
Un groupe de jeunes hippies américains se vouent corps et âme à leur gourou, leur maître, leur réincarnation de Jésus : Charles Manson. Dans une ambiance libertaire et anarchiste, l’alcool, le sexe et la consommation de drogues dures constituent le quotidien pour les membres de la « Famille ». Squattant un ranch où les maladies vénériennes s’attrapent comme le rhume, les hippies s’adonnent au creepy crawls : ces cambriolages pour rire. Mais depuis quelque temps, les mauvaises blagues et les gros larcins ont cédé la place à la violence et au crime. Charlie demande à quatre membres, Sadie, Katie, Tex et Linda, d’aller « s’occuper des cochons » qui vivent dans la maison de Roman Polanski. Nous sommes en 1969 et c’est d’abord Terry Melcher, un producteur américain qui occupait cette vaste villa luxueuse, Charles Manson lui en veut de ne pas avoir donné suite à ses talents de musicien. En bons petits soldats obéissants, Tex, Katie et Sadie pénètrent au 10050 Cielo Drive alors que Linda se contente de faire le guet à l’extérieur. C’est le carnage : la maison est saccagée, les quatre occupants sont torturés avant d’être froidement exécutés. Parmi les victimes, Sharon Tate, l’épouse de Roman Polanski, enceinte de huit mois.
Chronologiquement condensé, ce récit fait froid dans le dos par l’indifférence dont font preuve les protagonistes et qui n’est pas sans rappeler les attentats actuels. Cette même brutalité se retrouve dans la manière de raconter les faits. Simon Liberati ne juge pas, ne donne pas son avis, ne défend ni ne condamne ses personnages. On obtient quelque chose d’assez trash, bien documenté, à la fois édifiant et écœurant. Des détails comme cette inscription de « Pig » faite avec le sang des victimes sur les portes de la villa, la torture à la fourchette (je vous laisse imaginer…) ou l’idolâtrie de Charles Manson pour Hitler… font de ce roman une histoire à la fois captivante et abominable, je suis contente de l’avoir lu sans avoir aucune envie de le relire !
C'est ma première lecture de la rentrée littéraire... fruit d'un joli cadeau... merci !
« La loi de la Famille voulait qu’un nouvel arrivant abandonne tout ce qu’il possédait à la communauté. Juste histoire de montrer qu’on n’était pas là seulement pour prendre son pied et taper de la came. »
« La peur de Sharon Tate était si grande qu’elle était entièrement anesthésiée. Elle ne sentait plus sa peau transpirer contre le velours du canapé, elle ne sentait plus ses pieds, il lui semblait qu’elle flottait dans le vide suspendue à une bulle invisible. Le monde était devenu illisible. Elle reconnaissait bien des fragments de la réalité mais ils ne formaient plus un tout cohérent.»




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