfois cruels. Au Laos, une forte fièvre la fait délirer, elle s’attache un pied à un arbre pour s’empêcher de sauter dans la rivière proche. En Thaïlande, la marcheuse se réconcilie avec le genre humain qu’elle trouve souriant et bienveillant. C’est à Ayutthaya, au sud du pays, qu’elle peut dire « Je viens de travers l’Asie à pied. » Cela ne lui suffit pas, elle tient à retrouver les paysages australiens qu’elle connaît bien et chérit tant. Sangsues, termites, crocodiles, buffles sauvages, kangourous, serpents, etc. sont les nouveaux compagnons de route de la Suissesse. Elle parvient enfin à « son » petit arbre australien, au sud du pays, fourbue mais complètement heureuse.
Quel exploit ! Quelle femme ! Quelle aventure ! J’ai été scotchée, bluffée, immensément impressionnée par cette histoire que je n’ai pas lâchée du début à la fin. C’est le récit d’une prouesse hors du commun mais aussi une leçon de vie, de courage, de combat. Cette femme est emplie d’espoir et de confiance, elle s’extasie devant un insecte, un coucher de soleil, le bush australien. On a l’impression qu’elle parvient à se détacher de son corps et de ses besoins physiques pour faire communion avec la nature. Les douleurs, la fatigue, la faim, le froid, elle sait les mettre de côté en sachant que ça va passer. Ce texte m’a émue, m’a secouée, je dirais même qu’il m’a changée… Un immense coup de cœur pour une non-fiction, une fois n’est pas coutume. A lire, à prêter, à offrir !
« L’histoire qui suit est mon histoire. Je la dédie à toutes les femmes de par le monde qui luttent encore pour leur liberté et pour celles qui l’ont obtenue mais qui ne l’utilisent pas. Mettez vos chaussures. On part marcher. »
« A chaque pas, un peu de moi se mêle à La Terre. A chaque pas, la Terre me donne un peu d’elle. Aucun pas n’est vain, tout a un sens. J’ai marché pendant 20 ans et parcouru l’équivalent du tour de la Terre à pied. »
Après avoir vu un scorpion translucide : « Les jours s’écoulent. J’en apprécie chaque minute. J’aime cet isolement, j’aime la beauté de ce désert. J’ai toujours eu l’impression que la vie ne donne rien dans rien, et que tout a un coût. Je savoure d’autant plus la magie de ces instants. Si maintenant vous arriviez à mon camp, vous me trouveriez avec un sourire de contentement. Vous m’interrogeriez très certainement sur le pourquoi de mon bonheur… Je répondrais alors : Je suis au bon endroit au bon moment, c’est tout. Je le sens, je le sais… » Mon cœur respire avec la terre. »
« Ce n’est pas parce que je ne comprends pas une attitude que je dois la condamner. »
Le morning glory (que je ne connaissais absolument pas !) : un long nuage de plus de 1000 kms de long qu’on ne peut apercevoir qu’au nord de l’Australie.
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