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11 janvier 2020 6 11 /01 /janvier /2020 13:54

Résultat de recherche d'images pour "Dans les forêts de Sibérie de Virgile Dureuil d’après le récit de Sylvain Tesson""

          Sept ans que Sylvain Tesson en rêve : partir s’isoler loin, très loin. Il réalise son souhait en s’installant dans une cabane au pied de la taïga, face au lac Baïkal, en Sibérie. Seul, de février à juillet. Lisant, s’adonnant à la contemplation, pêchant, marchant dans la neige, buvant (beaucoup !), allant à la rencontre de quelques voisins très éloignés, l’écrivain s’adapte à un temps qui a pris une autre dimension. Il écrit face à une fenêtre, il joue avec ses chiens, il pense à sa famille, il compare sa vie à celle des citadins, il repense à son passé…

          Dur, dur de lire une adaptation BD d’un roman qu’on a adoré ! Dans les forêts de Sibérie m’a durablement marquée, il était donc très agréable de retrouver cette histoire complètement dingue de vie en solitaire dans ce froid glacial. Les dessins réalistes m’ont plu, j’ai aimé mettre des images sur ce que j’imaginais (et bien sûr, ça ne colle pas du tout avec ce que j’avais en tête mais ce n’est pas grave…) mais je n’ai pas été envoûtée. J’ai apprécié la variété des couleurs (merci de ne pas avoir fait un album en noir et blanc !) mais j’aurais voulu un dessin à la Emmanuel Lepage avec des planches immenses et grandioses, des envolées lyriques, des images qui font rêver. Bon. Si ça donne envie aux lecteurs d’aller découvrir le roman, je suis ok.

« Cette vie procure la paix. La lecture, l’écriture, la pêche, l’ascension des versants, la flânerie dans les bois… »

Et toujours, l’humour de Sylvain Tesson : « Rien ne vaut la solitude. Pour être parfaitement heureux, il me manque quelqu’un à qui l’expliquer. »

« La pluie a été inventée pour que l’homme se sente heureux sous un toit. »

« Étrange comme le temps vous retire son amitié. Hier encore, il glissait, soyeux. Chaque seconde, à présent, une aiguille. »

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7 janvier 2020 2 07 /01 /janvier /2020 18:03

Résultat de recherche d'images pour "karine tuil choses humaines""

         J’ai L’Insouciance dans ma PAL depuis sa sortie, je ne l’en ai jamais extrait, j’ai eu bien tort car cette lecture des Choses humaines m’a prouvé que Karine Tuil est vraiment une autrice à suivre…

         Jean Farel a 70 ans mais il reste un journaliste très couru, apprécié, dynamique et jeune dans sa tête. Son épouse Claire, de 27 ans sa cadette, suit le modèle de son mari : toujours en première ligne, elle est une essayiste renommée, jadis assistante de Bill Clinton. Leur fils Alexandre, un jeune adulte, brillant étudiant, a tout pour lui également. Mais ce portrait de famille idéal se désagrège quand Claire prend un amant juif en même temps que Jean se fait lyncher dans un article de journal. Simultanément, sa maîtresse, Françoise, tente de se suicider et Alexandre est accusé de viol sur Mila, la fille de l’amant de sa mère… Tout bascule.

         Deuxième partie – autre ambiance. Le procès et les préliminaires du procès sont décrits avec précision, on suit les personnages pendant deux ans, on assite au procès d’Alexandre, on écoute les deux parties. Plaidoirie et réquisitoire sont tellement bien exposés qu’on a tendance à changer d’opinion (ce qui est horrible dans ce cas d’abus sexuel).

         Ce qui surprend d’emblée dans ce roman, c’est le rythme alerte, vif et efficace. Il y a une énergie indéniable qui rend le contenu tout à fait passionnant. J’avais l’impression que ça causait de politique et de journalisme. Certes. Mais ce sont les dessous de la politique, les masques qui craquellent, les apparences de perfection qui s’effritent, les clichés qui s’effondrent. Et c’est complètement jouissif ! Je ne suis pas une adepte des romans qui parlent de l’actualité mais c’est fait ici avec un tel brio qu’on dévore les pages en s’instruisant tout en s’amusant. Allez : COUP DE CŒUR !!! Ça fait un peu série télé en ôtant tout le péjoratif que cette comparaison peut supposer. Karine Tuil s’est largement inspirée de l’affaire de Stanford où un étudiant a été accusé d’avoir violé une fille mais n’a été condamné qu’à 6 mois de prison parce qu’il était un étudiant brillant, parce qu’il était un sportif de haut niveau, il ne fallait donc pas trop gâcher sa vie… L’autrice a repris les mots du père : « C'est un prix lourd à payer, 20 ans de sa vie pour 20 minutes d’action ». Quelle situation douloureuse et complexe ! Alexandre « s’est raconté une autre histoire », persuadé qu’il n’avait pas violé Mila, et c’est le plus effrayant : cette société où coucher dix minutes après la rencontre est devenu anodin, banal, où insulter sa partenaire et la traiter de « salope » est devenu monnaie courante.

Prix Goncourt des Lycéens amplement mérité !

Parole de l’avocat des Farel : « très peu de viols finissent aux assises. Je ne veux pas être optimiste mais le risque est minime ; au pire, cela serait requalifié en agression sexuelle en correctionnelle. »

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4 janvier 2020 6 04 /01 /janvier /2020 19:25

Résultat de recherche d'images pour "livre audio rouge et noir vuillermoz""

 

- Lu par Michel Vuillermoz -

          Voilà un classique que je n’avais pas aimé ado, que je n’ai pas plus apprécié étudiante. J'attendais une étincelle…!

          Faut-il résumer l’histoire ? Julien Sorel, fils de scieur, est le seul de sa famille à être attiré par les livres et l’instruction. Soutenu par l’abbé Chélan, il est placé dans la maison du maire de Verrières en tant que précepteur. Chez les Rênal, Julien est très apprécié et, s’il est de plus en plus attiré par la jolie Madame de Rênal, il arrive à la séduire aussi, elle qui n’a jamais connu l’amour. A la suite de rumeurs et d’une lettre anonyme dénonçant Julien, il quitte les Rênal et entre au séminaire de Besançon. Quelque temps plus tard, il devient secrétaire auprès du Marquis de la Mole et suit une liaison orageuse avec sa fille, Mathilde. De cette relation à la « Je t’aime moi non plus » naissent des conflits : Mathilde enceinte de Julien essaie de convaincre son père de l’épouser mais il refuse, et Julien, en colère contre Madame de Rênal, lui tire dessus en pleine messe, sans parvenir à la tuer. Condamné à mort, Julien reste tiraillé jusqu’à la fin entre les deux femmes.

           Le texte lu par Michel Vuillermoz (dont on peut souligner le talent) est une version abrégée du roman de Stendhal, il me semble que la partie consacrée au séminaire est quasiment entièrement passée sous silence. Sinon, que dire ? Il ne me semble pas avoir appris quoi que ce soit et je suis encore restée indifférente à ce trio infernal. Julien m’agace. J’ai préféré La Chartreuse de Parme.

Quelques jolies citations pourraient faire un recueil entier !

« A vingt ans, l'idée du monde et de l'effet à y produire l'emporte sur tout »

« Chacun pour soi dans ce désert d'égoïsme qu'on appelle la vie. »

« Je croyais vivre ; je me préparais seulement à la vie, me voici enfin dans le monde, tel que je le trouverai jusqu'à la fin de mon rôle, entouré de vrais ennemis. Quelle immense difficulté, ajoutait-il, que cette hypocrisie de chaque minute : c'est à faire pâlir les travaux d'Hercule »

 

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1 janvier 2020 3 01 /01 /janvier /2020 09:22
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29 décembre 2019 7 29 /12 /décembre /2019 19:24

Résultat de recherche d'images pour "Un printemps à Tchernobyl d’Emmanuel Lepage futuropolis""

          Cela faisait un moment que je m’étais offert cette grosse BD (quand je me lance dans des achats BD, Emmanuel Lepage est souvent de la partie), le moment était venu de la lire : le thème de Tchernobyl m’a intéressée dans le roman d’Alexandra Koszelyk, il m’a carrément écoeurée dans la série Chernobyl que je n’ai pu voir jusqu’au bout.

           Emmanuel Lepage en tant que dessinateur se rend avec un petit groupe de Français à Tchernobyl. L’appréhension se mêle à l’excitation. Emmanuel s’est documenté et, entre les chiffres (100000 morts dus à la catastrophe, 25% du territoire biélorusse contaminé), les enfants difformes, le cimetière technologique (camion, hélicoptères, matériel abandonnés), tout le désastre qu’on connaît, le dessinateur s’attend à avoir la nausée et à rapporter au grand public l’étendue de la catastrophe. Mais le petit groupe arrive dans un cocon d’humanité où, si les risques de cancer sont bien réels, la vie se fait une place, la musique, les rires, la joie aussi – peut-être plus qu’ailleurs.

           Ce qui est absolument extraordinaire dans ce magnifique album, c’est qu’Emmanuel Lepage – et il n’en revient pas lui-même !- trouve du beau, de l’amour, du positif dans cet endroit dont il était venu dénoncer les atrocités. Malgré lui, une candeur et une douceur qui lui rappellent son enfance le submergent à plusieurs reprises. La nature a envahi les habitations désertées mais les hommes savent vivre et profiter de la vie ici aussi, malgré les dangers quotidiens. Faut-il parler du dessin quand on connaît cet artiste si talentueux ? Les planches consacrées à ces forêts bleues, où la couleur est revenue après le gris de Pripiat, suffisent à ouvrir l’album. C’est du vert et du bleu à foison, à savourer avec la même délicatesse que le dessinateur met dans son œuvre. C’est à la fois grand et empli d’humilité.

« Dans ce métier, seul à gratter sur ma planche, j’ai souvent l’impression de voir le monde à travers une vitre. D’être « à côté ». Cette fois-ci, le monde, je le sentirai dans ma peau. Bien sûr, c’était risqué… mais tellement excitant ! J’allais découvrir les terres interdites où rôde la mort. »

« Pripiat, ville désolée, colle à ce que j’imaginais de la catastrophe, correspond à l’image que je me faisais du désastre. Mais ici, dans la zone ? Cette vibration subtile des couleurs couvre l’effroyable réalité qui se cache à mes yeux. »

« je croyais me frotter au danger, à la mort… et la vie s’impose à moi. »

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26 décembre 2019 4 26 /12 /décembre /2019 10:00

Résultat de recherche d'images pour "Quelqu’un m’attend derrière la neige de Timothée de Fombelle Gallimard Campi""

 

C’est la nuit de Noël.

          Gloria est une petite hirondelle pas comme les autres. Elle vole à contresens et, au lieu de rejoindre l’Afrique, se dirige vers le froid et la neige d’Europe. Petite écervelée, elle va geler ! Pourtant, toute jeune, elle a été recueillie par un enfant africain qui l’a soignée et remise en liberté.

          Freddy, lui, conduit son camion frigorifique jaune pour livrer des glaces en Angleterre. Cent jours. Il les a comptés, cela fait bientôt cent jours que personne ne lui a vraiment adressé la parole. Une annulation de livraison le contraint à rester chez lui, seul. Jusqu’à ce qu’il découvre la petite hirondelle dans des circonstances bien particulières…

         Tous ceux qui l’ont lu vous le diront : cet album est une pépite ! Conte de Noël atypique et moderne, il adoucit les cœurs, apaise l’âme, donne le sourire et laisse couler une larme. Lueur dans la nuit, caresse consolatrice, le texte brille autant que les dessins, admirables de justesse et de simplicité. Que dire de plus ? A lire, à offrir, à relire, seul ou à plusieurs.

« La plupart des hirondelles ne connaissent rien d’autre de l’humanité, de ses tragédies et de sa beauté, que ces silhouettes minuscules tout en bas qui se croient grandes sur la terre mais ne dépassent pas le plus petit de leurs arbres. »

« au creux de sa main, Freddy devinait encore l’énergie de la lutte et des voyages, le relâchement qui suit les grands efforts. »

Petite précision : ma fille (presque 11 ans) l'a lu seule et préconise d'accompagner les jeunes enfants dans leur lecture qu'elle a trouvée assez triste tout de même… 

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24 décembre 2019 2 24 /12 /décembre /2019 10:49

         Mon premier Noël sans mon papa ne sera pas très gai mais ne sera pas morose non plus parce que ce n'est pas ce qu'il aurait voulu...

         Des grands malheurs, on apprend toujours un peu : ne vous en faites pas trop, soyez ouvert et tolérant, ne prêtez pas trop attention aux broutilles démoralisantes, dites l'essentiel à ceux qui vous sont essentiels et gardez-les tendrement tout près de vous.

         Je vous souhaite à toutes et à tous, amis blogueurs, de très

jolies fêtes de Noël

Je vous laisse avec une de ses œuvres...

L’image contient peut-être : plante

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20 décembre 2019 5 20 /12 /décembre /2019 23:18

Résultat de recherche d'images pour "Plateau de Franck Bouysse poche"

          J’ai l’impression que Franck Bouysse a le vent en poupe mais peut-être pas pour ce titre que j’ai trouvé au rayon polars à ma libraire, ça se discute.

          Sur le plateau de Millevaches, Virgile tient sa ferme à peu près seul depuis que sa femme Judith a commencé à perdre la boule – il a même tendance à vouloir la tenir cachée dans la chambre. Il s’est lié d’amitié avec Karl, un type bourru qui s’est installé non loin de là et dont il sent qu’il doit se méfier. Georges, c’est le neveu de Virgile qui a été éduqué par le couple depuis la mort de ses parents. Parvenu à l’âge adulte, il préfère vivre seul dans une caravane. Ce précaire équilibre va valdinguer le jour où débarque Cory, une nièce de Judith venue demander refuge pour fuir un compagnon qui la battait. Elle est très séduisante et s’il est difficile pour Georges de cohabiter avec la jeune femme, Karl encombré de son passé violent et libidineux, ne va pas rester indifférent non plus. Rajoutez à cela un mystérieux chasseur qui rôde sournoisement autour de la ferme et vous obtiendrez une tension aussi épaisse que le brouillard automnal de ce coin-là.

          J’aurais pu adorer ce roman : l’univers est âpre et hostile comme je les aime, les personnages ont tous un passé tumultueux qui les a chambardés, l’intrigue prend cette dimension pesante et inéluctable propre aux tragédies et… et… c’est l’écriture qui m’a tenue éloignée. Dans un langage soutenu, l’auteur propose une foule d’images, cisèle (à merveille et avec brio, c’est indéniable) ses phrases, utilise un vocabulaire très précis (jamais je n’ai découvert autant de mots inconnus dans un roman : dipneuste et pénéplaine, ça vous parle ?). J’ai pensé au dernier Cécile Coulon, Une bête au paradis qui se situe dans le même genre de cambrousse isolée. Elle choisit la simplicité et l’efficacité, Bouysse est dans les méandres d’une langue savante qui m’a perdue. Le côté addictif tant vanté par le bandeau publicitaire est excessif, c’est dans les trente dernières pages que j’ai réellement eu très envie de connaître la suite. Je continuerai ma découverte de l’auteur parce que du talent, il en a à revendre, mais j’attends davantage d’authenticité.

"Il n'existe pas de beauté sur le Plateau, au sens où il entend ce mot. Pas d'émotion palpable, rien que le froid déroulement du temps. La beauté ,il la trouve d'ordinaire dans les livres, et aujourd'hui, malgré lui, chez cette fille qui dort peut-être encore."

"Le monde disparaît dans le regard équinoxial du vieil homme, devenant une chose naturelle à l'accomplissement qu'est la mort. Quand la question de l'acceptation ne se pose plus. Qu'il n'y a plus qu'à déposer les armes, parmi l'air ennuagé d'aiguilles morfales." (le genre de phrases … qui me rend perplexe!)

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17 décembre 2019 2 17 /12 /décembre /2019 19:08

Résultat de recherche d'images pour "par les routes prudhomme""

          Le narrateur s’appelle Sacha, il a un peu plus de 40 ans et il s’installe à V., une petite ville du sud-est de la France où il a l’intention de peindre et d’écrire, au calme, seul. Il retrouve par hasard un ancien ami, nommé « l’autostoppeur » dans tout le roman. Cet homme, qui a une femme Marie et un fils Agustin, a pris l’habitude, depuis des années, de sillonner la France en autostop, au gré de son envie, du hasard ou de ses lubies. Marie et Agustin voient ainsi l’autostoppeur disparaître parfois quelques jours, parfois plus. Il revient, reste, repart. Mais, lorsque Sacha a fait plus ample connaissance avec la famille, il s’en va encore plus longtemps, encore plus souvent. On respecte son choix, il envoie des photos des automobilistes qu’il a rencontrés, des cartes postales. Il se montre joueur : visite les petits villages du début de l’alphabet (Aast) ou ceux de la fin (Zuytpeene)… ensuite, il s’amuse à passer par les bourgs qui portent un prénom : Suzanne, Margueritte ou encore Paule, les villages qui ont pour toponymes un nom commun : Autruche, Caille, Colonne, … Marie, Agustin et Sacha -qui occupe la maison de plus en plus souvent- se divertissent grâce à lui, guettent les courriers, essayent de deviner où se trouve l’autostoppeur. Et puis, Marie l’attend de moins en moins, s’agace de ses errances. Enfin, ce qu’on pressentait depuis un moment arrive : Sacha et Marie se rapprochent. L’autostoppeur a vent de cette liaison qui, néanmoins, ne l’empêche pas de repartir, encore et encore.

          J’ai été transportée par l’esprit du livre qui se veut éloge de la liberté, du voyage, du nomadisme. L’autostoppeur vit son rêve, tend vers un absolu qui l’amène à rencontrer tous les jours des inconnus qu’il ne reverra plus, qui l’emmène dans divers endroits plus ou moins reculés de France. Il y a un côté léger et presque puéril à ses flâneries qui n’ont finalement aucun sens et c’est justement ce qui rend les aventures belles et émouvantes. Mais on pourrait aussi lui reprocher d’abandonner sa famille, ce qu’il finit par faire même si chaque membre continue à penser à lui. J’ai aimé cette ambiance d’un être à part qui apporte sa touche de beauté, de bonté et d’originalité au monde. Le petit point négatif, c’est que j’ai parfois été ennuyée par les répétitions : il part, on l’attend, on se demande où il se trouve, il revient, les retrouvailles sont joyeuses, il s’en va à nouveau… Et puis, la terre-à-terre que je suis (parfois) se demande comment c’est possible de financer toutes ses nuitées à l’extérieur de chez lui sans vraiment travailler (ou alors aurais-je loupé l’info ?) Et il ne rencontre que des gens très sympas qui se laissent prendre en photo, acceptent de donner leurs coordonnées ; mon monde est un peu plus rustre et farouche ! Bref, un livre qui m’a fait réfléchir tout de même, que j’ai aimé lire et dont je me souviendrai sans doute un bon bout de temps. Et un roman qui donnerait presque envie de faire du stop (j’en faisais ado avec une copine, maintenant je trouve ça dingue) !

« Tu te dis que je suis fou […]. Moi je trouve que je suis fou. Je ne comprends pas comment je peux me laisser bouffer par pareilles âneries. Je crois que si j’aimais moins Marie et Agustin ce serait plus simple. Je e sentirais moins prisonnier. Je ne serais pas lié comme je suis. D’une certaine façon c’est ça qui me pèse : les aimera tant. Être à ce point ce père aimant. »

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14 décembre 2019 6 14 /12 /décembre /2019 19:00

Résultat de recherche d'images pour "lafon Les gens heureux lisent et boivent du café d’Agnès Martin-Lugand, Véronique Grisseaux & Cécile Bidault""

           Le roman, à sa parution, a connu un gros succès. Il a suffi -à l’époque- que je lise la quatrième de couverture pour que je sache que ce n’était pas pour moi. Finalement, le support BD m’a tentée.

           Diane, un an auparavant, a perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture. Depuis, elle passe son temps à boire et à fumer, vautrée sur le canapé. Félix, son meilleur ami, la pousse à prendre l’air. Pour qu’il lui fiche la paix, elle part s’installer dans un cottage irlandais où la solitude devrait lui convenir. Mais le couple de propriétaires la sociabilise un peu et leur neveu, Edward, la fait surtout sortir de ses gonds. En effet, le type est odieux et rustre, il ne veut pas voir la jeune femme dans les parages et le dit tout haut. Pourtant, il sera amené à lui sauver deux fois la vie, bien malgré lui. Evidemment, Edward n’est pas si monstrueux qu’il n’y paraît, c’est juste qu’il cache un lourd secret. Et évidemment, les deux incompatibles vont finir par se rapprocher.

           Heureusement que je n’ai pas lu le roman qui n’est pas du tout mon genre (je l’avais bien deviné) ! Alors que le début de l’album m’allait bien, un gros drame dont on essaye de sortir, ok, avec des images douces et pastel assez agréables. J’aimais bien me plonger dans cette histoire de reconstruction en Irlande. Mais la dimension feel good avec le retournement de situation complètement renversant (cet Edward qui devient un ange en deux temps trois mouvements alors que c’était un sombre connard) m’a agacée. La possibilité que Diane puisse être amoureuse un an après avoir perdu son mari ne me paraît pas crédible non plus. Pas grand-chose d’autre à dire.

           Question : pourquoi certaines BD qui sont des adaptations de roman font figurer en très gros le nom du romancier (comme ici) et pour d’autres, c’est le nom du dessinateur qui domine au détriment de celui de l’auteur initial ? Z’avez une réponse ?

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