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17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 12:50

 

           Tora, entre enfance et adolescence, vit avec sa mère Ingrid qui ne lui montre que peu d’affection et son beau-père Henrik qui sera pour elle son « péril ». Les trois occupent une partie d’une grande maison qu’abritait « en grand nombre vermines humains et détritus. » En Norvège, dans ce petit village côtier, les hommes vivent de la pêche, le monde est cruel et le quotidien âpre et souvent hostile. Tora prend l’habitude de monter au grenier, là où personne ne la voit pour s’inventer des rêves et une autre vie. Elle ne comprend pas pourquoi elle est rejetée et traitée de « fille de Boche. » Sa tante, porteuse de vérité, lui révèle qu’elle est la fille d’un soldat allemand que sa mère a aimé pendant la guerre. Et cette même tante Rakel se révolte du mutisme de sa sœur : « C’est quand même toi sa mère. C’est à toi de lui expliquer que, dans cette affaire, on s’est tous battus côte à côte et qu’elle n’a pas à avoir honte de celui qui aurait été son père si tout s’était bien passé ! Que le bon Dieu, les hommes et le diable fassent la guerre et autres choses du même genre, ce n’est pas à nous les femmes d’en avoir honte. Ce n’est pas à nous de courber la tête. C’est à nous de voir au-delà des mensonges et des silences, de veiller à nous soutenir mutuellement. » Mais Ingrid se mure dans un silence qui l’enferme dans un monde où elle ne voit pas tout le mal que fait Henrik à sa fille. L’école sauve Tora du gouffre mais aussi l’arrivée d’un garçon laid et sourd-muet, Frits.

 

           A l’image de cette histoire, ce roman d’apprentissage donne un coup de fouet cinglant et glacial, la petite Tora grandira dans des conditions rudes et inacceptables. J’ai eu du mal à entrer dans ce texte qui m’a demandé plus de concentration qu’un autre. Rugueux et sans concession, comme la terre qu’il représente, il est aussi capable d’une grande subtilité quant à la psychologie des personnages. De nombreux passages sont à surligner pour leur puissance et leur justesse. Le roman fait partie d’une trilogie, La Trilogie de Tora ; j’ai jeté un coup d’œil dans le tome 2 et rien que de savoir qu’Henrik fait son grand retour m’a glacée (on avait réussi à s’en débarrasser à la fin du 1er tome). Je ne sais pas si je lirai la suite un jour mais il ne fait aucun doute que Herbjørg Wassmo possède un grand talent pour brosser des portraits féminins (elles sont si fortes par rapport aux hommes dans ce roman !) mais aussi dévoiler un morceau de Norvège. Oui, je lirai sans doute un autre de ses livres.

 

 

Première apparition de  Frits : « A l’évidence, sa mère avait manifesté plus de goût en l’habillant que le Seigneur en le créant. »

« Elle était un escargot en plein milieu de la route. Il fallait seulement espérer qu’aucune voiture n’arriverait. »

« Ça devait quand même être bien d’être dans la situation de Frits. D’avoir un malheur qui porte un nom. Un nom qui vous permette de suivre votre propre route et qui donne aux gens envie de vous revoir lorsque vous n’êtes pas là. »

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commentaires

E
J'ai lu et beaucoup aimé Cent ans de l'auteure, j'ai ensuite essayé autre chose mais beaucoup moins accroché.
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M
Ah ! l'histoire de Tora ! quel choc ! J'ai lu l'ensemble (et presque tout l’œuvre de la dame de Norvège à laquelle je voue une admiration presque sans borne...). Mais il faut lire la suite Violette, c'est vraiment bien !
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V
oui? rahhh tu me fais douter maintenant!
M
J'aime beaucoup les romans d'apprentissage alors pourquoi pas?
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I
Je confirme les commentaires de Kathel et d'Athalie : Le livre de Dina est très bien, c'est une trilogie mais chaque volume est très court, avec aussi l'âpreté et une héroïne inoubliable, à la fois rude et sensible..
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V
ok ok je suis convaincue, je tenterai!
L
je ne le lirai sans doute pas , mon petit cœur sensible ne résistera pas à la dureté de la Norvège
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V
oh je peux te comprendre!
K
Oh oui cette auteure a un grand talent, je n'ai lu que Cent ans mais ce roman m'avait marquée !
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V
je lirai d'autres livres, alors!
M
J'ai beaucoup vu cet auteur sur les blogs mais pas encore lu. A chaque fois, la beauté des portraits est soulignée. Je note. Ca me fera une découverte supplémentaire dans le cadre de mon challenge nordique
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V
même si je n'ai pas été totalement emballée, je peux te dire que l'ambiance toute particulière de ce livre me marquera.
M
Il m'avait forte impression ce bouquin, c'est celui avec lequel j'ai decouvert l'auteure. Puissant !
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V
oui, je suis d'accord même si je ne partage pas complètement ton enthousiasme.
A
Tu liras un autre de ses livres, mais pas la suite, donc.
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V
c'est ça. Le livre de Dina, sans doute, il m'a été recommandé plusieurs fois.
K
Je n'ai pas lu ce roman, mais je peux te recommander Le livre de Dina ou Cent ans, que j'ai beaucoup aimés.
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V
ah oui, je note, merci, cette saga ne me convient que moyennement!
A
Moins exigeante peut-être, mais encore plus passionnante, avec plein de Norvège et un personnage féminin à couper le souffle, il y a le Livre de Dina, de la même auteure, qui est aussi une trilogie, d'ailleurs.
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V
je note, merci beaucoup !
M
Je ne connais pas du tout cet auteur et je le note car si je le croise en médiathèque je jetterai un oeil sur ses autres romans, juste pour voir...de là à m'engager dans une trilogie, j'hésite...Merci d'en parler
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V
c'était une 1ère découverte aussi, pas un coup de cœur mais un univers intéressant et une envie de lire autre chose de Wassmo.
E
je n'ai encore rien lu de l'auteur, j'ai "Ces instants-là" dans ma PAL depuis quelques temps déjà...<br /> c'est le côté saga aussi qui me freine car j'ai du mal à ne pas terminer une histoire même si elle me plaît peu :-)
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V
oui, j'aime aussi terminer ce que j'ai commencé mais cette saga ne me tente pas et il y a tant à lire...
L
Je ne connaissais pas du tout ce roman ! Merci pour ton éclairant retour de lecture :)
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