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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 15:35

 

 

           Jan entre au lycée. Il est complexé, timide, ni très beau ni très grand, et surtout mort de trouille. Pour se donner du courage, pour affronter cette jungle d’adolescents, Jan a convoqué trois mastodontes : Russel Crowe, Sylvester Stallone et Arnold Schwarzenegger. Ils cassent la gueule à tous ceux qui embêtent Jan. Mais petit à petit, Jan va apprendre à se défaire d’eux, de leur force surnaturelle et trouver un véritable ami en la personne d’un élève en chair et en os.

            J’ai eu d’abord un peu de mal à appréhender ces kilos ou plutôt ces tonnes de muscles qui occupent toute la planche. Et progressivement, je me suis prise au jeu, c’est en réalité une manière amusante de démontrer à quel point les ados (et pas forcément que les ados) ont besoin de se cacher derrière un prétexte ou un bouclier (tenue vestimentaire, maquillage, grande gueule…) pour s’affirmer. Et puis, les trois acteurs réduits à leurs énormes muscles (pour être finalement réduits à néant !) sont évidemment ridiculisés au point que ça en devienne jouissif. De Vivès, j’ai retrouvé le style épuré et minimaliste du Goût du chlore que j’ai finalement bien moins aimé que cette petite histoire racontée de manière originale et tout à fait plaisante.

 

« 15/20 »

 

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 17:27

 

 

              Je passe aux aveux, c’est parce que j’ai éprouvé un grand ras-le-bol face aux niaiseries et aux platitudes de mes dernières lectures (contemporaines) que j’ai sorti cette œuvre de ma PAL. Comme j’ai eu raison !

              Née en 1908 à Paris, Simone de Beauvoir se distingue très tôt par une grande soif d’apprendre. Heureuse, elle l’est, entre des parents qu’elle admire et une sœur qu’elle adore. Son père lit Ruy Blas et Hernani et lui donne l’impression d’avoir toujours le dernier mot en société ; sa mère transmet sa piété à sa fille. Sa méconnaissance de ce qu’est le Mal rend l’enfance de Simone idéale et béate. A l’adolescence, de manière assez prévisible, elle se révolte, cesse de croire en Dieu, se lie d’amitié avec Zaza plus libre et plus indolente qu’elle. Mais nous sommes au début du XIXème siècle, il n’est pas aisé d’affirmer sa liberté quand on est une jeune fille, Simone respecte ses parents, leur obéit, leur cache ses pensées les plus profondes.

           Elle ne sait où se placer dans son rapport à l’amour, elle ne se voit pas mariée, elle pense aimer Jacques, ce cousin qui l’apprécie, mais quand il est absent, il ne lui manque pas. Son désir de s’enrichir intellectuellement, immuable, sera plus fort que tout et ne la quittera plus. L’autobiographie s’achève sur sa réussite à l’agrégation de philosophie et sur sa rencontre avec Jean-Paul Sartre.  Du trio d’amis Sartre-Nizan-Herbaud, c’est Herbaud qu’elle fréquente d’abord. Malgré quelques sorties et beuveries d’un soir, Simone continue à être un rat de bibliothèque et force l’admiration de ses congénères – tous masculins. Sartre, bénéficiant déjà d’une solide réputation d’intellectuel et de grand lecteur, prendra la « jeune fille rangée » sous son aile. Et c’est parce que Simone rencontre, pour la première fois de sa vie, quelqu’un qui travaille plus qu’elle, qu’elle peut l’admirer sans faille même s’il n’est que de deux ans son aîné, que les deux ne vont plus se quitter.

           Je me suis prise de passion pour cette autobiographie, pour le pointillisme et la méticulosité des portraits, pour la formidable description de ce début du XIXème siècle. C’est à la fois un aperçu de l’évolution somme toute classique de l’enfance à l’adolescence et le jaillissement d’une personnalité hors du commun.  Simone de Beauvoir a écrit son autobiographie en six tomes, j’ai donc de quoi faire si je veux tout lire !

 

 

« Ainsi, l’image que je retrouve de moi aux environs de l’âge de raison est celle d’une petite fille rangée, heureuse et passablement arrogante. »

Un aveu du père : « Quel dommage que Simone ne soit pas un garçon ! »

 

A 20 ans, à propos de Dieu : « j’étais très contente qu’il n’existât pas. J’aurais détesté  que la partie qui était en train de se jouer ici-bas eût déjà son dénouement dans l’éternité. »

Le mariage est l’ « exhibition publique d’une affaire privée. »

« Je me flattais d’unir en moi un cœur de femme, un cerveau d’homme. »

 

« "A partir de maintenant, je vous prends en main ", me dit Sartre quand il m’eut annoncé mon admissibilité. »

« Sartre répondait exactement au vœu de mes quinze ans : il était le double en qui je retrouvais, portées à l’incandescence, toutes mes manies. Avec lui, je pourrai toujours tout partager. Quand je le quittai début août, je savais que plus jamais il ne sortirait de ma vie. »

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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 11:57

 

 

           C’est en écoutant l’auteur parler à une émission de télé que je me suis demandé pourquoi j’avais abandonné ses livres – il y a bien dix ans que je n’ai plus touché à un roman d’Amélie Nothomb… La réponse est à la fin du billet !

           Amélie Nothomb raconte sa rencontre avec une de ses lectrices, Pétronille Fanto, lors d’une séance de dédicaces. Amélie et Pétronille correspondaient depuis quelque temps déjà et ce fut une surprise de découvrir, en la personne de Pétronille, jeune femme d’une trentaine d’années, un être aux airs d’adolescent et au look androgyne. Pétronille, d’emblée, ne semble pas être impressionnée par l’écrivain. Auteur de talent, elle méprise Amélie qu’elle prend pour son larbin. Pourtant Amélie l’apprécie, malgré ses sautes d’humeur, sa mesquinerie, sa déloyauté. Elle a surtout trouvé une compagne de beuverie car Amélie adore le champagne mais n’aime pas s’enivrer seule. Les deux femmes vont passer quelques années ensemble, l’une faisant tout pour l’autre sans se poser de questions…

           Le livre s’ouvre sur une magnifique apologie du champagne dont je vous livre un mini-extrait dans lequel, amatrice de bons vins que je suis, je me suis totalement retrouvée. Et puis après… après, c’est du grand n’importe quoi ! Entre autobiographie et fiction, Amélie raconte, dans un style d’une platitude affligeante, sa rencontre avec une personne sans intérêt, sournoise et insensible, qui, de plus, la rabaisse quand elle ne l’ignore pas complètement. Je n’ai pas compris l’objectif du livre – si objectif il y a-  les dialogues sont banals, on ne sait pas si on doit rire ou pleurer et l’ensemble extrêmement bref, et pourtant très ennuyeux, est d’une rare médiocrité ! En livre audio, les 2h30 d’écoute m’ont même paru longues, l’auteur a délégué la tâche de lire son œuvre à Pulcherie Gadmer, la pauvre ! Il va m’en falloir du courage, pour remettre, un jour, le nez dans un livre d’Amélie Nothomb !

 

« L'ivresse ne s'improvise pas. Elle relève de l'art, qui exige don et souci. Boire au hasard ne mène nulle part. SI la première cuite est si souvent miraculeuse, c’est uniquement grâce à la fameuse chance du débutant. Par définition, elle ne se repoduira pas.»

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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 20:23

 

 

-Comment dézinguer la Petite Souris –

 

             N’allez pas croire qu’on ne lit plus de BD pour enfants ou d’albums à la maison, on en lit moins à trois, la petite de 6 ans 1/2 commençant sérieusement à lire toute seule et le grand de-presque-10 ans exigeant solitude et liberté, mais on en lit toujours. La Rose écarlate a fait l’unanimité (tous tomes confondus) mais mon vrai coup de cœur à moi, c’est cette jolie BD.

             Astrid est une petite fille qui vit dans une très grande maison au sommet d’un gratte-ciel. Ses parents se sont absentés pour quinze jours, alors c’est le snobinard domestique et la rustaude aide ménagère qui gardent la fillette. Oui mais Astrid s’ennuie, elle s’ennuie terriblement. Un événement vient perturber le calme bourgeois de la maison : Astrid a une dent qui bouge. Alors que les deux adultes lui parlent de la petite souris, Astrid, très futée pour son âge, n’en croit pas un mot et mène l’enquête. Si petite souris il y a, elle peut arriver à la piéger ! Excellent parmesan, pièges à souris par dizaines … tous les moyens sont bons pour coincer le rongeur… Oui, mais quand la dent perdue est emportée, que trouve Astrid ? Non pas une petite pièce mais un tube de dentifrice !

            J’ai adoré cette lecture aux allures de roman policier, je me suis bien plus marrée encore que mes enfants (à qui j’ai dû expliquer quelques seconds degrés), Astrid avec son petit air malin et sa jolie frimousse m’a fait penser à ma petite fille à moi. Le dessin m’a beaucoup plu aussi, contre toute attente, ce n’est pas dans cette demeure à hauts plafonds que se déroule l’intrigue mais à l’intérieur des murs ! Les traits élégants et précis du dessinateur font penser à l’univers espiègle de Ma Sorcière bien-aimée ! Le tome 2 sort en janvier, une jolie lecture à venir !

 

« 18/20 »

 

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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 15:31

 

 

            Deuxième tentative avec cet auteur flic. Toujours en livre audio.

            Léo se rend chez le coiffeur. Il en profite pour raconter une histoire fabuleuse au délicat parfum de conte moderne. Providence, une très jolie factrice, veut se rendre au Maroc pour chercher et ramener définitivement en France la petite Zahera, atteinte de mucoviscidose, qu’elle a adoptée quelques années plus tôt. Oui mais l’avion que devait prendre Providence est coincé au sol, comme tous les autres avions, à cause de ce fameux nuage de cendres islandais dont tout le monde se souvient encore bien… Elle ne se laisse pas démonter, va recourir à tous les moyens inimaginables pour retrouver sa petite malade. Pourquoi pas voler ? Entre marabouts chinois et sénagalais, adeptes de la lévitation et rencontres encore plus farfelues, Providence va effectivement voler de ses propres bras, à travers les nuages. La fin nous expliquera comment…

            Par rapport au premier roman publié de l’auteur, on sent une certaine maturité, des progrès dans la profondeur des sentiments et dans la description des personnages. Quelques passages m’ont même vraiment touchée. Des reproches, on pourrait cependant en faire par paquets entiers. On sent bien que c’est un homme qui écrit puisque son héroïne au « physique impeccable » se goinfre comme elle le souhaite sans prendre un gramme… Les passages où la « volante » rencontre Obama puis Hollande… doit-on en rire ou en pleurer ? Je ne sais pas ! L’auteur ne semble pas craindre le ridicule et assume pleinement son naïf optimisme en la vie. Il y a un côté Amélie Poulain qui peut plaire ou ne pas plaire. Pour ma part, si les quelques heures d’écoute m’ont bien divertie, la version papier m’aurait certainement agacée et je ne pense pas m’intéresser de trop près au prochain ouvrage de ce Monsieur Puertolas.

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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 21:31

 

 

             Troisième essai de cet auteur, troisième réussite. Et Paul à la campagne est son premier album de bande dessinée.

               Le narrateur(-auteur) revient dans sa maison familiale. Il n’est pas seul, il est accompagné de sa femme et de sa fille Alice. On est à l’époque où on écoute des cassettes dans la voiture mais le paysage campagnard environnant déclenche à Paul une avalanche de souvenirs : les baignades dans le Lac-à-Jean avec son copain Alain, sa première carabine à plomb, la tortue qu’on maltraite, les cours d’accordéon décevants à cause d’une prof qui était née pour faire autre chose qu’enseigner…

                Même si on ne se prend pas les mêmes grosses claques que pour les albums que j’ai déjà lus de M. Rabagliati, l’ambiance générale est déjà bien là, cette enfance vue avec tendresse et indulgence, cette nostalgie de l’innocence perdue et la découverte du monde. Les accents canadiens colorent les planches pour notre plus grand bonheur… Y paraît même qu'une édition spéciale, toute en couleur et en format géant a été créée pour le 15ème anniversaire de Paul !

               Cette BD est à lire et à mettre entre toutes les mains, peut-être même que notre Mamette y a jeté un coup d’œil !

« 18/20 »

 

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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 19:24

      

 

          Auteur à succès, après ses Beignets de tomates vertes (auxquels je n’ai pas eu la joie de goûter), Fannie Flagg joue avec le thème du suicide.

            Maggie à soixante ans veut mourir. Ce n’est pas une décision soudaine et désespérée, elle y a longuement réfléchi, elle ne voit plus ce qu’elle a encore à faire dans cette petite ville du Sud des États-Unis, Birmingham. Célibataire, elle a autrefois été Miss Alabama. Après des mauvais choix amoureux et une rupture douloureuse, elle a croisé Hazel, un petit bout de femme d’1m02, qui lui a permis de devenir agent immobilier. Oui mais Hazel est morte et Maggie se réveille tous les matins déprimée. C’est décidé, elle veut s’en aller. Ce sera par noyade, des poids accrochés aux poignets et chevilles.

          Oui mais il se trouve que la veille du jour J alors que tout était prêt (abonnements résiliés, vêtements offerts, comptes bancaires bloqués), une magnifique et ancienne villa de Birmingham, Crestview, est en vente, et c’est à Maggie de s’occuper de cette affaire en or. A cheval sur les bonnes manières et sur certains principes d’éthique et de morale, Maggie repousse la date de son suicide. Quelques semaines plus tard, c’est un accident qui retarde encore l’échéance.

          En parallèle, c’est l’histoire d’Edward Crocker qui nous est contée. Car Maggie et sa collègue Brenda, ont trouvé son squelette dans une malle du grenier de Crestview… un mystère à la Agatha Christie est sur le point d’être éclairci !

            Bien sûr qu’on sait très bien, dès les premières pages, que Maggie ne va pas mettre fin à ses jours puisque c’est un livre estampillé drôle et enjoué ! Pourtant, chaque fois qu’elle manque son coup, le lecteur (en tous cas la lectrice que je suis) se demande quand elle va bien pouvoir réussir à se foutre en l’air… Encore une fois, non, il n’y aura ni cadavre gonflé d’eau, ni chagrin inconsolable pour l’entourage… Parfois, je me demande même s’il n’aurait mieux pas fallu… Bref, je tourne autour du pot mais j’ai trouvé le début bien trop longuet, je me suis un peu ennuyée malgré la multitude des courts chapitres (on se croirait dans un roman jeunesse), l’énième version du Carpe Diem à l’américaine m’a gonflée (et je reste polie), je ne parle même pas du happy end archi prévisible, le microcosme américain à la Desperate Housewives a un peu rattrapé le coup et au final c’est l’énigme du squelette  que j’ai préférée à la vie-pas-trépidante de Maggie. Donc, si tu es une femme, si tu t’ennuies un peu, si tu déprimes légèrement, si tu n’as plus rien à lire d’autre (ça arrive, ça ?), ce livre est fait pour toi !

 

« Voilà, ce serait pour aujourd’hui. Maggie y pensait depuis cinq ans. Une pensée obsédante, à vrai dire. »

« Tant qu’on respire, on a une longueur d’avance. Et elle avait raison. La vie en soi était une fête et, quel que soit le temps qui lui restait, Maggie allait en profiter chaque minute, rides ou pas rides. »

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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 21:06

 

 

          Cela faisait un petit moment que ce titre me titillait, tantôt parce que certains l’encensent, tantôt parce que d’autres le citent (Kelly Dowland par exemple.)

          Los Angeles, dans les années 30. Arturo Bandini est un jeune écrivain. Il est à la fois très fier d’avoir publié une nouvelle, « Le Petit chien qui riait », et terriblement angoissé à l’idée de n’avoir plus rien à raconter. Il vit misérablement, fait de piètres rencontres, connaît plus de malchances que de coups de bol. Arturo loge dans un hôtel, se rend régulièrement au bistrot du Columbia Buffet où Camilla, la serveuse, lui plaît. Oui, mais quand une fille plaît à Arturo, il se met à l’insulter, à l’injurier. Quand elle s’approche pour l’embrasser, il fuit. Pourtant, il l’aime, il veut la retrouver mais elle en aime un autre qui la rejette et la frappe. Vous l’aurez compris, Arturo est un anti-héros qui traverse une ville en décadence et ne croise que de pauvres hères. Et au milieu de ce chaos, « le côté bestial, la noirceur insondable, la face sombre et cachée de ce nouveau Bandini » on s’y retrouve, on se reconnaît dans ce bonhomme qui finit par être attachant tant sa maladresse de vivre est grande.

          Et le style ! Bon sang, quel style ce John Fante ! La phrase est comme la lame d’un océan déchaîné, violente et juste, bouleversante et indispensable. J’ai noté de si nombreuses citations que j’aurais pu recopier le bouquin entier. On y trouve à la fois du Jim Harrison, du Steinbeck, du Boris Vian, du Bukowski (celui-là même qui a permis de faire redécouvrir l’auteur). C’est un livre qui marque, une sorte de « fureur de vivre », un roman coup de poing, encore plus impressionnant quand on sait qu’il est en grande partie autobiographique. N’ayons pas peur des mots : un chef d’œuvre !

 

« Los Angeles donne-toi un peu à moi ! Los Angeles, viens à moi comme je suis venu à toi, les pieds sur tes rues, ma jolie ville je t’ai tant aimé, triste fleur dans le sable, ma jolie ville. »

« Des jours sans, des ciels bleus sans jamais un nuage, un océan de bleu jour après jour, et le soleil qui flotte dedans. Des jours d’abondance aussi, avec plein de soucis, plein d’oranges. » (les jours maigres, Arturo ne manque que des oranges.)

« Parfois une idée flottait innocemment à travers la pièce. C’était comme un petit oiseau blanc. Il pensait pas à mal. Il voulait seulement m’aider, ce cher petit. Mais moi je le frappais, je l’écrasais en martelant mon clavier et il expirait dans mes mains. »

« On n’était pas vraiment en vie ; on s’en approchait, mais on n’y arrivait jamais. »

Camilla est pour Arturo « une voix qui parle à mon sang et me passe près de l’os. »

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 11:48

 

 

          Repéré chez A_girl_from_earth, j’avais bien envie de mettre, moi aussi, un peu de chaleur et de sourires dans cet automne… ben automnal !

           Tout est dans le titre, Kek nous fait un panorama des petits moments, pas douloureux, pas traumatisants, pas catastrophiques, mais dont on se passerait bien dans notre quotidien. Et je me demande même si le cumul de plusieurs « petits moments chiants » n’en vient pas à gâcher une journée qui avait tout pour être radieuse… Petits exemples dans lesquels je me suis retrouvée à 300% :

  • « Quand à 34 ans, t’as toujours pas compris comment mettre la couette dans la housse en moins de 30 minutes. »
  • « Quand un courant d’air vient coller le rideau de douche sur ta peau »
  • « Quand le dentiste te pose des questions » et que tu réponds, forcément « Ahon he hon hon ha han » !
  • « Quand tu crois que tu grattes un bouton mais qu’en fait c’est un grain de beauté. » Horreur !
  • « Quand t’as un repas de famille un lendemain de cuite. »
  • « Quand tu tombes sur un site où le son se met directement. » (en public, bien sûr)
  • « Quand tu devrais être couché depuis 2 heures mais que tu traînes sur l’ordi à rien faire »

Eh oui, ça fait toujours du bien de se dire « C’est vrai, ça n’arrive pas qu’à moi » ! Les dessins en noir et blanc sont drôles et reflètent bien nos défauts de maladresse et de paresse ou tout simplement la faute à pas d’chance ! A feuilleter à tout moment (pas chiant !)

« 15/20 »

 

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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 10:32

 

 

             Un fakir indien au nom imprononçable (et impossible à retranscrire surtout quand on a découvert le livre en lecture audio) débarque à Paris et se rend directement à l’Ikea le plus proche. Au passage, il arnaque le chauffeur de taxi, un gitan au sang chaud, en lui tendant un faux billet de cent euros. Mais pourquoi le magasin Ikea ? Pour s’acheter un lit à clous, pardi ! Grâce à ses talents (ou plutôt ses manipulations et mensonges) de fakir, c’est tout le village hindou qui s’est cotisé pour le voyage du fakir. Dans le magasin Ikea, le fakir commande son lit à clous et rencontre, à la cafeteria, une jolie Française qui tombe sous le charme de l’exotisme de notre menteur professionnel. La nuit tombe, le magasin ferme et le fakir va se cacher dans une armoire pour ne pas se faire repérer par les vigiles. Oui mais cette armoire est chargée dans un camion la nuit pour être livrée en Angleterre. Dans ce même camion, notre fakir va faire la connaissance de clandestins africains et se faire attraper par la police qui va expédier tout ce beau monde en Espagne… de là, le fakir va encore connaître maintes aventures, va utiliser des moyens de transport insolites (tapis roulant d’aéroport, montgolfière) et visiter plusieurs pays dont l’Italie et la Libye.

            L’objectif final de l’Indien est de devenir meilleur, d’arrêter de manipuler les gens et même de répandre le bonheur autour de lui. Dans ses malheurs, il connaîtra aussi la chance (une actrice française richissime qui se prend d’amitié pour lui, un contrat avec un éditeur de 100 000 euros sans avoir presque rien écrit…) et l’amouuur. En écrivant ses lignes (et un peu avant, je l’avoue), je me rends compte que l’ensemble est cousu de fil blanc, truffé de bons sentiments et de hasards vraiment trop peu crédibles. De grosses ressemblances aussi avec  Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire dans le genre picaresque et que j'ai largement préféré à celui-ci. Je n’ai pas passé un mauvais moment, le lecteur Dominique Pinon (Joseph dans Amélie Poulain) remplit parfaitement sa mission, c’est léger et agréable à écouter. Malgré la multitude des clichés, j’ai beaucoup aimé les passages (d’une actualité brûlante) qui évoquent les clandestins. Je vais de ce pas me mettre à écouter La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel pour me faire un avis plus précis sur cet auteur amateur de titres à rallonges !

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