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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 21:17

 

 

                J’ai fait un truc étrange : j’ai lu un 2ème roman d’un écrivain dont je n’avais pas aimé la première lecture. Alors pourquoi ? Ce n’est pas que j’avais détesté L’île des oubliés découvert en livre audio mais j’avais trouvé ça assez mièvre, dégoulinant de bons sentiments. Préparant un voyage en Andalousie, c’est donc le décor (ça se passe à Grenade) qui m’a attirée. Et après quelques déconvenues en matière de livre audio, je savais que je pouvais compter sur Victoria Hislop en ce qui concerne la facilité et l’accessibilité d’écoute…

               Deux anglaises, Sonia et Maggie, font un court voyage à Grenade. Passionnées de danse, elles s’initient au flamenco avec plaisir. Si Maggie, célibataire, s’attache à la ville et à son rythme, Sonia se souviendra surtout d’une rencontre : celle d’un vieux monsieur, tenancier d’un café, El Barril, qui va lui raconter l’histoire de ce café et de ses anciens propriétaires.

              La deuxième grosse partie de l’histoire nous plonge donc pendant la guerre civile espagnole, dans cette famille modeste où les parents ont vu mourir et disparaître chacun de leurs quatre enfants… Un zoom est fait sur Mercedes, cette virtuose du flamenco qui s’était éprise du beau guitariste et qui va errer dans un pays en guerre et en souffrance. Sonia a vu une photo de cette Mercedes et son visage lui semble tant familier… Je ne crois pas trop en révéler en disant que Mercedes est la mère de Sonia et que, par là même, la jeune femme découvre le passé de cette famille qu’on lui avait toujours cachée…

               J’ai vraiment beaucoup aimé tout ce qui a trait à l’Espagne, à son histoire, à ses habitudes, à son flamenco. Encore une fois, l’auteur parvient à nous faire voyager, à raviver les couleurs du passé. Le fait que Sonia tombe sur un type qui a connu sa mère (avouez que sur l’ensemble de l’Espagne, les chances étaient quand même très maigres !), le fait qu’elle soit mariée au gars le plus alcoolique et le plus stupide de l’Angleterre constituent les quelques bémols de ce roman mais n’en gâchent point l’écoute, rendue admirable grâce à la vivante interprétation de Laëtitia Lefebvre.

              Encore un livre à poser sur une serviette de plage…

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 18:38

 

 

               Deuxième lecture de cet auteur après Paul à Québec qui m’avait sacrément remuée.

               Comme le laisse supposer le titre, Paul nous raconte une partie de son enfance. Et c’est au parc que se déroule l’action des premières planches. Paul s’ennuie un peu tout en titillant son cerf-volant. La jolie Hélène le sort de sa léthargie et lui propose d’aller voir un spectacle de théâtre dans une roulotte, au parc. Nous sommes à Montréal à la fin des années 60, un mouvement de libération nationale réclame l'indépendance de la province du Québec et utilise, pour se faire entendre, des mesures impressionnantes comme l’enlèvement d’un diplomate et d’un ministre. Paul vit dans un appartement avec sa sœur et ses parents, ses grands-parents et son oncle sont dans l’appartement voisin, la cohabitation est difficile, le garçon a deux échappatoires : la BD qu’il découvre avec grand bonheur (il s’y colle lui-même mais ses parents rient devant ses premières planches) et le scoutisme ! C’est un camp d’été qui occupe une bonne partie de l’album, c’est à cette occasion-là que Paul se fait des amis, apprend à vivre dans la nature (au sens propre du terme, sa dernière nuit, il la passera seul sous un sapin) grandit, tout simplement, guidé par de chouettes adultes.

              C’est cette image que je viens d’évoquer qui m’a le plus émue. On a vraiment l’impression que Paul a fait des rencontres magnifiques, importantes pour son avenir, notamment celle avec Daniel, un animateur scout qui l’emmène au cinéma, qui le pousse à faire du théâtre, qui l’incite à continuer la BD… 

             Peut-être que quelqu’un pourra répondre à ma question : les albums de la série des Paul sont-ils réellement autobiographiques ? Pour mes deux lectures, j’ai été surprise, voire décontenancée, de « tomber » sur une tragédie. Non seulement, elle brise l’ambiance légère des planches précédentes mais en plus, elle semble trop énorme pour être crédible. Je ne sais pas si vous avez tout compris…  Au final, ce petit morceau de Bildungsroman m’a sacrément plu, Paul est attachant et on a envie de le voir devenir un chic type !

 

« 17/20 »

 

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 20:48

 

 

             Après avoir beaucoup aimé Prenez soin du chien, j’ai voulu approfondir l’humour de ce Monsieur Erre…

 

              Felix Zac est un passionné de cinéma, mais attention, pas n’importe quel cinéma, le cinéma de seconde zone, spécialisé dans les navets, les films aux scénarios bancals, aux mauvais acteurs, aux titres risibles (Retour des tomates tueuses ou L’Attaque des sangsues géantes pour n’en citer que deux…). Ce penchant agace sa compagne Sophie, agace sa sœur, le rend asocial et l’empêche de grandir. Sa petite vie routinière se voit chamboulée le jour où il reçoit le scénario inachevé d’un auteur qu’il admirait et qui est mort depuis peu. L’histoire se passe dans une maison de retraites … pour vieux acteurs ! Et cette maison de retraite existe vraiment ! Lorsqu’on découvre que les meurtres du scénario ne sont qu’une copie de ceux commis à La Niche St Luc, la police intervient, on soupçonne Félix qui s’est fait passer pour l’auteur. Oui, mais les deux enquêteurs rivalisent en bêtises et en gaucheries. Rajoutez à cela Zoé, la fille hyperactive de Sophie et Félix, une mère hyperprotectrice, un détective hypercon, de petits vieux hypervicieux, et vous obtiendrez un résultat explosif !

                 Il faut vraiment savoir entrer dans l’univers particulier de J.M. Erre pour apprécier ce roman. Entre 28ème degré et dimension absurde, on se rend compte que l’intrigue est rudement bien ficelée et que, comme pour Prenez soin du chien, la fin nous régale en surprises. Personnellement, sans l’attrait de la nouveauté, je me suis parfois lassée. Est-ce le thème, cet hommage à la vieillesse, qui m’a refroidie ? (il faut dire que le hasard ne me plonge que dans des lectures pro-vieux depuis quelques mois !). En tous cas, si vous avez envie au mieux de rire, au pire de lire un bouquin original et loufoque, ne passez pas à côté de cet auteur à part.

 

                « Tous les matins, c'était l'odeur qui réveillait Félix (trente-trois ans, soixante-dix kilos, un mètre soixante-seize d'inquiétudes existentielles). À sept heures précises, le chat Krasucki (dix ans, dix kilos, cinquante centimètre de molle obésité) se hissait péniblement sur le lit de ses humains de compagnie et venait balader son haleine rance sous le nez de Félix, le distributeur de croquettes. C'était un peu rude, certes, mais ça faisait des économies de réveil. Et puis ça vous rappelait que la vraie vie  - là-bas, hors de la couette - n'était pas une partie de plaisir. »

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 15:57

 

 

               Après la belle lecture-écoute du Collier rouge, vous pensez bien que j’avais envie de continuer à lire du Rufin !

               Catherine est une solitaire de 46 ans. Travailleuse infatigable, célibataire, sans enfants et sans passion véritable, c’est presque par hasard qu’elle se rend au Brésil, à Recife. Elle a répondu à l’invitation d’un couple d’amis. Après quelques jours de molle adaptation à un univers oisif et moite, elle se fait séduire par Gilberto surnommé Gil, un indigène très jeune, beau et musclé. Très rapidement, ils couchent ensemble. La différence d’âge et de classe sociale ne laisse que peu de doutes à Catherine, c’est un gigolo. Et effectivement, il se laisse couvrir de cadeaux et inviter au restaurant. Ça ne pose de problème ni à l’un, ni à l’autre puisque chacun y trouve son compte. Oui, mais à quelques jours de son retour en France, Catherine se rend compte qu’elle s’est attachée terriblement à Gil, même s’il papillonne à droite à gauche, même s’il couche aussi bien avec les femmes qu’avec les hommes, même s’il est issu d’une de ces sordides favelas, même s’il vit dans l’illégalité la plus complète. Pire, elle décide de tout plaquer en France, de s’installer au Brésil, et pour être sûre que Gil soit près d’elle, de lui donner une énorme somme d’argent pour qu’il puisse s’acheter le bar de ses rêves.

                C’est alors que débute la seconde partie du roman et avec elle, la descente aux enfers. Catherine, une fois établie au Brésil, est de plus en plus dépendante de Gil, elle obéit à ses souhaits, ne désire que lui plaire et le satisfaire, se laisse ruiner. Ses amis à lui, vulgaires, méchants et sots, occupent une place grandissante, extorquent les derniers sous de Catherine. Cette histoire de soumission se finira mal, dans la violence et le feu, c’était écrit d’avance. Et c’est justement dans une atmosphère de tragédie grecque, sous un soleil aussi impitoyable que le destin de l’anti-héroïne, que nous plonge Rufin. Son style fluide et efficace m’a énormément plu (dans le magazine Lire, il dit corriger très peu et écrire "tout d'un jet" !!!) et, même si on a envie de mettre des baffes à cette Catherine, Rufin nous fait une belle démonstration des dérives de l’amour et de sa cohabitation avec la mort. C’est d’autant plus troublant que ça se passe dans un des plus beaux endroits au monde.

            Une superbe lecture qui m’a passionnée de bout en bout, que j’ai même préférée à celle du Collier rouge.

 

« Le voyage rêvé est image ; le voyage vécu est sensation. »

« Et naturellement, tous étaient dévêtus ou presque. Tant de fesses, tant de seins, tant de cuisses, tant de sexes qui imprimaient leur empreinte à si peu d’étoffe affolaient la vue, aux yeux de Catherine, ces gens étaient nus, indiscutablement nus. Ils ne portaient leurs maillots que comme la précieuse monture des joyaux de chair qu’ils entendaient mettre en valeur. Le tissu ne cachait rien, il désignait. »

« Catherine se méprisait d’avoir tenu jadis tous ces propos ineptes sur l’indépendance quand pour elle aujourd’hui la liberté véritable c‘était au contraire de dépendre de la satisfaction de Gil.»

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 15:12

 

 

                On a parfois une pépite chez soi et on ne le sait pas ! Depuis trois longues années, cet album dort dans ma bibliothèque sans que je m’en soucie le moins du monde, je l’ai réveillé …, il m’a réveillée plutôt !

                 L’auteur-narrateur-scénariste-illustrateur se voit offrir une réponse positive à sa demande, toute particulière, d’aller voir les TAAF, comprenez les Terres Australes et Antarctiques Françaises (personnellement, je n’avais jamais entendu parler de cet acronyme !).  Avec, dans sa tête, les souvenirs des dessins qu’il faisait enfant, de grands bateaux, Emmanuel Lepage embarque dans le Marion Dufresne, le 18 mars 2010. Après une courte escale à Tromelin, îlot inhabité (seuls quatre hommes surveillent une station météo), une entrée fracassante dans les quarantièmes rugissants, le Marion jette l’ancre près des falaises noires de Crozet. Mis à part les quelques scientifiques, les marins sont accueillis par des hordes de manchots et quelques très impressionnants éléphants de mer. Le 16ème jour, le bateau aborde les rivages oniriques de Kerguelen. Là, c’est le froid, la pluie, le vent à 120km/h, des paysages lunaires mais aussi des cormorans, des phoques, des otaries, des éléphants de mer, des manchots (encore), des carcasses de baleine.  Après une pause agrémentée d’une aurore boréale (rien que ça !), le Marion passe devant Saint-Paul, une réserve où il est interdit d’y mettre les pieds puis fait halte à Amsterdam, un mois après le grand départ, une île agréable qui ressemble à la Bretagne.

             Quel voyage, mais quel voyage ! Je crois bien que c’est la BD la plus déconcertante d’un point de vue géographique, la plus instructive que j’ai pu lire jusqu’ici. Non content de nous emmener si loin, dans des contrées rudes et peu civilisées, Emmanuel Lepage nous offre des aquarelles de toute beauté, mêlant avec merveille les nuances de bleu, de vert, de gris. Moi qui vantais tout récemment les talents de Chavouet, je viens de lui trouver, dans un tout autre style, un sacré concurrent. Que de bonheurs nous procurent les BD quand même !

 

 

« 19/20 »

 

 

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 20:29

 

 

               Encore et toujours à la recherche d’une bonne comédie pour ma troupe de théâtre, j’ai découvert cette comédie en quatre actes, intelligente et fine, créée en 1951.

              Nous sommes dans la famille Jacquet. Attention, Monsieur Jacquet n’est pas n’importe qui, il est sénateur et il se bat contre l’avortement… Il se trouve que sa femme, Olympe, tombe enceinte ! A un âge bien avancé, avec deux enfants adultes, c’est une catastrophe ! Va-t-elle garder l’enfant ? Mais il y a pire, le fils, Georges, a couché avec la secrétaire de M. Jacquet et l’a mise enceinte, rendez-vous compte, une secrétaire ! La liste des surprises n’est pas terminée : la fille, Annie, attend elle aussi un enfant de son futur mari, mais avant leur mariage, quel scandale ! Pour couronner la tout, la bonne est enceinte d’un livreur de frigo !

              A une époque où un bébé hors mariage était de nature à déplaire tout le voisinage et bien plus, les Jacquet vont tenter de se dépatouiller de cette situation. Théâtre de boulevard par excellence, l’intrigue à rebondissements semble peu crédible à notre époque et pourtant, je me suis régalée de plonger dans un monde que je n’ai pas connu. Fausse naïveté et candeur feinte sont les clés de cette comédie. Pour ne pas nous déplaire, ça sent bon le Molière parfois. La secrétaire enceinte du fiston qui allait être gentiment éconduite devient tout à coup très intéressante parce qu’elle est une personne « de qualité » dirait M. Jourdain, parce qu’elle vient d’une famille russe célèbre, « si célèbre que le régime communiste a même conservé dans plusieurs villes des statues de savants, d’astronomes éminents qui furent les oncles ou les grands-pères de Natacha. ». A propos de grand-père, Annie a réussi à mettre le sien dans la poche, il a feint une attaque cardiaque afin d’avancer le mariage de la belle…

               Même si la pièce a vieilli, si le thème n’est plus d’actualité, la lecture a été bien agréable, souriante et plaisante. C’est bien  écrit, ce qui n’est pas toujours le cas pour tous les vaudevilles, normal c’est André Roussin de l’Académie française qui en est l’auteur. Sachez aussi que c’est Marthe Mercadier qui interprétait le rôle de Mme Jacquet et que Monsieur le Sénateur n’était autre que Guy Tréjan.

Encore une pièce pour le challenge théâtral d’Eimelle !

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 14:39

 

 

                 Ça fait trop longtemps que je me promets de lire cet écrivain extravagant, authentique et alcoolique.

                 Ce recueil d’une vingtaine de nouvelles n’est pas fait pour les prudes : tout n’est qu’alcool, sexe, blasphème, humiliation, paresse et vulgarité. Charles Bukowski se met souvent en scène lui-même et sans aucun scrupule (oh non, aucun !), il n’hésite pas à se montrer sous son plus mauvais jour, démontrant par a+b qu’il n’a aucun talent d’écrivain et qu’il préfère se rouler dans la luxure et l’oisiveté. Les titres des nouvelles sont évocateurs : « La machine à baiser », « La chatte blanche » ou encore « J’ai descendu un type à Reno ».

              Je vous avoue tout : j’ai mis des semaines à lire ces nouvelles. J’ai démarré sur les chapeaux de roues, avec beaucoup d’enthousiasme et une folle envie de me dévergonder avec ce fameux Bukowski et puis, je me suis peu à peu lassée de son univers criard et vulgaire.  J’ai aimé certaines nouvelles, j’ai saisi sans difficulté l’aspect novateur et révolutionnaire, l’esprit libre du ton, du style qui s'apparente à une lame tranchante et acérée mais je crois que ce n’est pas ma tasse de thé.

                 La nouvelle que j’ai la plus appréciée parce qu’elle est très drôle : « Le petit ramoneur » : le narrateur se vante d’avoir séduit la très belle secrétaire de sa boîte. Pourtant, les collègues l’avaient prévenu : c’est une sorcière ! Henry la met dans son lit et un mois plus tard, l’épouse. Oui, mais Sarah se plaint d’avoir un mari trop gros, elle le met au régime. Il perd du poids, obéissant à sa femme, perd beaucoup de poids, de plus en plus de poids mais aussi quelques centimètres. Eh oui, c’est un fait : il rapetisse ! Sarah avoue qu’elle tente de « résoudre le problème de la Surpopulation », son bonhomme va tout simplement finir par disparaître ! Avant ça, un petit plaisir, elle glisse son mari de vingt centimètres entre ses jambes, le fait aller et venir, vous imaginer le tableau. Henry réussit à s’en sortir après avoir tuée sa géante, et il re-grandit.

 

« La poésie en dit long et c’est vite fait ; la prose ne va pas loin et prend du temps. »

 

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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 13:11

 

 

            Un cuisiner d’un bouiboui japonais se fait agresser par trois hommes en noir parce qu’il ne leur avait pas remboursé l’argent prêté. Une jeune fille, la seule cliente d’un restaurant qui fait faillite, est témoin. Oui, mais au fil des pages, on découvre que cette jeune fille n’est peut-être pas si innocente qu’elle le paraît…  Les apparences sont trompeuses dans cet univers noir et cruel. Courses-poursuites, vol de blouson, distributeur de boissons, crevettes mais aussi peau grillées, tigre se promenant dans une ville imaginaire, voilà les quelques éléments d’une enquête qui prend vite des allures picaresques.

             L’album porte bien son titre puisque de nombreuses planches comportent des coupures de journaux mais aussi des morceaux de feuille déchirés, des collages, des gribouillages, des brouillons, des taches, des notes… rien de conventionnel, d’habituel, de classique. Cette grande confusion apparente m’a déroutée mais j’ai, comme pour Tokyo Sanpo, adoré les dessins d’une précision surprenante. J’irais même plus loin, lire Chavouet, c’est ne trouver que peu de charme aux graphismes des autres illustrateurs BD.

« 16/20 »

 

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 17:22

 

 

                Même si toute la blogosphère scande le nom de « Gurty » (j’exagère à peine), c’est à reculons que j’ai démarré cette histoire de chien. J'avais bien tort.

                 Gurty est en réalité une chienne. Et nous lisons, bande de voyeurs que nous sommes, son journal intime. Il commence le 1er juillet dans le train qui mène Gurty et son « humain », Gaspard, en Provence, sur leur lieu habituel de vacances estivales, et s’achève le 42 juillet (non, je n’ai pas fait de faute de frappe) sur le trajet du retour vers Paris.

               La chienne s’exprime comme un humain, elle évoque ses goûts (le poulet rôti, la glace, les chichis, la pizza, mais par-dessus tout, … le caca !), ses aversions (les chats, le bruit, les chats et les chats), ses amis (surtout une amie, Fleur, une chienne « pas normale mais faut pas se moquer »), ses ennemis (surtout un : « Tête de Fesses », le chat des voisins), ses ambitions (choper l’écureuil qu’elle n’a pas réussi à attraper l’an passé), ses peurs (ne plus avoir à manger).

               Le tout est livré sur le ton de l’humour, crado comme il faut pour les gosses, et l’air de rien, pas bête du tout ! J’ai même trouvé mon zeugma que j’aime d’amour : "Gaspard a accouru en short et en colère ". Et ô surprise :  Bertrand Santini a eu la bienveillance, la générosité, la grandeur d'âme de mentionner des noms de blogs en fin de livre (à commencer par ma chère Za!), jolie attention ! (un avis de blogueur commencerait-il à prendre de la valeur?!)

             Mon fils, mini-lecteur de 9 ans 1/2, a trouvé le roman vraiment sympa et très drôle. Il a beaucoup aimé le passage où de la barbe à papa reste collée aux fesses de la chienne (elle l’avait bien cherché, elle avait fait pipi dessus !) et ce petit fait pas ordinaire avait attiré tous les chiens du quartier qui lui reniflaient l’arrière-train.

              C’est donc un roman coloré et léger, à emporter dans sa valise et à faire tourner !

 

« Aujourd’hui, notre voiture a décidé d’aller faire un tour à la mer et ça tombait bien parce qu’on était dedans. J’adore la mer, mais dommage que ça mouille. Surtout les vagues. Quand j’étais petite, elles me faisaient peur, les vagues. Mais maintenant, laisse-moi rire ! Elles ont beau cracher de la mousse, ces froussardes finissent toujours pas se ratatiner sur la plage avant de faire marche arrière comme de vraies poules mouillées ! »

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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 20:06

 

 

             Après Ne lâche pas ma main, je m’étais fait la promesse de lire un autre titre de cet auteur.  C’est chose faite avec ce polar complexe et original que j’ai préféré au premier. (Alex, tu avais raison !)

           Laurenç Sérénac est un jeune flic téméraire, grande gueule et beau gosse. Il enquête sur le meurtre d’un type retrouvé mort dans un ruisseau, à Giverny. Oui, le village de Monet, le village des peintres impressionnistes. Très rapidement, certaines rencontres l’inquiètent, d’autres le fascinent comme Stéphanie, l’épouse du principal suspect. Il y a aussi la petite Fanette, cette artiste en herbe qui aimerait tant dépasser Monet ! Il y a aussi la vieille femme, une sorte de sorcière qui voit tout et sait beaucoup de choses…

            Dans un petit village qui n’a de paisible que les couleurs, les êtres se côtoient sans beaucoup s’aimer, les secrets ne sont que rarement révélés et… on se fait balader comme des pantins. L’auteur fait du lecteur ce qu’il veut, ça m’a même agacée de ne vraiment rien flairer. Et la fin est un sublime feu d’artifice, chaque page nous éblouit par sa surprise et ses trouvailles. Si l’écriture reste raplaplate comme j’ai déjà pu le constater pour Ne lâche pas ma main, l’intrigue vaut ici le détour.

            Comme le dit si justement Soukee, on ferait bien un détour par Giverny aussi, histoire d’aller vérifier la couleur des nénuphars…

 

Le village de Giverny : « (…) le décor est figé. Pétrifié. Interdiction de décorer autrement la moindre maison, de repeindre un mur, de cueillir la moindre fleur. Dis lois l’interdisent. Nous vivons dans un tableau, ici. Nous sommes emmurés ! On croit qu’on est au centre du monde, qu’on vaut le déplacement, comme on dit. Mais c’est le paysage, le décor, qui finit par vous dégouliner dessus. Une sorte de vernis qui vous colle au décor. Un vernis quotidien de résignation. De renoncement. »

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