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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 18:34

 

 

                Oui, je fais tout dans le désordre, de la trilogie policière Verhoeven, j’ai écouté Alex que j’avais beaucoup aimé, je n’ai pas lu le tome 1 à savoir Travail soigné et j’ai lu ce roman, le tome 3.

                Le commandant Camille Verhoeven a l’impression de revivre un cauchemar qu’il a déjà fait : sa femme a été assassinée et voilà que sa nouvelle compagne, Anne, s’est fait agresser dans un centre commercial parce qu’elle a été témoin d’un braquage de bijouterie. Immédiatement, le très petit flic (1 m45 !) mène son enquête dans son coin, officieusement. Il écoute sa compagne qui, dans son lit d’hôpital, se sent encore menacée, mais flaire une embrouille d’une plus grande envergure.

               L’intrigue est bien ficelée, l’univers noir comme il faut, le personnage central attachant et non dénué d’humour mais le style m’a dérangée. Les phrases sont courtes, souvent sans verbes, le vocabulaire est simpliste, le narrateur change d’un paragraphe à l’autre, et surtout il m’a manqué ce petit quelque chose qui pourrait en faire un grand polar. Si je n’en connais que deux sur trois, je sais déjà (l’auteur l’a dit) que la construction est identique pour chacun des tomes : une intrigue autour d’une femme victime (plus ou moins victime mais je ne veux trop en dire…) et cette polyphonie qui m’a, parfois, gênée. Je suis sévère mais c'est un lauréat Goncourt quand même ! Et on est loin du brillantissime Au revoir là-haut.

 

« Camille devant son écran. Dossier « Vincent Hafner ». Soixante ans. Près de quatorze années de prison, toutes peines confondues. Jeune, il s’essaye à pas mal de choses (cambriolages, racket, proxénétisme) mais il trouve sa véritable vocation à vingt-cinq ans, en 1972, en braquant un fourgon blindé à Puteaux. Ça bave un peu, les flics débarquent, un blessé, condamnation à huit ans. »

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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 18:08

 

 

           Jasper Gwyn a en main les clés de la réussite : écrivain talentueux, ses écrits plaisent tant qu’il commence à devenir célèbre. Et pourtant, il arrête tout du jour au lendemain. Il envoie un article au Guardian pour qui il travaille régulièrement, détaillant les cinquante-deux choses qu’il ne ferait plus jamais, la dernière étant de ne plus écrire de livres. Délaissant la vie professionnelle et médiatique, Mr Gwyn va connaître les affres de la solitude, de la déprime, mais, malgré les sollicitudes de son ami et agent Tom, il va tenir bon et ne plus écrire. Ça le démange pourtant tellement qu’il lui arrive d’écrire des livres entiers dans sa tête ! Et puis, surgit une idée : celle d’écrire des portraits à la manière d’un peintre qui tente de croquer son modèle de la manière la plus juste. Pour cela, quelques ingrédients lui sont nécessaires : un grand appartement vide qui sera son atelier, une musique discrète que lui composera un ancien ami, dix-huit ampoules allumées constamment pendant trente-deux jours et diffusant une « lumière enfantine » et un modèle nu. Mr Gwyn demande à Tom de lui « prêter » son assistante Rebecca, une femme ronde et charmante qui accepte le défi parce qu’elle a l’habitude qu’on lui propose tout et n’importe quoi.

           Pendant trente-deux jours, à raison de quatre heures par jour sans aucun repos, Rebecca va évoluer nue dans ce grand appartement, marcher, s’asseoir, se coucher… et Mr Gwyn va l’observer avant de prendre des notes. Il ne s’agit pas de la décrire au sens propre du terme mais d’apprendre à la connaître, écrire une histoire qui lui ressemble, une histoire qui EST elle. L’expérience insolite plaît aux deux protagonistes. Rebecca se sent vite à l’aise, il lui arrive même de s’endormir, de parler. Mr Gwyn aimerait en faire son métier qu’il a nommé « copiste ». L’aventure continue avec d’autres modèles qui, chaque fois, se prêtent au jeu, qui, chaque fois, lisent avec délectation LEUR histoire de quelques pages.

         Il m’est toujours très difficile de parler d’un roman que j’adore, j’ai peur de l’abîmer, de ne pas lui rendre justice. Cette lecture fut un véritable COUP DE CŒUR. Elle allie avec beaucoup de grâce poésie, philosophie, ésotérisme et intrigue policière. Le parfum de magie qui y règne du début à la fin m’a envoûtée. Imaginez deux êtres se connaissant très peu cohabitant dans la même pièce pendant quatre heures, sans se parler, en vivant simplement l’un à côté de l’autre… et cet écrivain qui essaye d’extraire l’essence même de l’être qu’il côtoie … et ces dix-huit ampoules qui s’éteignent une à une, qui « meurent simplement, sans agoniser et sans faire de bruit ». Sans parler de l’idée en elle-même, révolutionnairement géniale : écrire un texte qui symbolise un être humain, consacrer son temps, son silence, son âme à un parfait inconnu, j’adore !

 

« Jasper Gwyn s’était imaginé que les gens rapporteraient chez eux quelques pages écrites, et qu’ils conserveraient dans un tiroir fermé à clé ou sur une table basse. Comme ils auraient pu conserver une photographie ou accrocher un tableau au mur. »

« Souvent il arrivait en retard, quand Rebecca était déjà dans l’atelier. Il pouvait s’agir d’une dizaine de minutes, mais parfois d’une heure. Il le faisait délibérément. Il aimait la trouver étrangère à elle-même, abandonnée au fleuve sonore de David Barber et dans cette lumière – tandis que lui était encore sous l’emprise de la réalité crue et du rythme du monde extérieur. Il entrait alors en faisant le moins de bruit possible et s’arrêtait sur le seuil, la cherchant du regard comme dans une grande volière : l’instant où il la repérait, c’était l’image la plus nette qu’il garderait en mémoire. Elle, avec le temps, s’était habituée et ne bougeait pas à l’ouverture de la porte ; elle se tenait comme elle se tenait. »

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 10:54

 

 

        Après avoir adoré Tokyo Sanpo, un peu moins Petites coupures à Shioguni, c’est avec un immense plaisir que j’ai lu cette chronique illustrée, ce voyage nippon bédéesque.

          Florent Chavouet ne connaît que deux îles japonaises. Un peu comme ça, pour voir ce que c’est, il décide de vivre deux mois sur une île qu’il choisit soigneusement parmi les quatre mille existantes (personnellement, je ne savais pas qu’il y en avait tant !), d’en découvrir une troisième, et ce sera Manabé Shima. Elle ne compte que trois centaines d’habitants, elle vit au rythme de la mer, elle est peuplée de mamies poussant un déambulateur étrange, elle est envahie par des chats qui n’appartiennent à personne, des poulpes, de crabes, de pêcheurs, des umibotaru (des lucioles de mer !). Les gens y sont calmes, souvent généreux, la vie paisible, débonnaire et gastronomique.

          Je suis une fan absolue des dessins de Chavouet, j’aimerais qu’il réalise des milliers de pages pour ne jamais être en rade (quelques planches tous les soirs, nan ?) Son humour omniprésent est souvent associé à une bonne dose d’humilité, le dessinateur sait se faire accepter, ne demande qu’un strict minimum vital, respecte les gens qu’ils croisent, mange parfois en échange d’un dessin, reconnaît quand il dessine mal (et bon sang, que j’aimerais dessiner aussi « mal » que lui !), quand il est ignorant. Il est aussi un modèle de voyageur, s’intégrant parfaitement au décor et aux habitants.

       Chaque planche est une nouvelle découverte, passant du gros plan (le fugu, ce poisson à bec et au foie empoisonné) à la plongée (c’est comme ça qu’on découvre l’île mais aussi le boui-boui d’Ikkyu San, vaste bordel où on est obligé de boire le Shoshu, alcool distillé à base de blé) sans oublier les listes, les tableaux, les digressions, les portraits… c’est l’anarchie totale et ce que j’adore chez Chavouet. Maintenant, je veux une dédicace du Maître –non, j’en fais pas trop ! J un petit dessin, rien qu’à moi ! Guettons son blog !

« 20/20 »

 

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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 15:41

 

 

              J’arrive bientôt au bout de la série des Wallander. Il me reste le tout premier et le tout dernier. Ce roman diffère des autres parce qu’il s’agit, au départ, d’une nouvelle que Mankell a étoffée pour en faire un (court) roman. Publiée après L’Homme inquiet, l’intrigue de ce livre le précède, voilà pourquoi j’ai choisi de le lire d’abord.

              C’est l’automne en Scanie. Kurt Wallander, même s’il habite désormais avec sa fille Linda, n’a pas vraiment changé ni ses habitudes, ni ses projets, à savoir, acheter une maison, trouver une femme, adopter un chien. Son collègue Martinsson a peut-être un bon plan pour lui : un cousin de sa femme veut vendre son ancienne ferme. Wallander, en visitant la vieille maison, tombe sur un os. Au sens propre du terme. Il se trouve qu’il s’agit du squelette d’une main. Une enquête est ouverte, un squelette est découvert, une femme aurait été pendue avant d’être enterrée dans le jardin de la maison. Le meurtre remonterait à une cinquantaine d’années.

              Ce roman court mais intense est suivi d’un chapitre consacré aux réflexions de l’auteur sur sa série, sur le personnage Wallander, sur l’écriture en général. Très intéressant. Sa « relation » avec Wallander, son protagoniste, reflète ce qu’on ressent quand on lit ses romans. J’ai toujours deviné qu’il y avait une grande part de Mankell en Wallander, je suis contente de l’avoir vu confirmer par le romancier lui-même.

« On me demande très souvent : « Quels sont les livres que lit Wallander ? » C’est une bonne question dans la mesure où il n’est pas facile d’y répondre. Je me suis imaginé parfois qu’il lisait les miens. Mais je n’en suis pas sûr. En vérité, hélas, je ne crois pas que Wallander soit un grand lecteur. S’il lit, à mon avis, ce n’est pas de la poésie. Je me dis qu’il apprécie peut-être les livres d’histoire – les essais comme les romans historiques. Et je crois qu’il a aussi un faible pour Sherlock Holmes. »

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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 19:27

 

 

               C’est toujours à la recherche de lectures andalouses que je suis tombée sur ce gros récit qui n’est autre qu’une histoire vraie, celle d’un très célèbre matador surnommé El Cordobés.

              Manuel Benitez naît en Andalousie en 1936 alors que débute la sanglante guerre civile. Orphelin très tôt, ce gamin des rues, très pauvre, n’a qu’une idée : devenir matador. Chapardant des oranges, vivant du minimum, c’est en guenilles, la nuit, qu’il va commencer à défier les vaches des champs de Palma del Rio. Allant de déceptions en refus, d’emprisonnements en échecs, celui qui se fera surnommé El Cordobés finira par devenir la nouvelle étoile de la corrida espagnole.

              La biographie du matador occupe la plus grande place de ce récit (qui a, pourtant, pour sous-titre « L’épopée de la guerre civile espagnole ») mais elle est entrecoupée de la description très détaillée de l’un de ses plus célèbres combats, celui de la corrida du 20 mai 1964. Ce livre, c’est aussi l’histoire d’une prodigieuse ascension sociale d’un gamin parti de rien et devenu une star mondiale richissime, c’est aussi l’histoire d’amour entre les Espagnols et la corrida, c’est aussi l’histoire de l’Espagne, ce pays qui n’a fabriqué sa première automobile en 1954, qui a si longtemps censuré des écrivains comme Sartre, Joyce ou Hemingway. Le récit de 600 pages est passionnant, la ténacité de ce gosse est admirable, et, à 79 ans, Manuel Benitez retourne quelquefois dans l’arène… Les pages historiques m’ont paru longues mais elles m’ont permis de mieux comprendre la petite histoire de ce grand homme qui ne connaît ni la peur, ni la douleur.

 

« Aussi différent d’un taureau domestique qu’un tigre d’un chat, le taureau sauvage est un monstre assassin que la nature a façonné  pour lutter jusqu’à son dernier souffle contre toute forme de vie hostile. Plus rapide sur une courte distance qu’un cheval de course, plus souple et plus agile qu’un félin, plus brave qu’un lion, il est doué d’une intelligence si vive qu’un dicton espagnol affirme qu’ « il apprend plus en vingt minutes qu’un homme pendant toute sa vie. »

N.B. : Oui, Dominique Lapierre, l'auteur de La Cité de la Joie !

 

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5 septembre 2015 6 05 /09 /septembre /2015 10:07

 

 

             Étrange album qui a étrangement atterri dans ma PAL sans que je sache d’où il vienne.

             Elisabeth a 13 ans et elle est morte. Elle voit son cercueil blanc entouré de sa sœur et de ses amies du pensionnat qui ne peuvent l’entendre hurler et les interpeller. Projetée dans un monde statique, fantastique, victorien, Elisabeth se retrouve en compagnie de créatures merveilleuses (un chat-serpent, une grenouille qui parle, une chauve-souris aux pattes de poule). Elle tente de sortir de cet univers inquiétant, aimerait communiquer avec sa sœur mais elle semble prisonnière et revenir dans la « vraie » vie exige sans doute quelques sacrifices.

            Ce qui surprend dès la couverture de cette BD, c’est la beauté et la précision du dessin. Peu de couleurs se promènent dans l’album, du gris, du bleu, du vert, du noir, les teintes d’un cimetière au crépuscule ou d’un vieux château abandonné. Le ton est donné : celui du mystère, de l’envoûtement, de la mélancolie. J’ai été charmée, je l’avoue, mais deux choses m’ont dérangée : l’intrigue un peu complexe (mais peut-être que c’est parce qu’il existe une suite) et la présence du gothique qui ne me touche pas plus que ça. J’insiste, le graphisme est magnifique, les cases réalistes sont empreintes d’un charme suranné irrésistible. Je crois que je vais lire la suite (pas encore parue) !

 

« 16/20 »

 

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 07:59

 

 

           Cette courte pièce de théâtre tourne autour du pouvoir des mots. Deux amis se retrouvent après un long moment. Le premier, H.1 demande des explications au second, H.2, car il lui semble avoir ressenti une certaine distance, un certain froid vis-à-vis de lui dernièrement. H.2 le fait un peu languir avant de lui avouer : quand il s’est vanté d’un certain succès, H.1 lui aurait répondu « C’est biiien… ça ».  Après cette offense, cette blessure, H.2 aurait voulu rompre mais il n’en a pas eu « l’autorisation ». L’autorisation est donnée par un groupe de personnes non déterminé qui estime, ici, que H.2 a tendance à vouloir rompre souvent avec amis ou membres de la famille. Il est donc celui qui brise une relation « pour un oui ou pour un non ». H.1 ne se laisse pas démonter pour autant et toutes les rancœurs, les incompréhensions, les mesquineries du passé ressurgissent pour, au final, mettre un terme à cette amitié.

           A travers une joute verbale délicieuse et souvent drôle, cette pièce met parfaitement en valeur la fragilité des relations humaines, le pouvoir parfois destructeur des mots et des intonations. Elle nous renvoie à nos propres disputes qui ont malheureusement souvent pour point de départ une baliverne, un mot prononcé trop haut, une phrase lâchée trop vite.

           La pièce, créée en 1981 comme une pièce radiophonique ne nécessite aucun décor, aucun accessoire. Avant-gardiste, elle laisse toute la place au dialogue. La belle mise en scène de Jacques Lassalle est à voir ici.

 

H.2 : Il y avait entre « C’est bien » et « ça » un intervalle plus grand : « C’est biiien… ça… » Un accent mis sur « bien »… un étirement : « biiien… » et un suspens avant que « ça » arrive… ce n’est pas sans importance.

 

             Encore une participation pour le challenge théâtral d’Eimelle !

 

 

 

Bonne rentrée à tous !

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 06:48

 

 

 

          Son nom signifie « beauté » et résumé ce qu’elle incarne, une beauté magique, envoûtante, presque divine. Adolescente, Marina a jeté son dévolu sur Andrea, de cinq ans son aîné, et si tout les sépare : elle rêve de conquérir le monde avec sa voix sublime, il songe sérieusement à se retirer du monde pour élever des vaches, oui, si tout les sépare, un lien passionnel, un amour dévastateur les lie, les rapproche, les éloigne, les rassemble encore pour mieux les éloigner encore…

          L’histoire se passe dans les années 2010 dans le Piémont, cette région montagneuse du nord de l’Italie. Marina a 22 ans, elle multiplie les émissions de télé locales pour faire connaître sa voix enchanteresse et surtout son corps de rêve, son attitude provocatrice. C’est ainsi, lors d’une fête de village, à Camandona, qu’Andrea la retrouve, plus belle que jamais, à chanter Dreams des Cranberries devant un public en transe. Toujours amoureux d’elle mais vexé d’avoir été plaqué trois ans auparavant, Andrea va souffrir avant de la retrouver. Les deux se font du mal, se séparent, se retrouvent, se promettent même de se marier. Marina, avec une aisance insolente, vise une carrière internationale qui n’a pourtant qu’un seul objectif : rendre ses parents fiers d’elle. Andrea, de son côté, a aussi un passé familial douloureux entre un père trop autoritaire et un frère qu’il jalouse. Placez tous ces ingrédients dans un somptueux décor d’une Italie en plein déclin et vous obtenez un roman passionnant. J’ai beaucoup aimé la relation tumultueuse et dangereuse des deux amants aux accents tragiques mais les personnages secondaires sont décrits avec la même subtilité : Elsa, amoureuse d’Andrea qui n’arrive toujours qu’au second plan, le père démissionnaire de Marina, sa mère alcoolique. L’auteur nous promène allègrement entre la luxueuse Milan et les montagnes piémontaises les plus isolées. C’est Andrea qui, en revenant à un métier ancestral, celui de marcaire, aura raison ; l’auteur prône clairement le retour à la nature, l’installation dans les petits villages au détriment de la ruée vers les grandes villes qui faisait fureur quelques années auparavant. D’apparence manichéenne, ce roman regorge de mille subtilités et, fin psychologue, aborde l’amour, la filiation, les choix de vie et la notion de revanche de manière très intéressante. Une belle lecture !

Merci à l’une des trois Grâces pour ce prêt ! ;-)

 

 

« Marina Bellezza se matérialisa soudain dans le cône de lumière projeté sur la scène, comme l’aura d’une enseigne qui surgirait de la nuit. La plus belle créature qui soit, un de ces personnages sur lesquels on rêve en lisant Tolstoï ou Flaubert. »

« Sa voix n’était plus un son mais un élan. Marina ne chantait plus pour elle-même mais pour le monde entier.»

« parce que l’imperfection de la vie est le cœur de la vie même, et qu’elle creuse et ronge implacablement de l’intérieur, qu’elle s’interpose entre nous et notre volonté, dévore comme le fait un torrent. »

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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 18:49

 

 

           Me voilà bien embêtée pour critiquer un one-shot que la Terre entière a adulé…

           Nous cueillons Brás à différents moments de sa vie, les instants les plus intenses, la mort de son père, la naissance d’un enfant, la rencontre de la femme de sa vie… Et ensuite, il meurt.  Qu’il ait 32, 28, 31 ou 41 ans, Brás vit des instants uniques qui vont être déterminants pour sa vie mais aussi dans ce qu’il est profondément. Une manière de réfléchir sur ses choix de vie, une manière de mettre en lumière les quelques heures précédent la mort… sans qu’il y ait mort pour autant.

          Bâti sur une intrigue insolite et déstabilisante, cet album brille aussi par la beauté de ses dessins où l’onirique et le fantastique ont une place tout à fait légitime à côté d’un univers réaliste et trivial. C’est d’ailleurs un peu le message de la BD, nier la frontière entre la vie et la mort, construire des passerelles entre le réel et l’impalpable… Résultat pour moi : un sentiment de malaise, d’où mon souci pour émettre un avis tranché pour cette lecture évidemment marquante, sans conteste envoûtante ; d’où ma difficulté à donner une note sur 20. Peut-être cet album a-t-il réveillé en moi des angoisses que j’aimerais camoufler sans pouvoir les faire disparaître jamais ? Je ne sais pas.

« 16/20 »

 

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 08:37

 

 

                    Comment dire… comment dire gentiment, délicatement et subtilement que je n’ai pas aimé... ?

                   Sara est une jeune femme qui travaille dans une librairie, en Suède. Grande amoureuse des livres, elle passe tout son temps à lire. C’est par les livres, à travers une histoire d’achat de bouquins d’occasion, qu’elle entre en contact avec Amy. Cette vieille dame lit beaucoup elle aussi, elle habite dans l’Iowa et après une correspondance longue et amicale, elle propose à Sara de venir passer ses vacances aux Etats-Unis dans sa très petite ville, Broken Wheel. Sara débarque comme prévu et à sa grande surprise, Amy n’est pas là, Amy n’est plus, elle est morte quelques jours avant son arrivée sur le continent américain. Comme la vieille femme vivait seule, les habitants de Broken Wheel invitent Sara à habiter sa maison. Oui mais dans cette petite ville sans intérêt où la culture semble absente, Sara s’ennuie (et moi avec elle). Puisque son retour en Suède n’est prévu que deux mois plus tard, elle décide de reprendre la librairie d’Amy et de vendre tous les livres qu’elle a trouvés dans la chambre de la vieille dame. Mais attention, Mlle Sara a le cœur sur la main, non, non, elle ne veut pas être payée, elle souhaite juste s’occuper. Ni une ni deux, le vieux local est nettoyé, récuré avec l’aide de quelques gentils villageois. Ils semblaient si rustres et si bizarres au départ, ils sont finalement si adorables qu’ils se prennent d’une grande amitié pour notre Sara, au point de vouloir la garder avec eux tout le temps… oui, mais comment rester dans un pays qui ne veut pas d’elle ? Il faut la marier ! Mais avec qui ? Mais avec le beau, gentil et célibataire Tom… et punaise, ça tombe bien, elle a un faible pour lui, la Sara ! Que la vie est bien faite quand même ! Mais attention, il faut encore une bonne centaine de pages pour qu’ils tombent dans les bras l’un de l’autre, on n’a rien sans rien quand même…

                Le bandeau de la première de couv’ m’avait pourtant prévenue : « Si vous avez aimé Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, vous allez adorer. » Je n’avais pas aimé le roman cité et j’ai tenu bon, j’ai failli abandonner ma lecture au bout de 100 pages et j’ai finalement tout avalé (les 500 !), sans ciller, courageuse face aux gnagnanteries du style « c’est la vie qui gagne le combat face à la littérature », c’est beau dans les livres mais ça peut être encore plus beau dans la vraie vie, ouais… ! Alors oui, si vous avez aimé Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates ou encore Demain est un autre jour, vous avez une petite chance d’aimer ce roman.


"Elle lut la dernière page, sourit comme on le fait à un vieil ami, puis referma le livre. Elle décroisa ses jambes et s'étira. Quand elle vit enfin l'attroupement, elle se leva à la hâte et se dirigea vers eux, confuse." : Sara vient tout simplement de lire 5h37 d'affilée, derrière la vitrine de la librairie, observée par tous, sans lever la tête une seule fois! (eh oui, nous les lecteurs, sommes des êtres étranges, coupés du monde, qui résistons à l'envie de boire, de manger ou même de faire pipi!)
 

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