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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 16:36

 

 

                   Découvert en livre audio (c’était mon dernier de l’année scolaire), ce très court roman pourrait aussi, et tout simplement, porter le nom de « portrait ». Ce sont, en effet, des morceaux de vie, des descriptions, des pages d’existence qui constituent ce roman sans intrigue.

                    Joseph est un ouvrier agricole qui, à plus de soixante ans, vit dans le Cantal chez ses patrons. Comme beaucoup de nos aïeuls le faisaient, il ne vit que pour son travail à tel point qu’il ne s’est pas marié. Il passe son temps à ressasser le passé, ses souvenirs l’emmenant jusqu’à ses parents, son frère, Sylvie l’unique amour de sa vie qui l’a quitté, l’alcoolisme dont il a été victime.

                 Je ne saurais en dire beaucoup plus pour cette écoute qui ne m’a pas charmée. J'avais préféré Gordana pourtant construit sur le même principe. Les points positifs que je lui reconnais sont l’écriture, belle et raffinée (on sent bien que l’auteur est un professeur de français éclairé) et cette idée que Joseph est « l’un des derniers », l’un des derniers êtres simples, humbles, travailleurs, dignes. Cela ne m’a pas suffit. Peut-être ai-je besoin qu’on me raconte des histoires, surtout quand j’écoute les livres audio. Pourtant, je n’ai rien à reprocher à Marie-Christine Barrault dont on voit le sourire quand elle lit tellement elle met de la vie dans ce texte. Peut-être n’était-ce pas le bon livre au bon moment. J’avance une autre hypothèse pour ce livre à succès, il faut bien le dire, peut-être est-il plus à même d’être apprécié par des citadins que par des campagnards (et je suis issue de la campagne). A méditer.

 

                  Deux petites citations pour que vous puissiez vous faire votre propre avis :

« On en connaît dans le pays de ces familles rétrécies, avec le fils qui vieillit entre le père et la mère ; on préfère ne pas penser à ce que ça donne quand les fils se retrouvent seuls ; on n'a pas besoin d'y penser, on le voit ; certains en rient dans les cafés quand on raconte les histoires d'untel ou d'untel, c'est peut-être la meilleure façon de s'arranger avec la tristesse. »

« Maintenant que tout ça était loin, Joseph ne regrettait plus d'avoir connu Sylvie, et ne se demandait plus si ceci ou cela serait arrivé, ni comment aurait pu être sa vie sans cette femme ou s'il n'avait pas bu ; il aurait peut-être pris une ferme pour lui au lieu de faire l'ouvrier agricole chez les autres et de rester au bas du bas de l'échelle, mais tenir une ferme tout seul c'est de l'esclavage, et on se démène pour qui, pour quoi. Il en connaissait de ces vieux garçons sauvages qui se finissent dans des maisons sales, au Jaladis, aux Chazeaux, leur vie n'est pas meilleure, ils ont des soucis et du travail par-dessus les oreilles, ils mangent froid, du pâté du chocolat des sardines, et s'endorment tout seuls devant la télévision ; et leur retraite serait moins grosse que la sienne d'après ce qu'expliquait le patron. »

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 15:02

 

 

             Après avoir lu et aimé le tome 1 de cette série (dont chaque opus peut se lire indépendamment des autres, il est important de le souligner), j’ai découvert, après le polar au féminin, le polar au masculin.

              Toute la BD se construit sur des retours en arrière. La première planche nous montre un détective privé, Richard Monroe, traversant une vitre du 47ème étage d’un immeuble de Los Angeles, en 1935. Comment en est-il arrivé là ? Chargé de la sécurité d’une célèbre chanteuse de comédie musicale, Ava Lamont, le détective a vu sa soirée chamboulée : l’actrice-chanteuse, au lieu de feindre de tirer sur son partenaire, M. Cromley, le tue véritablement sur scène, devant des centaines de spectateurs. Mlle Lamont est rapidement soupçonnée puis blanchie. Et si l’intrigue se passe en 1935, l’influence nazie n’est pas loin et l’affaire s’avère plus compliquée qu’il n’y paraît de prime abord.

             Si le tome 1, Miss Crumble, m’a fait penser à l’ambiance british d’Agatha Christie, ici, c’est plutôt l’esprit de James Bond qui domine. L’humour, l’autodérision, l’élégance et les paillettes californiennes des années 30 agrémentent une intrigue prenante. Petit bémol : les visages des personnages que je n’ai pas trouvés à mon goût même si celui de Monroe entouré de bandages m’a renvoyée à celui de Blacksad… allez savoir pourquoi ! La suite reste à lire, et c’est tant mieux.

 

« 17/20 »

 

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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 10:08

 

 

               Encore une fois, je ne sais d’où ni de qui je tiens ce titre mais ce que je sais, c’est que j’ai bien fait de le noter.
 

              Le narrateur, un collégien de treize ans, s’adresse à sa mère en racontant son quotidien de fils de cafetiers dans le Nord de la France. Entre le « Chez nous » tenu par ses parents, ses mauvaises notes à l’école, les escapades avec son copain Mouche, il reste encore de la place pour l’amour… l’amour pour la belle Sandra Maréchal, une chanteuse lyrique. C’est cette passion secrète pour une femme bien plus âgée que lui, qui va indirectement changer sa vie. Le jeune garçon récupère le roman que Sandra avait abandonné sur la pelouse : « Ce n’est pas un livre, c’est son livre. Ce ne sont pas que des phrases, ce sont les phrases qu’elle a lues, son regard les a parcourues, sa bouche les a prononcées. »

              Ce roman, c’est Du côté de chez Swann, le narrateur va le dévorer avant de le montrer à sa mère qu’il chérit tant, avant de vouloir le mettre en scène dans le village. Parce que les rôles sont distribués parmi les villageois de plus en plus excités par ce projet, une véritable « proustmania » brise la monotonie de leur quotidien. En parallèle, Paola, la mère adorée du narrateur, agonise. Mari et fils font tout pour lui rendent les derniers quelques jours de vie les plus doux possibles en invitant par exemple Pierre Arditi, au café, pour lire des grands textes, notamment certains de Proust.

           Malgré la perte d’un être cher, le premier mot qui m’est venu après avoir fermé le livre, c’est « douceur ». Il émane de ce récit une infinie tendresse, un grande sobriété, une pureté digne d’un enfant qui n’est pas encore un adolescent, qui aime sa mère plus que tout au monde et qui comprend, petit à petit, qu’il va devoir vivre sans elle. A la fois triste et souriant, ce roman a l’avantage de revenir sur le roman de Proust, d’en garder le meilleur, de nous donner envie de le relire (ou de le lire !). Une pépite à découvrir sans hésiter. J’ai pour habitude de critiquer les titres que je trouve rarement bien trouvés mais pour celui-là, il est parfait !

 

« Soudaine et dévastatrice, une proustmania s’abat sur notre commune, suite au passage de l’acteur. Tel un ouragan impitoyable échauffant tous les esprits il provoque de nombreux dégâts : l’horlogerie est rebaptisées Le Temps retrouvé, la bonneterie change sa devanture et devient Oriane de Guermantes, le magasin de mode masculine se métamorphose en Dandy Swann… Jusqu’au poissonnier qui, agacé, dans un furieux pied de nez, inscrit sur son ardoise : « A la recherche de thon perdu – 17 francs le kilo. »

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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 20:11

 

 

              Le narrateur, Arthur, entre au collège. Il a douze ans et sa grande préoccupation est de se faire accepter des autres. Il y a la bande d’Igor qu’il aimerait bien intégrer mais pour l’instant, il est transparent, on ne veut pas de lui, on ne le remarque pas. Il est aussi amoureux de Giovanna, qui elle, en pince pour Djibril à qui Arthur raconte qu’il connaît le Congo, son pays d’origine. Lorsqu’il parvient à devenir rédacteur en chef du journal du collège avec la participation quelque peu illégale de celui qui est devenu son copain par défaut, Thierry, il prend de la valeur. Il faut dire que cette idée de week-end entier au Parc Astérix offert à la classe qui gagnerait la course à pied est originale. L’année scolaire entière passe avec ses déceptions et ses mauvaises surprises. En général, quand Arthur met en place un plan pour se grandir aux yeux des autres, il se fait avoir par son propre jeu. Il faut dire qu’être fils du ministre de l’Education n’aide en rien.

             Je dois dire que ce livre avait pour moi un inconvénient majeur : me plonger dans mon univers quotidien. Les salles de classe, les bruits des élèves, les attitudes et les défauts des profs, les conneries des gamins, les punitions méritées et les pas méritées, les enfants rejetés par les autres mais qui y sont quand même pour quelque chose… tout ce joli microcosme, on le vit, certes de l’autre côté puisqu’on est prof mais on le vit quand même tous les jours. Alors certes, c’est raconté du point de vue d’un élève de douze ans, un gosse en devenir qui se pose mille questions et qui donne parfois des réponses plus pertinentes que les adultes, mais ça reste un monde ciblé. Pour finir par quelques notes positives, car le roman vaut la peine d’être lu, le texte est souvent drôle et léger et réussit, habilement,  à répandre quelques réflexions qui ne concernent pas uniquement un jeune public : celle de l’identité, celle de la timidité, celle de la différence, celle de la tolérance, celle de l’apport des mots, du langage, du verbe.
 

             Merci à l’auteur pour m’avoir fait découvrir ce lauréat du concours Amazon 2015.

 

« J’en ai vite vu un autre, de naufragé, perdu également au milieu de l’océan, qui tentait, avec beaucoup de maladresse, d’atteindre mon île, rejeté qu’il était également par toutes les nations. Ce naufragé, c’était Thierry, mon voisin de classe. Li avait encore plus de mal que moi à s’intégrer. Il faut que j’admette que sa présence provisoire à mes côtés était salutaire. Camaraderie de circonstance, le temps de trouver mieux. Dès que je me serais fait adopter par un groupe, j’abandonnerais Thierry à son triste sort, il ne fallait pas en douter. »

Un joli extrait de la lettre d’Arthur à Giovanna : « Les jours de tes absences étaient des jours pour rien ».

 

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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 14:42

 

 

           J’avais lu le roman de Camilla Läckberg il y a presque quatre ans. Pas « lu » d’ailleurs mais écouté. Mon avis était mitigé mais j’avais finalement trouvé que le livre s’adaptait parfaitement au support audio.

            Erica Falck revient dans la maison familiale de la petite ville suédoise après la mort de ses parents. Elle est rapidement emportée par une affaire policière malgré elle : une de ses amies d’enfance, Alexandra, a été retrouvée morte dans sa baignoire, entourée de glace à cause du chauffage coupé. Si le bel inspecteur Patrick mène l’enquête, c’est tout de même Erica et sa curiosité qui font le plus gros du boulot. Au menu : des drames liés à l’enfance des personnages, des souvenirs qui ressurgissent, des parents trop lâches, des adultères, une amitié très forte, des sœurs vraiment trop différentes, une petite histoire d’amour destinée à grandir… Même si les coupes sont inévitables lors du passage au roman à la BD, l’essentiel est là et bien là. Les planches retransmettent bien la personnalité des protagonistes, les dessins sont agréables et j’ai beaucoup apprécié les cases dédiées aux paysages. L’histoire, comme dans le roman, finit par être captivante. Pas indispensable mais plaisante, cette petite lecture enneigée en plein cagnard estival !

« 16/20 »

 

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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 11:11

 

 

               Quand j’ai commencé ce livre, j’ai tout de suite pensé, non sans raison, aux deux Glattauer, Quand souffle le vent du nord et La Septième vague car ce sont, tous, des romans épistolaires par mail (n’a-t-on pas encore inventé un terme pour cet échange électronique ?)

              Un écrivain de renom, Pierre-Marie Sotto, sexagénaire, célibataire, envoie un mail à une jeune femme nommée Adeline Parmelan pour la remercier de la volumineuse enveloppe qu’il a trouvée chez lui le matin même mais qu’il était hors de question qu’il lise le manuscrit censé s’y trouver, qu’il ne lisait d’ailleurs jamais les textes qu’on lui envoyait. Adeline lui répond aussitôt très poliment mais, se permettant d’insister, elle avance l’argument qu’elle n’est « pas une lectrice comme les autres ».  Quelques mails plus tard, la jeune femme de 34 ans se rétracte et demande à son correspondant de lui renvoyer le colis sans l’ouvrir.

            L’écrivain lauréat du prix Goncourt (oui, rien que ça !) est vite amené à se confier à cette mystérieuse inconnue dont le style, intéressant, mais aussi la vie l’intriguent. Courriers quotidiens, petites attentions, taquineries, … cet échange va permettre aux deux solitaires de se raconter. Chacun porte sa mochila (pour reprendre le terme de Rufin) de souffrances : Adeline se trouve trop grosse, elle a perdu un unique enfant lorsqu’il avait 17 jours, c’est une déprimée qui cependant arrive à profiter des quelques joies que lui procure la vie : un bon schnaps, des tisanes qu’elle prépare elle-même, la chorale où elle aime chanter. Pierre-Marie connaît, lui, un problème de taille pour un écrivain : il est en panne d’inspiration et n’arrive plus à écrire une seule ligne –sauf pour envoyer des mails à Adeline !- cette interruption a été déclenchée par une disparition : son dernier amour (le bonhomme a quand même été marié trois fois !) s’est littéralement envolé sans laisser de trace, sans expliquer sa fuite. Cette Vera, l’écrivain va en parler à Adeline… et il va même se dire qu’un lien ténu ou intense, il ne le sait, lie peut-être ces deux femmes.

               Cette lecture a été un vrai bonheur. Par où commencer ? Par les points de suspension que l’écrivain a en horreur ? Par les conseils de lingerie fine qu’il prodigue à Adeline ? Par cette image d’une maison emplie d’enfants (parce que si Pierre-Marie a vécu avec quatre femmes différentes, il a aussi eu des enfants, et des petits-enfants !) ? Par ce couple d’amis, Max et Josy, collés l’un à l’autre depuis des dizaines d’années ? Par Lisbeth, cette croqueuse d’hommes qui saute sur l’écrivain ? Par toutes les maladresses des uns et des autres ? Si le roman commence par une bise légère et frivole, mistrals et tempêtes ne vont pas laisser le lecteur tranquille. D’ailleurs si vous choisissez de lire ce livre, ménagez-vous quelques heures de temps libre car, sauf crise de masochisme aiguë, vous ne pourrez plus le refermer. Et quand on arrive à la dernière page, on regrette de l’avoir lu si vite ! Noukette a tout à fait raison de dire que c’est un « roman-doudou » ! Est-il utile de préciser qu’il sera aussi agréable de le lire sur une plage que n’importe où ailleurs ?

 

« J’ai simplement fait une expérience nouvelle et formidable : donner du temps, de l’attention, un coup de main, me remplit autant (et mieux) que les paquets de chips ou de biscuits que je dévorais pour calmer mes angoisses. Depuis que je suis attentive aux autres, croyez-moi ou pas, je maigris ! Pas assez encore pour concourir à l’élection de Miss Sarthe, mais je n’ai pas tant d’ambition.»

« Ces obsédés des points de suspension semblent vous dire : ah, si on me laissait faire, vous verriez cette superbe description que je vous brosserais là, et ce dialogue percutant, et cette analyse brillante. J’ai tout ça au bout des doigts, mais bon je me retiens. Pour cette fois ! On a envie de leur suggérer à l’oreille : laissez-vous donc aller, mon vieux, ne muselez plus ainsi ce génie qu’on devine en vous et qui ne demande qu’à nous exploser à la gueule. Lâchez-vous et le monde de la littérature en sera sous le choc, je vous le garantis. »

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 13:46

 

 

              Il est très simple de résumer ce récit : Jean-Christophe Rufin, l’écrivain en chair et en os, raconte sa randonnée, son périple, son long voyage à pied sur le Chemin de Compostelle. C’est un texte qu’il n’avait pas prévu d’écrire lors de ses jours de marche, ce n’est qu’à son retour que l’idée lui est apparue.

               Rufin évoque les raisons de ce choix, faire plus de huit cents kilomètres à pied, ça ne s’improvise pas. Et de raisons, il en donne beaucoup en évacuant d’emblée l’objectif religieux. Il parle aussi du côté pratique : du sac à dos, cette fameuse « mochilla » espagnole qui est la seule richesse du pèlerin et aussi son unique maison, des chaussures, de la nourriture, du coucher (Rufin dort mal dans les auberges peu chères et préfère la belle étoile), des ampoules, des températures. Une grande place est également faite aux autres pèlerins, ces gens avec qui il vit quelques minutes, quelques heures, quelques jours. On a même droit, pour les dernières minutes d’écoute correspondant aux derniers jours de son périple, au récit des retrouvailles avec sa femme qui partage avec lui les derniers kilomètres. N’oublions pas le « credential », ce carnet si précieux qui permet au pèlerin de se faire attester officiellement le passage de telle ou telle étape (un mairie, un bistro, peut apposer son tampon). J’ai du mal à comprendre le sous-titre du livre « Compostelle malgré moi ». Rufin a connu des déboires, des moments de découragement, des tentatives de tricherie (prendre le bus !)… mais n’est-ce pas le cas de tous les pèlerins ? Bref. J’ai appris pas mal de choses sur ce fameux Chemin dont je ne savais presque rien. Ça donne presque envie !

                   J’ai fini par déceler ce que j’aime tellement chez cet auteur : sa simplicité, son honnêteté,  ici même son humilité, qui nous le rend proche, humain, et régulièrement, ses magnifiques soubresauts d’élégance, à la manière d’un homme très beau qui ponctuerait son charme d’un éclatant sourire qui rajouterait une jolie cerise sur la gâteau.

                Livre audio oblige (et un bravo au lecteur, Vincent Schmitt), je n’ai gardé aucune citation mais j’insiste, l’image de cette mochilla, ce sac à dos qu’on trimballe toute notre vie, qu’il faut savoir alléger parfois, où il ne s’agit de mettre que l’essentiel, m’a beaucoup plu. L’auteur, à la fin de son récit, dit d’ailleurs avoir retenu quelques leçons à la suite de cette longue marche… mais les avoir assez rapidement oubliées aussi !

 

La cathédrale de Saint Jacques de Compostelle:

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31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 09:05

 

 

           Après avoir clamé haut et fort que Lydie était mon album préféré, je n’ai pas lu tant de Zidrou que ça (Le magnifique Folies Bergères, l’exotique Montreur d’histoires et La vieille dame qui n’avait jamais joué au tennis et autres nouvelles qui font du bien). C’est bien sûr une erreur.

            Léa est une jeune fille bisexuelle qui a rencontré sa meilleure amie lorsqu’elle s’est fait avorter pour la première fois. Léa a une vie mouvementée et débridée faite d’apparitions brèves à la télé, de photos dénudées dans des magazines, de rendez-vous sexuels. Elle n’est pas mal dans sa peau mais lorsqu’elle apprend la mort de son père, son passé lui gicle à la figure : son père médecin généraliste n’avait jamais de temps à lui consacrer, trop occupé à soigner la terre entière ; sa mère lassée du désintérêt de son mari s’en est allée voir ailleurs… il y a surtout l’image de ce petit frère mort dans la piscine familiale qui revient et pèse sur Léa. Elle aurait « remplacé » ce petit frère, conçue juste après l’accident.

           Léa va tenter d’alléger le lourd bagage de son passé, va tenter d’évacuer un héritage émotionnel trop lourd pour elle. L’album est touchant, poignant et fait ressurgir notre propre passé pour mieux l’appréhender. On ne peut que lire cette BD d’une seule traite, on ne peut que pleurer devant cette douloureuse histoire familiale, on ne peut qu’applaudir le courage de Léa qui parvient à tracer son chemin. Une lecture indispensable.

 

« 17.5/20 »

 

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28 juillet 2015 2 28 /07 /juillet /2015 14:58

 

 

          

            C’est parce que j’ai encore voulu lire sur l’Espagne que je suis tombée sur ce bouquin.

           Doña Adela est une octogénaire charmante et joyeuse qui vit dans un petit appartement, à Madrid. Le malheur s’abat sur notre veuve quand elle reçoit un courrier officiel l’exhortant de quitter son logement dans les deux semaines à venir. En Espagne, comme partout en Europe, c’est la crise et, parce qu’elle s’est portée caution pour son fils unique sans le sou, elle doit dégager le plancher. C’est sans compter une voisine au grand cœur, la jeune et jolie Clara, qui met rapidement en œuvre une idée originale et moderne : Doña Adela va être filmée au quotidien dans son appartement pour sensibiliser le pays et pourquoi pas, la Terre entière. La vieille dame voit donc sa cuisine s’emplir de caméras et elle apprend même à twitter. Pour cette ancienne institutrice, ces nouveautés l’enthousiasment et l’effrayent en même temps. Le succès ne se fait pas attendre : très vite, en quelques jours, des millions d’internautes suivent les faits et gestes de Doña Adela qui en profite pour lire Les Raisins de la colère ou dispenser quelques cours de cuisine. Un merveilleux mouvement de solidarité rapproche les occupants de l’immeuble dont un certain très beau Leopoldo qui sera d’une précieuse aide pour les deux femmes.

           On commence le roman en sachant très bien comment il va se terminer. Ce n’est pas bien grave parce que le livre est relativement bien écrit, il sensibilise les lecteurs aux problèmes de logement espagnols tout en apportant une touche d’énergie qui peut mettre de bonne humeur. C’est mignonnet, optimiste et finalement parfait quand on n’a pas trop envie de réfléchir. Pas tellement ma tasse de thé pourtant. Mission non accomplie, je n’ai pas appris grand-chose sur l’Espagne…

 

« J moins 10.

Le premier geste de Clara en se réveillant fut de s’emparer de son ordinateur. Il avait passé la nuit par terre, à côté de son lit, partageant le tapis avec sa paire de pantoufles blanches et le dernier thriller à la mode. Elle installa le portable sur son oreiller, caressa le couvercle avant de le soulever, alluma l’appareil et se trouva au bout de quelques secondes nez à nez avec Doña Adela. En gros plan. En plan géante, même. »

 

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 21:17

 

 

                J’ai fait un truc étrange : j’ai lu un 2ème roman d’un écrivain dont je n’avais pas aimé la première lecture. Alors pourquoi ? Ce n’est pas que j’avais détesté L’île des oubliés découvert en livre audio mais j’avais trouvé ça assez mièvre, dégoulinant de bons sentiments. Préparant un voyage en Andalousie, c’est donc le décor (ça se passe à Grenade) qui m’a attirée. Et après quelques déconvenues en matière de livre audio, je savais que je pouvais compter sur Victoria Hislop en ce qui concerne la facilité et l’accessibilité d’écoute…

               Deux anglaises, Sonia et Maggie, font un court voyage à Grenade. Passionnées de danse, elles s’initient au flamenco avec plaisir. Si Maggie, célibataire, s’attache à la ville et à son rythme, Sonia se souviendra surtout d’une rencontre : celle d’un vieux monsieur, tenancier d’un café, El Barril, qui va lui raconter l’histoire de ce café et de ses anciens propriétaires.

              La deuxième grosse partie de l’histoire nous plonge donc pendant la guerre civile espagnole, dans cette famille modeste où les parents ont vu mourir et disparaître chacun de leurs quatre enfants… Un zoom est fait sur Mercedes, cette virtuose du flamenco qui s’était éprise du beau guitariste et qui va errer dans un pays en guerre et en souffrance. Sonia a vu une photo de cette Mercedes et son visage lui semble tant familier… Je ne crois pas trop en révéler en disant que Mercedes est la mère de Sonia et que, par là même, la jeune femme découvre le passé de cette famille qu’on lui avait toujours cachée…

               J’ai vraiment beaucoup aimé tout ce qui a trait à l’Espagne, à son histoire, à ses habitudes, à son flamenco. Encore une fois, l’auteur parvient à nous faire voyager, à raviver les couleurs du passé. Le fait que Sonia tombe sur un type qui a connu sa mère (avouez que sur l’ensemble de l’Espagne, les chances étaient quand même très maigres !), le fait qu’elle soit mariée au gars le plus alcoolique et le plus stupide de l’Angleterre constituent les quelques bémols de ce roman mais n’en gâchent point l’écoute, rendue admirable grâce à la vivante interprétation de Laëtitia Lefebvre.

              Encore un livre à poser sur une serviette de plage…

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