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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 10:47

 

 

             Suite et fin du triptyque qui, pour résumer, raconte la découverte du monde faite par un innocent élevé par son oncle dans une ferme isolée.

              Si Geronimo s’est enfui, c’est pour retrouver la jolie vendeuse avec qui il avait eu une brève liaison les vacances dernières. Oui mais sans nourriture et sans argent, il ne fait pas long feu. Il se laisse embarquer malgré lui dans un boulot de chantier, découvre le travail illégal et finit même à la gendarmerie. A la ferme de l’Indien, c’est Ben qui a pris la place de Geronimo, c’est lui qui récolte les fruits, épluche les légumes, coupe du bois pour Francis. Mais cette autarcie ne plaît pas à sa belle Lola qui finit par le quitter. Virgile et Malo grandissent, murissent, deviennent petit à petit adultes et, malgré boutades et vie de patachon,  arrivent enfin à se trouver des copines.

                J’ai bien aimé suivre les aventures de ces quatre garçons, la lecture a été agréable et divertissante mais il manque un petit quelque chose qui fait que ce n’est pas un Lupano (oups, ce n’est pas bien de comparer !), les auteurs auraient peut-être pu insister sur l’éducation indienne qu’ils n’ont fait qu’effleurer du doigt. La note reste bonne parce que j’ai beaucoup apprécié le passage qui évoque la notion de liberté : Geronimo, sans papiers, sans identité, ne se considère pas « libre » et pense n’avoir « aucune issue » … et puis, j’ai adoré la planche finale !

« 17/20 »

 

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19 juin 2015 5 19 /06 /juin /2015 09:34

 

 

            Magali et Delphine sont sœurs mais  ne se ressemblent en rien. La première est belle, vive, charismatique, la seconde est terne, lâche, sans caractère. Elles ont pourtant un point commun, un être de liaison très important : leur grand-mère, Madeleine, une femme fantasque, indisciplinée et jeune malgré ses 77 ans. Delphine s’est sentie obligée de placer son aïeule en maison de retraite mais mise à part Fatoumata, chargée de l’entretien de la chambre et de l’entretien … des personnes âgées, Mado déteste cet endroit et ses employés. Il reste une solution miracle qui va s’offrir à elle sur un plateau d’argent : ses vieux copains, Jacky et Ferdinand… vont la kidnapper ! Avec la maladresse de leur grand âge mais grâce à leur humour et leur caractère bien trempé, ils vont emmener Madeleine sur l’île d’Yeu. Là va commencer une nouvelle vie, là aussi, tout sera possible, les trois vieux vont prendre Franklin sous leurs grandes ailes, le fils de Fatoumata, ils vont picoler, jurer, s’engueuler, s’extasier… vivre, tout simplement, vivre encore un peu.

            J’ai adoré ce roman au style pêchu et intelligent ! Piques, jeux de mots et critiques de la société actuelle (racisme, maltraitance des vieux) cohabitent avec grand bonheur. C’est chez Yv que j’ai pioché cette très très bonne idée de lecture, avant de me rendre compte que je connaissais vaguement Agnès Bihl pour ses chansons (voir son site). Elle est une copine de Guy Bedos, ça pourra vous aider à la situer… dernier argument qui devrait en toucher plus d’un : j’ai vraiment senti une proximité entre l’incandescence de ce texte et la verve de Lupano dans Les Vieux fourneaux ! C’est délicieux, on se marre, on en redemande !

Merci à Yv !

 

 

- Jacky a passé une petite annonce pour ne plus être seul :

Elle : « Indubitablement, vous avez très bien fait de marquer sur  l’annonce que vous êtes bel homme. »

Lui : « Oui. Je le précise toujours car ça ne se voit pas forcément d’emblée. »

 

- Delphine et Jean-Christophe ne s’aiment plus : « De vie commune en vie banale, on perd des plumes, on se fait mal… un jour on se mange des yeux. Et puis, finalement, on se bouffe le nez. C’est peut-être normal, c’est même assez logique : passés les grands-soirs-espoir, il ne reste souvent que les petits matins-chagrin ; lendemains qui déchantent. Et saloperie de réveil. On a beau se débattre, c’est comme ça et pas autrement. Dans le meilleur des cas, le bonheur est en CDD, parfois intérimaire. Mais toujours de courte durée. »

 

- "Le monde appartient à ceux dont les employés se lèvent tôt."

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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 17:54

 

 

               Ça y est, Ben, Malo, Virgile et Geronimo sont en vacances, au camping, en bord de mer. Alors que certains tentent de draguer tout ce qui s’appelle fille, Ben noue des liens de plus en plus étroits avec sa petite amie, Lola. Quant à Geronimo, il poursuit sa découverte du monde et de la vie. Deux moments cultes : le lait en brique ou « lait carré », Geronimo se demande « comment ils l’ont mis dans cette boîte » ! En passant devant un crucifix, il demande encore plus naïvement « c’est qui ce mec en slip ? » Si Geronimo fait souvent rire la petite bande, il crée aussi parfois des problèmes à ses copains : scooter fichu parce qu’il a voulu le conduire, bagarres en veux-tu en voilà, manque de délicatesse avec une jeune fille qu’il avait pourtant réussi à emballer.

               L’essentiel de cet album réside dans le retour de Geronimo auprès de son oncle, de son père adoptif, Francis. A la grande surprise de tout le monde, Francis réagit bien, il pose des questions, s’amuse des découvertes faites par son neveu.  Resté seul avec lui, il lui demande pourtant de se purifier selon des rites indiens. Ben ne semble pas insensible à cette existence éloignée des tracas quotidiens, il se verrait bien ermite avec sa Lola. Coincé entre la vie moderne et celle du baba cool proche de la nature, que va faire Geronimo ? Il va s’enfuir ! Suite au tome 3…

              L’intrigue est bien construite, merci Monsieur Davodeau ! J’ai aimé sentir la fragilité et la dimension éphémère de l’ingénuité de ce bonhomme toujours souriant. J’ai retrouvé pas mal de points communs avec l’histoire de Lulu Femme nue. Par contre, je baisse légèrement la note car le graphisme m’a un peu lassée.

 

« 16/20 »

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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 11:35

 

 

               Motojirô Ikajii est un écrivain japonais reconnu, apprécié et étudié dans les écoles nipponnes.  Sa brève vie (31 ans !) a été marquée par la perte d’êtres chers et par la tuberculose qui a eu raison de lui.

                A travers huit nouvelles, un narrateur qui n’est jamais le même s’exprime à la 1ère personne pour peindre le paysage qui l’entoure, évoquer des amis, s’interroger sur ses sentiments. Des points communs entre les textes jalonnent le recueil et affirment une personnalité toute particulière : la présence des animaux, l’impact de la nature sur l’homme, l’omnipotence de la tuberculose et, en filigrane, l’omniprésence de la mort. N’allez pas chercher une once de gaité, il n’y en a point. Tout en douceur et en raffinement, comme seuls les Japonais savent le faire, la phrase allie prose et poésie pour un résultat qui, semble-t-il, nous fait légèrement décoller les pieds du sol. Ponge, Baudelaire, Verlaine me sont très vite venus à l’esprit. Ce qui m’a également surprise, c’est la part d’absurde, voire de fantastique, de ces textes. Mise à part une écriture ciselée, c’est toute une vision de la vie et de ce qui nous entoure qui est présentée.

                  Margotte, chez qui j’ai pioché cette idée de lecture, en parle bien mieux que moi, et quand elle évoque des « haïkus développés sur plusieurs pages »,  je trouve la comparaison très juste.

               « Sous les cerisiers sont enterrés des cadavres ! » est une des phrases mythiques de l’auteur. Moi j’ai choisi un extrait qui parle du chat.

« L’oreille du chat est vraiment une drôle de chose. Mince et froide, elle est couverte de poils ras au-dehors et luisante au-dedans, comme la peau d’une pousse de bambou. Elle est d’une matière indéfinissable, à la fois dure et tendre, tout à fait particulière. Depuis mon enfance, j’avais toujours eu une envie irrésistible d’y donner, clac, un coup de poinçonneuse à tickets. Imagination cruelle ? Non. Elle était entièrement due à l’étrange pouvoir de suggestion que possède cette oreille. »

 

Merci Margotte !

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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 21:29

 

 

 

          Trois grands ados, trois potes depuis toujours : Ben, Malo et Virgile. Ben fête son anniversaire et les copains trouvent refuge dans une vieille bagnole abandonnée dans un fourré. Contre toute attente, la carcasse se met à glisser et à dévaler la pente. Les trois gars s’en tirent avec quelques bleus mais la rencontre qu’ils vont faire va chambouler leur vie : celui qu’on appelle « l’Indien » leur fait la conversation en leur expliquant qu’il vit retiré du monde, que la nature est généreuse et qu’il préfère vivre seul et tranquille. Seul, il ne l’est pas tant que ça, c’est que va découvrir Ben puis les deux autres. Un ado qui semble avoir leur âge se cache à leur arrivée, il s’appelle Geronimo et n’a jamais rien vu d’autre que sa ferme isolée, n’a jamais discuté qu’avec l’Indien qui lui tient reclus et ignorant de la civilisation. Suite à un accident, l’Indien a dû être hospitalisé, Geronimo est seul et les trois garçons réussissent à l’amadouer et à lui faire découvrir le monde : scooter, trfic urbain, écouteurs, filles, mer, …

             Friande de tout ce qui tourne autour du mythe du bon sauvage, je n’ai pas boudé mon plaisir avec ce premier tome que j’ai avalé cul-sec. Non seulement, on se régale avec cette intrigue passionnante du jeune garçon qui n’a jamais vu ni télé ni voiture, mais on se retrouve aussi de plain-pied dans une vie adolescente faite d’insouciance, d’amour, de gruges, d’évasion. Ça fait du bien. Vivement le tome 2 !

 

« 17/20 »

 

 

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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 17:53

 

 

            A la fin de La Muraille invisible, la fille de Wallander, Linda, lui avait fait une surprise de taille : elle a choisi d’être policière, comme lui.

           Nous suivons dans ce roman sa première enquête. Elle enquête d’ailleurs un peu malgré elle puisque tout commence par la disparition d’une de ses amies d’enfance, Anna. Parallèlement, des animaux sont immolés : des cygnes brûlent dans les airs, un taureau flambe, … et si ces sacrifices n’étaient qu’un avertissement suggérant un vaste sacrifice humain ? C’est un meurtre atroce commis dans une forêt, une femme démembrée retrouvée près d’une Bible annotée qui va déclencher réellement l’enquête.

            Linda est à une semaine de son entrée officielle dans la police, ce qui ne l’empêchera pas de revêtir son « uniforme invisible » pour observer, fouiner, interroger, épier… Bref, elle a les mêmes instincts que son père même si celui-là en a souvent après son audace et sa témérité. Cette relation père-fille est un des points forts du roman car chez Mankell, la dimension psychologique est très importante. L’enquête débouche assez rapidement sur la voie de l’extrémisme chrétien. Comme d’habitude, le lecteur en sait un peu plus que les enquêteurs, l’intrigue avance lentement mais c’est tout le charme des polars de Mankell. Wallander s’est effacé pour laisser la place à sa fille, ça ne m’a pas déplu, j’ai trouvé très justes les tâtonnements, les maladresses, les hésitations de la débutante mais qu’en sera-t-il quand ce cher Wallander disparaîtra complètement ? Le fera-t-il vraiment ? Il ne me reste plus que deux tomes de cette série si attachante pour pouvoir y répondre…

Une jolie réflexion sur le « chemin » (à prendre dans tous les sens du terme) au début du roman : « Pour peu qu’on accepte de se perdre, l’inattendu est au rendez-vous. Pour peu qu’on ose se fier au détour, on fait des découvertes que ne soupçonneraient jamais ceux qui s’en tiennent aux autoroutes. Je cherche les sentiers perdus qui attendent d’être tirés de leur sommeil. Les maisons abandonnées ne vont pas bien. Pareil pour les sentiers. Si on ne les fréquente pas, ils meurent. »

 

           Une dernière remarque qui n’a rien à voir avec ce roman en particulier. Je constate, lors de toutes mes lectures (ou presque toutes, soyons honnête), des erreurs, des coquilles, des fautes de frappe. Suis-je plus vigilante qu’il y a quelques années ou s’agit-il vraiment d’un fait récurrent et très très désagréable ? Exemples relevés ici : « il se peux », « ils rentèrent à Mariagatan » … !!!

 

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 17:20

               

 

              Toujours à la recherche de bonnes comédies et de vaudevilles pour ma troupe d’amateurs, je tombe parfois sur des pièces complètement différentes de ce que je cherche… Vie privée est une pièce de théâtre américaine en quatre actes qui a été traduite par Pierre Laville (titre original : The Philadelphia Story).

               Juin 1939. Les Lord sont de très riches Américains qu’on retrouve ici dans leur maison de campagne, à quelques kilomètres de Philadelphie.

               Tracy, la fille aînée de la famille, s’apprête à se marier… pour la deuxième fois. Au milieu des préparatifs d’un mariage grandiose, débarque Dexter, l’ex-mari de Tracy qui la prévient qu’un piège va se refermer sur eux : un couple de journalistes, Liz et Mike, sont prêts à révéler au grand jour, dans leur journal à scandale, la liaison du père de Tracy et d’une pin-up. Ils n’en feront rien si la richissime famille accepte de se faire photographier et suivre tout le long de la journée des noces. Dexter en profite pour tenter de reconquérir Tracy. Mais c’est plutôt dans les bras de Mike que la froide beauté va trouver refuge.

               Une pièce romantique qui n’a de romantique que le décor et les costumes. L’intrigue manque de consistance, les personnages sont plutôt froids et parfois amoraux et incompréhensibles (la mère de famille, Margaret, ne semble pas perturbée de savoir que son mari la trompe).  Les dialogues sont pourtant bien écrits et la pièce doit être plus belle à voir qu’à lire… Elle a connu un immense succès à Broadway avant d’être portée à l’écran en 1940 par George Cukor, avec Katherine Hepburn, Cary Grant, James Stewart et John Howard.

Je participe encore et toujours au challenge théâtral d’Eimelle :

 

 

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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 08:50

 

 

                    7 janvier 2015. Attentat meurtrier au siège du journal de Charlie Hebdo. Luz, un des dessinateurs de la bande, arrive en retard, peut-être parce que c’est le jour de son anniversaire, peut-être parce que son épouse le garde au lit un peu plus longtemps. Il manque l’attentat de peu, c’est même lui qui est un des premiers à prévenir l’extérieur.

                    Comment écrire et dessiner après cela ? Est-ce seulement possible ? « Un jour, le dessin m’a quitté. Le même jour qu’une poignée d’amis chers. A la seule différence qu’il est revenu, lui. » Cette quatrième de couverture donne le ton. Le dessin revient mais il est violent, agressif, hachuré, sombre, à l’image de ce qui se passe dans la tête du dessinateur.

                    Luz tente de raconter « l’après », la perte de ses potes, la surveillance rapprochée, le soutien sans faille de sa compagne, le soutien parfois maladroit des anonymes (tous ces crayons de bois l’agacent), le sang qu’il voit partout, sa conversation avec les morts, la boule au ventre qu’il personnifie comme un monstre ne le quittant plus, … D’emblée c’est le côté brut de décoffrage qui choque, bouscule. Le titre est clair, Luz avait besoin de s’exprimer et même si ça passe par des gribouillis, des taches rouges, des dessins de lui et sa compagne à poil, c’est livré, c’est envoyé, c’est vomi.

                    Bouleversée par ce livre qui semble faire polémique (il faut dire que l’auteur y étale tout : sa vie perso, son cul, sa merde, pour parler aussi crûment que lui !), il me semble cependant nécessaire. Nécessaire à la lutte contre l’oubli parce qu’il faut bien avouer que si cette tragédie a su créer des liens, a soudé les Français, a donné un élan d’espoir, de cohésion, de solidarité et tout le toutim, on l’a bien vite oubliée. Bien sûr que Luz, premier concerné, ne peut oublier. Pour répondre à Mo’ qui parle de cette BD mieux que moi, oui, moi aussi j’ai ressenti un malaise à cette lecture impudique mais ma théorie dit qu’après un drame, on a tous les droits, ou presque. Ce n’est pas pour le lecteur que je m’inquiète mais pour le dessinateur…

                     Yaneck ne nous livre plus son classement mensuel des BD (hélas ! …. Merci à lui pour toutes ces années !) mais j’ai envie de continuer à noter mes lectures. Et je suis d’ailleurs bien embêtée pour cette BD-là qui n’en est pas vraiment une…

 

18/20

 

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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 20:29

 

 

            Ce très court roman qui pourrait aussi être une longue nouvelle se démarque d’emblée par sa forme : des tableaux de Nihâl Marth offrent des pauses dans cette lecture sans quitter pour autant le fil de l’histoire. Coup de projecteur sur une caissière, Gordana. Gordana ne sourit pas, elle se tient droit, elle est « blonde âcre, les cheveux rêches. » De là, l’auteur-narratrice invente une Gordana sombre, silencieuse, résistante, âpre, elle lui crée une histoire d’amour avec un client qui semble attiré par elle : « J’ai l’œil, je n’oublie à peu près rien ; ce que j’ai oublié, je l’invente. » Et la narratrice se permet de revenir sur sa propre vie…

            Ce que j’ai aimé dans ce (trop) court texte, c’est la perspicacité d’un auteur qui semble scruter avec beaucoup d’attention tout ce qui l’entoure, même le quotidien, même le plus que banal comme un rayon de supermarché. Ce regard tendre et humaniste transparaît dans chacune des lignes aidé par un vocabulaire recherché, pointu, juste. Le seul bémol pour moi, c’est que c’est beaucoup trop court et que ma petite mémoire de gerbille fatiguée va oublier l’essentiel avant la parution de ce billet. Ou peut-être que non ? C’est là qu’on se dira qu’il faut lire autre chose de Marie-Hélène Lafon !

 

            « Et que dire des seins. La bouse fermée n’y suffirait pas. Ils abondent. Ils échappent à l’entendement ; ni chastes, ni turgescents ; on ne saurait ni les qualifier, ni les contenir, ni les résumer. Les seins de Gordana ne pardonnent pas, ils dépassent la mesure, franchissent les limites, ne nous épargnent pas, ne ménagent personne, heurtent les sensibilités des spectateurs, sèment la zizanie, n’ont aucun respect ni aucune éducation. »

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 14:38

 

 

             Le scénariste-narrateur-personnage principal nous propose de le suivre dans sa vie de père célibataire. La semaine, c’est un vrai célibataire avec tout ce qui va avec : boulot, beuverie, malbouffe, et le week-end c’est un père qui fait ce qu’il peut pour éduquer son enfant et passer, dans le meilleur des mondes possibles, deux jours avec lui.

              Entre BD et roman graphique, c’est souvent au jardin d’enfants qu’on se retrouve, le père s’y ennuie, joue avec son fils, observe son fils, mate les mères célibataires (ou non), réfléchit à sa situation …

          Je me suis ennuyée. Je n’ai rien appris, c’est sans nuances : le père est bordélique, il emmène son fils au Mc Do pour compenser ses absences, il est veule, il achète ses meubles chez Ikea, il aimerait refaire sa vie tout en sachant qu’il ne tient que rarement plus de quelques mois avec une fille…. Ça date de 2006, c’est peut-être ce qui explique cela ! Bref, sans intérêt à part le dessin peut-être, moderne et sympatoche !

« 13/20 »

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