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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 17:49

 

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           Merlin est un dessinateur et auteur de BD même si son véritable gagne-pain consiste à dessiner passéridés, fringillidés et autres oiseaux pour une encyclopédie. Approchant de la soixantaine, il vit avec la jolie et sémillante Prune. Ensemble, ils ont acheté une maison à la campagne – un achat de coup de cœur dans une ancienne demeure où tout est à refaire, où on peut attendre le plombier des semaines et des semaines, mais qui, pourtant, a un charme fou. Une nouvelle vie commence, loin du tumulte parisien, jusqu’au jour où Merlin apprend la douloureuse nouvelle : son ami et ancien voisin, Laurent, est mort. Il perd un excellent copain mais également sa muse : c’est de Laurent que Merlin s’est inspiré pour croquer et faire vivre Jim Oregon, le héros de sa série BD Wild Oregon, un cow-boy téméraire et mutique. Pour en rajouter une couche, Laurent demande dans une dernière lettre à ce que son double, Jim, trouve l’amour, et qu’il le fasse mourir de manière plus héroïque que l’a été sa propre mort. Laurent est déboussolé, il ne sait que faire de ces requêtes qui mettraient un terme à sa série BD.

         Même si les premières pages semblent choisir cette belle maison de campagne un peu décrépite comme personnage principal, il faut bien admettre qu’elle ne constitue plus l’unique centre d’intérêt vers le milieu du roman. Et je dirais même que c’est tant mieux. Merlin est un personnage terriblement attachant et ses héros de BD le sont tout autant. Marie-Sabine Roger a réussi l’exploit de créer deux œuvres en une. Elle nous plonge dans le travail du dessinateur, nous permet de l’accompagner dans ses réflexions, ses doutes, ses pages blanches, ses moments d’enthousiasme et d’excitation. Car Laurent, en formulant ses derniers vœux met la barre haute : Merlin ne peut transformer sa série western en mièvre amourette et il ne veut pas non plus condamner sa série qui lui permet, doucettement, de connaître un joli petit succès.

          Cette lecture enchante, redonne le sourire, pétille de vie sans pourtant être mièvre ni trop sucrée. Elle m’a repêchée après une panne de lecture et deux, trois expériences livresques ratées. Le roman gagne en intensité au fur et à mesure qu’on tourne les pages mais aussi en pureté et en maturité. C’est bon, c’est léger mais pas trop, c’est doux et vif !

 

« Chaque mort d’un ami est une lampe éteinte, qui rend notre chemin un peu plus hasardeux. »

« ce sont les femmes qui font les hommes, du début à la fin de leur vie. De leurs victoires à leurs pertes, de leur pouvoir à leur chute. Toutes celles qui ont coupé dans notre trajectoire, ou qui nous ont accompagnées. Celles qui ont dormi dans nos bras. Celles, qui ont pleuré de notre violence ou qui ont ri de nos maladresses. Celles qui ont consolé nos chagrins, nous ont galvanisés aux veilles des compètes, ont applaudi sur la ligne d’arrivée. Ce sont les femmes qui nous choisissent, en se laissant choisir par nous. Et ce sont elle qui nous laissent. »

« Dans une bonne BD fidèle aux lois du genre, il faut une morale qui fasse rêver les gens. Le brave est éternel. La vérité triomphe. Les truands sont châtiés, les traites confondus, les voleurs démasqués, les criminels punis. Tout l'inverse de la vraie vie. »

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 11:05

 

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             La narratrice part vivre une aventure hors du commun : installée dans un abri moderne, une sorte de cylindre arrimé à une paroi rocheuse d’où elle ne peut descendre qu’en rappel, si j’ai tout bien compris, elle a décidé de vivre en autarcie, de découvrir la nature environnante, de repousser ses limites physiques et d’explorer de nouvelles contrées mentales… Tout va doucement basculer le jour où elle découvre, de très loin, un bout de laine avec un bras dedans. Elle ne serait donc pas la seule présence humaine dans le coin ! L’être rustre, bestial qu’elle va rencontrer a l’apparence d’un moine : un crâne chauve et une bure. Après avoir joué quelque temps au chat et à la souris, les deux êtres vont communiquer, s’apprivoiser mais le jeu qui avait poussé l’héroïne à s’isoler est donc tronqué : elle n’est plus seule…

             Je regrette une chose : ne pas encore être capable d’abandonner une lecture qui me déplaît. Je me réjouissais pour celle-ci, le thème me seyait parfaitement mais dès les premières pages, l’écriture m’a chiffonnée avant de m’agacer pour finir par me gonfler totalement. On ne sait pas pourquoi la narratrice (dont on ne connaît rien !) mène réellement cette aventure, elle a un côté plutôt obséquieux quand elle affirme vouloir fuir les ingrats, les imbéciles, les envieux. Si elle nous livre quelques détails techniques et matériels (la nourriture qu’elle a apportée, les caisses de rhum qu’elle n’a pas oubliées, le potager qu’elle a créé et surtout, surtout, un vocabulaire archi pointu ayant trait à l’alpinisme), on ne sait pas qui elle quitte, quels sont ses moyens de communiquer avec le reste du monde, combien de temps elle reste, où elle est exactement et surtout quels sont ses sentiments, ses espoirs, ses doutes, ses craintes… mon dieu, que c’est froid et impersonnel tout ça ! Quelques questionnements métaphysiques que je n’ai absolument pas compris closent souvent les petits chapitres : « Le menace pourrait-elle être une contrainte forte et la promesse une contrainte douce ? » ou « La promesse est-elle la méthode elle-même ? » ou encore « Je me demande si on peut s’exercer à l’événement. A ce qui arrive, au monde.» ou enfin « A quel jeu pourrait-on jouer avec un idiot ? »

              Bref, un bide total pour ma part. Une lecture- perte de temps. Je ne me lasserai pas de vous recommander le très authentique, pur et vrai Sauvage par nature de Sarah Marquis.

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 21:27

 

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          Aaliya Saleh a 72 ans, elle vit seule dans un appartement miteux à Beyrouth. Mariée à 16 ans à un homme qu’elle détesta tout de suite, elle fut répudiée quatre ans plus tard. C’est dans les livres que notre vieille dame s’épanouit, à travailler dans une librairie, à lire et surtout à traduire les romans de ses auteurs fétiches en cachette. Dans une ville peu fiable et bruyante, à une époque instable et dangereuse, Aaliya nous livre ses pensées et ses souvenirs : une famille détestée, une amie qui lui manque, un ami devenu terroriste, une couleur de cheveux ratés, sa solitude si chérie, sa technique pour se calmer après avoir vu un cadavre, « domaine dans lequel tous les Libanais deviennent experts ».

           Si j’ai aimé cette lecture, cette bonne femme incroyable, ses abondantes références littéraires, cette ville dense, brutale et colorée qui est un personnage à elle tout de seule, je me suis aussi parfois ennuyée. Pour ma défense, j’ai lu le livre comme un roman. Or, je crois vraiment qu’on y gagnerait à y piocher chaque jour une pensée par-ci, quelques réflexions par-là, deux ou trois digressions un autre jour. Car on apprend beaucoup de cette vieille solitaire ermite qui sait sonder le monde de son regard drôle et pénétrant.

 

« Pourquoi aurais-je voulu être stupide comme tout le monde ? Puis-je admettre qu’être différente des gens normaux était ce que je recherchais désespérément ? Je voulais être spéciale. J‘étais déjà différente : grande, pas séduisante, tout ça. Mon  visage aurait eu du mal à lancer un seul canoë. »

« Je peux comprendre Marguerite Duras bien que n'étant pas française et n'ayant jamais été follement amoureuse d'un Asiatique. Je peux vivre dans la peau d’Alice Munro. Mais je ne peux pas comprendre ma propre mère. »

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 15:39

 

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           Après la mort de Mankell, il y a maintenant plus d’un an, j’ai eu du mal à retourner le lire. Là, retrouver mon auteur de polars préféré était devenu un besoin.

          Un policier de 37 ans, Stefan Lindman, est à un tournant de sa vie : il apprend qu’il a un cancer. Au même moment, il découvre qu’un de ses anciens collègues, Herbert Molin, est retrouvé mort dans des circonstances terrifiantes. Parce qu’il faut bien qu’il s’occupe pendant son arrêt maladie, Stefan décide d’aller rejoindre la scène du meurtre, à l’autre bout de la Suède. Bon gré mal gré, les enquêteurs de la province du Härjedalen l’intègrent à l’affaire. En parallèle, comme le lecteur en sait toujours un peu plus que les protagonistes chez Mankell, on suit cet Argentin venu en Suède pour accomplir une vengeance qu’il souhaite depuis la Seconde guerre mondiale. Car Herbert Molin était un nazi qui a soutenu Hitler et a continué à alimenter ses théories.

            Vont entrer en scène : la fille de la victime belle à faire perdre la tête à ses interlocuteurs, un voisin trop curieux qui ne va pas survivre longtemps, la petite amie de Stefan qui ne comprendra pas cet engouement pour une enquête si lointaine et  … des nazis à la pelle !

            Il est bien étrange de lire un policier de Mankell sans que Kurt Wallander soit présent. Pourtant, Stefan est une sorte de fils spirituel : mêmes ronchonnements, même vision sceptique de l’existence. Le style harmonieux de Mankell, son imagination débordante, sa passion pour la précision, pour le détail juste, m’impressionneront toujours. Bien plus qu’un roman policier, le livre réfléchit, s’interroge, respire, sent, vit ! Oui, fan je suis, fan je resterai. Il me reste encore quelques lectures à savourer.

Que va faire Stefan en attendant sa radiothérapie ? « Il avait presque fait le choix de Majorque, quand la pensée de Molin vint le hanter. Soudain, sa décision fut prise. Il n’allait pas se rendre à Majorque. Là-bas, il ne ferait qu’errer sous le soleil en ruminant les événements précédant son départ et ceux qui le guettaient après son retour. Dans le Härjedalen, sa solitude ne serait pas moindre, puisqu’il ne connaissait personne là-bas. Mais au moins son activité serait sans lien avec sa propre personne. »

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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 14:30

 

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          Je n’ai jamais autant attendu un livre, cela fait des mois qu’il m’était réservé à la bibliothèque et à lire les avis dithyrambiques des collègues blogueurs, qu’est-ce que j’avais hâte de le lire… et pourtant…

          L’auteur-narrateur est une femme, Lili, qui n’a pas froid aux yeux. Elle quitte sa Provence pour rejoindre l’Alaska avec une unique idée en tête : pêcher. C’est sur la petite île de Kodiak, pas loin du bout du bout qu’elle fait tout pour apprendre à pêcher, à manier les palangres, à porter les baquets, à travailler les épissures, à couper et vider les poissons, … à faire l’homme dans un milieu d’homme. Pour se faire une place, elle se doit d’être excellente, de vaincre la douleur et la faim.  Elle ne cherche ni le confort ni le calme mais les sensations fortes, dormir à même le sol, se salir, en baver, souffrir. Parmi tous ces marins, un seul sort du lot pour elle : Jude, l’ « homme-lion », ce « grand marin » pour qui elle est capable de faire de petites concessions. Leur amour sera à l’image de la relation de la femme avec la mer : violent, puissant, animal.

          J’ai adoré cet ailleurs incroyable, cette vie à Kodiak, le travail du pêcheur, si admirablement décrits que l’authenticité transpire à travers les mots. C’est assurément une femme incroyable que cette « runaway », cette « bête coureuse des routes ». Si je respecte son choix et son mode de vie, j’ai été étonnée de ne rien apprendre sur les raisons de sa fuite de France, j’ai été perturbée par la dimension sacrificielle (quasi suicidaire !) de son choix, elle veut être l’homme, gomme totalement sa féminité (sauf avec son amoureux, dans la deuxième partie), gagne moins qu’un homme. J’ai été lassée par l’aspect répétitif des sorties en mer, des retours marqués par les beuveries, les sorties, les retours, la peur de ne pas pouvoir embarquer… par les prénoms masculins qui se bousculent, par ce trop-plein dans l’extrême que je n’ai finalement pas tellement compris. L’écriture est, comme la personnalité de Lili, vive, sèche, sans concession. Un roman d’apprentissage à la dure.

 

 A méditer : « Jusqu’à ma mort, je suis invulnérable. »

« Je voulais être avec eux toujours, que l’on ait froid, faim, et sommeil ensemble. Je voulais être un pêcheur. »

« Nous travaillons en pleine lumière. Elle lèche nos pommettes, brûle nos fronts, dessèche nos lèvres. Elle dévore nos visages. Simon chantonne. Jude impassible a le front baissé sur sa palangre. Des phoques sont allongés sur les rochers. »

« J’ai peur des maisons, je lui dis un jour, des murs, des enfants des autres, du bonheur des gens beaux et qui ont de l’argent. »

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 22:30

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          C’est  à Plainview dans l’Indiana qu’on fait la connaissance des trois copines : Clarice la pianiste au mari volage, Odette la boulotte et Barbara Jean, la femme fatale malheureuse. Afro-américaines, la cinquantaine bien tassée, elles arrivent chacune à un stade de leur vie où il devient indispensable de changer le cours des choses. Odette, atteinte d’un cancer, entend les voix de sa mère morte ainsi que celle d’Eleanor Roosevelt portant la guigne ; Clarice décide de quitter son mari et enfin, l’exquise Barbara Jean va comprendre que l’alcool ne va pas l’aider à renouer avec son amour adolescent, Chick.

          Sur fond de problématique raciale - un jeune serveur blanc dans un resto de Noirs choque profondément et nous rappelle que le mariage mixte n’est devenu légal qu’en 1967 - le roman se veut tantôt drôle, tantôt émouvant voire larmoyant (ce que je déteste par-dessus tout). Les personnages évoluent à la manière d’un roman initiatique pour quinqua (eh oui, ça existe !) Même si ce n’est pas mon genre préféré, qu’il y a un saupoudrage de bons sentiments un peu suffocant, j’ai apprécié cette lecture légère, facile et distrayante, surtout dans une période où je croulais sous le boulot. Par contre, qu’on compare ce roman à La Couleur des sentiments, non, il ne m’a, de loin, pas autant passionnée.  

 

Lorsque Chick, un Blanc, et Barbara Jean, une Noire, tombent amoureux : « Barbara Jean en répondit pas car il était évident que Clarice avait raison. Et il n’y avait pas que Desmond Carlson. Des tas de gens à Plainview, noirs ou blancs, auraient préféré voir Chick et Barbara Jean morts plutôt que de les savoir ensemble. C’était ainsi, et on ne pouvait rien y changer. »

Une mère très préoccupée par le poids de sa fille – future mariée – l’envoie chez un hypnotiseur : « Il l’a confortablement installée dans un fauteuil, a allumé des bougies parfumées, lui a chuchoté quelques phrases à l’oreille, et elle est sortie de là terrifiée par les féculents. Maintenant, quand elle voit un croûton dans sa salade, elle s’enfuit en hurlant. »

 

 

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 15:17

 

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-      De Sibérie en Australie 3 ans de marche extrême en solitaire     -

          Sarah Marquis est une aventurière. Dès son plus jeune âge, elle a toujours été proche de la nature, des animaux, à l’écoute du monde qui l’entoure, avec un mot d’ordre : marcher. Après quelques expéditions seule ou à deux, elle décide de traverser l’Asie, à pied, seule, du Nord au Sud en y rajoutant une bonne partie de l’Australie. Six pays sont traversés en trois ans, huit paires de chaussures ont été usées, deux ans de préparation physique, logistique, financière, culturelle ont été nécessaires. Sarah pousse une charrette de 50 kgs et en porte 17 autres sur le dos. Elle a quelques points de ravitaillement mais se débrouille seule la plupart du temps. Son statut de végétarienne ne la freine pas. Elle connaît différentes techniques pour trouver de l’eau.

        Tout commence au nord de la Mongolie. Le pays est âpre, ses habitants ont tous la même expression figée, ils hurlent en parlant et méprisent l’étranger. Les hommes urinent ou se frottent le gras du ventre devant Sarah pour montrer leur domination. L’aventurière lutte contre les obstacles climatiques : l’insolation, le vent, les grêlons qui détruisent sa tente, un « mur rouge de sable », le froid extrême. Elle dort parfois dans des tuyaux d’évacuation avec des chiens errants ou des cadavres d’animaux en décomposition. En Chine, une ethnie panique à sa vue et tente d’incendier son campement afin de la faire fuir ! Sur une terre où une femme seule est considérée comme une prostituée, les petits villageois jettent souvent des pierres à Sarah, la plupart sont mesquins, intolérants, parfois cruels. Au Laos, une forte fièvre la fait délirer, elle s’attache un pied à un arbre pour s’empêcher de sauter dans la rivière proche. En Thaïlande, la marcheuse se réconcilie avec le genre humain qu’elle trouve souriant et bienveillant. C’est à Ayutthaya, au sud du pays, qu’elle peut dire « Je viens de travers l’Asie à pied. » Cela ne lui suffit pas, elle tient à retrouver les paysages australiens qu’elle connaît bien et chérit tant. Sangsues, termites, crocodiles, buffles sauvages, kangourous, serpents, etc. sont les nouveaux compagnons de route de la Suissesse. Elle parvient enfin à « son » petit arbre australien, au sud du pays, fourbue mais complètement heureuse.

 

        Quel exploit ! Quelle femme ! Quelle aventure ! J’ai été scotchée, bluffée, immensément impressionnée par cette histoire que je n’ai pas lâchée du début à la fin. C’est le récit d’une prouesse hors du commun mais aussi une leçon de vie, de courage, de combat. Cette femme est emplie d’espoir et de confiance, elle s’extasie devant un insecte, un coucher de soleil, le bush australien. On a l’impression qu’elle parvient à se détacher de son corps et de ses besoins physiques pour faire communion avec la nature. Les douleurs, la fatigue, la faim, le froid, elle sait les mettre de côté en sachant que ça va passer. Ce texte m’a émue, m’a secouée, je dirais même qu’il m’a changée… Un immense coup de cœur pour une non-fiction, une fois n’est pas coutume. A lire, à prêter, à offrir !

 

 

« L’histoire qui suit est mon histoire. Je la dédie à toutes les femmes de par le monde qui luttent encore pour leur liberté et pour celles qui l’ont obtenue mais qui ne l’utilisent pas. Mettez vos chaussures. On part marcher. »

« A chaque pas, un peu de moi se mêle à La Terre. A chaque pas, la Terre me donne un peu d’elle. Aucun pas n’est vain, tout a un sens. J’ai marché pendant 20 ans et parcouru l’équivalent du tour de la Terre à pied. »

 Après avoir vu un scorpion translucide : « Les jours s’écoulent. J’en apprécie chaque minute. J’aime cet isolement, j’aime la beauté de ce désert. J’ai toujours eu l’impression que la vie ne donne rien dans rien, et que tout a un coût. Je savoure d’autant plus la magie de ces instants. Si maintenant vous arriviez à mon camp, vous me trouveriez avec un sourire de contentement. Vous m’interrogeriez très certainement sur le pourquoi de mon bonheur… Je répondrais alors : Je suis au bon endroit au bon moment, c’est tout. Je le sens, je le sais… » Mon cœur respire avec la terre. »

« Ce n’est pas parce que je ne comprends pas une attitude que je dois la condamner. »

 

Le morning glory (que je ne connaissais absolument pas !) : un long nuage de plus de 1000 kms de long qu’on ne peut apercevoir qu’au nord de l’Australie.

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8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 11:59

 

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          C’est dans les commentaires de mon billet  Le Territoire des Barbares (ma première lecture de l’auteur), que vous étiez nombreux à m’inciter à lire ce petit récit qui est un savant croisement entre autobiographie et biographie de Marie Curie.

          Rosa Montero a perdu son compagnon après des années de bonheur et d’amour, et Marie Curie a perdu son mari, Pierre, après des années de complicités et d’amour. Il n’en fallait pas plus à Rosa Montero pour tisser des liens entre elle et la très célèbre physicienne.

          Marie Curie a souffert du froid et de la faim dans sa Pologne natale. Sa mère, atteinte de la tuberculose ne touchait plus ses enfants de peur de les contaminer, « Marie, encore très petite, ne peut comprendre ça et se sentit rejetée. » Orpheline à 11 ans, elle se découvre vite une passion pour les sciences et rejoindra Parie à 24 ans. Sans fard ni apprêtement, Marie se fait une place, laborieusement, dans ce milieu très masculin de la recherche scientifique, tout en ayant en tête, le sacrifice de sa mère enseignante qui avait suivi son père physicien. « Ne sois pas si féminine. Ou ne le sois pas autant que je l’ai été. Sois un autre type de femme. Sois une Mutante. Cette femelle sans place, ou à la recherche d’une autre Place. » Pierre Curie semble bien être le seul homme, à l’époque, à valoriser les connaissances et les mérites de son épouse. Ils obtiennent le Prix Nobel de Physique en 1903. Le radium si « magique » qui a fait la joie du couple fait froid dans le dos tant au début du XXème siècle, on ignorait ses dangers. En 1906, ce n’est pas la trop grande exposition aux éléments radioactifs qui tue Pierre Curie mais un banal accident  d’hippomobile. Marie Curie aura besoin de temps pour faire son deuil, c’est dans cette souffrance que se retrouvera Rosa Montero. Et pourtant, Marie Curie retrouve la joie de vivre et le sourire dans les bras d’un amant, Paul Langevin, éminent scientifique lui aussi. Sollicitée à travers le monde jusqu’à la fin de sa vie en 1934, elle se montrera active et combative comme elle l’a toujours été, obtenant le Prix Nobel de Chimie en 1911.

 

          J’ai adoré cette lecture, j’y ai pris un plaisir fou, passionné, tout féminin. En croisant ces deux vies de femme, l’auteur nous mêle à l’humanité et au destin des femmes de manière plus générale. Je m’y suis retrouvée - Rosa comme Marie m’ont fait une petite place dans cette conversation si enrichissante, si frétillante de vie, de lutte. Dois-je parler des bémols, des hashtags envahissants, de la théorie des coïncidences qui m’a laissée froide, de la candeur parfois étonnante de Montero ou encore des suppositions et interprétations parfois abusives de la vie de Marie Curie… ? Non, il faut lire ce roman, surtout quant on est femme. Le lire pour mourir moins bête.

 

 

L’incipit démarre fort : « Comme je n’ai pas eu d’enfants, ce qui m’est arrivé de plus important dans la vie ce sont mes morts, et je veux dire par là la mort de mes êtres chers. Vous trouvez ça lugubre, peut-être même morbide ? Je ne le vois pas comme ça, bien au contraire : pour moi c'est tellement logique, tellement naturel, tellement vrai. C'est seulement lors des naissances et des morts que l'on sort du temps : la Terre stoppe sa rotation et les futilités pour lesquelles nous gaspillons nos journées tombent au sol comme des poussières colorées. »

« Nous avons tous besoin de beauté pour que la vie soit supportable. »

« Honorer ses parents, donc. Quelle terrible injonction, quelle obligation souterraine et souvent inconsciente, quel piège du destin. Nous grandissons avec le puissant message de nos géniteurs nous montant la tête et nous finissons souvent par croire que leurs désirs sont nos désirs et que nous sommes responsables de leurs manques. »

« Cette femme est véritablement tellement immense en tout, tellement exceptionnelle, que vous courez le risque de tomber dans l’hagiographie et d’en faire une héroïne en carton-pâte. Heureusement que, de temps à autre, j’ai trouvé un petit détail misérable avec lequel j’ai pu l’humaniser, car il n’y a pas une seule vie sans sa part de noirceur, même en petites proportions. »

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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 11:58

 

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          J’avais loupé Le Chapeau de Mitterrand qui avait obtenu un joli petit succès à sa sortie en 2012. Je pensais me rattraper avec ce roman…

           François Heurtevent a perdu les élections. Maire de la ville fictive de Perisac, il n’a jamais su faire autrement que briller en politique, au départ grâce à son mentor désormais décédé. Proche de la cinquantaine, marié à une chef cuisinière de renom, François sombre dans une forme de dépression qui le plonge dans son passé. Et il tient à y rester dans son passé, en creusant ses souvenirs et en partant à la recherche de ses anciens camarades de terminale. De surprises en surprises, un de ses anciens copains étant prêtre, une autre prostituée… François va redécouvrir son passé et ses secrets.

           Je suis restée complètement en dehors de ce roman où les invraisemblances prennent le nom de coïncidences, où tout est cousu de fil blanc dans une histoire à dormir debout. Je suis indulgente car j’ai apprécié une partie de la toute fin mais les deux cents premières pages m’ont barbée au possible. L’écriture, quant à elle, m’a semblé tantôt plate, tantôt pompeuse, nimbée dans un gros brouillard de clichés. Parfait pour un feuilleton télévisé estival à 96 épisodes sur TF1. Sûr que je ne me risquerai pas à lire un autre roman de Laurain… Ou quand lire semble être une perte de temps…

 

Un merveilleux extrait : « Cette machine abstraite qui se construit pièce après pièce, presque d’heure en heure et qui a pour nom le destin. »

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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 12:29

 

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          Lydia a disparu. Cette jolie jeune fille de 16 ans, née d’une mère américaine et d’un père d’origine chinoise, brillait dans ses études tout en ayant une vie sociale assez riche. Dotée d’un grand frère Nath, d’une petite sœur Hannah, elle a toujours été la préférée de la famille. Rapidement, son corps est retrouvé au milieu du lac, tout à côté de la maison familiale. C’est évidemment le choc, d’autant plus que la police évoque la thèse du suicide. On va plonger dans cette vie familiale en apparence sans heurts ni problèmes. La mère, Marilyn, a toujours voulu être une scientifique, un médecin, mais dans l’Amérique des années 50-60, la place de la femme est dans la cuisine. Le père est un professeur d’Université qui semble avoir réussi mais qui n’a jamais été totalement accepté par ses nouveaux compatriotes et a dû faire face à de nombreuses agressions racistes. Nath est un ado équilibré passionné par l’astronomie qui, cependant, a toujours été incompris et peu entendu. Et il y a Lydia, cette fille qui a toujours dit oui à tout, qui est toujours entrée dans un moule conçu par ses parents mais qui ne lui convenait pas du tout. Elle se distingue « par son habileté à mentir sans même un haussement de sourcils qui la trahirait ».  Ça fait beaucoup de « mais » pour ses parents qui n’ont toujours vu que du feu.

           Le roman commence comme un polar, la disparition de Lydia, la découverte de son cadavre, l’enquête, les souvenirs qui ressurgissent. Et pourtant, ce livre est bien plus qu’un polar. Il sonde de manière progressive et très lucide le cœur de cette famille, la rendant attachante et proche de nous. De petits détails aux grands événements, tout est passé au crible pour comprendre comment on en arrive à la tragédie du lac. Et après la mort de Lydia, il va bien falloir revivre, continuer dans une direction inconnue.

          L’auteur excelle dans les thèmes qu’elle aborde : l’adolescence et ses complexités, la place de la femme dans la société, l’identité et l’intégration, le rôle et l’importance des parents, la résilience. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman bien écrit. Il fait réfléchir, il effraie et émeut sans tomber dans un pathos inapproprié. Un auteur hongkongais à suivre…

 

Le livre de référence de la mère de Marilyn, est le livre de cuisine renommé de Betty Crocker : « Si vous tenez à faire plaisir à un homme – préparez-lui une tarte. Mai assurez-vous que la tarte est parfaite. Plaignez l’homme qi n’a jamais trouvé en rentrant chez lui une tarte à la citrouille ou à la crème anglaise. » (c’est terrifiant !)

« Plus tard, lorsqu’ils repenseront à ce dernier soir, les membres de la famille ne se rappelleront presque rien. Tant de choses seront rognées par la tristesse à venir. »

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