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Découvert en livre audio (c’était mon dernier de l’année scolaire), ce très court roman pourrait aussi, et tout simplement, porter le nom de « portrait ». Ce sont, en effet, des morceaux de vie, des descriptions, des pages d’existence qui constituent ce roman sans intrigue.
Joseph est un ouvrier agricole qui, à plus de soixante ans, vit dans le Cantal chez ses patrons. Comme beaucoup de nos aïeuls le faisaient, il ne vit que pour son travail à tel point qu’il ne s’est pas marié. Il passe son temps à ressasser le passé, ses souvenirs l’emmenant jusqu’à ses parents, son frère, Sylvie l’unique amour de sa vie qui l’a quitté, l’alcoolisme dont il a été victime.
Je ne saurais en dire beaucoup plus pour cette écoute qui ne m’a pas charmée. J'avais préféré Gordana pourtant construit sur le même principe. Les points positifs que je lui reconnais sont l’écriture, belle et raffinée (on sent bien que l’auteur est un professeur de français éclairé) et cette idée que Joseph est « l’un des derniers », l’un des derniers êtres simples, humbles, travailleurs, dignes. Cela ne m’a pas suffit. Peut-être ai-je besoin qu’on me raconte des histoires, surtout quand j’écoute les livres audio. Pourtant, je n’ai rien à reprocher à Marie-Christine Barrault dont on voit le sourire quand elle lit tellement elle met de la vie dans ce texte. Peut-être n’était-ce pas le bon livre au bon moment. J’avance une autre hypothèse pour ce livre à succès, il faut bien le dire, peut-être est-il plus à même d’être apprécié par des citadins que par des campagnards (et je suis issue de la campagne). A méditer.
Deux petites citations pour que vous puissiez vous faire votre propre avis :
« On en connaît dans le pays de ces familles rétrécies, avec le fils qui vieillit entre le père et la mère ; on préfère ne pas penser à ce que ça donne quand les fils se retrouvent seuls ; on n'a pas besoin d'y penser, on le voit ; certains en rient dans les cafés quand on raconte les histoires d'untel ou d'untel, c'est peut-être la meilleure façon de s'arranger avec la tristesse. »
« Maintenant que tout ça était loin, Joseph ne regrettait plus d'avoir connu Sylvie, et ne se demandait plus si ceci ou cela serait arrivé, ni comment aurait pu être sa vie sans cette femme ou s'il n'avait pas bu ; il aurait peut-être pris une ferme pour lui au lieu de faire l'ouvrier agricole chez les autres et de rester au bas du bas de l'échelle, mais tenir une ferme tout seul c'est de l'esclavage, et on se démène pour qui, pour quoi. Il en connaissait de ces vieux garçons sauvages qui se finissent dans des maisons sales, au Jaladis, aux Chazeaux, leur vie n'est pas meilleure, ils ont des soucis et du travail par-dessus les oreilles, ils mangent froid, du pâté du chocolat des sardines, et s'endorment tout seuls devant la télévision ; et leur retraite serait moins grosse que la sienne d'après ce qu'expliquait le patron. »


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