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Louis est un professeur d’anglais en fin de carrière. Divorcé, il ne voit plus guère ses deux filles maintenant adultes et sa vie casanière n’est pas très palpitante. Lorsqu’un ancien élève devenu peintre, Alexandre Laudet, lui propose de poser pour lui, Louis accepte sans trop comprendre pourquoi. Doucement, le lien d’abord tenu entre les deux hommes va s’amplifier, se révéler, prendre une importance déroutante. Alexandre envisage de faire un triptyque, sachant que Louis pose d’abord tout habillé, puis qu’il ôte la chemine, vous pouvez deviner la finalité explicitée dans le titre-même. Louis profite de ces plages silencieuses et contemplatives pour se remémorer des instants de sa vie passée, son premier amour, un voyage impromptu en Ecosse, des bourrasques maritimes, des tours de rocade pour rien. Mais ces rendez-vous insolites entre un homme vieillissant et un jeune peintre à la mode homosexuel font faire enfler les rumeurs dans cette petite bourgade provinciale. Combien de temps ce pari audacieux tiendra-t-il ?
J’ai beaucoup aimé cette lecture et, surtout, avant tout, ce face-à-face entre deux hommes qui ne sont ni amis, ni amants, ni parents. Ces instants complètement à part où Louis pose devant son ancien élève, cette intimité inaccoutumée et presque insolente est complètement fascinante. J’ai pensé à Mr Gwyn de Baricco que j’ai tant adoré où là aussi une relation insolite est artificiellement créée pour aboutir à un résultat magique. Cette proximité entre deux inconnus m’a aussi rappelé les débuts de mon atelier-théâtre-que-j’aime-tant : quelques touchers et manipulations entre inconnus, quelques regards appuyés ont rapidement su dépasser les premières gênes pour installer une forte complicité. Mais je digresse : La mise à nu comporte, en son cœur, ce que j’aime trouver dans un roman : une ambiguïté dans les relations humaines, des personnages plus complexes qu’il n’y paraît au premier regard et qui évoluent au contact de l’autre. Certains passages sont de petites étincelles qui vous emplissent les yeux de bonheur.
« On connaît si peu ses propres enfants, au fond. On connaît si peu les autres, en général. On ne fait que projeter sur eux les fantasmes qu’ils nous inspirent. »
Je n’avais jamais envisagé les choses de cette manière : « Regards appréciateurs. Applaudissements muets. La salle des profs est une scène de poche où chacun de nous tente, par moments, de devenir maître de comédie. »
« Je reprends ma liberté. »


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