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3 août 2019 6 03 /08 /août /2019 21:02

Résultat de recherche d'images pour "Cassandra Darke de Posy Simmonds bedetheque"

           Cassandra Drake a 71 ans, elle est marchande d’art à Londres. En 2017, ses escroqueries sont révélées au grand jour : elle vendait des copies de sculptures. De remords, de scrupules, elle n’en a pas parce qu’elle a tendance à se montrer coriace, mauvaise, aigrie et malpolie. Elle héberge un moment Nicki, la fille de son ex-mari, dans la cave, en échange de milliers de services. Mais de cette relation de maîtresse à esclave naîtront les problèmes à venir pour Cassandra. Un revolver et un gant retrouvés, ne enquête policière, la confrontation des classes sociales, une peinture de l'Angleterre actuelle, … le rythme va s’accélérer pour parvenir à un retournement de situation final.

          Avec Posy Simmonds, on en a toujours pour son argent, c’est encore une fois un roman graphique dense, riche et captivant. Que ce soit pour ce personnage féminin obèse et sans gêne ou pour ce contexte posé avec justesse et lucidité, on ne peut qu’applaudir les prouesses de l’autrice dont le texte comme le dessin sont réussis. J’ai un peu été déçue par la fin mais ça n’enlève de pas grand-chose au charme général - so british.

Gemma Bovery.

Elle assiste à l’enterrement de son ex-mari, Freddie, que lui avait piqué sa sœur et « sainte » Margot : « L’église est surchauffée. Il y a une odeur de renfermé, poussière et manteaux étuvés. Et les voilà, les reliques du passé de Freddie. Plus un recteur, un chanoine, un chœur et un organiste. Merci Margot. Freddie aurait été horrifié. C’était un païen, un blasphémateur talentueux, un puits de blagues salaces. »

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31 juillet 2019 3 31 /07 /juillet /2019 10:02

Résultat de recherche d'images pour "les fille seule dans le vestiaire kemoun"

           Je lis de plus en plus de romans jeunesse sans en parler forcément ici. Je prépare un projet théâtre sur le thème de la sexualité des ados, le harcèlement, la différence (ce n’est pas encore clairement défini), j’engrange donc pas mal de lectures sur ce thème.

          Marion est une ado plutôt bonne élève qui se fait harceler par le beau Enzo. Elle ne se laisse pas faire et sait répondre, même par des coups. Pourtant, ce jour-là, après une énième altercation, son carnet intime disparaît. Elle y note ses pensées, le manque de son père parti en Argentine, les frasques de son petit frère Barnabé, les trente-six petits copains de sa mère, des notes de musique, des poèmes et des chansons. Quand elle réclame son carnet à Enzo, il se fait plus doux que jamais. Oui, il a lu ce qu’il contenait, il a été touché, il s’en veut de s’être comporté ainsi… Marion tombe sous le charme de celui qu’elle voit différemment. Elle se laisse embrasser et tripoter mais ne se doute pas du piège qui se trame : les copains d’Enzo filment la scène et la mettent sur YouTube. Pour Marion, c’est la dégringolade, non seulement, elle n’a pas récupéré son précieux carnet mais le collège au complet semble avoir visionné la vidéo et elle passe pour une fille facile. Désespérée, plus seule que jamais, elle se venge d’une bien cruelle manière avant de le regretter amèrement.

           Quand la victime devient bourreau à son tour… le harcèlement se transforme vite en cercle vicieux. On comprend bien ici la difficulté de Marion à dénoncer les copains cameramen, trop honteuse de s’être laissé piéger. Mention spéciale au petit frère Barnabé qui, depuis le départ lâche de son père, note tous les hommes qui passent près de sa mère, avec une lucidité et un humour appréciables. La lecture est facile et agréable et je me rends compte que le thème de la vengeance semble récurrent chez l’auteur puisqu’il en parlait déjà dans Blues en noir.

« Je pleurais. Je n’arrivais même pas à me sentir soulagée de ce que je venais d’accomplir, et fière moins encore. Je me sentais sale et amère. Ma rage était toujours là, tenace, comme si elle avait été désormais ma seule véritable amie. Le croyais la dissoudre dans ma vengeance, elle surnageait, maîtresse et encombrante. »

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27 juillet 2019 6 27 /07 /juillet /2019 09:39

Résultat de recherche d'images pour "La fin de la solitude de Benedict Wells poche"

             Liz, Marty et Jules vivent à Munich. Ils ont tous autour de 10-12 ans mais leur vie ordinaire est brisée par la mort de leurs parents, dans un accident de voiture. Placés dans un internat, ils tentent de continuer à vivre, chacun à sa manière. Jules, le narrateur, tombe amoureux d’une Alva qui restera son amie jusqu’aux années fac. La vie va les éloigner puis les réunir à nouveau. Marty est l’intello scientifique pour qui les tocs de vérification sont intégrés à son quotidien. Liz, très belle, joue avec les hommes et prend rapidement la fuite. Ces jeunes adultes vont se rapprocher et se parler, bien plus qu’ils ne le faisaient ados. Alva, meurtrie par la perte d’une sœur, va devenir un personnage central à son tour.

            Ce récit bouleversant aborde aussi bien le thème de l’amour que de la mort, si étroitement liés. Comment grandir sans parents ? Comment vivre avec ce petit morceau de passé heureux détruit à jamais ? J’ai plongé dans cette histoire avec délectation, j’ai souri et pleuré ; elle est arrivée à un moment de ma vie où la question du deuil frappe à la porte sans qu’on veuille la faire entrer. Et pourtant, cette lecture m’a fait du bien. Elle m’a fait penser aux Garçons de l’été de Rebecca Lighieri où le thème de la fratrie adolescente est traité aussi mais je dirais que ce roman-là est largement un cran au-dessus. Je n’en fais pas un coup de cœur pour deux raisons : la première, complètement idiote, c’est que je n’aime pas qu’une lecture me fasse chialer, la deuxième c’est parce qu’il y a eu des accélérations et des sommaires dans le roman qui m’ont dérangée ; en gros, l’histoire aurait mérité un pavé d’au moins 500 pages ! Benedict Wells est un auteur allemand que je ne connaissais pas et qui a déjà été récompensé maintes fois pour son œuvre. Belle découverte.

 

« Pour découvrir son véritable moi, il faut remettre en cause tout ce qu’on a reçu à la naissance. Et même en perdre une partie, car c’est souvent dans la douleur qu’on comprend ce qui nous appartient vraiment… C’est dans les ruptures qu’on apprend à se connaître. »

« La vie n’est pas un jeu sans gagnant ni perdant. Elle ne nous doit rien et les choses arrivent comme ça. Parfois c’est juste et tout a un sens, et parfois tellement injuste qu’on doute de tout. J’ai arraché son masque au destin et, en dessous, je n’ai trouvé que le hasard. »

« La mémoire est un patient jardinier et la minuscule graine que j’ai plantée dans ma tête ce soir-là, à l’internat, s’est épanouie au fil des saisons en un splendide souvenir d’été. »

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23 juillet 2019 2 23 /07 /juillet /2019 11:34

Résultat de recherche d'images pour "Le testament de Dina de Herbjørg Wassmo"

             Fin du XIXème siècle, au nord de la Norvège. La grand-mère Dina a péri dans un incendie en laissant un « testament » des plus sanglants : c’est à sa petite-fille Karna que revient la mission d’avouer à tout le monde que l’aïeule a tué deux hommes au courant de sa vie. Après cette révélation lors de l’enterrement, Karna se réfugie dans un mutisme et une folie qui obligent son médecin de père à la placer dans un asile à Copenhague. C’est Anna, la belle-mère qui va l’accompagner. Elle rencontrera un des médecins qui s’occupe de la jeune malade et tombera amoureuse de lui. Karna guérira-t-elle pour retrouver son Peder en Norvège ?

           Ce fut comme un long accouchement douloureux… J’ai eu un mal fou à entrer dans le livre, il m’a fallu 150 pages pour commencer à l’apprécier. Mais accouchement douloureux ne dit pas bébé affreux et je dois admettre que plus j’avançais, plus je me mettais à m’attacher aux personnages complexes et humains et à trouver très intéressante la manière dont les thèmes sont traités. Féminisme, adultère, tyrannie des apparences, émancipation, fidélité… accompagnent le thème qui m’a paru central : celui de ce trio, la femme, le mari et l’amant. Leurs relations ambiguës et paradoxales (amant et mari s’apprécient sincèrement au bout d’un moment) ont plus fait écho en mois que Karna, ses hallucinations et ses errances. J’ai déjà eu du mal à entrer dans le roman lu précédemment de cette autrice, La véranda aveugle, je finis par me demander si ce style me correspond. Ne vous y trompez pas, c’est un grand roman, avec une plongée directe dans un univers norvégien parfois insolite (on mange du hareng et on boit du schnaps au petit-déjeuner ; on parle à son interlocuteur non pas à la 2ème  personne mais à la 3ème…) ; cette immersion dans la Scandinavie du XIXème siècle est surprenante et certains passages très beaux. Mais bon sang qu’il m’en aura fallu du temps pour venir au bout de ces 558 pages !

« Et ce muscle vital, celui que l’on nomme le coeur dans le langage courant ou les poèmes romantiques, ignora instantanément les signaux habituels envoyés par le cerveau. Résultat : je me suis senti ridicule, non seulement à mes yeux, mais aussi vis-à-vis d’elle. J’avais l’impression absurde qu’elle pouvait entendre mon muscle interne battre la chamade. »

Selon un gynécologue réputé… : « il est dangereux pour les jeunes femmes de trop étudier ou de mener, hors de leur foyer, une vie sociale trop active. Selon lui, les épouses ou les mères qui se surmènent mentalement peuvent contracter de graves maladies de l’appareil génital ou du système nerveux. »

« Être libre, c’est avoir la possibilité de partir. De changer de rôle. Une chance qui était offerte à n’importe quel homme. Tandis que les femmes étaient confinées dans des endroits qu’elles ne semblaient pas choisir. Des pièces dans lesquelles les autres passaient ou venaient parce qu’ils avaient à y faire. Mais dans lesquelles ils ne restaient pas. C’étaient à croire que les femmes étaient une race à part, nées pour être là où on les attendait. Un mal nécessaire. Qui pleurait, saignait. Des êtres exigeants parfois pénibles à supporter mais qu’il fallait protéger. Des êtres versés dans la rêverie et non dans l’action. »

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20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 20:14

Résultat de recherche d'images pour "invasion des imbeciles tiphaine riviere"

Yvonne, sur le point de mourir, à 107 ans, se plaint d’être toujours seule. Elle passe l’arme à gauche et se retrouve dans un univers fantasmagorique peuplé de créatures à gros yeux à mi-chemin entre la mouche et le djinn. On lui pose la question fatidique : « Avez-vous infléchi la trajectoire de l’humanité ? » et Yvonne, maligne, répond qu’il faut d’abord éradiquer un fléau, un contagieux virus… la bêtise ! On la prend au mot, elle doit prouver que sur Terre règne la bêtise qui empêche l’humanité d’avancer. Yvonne choisit son petit village breton pour cible où, invisible, elle pointe du doigt les idiots. Il y a de quoi faire…

J’avais déjà lu Carnets de thèse (que j’avais aimé) de la même autrice et je n’ai pas été déçue. L’histoire appartenant au genre fantastique revêt astucieusement le rôle de fable écologique et ça m’a bien plu. Même si l’idée de devoir s’occuper de notre Terre en priorité absolue n’est pas neuve, j’ai trouvé qu’elle avait été amenée avec délicatesse et poésie.

« quand on rencontre quelqu’un d’ennuyeux ou de méchant… d’intolérant, de vulgaire, d’arrogant ou de vaniteux, de rigide… quelqu’un qui donne des conseils ou qui est brusque… quelqu’un d’ignorant, d’indiscret, quelqu’un qui parle trop, quelqu’un qui ne dit rien… on est un peu irrité. Instinctivement, on sent une gêne, tu vois ? Eh bien, d’après Yvonne, dès que quelqu’un nous énerve, triton ! c’est probablement un con ! »

Résultat de recherche d'images pour "invasion des imbeciles tiphaine riviere"

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16 juillet 2019 2 16 /07 /juillet /2019 14:57

Résultat de recherche d'images pour "mystic river livre rivages noir"

           En 1975, trois garçons, Dave, Jimmy et Sean jouent dans la rue, une voiture s’arrête, deux types qui se font passer pour des flics leur demandent de monter à bord. Seul Dave va accepter. Il ne reviendra que quatre jours plus tard, réchappant à ceux qui étaient ses tortionnaires. De cette courte disparition, on ne saura pas grand-chose, sauf qu’elle aura irrémédiablement changé Dave et le cours de sa vie. Vingt-cinq ans plus tard, on retrouve Dave marié, Sean enquêteur et Jimmy père d’une jeune fille, Katie, qui vient d’être assassinée. Le crime réveille de vieilles tensions et met en émoi tout le Flats, ce quartier paumé de Boston. Lorsque Dave rentre couvert de sang, la même nuit où Katie a été tuée, sa femme craint le pire.

          Alors que j’étais un peu sceptique en entrant dans ce roman, effrayée par le pavé qu’il est (584 pages), mes craintes se sont vite évanouies. Ce roman noir excelle par sa puissance, la fine psychologie de ses personnages, la description de ce quartier sombre et mafieux. Mystic River, ce fleuve, qui sait si bien cacher les secrets, prend une place de plus en plus grande dans la seconde partie du roman, accompagnant des personnages à la fois bons et cruels, saints et diables. L’amitié, la culpabilité, la communauté, la vengeance, l’éducation sont quelques-uns des thèmes qu’on retrouve dans ce quartier qui ressemble à un grand plateau de jeu où chaque pion a sa place bien précise. J’ai vraiment aimé, et le style et l’univers m’ont fait penser à l’excellent Dahlia noir.

          Ensuite j’ai regardé le film de Clint Eastwood… très proche du roman à part que, sans surprise, les dix premières minutes récapitulent sur une bonne centaine de pages du bouquin et que c’est toujours frustrant de se dire qu’on a passé des heures à lire un truc résumé en quelques minutes. Cependant, tant dans les dialogues que pour les personnages et le contexte socio-culturel, la fidélité au roman est remarquable. Sean Penn et Kevin Bacon sont admirables de justesse dans ce film efficace, noir et très bon. Je suis donc très contente d’avoir lu et vu Mystic River !

Résultat de recherche d'images pour "mystic river film"

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12 juillet 2019 5 12 /07 /juillet /2019 11:13

Résultat de recherche d'images pour "Salina de Laurent Gaudé actes sud"

Dans le village des Djimba, un cavalier inconnu arrive en déposant un bébé sur la place. Le bébé hurle, personne n’ose le toucher, le soleil ne le tue pas, les hyènes ne le dévorent pas, le soleil se couche, une femme se décide à adopter cette petite fille venue de nulle part : Salina.

Salina est maintenant une vieille femme qui a marché toute sa vie dans le désert et qui demande à son fils, Malaka, de l’accompagner vers le mont Tadma, la « limite des mondes ». Lorsque ses forces la quittent, Malaka prend sa mère sur son dos et ils avancent, péniblement. Accrochée à son dos, Salina mourra silencieusement. Après avoir accompli minutieusement sa toilette, Malaka emmène sa mère vers un cimetière particulier, accomplissant un rite funéraire aussi étrange que magnifique : un passeur l’emmène en barque avec le cadavre vers une île où un cimetière décidera s’il accueillera ou non le mort. Et sur la mer, d’autres barques rejoignent celle de Malaka et, pour rendre hommage à sa mère, il raconte toute son histoire, toute cette vie faite de malheurs, d’amours perdues, de trahisons et surtout d’exils.

Je boudais cet auteur pour des raisons mal fondées et je suis de plus en plus admiratrice de son écriture. Ici, en quelques pages, il nous plonge dans un univers dépaysant, nous touche directement au cœur en quelques mots. Chapeau ! Cette relation mère-fils m’a complètement subjuguée parce qu’elle résonne avec mon histoire avec mon père sans doute aussi. Entre fable, tragédie et épopée, le texte sonne, ébranle, crie et apaise parfois aussi. A la fois très violent et sublime, le roman est imprégné de ce désert hostile, de cette aridité et cette chaleur sèche, tout en répandant une poésie puissante, tout en transmettant une belle force viscérale et universelle. Un très très beau roman – coup de cœur pour moi !

Malaka qui porte sa mère : « Il se concentre pour continuer à avancer sans accroc ni chute. Le vent souffle plus fort, soulevant la neige qui borde le chemin, les entourant d’un tourbillon qui leur fouette le visage. Jamais deux corps n’ont été plus serrés l’un contre l’autre. Jamais deux corps n’ont été plus proches. Ses pas sont lents. Tout craque et hurle. Ils sont emmitouflés dans des peaux de bête qui se sont raidies sous la morsure du givre. »

Je ne veux pas tout dévoiler mais une femme tend à Salina son bébé pour que de très vieilles tensions entre deux clans s’apaisent enfin ; Salina accepte : « Pardonne-moi. Je prends la vie que tu m’offres. Je veillerai sur ton fils – car toujours, il sera ton fils, Alika. Lorsqu’il grandira, ce sont tes traits que je verrai apparaître sur son visage et ce sera bien. J’aurai alors sous les yeux le visage de ta sagesse. Va, Alika, ce que tu fais, aucune mère, jamais, ne l’a fait. Je vais vivre, je te le jure. »

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8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 15:13

Résultat de recherche d'images pour "sœurs bernard minier livre audio"

            J’ai volontairement choisi cet auteur que je n’avais jamais lu pour cette découverte en livre audio.

            Deux sœurs, Ambre et Alice, la vingtaine, sont retrouvées mortes, en robes de communiantes, dans une forêt. Leur point commun ? Vouer une passion sans nom à leur auteur de polars préféré : Erik Lang. Le plus troublant, c’est que cette scène des deux communiantes assassinées est issue d’un de ses romans. Les soupçons qui pèsent sur cet écrivain pédant, prétentieux et peu sensible ne suffisent pas à l’accuser. Martin Servaz, un jeune flic qui ne l’aime guère se retrouvera face à lui vingt-cinq ans plus tard dans une nouvelle enquête dans laquelle l’écrivain et sa femme seront intimement liés.

          Dans ce polar plutôt original, j’ai aimé la mise en abyme de l’auteur de romans policiers qui fascine tant certains fans… ce serait intéressant de savoir si Bernard Minier lui-même a rencontré ce problème d’avoir des lecteurs complètement subjugués par l’ensemble de son œuvre. L’enquête qui reprend une génération plus tard avec un flic abîmé par la vie, des protagonistes qui ont évolué, nourrit également la densité de ce roman. On pense avoir tout compris quand on découvre qu’on s’est fait manipuler. Minier a réussi à me captiver avec ce bon policier et à me donner envie de lire un autre de ses romans.

L’histoire est impeccablement lue par Hugues Martel. (13h d'écoute)

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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 14:33

Résultat de recherche d'images pour "Coquelicots d’Irak de Brigitte Findakly et Lewis Trondheim"

          Dans cette jolie BD, Brigitte Findakly raconte son enfance en Irak suivie de sa venue en France et les quelques allers-retours France-Irak jusqu’aux années 80. Née d’une mère française qui a été ravie de partir vivre en Irak et d’un père dentiste irakien chrétien, la petite Brigitte a grandi à Mossoul. Après quelques vacances parisiennes, il a fallu vivre en France, ce qui a été très difficile mais les quelques voyages à Mossoul ont prouvé que la vie irakienne s’était vraiment dégradée. Ce qui me frappe toujours, c’est la vie d’avant : je ne suis sans doute pas la seule à avoir une image figée d’une vie stricte, sclérosée et extrémiste en Irak, or, ce qui émane de ces planches, c’est une douceur de vivre, une existence assez paisible, une certaine insouciance mêlée aux absurdités des conflits en cours. Pour preuve, la narratrice s’est sentie en danger une seule fois, quand il fallait se réfugier dans les bouches du métro alors que sévissaient des manifestations trop virulentes… à Paris, en juin 68 !

          J’ignorais que Brigitte Findakly était la femme de Lewis Trondheim et je trouve ce projet commun de mettre des mots et des images sur cette enfance irakienne et cet exil français, très touchant. Si morale il devait y avoir, ce serait qu’il y a du bon et du moins bon dans chaque pays. J’ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture agrémentée de photos de famille en noir et blanc et, entre sourires et offuscations, voilà un échantillon de ce que j’ai pu retenir :

  • La mère est abonnée à une revue française féminine. Systématiquement, la tête d’Enrico Macias y été découpée, … parce qu’il est juif.
  • Les enfants s’amusent comme des fous quand le véhicule municipal vient démoustiquer le quartier au D.D.T. : ils batifolent dans le gros nuage !
  • En 1963, la couleur rouge fut totalement proscrite dans les rues et les lieux publics.
  • En Irak, ce sont les hommes qui font les courses.
  • Les médecins soignaient surtout en faisant des piqûres, celui qui se contentait de ne prescrire que des médicaments, était considéré comme un incapable. Et le docteur alignait les malades par 10 et faisait des piqûres à la chaîne… avec la même seringue !
  • La mère n’a jamais pu se faire à certaines coutumes comme la sieste de l’après-midi, se maquiller tous les jours et porter des fourrures en hiver.
  • Résultat de recherche d'images pour "Coquelicots d’Irak de Brigitte Findakly et Lewis Trondheim"
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1 juillet 2019 1 01 /07 /juillet /2019 18:18

Résultat de recherche d'images pour "de si bons amis de joyce maynard rey"

            Helen est une mère divorcée, mal aimée de ses parents, qui a sombré dans l’alcool. Devant son fils Ollie, cinq ans, elle sait se tenir mais le drame surgit un soir où elle est obligée de prendre le volant, ivre, et que la police l’arrête. Elle perd la garde de son fils qu’elle n’a plus le droit de voir que très ponctuellement. Elle arrête complètement l’alcool et vit de petits boulots de photographe mal payés. Un soir de vernissage, elle rencontre Ava, une paraplégique richissime qui la prend sous son aile. Mariée à Swift, un extraverti blagueur et imposant, elle s’occupe d’une fondation de protection des chiens. Le couple adopte en quelque sorte Helen, lui offrant repas somptueux, habits de qualité, mais aussi oreille attentive. Helen finit par venir quotidiennement dans leur grande villa luxueuse, elle leur raconte ses rencontres internet qui tournent court pour la plupart. Pourtant Eliott, un type simple et sincère finit par la conquérir mais, avec son petit boulot de comptable, sa rusticité, il n’appartient pas au même monde que les nouveaux amis de Helen. Lorsqu’elle présente Ollie à Swift, le garçon est tellement comblé d’avoir trouvé un modèle grande gueule et aventurier, qu’elle tourne le dos à Elliott, pensant avoir trouvé une nouvelle famille. On le devine depuis le début, un événement va rompre et cette amitié douteuse, et l’image parfaite de ce couple si uni.

            Première découverte pour moi de cette autrice à succès et quelle belle surprise ! J’ai adoré du début à la fin ce roman palpitant et captivant, d’un suspense implacable, d’une tension psychologique qui nous permet de couper complètement de notre vie. Sans tomber dans la tentation du cliché, l’autrice a imaginé une rencontre entre un être vulnérable qui n’a jamais vraiment été aimé et un couple idéal vivant dans un Eldorado. Qui n’aurait pas succombé ? De réflexions sur l’amitié au vrai sens de la vie (baby), le roman est surtout exceptionnellement distrayant. J’ai hâte de lire d’autres romans de Joyce Maynard qui a connu une relation aussi brève que cataclysmique avec J.D. Salinger (elle 18 ans, lui 53), le saviez-vous ?

Je n’ai même pas de citation à vous proposer tellement j’ai dévoré ce roman à toute allure !

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