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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 06:48

 

 

 

          Son nom signifie « beauté » et résumé ce qu’elle incarne, une beauté magique, envoûtante, presque divine. Adolescente, Marina a jeté son dévolu sur Andrea, de cinq ans son aîné, et si tout les sépare : elle rêve de conquérir le monde avec sa voix sublime, il songe sérieusement à se retirer du monde pour élever des vaches, oui, si tout les sépare, un lien passionnel, un amour dévastateur les lie, les rapproche, les éloigne, les rassemble encore pour mieux les éloigner encore…

          L’histoire se passe dans les années 2010 dans le Piémont, cette région montagneuse du nord de l’Italie. Marina a 22 ans, elle multiplie les émissions de télé locales pour faire connaître sa voix enchanteresse et surtout son corps de rêve, son attitude provocatrice. C’est ainsi, lors d’une fête de village, à Camandona, qu’Andrea la retrouve, plus belle que jamais, à chanter Dreams des Cranberries devant un public en transe. Toujours amoureux d’elle mais vexé d’avoir été plaqué trois ans auparavant, Andrea va souffrir avant de la retrouver. Les deux se font du mal, se séparent, se retrouvent, se promettent même de se marier. Marina, avec une aisance insolente, vise une carrière internationale qui n’a pourtant qu’un seul objectif : rendre ses parents fiers d’elle. Andrea, de son côté, a aussi un passé familial douloureux entre un père trop autoritaire et un frère qu’il jalouse. Placez tous ces ingrédients dans un somptueux décor d’une Italie en plein déclin et vous obtenez un roman passionnant. J’ai beaucoup aimé la relation tumultueuse et dangereuse des deux amants aux accents tragiques mais les personnages secondaires sont décrits avec la même subtilité : Elsa, amoureuse d’Andrea qui n’arrive toujours qu’au second plan, le père démissionnaire de Marina, sa mère alcoolique. L’auteur nous promène allègrement entre la luxueuse Milan et les montagnes piémontaises les plus isolées. C’est Andrea qui, en revenant à un métier ancestral, celui de marcaire, aura raison ; l’auteur prône clairement le retour à la nature, l’installation dans les petits villages au détriment de la ruée vers les grandes villes qui faisait fureur quelques années auparavant. D’apparence manichéenne, ce roman regorge de mille subtilités et, fin psychologue, aborde l’amour, la filiation, les choix de vie et la notion de revanche de manière très intéressante. Une belle lecture !

Merci à l’une des trois Grâces pour ce prêt ! ;-)

 

 

« Marina Bellezza se matérialisa soudain dans le cône de lumière projeté sur la scène, comme l’aura d’une enseigne qui surgirait de la nuit. La plus belle créature qui soit, un de ces personnages sur lesquels on rêve en lisant Tolstoï ou Flaubert. »

« Sa voix n’était plus un son mais un élan. Marina ne chantait plus pour elle-même mais pour le monde entier.»

« parce que l’imperfection de la vie est le cœur de la vie même, et qu’elle creuse et ronge implacablement de l’intérieur, qu’elle s’interpose entre nous et notre volonté, dévore comme le fait un torrent. »

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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 18:49

 

 

           Me voilà bien embêtée pour critiquer un one-shot que la Terre entière a adulé…

           Nous cueillons Brás à différents moments de sa vie, les instants les plus intenses, la mort de son père, la naissance d’un enfant, la rencontre de la femme de sa vie… Et ensuite, il meurt.  Qu’il ait 32, 28, 31 ou 41 ans, Brás vit des instants uniques qui vont être déterminants pour sa vie mais aussi dans ce qu’il est profondément. Une manière de réfléchir sur ses choix de vie, une manière de mettre en lumière les quelques heures précédent la mort… sans qu’il y ait mort pour autant.

          Bâti sur une intrigue insolite et déstabilisante, cet album brille aussi par la beauté de ses dessins où l’onirique et le fantastique ont une place tout à fait légitime à côté d’un univers réaliste et trivial. C’est d’ailleurs un peu le message de la BD, nier la frontière entre la vie et la mort, construire des passerelles entre le réel et l’impalpable… Résultat pour moi : un sentiment de malaise, d’où mon souci pour émettre un avis tranché pour cette lecture évidemment marquante, sans conteste envoûtante ; d’où ma difficulté à donner une note sur 20. Peut-être cet album a-t-il réveillé en moi des angoisses que j’aimerais camoufler sans pouvoir les faire disparaître jamais ? Je ne sais pas.

« 16/20 »

 

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 08:37

 

 

                    Comment dire… comment dire gentiment, délicatement et subtilement que je n’ai pas aimé... ?

                   Sara est une jeune femme qui travaille dans une librairie, en Suède. Grande amoureuse des livres, elle passe tout son temps à lire. C’est par les livres, à travers une histoire d’achat de bouquins d’occasion, qu’elle entre en contact avec Amy. Cette vieille dame lit beaucoup elle aussi, elle habite dans l’Iowa et après une correspondance longue et amicale, elle propose à Sara de venir passer ses vacances aux Etats-Unis dans sa très petite ville, Broken Wheel. Sara débarque comme prévu et à sa grande surprise, Amy n’est pas là, Amy n’est plus, elle est morte quelques jours avant son arrivée sur le continent américain. Comme la vieille femme vivait seule, les habitants de Broken Wheel invitent Sara à habiter sa maison. Oui mais dans cette petite ville sans intérêt où la culture semble absente, Sara s’ennuie (et moi avec elle). Puisque son retour en Suède n’est prévu que deux mois plus tard, elle décide de reprendre la librairie d’Amy et de vendre tous les livres qu’elle a trouvés dans la chambre de la vieille dame. Mais attention, Mlle Sara a le cœur sur la main, non, non, elle ne veut pas être payée, elle souhaite juste s’occuper. Ni une ni deux, le vieux local est nettoyé, récuré avec l’aide de quelques gentils villageois. Ils semblaient si rustres et si bizarres au départ, ils sont finalement si adorables qu’ils se prennent d’une grande amitié pour notre Sara, au point de vouloir la garder avec eux tout le temps… oui, mais comment rester dans un pays qui ne veut pas d’elle ? Il faut la marier ! Mais avec qui ? Mais avec le beau, gentil et célibataire Tom… et punaise, ça tombe bien, elle a un faible pour lui, la Sara ! Que la vie est bien faite quand même ! Mais attention, il faut encore une bonne centaine de pages pour qu’ils tombent dans les bras l’un de l’autre, on n’a rien sans rien quand même…

                Le bandeau de la première de couv’ m’avait pourtant prévenue : « Si vous avez aimé Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, vous allez adorer. » Je n’avais pas aimé le roman cité et j’ai tenu bon, j’ai failli abandonner ma lecture au bout de 100 pages et j’ai finalement tout avalé (les 500 !), sans ciller, courageuse face aux gnagnanteries du style « c’est la vie qui gagne le combat face à la littérature », c’est beau dans les livres mais ça peut être encore plus beau dans la vraie vie, ouais… ! Alors oui, si vous avez aimé Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates ou encore Demain est un autre jour, vous avez une petite chance d’aimer ce roman.


"Elle lut la dernière page, sourit comme on le fait à un vieil ami, puis referma le livre. Elle décroisa ses jambes et s'étira. Quand elle vit enfin l'attroupement, elle se leva à la hâte et se dirigea vers eux, confuse." : Sara vient tout simplement de lire 5h37 d'affilée, derrière la vitrine de la librairie, observée par tous, sans lever la tête une seule fois! (eh oui, nous les lecteurs, sommes des êtres étranges, coupés du monde, qui résistons à l'envie de boire, de manger ou même de faire pipi!)
 

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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 17:11

         J’ai encore une fois loupé le coche, peut-être parce que je me sens encore trop en vacances (non, on n’est jamais « trop » en vacances…). C'était le 19 août.

          Voilà, 6 ans que ce blog existe, le chiffre est chaque année plus important. Plus grand aussi, le nombre de visites, donc il ne me reste qu’à vous remercier en espérant que ça continue dans le plaisir !

 

La merveilleuse Alhambra découverte cet été :

 

 

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 16:36

 

 

                   Découvert en livre audio (c’était mon dernier de l’année scolaire), ce très court roman pourrait aussi, et tout simplement, porter le nom de « portrait ». Ce sont, en effet, des morceaux de vie, des descriptions, des pages d’existence qui constituent ce roman sans intrigue.

                    Joseph est un ouvrier agricole qui, à plus de soixante ans, vit dans le Cantal chez ses patrons. Comme beaucoup de nos aïeuls le faisaient, il ne vit que pour son travail à tel point qu’il ne s’est pas marié. Il passe son temps à ressasser le passé, ses souvenirs l’emmenant jusqu’à ses parents, son frère, Sylvie l’unique amour de sa vie qui l’a quitté, l’alcoolisme dont il a été victime.

                 Je ne saurais en dire beaucoup plus pour cette écoute qui ne m’a pas charmée. J'avais préféré Gordana pourtant construit sur le même principe. Les points positifs que je lui reconnais sont l’écriture, belle et raffinée (on sent bien que l’auteur est un professeur de français éclairé) et cette idée que Joseph est « l’un des derniers », l’un des derniers êtres simples, humbles, travailleurs, dignes. Cela ne m’a pas suffit. Peut-être ai-je besoin qu’on me raconte des histoires, surtout quand j’écoute les livres audio. Pourtant, je n’ai rien à reprocher à Marie-Christine Barrault dont on voit le sourire quand elle lit tellement elle met de la vie dans ce texte. Peut-être n’était-ce pas le bon livre au bon moment. J’avance une autre hypothèse pour ce livre à succès, il faut bien le dire, peut-être est-il plus à même d’être apprécié par des citadins que par des campagnards (et je suis issue de la campagne). A méditer.

 

                  Deux petites citations pour que vous puissiez vous faire votre propre avis :

« On en connaît dans le pays de ces familles rétrécies, avec le fils qui vieillit entre le père et la mère ; on préfère ne pas penser à ce que ça donne quand les fils se retrouvent seuls ; on n'a pas besoin d'y penser, on le voit ; certains en rient dans les cafés quand on raconte les histoires d'untel ou d'untel, c'est peut-être la meilleure façon de s'arranger avec la tristesse. »

« Maintenant que tout ça était loin, Joseph ne regrettait plus d'avoir connu Sylvie, et ne se demandait plus si ceci ou cela serait arrivé, ni comment aurait pu être sa vie sans cette femme ou s'il n'avait pas bu ; il aurait peut-être pris une ferme pour lui au lieu de faire l'ouvrier agricole chez les autres et de rester au bas du bas de l'échelle, mais tenir une ferme tout seul c'est de l'esclavage, et on se démène pour qui, pour quoi. Il en connaissait de ces vieux garçons sauvages qui se finissent dans des maisons sales, au Jaladis, aux Chazeaux, leur vie n'est pas meilleure, ils ont des soucis et du travail par-dessus les oreilles, ils mangent froid, du pâté du chocolat des sardines, et s'endorment tout seuls devant la télévision ; et leur retraite serait moins grosse que la sienne d'après ce qu'expliquait le patron. »

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 15:02

 

 

             Après avoir lu et aimé le tome 1 de cette série (dont chaque opus peut se lire indépendamment des autres, il est important de le souligner), j’ai découvert, après le polar au féminin, le polar au masculin.

              Toute la BD se construit sur des retours en arrière. La première planche nous montre un détective privé, Richard Monroe, traversant une vitre du 47ème étage d’un immeuble de Los Angeles, en 1935. Comment en est-il arrivé là ? Chargé de la sécurité d’une célèbre chanteuse de comédie musicale, Ava Lamont, le détective a vu sa soirée chamboulée : l’actrice-chanteuse, au lieu de feindre de tirer sur son partenaire, M. Cromley, le tue véritablement sur scène, devant des centaines de spectateurs. Mlle Lamont est rapidement soupçonnée puis blanchie. Et si l’intrigue se passe en 1935, l’influence nazie n’est pas loin et l’affaire s’avère plus compliquée qu’il n’y paraît de prime abord.

             Si le tome 1, Miss Crumble, m’a fait penser à l’ambiance british d’Agatha Christie, ici, c’est plutôt l’esprit de James Bond qui domine. L’humour, l’autodérision, l’élégance et les paillettes californiennes des années 30 agrémentent une intrigue prenante. Petit bémol : les visages des personnages que je n’ai pas trouvés à mon goût même si celui de Monroe entouré de bandages m’a renvoyée à celui de Blacksad… allez savoir pourquoi ! La suite reste à lire, et c’est tant mieux.

 

« 17/20 »

 

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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 10:08

 

 

               Encore une fois, je ne sais d’où ni de qui je tiens ce titre mais ce que je sais, c’est que j’ai bien fait de le noter.
 

              Le narrateur, un collégien de treize ans, s’adresse à sa mère en racontant son quotidien de fils de cafetiers dans le Nord de la France. Entre le « Chez nous » tenu par ses parents, ses mauvaises notes à l’école, les escapades avec son copain Mouche, il reste encore de la place pour l’amour… l’amour pour la belle Sandra Maréchal, une chanteuse lyrique. C’est cette passion secrète pour une femme bien plus âgée que lui, qui va indirectement changer sa vie. Le jeune garçon récupère le roman que Sandra avait abandonné sur la pelouse : « Ce n’est pas un livre, c’est son livre. Ce ne sont pas que des phrases, ce sont les phrases qu’elle a lues, son regard les a parcourues, sa bouche les a prononcées. »

              Ce roman, c’est Du côté de chez Swann, le narrateur va le dévorer avant de le montrer à sa mère qu’il chérit tant, avant de vouloir le mettre en scène dans le village. Parce que les rôles sont distribués parmi les villageois de plus en plus excités par ce projet, une véritable « proustmania » brise la monotonie de leur quotidien. En parallèle, Paola, la mère adorée du narrateur, agonise. Mari et fils font tout pour lui rendent les derniers quelques jours de vie les plus doux possibles en invitant par exemple Pierre Arditi, au café, pour lire des grands textes, notamment certains de Proust.

           Malgré la perte d’un être cher, le premier mot qui m’est venu après avoir fermé le livre, c’est « douceur ». Il émane de ce récit une infinie tendresse, un grande sobriété, une pureté digne d’un enfant qui n’est pas encore un adolescent, qui aime sa mère plus que tout au monde et qui comprend, petit à petit, qu’il va devoir vivre sans elle. A la fois triste et souriant, ce roman a l’avantage de revenir sur le roman de Proust, d’en garder le meilleur, de nous donner envie de le relire (ou de le lire !). Une pépite à découvrir sans hésiter. J’ai pour habitude de critiquer les titres que je trouve rarement bien trouvés mais pour celui-là, il est parfait !

 

« Soudaine et dévastatrice, une proustmania s’abat sur notre commune, suite au passage de l’acteur. Tel un ouragan impitoyable échauffant tous les esprits il provoque de nombreux dégâts : l’horlogerie est rebaptisées Le Temps retrouvé, la bonneterie change sa devanture et devient Oriane de Guermantes, le magasin de mode masculine se métamorphose en Dandy Swann… Jusqu’au poissonnier qui, agacé, dans un furieux pied de nez, inscrit sur son ardoise : « A la recherche de thon perdu – 17 francs le kilo. »

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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 20:11

 

 

              Le narrateur, Arthur, entre au collège. Il a douze ans et sa grande préoccupation est de se faire accepter des autres. Il y a la bande d’Igor qu’il aimerait bien intégrer mais pour l’instant, il est transparent, on ne veut pas de lui, on ne le remarque pas. Il est aussi amoureux de Giovanna, qui elle, en pince pour Djibril à qui Arthur raconte qu’il connaît le Congo, son pays d’origine. Lorsqu’il parvient à devenir rédacteur en chef du journal du collège avec la participation quelque peu illégale de celui qui est devenu son copain par défaut, Thierry, il prend de la valeur. Il faut dire que cette idée de week-end entier au Parc Astérix offert à la classe qui gagnerait la course à pied est originale. L’année scolaire entière passe avec ses déceptions et ses mauvaises surprises. En général, quand Arthur met en place un plan pour se grandir aux yeux des autres, il se fait avoir par son propre jeu. Il faut dire qu’être fils du ministre de l’Education n’aide en rien.

             Je dois dire que ce livre avait pour moi un inconvénient majeur : me plonger dans mon univers quotidien. Les salles de classe, les bruits des élèves, les attitudes et les défauts des profs, les conneries des gamins, les punitions méritées et les pas méritées, les enfants rejetés par les autres mais qui y sont quand même pour quelque chose… tout ce joli microcosme, on le vit, certes de l’autre côté puisqu’on est prof mais on le vit quand même tous les jours. Alors certes, c’est raconté du point de vue d’un élève de douze ans, un gosse en devenir qui se pose mille questions et qui donne parfois des réponses plus pertinentes que les adultes, mais ça reste un monde ciblé. Pour finir par quelques notes positives, car le roman vaut la peine d’être lu, le texte est souvent drôle et léger et réussit, habilement,  à répandre quelques réflexions qui ne concernent pas uniquement un jeune public : celle de l’identité, celle de la timidité, celle de la différence, celle de la tolérance, celle de l’apport des mots, du langage, du verbe.
 

             Merci à l’auteur pour m’avoir fait découvrir ce lauréat du concours Amazon 2015.

 

« J’en ai vite vu un autre, de naufragé, perdu également au milieu de l’océan, qui tentait, avec beaucoup de maladresse, d’atteindre mon île, rejeté qu’il était également par toutes les nations. Ce naufragé, c’était Thierry, mon voisin de classe. Li avait encore plus de mal que moi à s’intégrer. Il faut que j’admette que sa présence provisoire à mes côtés était salutaire. Camaraderie de circonstance, le temps de trouver mieux. Dès que je me serais fait adopter par un groupe, j’abandonnerais Thierry à son triste sort, il ne fallait pas en douter. »

Un joli extrait de la lettre d’Arthur à Giovanna : « Les jours de tes absences étaient des jours pour rien ».

 

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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 14:42

 

 

           J’avais lu le roman de Camilla Läckberg il y a presque quatre ans. Pas « lu » d’ailleurs mais écouté. Mon avis était mitigé mais j’avais finalement trouvé que le livre s’adaptait parfaitement au support audio.

            Erica Falck revient dans la maison familiale de la petite ville suédoise après la mort de ses parents. Elle est rapidement emportée par une affaire policière malgré elle : une de ses amies d’enfance, Alexandra, a été retrouvée morte dans sa baignoire, entourée de glace à cause du chauffage coupé. Si le bel inspecteur Patrick mène l’enquête, c’est tout de même Erica et sa curiosité qui font le plus gros du boulot. Au menu : des drames liés à l’enfance des personnages, des souvenirs qui ressurgissent, des parents trop lâches, des adultères, une amitié très forte, des sœurs vraiment trop différentes, une petite histoire d’amour destinée à grandir… Même si les coupes sont inévitables lors du passage au roman à la BD, l’essentiel est là et bien là. Les planches retransmettent bien la personnalité des protagonistes, les dessins sont agréables et j’ai beaucoup apprécié les cases dédiées aux paysages. L’histoire, comme dans le roman, finit par être captivante. Pas indispensable mais plaisante, cette petite lecture enneigée en plein cagnard estival !

« 16/20 »

 

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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 11:11

 

 

               Quand j’ai commencé ce livre, j’ai tout de suite pensé, non sans raison, aux deux Glattauer, Quand souffle le vent du nord et La Septième vague car ce sont, tous, des romans épistolaires par mail (n’a-t-on pas encore inventé un terme pour cet échange électronique ?)

              Un écrivain de renom, Pierre-Marie Sotto, sexagénaire, célibataire, envoie un mail à une jeune femme nommée Adeline Parmelan pour la remercier de la volumineuse enveloppe qu’il a trouvée chez lui le matin même mais qu’il était hors de question qu’il lise le manuscrit censé s’y trouver, qu’il ne lisait d’ailleurs jamais les textes qu’on lui envoyait. Adeline lui répond aussitôt très poliment mais, se permettant d’insister, elle avance l’argument qu’elle n’est « pas une lectrice comme les autres ».  Quelques mails plus tard, la jeune femme de 34 ans se rétracte et demande à son correspondant de lui renvoyer le colis sans l’ouvrir.

            L’écrivain lauréat du prix Goncourt (oui, rien que ça !) est vite amené à se confier à cette mystérieuse inconnue dont le style, intéressant, mais aussi la vie l’intriguent. Courriers quotidiens, petites attentions, taquineries, … cet échange va permettre aux deux solitaires de se raconter. Chacun porte sa mochila (pour reprendre le terme de Rufin) de souffrances : Adeline se trouve trop grosse, elle a perdu un unique enfant lorsqu’il avait 17 jours, c’est une déprimée qui cependant arrive à profiter des quelques joies que lui procure la vie : un bon schnaps, des tisanes qu’elle prépare elle-même, la chorale où elle aime chanter. Pierre-Marie connaît, lui, un problème de taille pour un écrivain : il est en panne d’inspiration et n’arrive plus à écrire une seule ligne –sauf pour envoyer des mails à Adeline !- cette interruption a été déclenchée par une disparition : son dernier amour (le bonhomme a quand même été marié trois fois !) s’est littéralement envolé sans laisser de trace, sans expliquer sa fuite. Cette Vera, l’écrivain va en parler à Adeline… et il va même se dire qu’un lien ténu ou intense, il ne le sait, lie peut-être ces deux femmes.

               Cette lecture a été un vrai bonheur. Par où commencer ? Par les points de suspension que l’écrivain a en horreur ? Par les conseils de lingerie fine qu’il prodigue à Adeline ? Par cette image d’une maison emplie d’enfants (parce que si Pierre-Marie a vécu avec quatre femmes différentes, il a aussi eu des enfants, et des petits-enfants !) ? Par ce couple d’amis, Max et Josy, collés l’un à l’autre depuis des dizaines d’années ? Par Lisbeth, cette croqueuse d’hommes qui saute sur l’écrivain ? Par toutes les maladresses des uns et des autres ? Si le roman commence par une bise légère et frivole, mistrals et tempêtes ne vont pas laisser le lecteur tranquille. D’ailleurs si vous choisissez de lire ce livre, ménagez-vous quelques heures de temps libre car, sauf crise de masochisme aiguë, vous ne pourrez plus le refermer. Et quand on arrive à la dernière page, on regrette de l’avoir lu si vite ! Noukette a tout à fait raison de dire que c’est un « roman-doudou » ! Est-il utile de préciser qu’il sera aussi agréable de le lire sur une plage que n’importe où ailleurs ?

 

« J’ai simplement fait une expérience nouvelle et formidable : donner du temps, de l’attention, un coup de main, me remplit autant (et mieux) que les paquets de chips ou de biscuits que je dévorais pour calmer mes angoisses. Depuis que je suis attentive aux autres, croyez-moi ou pas, je maigris ! Pas assez encore pour concourir à l’élection de Miss Sarthe, mais je n’ai pas tant d’ambition.»

« Ces obsédés des points de suspension semblent vous dire : ah, si on me laissait faire, vous verriez cette superbe description que je vous brosserais là, et ce dialogue percutant, et cette analyse brillante. J’ai tout ça au bout des doigts, mais bon je me retiens. Pour cette fois ! On a envie de leur suggérer à l’oreille : laissez-vous donc aller, mon vieux, ne muselez plus ainsi ce génie qu’on devine en vous et qui ne demande qu’à nous exploser à la gueule. Lâchez-vous et le monde de la littérature en sera sous le choc, je vous le garantis. »

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