
En 1967, quatre musiciens appartenant à un groupe de rock, Pearl Harbor, meurent mystérieusement à tour d’un rôle dans un laps de temps très court : l’un meurt défenestré, l’autre d’une overdose, un troisième sous les rames du métro, le dernier se suicide. Il est difficile de parler de coïncidence, pourtant la police n’en veut rien savoir... c’est le journaliste Michaël Stern qui mène l’enquête. En parallèle, en 2010, un type est retrouvé inerte, renversé par une voiture à Bruxelles ; l’équipe médicale finit par se rendre compte qu’il est conscient mais victime du syndrome de l’enfermement : il est tétraplégique et ne peut que remuer les paupières. Son identité reste inconnue, et il faudra, des mois plus tard, la persévérance de Dominique, un super kiné, pour que le malade accepte de livrer ses secrets et le drame qu’il a connu.
Si le roman est un excellent polar, il brille également, surtout, par ses références au rock. Le personnage principal découvre « Maybellene » de Chuck Berry et c’est le coup de foudre, il se met à taper sur tout ce qu’il trouve, s’initie à la batterie et finit par exceller dans la pratique de cet instrument. On en prend plein les oreilles du début à la fin, ça foisonne de rythmes endiablés, ça secoue le cocotier, ça rend même nostalgique des années qu’on n’a pas vécues (drogues mises à part parce qu’il y en a des paquets de sachets dans le roman). L’autre atout se niche dans le dernier tiers du roman et -je ne veux pas trop en dire- a un rapport avec les mille possibilités qu’offrent le son, la musique, ce qu’on en fait et les mystères de l’audition. Le dénouement est tout aussi réussi que le reste du livre, intelligent, surprenant et pêchu. Admirative du travail de documentation de l’auteur (on se promène dans les années 60), j’ai encore été davantage bluffée par la construction du roman, complexe, audacieuse et subtile... à tel point que je m’y suis parfois perdue ! Le bilan reste extrêmement positif, ce fut une lecture jouissive de bout en bout et les presque 500 pages donnent envie d’écouter la playlist fournie dans les premières pages.
Merci à l’auteur de faire revivre les meilleures années de rock, merci à toutes les blogueuses pour cette recommandation judicieuse, vous avez été nombreuses à citer ce titre, je ne peux que conseiller cette lecture à mon tour... sauf si vous détestez le rock (c’est triste mais peut-être que ça existe !?)
La découverte des Beatles : « C'était un rock, c'est sûr, mais pas un rock comme les autres. C'était un rock mélodique, énergique, d'une simplicité qui poussait au génie. Marqué par un harmonica lancinant et une surprenante complicité vocale, le morceau était d'une fraîcheur qui me laissait muet d'admiration. On sentait que les gars s'amusaient, qu'ils aimaient ce qu'ils faisaient et prenaient du plaisir. La face B était tout aussi convaincante. J'ai écouté le disque de nombreuses fois en cherchant à saisir la recette de ce tour de magie. »
Même auteur, dans un tout autre genre : Devant Dieu et les hommes.

![Zoc - (Jade Khoo) - Heroic Fantasy-Magie [CANAL-BD]](https://www.canalbd.net/img/couvpage/78/9782205202786_pg.jpg)















