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Nikonor Pierre de la Charlanne est un très vieil ermite perfide et asocial. Il a une haute estime de lui-même. Il nous fait l’honneur suprême de nous raconter sa vie, ses odieuses pensées et l’étendue sans fin de ses connaissances. Accablé d’une sœur jumelle aussi idiote que lui est intelligent, notre Nikonor a très tôt inventé à la fois des techniques de défense et des solutions d’attaque pour contrer la bêtise de cette Anastasie. Il a hérité de son père une passion pour les champignons, mais attention, il ne les mange pas, il les étudie, les cueille, les observe et ce sont les champignons vénéneux qui l’intéressent le plus. Il va utiliser toute la science de ce poison naturel pour en faire son métier si vous voyez ce que je veux dire… N’oublions pas aussi que la littérature a accompagné l’homme toute sa vie. Avant l’âge adulte, il avait dévoré tout Zola, tout Flaubert, tout Châteaubriand et j’en passe. Quelques dizaines (centaines ?) de cadavres plus tard, on retrouve Nikonor dans son château de Corrèze à essayer d’esquiver les tentatives de meurtre d’Anastasie sur sa propre personne. Ce roman aurait pu avoir pour sous-titre « Mémoires d’un vieux fou méchant ».
Je n’avais lu jusqu’à maintenant que des avis positifs voire enthousiastes, ma déception est donc proportionnelle à cet engouement. Oui c’est vrai, je me suis parfois amusée avec ce cruel Dexter érudit aux allures hautement désuètes, l’humour british parfois teinté de noir se fond parfaitement bien dans cette Corrèze forestière qui fleure le champignon. L’écriture comme son personnage est assez raffinée érudite. Mais outrecuidante aussi ! Que de références mycologiques ! Que de références littéraires ! J’ai cru mourir étouffée (ou empoisonnée ?!) victime d’un trop-plein de références, de définitions, de digressions, avant la dernière page. Fin d’ailleurs qui m’a laissée sur ma faim. Généralement adepte de l'ironie et d'une certaine impertinence, je n'ai pas du tout accroché à ce roman.
« J’aurais eu, je crois, beaucoup à apporter aux humanités en général. »
Nikonor imagine la pauvre vie de sa pauvre sœur sans lui : « Il fait peu de doute que mon infatigable inventivité, mon imagination scientifique d’inspiration vernienne mon ingéniosité naturelle, durent lui sembler irremplaçables. Bref, je lui avais retiré, sans m’ne rendre pleinement compte, l’astre qui avait illuminé toute son enfance et, d’une certaine manière, j’arrive à comprendre ce qu’elle a dû ressentir. »



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