Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
6 mars 2021 6 06 /03 /mars /2021 17:30

Afficher l’image source

Un homme revient dans son village des Pouilles. Luciano Mascalzone a passé quinze ans en prison mais il revient pour conquérir la femme qu’il aime. Sauf que celle à qui il croyait faire l’amour n’est pas la bonne personne… De cette union va naître Rocco, un petit délinquant orphelin devenu riche qui sera à l’origine de la grande lignée des Scorta, ces hommes et femmes partis de rien, décidés à lutter pour survivre et, malgré les aléas de la vie, à atteindre le bonheur. Entre deux chapitres narratifs, Carmela, la fille de Rocco, prête sa voix à l’histoire, et on l’imagine bien, conteuse à la peau fripée, aux paroles emplies de sagesse.

Quel beau roman ! J’ai tout de suite été émerveillée par cet incipit digne d’un western à l’italienne, ce cavalier qui surgit dans un village où les habitants sont terrés chez eux à cause du soleil de plomb, sa vie mise à prix s’il se fait surprendre… c’est sublime. Cette saga familiale nous emmène, à travers plusieurs décennies dans un microcosme italien souvent caniculaire, parfois meurtrier, toujours rayonnant d’une force communicatrice. Il y a quelque chose, chez Gaudé, qui s’approche délicieusement de la perfection. Tout semble millimétré et les éléments s’imbriquent les uns aux autres en une harmonie admirable. Un roman à classer parmi les Indispensables. Un roman à relire. Un prix Goncourt 2004 bien mérité.

Mis à part Ouragan, j’ai finalement aimé toutes mes lectures de ce romancier.

Ô bel incipit : « La chaleur du soleil semblait fendre la terre. Pas un souffle de vent ne faisait frémir les oliviers. Tout était immobile. Le parfum des collines s’était évanoui. La pierre gémissait de chaleur. Le mois d’août pesait sur le massif du Gargano avec l’assurance d’un seigneur. Il était impossible de croire qu’en ces terres, un jour, il avait pu pleuvoir. »

Une phrase, parfois, se suffit à elle-même : « Les heures passèrent ainsi, dans une fournaise qui abolissait les couleurs. »

« Il faut profiter de la sueur. C’est ce que je dis, moi. Car ce sont les plus beaux moments de la vie. Quand tu te bats pour quelque chose, quand tu travailles jour et nuit comme un damné et que tu n’as plus le temps de voir ta femme et tes enfants, quant tu sues pour construire ce que tu désires, tu vis les plus beaux moments de ta vie. »

Partager cet article
Repost0
28 février 2021 7 28 /02 /février /2021 10:57

https://actualitte.com/uploads/images/Serge-Joncour-Nature-humaine-c768268e-1ad2-42fd-88c8-2f462e85cb93.jpg

            En juillet 1976, après la dernière récolte de safran… Alexandre vit dans une ferme isolée dans une vallée du Lot, avec ses parents et ses trois sœurs. Alors que les filles projettent très tôt de rejoindre la ville, Alexandre a décidé de reprendre la ferme des parents. L’engouement pour Mammouth et la société de consommation ont démarré et on installe des lignes téléphoniques même dans les endroits les plus reculés. Les années passent, les filles s’émancipent en rejoignant les grandes villes, Alexandre reste à la ferme mais rencontre la jolie Constanze, une Allemande qui s’émerveille de

Tellement conquise par la lecture de Chien-loup, je me réjouissais d’entrer encore une fois dans l’univers de Joncour. La lecture a été très agréable, cette plongée en arrière, pour un lecteur qui a vécu ces années 80 puis 90 a été empreinte de douceur et de nostalgie même si on ne peut que cerner les méfaits et les erreurs de cette période (Joncour ne fait pas une ode au passé non plus). Tchernobyl, l’Erika, la vache folle, le mur de Berlin, tout y passe. Cette chronique d’une longue période allant de la canicule de 1976 à la tempête de décembre 1999, vue depuis le monde paysan, rend les protagonistes attachants et l’endroit lui-même, personnage à part entière, est doté d’un charme fou. Je n’ai pas ressenti le même emballement que pour Chien-loup mais j’ai quitté endroit et personnages à regret. L’écriture m’a encore une fois séduite, j’ai aimé retrouver mon « fond de rusticité enfouie » et Serge Joncour est un excellent conteur ; la nature lui va si bien !

(Petite question : Serge Joncour serait-il fâché avec les virgules ?)

« Le progrès, c’est comme une machine, ça nous broie. »

« En pénétrant dans la vieille bicoque, Alexandre se fit immédiatement rattraper par l’odeur, un mélange de paille et de tabac froid, une odeur de terre exaltée par la fraîcheur du sol. Dans le fond cette odeur il l’aimait bien, c’était le parfum d’un antre intemporel, une odeur qui existait depuis des siècles et dont on se débarrassait aujourd’hui en mettant du carrelage partout, on carrelait même les chèvreries, et les ateliers devenaient des laboratoires à fromage. »

Partager cet article
Repost0
25 février 2021 4 25 /02 /février /2021 09:33

La belle amour humaine - Lyonel Trouillot - Babelio

Une jeune femme occidentale, Anaïse, vient en Haïti, retrouver les traces d’un père disparu. C’est Thomas qui la conduit vers Anse-à-Fôleur, un village côtier aux mœurs particulières. Dans un long monologue qui interpelle souvent Anaïse (et, à travers elle, le lecteur) sans la laisser répondre, il évoque le mystérieux incendie qui a ravagé deux maisons jumelles qui ont brûlé « sans bruit, sans compte, sans attirer un seul regard, à ras le sol, dans une parfaite égalité de catastrophe, et ne constituaient plus que deux petits tas de cendres jumelles dont le volume diminuait au fil des heures, le vent prenant sur lui de les disperser dans la mer. » Il y a vingt ans de cela, deux morts étaient à déplorer : celle d’un colonel et celle du grand-père d’Anaïse. Dans une seconde partie, Anaïse prendra à son tour la parole pour céder sa place à un narrateur externe dans un dernier court chapitre.

S’il y a bien une chose qui surprend dès les premières pages, c’est l’écriture ! Belle et envoûtante, elle nous emporte tout de suite en Haïti avec une force incroyable ; c’est bien simple : les deux tiers du livre seraient à recopier. Avec une poésie d’une beauté captivante, l’auteur, amoureux de son île, nous en offre une vision qui écrase toutes nos croyances de misérables Européens ignares. Il explore aussi les méandres de cette rencontre si complexe entre l’autochtone et l’autre, celui venu des ces grandes villes et de ces contrées modernes. Je n’ai qu’un reproche à faire, c’est de privilégier la forme au détriment de l’intrigue. La fin m’a un peu perdue, l’absence de paragraphes n’aidant pas, mais je crois tout de même que j’ai découvert un écrivain qui va devenir précieux et important à mes yeux.

Dernière escale dans ce voyage latino-américain ! Je remercie encore Goran et Inganmic, sans qui je n’aurais pas lu tous ces récits. Le voyage fut beau !

« Le génie des gens bien consiste à passer leur vie à mener une longue guerre contre l’inévitable. Ils meurent lentement, se préservent, se momifient de leur vivant comme une mesure préparatoire pour perdurer dans l’au-delà (…) Dans le lieu-dit d’Anse-à-Fôleur, quand la mort menace un adulte, on lui fait des blagues et on lui chante des chansons gaies, et il rit sans forcer. Et, homme ou femme, on lui offre la possibilité de faire l’amour avec une personne qu’il désirait depuis longtemps.»

« je n’ai touché jusqu’ici que le ciel que je voyais de ma fenêtre. Les seuls humains que je connais sont ceux avec lesquels j’ai grandi. Je cherche d’autres ciels. Pour augmenter ma part de paysages humains. »

« au bout de son voyage elle aura rencontré la superbe, criminelle, naïve, contagieuse et si simple obsession d’un devoir de merveille. »

Partager cet article
Repost0
22 février 2021 1 22 /02 /février /2021 10:42

Résultat de recherche d'images pour "Qui a tué Palomino Molero de Mario Vargas Llosa poche"

Ni prologue, ni préliminaires, le lecteur est placé d’emblée face au cadavre de Palomino Molero : « pendu et embroché sur le vieux caroubier », la scène est un charnier ; l’homme a été torturé et mutilé avant d’être crucifié. Le lieutenant Silva mène l’enquête accompagné du narrateur, le gendarme Silva. Palomino était un chanteur de boléro et un guitariste apprécié. Rapidement, les flics se rendent compte que tout tourne autour de la caserne d’aviateurs dirigée par le colonel Mindreau. Palomino, le métis, aurait-il eu une liaison avec une Blanche, femme d’officier ? fille d’officier ? Le mari ou le père se serait-il vengé ? Le crime reste abject et le colonel envoie balader les enquêteurs. Si le lieutenant Silva se laisse souvent distraire par les formes généreuses d’une tenancière d’un café, si le narrateur a du mal à imposer son avis et ses idées à cause de son manque d’expérience, l’enquête avance quand même, ralentie par les non-dits et la justice péruvienne à deux vitesses.

Persuadée d’avoir déjà lu cet auteur péruvien, je n’en ai pas trouvé trace (peut-être lors des mes cours d’espagnol au lycée ?) Toujours est-il que j’ai beaucoup aimé ce petit roman policier qui ne se contente pas de faire grossir le suspens mais nous emmène aussi dans un Pérou caniculaire, raciste, hypocrite où les « gros bonnets » font leur loi. J’ai aussi apprécié ce gendarme un peu couard et rêveur qui devance, dans sa tête uniquement, les questions de son chef lors des interrogatoires. Entre mer et rues poussiéreuses, ce récit concis parfois drôle, satirique, rend malgré tout les personnages attachants. Excellente découverte que je dois encore au challenge latino-américain d’Inganmic et Goran. 3ème lecture et il devrait même y avoir une petite dernière avant la fin du mois.

Mario Vargas Llosa a eu obtenu le prix Nobel de Littérature en 2010.

 

Le genre de phrases qui suffit à faire mon bonheur : « Dehors le soleil cognait impitoyablement. Il n’était que huit heures et quart, et pourtant il faisait une chaleur de midi. Dans la clarté aveuglante, les choses et les personnes semblaient à tout moment sur le point de se dissoudre. »

« Putains de Blancs, ce qu’ils sont compliqués. »

Partager cet article
Repost0
15 février 2021 1 15 /02 /février /2021 12:29

Résultat de recherche d'images pour "L’anomalie d’Hervé Le Tellier"

 

        Une dizaine de personnages, évoluant dans des univers bien différents : Blake, un tueur professionnel ; Victor, un écrivain dépressif ; Lucie et André un couple mal assorti ; David atteint d’une tumeur cancéreuse et son frère Paul, oncologiste ; Joanna, une brillante avocate noire ; Sophia, une fillette très attachée à sa grenouille ; Slimboy, un chanteur de hip-hop africain ; entre autres… Ces personnages vont se retrouver dans un vol Paris-New York qui va connaître une zone de turbulences absolument insolite par sa violence. Chacun des passagers va vivre un instant incroyable qui aura des répercussions inédites.

        Roman choral proche de la science-fiction, le récit aborde des notions métaphysiques intéressantes. Hervé Le Tellier rend hommage à Italo Calvino, un de mes auteurs préférés et à Jorge Luis Borges dont la nouvelle sur le thème du double fait évidemment écho avec le roman (c’était vraiment drôle pour moi d’avoir découvert le recueil de nouvelles de Borges juste avant !) J’ai lu le livre avec plaisir, avidement, j’ai apprécié la diversité des personnages et ce chamboulement du linéaire, du prévisible, de l’annoncé. J’ai cependant décelé un côté mathématique, carré, un peu fastidieux qui m’a dérangée, une sorte d’études de cas ou comment analyser les différentes réactions possibles dans une situation donnée. C’est pour chipoter ; le roman est bluffant, stimulant et assez innovant pour passionner même ceux qui n’aiment pas lire, je pense. Il réveille les consciences et interroge cette sacro-sainte dichotomie virtuel/réel. Et puis l’humour dont fait preuve l’auteur n’est pas négligeable, je vous en livre un petit assortiment qui vous donnera peut-être envie de prendre ce fameux avion :

« J’ai bien fait de mourir. »

« plus tard, ce sera déjà trop tard. »

« Les turbulences ont cessé et le soleil est revenu dans la cabine. Cette dernière phrase est aussi la définition du Prozac. »

« toujours se méfier des gens qui nous demandent de nous méfier. »

Merci à ma Mimi pour ce prêt !

Partager cet article
Repost0
6 février 2021 6 06 /02 /février /2021 14:58

Afficher l’image source

Ted McKay, 38 ans, s’apprête à se suicider dans son bureau quand on frappe à la porte avec insistance. Il s’agit d’un certain Justin Lynch que Ted ne connaît pas. Etrangement, l’intrus sait que Ted veut se donner la mort mais lui demande deux faveurs avant de passer à l’acte : tuer un criminel non puni par la justice et éliminer un homme suicidaire. Lynch fait partie d’une organisation qui utilise les prétendants au suicide pour accomplir quelques actes importants avant de mourir. Ted accepte sans broncher, va tuer ce fameux Blaine qui avait assassiné sa femme et Wendell, un homme très riche. Des éléments étranges, notamment l’apparition récurrente d’un opossum rose absolument terrifiant ébranle les certitudes de Ted. La même scène se répète, Ted serait-il fou ? Il se rappelle avoir voulu se suicider parce qu’il avait une tumeur au cerveau, mais comment peut-il abandonner sa femme Holly et ses deux fillettes ? Heureusement que le Dr Laura Hill, jeune psy énergique qui donnerait tout pour son patient, est là pour le mettre doucement sur la voie de la vérité. Ted a-t-il réellement une tumeur ? Quel est son passé qui aura maculé à ce point sa vie d’adulte ?

       Mais quel bouquin ! Beaucoup l’ont comparé à Shutter Island, moi j’aime bien le comparer à un Antoine Bello dans un genre encore plus pêchu. Il faut se méfier des premières pages : Ted accepte, sans éprouver ni doute ni remords, de liquider deux types. A ce moment-là, on se dit : eh, si peu d’explications, zéro psychologie ? C’est petit à petit que le lecteur va découvrir toutes les nombreuses clés qui ouvriront des mondes insoupçonnés au départ. Par un effet de poupées russes incroyablement réussi, on se fait manipuler, on se laisse embarquer dans le vaste univers de la psychologie. C’est vertigineusement délicieux et passionnant à la fois ; quand on croit comprendre, tout est à reconstruire au chapitre suivant. Il est impossible de deviner le dénouement et l’ensemble, tellement intelligent, tellement ingénieux, m’a bluffée. Il fait partie des livres qui font trépigner d’impatience tant que la dernière page n’a pas été tournée. J’ai adoré !

Allez : coup de cœur !

Repéré - il y a belle lurette - sur le blog de nezdanslivres (que je remercie)

Partager cet article
Repost0
2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 20:11

L'enfant poisson (La cosmopolite) eBook: Puenzo, Lucia, Plantagenet, Anne:  Amazon.fr

Lala est la fille de Brontë, un écrivain dépressif. Cette famille riche vit à Buenos Aires, dans une grande maison et Lin, surnommée la Guayi, une Paraguayenne de 17 ans, est la bonne à tout à faire dont s’est entichée Lala. Les deux femmes ont d’ailleurs prévu de s’enfuir pour vivre pleinement leur amour. Mais, lorsque Lala découvre que la Guayi est aussi la maîtresse de son père, elle empoisonne Brontë avant de fuir près du lac Ypacarai, là où la Guayi est née. Alors que Lala rencontre son grand-père et découvre le passé de son amante, la Guayi est accusée du meurtre de son patron.

Bon, c’est très particulier comme roman. J’ai bien failli tout abandonner à la vingtième page. Le narrateur, Serafin, est un chien, soit. Le fait qu’il soit omniscient est encore beaucoup plus dérangeant. Mais c’est l’univers un peu psychédélique, presque absurde, qui m’a surtout interloquée. Sans repère véritable ni principe, les deux femmes évoluent dans un monde où drogue et sexe dominent. L’apparition de cet enfant poisson, très brève, confère au roman des allures de conte, un conte déstabilisant où l’amour occupe tout de même une grande place. Un Bonnie & Clyde à la sauce sud-américaine assez glauque. Non, je ne dirais pas que j’ai aimé cette lecture mais elle était originale et dépaysante, c’est sûr.

Avant la tragédie : « Au petit matin, quand elles prenaient leur bain toutes les deux, Lala appuyait son dos contre les seins de la Guayi et l’écoutait parler du lac bleu d’Ypacarai. Comment elle nageait pendant des heures autour du canot de son grand-père, en regardant les maisons des riches tandis que le vieux pêchait. Elles restaient dans l’eau u bain, à faire des plans, jusqu’à ce que leur peau soit toute fripée. Elles achèteraient un bout de terrain au bord du lac. Et la Guayi dessinerait du terrain au bord du lac. »


     Je participe ainsi au challenge latino-américain de Goran et Ingannmic !

Partager cet article
Repost0
27 janvier 2021 3 27 /01 /janvier /2021 11:44

Afficher l’image source

      

       Joanna et Alistair se rendent de l’Angleterre en Australie avec leur bébé de neuf semaines, Noah. Joanna a d’abord été la maîtresse d’Alistair quand il était encore marié à Alexandra. Alexandra a fui l’Angleterre avec leur fille Chloé pour l’Australie. Joanna et Alistair font ce long voyage pour récupérer Chloé. Le vol se passe très mal, Noah passe des heures à pleurer, s’attire les foudres des autres voyageurs alors que Joanna se démène pour le calmer et qu’Alistair passe le plus clair de son temps à dormir paisiblement. A l’atterrissage, le bébé se calme enfin et s’endort. Aéroport, voiture de location, fumées d’incendies… Le couple se rend compte que leur bébé est mort. La raison du décès est au cœur de l’intrigue mais, pour Alistair, il convient de masquer la mort en disparition. C’est ainsi que Noah est déclaré disparu, que Joanna - on le comprend – est en train de devenir cinglée, que Chloé se mêle à cette histoire mais surtout qu’Alistair dévoile son vrai visage de pervers narcissique.

         Excellent page-turner, le livre se dévore en quelques heures. Thriller psychologique qui bénéficie d’un cadre spatial intéressant, l’Australie au moment des incendies, il alterne les narratrices, c’est tantôt Joanna, tantôt Alexandra. Cette lecture est une très bonne occasion de se couper complètement de notre réalité mais j’émets deux bémols, l’un concernant l’écriture sans intérêt, l’autre ce « dénouement époustouflant » (c’est la quatrième de couverture qui le dit…) que j’ai deviné assez rapidement. Je sais déjà à qui je vais prêter le livre qui plaira sans aucun doute. J’aime bien ces thrillers psychologiques de temps en temps, je ne vais pas cracher dans la soupe. Le roman a été adapté en série télé que je n’ai pas vue.

La couverture d'origine est plus réussie que la seconde : 

Afficher l’image source

Partager cet article
Repost0
23 janvier 2021 6 23 /01 /janvier /2021 14:23

 

Afficher l’image source

         Non seulement je n’avais jamais lu ce roman mais c’est une première pour cette romancière aussi !

         A Longbourn, dans un comté au nord de Londres. Les Bennett comptent cinq filles, et hélas ! aucun garçon n’a vu le jour, ce qui signifie aussi que le domaine va revenir à un cousin, Mr Collins, les filles ne pouvant en hériter. L’urgence est de marier ces cinq filles, c’est le plus grand souhait de Mrs Bennett, une femme assez grossière et trop bavarde. L’aînée, Jane, se voit assez rapidement promise au beau Mr Bingley, mais les prémisses de leur union sont remises en question quand Bingley disparaît à Londres sans intention de revenir. Son meilleur ami, Mr Darcy, semble attiré par Elizabeth mais le beau jeune homme se distingue par son orgueil et son apparence froide et vaniteuse ; personne ne l’apprécie vraiment. Des rumeurs sur son passé provoquent même, chez Elizabeth, une profonde antipathie. Lydia, la plus jeune des sœurs, à 15 ans seulement, fuit avec un homme… c’est le scandale, toute la famille risque honte et déshonneur. Charlotte, une amie des sœurs, accepte d’épouser Mr Collins, un homme lourdaud et plutôt imbécile, au plus grand étonnement de la famille (c’est tout de même Elizabeth que Mr Collins voulait d’abord épouser !) Un dénouement des plus heureux va clore cet imbroglio de sentiments et aplanir toutes les tensions.

         Lacune comblée. Qu’en dire maintenant ? L’écriture m’a éblouie, le style est aussi raffiné qu’élégant et cette plongée dans l’Angleterre de la fin du XVIIIème siècle est à la fois fascinante et effrayante. Les bonnes manières côtoient l’hypocrisie et, il faut bien l’admettre, toutes les femmes paraissent être de grandes cruches dans ce roman. Jane Austen parvient à appuyer sur le ridicule de la condition de la femme dans un monde patriarcal où la richesse constitue la valeur ultime. Lorsque Lydia disparaît avec son amoureux, on souffle quand même à la mère qu’il vaudrait mieux pour elle que sa fille soit morte plutôt que de subir un tel affront. Elizabeth pourrait être celle qui surpasse les autres par son intelligence et son « abominable esprit d’indépendance » mais elle commet aussi des erreurs de jugement et lorsque Darcy lui demande quand elle est réellement tombée amoureuse de lui, elle lui répond que c’est surtout quand elle a découvert sa belle demeure et ses vastes jardins… Certains passages sont vraiment drôles : une jeune femme en admiration totale devant un homme écrivant une lettre (son écriture, son vocabulaire, whouah, tout la met en extase !), le personnage de Lady Catherine que vénère tellement Mr Collins et qui sème la tyrannie dans son entourage, cet usage qui veut qu’on ne s’adresse pas à un inconnu sans avoir été, au préalable, présenté par un intermédiaire. Cette satire pointe du doigt les travers d’une société étriquée faite de faux-semblants et c’est assez incroyable de se dire que cette féministe avant l’heure a fait publier ce roman en 1813. Je suis évidemment enchantée d’avoir enfin découvert ce classique !

 

Les cinq sœurs vues par … leur père : « elles n’ont pas grand-chose pour les recommander les unes ni les autres, elles sont sottes et ignorantes comme toutes les jeunes filles. Lizzy, pourtant, a un peu plus d’esprit que ses sœurs. »

« le bonheur en ménage est pure affaire de hasard »

« Pourquoi sommes-nous au monde, sinon pour amuser nos voisins et rire d’eux à notre tour ? »

       J'ai enchaîné avec le film de Joe Wright avec la belle Keira Knightley. Si l'esthétique est irréprochable, les acteurs plutôt bons, j'ai trouvé ça d'un mièvre ! Tant mieux si des jeunes filles en fleurs parviennent à lire Jane Austen grâce au roman mais je pense quand même que l'adaptation ne lui rend pas honneur en le transformant en une bluette qui frise le ridicule. Je n'ai pas trouvé Darcy très crédible (ni très beau mais ça n'est que mon opinion...) et je ne suis pas sûre que la dimension satirique de l'oeuvre soit palpable. 

Pride and Prejudice (2005) | Orgueil et préjugés film, Film romantique, Film  d'amour

Orgueil et préjugés | Joe Wright, 2005 | Cinepsy - Cinéma et psychanalyse

Partager cet article
Repost0
16 janvier 2021 6 16 /01 /janvier /2021 10:22

Afficher l’image source

         Déçue par Animal, je n’étais pas sûre de vouloir lire encore Collette. C’était sans compter l’insistance de deux copains qui m’ont convaincu de découvrir ce roman apocalyptique.

         Corentin n’a pas eu d’enfance heureuse. Né d’une mère qui ne l’aimait pas et voulait se débarrasser de lui, il a trouvé refuge chez une arrière-grand-mère, Augustine, qui a su, petit à petit, le procurer le confort et l’attention dont a besoin un enfant. Si Corentin aime son aïeule et ces forêts où elle vit, le travail de la terre et la nature qui les entoure, il cède à la tentation de la grande ville, y fait des études, fait la fête avec des amis. Une nuit, alors que ses copains et lui se retrouvent dans des catacombes pour se saouler, « la chose » survient. Un immense souffle a balayé toute vie sur Terre, brûlant humains, animaux et végétaux. Il ne reste rien que des carcasses et des squelettes et les rares hommes qui avaient eu la chance (ou la malchance) de se trouver dans une cave ou un sous-sol au moment de la catastrophe. Corentin n’a qu’une idée en tête : retrouver Augustine. Il va voyager seul dans un paysage lunaire où la couleur n’existe plus (la couverture est mensongère - il n'y a plus de ciel bleu), où tout n’est que cendres et désolation ; l’eau est empoisonnée, la pluie est acide et les températures chutent. Le cycle des saisons n’existe plus. C’est accompagné d’un chien aveugle que Corentin parviendra à retrouver Augustine, fonder une famille et vivre des années dans cet enfer.

          Commençons par les aspects positifs : la narration, parfaitement menée, captive d’emblée le lecteur. Le roman se lit vite, dans une urgence de survie. L’engagement de l’autrice est évident, voyez à quel désastre le réchauffement climatique peut aboutir. Les relations entre les personnages m’ont paru très justes et c’est peut-être le plus triste à remarquer : l’amour n’a plus vraiment de place dans un monde apocalyptique. Pourtant, des enfants naîtront et, ne connaissant rien d’autre que le gris et la stérilité, ils parviendront à jouer et à rire, « heureux parce qu’ignorants ». Le dénouement, surprenant, m’a vraiment plu. Pour le côté négatif, eh bien, j’ai eu du mal à lire du noir, du sombre, du sordide de la première à la dernière page. Les étincelles d’espoir et de joie fugaces et vaines ne m’ont pas suffi, la lecture m’a déprimée. Mais elle restera mémorable, sans aucun doute, à la manière de La Route de McCarthy.

Le chef d'oeuvre de Collette reste pour moi Les larmes noires sur la terre.

« La seule couleur était celle du sang. Corentin s’en aperçut en s’écorchant la main à un morceau de bois, un soir qu’il faisait du feu. Cela roula sur sa paume. Cela coula sur ses doigts. Dans son esprit chaviré, cela prit des teintes d’automne flamboyantes, des lueurs de rubis, des incandescences d’un vermillon inouï. Cela refléta le soleil disparu. Il fut émerveillé. »

Les enfants : « Ils inventaient sans rien connaître d’avant, ils partaient de quelque chose de neuf, de ce que leurs esprits vierges pouvaient agréger, supposer, imaginer. C’était à la fois ridicule et superbe. »

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de Violette
  • : Un blog consignant mes lectures diverses, colorées et variées!
  • Contact

à vous !


Mon blog se nourrit de vos commentaires...

Rechercher

Pages