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- La dernière enquête de Wallander -
Cette lecture s’est colorée d’une teinte particulière. Pour trois raisons. La première parce que Mankell a disparu quelques semaines plus tôt. La deuxième parce que c’est le dernier tome de cette fameuse série Wallander que j’ai tant aimée et qui m’a fait découvrir ce grand écrivain. La troisième parce que c’était le livre que je lisais pendant les attentats du 13 novembre. Et que j’ai reposé quelque temps parce que lire a été trop difficile. Lire n’avait plus de sens. Ensuite lire a pris tout son sens, justement.
Wallander a enfin déménagé à la campagne, il a sa maison, il a son chien comme il l’avait toujours rêvé. Comble de bonheur, il a une petite-fille, Klara. Pourtant, on ne peut pas dire que Kurt est heureux, il rumine son passé, il craint pour son avenir qu’il sait ne plus être très long, il a peur de vieillir, il a peur pour sa santé et commence à connaître des pertes de mémoire. Une enquête imprévue qui prend germe au sein du cocon familial va l’occuper quelques mois. Hans, le père de Klara et le compagnon de sa fille Linda présente un jour Wallander à ses parents. Contre toute attente, Kurt-grognon s’entend bien avec Louise et Hakan, un ancien officier de marine. Ce dernier va jusqu’à se confier au commissaire à propos d’une histoire de sous-marin russe repéré sur le territoire suédois… Et puis, Hakan disparaît. Louise éplorée, disparaît quelque temps plus tard avant d’être retrouvée morte. Mais où peut se trouver Hakan ? Est-il vivant, est-il mort ? Linda s’inquiète pour son beau-père.
L’impression générale de ce bouquin est infiniment triste, pessimiste, voire accablante. J’avoue que j’aurais aimé, moi qui ne suis pourtant pas fan des happy ends, voir notre Wallander aimer, rire, apprécier la vie. Quant à l’enquête, pour la première fois, le lecteur n’en sait pas plus que le policier. L’enquête traîne en longueur comme toujours, elle est entrecoupée de réflexions sur la vie, la vieillesse, l’amour (les deux femmes de la vie de Wallander, Mona et Baiba, ressurgissent). L’écriture et l’humanité de l’auteur sont ses points forts. Une petite lueur pour moi : je n’ai pas lu La Faille souterraine et Meurtriers sans visage, les deux tomes qui débutent la série et que je n’avais pas trouvés. Je vous renvoie aux Chiens de Riga, mon premier coup de cœur (15 ans après cet opus !), découvert en livre audio.
Baiba : « J’ai l’intention de mourir avec une bouteille de champagne à mon chevet. Je porterai un toast. Que m’ait été accordée, malgré tout, cette aventure étonnante de naître, de vivre et puis de disparaître une fois de plus dans l’obscurité. »
Wallander à sa fille : « Je me réveille chaque jour avec l’impression que ça passe si vite, si terriblement vite. Et je ne sais même pas après quoi je cours, et si c’est pour le rattraper ou pour lui échapper au contraire. Je cours, c’est tout. Et si je dois être tout à fait sincère… La vieillesse me fait très peur. »


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