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13 septembre 2019 5 13 /09 /septembre /2019 07:36

Résultat de recherche d'images pour "La Voyageuse de Karla Suarez"

             Après Zoé Valdès, je poursuis ma découverte des écrivains cubains avec une autrice, encore une fois, qui elle aussi a quitté Cuba pour vivre en Europe.

             Lucía et Circé sont amies. Cubaines, elles ont décidé toutes deux de quitter leur île pour vivre à São Paulo. Lucía, après une formation de photographe, va rapidement rencontrer un Italien qui va l’emmener l’épouser à Rome ; Circé, elle, va continuer à découvrir le monde, à la recherche de « sa ville ». Sept ans plus tard, les deux femmes se retrouvent à Rome et Lucía a la surprise de voir débarquer son amie avec un petit garçon de quatre ans, son fils, nommé Ulysse. Circé, plutôt que de se lancer dans de longs discours explicatifs, donne à son amie son carnet de bord, un journal intime qu’elle a commencé à São Paulo. Le roman se partage donc entre le présent, cette cohabitation romaine entre Circé, Ulysse, Lucía et Bruno, le mari de Lucía ; et le passé, les pérégrinations de Circé à São Paulo, Mexico, Madrid et Paris.

              Je vais tenter d’expliquer pourquoi j’ai tellement tellement aimé ce roman. D’une part, l’amitié entre les deux femmes m’a fait penser à celle de L’Amie prodigieuse car ici aussi, l’une des deux paraît plus forte, plus désinvolte, plus courageuse que l’autre et Circé pourrait être comparée à la volcanique Lila. Ensuite, la personnalité de cette Circé, amoureuse de la vie, du monde, du mouvement, très ouverte, à l’écoute de son corps… m’a fascinée ! Elle raconte sa grossesse et la rencontre avec son petit homme de manière si positive, si joviale, que c’est un bonheur de la lire. Enfin, dernier point et non des moindres, et le livre porte bien son titre, les voyages et découvertes de villes latines sont absolument passionnants.

Alors certes, ce n’est pas un livre sur Cuba, même si l’autrice nous fait tout de même part de cette légère hostilité des Cubains vis-à-vis de leur île (beaucoup plus marquée dans La douleur du dollar !) mais j’ai découvert une plume, une vision de la vie et du monde, une passion pour le voyage qui me plaît beaucoup beaucoup ! On n’est pas loin du coup de cœur.

 

« Ecrire comme si l’âme s’était absentée, tentative de fuite sans retour. Comme si c’était la seule chose à faire, expiation de la peine. Ecrire comme si les os tombaient en poussière ; petites particules qui se dissiperaient en changeant d’état. Et le seul moyen de retenir le temps, le seul moyen tolérable de contenir le retour à la poussière, ce serait l’écriture. »

« Emprunter une autre peau. Se métamorphoser. Rester caché, laisser les fantômes apparaître et attendre le chaos. Nous sommes le grand zoo et nos fauves se contorsionnent, se démènent pour se manifester. Je découvre un tigre, une colombe, le serpent venimeux, la fourmi, ils sont tous en moi et je n’ai qu’une seule chose à faire : contrôler la sortie. Je suis le gardien de mon zoo et si je dors, je ne pourrai pas justifier les changements de saisons, mes états d’âme, les revirements de la boussole. »

Jeune mère au bout du rouleau : « le processus de création de l’homme exige l’extinction progressive de la mère »

Circé à son fils de quatre ans : « Le temps, Uly, c’est comme le pipi, si tu ne fais pas les choses quand c’est le moment, alors elles s’échappent. »

 

 

 

 

 

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commentaires

T
Oh ba punaise j'aurais pas du tout eu envie de le lire si je n'avais pas lu ton avis, tu m'as convaincue!! Lu cet été?
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J
Pas loin du coup de coeur, ça donne envie d'y regarder de plus près !
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M
Je ne pense pas avoir lu d'auteurs cubains... Pas loin du coup de coeur ? Je note évidemment :-)
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V
j'aimerais vraiment lire d'autres avis sur ce roman!
A
Karla Suarez est sur ma LAL depuis... pfiou... je ne compte plus. Tu viens de me motiver à sauter le pas ! Ton enthousiasme avec ce roman est irrésistible mais je vais revérifier ce que j'avais déjà noté sur ma vieille LAL (si je la retrouve). Faisons les choses dans l'ordre !
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V
Merci :) N'hésite pas à me donner d'autres titres de cette romancière que j'ai hâte de découvrir davantage.
K
Coup de coeur finalement ! Rien que ça ! Je le note donc.
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V
le livre m'a complètement emportée et c'est peut-être tout personnel!?...
D
Oh alors si ça t'as fait penser à l'amie prodigieuse, il faut absolument que je le lise!<br /> Daphné
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V
je trouve qu'il y a des similarités dans le rapport entre les deux filles.
D
Bonsoir Violette, le seul écrivain cubain que je connaisse, c'est Leonardo Padura. Donc, je note le nom de cette femme écrivain. Merci du conseil. Bonne soirée.
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V
Padura aussi je l'ai lu et avec un grand plaisir. Bon week-end à toi !
E
j'en avais déjà lu un d'elle, autour de la Havane je crois, je note celui là!
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V
avec un peu de recul, j'hésiterais encore moins à l'estampiller COUP DE COEUR !
M
Je n'ai encore rien lu d'elle et ce serait l'occasion pour moi de la découvrir. Merci pour ta chronique
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V
J'ai adoré cette finesse toute féminine, cette exploration du monde…
E
pourquoi pas? Je ne l'avais pas remarqué (ni le titre ni l'auteure j'avoue)
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V
moi non plus… avant d'aller à Cuba ;)
A
Un "presque" coup de coeur dont les personnages me tentent.
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V
après quelques jours de réflexion et de maturation, je le note COUP DE COEUR … si ça peut faire pencher la balance!?
M
Une belle amitié jalonnée de parcours différents à découvrir, de quoi passer un beau moment !
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V
oh oui, c'était formidable, vraiment !

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