
En panne de lecture, je suis allée piocher dans la réserve de mon collège… et j’ai choisi un livre dont je connaissais l’histoire (je me demandais même si je ne l’avais pas déjà lue…)
Michaël, à 15 ans, tombe amoureux du corps nu d’une femme de vingt ans son aîné, entraperçu par hasard, par une porte entrouverte. Hanna, saisissant l’attirance qu’elle provoque, fait du lycéen son amant. Michaël va la retrouver tous les jours et connaît ses premières joies sexuelles. Poinçonneuse de tramway, Hanna lui demande de lui lire des romans. A haute voix. Au bout de quelques mois de liaison intense, Hanna disparaît mystérieusement. Sept ans plus tard, Michaël la retrouve dans un tribunal, après la Seconde guerre mondiale. Hanna, alors SS, a œuvré aux côtés des nazis, contribuant à faire périr des femmes enfermées dans une église en feu. Michaël suit attentivement le procès qui va mener la jeune femme en prison à perpétuité. Michaël, se souvenant des bons moments du passé et toujours perplexe face à cette condamnation, va envoyer des cassettes à Hanna où il va lire et encore lire, rien que pour elle.
Je suis passée par différents stades : lorsque Michaël apprend le passé de criminelle d’Hanna, il semble froid et indifférent. Il assiste à toutes les séances d’audience mais semble ne rien éprouver. Cette « anesthésie » qu’il évoque m’a profondément dérangée mais je l’ai comprise en regard de la suite et de la fin du livre. Ce premier amour, sans doute renforcé par d’insolites retrouvailles, va marquer la vie entière de Michaël, le chambouler à tout jamais. Le roman tire sa force dans cette ambiguïté, cette question délicate, aimer un être vil plus que les actions criminelles qu’il a pu commettre. Ou la courte distance entre répulsion et attirance… J’ai beaucoup aimé la fin du roman et le style de manière générale, tout en retenue et en pudeur, qui en dit bien plus que de de longs discours. Evidemment, je n’ai pas vu l’adaptation cinéma du réalisateur Stephen Daldry mais j’en ai bien envie, maintenant !
J’ai toujours eu une dizaine de billets d’avance, programmés ; il m’est arrivé d’en avoir 20 … Et pour la première fois depuis l’existence de ce blog (10 ans, anniversaire que j’ai zappé allègrement aussi !), je suis à flux tendu. Vous aurez remarqué que je passe moins vous lire aussi, veuillez m’en excuser. Heureusement que l’appétence de la lecture revient doucettement…
« C’est que je lui faisais la lecture. Le lendemain de notre conversation, Hanna avait voulu savoir ce que j’apprenais au lycée. Je lui parlai des poèmes homériques, des discours de Cicéron, et de l’histoire d’Hemingway sur le vieil homme et son combat avec le poisson et avec la mer. Elle voulut entendre à quoi ressemblaient le grec et le latin, et je lus à haute voix des passages de l'Odyssée et des Catilinaires.»














